Samedi 13 juillet 2019 à 11:09

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/lesplaquettescellulessanguines.jpg
    Les « thrombocytes » ou plaquettes sanguines, sont des cellules sans noyau, formées dans la moelle osseuse. Elles jouent un rôle essentiel dans la coagulation car elles forment des agrégats qui vont "boucher" une blessure (coupure, plaie) juste après qu'elle se produise, et avant que les autres facteurs de la coagulation ne se déclenchent.
    Les plaquettes permettent donc d’éviter un saignement à l’intérieur du corps.

    Elles  sont de forme lenticulaire, en disque biconvexe, et mesurent entre 1.5 et 3.5 µm de diamètre. Les plaquettes sont présentes à raison de 150 000 à 400 000/µL de sang. Leur durée de vie moyenne est de 9 jours.
    Les thrombocytes sont formés par fragmentation des méga-caryocytes, grandes cellules contenues dans la moelle osseuse. Ils ne sont donc en fait pas des cellules complètes mais uniquement de petits fragment de cellules.
    Un méga-caryocyte produit environ à lui seul 1 000 à 10 000 plaquettes, en environ 5 jours, le temps nécessaire au mégacaryocyte immature de se remplir de protéine, de cyto-squelette et de granules que chaque plaquette emportera.

    Des cellules souches de la moelle osseuse donnent naissance à des méga-caryoblastes qui possèdent une potentialité de différenciation et vont devenir des "méga-caryocytes". Ceux-ci subissent plusieurs cycles de division cellulaire durant lesquels ils répliquent leurn ADN. Cependant, aucune n'étant menée à son terme, le noyau double sa quantité d'ADN à chaque division. La cellule mesure alors de 100 à 150 micromètres (les mégacaryocytes sont les plus grosses cellules de la moelle osseuse, mais aussi les plus rares) et le noyau comporte jusqu'à 128 fois la quantité normale d'ADN ..
 Le mégacaryocyte va alors se diviser en « proplaquettes » (5 à 7), qui vont être libérées, et « exploser » pour donner naissance à 1 000 voire 1 500 plaquettes chacune, conférant un pouvoir de production de l'ordre de 10 000. plaquettes par méga-caryocyte, ce qui se justifie par la courte durée de vie (9 à 10 jours chez l'humain) des plaquettes dans le sang (environ 10puissance11 plaquettes sont produites chaque jour pour garder le taux constant dans le sang humain). Les plaquettes sont alors libérées dans le sang, afin qu'elles puissent remplir le rôle fondamental dans la survie du corps.

    Aujourd’hui, pour éviter les hémorragies, lorsqu’il y a carence naturelle des plaquettes, la seule source existante est la transfusion de plaquettes provenant de dons du sang, dont les besoins continuent d’augmenter, ce qui encourage les chercheurs à envisager des sources complémentaires au don du sang, d’autant plus que les plaquettes sont aussi difficiles à conserver, contrairement aux globules rouges, ce qui nécessite qu’elles soient transfusées dans les 5 jours après le don du sang..
    Une équipe associant physico-chimistes, biologistes médecins des Universités de Paris Descartes et Diderot, du CNRS, de l’Ecole supérieure de Chimie de Paris, de l’Inserm et la start-up PlatOD a développé un dispositif microfluidique (une sorte de « puce »), qui produit en quelques heures une grande quantité de plaquettes sanguines. (la figure ci-dessous est empruntée à leur compte-rendu d’étude)

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/reyssatfig1bis.jpg
    Le puce est constituée d’un canal, encombré par de nombreux « micropiliers », dans lequel on injecte des mégacaryocytes (schéma a). Ceux-ci adhèrent aux piliers grâce à une protéine identique à celles de la paroi du vaisseau sanguin, qui recouvre la surface des micropilliers et qui reconnaît spécifiquement la membrane des mégacaryocytes (schéma b).
    Les mégacaryocytes subissent les cycles de transformations qui donnent naissance aux plaquettes, qui sont emportées par le flux qui traverse la puce, (photo c), et peuvent être recueillies, et sont, après une activation chimique, capables de remplir leur fonction anti-hémorragique chez un receveur.
    Avec une source plus importante de mégacaryocytes et une puce de plus grande capacité, une production de plaquettes sanguines in vitro à grande échelle sera possible.
    Le procédé est actuellement validé, il faut le redimensionner, faire des essais sur des animaux, puis, dans quelques années, passer à l’expérimentation clinique.

