Samedi 15 juin 2019 à 8:57

Biologie, santé.


    La maladie d’Alzheimer se rencontre de plus en plus chez les personnes âgées, du fait du vieillissement de la population.
    Rare avant 65 ans, elle représente 2 à 4% de la population des 70 ans et le pourcentage augmente ensuite vers 15% à 80 ans.
    Les femmes (60%) sont plus exposées que les hommes (40%), mais ce n’est peut être dû qu’à la différence d’espérence de vie.
    Il y a aujourd’hui environ un million de malades, mais leur nombre devrait atteindre 1,3 millions en 2020.

    La maladie d’Alzheimer est une lente dégénérescence des neurones, qui est caractérisée par deux sortes de lésions :

  http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/betaamyloides.jpg       - des « dépôts amyloïdes, principalement près des axones, dus à une protéine, la peptide bêta-amyloïde. (Nota amyloÏde vient d’amidon, car le médecin Rudolf Virchof, qui a découvert ces dépôts croyait à tort que c’était de l’amidon alors que c’était une protéine; il n'y avait pas, à l'époque de moyens analytiques suffisants).
    Il existe naturellement dans la membrane des neurones, des protéines transmembranaires appelées APP (« Amyloid Protein Precursor », précurseur de la protéine amyloïde), qui aident les neurones à croître, à survivre et à se réparer quand ils subissent des lésions. (cf. les trois schémas ci-dessous)
    Des enzymes peuvent couper en deux endroits cette APP et libèrent alors une petite protéine, qui se replie en feuillets plissés, la protéine beta-amyloïde. Ces protéines ont tendance ensuite à s’agglutiner en plaques, stables et insolubles.
    Ces plaques coupent la communication synaptique, en perturbant le rôle d’un neurotransmetteur, la choline.
    De plus il semble que ces amas finiraient par devenir toxiques pour les neurones.





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     d’autres protéines, les protéines Tau (pour « tubulin associated unit », sont aussi présentes naturellement dans l’environnement des neurones. Elles constituent une ossature comprenant des micro-tubulures qui assurent le transport de nutriments des neurones aux extrémités de l’axone, comme sur un « rail ». Ces micro-tubulures sont aussi appelées « fibrilles »
    Sous l’effet d’une trop grande phosphorilation, ces protéine peuvent devenir »collantes » et quitter les microtubulures pour s’agglutiner. Les microtubulures ne peuvent plus acheminer les nutriments et l’axone meurt, puis ultérieurement le neurone.
    Cette destruction s’appelle la « dégénérescence neurofibrillaire ».

    Non seulement des neurones meurent, mais les communications avec les neurones suivants sont détruites et donc toute une chaine de communication cesse de fonctionner.

    Quelles sont les conséquences sur le fonctionnement du cerveau ?

    A partir de 20 ans et en vieillissant, le cerveau perd des neurones qui meurent. C’est particulièrement vrai pour l’hippocampe, le centre d’aiguillage de la mémoire. Donc nous avons tous des « trous de mémoire » en vieillissant, sous des aspects divers : difficulté pour trouver un mot, oubli de l’endroit où l’on a mis un objet, difficulté pour mémoriser de nouvelles connaissance, oubli d(une action mineure…
    Les malades d’Alzheimer voient ces difficultés de mémorisation augmenter progressivement. De plus une diminution importante de l’attention et de la concentration s’ensuit. C’est la mémoire épisodique immédiate qui est la plus atteinte. Puis progressivement des souvenirs plus anciens.
    Le cortex endorhinal (qui fait partie de l’hippocampe) contrôle notre notion du temps qui s’écoule et d’autre part notre « GPS interne » qui nous guide en permanence (voir mes articles des 10 et 14/12/2016).
    Il en résulte que les personnes qui développent la maladie se perdent sur un trajet habituel ou ne savent plus se situer dans le temps.
    Les troubles peuvent ensuite s’étendre au cortex préfrontal et entraîner des troubles des fonctions exécutives (programmation, séquence de réalisation d’un but, par exemple ne plus savoir comment se servir de son téléphone, de la télévision ou d’un ordinateur, ou comment préparer une recette jusque-là bien connue.)
    En temps normal le cortex préfrontal contrebalance l’influence des centres amygdaliens. Si son rôle diminue, ces derniers prennent l’avantage, entraînant des troubles du comportement et de l’humeur (anxiété, dépression irritabilité).
    L’extension de la maladie peut se traduire par des troubles progressifs du mouvement (apraxie), et plus rarement, des troubles du langage (oral : aphasie et écrit dysorthographie), ou de la vision élaborée (lecture, repérage des objets…).

    ll faut cependant souligner que cette progression de la maladie n’est ni unique, ni forcément catastrophique : tous les patients ne vivent pas la même évolution, et ne souffrent pas du même handicap. On peut bien souvent longtemps continuer à avoir une vie sociale, intellectuelle et affective avec la maladie d’Alzheimer...

  Un progrès important serait fait, si l'on savait dépister assez tôt la maladie d'Alzheimer, pour pouvoir ralentir ses effets. Il semble que ce soit possible, car des tests relativement sensibles ont été mis au point, permettant de déceler dans le sang, des marqueurs de la présence dans le cerveau, des béta-amyloïdes et des protéines Tau


 

Samedi 8 juin 2019 à 8:10

Enseignement, école, fac

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    J’ai dit plusieurs fois que les résultats scolaires seraient bien meilleurs si on mettait dans une même classe les élèves de niveaux analogues, car cela permettrait d’ajuster l’enseignement au niveau de la classe, d’éviter que les moins bons ne se découragent et que les meilleurs s’ennuient au point de n’avoir pas d’effort à faire pour suivre et donc de ne plus faire grand chose.
    J’ai reçu récemment deux mails de professeurs, l’un qui est d’accord avec moi et l’autre qui ne l’est pas, au nom de la mixité sociale.
    Je pense que la mixité sociale n’est pas en cause. car les enfants de différentes classes sociales peuvent continuer à se retrouver dans l’établissement d’enseignement et même dans une même classe, même si on fait un enseignement par niveaux..
    Le problème est de savoir si on trie les enfants par âge, qui correspond au nombre de classes parcourues, puisque il y a très peu de redoublement; ou si on les trie par niveau de connaissances et surtout aptitude à suivre un certain rytme de travail en ayant assimilé l’enseignement délivré.
    Les expériences réalisées ont montré que le regroupement par âge était le moins bon pour l’efficacité et la réussite de l’enseignement.


    Des études ont été faites notamment par deux chercheurs ddu Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure Coralie Chevalier et Nicolas Baumard, qui ont d’abord montré que le développement des enfants peut se faire à des vitesses différentes, de telle sorte que les mêmes aptitudes sont atteintes à des âges différents.
    En France les classes sont actuellement organisées par âge, et 20% des élèves sortent du système scolaire sans formation et 10% sans le brevet des collèges.
    Les élèves les moins adaptés décrochent progressivement, et beaucoup de ceux qui pourraient être de bons élèves s’ennuient et prennet l’habitude de ne rien fiaire. Ils réussissent - même brillament- leur bac, mais calent ensuite très rapidement dans le supérieur, faute de pouvoir fournir un travail suffisant.
    On croit pouvoir améliorer la situation en faisant redoubler ceux qui ne suivent pas ou en faisant sauter des classes aux meilleurs, mais cela ne résout pas les problèmes, car cel ne change que peu l’hétérogénéité des classes. Le redoublement décourage encore plus ceux à qui on l’impose et sauter des classes entraîne des lacunes de connaissances (sauf en tout début de cycle).
    Créer des classes de « bons élèves » et de « moins bons » apporte nettement de meilleurs résultats d’enseignement, pour les moins bons comme pour les meilleurs, mais c’est relativement stigmatisant.
    Le meilleur résultat est un tri par compétences initiales dans chaque matière, (ou du moins dans les matières les plus importantes, de telle sorte que les groupes peuvent être différents d’une matière à l’autre.
    Cela n’exige pas de moyens supplémentaires en locaux et professeurs, et les emplois du temps restent les mêmes, les élèves se regroupant simplement au même moment du cours par groupes, dans des locaux, et avec des professeurs différents selon les matière, pour former des classes de niveaux relativement homogènes.
    Actuellement environ 50 millions d’enfants reçoivent un tel enseignement, notamment en Inde et les résultats sont bien meilleurs.

