Lundi 27 juin 2016 à 10:26

Sciences et techniques

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      J’ai été frappé par l’accident qui a eu lieu à Paris près du parc Monceau, où, pendant un  orage, 11 personnes, dont huit enfants qui s’étaient réfugiées sous un arbre, pour échapper à la pluie, ont été foudroyées.
Cinq personnes avaient surtout été choquées et ont pu regagner leur domicile dans la soirée. Cinq autres, victimes de brûlures ont été gardées 24 heures à l’hôpital.
    Un enfant, en arrêt cardiaque avait été ranimé par un pompier et a été placé en soins intensifs. La presse ne diffuse plus de nouvelle de sa santé. J’espère qu’il n’a pas trop de séquelles.

    J’ai déjà fait un article sur la foudre ( 16 mars 2015).
    La foudre est une décharge électrique, analogue à un court-circuit électrique, qui se produit lorsque l’électricité statique s'accumule entre des nuages d'orage, ou entre un tel nuage et la terre.
La différence de potentiel peut atteindre des valeurs énormes (20 à 100 millions de volts).
Le nuage forme une sorte de condensateur électrique géant, le milieu du nuage servant d’isolant et la base se chargeant en général négativement et le sommet positivement. Ce sont les gouttelettes de pluie et de glace, qui captent les ions libres de l’atmosphère et le frottement et les collisions de ces particules arrachent les électrons. Ces charges se déplacent avec ces gouttes ou grelons chargés positivement ou négativement, qui se déplacent par gravité et convection.

Lorsque le champ électrique produit dépasse les limites diélectriques de l’air (suivant son humidité et sa pression), une décharge se produit alors. En effet l’air est fortement ionisé. Un précurseur arrache des électrons et produit un canal ionisé, de quelques cm de diamètre, qui se déplace à environ 200 km/s. Quand les deux précurseurs issus des parties positives et négatives se rejoignent un arc électrique se produit dans le canal ionisé, à une vitesse de l’ordre de 100 000 km/s. Le courant peut atteindre en instantané 20 à 30 000 ampères et la température plus de 30 000 d°C. C’est l’éclair
La puissance d’un éclair est d’environ 20 GigaWatts, soit 20 centrales nucléaires, mais il ne dure que 25 millisecondes environ, donc l’énergie n’est que de 140 kWh, ce qui est peu.
Mais évidemment un tel courant peut provoquer des dégâts important, tant sur des objets que dans le corps humain, et les champs électrostatiques induits la destruction de composants électroniques, notamment les circuits intégrés.
Les décharges entre nuages de haute altitudes peuvent avoir plusieurs km de longueur (jusqu’ à 25), alors qu’entre nuage et sol, elle est de quelques centaines de mètres.

La dilatation brutale de l’air, surchauffé par la décharge électrique, produit une onde de choc acoustique, bruit sec et court si on est proche, plus prolongé voire en roulement si on est lointain, en raison des réflexions.
    La vitesse de l’éclair est telle que la perception de sa lumière est instantanée, alors que l’onde de choc se propage à la vitesse du son dans l’air soit 340 m:s, ce qui permet de connaître la distance de la foudre en estimant le temps mis par le son pour parvenir sur place.

La foudre peut emprunter différents chemins dans le corps, selon les circonstances du foudroiement. Si l'éclair arrive directement, il arrive généralement sur un point haut (tête, épaule ou main) et, pour rejoindre la terre, il passe donc par les pieds. Pour cela, il va choisir les organes les plus conducteurs du corps : les nerfs, les vaisseaux sanguins ou les muscles. Les os et la graisse sont en général épargnés car ils ne sont pas ou peu conducteurs, de même que la peau, si elle est sèche.
    On reconnaît alors qu'une personne a été foudroyée aux "marques électriques", de petites brûlures situées aux points d'entrée et de sortie de la foudre (aux doigts, à la tête ou aux pieds).
 Lorsque la peau est mouillée à cause de la pluie ou de la transpiration, au lieu de passer dans le corps, la foudre va circuler en surface, la peau sera brûlée mais les organes vitaux peuvent alors être épargnés.
    Les marques du foudroiement sont également visibles quand la victime porte des accessoires métalliques conducteurs. On peut alors voir des brûlures à hauteur d'un collier, d'une montre ou de la boucle de ceinture.
    Dans la plupart des cas, il est impossible d'évaluer l'étendue des lésions suite à un foudroiement, puisqu'elles sont internes, et on transporte systématiquement les personnes foudroyées à l’hôpital pour examens.
    Secourir une personne qui a été foudroyée est sans danger. Il n’y pas de risque d’électrocution en touchant la victime car il ne s’agit pas d’une électrocution par fil : une fois la décharge passée il n’y a plus de différence de potentiel.