Samedi 6 juillet 2019 à 10:30

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

http://lancien.cowblog.fr/images/P1020830.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/maxresdefaultlive.jpg










 

   J’ai un assez bon sens de l’orientation, en ce sens que j’ai une bonne mémoire cartographique des lieux où je suis déjà passé et je trouve donc assez facilement mon chemin, au moins de jour et quand les lieux n’ont pas trop changé.
    Dans la campagne, je peux toujours me guider sur le soleil quand il y en a, et en partie sur la luminosité du ciel, s’il n’y a pas trop de nuages. Cela me permet de savoir où est le nord. Mais cela m’est déjà arrivé de me perdre, et j’ai toujours dans ma voiture une boussole, qui sert parfois.
Evidemment avec les GPS, on ne se perd plus, mais je n’en n’ai pas, car je ne m’en servirais pas assez.
    Mais j’aimerais bien avoir, comme les pigeons voyageurs, un circuit de mon cerveau qui m’indique la direction à suivre.
 
    En fait de nombreux animaux (pigeons, tortues, poissons…) ont « une boussole » dans leur cerveau et ont ainsi un sens de « magnéto-perception ».
    On sait que cette faculté est due à des complexes moléculaires constitués de deux protéines particulières :
        - l’une le cryptochrome fait réagir l’organisme à la lumière;
        - l’autre, qui comporte un atome de fer et un atome de soufre en son centre, qui est sensible aux champs magnétiques.
    Le complexe est formé d’une chaine de ces protéines magnétiques, autour de laquelle s’enroulent des cryptochromes de façon hélicoïdale. L’ensemble forme un tube magnéto-sensible, qui se comporte comme une aiguille de boussole.
    Si on isole ces tubes et qu’on les fait flotter dans un liquide, ils s’orientent selon l’axe nord-sud du champ magnétique terrestre.
    Présents dans le corps de certains animaux, ils doivent donner à certains neurones spécialisés des indications sur la nature ambiante de ce champ, leur permettant de s’orienter. On en a repéré par exemple dans la rétine des pigeons et il semblerait que ce complexe moléculaire leur donne des renseignements sur le champ magnétique et la position du soleil, grâce à des échanges d’électrons entre les deux protéines. On ne sait pas encore comment se fait ensuite la transmission nerveuse.
 
    Comme toutes les protéines, elles sont codées par des gènes, qui, lorsqu’ils s’expriment, entrainent leur fabrication.
    Or les gènes de ces protéines sont présents chez l’être humain, mais ils ne s’expriment pas, du moins de façon générale et nous ne sommes donc pas (ou plus ?) sensibles au champ magnétique terrestre.
    Mais ces découvertes sont toutes récentes, et dues notamment à de chercheurs chinois, et rien ne prouve que ces gènes ne s’expriment pas parfois chez quelques hommes dans le monde.
    De plus des études très récentes faites par l’institut technologique de Californie, ont montré une certaine sensibilité de l’homme aux champs magnétiques, que l’on ne soupçonnait pas.
    Des patients ont été placés yeux bandés dans une cage de Faraday, entourés de bobines qui pouvaient produire des champs variables en direction et en intensité. un casque permettait de relever des électroencéphalogrammes de leur cerveau.
    Les patients n’ont pas eu l’impression de percevoir, de sentir ces champs électromagnétiques.
    Mais les électroencéphalogrammes ont relevé une diminution importante des ondes lentes « alpha », qui sont habituellement présente quand le cerveau est relaxé et ne ne fait rien en apparence.
    On pourrait penser à des courants induits dans le cerveau, ou à des cryptochromes comme pour les animaux, mais ces processus ne sont pas sensible à la polarisation du champ, alors que cette sensibilité existe dans cette expérience.
    Les chercheurs pensent que ces champs agiraient sur des particules de magnétite, tout petits grains existant dans les membranes des neurones, qui seraient alors agités de mouvements et laisseraient entrer des ions, qui modifieraient l’état électrique du neurone.
    Cette perception n’a lieu que lorsque le champ magnétique est orienté vers le bas, ce qui est le cas pour le champ magnétique terrestre.
    On peut se demander si Homo spiens, qui a effectué de nombreuses migrations, était sensible au champ magnétique, et que l’homme en évoluant, aurait perdu cette capacité, devenue peu utile.
    Il y a un an, des chercheurs de Munich ont découvert dans des cerveaux (postmortem évidemment), la présence de magnétite, principalement dans le cervelet qui contrôle notre marche debout.