    Deux chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusset, Esther Duflo et Abhijit Barnegee, ont étudié les effets d’un enseignement par groupes, sur 30 000 élèves indiens et ont montré que le résultat était spectaculaire quelque soit le niveau des enfants.   
    Ester Duflo et des chercheurs de l’Université de Stanford ont effectué des études comparatives au Kenya, pendant plusieurs années, sur 120 classes de CP, en effectuant l’enseignement classique dans 60 d’entre elles et en faisant de l’enseignement par groupe dans les 60 autres, avec des programmes identiques.    
    Les résultats ont été bien meilleurs dans les classes par groupes, tant pour les élèves les plus faibles que pour les plus doués.
    Ils ont montré que les élèves doués ne « tirent pas vers le haut » les plus faibles dans les classes mélangées.  Ces derniers sont marginalisés et dégoûtés, alors que les meilleurs restent pour la plupart peu travailleurs.
    Le dédoublement des classes a aussi été testé. Il améliore les résultats, mais moins que le regroupement par groupes de niveaux et il est consommateurs de moyens (il faut presque les doubler), alors que le groupement par niveau n’en consomme pratiquement pas.
    En France, on se cantonne, sous prétexte de mixité sociale, à un regroupement par âges alors que cela n’a rien à voir. Et on n’a jamais voulu admettre ce regroupement par niveau, différent selon les matière, qui ne demande pas de moyen supplémentaire, mais exige seulement une organisation un peu plus complexe de la correspondance élèves-salles de cours et professeurs, qui est alors variable. (mais cela ne touche pas les emplois du temps).
    C’est dommage catr cela permettrait à notre enseignement de retrouver la qualité qu’il aavit autrefois, perte qui résulte, non pas de la qualité des professeurs, mais de la qualité de l’organisation.

   
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     Cela fait longtemps que je n’avais pas fait d’article sur le fonctionnement du cerveau.
    Je voudrais aujourd’hui revenir sur le rôle de l’inconscient
    Celui-ci est beaucoup plus important qu’on ne le croit et très différent de ce que croyait Freud, les connaissances sur le cerveau étant embryonnaires au début du siècle dernier.


    Freud opposait dans notre esprit, le conscient et l’inconscient. L’inconscient était , pour lui, le sein de pulsions que nous devions contrôler ensuite consciemment. Notre psychisme était donc un équilibre fragile entre conscient et inconscient, qui luttaient chacun pour prendre le pas sur l’autre.
    Par ailleurs, pour Freud, le siège de la conscience était le cortex, notamment préfrontal qui organise et raisonne, et le siège de l’inconscient, le cerveau émotionnel.
    En fait, à la lumière des connaissances actuelles sur le cerveau, tout cela est inexact, même si de nombreux psychologues français (qui ont oublié de se recycler), y croient encore.

    L’inconscient c’est d’abord un très grand nombre de sensations qui sont stockées plus ou moins longtemps en mémoire, sans qu’on en soit conscient : surtout des images et des sons, mais aussi des impressions tactiles; olfactives ou gustatives.
    Quand vous conduisez une voiture, votre attention est fixée sur un endroit de la route qui varie suivant les problèmes de conduite, ou (ce qui est moins recommandé) sur un endroit du paysage. Vous êtes conscient de ce que vous regardez ainsi (c’est le propre de l’attention) et vous enregistrez consciemment les images correspondantes. Mais tout autour de ces images, vous enregistrez aussi inconsciemment tout un environnement. Vous ne vous en apercevez que si arrive un incident inattendu concernant cet environnement, car en faisant un effort de mémoire, vous pouvez en revoir consciemment certains éléments. Par contre si vous n’en avez pas besoin, ces éléments mémorisés sont rapidement éliminés et disparaissent donc de la mémoire.
    Vous arrêtez votre voiture dans une rue, le long du trottoir. Si vous êtes dans un quartier inconnu, vous allez consciemment examiner où vous êtes, pour le mémoriser à votre retour. Mais si vous êtes dans des lieux connus, vous n’y pensez même pas, et pourtant, votre inconscient enregistre les images, et sans réfléchir vous retrouverez votre voiture au retour. Et ces images sont conservées le temps qu’il faut, puis lorsque vous êtes repartie dans votre véhicules, comme elles ne sont plus utiles, elles sont éliminées pour la plupart assez rapidement. Vous vous rappellerez seulement ce que vous êtes allé faire dans le quartier.
    Mais si, au moment où vous avez quitté votre voiture, un incident a capté votre attention, ou si vous réfléchissiez fortement à un problème, votre inconscient n’a pas pu enregistrer assez d’images et vous aurez quelques difficultés à votre retour. C’est encore plus vrai pour votre caddie dans un supermarché.
    Ces sensations sont stockées dans les « aires associatives », d’une part dans le pariétal au devant les centres visuels at au dessus du centre de Wernicke, et dan les lobes pariétaux inférieurs.
    Quelques mots aussi des images subliminales,  Ce sont des images reçues pendant des temps plus courts que ceux permettant la perception visuelle consciente. mais ces images sont néanmoins perçues et l’inconscient les mémorise de telle sorte qu’elle peuvent influencer ensuite des actions futures.

    L’inconscient enregistre aussi en permanence l’état de notre corps : les équilibres chimiques (homéostasie), et l’état de nos viscères ainsi que l’équilibre hormonal.
    Mais il enregistre aussi la position et l’état de fonctionnement de nos muscles et nos membres. Si on vous lance un ballon sans vous prévenir, votre vue va analyser sa trajectoire, vous allez amener bras et mains là où il faut pour l’attraper et vous aller le saisir, tout cela inconsciemment, automatiquement, par réflexe. Ce n’est qu’après que vous réalisez ce que vous avez fait.  Le cervelet apprend ainsi à conduire maints automatismes : aller à vélo, nager, conduire une voiture, taper sur un clavier d'ordinateur ou de piano, lire, et des centres spécialisés savent automatiquement parler, lire, écrire; compter…..
    Chose extraordinaire, vous arrivez même à lire une phrase dont seules la première et la dernière lettre des mots sont exactes, les autres étant mélangées. (voir l’exercice en fin d’article).
    Et le cerveau est câblé pour empêcher des rétroactions néfastes : Wernicke n’écoute pas Broca qui élabore une phrase (sous peine d’hallucination verbale), vous n’êtes pas sensible aux chatouilles faites par vous même, nous n’avons pas l’impression que le monde tourne autour de nous quand nous tournons la tête….)

    L’inconscient, c’est ensuite le lieu d’émotions , de pulsions, qui peuvent rester longtemps inconnues avant de parvenir à la conscience. La perception émotionnelle immédiate, (cf. les préférences cérébrales) en fait partie.
    C’est ce que Freud a longtemps développé, mais il considérait que presque toutes ces pulsions étaient d’origine sexuelle, et que notre conscient raisonnable les empêchait de s’exprimer (en général pour des raisons morales), et qu’elles étaient alors refoulées, tant qu’elles n’auraient pas pris le dessus sur le cortex raisonnable.
    Tout cela n’est pas exact.
    Il y a toutes sortes d’émotions et de pulsions autres que sexuelles et le refoulement est plutôt un blocage de certains souvenirs ou certains comportements, soit sous l’effet d’un traumatisme, soit pour des raisons diverses semi-conscientes, morales, sentimentales, ou de peur.
    Mais Freud faisait trois autres erreurs :
        - le siège du conscient n’est pas limité au seul cortex raisonnable; L’attention est déterminée par des centres du cerveau émotionnel et les mémorisations conscientes à un instant donné sont celles qui transitent par les mémoires tampons entre le cortex préfrontal et les autres centres du cerveau, mémoire lexicale et calepin visuel intermédiaires. ainsi que les sensations en provenance du thalamus.
        - l’inconscient ne s’oppose pas au conscient raisonnable; ils travaillent tous deux en étroite collaboration.
        - le cortex préfrontal ne prend que peu de décisions après un examen logique et raisonnable. La plupart des décisions sont dues au travail de l’inconscient.
    L’inconscient est la face cachée de notre cerveau qui décide de presque tout.
    C’est ce que nous allons voir maintenant.