    Autrefois on nous enseignait en CM1 et CM2, les précautions à prendre en cas d’orage, car les précurseurs partant du sol partent en général d’objets plus hauts que l’environnement où la densité électronique dans l’air, est plus élevée ou les objets conducteurs.
    En cas d’orage, il faut éviter de se trouver sur un point haut comme une montagne ou à proximité d'un tel point,comme un arbre.  de rester dans un champ, sur un terrain de foot ou sur une plage, surfaces planes dont on est un point haut isolé.
     Il faut aussi éviter les baignades (lac, mer ou piscine), car la conductivité du corps est alors énormément augmentée et on peut être foudroyé, même sans impact direct.
    Il vaut mieux s'éloigner des lignes électriques ou téléphoniques, de ne pas porter sur soi d'objet métallique, de ne pas se mettre sous un parapluie à baleines métalliques et de ne pas s'abriter dans une cabine téléphonique.
Sur la route, il est prudent de ne pas rouler à vélo, en moto ou en tracteur. En revanche, en voiture, vous ne risquez pas la foudre, le véhicule faisant office de "cage de Faraday". (la décharge se propage jusqu’au sol par la carrosserie métallique extérieure).

    Evidemment on est mieux chez soi par temps d’orage, mais Il faut cependant être prudent même à l'intérieur. Il est d'abord recommandé de fermer les fenêtres pour éviter les courants d'air pouvant véhiculer la foudre qui cherche des conducteurs d'électricité comme le corps humain. Il faut éviter de toucher les conduites d'eau et les robinets, de téléphoner (sauf urgence) et d’utiliser Internet. Ne pas prendre de bain ou de douche, débrancher les appareils électriques, la télévision et son câble d’antenne, les box des opérateurs et votre ordinateur. Eteindre le téléphone portable et le laisser sur une table.

Je crains qu’aujourd’hui, parents et professeurs ne parlent plus de la foudre aux enfants. C’est la raison pour laquelle j’ai fait cet article.
    J’ai vu moi même plusieurs fois tomber la foudre, quand j’étais ado (voir mon précédent article), deux fois sur ma maison, une fois sur un sapin de mon jardin et uen  fois en montagne sur un sommet à 50 mètres de nous.
J’ai reçu aussi trois fois la foudre sur un avion : c’est impressionnant mais sans danger, car il ya des protection spéciales sur tous les avions, qui font en outre cage de Faraday.
    En fait on n’a pas le temps d’avoir peur, si ce n’est rétrospectivement

Samedi 25 juin 2016 à 9:15

          Après avoir parlé des sujets de philo du bac, quelques perles d'élèves, pas au niveau du bac quand même. Puis certaines me paraissent un peu trop extraordinaires et plutôt imaginée par les enseignants. Je les ai trouvées sur internet.

               D'abord en matière d'histoire :

Les égyptiens transformaient les morts en momies pour les garder vivants...

Les empereurs romains organisaient des combats de radiateurs

Clovis mourut à la fin de sa vie ... 


Charlemagne se fit châtrer en l'an 800

L'armistice est une guerre qui se finit tous les ans le 11 novembre ... 


La Chine est le pays le plus peuplé avec un milliard d'habitants au km carré ... 


Les américains vont souvent à la messe car les protestants sont très catholiques ...

La mortalité infantile était autrefois très élevée, sauf chez les vieillards


           Et faisons un peu de physique :

La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c'est le contraire ... 


Pour mieux conserver la glace, il faut la geler ....

Un kilo de mercure pèse pratiquement une tonne ...

Le passage de l'état solide à l'état liquide est la niquéfaction ...


         Ou de la biologie :

Les enfants naissaient souvent en bas âge ....

Après un accident de voiture, on peut être handicapé du moteur 


Le cerveau des femmes s'appelle la cervelle .... 


Le chien, en remuant la queue, exprime ses sentiments comme l'homme ... 


Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son ...

Grâce à la structure de son oeil, un aigle est capable de lire un journal à 1400 mètres ...

Les calmars géants saisissent leurs proies entre leurs gigantesques testicules ...

Les escargots sont tous des homosexuels ... 



          Et enfin quelques réflexions artistiques :

Les fables de La Fontaine sont si anciennes qu'on ignore le nom de l'auteur …

Les français sont de bons écrivains car ils gagnent souvent le prix Goncourt ...

Les peintres les plus célèbres sont Mickey l'ange et le homard de Vinci...

Jeudi 23 juin 2016 à 19:21



    Et enfin les deux derniers sujets, bien différents l’un de l’autre.

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    Le premier ne m’inspire pas du tout :
        - Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ? (ES)
       
    Qu’est ce que l’histoire? C’est l’ensemble des faits et événements du passé, mais aussi le récit de ces événements. De plus la plupart des auteurs ajoutent en général des explications ou des jugements personnels, qui ne sont pas forcément exacts, mais résultent souvent d’une interprétation personnelle. Mais il y a vraiment une « science de l’histoire » qui cherche à expliquer les faits et justifier les décisions qui les ont provoqués.
    Certains diront que le passé ne peut se modifier, alors à quoi bon l’étudier. D’autres y sont attachés sentimentalement comme l’histoire de notre famille, de nos ancêtres, de notre pays, de l’humanité. Certains pensent que l’expérience des faits du passé peut nous aider dans nos décisions à venir.

    Il est certain que les faits historiques sont uniques et ne se répètent pas, et donc échappent à l’expérimentation. On ne les connaît que par des récits, très déformés si ces faits n’ont pas fait l’objet d’écrits, mais de tradition orale. Et m^me s’il y a témoignage, d’une part on sait qu’un témoins n’est pas forcément ni fiable, ni impartial, ni objectif.
    L’histoire n’est donc pas une science à proprement parler : elle est subjective.