    Je ne sais pas si la génétique permettra, un jour, de restaurer cette expression du gène cher un grand nombre de personnes, mais il serait sûrement intéressant d’étudier si cela n’arrive pas chez certaines personnes qui ont des aptitudes particulières (les sourciers par exemple), enfin quand ces aptitudes sont relativement avérées et où il ne s’agit pas de charlatans.

Samedi 29 juin 2019 à 8:37

Notre cerveau : intelligence; langage

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/les3systemescognitifs1255.jpg
         La science formule des hypothèses, les vérifie en partie, mais ensuite les connaissances progressent et on remet en cause ce qui a été dit, sans forcément le renier, mais en le complétant, en le précisant.
Le psychologue suisse Jean Piaget (1896-1980)  a observé et enseigné la psychologie des enfants et a défini 4 stades dans le développement de leur mental.

 

Le stade sensori-moteur (de la naissance à environ 2 ans)

Il correspond au développement et à la coordination des capacités sensorielles et motrices du bébé.
L’intelligence du bébé est pratique et liée à l’action, à ses gestes, à faire la différence entre son corps et les objets externes.

Il finit par avoir des représentations mentales, c’est à dire pouvoir se représenter une personne, un objet, en son absence.

Sa famille est là pour le servir, notamment sa mère. Marcher lui donne une certaine indépendance.

 

Le stade pré-opératoire (de 2 à 7 ans)

 

A ce stade, les acquisitions de l’enfant au niveau de la fonction symbolique sont nombreuses (notamment l’acquisition du langage).

L’enfant peut penser à ses actions sans les réaliser et il devient peu à peu indépendant dans ses actions.

Il apprend à définir sa pensée par le langage.

L’enfant est encore décrit comme « égocentrique ». Il a du mal à comprendre que d’autres puissent ne pas avoir les mêmes pensées que lui.

Il va peu à peu acquérir ce que l’on appelle la  "théorie de l’esprit", c’est à dire avoir une idée de ce que l’autre pense. Des comportements comme garder un secret, mentir, dissimuler vont peu à peu apparaître.

 

Le stade opératoire concret (7 – 12 ans)


A ce stade, l’enfant acquiert une « mobilité croissante au niveau de ses structures mentales » et de ses réflexions. Ses théories de l’esprit deviennent plus subtiles, plus concrètes et plus prédictives.  iI peut envisager d’autres points de vue que les siens.

Peu à peu il peut avoir des représentations mentales, c’est à dire faire certaines actions dans sa tête sans forcément un support concret.

Le stade formel (12 – 16 ans)

 

Il s’agit pour Piaget, du dernier stade. Par la suite, l'adolescent ou l’adulte pourra continuer à acquérir des connaissances mais il ne changera plus radicalement de vision du monde.

L’adolescent manie des opérations mentales de plus en plus complexes, parce qu’il commence à raisonner sur de l’abstrait, sans être obligé de passer par le concret. Il peut réfléchir sur des notions existentielles : (le bien et le mal, l’infini, la mort etc.).