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    Lorsqu’un problème se pose à nous (et il y en  des petits à tout instant), l’inconscient l’analyse et essaie de le résoudre, sans que nous le sachions. Tout le cerveau émotionnel y participe, principalement le cortex cingulaire, important pour l'attention et la conscience, les centres amygdaliens, le système d’apprentissage et de récompense, le thalamus et ses synthèses de perceptions, l’hippocampe et son contrôle de la mémoire…
    Mais surtout le cerveau participe inconsciemment à nos décisions conscientes de façon très importante.
    Il analyse les situations, consulte la mémoire du passé, et essaie de prédire ce qui va arriver. Des expériences ont montré que le cerveau analysait inconsciemment les probabilités de certains faits et en tirait des règles statistiques inconscientes pour influencer certaines de nos décisions conscientes, pour lesquelles nous ne savons pas bien ensuite, pourquoi nous les avons prises. Certes ses centres travaillent lentement par rapport à un ordinateur, (la milliseconde), mais ils travaillent en même temps sur des millions de circuits parallèles.
    Nos préjugés ont aussi leur influence, par exemple sur un pré-opinion que vous vous faites automatiquement et inconsciemment, en quelques secondes, sur un interlocuteur que vous ne connaissez pas.

    Cependant nous avons conscience de certains faits et notre cortex préfrontal fait des analyses logiques, réfléchit, organise, décide, commande l’action.
    Alors comment coopère t’il avec le reste du cerveau et ses actions inconscientes ?

    Il semble que la conscience naisse d’erreurs de prédiction de l’inconscient .
    L’analyse de notre inconscient est permanente pour prédire ce qui va se passer et si tout est ensuite conforma, nous ne sommes pas averti du problème.
    Mais s’il y a erreur de prédiction, si l’inconscient est en panne de solution, alors l’information « d’erreur » est transmise, via les mémoires de travail tampon au cortex préfrontal pour qu’il trouve une solution rationnelle.
    Les sensations dont nous avons conscience, vers lesquelles se porte notre attention, le flux de nos impressions, nos émotions spontanées, la façon dons nous les interprétons, quels souvenirs et qu’elles idées nous viennent à l’esprit, comment nous percevons les personnes autour de nous, ce qu’elles font, et pourquoi elles le font, les buts que nous poursuivons, nos décisions, tout cela résulte de processus automatiques, qui tout à coup quittent l’automatisme pour demander de l’aide à notre conscience et au cortex préfrontal pour résoudre le problème; lorsqu’ils ne savent plus le résoudre seuls.
    Nous ne serions donc conscients que des problèmes que notre inconscient ne sait pas résoudre tout seul !
    Ceci résulte de l’évolution. Si nous devions réfléchir à tous les problèmes, nous ne saurions les résoudre tous et l’homme aurait disparu de la terre. Le pilote automatique que nous avons dans notre tête a fait de nous ce que nous sommes, pas notre conscience !   


Exercice de lecture ( lcetrue )

Si vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle  de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je  n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios  cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le  povuoir phoémanénl du  crveeau huamin.  Soeln une rcheerche fiate à l'Unievristé de  Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur  l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la  suele  cohse imotprante est que la  priremère et la derènire letrte du mot siot  à  la bnone palce. La raoisn est que le  ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par  letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt  n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé  que svaoir élpeer éatit ipomratnt!


Mais pour apprendre à lire, il faut passer par la méthode syllabique et ce n’est que lorsque nous avons parfaitement lire que nous interprétons les mots comme un tout, globalement sous forme orthographique (et non d’images).
C’est seulement à ce moment que nous arrivons à lire le texte ci-dessus, qui suppose cependant une analyse littérale :  première dernière lettre et nombre de lettres pour des comparaisons inconscientes en mémoire..

Samedi 25 mai 2019 à 6:15

Psychologie, comportement

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     J’ai fait partie de laboratoires ou d’entreprises où l’on confiait des postes importants à certains ingénieurs, mais seulement après s’être assuré qu’ils avaient les compétences et les connaissances pour l’assumer.
    Mais bin entendu, au début de leur nouvelles fonctions, on les suivait de plus près et on les aidait au besoin, car il fllait un certain temps pour qu’ils aient pris l’expérience de ce nouvel emploi.
    Ils acceptaient et même souhaitaient cette petite tutelle provisoire, car ils étaient prudents et modestes et savaient que l’expérience ne s »’acquiert que peu à peu.
    Il y a 50 ans, on faisait confiance aux professeurs pour enseigner à nos enfants et au médecin pour nous soigner.

    Et je suis étonné de voir aujourd’hui le nombre de personnes qui ont un « sentiment de supériorité » et en particulier veulent élaborer les méthodes pédagogique à la place des enseignants ou soigner leurs famille à la place du médecin, alors qu’ils n’ont pas la compétence pour le faire.
    Et en lisant les réponses aux questions du « grand débat », je m’aperçois que cela est vrai dans bien des domaines.
    Certes il fut faire des propositions, des suggestions, mais il faut en même temps être conscient qu’on ne connait pas bien le dossier et que donc celles-ci ne sont pas forcément faisables.
    Mais je me suis demandé d’où venait cette assurance de certains, et j’ai trouvé quelques articles faisant état d’études sur ce sujet.

    Nous avons parfois trop confiance en nous même et nous sommes alors mauvais juges de nos aptitudes. (Il y a par contre aussi d’autres personnes qui n’ont pas confiance en elles).
    Lorsque nous prenons une décision, certes il nous arrive de raisonner, (c’est le cortex préfrontal qui s’en charge), mais il y a tout un mécanisme de réflexion inconscients qui y participe (une grande partie du cerveau émotionnel, et notamment de l’hippocampe qui a accès aux souvenirs), qui aide à prendre des décisions rapidement.
    Bien entendu ce mécanisme est moins fiable (on l’appelle une « heuristique »), et on se trompe parfois.
    Mais pour peu qu’on ait réussi deux ou trois fois, cela nous convainc d’une certaine compétence, même dans des domaines où nous sommes ignorants. C’est dangereux !
    C’est un sentiment illusoire de compétence et de supériorité intellectuelle.
    Il est exacerbé par le pouvoir, et beaucoup de nos politiques ont ainsi la croyance d’être infaillibles, jusqu’au jour où les faits leur montre qu’ils ont fait fausse route.

    Pourquoi évaluons nous aussi mal nos capacités ?
    Les psychologues ont montré que les personnes à faible QI, ou qui ont une faible instruction sont celles qui préjugent le plus de leusrs capacités. C’est probablement une réaction instinctive de souffrance de leur faible niveau et de désir inconscient d’être plus intelligents ou plus instruits.
    La quantité d’informations disponible joue également.
    Devant un sujet que nous connaissons mal, nous sommes conscient que nous manquons d’information et nous en cherchons; Mais avec la facilité que procure internet, nous sommes très vite à la tête d’une très grande quantité de données (plus ou moins pertinentes d’ailleurs), et nous pensons à un moment donné, avoir assez de connaissances pour traiter la question. Google est le responsable de notre croyance de supériorité intellectuelle.
    Mais quelqu’un d’intelligent poursuit alors son étude, se pose mille questions sur ce qu’il comprend mal, et il découvrira alors la complexité des phénomènes et l’énorme lacune de ses connaissances.
    Bien sûr nous nous surestimons davantage quand nous faisons appel à des connaissances récemment acquises, que lorsque nous nous basons sur une exparience que nous avons mis des années à acquérir.
    Il faut bien connaître un domaine pour ne pas surestimer sre capacités dans ce domaine.
    Un certain égocentrisme joue également.
    Les chercheurs ont montré que nous surestimons nos capacités par rapport à celles des autres et également celle de notre famille et de nos proches.
    L’un de domaines où nous surestimons souvent la situation, c’est celui de notre santé (mais à l’inverse il y a les hypochondriaques).
    Enfin la difficulté des tâches joue également : on se  surestime sur une tâche facile, mais au contraire on se sous-estime sur une tâche difficile.
    La civilisation interviendrait aussi. Les Américains seraient plus vaniteux et sûrs d’eux que les Européens et ceux-ci que les Asiatiques, et en dernier les Africains.
    Mais les psychologues n’ont ps réussi à montrer un lien étroit avec l’estime de soi.