    Toutefois les histoires des divers peuples, des divers lieux, des régions du monde, ne sont pas indépendantes les unes des autres. En rechercher les différences, les interactions, ce qui est lié à la civilisation, à la géographie, au développement technique, à l’expression des arts, est intéressant et c’est de la culture générale.

    L’histoire est faite par les hommes et par la nature, ses bienfaits et ses catastrophes. Connaître l’histoire, c’est donc connaître une évolution de l’homme,  c’est suivre les progrès et les erreurs (voire horreurs) de l’humanité.
    Des sciences plus exactes peuvent venir à son secours, la psychologie pour étudier les comportement des hommes d’autrefois, les sciences de la nature pour analyser et expliquer les phénomènes naturels.
    L’histoire engendre aussi d’autres sciences souvent aussi hypothétiques qu’elle, telle la paléontologie, l’archéologie, mais aussi des sciences à part entière, communes avec la physique (comme l’étude de l’univers), ou avec la biologie, comme l’évolution des espèces ou l’épidémiologie.
    L’histoire n’est pas une science, mais elle a un intérêt scientifique.

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    Le second est plus d’actualité :
          - Travailler moins, est-ce vivre mieux ? (S)
   
    Autrement dit, suffit-il de diminuer le travail pour que le bonheur augmente ou, à contrario, le bonheur découle t’il du temps libre, des loisirs, de l’oisiveté.
    Cela dit qu’entend t’on par travail : est ce le travail rémunéré, fait pour produire et pour vivre, ou est il aussi question du  le travail que l’on fait à titre personnel ?

    Il est souvent vrai que le travail que l’on fait pour vivre est vécu comme une contrainte, que l’on subit par nécessité pour « gagner sa vie ».
C’est d’autant plus vrai que ce travail est pénible physiquement et donc fatigant.
    Il est certain que celui qui soude de grosses plaques de métal, dans une atmosphère à 40 d°, ou l’ouvrier du bâtiment qui porte de lourdes charges, même s’ils sont fiers de leurs réalisation, seraient moins fatigués s’ils travaillaient moins.
    Je me souviens d’un ingénieur qui, au musée des Arts et Métiers, nous montraient les anciens métiers à tisser qui commençaient à s’automatiser, et nous citait cette phrase d’Aristote  : « l'esclavage disparaîtra quand les métiers à tisser fonctionneront tout seuls ».
    Donc diminuer le temps de travail permet de diminuer la fatigue de certains et de mieux profiter de la vie. Mais cela implique une certaine activité et de ne pas aller jusqu’à l’oisiveté, qui selon le proverbe est « la mère de tous les vices ».

    Mais en fait tout dépend du travail que l’on fait et de l’intérêt qu’on lui porte, dans le masure ou c’est effectivement un travail qui apporte quelque chose à celui qui le fait.
    Il ne faut pas croire que seuls les cadres ont un travail qui les intéresse.
    J’ai connu de bons ouvriers qui réalisaient des pièces mécaniques très difficiles, notamment pour l’aéronautique, et qui s’intéressaient presque passionnément à ce qu’ils faisaient, étant très fiers de ce qu’ils arrivaient à réaliser. Mais c’étaient des ouvriers et techniciens qui connaissaient parfaitement leur métier : ils avaient donc conscience de leurs capacités à travers ces réalisations, et par ailleurs avaient l’impression de faire une œuvre utile.
    J’ai connu aussi des ingénieurs passionnés par leur travail, et qui ne ressentaient pas le besoin de travailler moins.
    J’ai connu aussi des personnes à la retraite, qui ont continué à faire des travaux bénévoles, pour se sentir utile mais aussi pour voir d’autres personnes et avoir des occupations variées, et d’autres retraités qui ne faisaient rien de constructif de leur temps libre, et se morfondaient, en attendant la fin de leur vie.
    Au fond plutôt que « travail », parlons « occupation ». Tout dépend de son intérêt et de sa pénibilité. Diminuer une occupation que l’on aime n’est pas la plupart du temps le moyen de mieux accéder au bonheur.

Mardi 21 juin 2016 à 15:35

Enseignement, école, fac

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    Troisième volet des sujets de philosophie 2016, les deux questions suivantes :
           - Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? (L)
           - Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ? (Tech) ?


     Pas faciles ces deux sujets : on peut dire tellement de choses sur la morale en général et sur nos convictions morales et leur origine en particulier;   
    Quant au mot « juste » son interprétation est ambigüe.
    Ces deux sujets ne m’inspirent pas.

    D’abord d’où viennent les règles morales en général?
    Certaines sont ancestrales, passées de génération en génération dans chaque civilisation, mêlées aux préjugés aux archétypes chers à Jung, aux us et coutumes.
    Le passé et ses règles  (ses lois aussi) se transmet par les gouvernants et édiles divers, par les personnes qui ont une certaine autorité psychologique : prêtres, médecins, professeurs… Cette influence a sûrement baissée aujourd’hui.
    Enfin et surtout c’est l’éducation des parents qui transmets des règles dès la plus jeune enfance.
    L’enfant voit le plus souvent, en ses parents et aînés, des modèles qu’il va essayer d’imiter. A défaut de ces personnes, il va trouver d’autres adultes référents.
    La situation évolue d’ailleurs; les jeunes actuels, avec le développement des moyens de communications électroniques, appartiennent à des groupes, et le référence est de moins en moins les parents, mais  ces amis, qui sont presque du même âge. Pour peu que les parents ne soient pas vigilants ou même absents de l’éducation, ces jeunes n’ont alors que peu de valeurs et donc sont prêts à faire beaucoup de bêtises.
    On pourrait penser que nos valeurs et principes moraux ne sont que la conséquence de notre éducation et de notre socialisation, et que ce n’est pas l’expérience qui nous apprend ce que nous nous devons faire. Elle se bornerait à nous permettre d’ajuster notre comportement aux règles acquises.