 

Cette théorie reste en partie admise, mais elle est aujourd’hui complété par les neuropsychologues.

 

D’abord il semble que chez le bébé, certaines aptitudes sont déjà programmées : par exemple le sens des nombres, le bébé évaluant visuellement une quantité approximative, ou la longueur d’une série d’objets (qu’il confond d’ailleurs avec le nombre jusqu’à ce qu’il apprenne à compter).

L’adulte, bien que parvenu au stade formel, commet des erreurs de logique et de raisonnement. En fait notre inconscient est sollicité sur toute résolution de problème, avec le concours de la mémoire, et il suggère des solutions rapidement, mais qui sont en quelque sorte des intuitions, basées sur des analogies et comparaisons. Certaines de ces solutions peuvent être satisfaisantes, d’autres erronées.

 

Certains psychologues, comme Olivier Houdé, estiment que si l’on veut ne pas céder top facilement à ces suggestions et intuitions, et parvenir à une étude logique, il faut que le cerveau ait une capacité d’inhibition, qui empêche de retenir trop hâtivement une solution basée sur des intuitions notamment à partir de perceptions visuelles, auditives iou tactiles.
        Ce processus demande évidemment un certain temps (quelques dizaines de millisecondes).

L’IRM permet de voir que pendant ce délai c’est le cortex préfrontal qui est sollicité, et c’est une zone dont les neurones ont pour action d’inhiber une première réponse, qui est celle délivrée par l’automatisme, l’habitude et l’intuition, et d' obliger le cortex préfrontal à reconsidérer la question, à réfléchir et à appliquer une autre stratégie.

L’enfant naît avec un cortex préfrontal capable de remplir cette mission, mais qui n’est pas mature, et qui doit apprendre ce processus d’inhibition du réflexe initial de ne pas faire confiance absolue aux sensations, et de reconsidérer le problème.

Cette capacité d’inhibition peut être mise en lumière par des exercices ou des jeux, (par exemple « Jacques a dit » ou le « jeu du balai »). Elle se manifeste aussi lors de l’apprentissage de la lecture, car le cerveau ne différencie pas l’orientation droite ou gauche pour la reconnaissance des visages et objets, alors qu’il devra le faire pour des lettres telles que b et d.

De nombreux exercices permettent de jauger la capacité d’inhibition des sujets, qui est une forme d'intelligence.

 

En définitive, se développer c’est non seulement construire et activer des stratégies cognitives, comme le pensait Piaget, mais c’est aussi apprendre à inhiber des stratégies qui entrent en compétition dans le cerveau, et dont certaines peuvent être erronées;

Le développement de l’enfant passe d’abord par celui de ses sens, d’abord apprendre à manipuler des objets et ensuite faire des opérations plus abstraites, à partir des perceptions, et les mécanismes mis en place par l’apprentissage sont très puissants, de telle sorte qu’ils peuvent induire en erreur le cerveau.

Il faut donc que le cortex préfrontal apprenne à inhiber ces réflexes intuitifs pour se demander s’ils sont corrects et éventuellement rechercher une autre stratégie. Notre cortex préfrontal va ainsi mettre, peu à peu, depuis la naissance, de l’ordre de 20 ans à devenir mature.

Vendredi 21 juin 2019 à 17:21

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/11425540.jpg

Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.


Sujets de la filière S
• La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?
Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté?

La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?

    Il est certain que les diverses parties du monde peuvent abriter des peuples aux cultures très différentes, et donc à des manières de vivre différentes, mais aussi à des règles morales, législatives et économiques spécifiques, des croyances, des connaissances, des émotions artistiques, voire une morphologie et des personnalités différentes.
    Autrefois les conséquences étaient mineures, car les rapports entre personnes de cultures différentes avaient lieu, soit lors de rapports commerciaux (et cela en compliquait souvent l) soit du fait du tourisme, mais qui ne touchait qu’une élite aisée.
    Aujourd’hui, il en est tout autrement; il y a la mondialisation et l’information mondiale possible d’internet, les voyages virtuels, mais aussi un grand essor du tourisme, des études à l’étranger, et beaucoup de voyages des jeunes.
    Il y a donc de plus en plus de confrontation des cultures.
    Mais à l’inverse il y a une réaction,: la montée des nationalismes de toutes sortes, mais ils sont certes plutôt politique plutôt que culturels. Mais on voit aussi un engouement pour les langues locales et les cultures spécifiques d’une province.