    En définitive, le sentiment de supériorité est en quelque sorte un biais cognitif inné, très variable selon les personnes (il y a le biais opposé de sentiment d’infériorité). Mais on peut le rattacher à un autre biais de’optimisme excessif nous faisant sous-estimer les difficultés, et à une illusion de contrôle qui nous fait croire que nous maîtrisons une situation, alors que celle-ci est bezucoup plus complexe que nous ne pensons.

Samedi 18 mai 2019 à 8:38

Notre cerveau : émotions

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    Vous savez ce qu’est le QI pour évaluer l’intelligence. J'ai déjà fait plusieurs articles à ce sujet.
    Divers auteurs ont aussi fait des études pour mettre au point un QE, « quotient émotionnel », qui soit le pendant du QI sur le plan émotivité. Cela n’a jamais eu autant de succès que le QI.
    J’ai lu récemment des articles du Professeur Richard J. Davidson de l’Université du Wisconsin, qui a proposé d’établir un nouveau paramètre dans ce domaine : le « profil émotionnel » ou 6 processus favorisant la flexibilité psychologique.
    Son approche est originale, car il ne se place pas sur le plan psychologique avec un test à la clé (il en propose quand même, business oblige !), mais il essaie de rattacher les préférences psychologiques qu’il décrit, au fonctionnement du cerveau. Toutefois, dans ce que j’ai lu, cet aspect était succinct et peu expliqué, et n’apprenait pas grand chose de nouveau sur le fonctionnement du cerveau.
    Je vais essayer de résumer son approche.

    Un peu comme on le fait dans les préférences cérébrales ou dans le big-five, Davidson définit 6 comportements majeurs en matière émotionnelle : la « résilience » (ou résistance), « l’attitude ou la perspective», « l’intuition sociale », « la conscience de soi », la « sensibilité au contexte », et «  l’attention, la concentration ou la dispersion ».
    Je vais essayer de les définir.

La résilience ou résistance :

    Nous sommes face à des problèmes, des difficulté, des déceptions, des échecs des deuils, des épreuves diverses… nous troublent, voire nous traumatisent et nous éprouvons colère, ressentiment, tristesse…
    La résilience ou résistance est l’habilité personnelle dont chacun de nous dispose pour se relever face à une situation difficile.
    On peut se relever rapidement en tournant la page, tirant les leçons de ses erreurs, ou bien « traîner » pendant longtemps ce qui s’est passé, ressassant remords de ce que l’on a fait, et regrets de ce que l’on n’a pas osé faire..

    D’après Davidson, les personnes peu résilientes se distinguent par la faiblesse des signaux allant du cortex préfrontal, qui aide à planifier, à créer et à analyser, à l’amygdale, le siège des émotions, notamment négatives, du stress de la peur, de la colère.
Les centres amygdaliens prennent le pas sur le cortex préfrontal.

    Pour développer cette résistance, il faut prendre du recul vis-à-vis de ses émotions et d’affaiblir les associations d’idées négatives et catastrophiques, et stimuler l’activité du cortex préfrontal gauche, contribuant à inhiber les émotions négatives, en ayant recours à la réflexion et la logique.

La perspective ou l’attitude :

    Dans le domaine des préférences cérébrales, on appelle cela pessimisme, face à l’optimisme. Davidson la définit comme l’attitude de voir plutôt le verre à moitié vide que le verre à moitié plein, et de ne pas savoir profiter des instants de joie de tous les jours.
    Etes-vous optimiste, prudent, sceptique, raisonnable… ou négatif ?

    Cette perspective négative reflète un manque de sécrétion de dopamine, une faible activité du système de récompense et notamment du noyau accumbens, et du cortex préfrontal, qui, par sa fonction de planification, aide à soutenir son activité.
    A mon avis, il simplifie beaucoup et néglige notamment le rôle de la sérotonine qui régule notre humeur.

    Pour lutter contre cette tendance, Davidson recommande de préférer, à la récompense immédiate, l’option qui vous apportera un plaisir supérieur, même s’il vous faut patienter, et de prendre le temps chaque jour de la visualiser.. Dites régulièrement merci et complimentez le plus souvent possible les autres; notez vos qualités et vos réussites plutôt que vos défauts et vos échecs.

L’intuition sociale :


    C’est la capacité de décoder avec exactitude les signaux non verbaux des émotions d’autrui. Elle correspond à l’empathie. Les personnes socialement intuitives savent lire le langage du corps, l’intonation de la voix, les expressions du visage. Elles devinent quand quelqu’un veut parler de son chagrin ou quand il vaut mieux aborder des sujets légers.

    Les personnes qui n’ont pas cette qualité sociale une faible activité du gyrus fusiforme, impliqué dans la reconnaissance des visages et le traitement visuel, et par une forte activité de l’amygdale.
    Là encore, à mon avis, Davidson simplifie beaucoup. Il oublie de nombreux centres qui participent au dialogue social, au rôle des neurones miroirs, et ramène trop les aspects négatifs au rôle de l’amygdale.

    Pour booster cette qualité il faut s’entraîner à observer les expressions des visages,  à les comparer aux intonations du langage et essayer de déterminer si ceux-ci dénotent la joie, la tristesse, l’anxiété…
 
La conscience de soi :

    C’est la capacité de décoder ses propres signes corporels internes indicateurs des émotions (rythme cardiaque, transpiration, tension musculaire…). et finalement de percevoir et de comprendre nos propres émotions et sentiments.
    Certains mettent des jours à reconnaître qu’ils sont jaloux, en colère, tristes. A l’inverse, d’autres sont assiégés de messages sur l’état de leur esprit et de leur cœur.

    Dans les deux cas, c’est l’insula – région profonde du cortex permettant de percevoir les conséquences physiques de nos émotions et de vivre intensément des émotions sensorielles – qui est en jeu. Elle n’est pas assez ou trop activée.

    Le remède : méditer sur soi, faire de l’introspection, mais de façon modérée.

La sensibilité au contexte :

    C’est la capacité de moduler ses réponses émotionnelles selon le contexte social, de s’adapter, de changer sa façon d’agir.
    Certaines personnes réagissent différemment selon les gens avec qui elles parlent ou le lieu où elles se trouvent. D’autres restent les mêmes en toute situation et avec tout type de personnes.

    Lorsque les personnes sont « déconnectés » du contexte environnant, elles ont de faibles connexions de l’hippocampe aux zones du cortex préfrontal. L’hippocampe est surtout connu pour son rôle dans le fonctionnement de la mémoire et le stockage de souvenirs à long terme, mais il a aussi pour fonction d’adapter nos comportements au contexte.

    Un bon entraînement est de s’exposer, dans un contexte sans danger, à une situation que l’on redoute, Elle aide en effet les patients ayant vécu un stress à ne pas ressentir d’anxiété quand ils sont en sécurité, autrement dit à adapter leur réponse émotionnelle au contexte social.   

 L’attention la concentration ou la dispersion :

    C’est la capacité de center son attention sans se laisser distraire et de se concentrer sur une tâche.
    Parfois, nous sommes assaillis de problèmes, de préoccupations… et nous sommes incapables d’avancer dans nos obligations en ayant la tête ailleurs.
    Cependant, d’autres personnes réussissent à garder le contrôle. Elles mettent de côté cette avalanche d’émotions pour se centrer sur une tâche.

    Le cortex préfrontal est essentiel pour maintenir l’attention, tandis que le cortex pariétal sert de gouvernail au cerveau en dirigeant l’attention sur des cibles spécifiques.
    Là aussi Davidson simplifie beaucoup. Le problème de l’attention et de la concentration, lié à la conscience de soi, est complexe et mal connu. J’ai essayé de commencer à le traiter dans des articles.

    Il faut éliminer le plus possible les occasions de distraction, de sauter du coq à l’âne, et focaliser son attention sur des objets ou sujets particuliers, et ne pas essayer de faire plusieurs choses à la fois..
    En fait ce n’est pas si simple et on ne se force pas facilement à faire attention, car cela ne concerne pas que la volonté (voir mon article du 8 novembre 2018)

Tests  correspondants :

    Le professeur Davidson a mis au point des tests pour déterminer ses propres caractéristiques, par exemple par six séries de 10 questions. Ce serait très londg à les recopier et en donner le résultat. Je vous renvoie plutôt, si cela vous amuse à un test paru sur le magazine « Femina », à l’dresse suivante :
https://www.femina.fr/article/quel-est-votre-profil-emotionnel



Samedi 11 mai 2019 à 9:11

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/PS002effetplaceboespritguerit1b.jpg
      Sans doute avez vous déjà entendu parler de l'effet "Placebo", mais sans doute mois de l'effet "nocebo".