    La nature de ces règles donne d’ailleurs souvent à controverses.
    Certains les croient dictées par une volonté supérieure; c’est notamment le cas des religions.
    Je me souviens, dans mes cours de philo, il y a presque 70 ans, des « impératifs catégoriques «  de Kant, qui pensait que les règles nous étaient dictées par notre raison, et qui avait une fâcheuse tendance à voir le résultat de punitions et de récompenses, ou des conséquences des sentiments de peur et de culpabilité.
    L’éducation d’autrefois était souvent basée sur ces punitions et récompenses. C’est moins vrai aujourd’hui, on essaie davantage d’expliquer et de convaincre, mais on est surtout souvent tombé dans un laxisme regrettable, en croyant comme Rousseau que l’enfant est bon par nature, ou buien par peur qu’il ne vous aime plus si on le châtie parfois.
    Je me souviens aussi de dissertations assez difficiles sur les rapports entre la morale et notre liberté, qui parfois touchaient à la théologie.

    Mais justement, quel est le rapport entre la morale en général et nos convictions sur elle?
     Freud appelait le « surmoi », l’ensemble des règles, parmi celles sui nous avaient été enseignées, auxquelles nous avions réfléchi, et que nous avions accepté d’appliquer.
    Parmi elles nos convictions morales; comment nous les sommes nous appropriées?
    La vie nous donne tous les jours l’occasion d’appliquer ces règles, et donc d’avoir une certaine expérience des cas divers de leur application et de leur faisabilité. Nous nous forgeons ainsi une espèce de « jurisprudence morale »
    Par ailleurs nous sommes face au miroir que constitue nt les autres hommes, qui nous renvoie un jugement, une image de nos actions et dede notre responsabilité. Bien sûr, nous sommes plus ou moins influençables.
    Les règles que l’on nous a données peuvent ne plus être parfaitement adaptées à ce que l’on est devenu et donc l’expérience, qui nous a donné l’occasion de les appliquer et de nous trouver parfois face à des dilemmes difficiles, peut nous amener à évoluer et à se faire des conviction en partie différentes de celles héritées initialement.


    Le second sujet me laisse perplexe en raison de la signification du mot « juste ».
    Juste fait penser à « Justice »; mais une personne juste au sens commun et notamment religieux du terme, c’est une personne qui fait le bien, qui est bonne vis à vis des autres, qui est équitable. Les juifs ont appelé « justes » ceux qui leur sont venus en aide pendant la guerre, lorsqu’ils étaient persécutés par les allemands.

    Si l’on s’en tient aux aspects de justice, est juste ce qui est légal donc conforme aux lois. Un juge ne doit pas juger selon ses sentiments ou ses impressions : il doit s’en tenir aux lois qui ont ou non été respectées, et dans quelle mesure elles ont été bafouées.
    Certes en assise le jury a une certaine liberté pour juger l’accusé coupable ou non coupable, s’il a des circonstances atténuantes ou s’il a prémédité son crime; mais ensuite à l’intérieur des décisions prises, la loi fixe l’éventail des peines que l’on encours.
    On voit donc qu’au plan des sanctions, il faut d’abord juger si la personne à contrevenu à la loi, et ce n’est qu’ensuite que la loi définit les sanctions. Le premier point est parfois évident si on a toutes les preuves et si les faits sont clairs, mais c’est parfois beaucoup plus complexe, comme par exemple la légitime défense.
    Par ailleurs toutes les lois sont elles conformes à la justice ? Il peut y avoir des lois injustes, oppressives, contraires à l’humanité, comme cela arrive parfois dans les pays totalitaires ou sous dictature.
    De toutes façon la loi est générale; elle ne peut tenir compte de tous les cas particuliers. Le législateur ne peut tout prévoir, et chaque cas est particulier. Le vol est un délit et doit être puni, mais doit on punir une mère complètement démunie qui a volé une bouteille de lait pour nourrir son bébé?

    La question qui nous est posée concerne plutôt un homme, à titre personnel et non la justice officielle.
    Si évidemment on prend pour définition qu’un homme juste est celui qui fait le bien, le rapport avec les lois est assez éloigné. On est alors au niveau des convictions morales de l’individu, de son altruisme, Il peut même arriver d’être en contradiction avec la loi (comme par exemple aider des migrants, dont la présence est interdite à un certain endroit.)
    A la limite on peut prendre le contrepied et dire qu’un homme juste est celui qui ne fait pas le mal, qui respecte les autres, est honnête et équitable, et en principe ne fait rien de contraire aux lois.
    Je voudrais poser une question contraire : est on forcément injuste, si on ne respecte pas une loi ? Le terme « injuste » est beaucoup moins sujet à interprétation que le mot « juste ».`   
    Etre injuste c’est ne pas avoir respecté l’égalité, l’équité, l’humanité.
    Il est clair que la loi, appliquée strictement sans tenir compte des circonstances, peut ne pas être équitable, et que par conséquent être équitable et juste, c'est ne pas se conformer aveuglément à la loi, mais tenir compte des situations particulières. C’est en quelque sorte, interpréter la loi dans le sens de son intention supposée : le respect, non à la lettre mais à l'esprit de la justice
    Cela dit, ce n’est pas toujours évident : l’équité semble par exemple souvent synonyme d’égalité, mais par exemple en matière de récompense, faut il donner à tous la même chose ou récompenser en fonction du mérite, de l’efficacité, des résultats, de la quantité de travail …. ?