    Faire obstacle à l’unité du genre humain, qu’est ce ? C’est assez vague. C’est empêcher que les hommes se reconnaissent comme êtres humains semblables, comme participant, au delà de nos différences à une même humanité.
    Avoir une certaine culture apporte un lien dans la mesure où les personnes ont conscience d’appartenir à cette culture, et donc des cultures très différentes peuvent donc rendre plus difficile le lien entre des personnes de ces cultures.
    Cela dit, à mon avis il y a des problèmes beaucoup plus graves que les différences de culture pour faire obstacle à l’unité du genre humain : rivalités de peuples ancestrales, guerres ou dominations anciennes, régimes politiques différents, rivalité personnelle d’hommes politiques, problèmes économiques et commerciaux …

    Je me rappelle que certains philosophes prônaient une culture universelle qui remplacerait peu à peu les diverses cultures. il ne semble pas que leurs thèses soient suivies d’effets. A vrai dire je ne vois pas ce que serait cette culture, d’autant plus qu’on a tendance à confondre la culture avec tous les étroits particularismes locaux.
    Et culture commune veut elle dire humanité commune, unique?
    Cela dit, il y a une nation France et des cultures locales très vives, auxquelles les gens issus de la région, sont attachés.

    J’ai toujours trouvé que les discussions, quand on n’a pas le même avis, mais qu’on est tolérant, font progresser les idées, et que chacun en tire quelque chose.
    Peut être peut on aussi tirer des enseignements d’une confrontation des cultures. Chacune a sûrement ses bons et ses mauvais aspects. Le difficile , c’est qu’ensuite on ne sait guère en tirer de leçon pratique.
    Il y a dans les diverses cultures des principes communs, des comportements humains, même si ensuite le contenu diverge : c’est la survie de l’homme, de l’espèce, la famille, le couple et les enfants, le travail, les besoins de nourriture et de logement, l’innovation et la recherche de progrès, le goût de la réflexion, des arts et des sciences, la recherche d’une organisation politique et de règles, d’une justice et d’une équité, mais aussi une certaine empathie et une certaine solidarité devant le malheur. J’en oublie surement maintes autres actions.
    Et à l’inverse, rester enfermé dans sa culture, c’est vivre éternellement das son coin, comme si l’on était aveugle, sans se remettre en question, en profitant de l’avis des autres.

    Et, au delà des cultures n’y a t’il pas quelque chose de commun en l’homme : son cerveau.
    Ce qui distingue l’homme des animaux, c’est son cerveau, principalement son cortex. C’est son système d’apprentissage qui lui permettra d’apprendre ‘abord à commander son corps, puis à marcher, parler, lire écrire, compter, puis à faire des études. C’est sa capacité à raisonner à résoudre inconsciemment des problèmes, à avoir de grandes émotions, des sentiments. C’est la possibilité de communiquer avec ses semblables, de comprendre leurs pensées.
    Ce cerveau il est différent d’un homme à l’autre, mais ses capacités générales sont les mêmes quelle que soit la culture originelle.
    Et l’usage de ce cerveau nous confère une personnalité, qui dépend de nos préférences cérébrales, dont les définitions générales sont les mêmes pour tous les hommes.
    Et c’est ce cerveau qui est à l’origine des cultures. C’est un même outil, mais il a produit des oeuvres différentes. ALors pourquoi vouloir les uniformiser. Il suffirait que l’on fasse effort pour une compréhension mutuelle, ce qui est possible avec nos cerveaux qui se ressemblent.


Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté?