          L'effet "placebo" est connu depuis longtemps et ses manifestations ont été maintes fois observées.
          Un médecin britannique le signale vers 1820. Pendant la guerre en 1943 un médecin militaire américain, à cour de morphine, soulage la douleur de blessés en leur injectant... de l'eau salée.
En 1978, le professeur Levine, de lUniversité de Californie, que des patients auxquels on avaient extrait des dents, avec seulement une injection d'eau salée comme anesthésiant, avaient sécrété un anti-douleur naturel ; : des endorphines", qui avaient leur évité de souffrir.
          Ce professeur a montré qu'au contraire, un antalgique donné à l'insu du patient avait peu d'effet, et que l'injection d'eau salée à des patients atteints de la maladie de Parkinson, faisait sécréter de la dopamine dans le cerveau, neurotransmetteur qui est déficient dans cette maladie.
          Lorsqu'on manque d'oxygène, par exemple en altitude, le cerveau sécrète!te des prostaglandin es, qui dilatent les vaisseaux sanguins, afin de transporter plus d'oxygène. C'st ce qui se passe si on fait retirer une personne dan sun masque à oxygène, alors que la bouteille à laquelle il est raccordé est vide. Mais le mal de tête de la personne disparaît ou ses performances d'apnée sont augmentées sensiblement.

         A l'inverse certaines de nos expériences ou convictions peuvent avoir un effet négatif. Le fait que l'on sache qu'en bateau, enavion ou en voiture on peut avoir le "mal de mer", fait que l'on y est plus facilement sujet. De mamelles personnes averties du mal des montagnes du à la raréfaction de l'oxygène, y ont plus souvent mal à la tête. C'est l'effet "nocebo".

         Il y a même plus étonnant : des essais ont eu lieu en administrant des placebos à des personnes en les avertissant que ce n'tait pas le médicament réel, et pourtant, ail en résultait quand même un effet bénéfique !!

Comment notre esprit peut il ainsi être leurré ?

          En fait on n'explique pas totalement l'effet placebo.
          Comme on vient de le voir ce n'est pas un simple effet psychologique de la pensée. Il y a une réaction du corps humain qui le plus souvent sécrète des produits chimiques naturels, qui sont ensuite responsables de l'effet placébo.
          Dans le cas de la lutte contre la douleur, on peut expliquer en partie le fonctionnement cérébral (cf schéma ci-dessous, emprunté à Science et Avenir.)
          Notre cortex préfrontal "reconnait" un médicament (par un emballage, une gélule connue..., alors que c'est un produit placebo, et qu'il ne le sait pas. Il informe de l'administration du "médicament" le tronc cérébral (ATV), qui agit sur le noyau accumbens et le circuit de récompense, et également le cerveau émotionnel, notamment les centres amygdaliens et l'hypothalamus.          
          Le système de récompense libère de la dopamine, qui apporte une certaine satisfaction, les amygdales diminuent le stress, et l'hypothalamus fait sécréter des endorphines, qui bloquent la douleur au niveau des relais nerveux de la moelle épinière.
          Le signal de douleur remonte au thalamus d'où il est relayé vers d'autres régions du cerveau.
           La douleur diminue.

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser.jpg

Les conditions de l'effet placebo

         On peut se demander ce qui favorise l'effet placebo (par exemple un optimiste y est il plus sensible ?) Les études ont donné un certain nombre de directions de recherches :

          D'abord un certain nombre de conditions dans le domaine de l'environnement :
                    - L'action des médicaments est meilleure en milieu hospitalier ou au cabinet médical.Une blouse blanche l'accentue. L'attitude du médecin plus conviviale ou sa confiance en l'efficacité du traitement influe le malade.
                    - L'aspect du "médicament" n'est pas neutre : le placebo est plus efficace si son emballage porte une marque; les médicaments chers sont préférés mais ils ont aussi plus d'effets secondaires (par effet nocebo); les gélules sont lus efficaces que les comprimés et les plus grosses font le plus d'effet; les comprimés bleus apaisent, les rouges excitent.
                    - Plus un traitement est invasive, plus il est actif : les injections sont plus efficaces que les comprimés ayant le même placebo.

         L'effet dépend évidemment du patient :
                    - Il semble que certains gênes favorisent l'efficacité des placebos.
                    - Les optimistes et les gens calmes sont plus réceptifs que les personnes stressées ou qui s'énervent; il semble par exemple qu'ils produisent plu d'endorphines face à la douleur.
                    - Les expériences passées de succès ou échec de traitements antérieurs (même différents) peut influencer le malade.
                    - Les émotions positives sont importantes (c'est vrai même pour des médicaments réels. Le rire et l'espoir agissent positivement, au contraire de l'angoisse et la tristesse.
          Cela dit, quand une maman console son enfant qui vient de tomber et a une petite égratignure au genou, c'est aussi un effet placebo !

         En définitive, il apparaît que l'effet placebo a une énorme composante psychologique, qui met en jeu notre inconscient, le système de récompense, les centres amygdaliens, l'hippocampe (mémoire), les cortex cingulaire et insulaire, et enfin l'hypothalamus qui produit alors des substances chimiques naturelles, qui agissent comme des médicaments.

Samedi 4 mai 2019 à 16:19

Zoologie, botanique, évolution

    J’ai entendu à la radio, une émission sur les scorpions. Cela m’a plu et j'ai pensé que ce serait intéressant pour certains de partager ce qui s’était dit

    Les scorpions font leur apparition il y a 450 millions d’années (Silurien). A cette époque, ils sont aquatiques ou du moins amphibies, munies de branchies et d’yeux latéraux. Le Ptérigotus  ou scorpion de mer, était un arthropode marin d’environ 2 mètres de long. Les scorpions passent ensuite à une existence uniquement terrestre à l’aide de poumons et de griffes, entre -380 millions et -350 millions d’années (Carbonifère - Dévonien).
    Le scorpion n’est pas un insecte : il a huit pattes et non six. Le scorpion est un lointain parent de l’araignée et c'est un animal invertébré de la classe des arachnides.
    Il a également une paire de « pinces » appelées « chelicères » et des pièces buccales « pédipalpes »; la tête collée au thorax (prosoma) formée d’une carapace avec deux paires d’yeux, l’abdomen (mesosoma) formé de 7 plaques et la queue (metasomia) formées de 5 anneaux dont le dernier porte une vésicule à venin appelé « telson »
    Il existe environ 1500 espèces de scorpions; tous sont venimeux, mais seulement une vingtaine d'entre eux ont une piqûre mortelle.
    Comme tous les animaux possédant un exo-squelette, (insectes, crustacés, mollusques …), la croissance se fait par mues successives. ( l’exo-squelette est par opposition à l’endo-squelette des mammifères,  un squelette extérieur, dont la partie abdominale est la carapace).
    Les Scorpions sont vivipares ou ovo-vivipares et donnent naissance à chaque portée selon les espèces entre trois et plus d'une centaine de petits appelés pullus.
Les œufs sont directement recueillis dans une « corbeille de naissance » formée par les pattes avant de la mère, ou simplement déposés sur le sol. Dès leur sortie, les jeunes grimpent sur le dos de leur mère, qui les portera sur son dos jusqu'à leur première mue.
    Généralement la durée de vie d’un scorpion est d’environ 3 ans, bien qu’elle puisse aller jusqu’à 26 ans selon les espèces.