    Il y a donc une condition pour que les lois soient véritablement justes et donc obligent en toute légitimité : c'est qu'elles soient justes au sens où elles respectent l'égalité et l'humanité. Si elles ne le font pas, alors, on a raison de se révolter contre elles et de refuser d'y obéir au nom d'une justice plus haute.
    Par ailleurs il faut, notamment au plan répressif, adapter l’application des lois aux circonstances réelles., et cela avec humanité.
    Mais il y a des cas bien difficiles du fait d’incertitudes, par exemple pour un juré : faut il risquer de laisser en liberté un assassin ou risquer de condamner un  innocent ?
   
    Enfin je me permettrai une remarque impertinente : la loi est tellement complexe que s’il fallait pour être juste, appliquer les lois et donc les connaître toutes, il n’y auarait aucun juste sur terre !

Dimanche 19 juin 2016 à 9:21

Enseignement, école, fac

  Je traiterai aujourd’hui deux autres sujets qui ont une certaine parenté :
                   - Faut-il démontrer pour savoir ? (S)
                  - Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ? (Tech)


    Comme dans toute proposition de réflexion sur un sujet le vocabulaire est important et il ne faut pas qu’il y ait confusion ou malentendu.
    Le savoir c’est une connaissance, mais qui est supposée être exacte, enfin, en principe et à un instant donné. Elle est censée avoir un minimum de preuves. C’est en principe une connaissance rationnelle.
    La croyance, c’est une opinion à laquelle nous adhérons, un jugement subjectif auquel nous croyons. Nous pouvons faire preuve de crédulité et croire des choses peu vraisemblables, avoir des croyances à priori : des préjugés. Nous pouvons aussi avoir des croyances profondes, sans que nous puissions en démontrer la véracité : nous avons la foi en quelque chose.
    Cela dit, les statistiques et les probabilités nous apprennent qu’il y a des situations intermédiaires entre savoir et croyance, qui sont des phénomènes ayant une forte probabilité (pas forcément en physique : la forte probabilité de réussir au bac poour un élève ayant eu de bonnes notes toute l’année).

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    Evidemment une démonstration, si elle est exacte amène à une connaissance qui est certaine.
    Le problème est inverse : une connaissance sensée être exacte est elle démontrable.?
    C’est le problème bien connu de l’exactitude des sciences.

    La seule science qui paraît irréfutable parce que faisant l’objet de démonstrations, ce sont les mathématiques.
    Ce n’est pas parfaitement vrai : certaines hypothèses sont nécessaires avant les démonstration; ainsi avant de démontrer les théorèmes de Thalès et leur conséquence, on fait l’hypothèse de deux droites parallèles qui ne se rejoignent jamais.
    En fait les théorèmes sur les droites qui sont valables sur un plan, mais sont différents sur un ellipsoïde ou un hyperboloîde.

    En physique-chimie, certaines démonstrations sont possibles quand on a une explication rationnelle du phénomène que l’on observe, c’est à dire quand on connaît expérimentalement et théoriquement ses causes et les valeurs qui les lient.
    Mais en général, quand on a élucidé certains phénomènes, on découvre de nombreux phénomènes connexes, en amont ou parallèles, que l’on ne connaît pas et qu’il faut explorer. Les lois de l’infiniment petit, de l’infiniment grand dans l’univers et de l’espace habituel galiléen sont très différentes.
    Même quand on a des modèles mathématiques sur ordinateur des phénomènes, ceux ci n’ont pu être élaborés que par l’expérience et la mesure de certains paramètres d’ajustement.
    La physique chimie avance toujours par des successions de phases hypothèse - mesure - conclusion certaines étant juste d’autres fausse et remises en cause.
    La biologie, quelle soit humaine, animale ou végétale, relève des mêmes principes, mais l’expérimentation y est plus difficile et moins rigoureuse, car elle a lieu sur des êtres vivants toujours en évolution.
    La psychologie devient plus rigoureuse da,ns la mesure où elle s’appuie sur la neurologie et sur les statistiques, mais le comportement humain est tellement complexe, que rien n’est démontrable.

    Le savoir toutefois n’est pas uniquement scientifique :
    Dans le domaine technique, on est censé savoir comment fonctionne un objet que l’on a imaginé et mis au point.
    Il peut cependant tomber en panne, et là encore on ne peut le réparer que si on a expliqué la cause de la panne et le responsable défectueux.
    Mais bien des causes d’accidents restent inconnues : le savoir est là encore partiellement démontrable.