    Bien sûr chacun tient à sa liberté, mais il faut des limites à tout, y compris à sa liberté. On a coutume de dire que « sa liberté s’arrête là où commence celle de son voisin ».
    Actuellement chacun n’a qu’un mot à la bouche « nos droits »
    Sans doute en partie parce qu’il y a trop de différences entre les plus riches et les plus pauvre, entre ceux qui n’ont que peu de soucis et les malheureux. Parce qu’aussi c’est une mode en France de toujours râler et ne pas être satisfaits. Parce qu’aussi normes et règles se multiplient, souvent établies de façon technocratique et sans concertation.
    Mais on se garde bien de parler de « nos devoirs » (je ne parle pas des devoirs de classe, bien sûr LOL)
    C’est pourtant la contrepartie des droits : la communauté nous apportes certains avantages, il est normal qu’en échange, nous lui apportions aussi quelque chose, et par ailleurs il est aussi nécessaire que nous respections certaines règles et lois, qui permettent la vie en commun. Il y a en quelque sorte une « morale sociale ».
    Certes les devoirs imposent des frontières, obligent à se conformer aux règles et c’est effectivement une limitation de la liberté individuelle, mais limiter n’est pas renoncer ou supprimer. Il n’y a qu’à comparer la vie en France avec celle dans des pays totalitaires.

    Il ne faut pas je pense confondre liberté et anarchie, ou liberté et droit de faire ce que l’on veut, sans se soucier des autres.
    Les règles existent chez l’animal, et plus il est évolué, plus il y a une organisation de la société. L’homme est-du moins le pense t’il - un animal supérieur civilisé. Il est normal qu’il y ait une protection de la liberté de chacun par une limitation collective de cette liberté pour qu’elle ne nuise pas à autrui.
    Un exemple flagrant est, de nos jours, internet, où au départ la liberté est totale, et où peu à peu apparaissent maintes nuisances (escroqueries, arnaques, abus de la crédulité, harcèlement, fausses nouvelles, apologies diverses, prosélytisme…). On sera de plus en plus amené à règlementer (et ce n’est pas facile) pour protéger l’internaute.
    Evidemment certaines règles peuvent elles être erronées, injustes, avantageuses pour certains. La perfection n’est pas de ce monde, mais il vaut mieux quelques erreurs que pas de règles du tout. C’est principalement vrai pour l’éducation des enfants.
    Dans la pyramide de Maslow, dont j’ai parlé dans un article, le stade ultime est l’accomplissement de soi. Ce n’est pas un problème de règles, mais d’action orienté.
Etre heureux de s’étre accompli, n’est ce pas une liberté intérieure?

Jeudi 20 juin 2019 à 11:41

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/5d073352e8f51ebc518b456e.jpg

Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.


Sujets de la filière ES:
• La morale est-elle la meilleure des politiques?
Le travail divise-t-il les hommes?

La morale est-elle la meilleure des politiques?


    Ce sujet ne me plaît pas du tout du fait de son imprécision et par ailleurs je pense dangereux d’aborder un sujet politique au bac, car il est difficile tant pour l’élève que pour le correcteur, de faire abstraction de ses opinions.
    Par ailleurs il y a certainement de très nombreuses paroles d’e philosophes (à commencer par Platon et Machiavel) et d’hommes politiques sur cette question, mais je ne les ai pas en mémoire.
    D’abord je ne sais pas quels sens donner aux mots « morale », et « politique ».

    La morale d’abord : le bien et le mal; l’esprit et les règles du bien. Celles aussi souhaitées et plus ou moins imposées par la société (civilisations, coutumes, religions, castes, partis politiques, groupes divers.…) ou même la mode !
    Politique, est ce seulement la politique au niveau de la ou des nations, des collectivités, mais on peut aussi parler d’une politique pour une entreprise; ou de la politique d’une personne, par exemple pour mener sa carrière. C’est assez ambigu, parce que le niveau de conséquences collectives et les acteurs ne sont pas les mêmes.
    En fait morale comme politique ne sont pas des données qui existent en elle mêmes. Elles sont bâties par des hommes, qui , à un moment donné en ont la responsabilité.