    La majorité des scorpions vit dans les régions rocailleuses et sablonneuses des déserts, dans des terriers, sous des pierres ou dans des fentes du sol. D'autres vivent dans les savanes, dans les forêts sèches ou humides, soit dans des terriers, soit sous les écorces tombées au sol, dans les souches ou dans les arbres. Certaines espèces vivent dans des cavernes ou des grottes.
    Ils vivent essentiellement en Afrique du Nord, au Moyen Orient, au Mexique et au Brésil dans le sous-continent indien. En France, il existe cinq espèces de scorpions vivant principalement dans le sud. Ils sont surtout actifs en été et durant la nuit.
    Le scorpion est particulièrement résistant : il peut jeuner 3 ans, ne boit pas (il profite de l’eau de ses proies), il résiste à la chaleur, peut vivre dans la neige et la glace, et résiste à des doses de radiations  20 fois plus fortes que celles mortelles pour l’homme. (il est capable de réparer son ADN)
    J’ai vu au Sahara un indigène, qui élevait des scorpions pour les montrer aux touristes, en mettre deux dans une poêle, qu’il mettait sur le feu. Au bout d’une minute, les scorpions se recroquevillaient et devenaient noir, comme du charbon. Leur maître les mettaient alors dans une casserole remplie d’eau et, au bout d’un minute, les scorpions réhydratés, ressuscitaient et, si on vidait la casserole, se sauvaient allègrement jusque sous une pierre.

    Le scorpion ne pique que s’il est menacé.
    La piqûre de scorpion est généralement très douloureuse.
    La gravité de la piqûre dépend de la taille su scorpion (peu grave si <2 cm), de la localisation de la piqûre (plus grave si le venin passe dans une art!re ou une veine), et de l’âge de la victime (danger si < 12 ans)
    Les signes qui apparaissent chez l’homme, en cas de piqûre de scorpion sont classés en 3 stades approximatifs qui vont renseigner sur la conduite à tenir.
        1 - Douleur et rougeur locales; disparaissent en 24 heures
        2 - Les symptômes se limitent à une sudation et à une salivation intenses, une hypertension et une accélération du rythme cardiaque. Mais il peut y avoir aggravation de l’état général : diarrhées, fièvre, vomissements
        3 - Signes qui apparaissent au maximum 16 heures après la piqûre : difficultés à respirer; cyanose : les lèvres puis la peau deviennent bleutées; poul cardiaque rapide; crampes musculaires; agitation
    La conduite recommandée par les médecins est la suivante : garder son calme; ne pas faire de garrot; ne pas faire d'aspiration avec la bouche ; immobiliser la région piquée;
appliquer de la glace pour lutter contre la douleur; appeler le centre antipoison le plus proche ; essayer si possible d'identifier le scorpion mis en cause. Ne jamais laisser la personne piquée seule pendant 24 heures.

    Une chose peu connue : le scorpion sait doser la quantité de venin qu’il injecte, mais aussi sa nocivité. S’il se sent attaqué, il injecte la dose maximale, mais, comme il aime manger ses proies vivantes, pour les capturer il dose son venin pour juste les paralyser.
    Dans le combat de deux scorpions pour une femelle, ils se battent en essayant de se piquer et l’un d’eux peut ainsi mourir tandis que l’autre va faire la noce avec sa « scorpionne ». Mais cette noce est aussi dangereuse.
    Le couple entame une pariade complexe , au départ un simple contact physique, suivi d'une période de vibrations intenses effectuées par le mâle, qui, transmises par le sol, sont perçues par la femelle, qui réagit le plus souvent par une attaque.
Le plus souvent, le mâle reprend ses mouvements d'approche. Il attrape la femelle par une patte ou une pince et l'entraîne. Les queues sont animées de mouvements divers : balancements, entrecroisements à l'horizontale ou à la verticale.
 Brusquement, sans se séparer de la femelle, le mâle s'abaisse sur le sol et fait sortir en quelques secondes de son orifice génital une baguette contenant la substance séminale : c'est le spermatophore. Puis il recule, attirant rapidement la femelle sur cet organe collé au sol et la guidant afin qu'elle le saisisse par son ouverture génitale.
    Chez 40 % des espèces observées, la femelle cannibale dégustera son époux après l'étreinte (chez la mante religieuse, c’est presque 100%) !

    La France métropolitaine compte cinq espèces de scorpions, trois peu répandues et peu dangereuses et deux rencontrées couramment :
        - Le scorpion noir à queue jaune”,Euscorpius flavicaudis, qui peut mesurer jusqu’à 5 cm pour les plus gros individus. On en trouve souvent dans le Sud de la France, sous une ligne allant de Bordeaux à Lyon, en Corse, en Italie et en Espagne. aime la fraîcheur. La bête redoute le soleil et a pris l’habitude de se cacher sous les tuiles et entre les pierres des vieilles habitations.
    Il mange des araignées, punaises, mouches et autres petits insectes
    Il peut pincer et piquer certes, mais son venin, est relativement inoffensif pour l’homme. Plus la “victime” sera jeune, plus elle sera sensible au venin. On ressent une douleur allant de la piqûre d’épingle à la piqûre de guêpe
        - Le « scorpion jaune » du sud de la France, Buthus occitanus, est beaucoup plus dangereux (4 décès sur 25 000 piqûres), car les peptides qui constituent son venin, bloquent les canaux ioniques responsables du passage des ions sodium (Na+) et potassium (K+) à travers la membrane des cellules nerveuses, musculaires ou encore glandulaires, et provoquent vomissements, diarrhées, troubles cardiaques et neurologiques, voire la mort.
    Pour éviter les mauvaises surprises, évitez de laisser traîner vos vêtements et vos chaussures au sol, et vérifiez de temps à autre vos murs de pierres.
        - En outre un scorpion sans yeux, inoffensif, vit dans des grottes dans les Pyrénées : Belisarius xambeui

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  Ci-dessus, à gauche, le scorpion noir à queue jaune, peu dangereux.
  Ci-dessus, à droite, le scorpion  jaune, beaucoup plus dangereux.
  Ci-contre, le scorpion des Pyrénées.






    Le scorpion a de nombreux ennemis et prédateurs : le scorpion lui même, les araignées, centipèdes, fourmis, oiseaux, lézards, serpents, grenouilles et crapauds, et petits mammifères. Parmi les prédateur de scorpions, plusieurs animaux sont immunisé contre le venin de ceux-ci (la mangouste par exemple)
       
    Difficile de se faire à l’idée de manger des scorpions. Les punaises, les fourmis, les vers ou les chenilles comestibles peuvent rebuter, mais peuvent sembler relativement savoureuses une fois mangé. Mais entouré de sa réputation venimeuse, manger du scorpion est une notion accompagnée de ses propres craintes.
    La vente de ‘scorpion à manger’ est cependant très répandue, surtout  en Asie..Il parait qu’il a un goût de noisette et d’amande ou proche du pop-corn. La queue du scorpion, là où tout le venin est normalement stocké, est la partie la plus savoureuse de l’animal (le processus de congélation – bouilli – déshydratation- va éradiquer toute trace de ce venin rendant le scorpion vraiment comestible. La variété la plus appréciée est généralement le scorpion doré de Mandchourie (scorpion chinois), une espèce à la base inoffensive pour l’homme.

Samedi 27 avril 2019 à 8:20

Energie, nucléaire, économies

      Lorsque j’ai fait des articles sur l’énergie solaire, j’ai dit que le photovoltaïque était adapté à l’alimentation de petits matériels peu gourmands en énergie, ou à la production d’énergie sur place dans une maison individuelle, encore que la puissance actuelle disponible, vu la surface limitée du toit et le besoin de soleil, ne dépassait pas 3 ou 4 kw, ce qui limitait l’utilisation à quelques machines, le jour.
    Par contre le photovoltaïque n’est pas adapté pour faire des centrales, car le courant produit est intermittent (rien dès qu’il fait sombre), et continu, ce qui oblige à le « découper » pour le transporter. Le raccordement au réseau et hors de prix.
    De plus la France ne produit pas de panneaux solaires.
    Une autre solution autre que le photovoltaïque existe. Elle avait été essayée au four solaire d’Odeillo dans les années 1980, mais la France ne s’y est pas intéressée alors. Je souhaite vous en reparler.


http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/Moroccorelieflocationmap.jpg    Les médias ont en effet parlé, ces derniers temps du démarrage en 2018, d’une grande centrale solaire au Maroc, dans le désert, qui produit de l’électricité solaire à partir de miroirs, su le site de Noor, à quelques kilomètres d’Ouarzazate. Elle sera la plus grande centrale thermo-solaire mondiale : 580 MW. (extensible à 2000 MW)
    Il y avait jusqu’à présent cinq centrales américaines Ivanpah (390 MW), Mojave (280 MW), et Génésis (250 MW), en Californie, Solana (250 MW)en Arizona et Crescent Dunes dans le Nevada. En Espagne;Gemasolar, près de Séville, plusieurs centrales thermosolaire de puissance totale 350 MW.