    Un autre aspect de la question est l’expérience acquise, qui n »’est que constatée mais pas démontrée. C’est en général parce qu’on a constaté que certains phénomènes avaient les mêmes conséquences qu’on décrète - abusivement - une relation de cause à effet, mais qui a une probabilité non négligeable.
    Certains phénomènes nous paraissent aussi évidents, parce que nous les visons : c’est le cas du célèbre axiome de Descartes : « je pense donc je suis ».

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    Le problèmes de justifier nos croyances est donc un problème connexe de celui de nos connaissances et savoirs.
    Si nous étions sûrs qu’une croyance est vraie et que nous puissions la démontrer ou la justifier très rationnellement, ce serait alors un savoir.
    La justification ne peut être rationnelle; le problème est donc plutôt pourquoi faisons nous foi à nos croyances.?

    Il est certain que si le savoir démontre qu’un fait est très peu probable rationnellement,, nous ne pouvons pas justifier notre croyance et la tenir pour vraie.
C’est le cas de la téléportation d’objets pesants, ou de la présence de fantômes dans un château soi-disant hanté.

    Peut être serait il intéressant de recenser ce que sont les croyances de chacun de nous et d’où elles proviennent.
    Sont elles des préjugés collectifs de notre civilisation, ce que G.Jung appelait des archétypes; viennent elles de l’éducation reçue de nos parents et les avons nous seulement discutées, ou simplement adoptées passivement, sans réflexion ? Viennent elles des groupes auxquels nous avons appartenus ou nous appartenons ?
    Freud parlait du « surmoi », l’ensemble des règles auxquelles nous avions apporté notre adhésion.
    Une autre interrogation est possible : pourquoi croyons nous à telle ou telle chose? qu’est ce qui nous y pousse, qu’en attendons nous? La croyance ne trouve?-t?-elle pas son origine dans le besoin d’être rassuré, d’obtenir une réponse, de ne pas rester dans l’inconnu ?
    Et beaucoup de croyances ne reposent elles pas sur une information insuffisante, sur un absence de savoir (par exemple une araignée ne pique pas : elle mord !).
    Je suis toujours effaré sur les croyances de certaines personnes, manifestement contraires à des connaissances élémentaires scientifiques; certes c’est un manque d’information et de connaissances, mais c’est aussi une absence de réflexion, de curiosité intellectuelle, de bon sens, surtout aujourd’hui où l’on peut trouver bien des explications sur internet (à condition de bien choisir les sites, car on y trouve aussi les pires âneries !)

Vendredi 17 juin 2016 à 9:10

Enseignement, école, fac

Je vais donc, comme je l’ai écrit hier, dire ce que m’inspirent les deux sujets de philo du bac 2016 sur les « désirs » :
            Savons-nous toujours ce que nous désirons ? (ES)
            Le désir est-il par nature illimité ? (L)

    Le sujet est un peu ambigu, car on peut se demander quelle signification accorder au mot « désir ». On peut trouver bien d’autres mots voisins : besoin, envie, aspiration, souhait, attirance, inclination, passion, pulsion…
    Et il y a des désirs de toutes sortes :

    Le désir a d’abord un aspect physiologique : on a faim on a soif, froid et envie de se réchauffer. Notre hypothalamus reçoit des informations de notre corps, et inconsciemment, il est sensible à des signaux particuliers, dont il rend compte en partie au cortex frontal et nous sommes alors conscients de ces sensations qui sont des anomalies ou des manques et nous cherchons à y remédier : nous mangeons ou nous buvons si nous avons faim ou soif. De son coté l’hypothalamus peut agir inconsciemment pour remédier à ce manque soit à partir du système sympathique, soit à partir de l’hypophyse et de ses pré-hormones.
    Peut on appeler ces besoins physiologiques des désirs ? On parle bien pourtant de désir sexuel.

    Le désir peut avoir un aspect matériel; c’est l’envie de posséder, d’acheter, de se servir d’un objet ou de faire une action, un voyage par exemple. Cela procède aussi d’un manque, puisque nous n’avons pas encore ce que nous souhaiterions. Pour notre cerveau, c’est le besoin de libération de dopamine au niveau de nos centres d’apprentissage et du plaisir (voir mes articles à ce sujet).
    Si le désir et sa satisfaction deviennent trop fréquents, le manque de libération de dopamine devient obsessionnel, et surtout cette libération diminue et il faut plus de satisfaction pour provoquer le même effet : c’est l’addiction : drogue, alcool, jeux, sexe …

    Le désir peut être émotionnel ou sentimental. cela peut être à l’encontre d’un objet, mais c’est surtout le domaine affectif vis à vis d’autres personnes. C’est le cas de nombreux désirs liés à l’amitié ou à l’amour. Par extension l’objet peut être un groupe, une communauté. Ce type de désir peut devenir très intellectuel, se sublimer, c’est le cas notamment en amour ou dans des domaines passionnels ou les religions.

    Enfin le désir peut être totalement rationnel : je l’appellerai alors un projet. Il s’agit d’une réalisation, d’une intention, que k’on souhaite et dont on va étudier la possibilité dans le détail.