    La morale est quand même une affaire très individuelle. Au départ ses règles nous sont enseignées par nos parents; puis par des professeurs d’origines diverses : enseignement, religion, partis politiques…
    Ces personnes ont évidement une culture, des archétypes, des préjugés, des opinions et sont sensibles aux autres, à l’environnement, à la mode, à leurs intérêts ou à celui d’entités supérieures.
    Ensuite il faut que ces règles soient assimilées et ait notre accord : c’est le « surmoi » dont parle Freud.
   
    Alors quelle morale faut il retenir si l’on veut y associer une politique?
    Les chinois n’ont probablement pas les mêmes règles que les occidentaux. A Tahiti où il y a chez les autochtones une certaine communauté de bien, emprunter - sans lui dire - la voiture ou un bien du voisin, n’est pas immoral. Les terroristes ont ils une morale ?
    Les règles morales d’une secte sont elles acceptables? Et même à l’intérieur d’une religion, il y a des libéraux et des intégristes. Certains peuvent être homophobes, contre la PMA, l’IVG ou la contraception.
    Alors que doit retenir le politique parmi ces données contradictoires, alors qu’il a sa propre morale à lui-même.?
    La guerre, où l’on a le droit et même le devoir de tuer son adversaire, est elle conforme à la morale? La religion du fric des GAFA et le mépris de l’homme et de la vie humaine de certaines entreprises, mais aussi de certains pays totalitaires sont elles des politiques morales?
    La démocratie est elle plus morale qu’un régime dictatorial? En démocratie le moteur des hommes politiques est le plus souvent leur réélection et par ailleurs les sont monnaie courante. Les régimes dictatoriaux bafouent en général les droits de l’hommes, mais si on aavit comme dictateur un saint ?
    
    Par ailleurs que se passe t’il en politique : c’est la gestion de certains problèmes, de certaines affaires au niveau de collectivités, mondiales, nationales, locales, industrielles familiales.
    Si le problème est simple, et qu’il ne choque ni ne nuit à personne, c’est assez facile de se conformer à une certaine morale. C’est rarement le cas.
    Ces problèmes sont le plus souvent contradictoires : faut il par exemple accepter sans limite toute forme d’immigration, aux dépens des pauvres et des chômeurs français?
La morale voudrait qu’on aide les deux parties, mais on n’en a pas les moyens financiers et en matière de formation et d’emplois. Alors comment choisir?
    On trouverait des centaines d’exemples de ce type.

    En fait je crois que l’on voit dans le monde trop d’actes politiques qui choquent nos convictions. Alors on pense que la morale serait la meilleure des politiques mais en réalité le politique ne sait quelle morale choisir et par ailleurs la plupart des décisions qu’il doit prendre sont telles que les deux choix contradictoires qu’il doit prendre sont tous les deux moraux et que l’un des choix conforme à la morale entrainera le refus de l’autre choix qui lui sera immoral (quelque soit le choix effectué).

    Alors si le politique veut être honnête et le plus moral possible, il se dira qui’l faut choisir la solution qui agrée ou qui profite au plus grand nombre, mais d’une part elle peut être catastrophique pour le plus petit nombre et d’autre part le politique n’est pas devin et les conséquences de son choix ne sont pas toujours celles prévues et de plus la nature du profit en cause peut avoir aussi un aspect moral.
    Personnellement tout ce que je regrette, c’est ce qu’exprimait très clairement un des- lecteurs de mes blogs quand il disait :
« Une question qui n'est jamais abordée en politique : on fait le choix de se cacher derrière des chiffres, des statistiques... J'aimerais juste que, pour chaque décision prise, on se demande si cela va rendre le plus grand nombre de citoyens un peu plus heureux.
La notion du bonheur collectif devrait être aussi importante que celle de l'effort collectif. »
    Le bonheur collectif est il une notion morale ?
   
   
Le travail divise-t-il les hommes?