    Le principe de la centrale marocaine (sous maîtrise d’œuvre d’une société chinoise SEPCO et maîtrise d’ouvrage de l’Agence marocaine pour l’énergie durable, Masen), utilise deux technologies de concentration de l’énergie solaire. (voir schéma ci-dessous).
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    De petits miroirs cylindro-paraboliques alignés par rangées, concentrent l’énergie solaire sur des tubes placés aux foyers des miroirs, dans lesquels circulent des sels fondus.
    De petits miroirs paraboliques circulaires, placées selon des cercles concentriques, concentrent l’énergie solaire en haut d’une tour sur un four contenant les mêmes sels fondus
    Ces sels sont chauffés à environ 600 degrésC et stockés dans de grands réservoirs isothermes. Les sels fondus alimentent le circuit primaire d’un échangeur thermique pour transformer en vapeur de l’eau du circuit secondaire.
    Cette vapeur fait tourner des turbines classiques, couplées à des alternateurs qui produisent l’électricité, la source froide étant un condenseur à air.
    Le stockage et le refroidissement lent des sels fondus permet de fonctionner après le coucher du soleil, ce qui accroit considérablement la production de la centrale, pendant quelques heures au delà du coucher du soleil, à une période de consommation importante

    Quatre centrales ont été construites :
        - Noor 1 couvre  480 hectares de plus d’un million de miroirs cylindro-paraboliques, avec une puissance de 200 MW et une capacité de 500 gigawatts-heures par an, et une capacité de stockage de 3 heures, fonctionne depuis 2016.
        - Noor 2 couvre  680 hectares de plus d’un million de miroirs cylindro-paraboliques, avec une puissance de 160 MW et une capacité de 500 gigawatts-heures par an, et une capacité de stockage de 6 heures, Elle a été mise en service en 2018.
        - Noor 3 couvre hectares, et utilise la technologie à tour, (225 m de haut), entourée de 7.400 miroirs motorisés de 180 mètres carrés, qui suivent le soleil pour une puissance de 150 MW et une capacité de stockage de 8 heures, Elle vient d’être mise en service.
        - Noor 4 est une centrale photovoltaïque de 220 000 panneaux solaires motorisés pour suivre le soleil, sur 137 hectares, pour une puissance de 72 MW, en cours de livraison.

NOOR 2 : la centrale aux miroirs cylindro-paraboliques
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Noor 2 : les réflecteurs cylindro-paraboliques

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Noor 2 : stockage (en ocre), turbines et alternateurs et au fond (en gris), les deux condenseurs à air.
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Nord 3 : les réflecteurs, la tour

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    Il est difficile de trouver des renseignements fiables sur les coûts de ces centrale, car on ne précise pas ce qui est compris dans les coûts annoncés.
    Il est encore plus difficile de connaître un coût du kWh produit, car les tarifs donnés par les autorités nationales sont des prix qui ne sont pas forcément liés aux coûts réels.
   
    Les Emirats Arabes Unis ont un projet à Dubaï, mené parla société saoudienne ACWA Power pour compléter une centrale de 2,3 millions de panneaux photovoltaïque su 4500 Ha,  de 200 Mw, qui fonctionne actuellement, par une station solaire thermique de 100 MW, à tour de 260 mètres de haut, le récepteur cylindrique de chaleur chauffant les sels fondus mesurant environ 30 mètres et les miroirs en cercle couvrant 3 750 ha.. Elle devrait fonctionner en 2020 et coûtera environ 4 milliards.
    Une extension de 700 MW de cette centrale est prévue  par la suite pour 2030, l’ensemble des centrales devant atteindre 5 000 MW en 2050.
    Le kWh serait produit à 7 centimes de dollar, ce qui est un prix étonnement bas.
    Les EAU construisent aussi à Abu Dhabi quatre centrales nucléaires de 1 400 MW pour un coût de plus de 20 milliards d’€.

    La Chine a également l’intention de créer une centrale solaire de plus de 3000 MW, dont une partie en solaire thermique sur tour.

Mardi 23 avril 2019 à 9:08

Ecologie, Changement climatique

Unité de production d'hydrogène par vaporeformage à la raffinerie de Jubail en Arabie saoudite
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    Présent en abondance dans le Soleil, l’hydrogène gazeux est quasiment absent de notre atmosphère. Il faut donc l’extraire de molécules qui le contiennent, comme l’eau ou les composés organiques.

    Aujourd’hui la production industrielle est faible, par rapport à ce qu’il faudrait pour alimenter le transport automobile et routier, et la principale filière utilise des composés organiques principalement constitués d’hydrogène et de carbone, comme le gaz naturel, le charbon ou la biomasse. Elle représente actuellement plus de 90% de la production d’hydrogène.
    Elle a un énorme inconvénient : les réactions chimiques correspondantes  extraient l’hydrogène en convertissant le carbone en gaz carbonique CO2, d’où un bilan catastrophique au plan de l’effet de serre
    Avec ce type de production à partir de produits carbonés,, la voiture à hydrogène n’a aucun avenir

    La deuxième filière produit de l’hydrogène par décomposition de l’eau. Elle utilise soit un courant électrique pour l’électrolyse, soit une succession de réactions chimiques pour les cycles thermochimiques qui permettent de « casser » les molécules d’eau afin d’obtenir de l’hydrogène.
    Mais les réactions sont endothermiques et donc on consomme plus d’électricité qu’on n’en récupèrera dans la pile à combustible
    C’est donc un hydrogène très cher.
    De plus si l’énergie électrique est produite, comme en Allemagne à partir de centrales à charbon, le bilan en CO2 est très mauvais. En France l’énergie électrique étant d’origine nucléaire, la filière serait envisageable, mais n’existe pas industriellement.
    Ce peut être une filière intéressante pour utiliser l’électricité des énergies intermittentes, solaire ou éolienne, que l’on ne sait pas stocker. On produirait de l’hydrogène que l’on peut stocker. Mais, vu le coût de ces énergies, celui de l’hydrogène est alors 4 fois plus cher que celui produit à partir du pétrole ou du gaz.
    Il faudrait une baisse importante de ces énergies, et de plus une usine près d’une centrale voltaïque, car le coût de rattachement de celle-ci au réseau est très cher.

         Une troisième filière beaucoup plus intéressante serait la production par décomposition de l’eau à très haute température. Mais ce ne serait rentable qu’avec des réacteurs nucléaires à haute température de 4ème génération, et l’étude de ceux-xi est actuellement très lente.

    Enfin on pourrait penser à un générateur d’hydrogène directement dans le véhicule.
    Les principes sont connus : on peut utiliser du boro-hydrure de sodium  NaBH4, mais c’est un produit cher et on préfère utiliser de l’aluminium et des solutions aqueuses de soude , les réactions étant les suivantes ;
        2Al + 6H2O + 2NaOH → 2NaAl(OH)4 + 3H2   (1) ;
        NaAl(OH)4 → NaOH + Al(OH)3   (2) ;
        2Al + 6H2O → 2Al(OH)3 + 3H2   (3).
    La soude est régénérée et le bilan est celui de l’équation (3).
    J’ai personnellement fait fabriquer un petit générateur d’hydrogène au borohydrure, pour alimenter la flamme d’un petit spectromètre portatif et cela fonctionnait très bien.
    Mais il faudrait une quantité bien plus grande pour fournir la pile à hydrogène d’une voiture et mettre au point un tel générateur n’est pas simple.
    On peut aussi stocker de l’hydrogène dans des hydrures métalliques qui fixent l’hydrogène sous forme atomique (et non la molécule H2), cel dans des conditions de température et de pression propre à chaque hydrure et qui le restituent àdans des conditions différentes. pour être utilisé dans des applications mobiles, les hydrures métalliques considérés doivent avoir des températures et des pressions d’équilibre compatibles avec leur stockage, dans des stations service, leur emport dans une voiture et des conditions acceptables de restitution de l’hydrogène
    Par contre on peut stocker des quantités importantes dans des volumes réduits.
    Mais si des essais ont été intéressants, on est encore loin de la réalisation industrielle de ces « éponges » à hydrogène.
    Mais cela éviterait les stockages lourds et dangereux.