    Certains psychologues ont établi une hiérarchie dans les désirs, c’est notamment le cas de Maslow et de sa célèbre pyramide : il parle toutefois de satisfaction des besoins. (voir mes articles du 26 avril 2015 et 7 mars et 19 juin 2012, et 26 mai 2007). Les théoriciens de la motivation ont également établi des classifications analogues. Clayton Aldefer, David McClelland, Henry Murray entre autres)

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    Ce dont il faut être conscient, c’est que, quelle que soit la classification que l’on fasse, le désir résulte d’un manque, que l’on voudrait combler.
    Quand on a réussi à satisfaire un désir, en général on en tire satisfaction, mais d’autres désirs apparaissent. Sans désirs nous n’aurions plus de motivation.


    Alors sommes nous conscients de nos désirs ?
    C’est une question de vocabulaire : on a tendance à appeler désir un besoin un souhait dont nous sommes conscient.
    Par contre les causes profondes de ce désir, les « manques » qui y ont conduit et qui peuvent être de nature multiple et très complexe. La plupart de ces causes profondes sont le plus souvent inconscientes.

    Savons nous toujours ce que nous désirons ?
    Tout dépend de ce que l’on entend par savoir : si c’est être conscient des désirs, je viens de répondre à la question. Si c’est par contre savoir exactement ce que l’on voudrait, ce n’est pas toujours le cas.
    Nous avons conscience de manques, mais si on en connaît la nature générale, on peut ne pas en savoir le détail. Les manques peuvent être multiples et il est parfois difficile de les différencier, d’établir une hiérarchie et de savoir lequel choisir.
    Il peut arriver aussi que la réalisation d’un désir comporte des éléments positifs, mais aussi d’autres négatifs, et on hésite alors à souhaiter sa réalisation.

    Les désirs sont ils illimités?
    Comme je l’ai dit plus haut, les « manques » sont inhérents à la vie, à l’existence. Même si on peut penser que si on réalise un grand nombre de souhaits, on aura moins de manques non réalisés, le manque de désir correspondrait à une apathie complète, qui serait maladive (c’est un des symptômes de la dépression).

    Par contre ce qui n’est pas illimité c’est la satisfaction des désirs, car ils peuvent rencontrer des obstacles, notamment :
         - Obstacles matériels et notamment financiers.
         - Obstacles environnementaux la loi, la nature, les voisins, le groupe dans lequel on est plus ou moins intégré, le comportement des autres personnes….
         - Enfin obstacles moraux ou sentimentaux : tel ou tel désir peut être considéré comme contraire aux valeurs que nous avons. Nous nous sentirions coupables de réaliser ces désirs, voire nous nous sentons même coupables de les avoir eu.
    Ces obstacles sont personnels car ils dépendent de la personnalité et de la situation de chacun. Donc certains réaliseront les souhaits que d’autres ne peuvent espérer, d’où un sentiment d’injustice et de jalousie, et une exaspération de ces désirs.

    Enfin il faut signaler, le désir poussé à l’extrême, et notamment dans ses causes profondes inconscientes, et qui peut alors pousser à une réalisation brutale : la pulsion.

Jeudi 16 juin 2016 à 14:26

Enseignement, école, fac

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          Tous les ans, quand on connaît les sujets des épreuves de philo du bac, je m'amuse à dire ce que m'inspirent ces sujets.
Ce ne sont, en aucun cas des corrigés. J'ai oublié beaucoup de ce que j'ai appris au lycée sur les pansées des philosophes, et par contre j'ai acquis une certaine expérience de la vie. Mes propos n'ont donc aucune prétention scolaire.

     Cette année les sujets étaient les suivants : dans l'ordre où je les traiterai à partir de demain :
          -  Le désir est-il par nature illimité ? (L)
          -  Savons-nous toujours ce que nous désirons ? (ES)
          - Faut-il démontrer pour savoir ? (S)
          - Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ? (Tech)
          - Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? (L)
          - Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ? (Tech)
          - Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ? (ES)
          - Travailler moins, est-ce vivre mieux ? (S)

Mardi 14 juin 2016 à 7:52

Fleurs

J'aime beaucoup les fleurs et certaines "fleurs en boule" me fascinent; en voici quelques unes :

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      Une de mes correspondantes trouve que j’ai exagéré dans mon article du 29     vril, en ce qui concerne la possibilité de se forger de faux souvenirs.
Elle trouve que l’exemple que j’ai cité sur une personne accusée par la police est trop particulier et celui de quelqu’un de traumatisé donc fragile.
     Elle me demande par quel mécanisme pourrait se forger un souvenir « ordinaire ».

     L’IRM ne permet pas encore de savoir ce qui se passe au niveau d’un tout petit groupe de neurones et donc il est difficile de faire des expériences sur l’homme dans ce domaine;. Mais on peut le faire sur des souris, en implantant des fines électrodes dans le cerveau, plus exactement dans l’hippocampe, le « professeur de la mémoire ».
      Si on fait circuler la souris dans un labyrinthe, on constate que des groupes de neurones spécifique de chaque zone traversée s’activent lorsque la souris traverse cette zone. Quand la souris est à un carrefour commun à plusieurs zones, les groupes de neurones de ces zones s’activent tous, ce qui donne le point précis où se trouve la souris dans le labyrinthe à cet instant. On reconstitue donc l’itinéraire de la souris, en suivant la succession des groupes de neurones activés.
     Dans ce labyrinthe, la souris était attirée par une récompense de nourriture en fin de parcours, qui excitait ses centres de récompense.