    En définitive, si l’on sait faire une voiture à hydrogène, si une voiture électrique hybride serait intéressante au plan de l’absence de rejet de CO2, la voiture elle même est complexe et très chère.
    Mais une réalisation en série ferait baisser les prix.
    Cependant le gros problème reste la fabrication en quantité suffisante d’hydrogène, sans produire de CO2 et à un coût raisonnable. On n’est encore qu’aux études préalables.
    Je ne pense donc pas qu’il y ait une généralisation de la voiture hybride à hydrogène avant 2040.
    Tout dépend aussi des progrès de stockage que feront les batteries électriques, car, si elles arrivaient à tenir 500 km sans recharge, la voiture serait beaucoup plus simple et moins chère que la voiture à hydrogène.

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Samedi 20 avril 2019 à 16:43

Ecologie, Changement climatique

     J’ai trouvé, sur la revue « Sciences et Avenir », un intéressant article sur le future voiture à hydrogène, mais trop succinct et il m’a donné envie de faire un point plus complet.l

    Je l’ai déjà dit sur ce blog, la voiture à hydrogène et intéressante car elle brûle de l’hydrogène qui associé à l’oxygène de l’air donne alors de l’eau, et donc pas de CO2, ni d’oxydes d’azote ou de particules fines : grand progrès pour le climat et notre santé !
    Malheureusement il faut mettre la voiture au point et pouvoir l’utiliser dans tout le pays; ce n’est pas si simple pour plusieurs raisons.
    Evidemment lorsque l’on pourra acheter de telles voitures, il faudra disposer des l’approvisionnement en hydrogène sous une forme adéquate dans les stations services. Il faudra aussi pour pouvoir l’approvisionner qu’on en produise en quantité suffisante, pour remplacer l’essence actuelle, et aujourd’hui, nous n’en sommes pas capables : c’est un autre problème que je traiterai demain.

    On pourrait brûler l’hydrogène dans un moteur à pistons classique, sans changements majeurs. Le premier moteur à combustion, développé en 1805 par Isaac de Rivaz (Suisse), était alimenté à l’hydrogène ! Donc on pourrait théoriquement utiliser des voitures voisines des voitures actuelles.
    Plusieurs prototypes ont existé, mais il y a quelques problèmes :
    Essentiellement une question de volume : l’hydrogène est 3 fois plus énergétique, à masse égale  que l’essence, mais il est très léger : 89g/m3, soit 12 m3/kg.
Si vous prenez un réservoir actuel d’essence de 60 litres d’une grosse voiture, stockant environ 45 kg d’essence, il faudrait en équivalent 15 kg d’hydrogène, soit 180 m3 de gaz
    Sous 200 bars de pression, il faudrait encore 1 m3 de volume et le réservoir d’acier doit résister à cette pression et pèserait plus que la tonne (autant que la voiture !). Impensable.
    Un autre problème est le fait que l’hydrogène, en présence d’oxygène (de l’air) est explosif. Donc toute fuite est très dangereuse : d’où une étanchéité drastique de toutes les conduites et raccords, que ce soit des réservoirs au moteur, comme des stations d’approvisionnement au réservoir.
    Ces deux problèmes ont empêché tout développement majeur jusqu’à ces dernières années.

    Actuellement on s’oriente plutôt vers une voiture électrique alimentée par une pile à combustible, et il existe 3 constructeurs : Toyota, Hyundai et Honda,: 3600 véhicules ont été vendus, essentiellement par Toyota et aux USA; ces véhicules sont très chers, de 60 000 à 70 000 €. Les constructeurs français Peugeot et Renault, commencent à s’y intéressent ainsi que Mercédes.
    Vous voyez ci-dessous deux photos des voitures Toyota et Hyundai et un schéma de la coupe de la voiture de Toyota, la « Mirai ».

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/toyotamiraiphoto0007620x413.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/Unknown-copie-4.jpg
Toyota Miraï
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Hyundai Nexo
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http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/toyotamiraireservoirs-copie-1.jpg
    La voiture est équipée de deux réservoirs à hydrogène, qui sont en fibre de carbone et stockent 5 kg d’hydrogène sous 700 bars, et conçus pour résister à des chocs. Tout un sytème de sécurité détecte les fuites et ferme automatiquement le réservoir
    Le ravitaillement et également très sécurisé : une fois raccordé à la voiture par le biais d’une pistolet, la station évalue automatiquement le différentiel de pression pour enclencher, ou pas, le ravitaillement en hydrogène de la voiture. Là encore des sécurités interviennent en cas de risque de fuite (notamment verrouillage du pistolet, interdiction de démarrage du moteur, arrachage du tuyau au niveau de la station et fermeture d’un robinet si la voiture emmenait par accident la tuyauterie…)
    Le « plein » peut être fait en quelques minutes.

    L’hydrogène alimente une pile à combustible de 114 kW (155 ch). Celle-ci charge une batterie Nickel-hydrures métalliques de 1.6 kwh, qui récupère l’énergie lors des phases de freinage et de décélération et apporte un supplément de puissance en phase d’accélération.
    Pile à combustible et batterie alimentent un moteur électrique synchrone de 113 kW (154 ch) et 335 Nm permettant à la Toyota Mirai d’atteindre jusqu’à 178 km/h de vitesse maximale et d’abattre le 0 à 100 km/h en 9.6 secondes. Elle est dotée d’une boite automatique
    La Toyota propose trois modes de conduite – « Normal, Eco et Power » – ainsi qu’un mode « brake » permettant d’accentuer le frein moteur et la récupération d’énergie. Son autonomie est de l’ordre de 500 km.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/images-copie-2.jpg    Comment fonctionne une pile à combustible ?
    Une pile à combustible est en quelque sorte l’inverse d’un électrolyseur. Les réactions chimiques sont les mêmes que dans l’électrolyseur, mais inversées (voir schéma ci contre).
    L’hydrogène traverse un diffuseur (une matière carbonée poreuse) et atteint l’électrode négative (anode), recouverte de platine, qui favorise le départ d’un électron de l’atome. Ces électrons forment le courant électrique produit. Les ions hydrogène dépourvus de son électron (ion H+) émigre au travers d’une membrane électrolyte polymère vers l’électrode positive, (cathode), où ils se combinent à des électrons libérés par cette électrode et à de l’oxygène, produisant de l'eau.qui est éliminée.
    Les électrodes, l’anode et la cathode sont constituées de fines particules - des nanotubes de carbone ou des grains de noir de carbone de 50 nanomètres de diamètre sur lesquelles est déposé un catalyseur qui facilite la recombinaison H2 / O2. Actuellement ce catalyseur est constitué de fines particules de platine de quelques nanomètres de diamètre, ce qui est extrêmement onéreux. 
On espère pouvoir remplacer le platine par des molécules organiques  imitant le site actif d'enzymes qui libèrent de l'hydrogène chez des bactéries, et produire ainsi un catalyseur bon marché.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/12008004abdf0ce3cad71b96d3d9fc0.jpg    La voiture à hydrogène est déjà une réalité, puisqu’elle circule depuis 2014, mais à effectifs réduits, ce qui n’a rien d’étonnant vu son prix.
    Son avenir paraît être plutôt celui d’une voiture hybride, c’est à dire une vraie voiture électrique avec des batteries importantes, LI/ions pour le moment, et une pile à combustible d’appoint pour prolonger le rayon d’action. Le réservoir d’hydrogène peut être alors plus réduit.
    Une petite société française grenobloise, Symbio,  a conçu avec l’aide du CEA, et l’aide financière de Michelin et d’Engie, un « kit » destiné à des kangoos électriques de Renault, qui rajoute 180 km d’autonomie. Des adaptations à d’autres véhicules utilitaires sont en cours.
   
    Mais deux gros problèmes subsistent :
    D'abord disposer de stations services assez répandues pour pouvoir s’approvisionner comme on le fait pour l’essence. Cela ne pose pas de question technique difficile, mais c’est un problème d’investissement, d’un coût élevé
    Le véritable problème est celui de la production d’hydrogène en quantité suffisante, sans produire de CO2 et à un coût raisonnable.

  
Je le traiterai dans le prochain article.

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