      Lorsque la souris dort, son hippocampe s’active, alors qu’elle ne bouge pas, et les neurones de l’hippocampe « rejouent » le parcours dans le labyrinthe. L’hippocampe envoie des signaux  à des groupes de neurones précis de la mémoire visuelle, voire olfactive et motrice, notamment aux neurones qui dressent les cartes de notre environnement, également au cortex préfrontal, et, chaque fois que le parcours est rejoué, les connexions entre groupe de neurones ont renforcées pour constituer le souvenir.

     Mais à l’aide des électrodes, on peut agir sommairement sur le cerveau de la souris. En particulier pendant qu’elle reconstitue le parcours virtuel dans son sommeil, on excite le circuit de récompense qui produit de la dopamine, uniquement quand la souris se trouve dans par exemple, trois zones  intermédiaires sur les sept que comportait le labyrinthe.
    Au réveil la souris ne fait plus tout le parcours, elle se contente d’aller successivement dans les trois zones, toute étonnée de ne pas y trouver de récompense.
    On a donc fabriqué » un faux souvenir dans le cerveau de la souris, pendant son sommeil. On a amputé un souvenir réel en en conservant et transformant une partie.

      L’observation du cerveau montre que cet apprentissage virtuel par répétition de ce qui s’était passé pendant l’éveil, qui se produit pendant le sommeil, se fait essentiellement pendant le sommeil profond à ondes lentes, et chaque « répétition » est précédée d’un train d’oscillations rapides, qui marquent ainsi la répétition.
    Par un mécanisme électrique, on peut alors supprimer l’exécution de cette répétition, et on constate alors que, au réveil, le rat a oublié l’itinéraire mémorisé la veille. Les connexions entre groupes dee neurones ne se sont pas renforcées et le souvenir du rat s’est effacé.

     Il est probable que dans le cas de souvenirs traumatisants la personne blessée repense souvent à ce qu’elle a vécu et le souvenir est donc considérablement renforcé, au point de devenir éventuellement obsessionnel.. Pour ne pas le renforcer, il faudrait donc éviter le plus possible de se remémorer souvent le passé traumatisant.
     Evidemment on ne peut implanter des électrodes dans le cerveau des traumatisés pour leur atténuer le souvenir traumatisant.
     C’est pour cela que je conseille souvent de tirer la leçon du passé, puis d’essayer de tourner la page en pensant le plus possible au présent et à l’avenir, et d’éviter au maximum les remords de ce que l’on a fait, et les regrets de ce qu’on n’a pas su faire.

Vendredi 10 juin 2016 à 8:54

Notre cerveau : intelligence; langage

On ne naît pas intelligent, on le devient par apprentissage au cours de l'éducation et de l'instruction.
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     J’ai souvent dit dans mes articles que le cerveau des adolescents n’était pas mature et que cela les entraînait à ne pas mesurer l’impact de leurs décisions et à prendre des risques dangereux.
    On constate également qu’à cet âge, les adolescents sont souvent stressés, anxieux et certains vont jusqu’à la dépression ou l’anorexie.

     Deux imperfections existent dans leur cerveau :
        - d’une part le cortex préfrontal n’est pas mature et ses structures ne sont pas définitives. L’expérience insuffisante n’a pas encore fait aboutir les liaisons entre neurones nécessaires à de bonnes prises de décision, en anticipant sur leurs conséquences.
        - d’autre part les liaisons entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel ne sont pas suffisamment rapides, la myélinisation des axones qui accroît la vitesse de transmission de l’influx n’étant pas terminée.

     En fait des chercheurs ont découvert d’une part en pratiquant des IRM sur des ados et d’autre part en étudiant la génétique de souris que cette maturation se faisait sous le contrôle de certains neurotransmetteurs qui sont des endo-cannabinoïdes, produits par le cerveau (notamment l’anandamide), qui ont des récepteurs spécifiques. Intervient aussi une enzyme qui dégrade l’anandamide, pour éviter son excès.
     Or à partir d’une douzaine d’années, le taux de cette enzyme diminue, alors que lea quantité de cannabinoïdes et de ses récepteurs augmente, ceci sous l’effet de l’expression d’un gène
     Tous les jeunes ne sont pas « égaux », car l’expression de ce gène est plus ou moins importante. Il s’ensuit que la maturation du cerveau peut être plus ou moins rapide, et que la période d’adolescence peut donner lieu à des prédispositions différentes à l’anxiété, voire à la dépression.
    En effet, le cortex préfrontal n’étant pas arrivé à maturité de même que la communication avec le cerveau émotionnel, ces jeunes sont davantage soumis aux centre amygdaliens pour leurs décision et donc elles sont beaucoup plus émotionnelles, et moins logiques et rationnelles. Les centres amygdaliens gèrent en outre l’anxiété, et leur sur-fonctionnement augmente le stress.
 
     On peut aussi penser que l’usage de cannabis,par des jeunes de moins de 20 ans, risque de rentrer en compétition avec lkes cannabinoïdes endogène et risque donc de perturber la maturation du cerveau et de la retarder.
     Cela explique notamment que les jeunes qui consomment régulièrement du cannabis mettent plus longtemps à devenir adultes, sont beaucoup plus anxieux et soumis aux émotions et pulsions, voire même que le développement de leur attention, de leur mémoire et de leur intelligence souffre de ce retard de développement du cortex préfrontal et des communications à haute vitesse avec le cerveau émotionnel.

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