    C’est un sujet qui a toujours passionné les philosophes, depuis Rousseau qui pensait que l’homme était bon par nature mais estimait qu’il était très paresseux, Kant qui estimait que le travail est le moyen de se libérer, jusqu’à Carl Marx et la lutte des classes.
    Sans parler de la chanson qui dit effectivement que « le travail c’est la santé, mais ne rien faire c’est la conserver » et de la légende d’Adam et Eve chassés du paradis, à qui Dieu dit « tu travailleras à la sueur de ton front ».
    J’avoue que les idées très théoriques des philosophes à ce sujet ne me passionnent pas, d’une part parce qu’elles sont souvent très utopiques et loin des réalités, et d’autre part parce que la société et les techniques associées au travail évoluent, de même que les acteurs économiques et que les données valables un jour ne le sont plus tellement le lendemain (par exemple la lutte des classes et le collectivisme d’Etat aujourd’hui).
    Mais le travail a des aspects multiples : techniques, économiques, humains, qui sont extrêmement pratiques et concrets.
    Et si on cherche la motivation première du travail, c’est quand même au niveau individuel de gagner sa vie, c’est à dire, que ce soit par un salaire ou tout autre intermédiaire, manger et acquérir les objets et services dont on a besoin.
    Au plan collectif, c’est produire des biens, des services, des innovations.

    Au plan technique, avec l’apparition du chômage, on constate que ceux qui ont le plus de mal à trouver du travail sont ceux qui ont fait peu d’études et que d’autre part ceux qui n’ont qu’un bagage général (le bac par exemple) ont beaucoup plus de difficultés que ceux qui ont un diplôme technique, (BTS-DUT) ou ceux qui ont appris dans un lycée technique un métier manuel.
    Il y a donc une grande inégalité des hommes face au travail, en fonction de leur formation et de leurs aptitudes techniques.
    Les nouvelles technologies ont bouleversé le travail quotidien et l’adaptation des séniors n’est pas facile. Comme leurs salaires sont pus élevés que ceux des débutants, les entreprises ont tendance à s’en débarrasser et ils ont du mal à retrouver du travail.
    La robotique et l’intelligence artificielle risquent d’accroître ces inégalités.   
    La technique est donc plutôt une source de division.`

    Au plan économique, le constat est voisin : les mêmes différences apparaissent aussi au niveau des rémunérations. Le salaire des femmes, à poste et responsabilité identique est inférieur à celui des hommes.
    Le chômage est sans doute le fléau le plus important de l’époque actuelle en France, car sans lui la pauvreté serait moins fréquente, les SDF seraient moins nombreux.
    Ce chômage est la source de divergence s et d’incompréhension avec les non-français. Il est certain que le fait que des travailleurs étrangers aient, quand ils travaillent en France des salaires plus bas pour des horaires plus élevés, que leurs sociétés paient moins de charges, est forcément une concurrence déloyale.
    Et s’il apparaît normal d’accueillir des immigrants qui connaissent la guerre, les exactions et la famine dans leur pays d’origine, on comprend aussi le mécontentement des chômeurs ou des SDF auxquels on n’accorde pas toujours les mêmes avantages.
    De plus les salaires de certains, grands patrons, footballeurs… sont démesurés par rapport à celui des ouvriers et employés qui font le travail pénible, et c’est un fossé supplémentaire qui engendre, à juste titre, le mécontentement.

     Très souvent le travail sépare les hommes au plan des relations humaines.
    Avec la généralisation des smartphones, le travail vous poursuit plus qu’autrefois dans votre vie privée, l’avalanche des SMS et autres messages fait vivre dans une fébrilité permanente, et le fossé s’est creusé dans la hiérarchie, car des relais intermédiaires tels les chefs d’équipes ont été supprimé pour des raisons économiques, les niveaux hiérarchiques ont été réduits et le supérieur n’a plus assez de temps pour être sur le terrain au contact de ses collaborateurs et de ceux qui font le travail sous leurs ordres.
    Les patrons comme les politiques sont coupés des préoccupations et des problèmes de la base, et les décisions prises n’en tiennent pas compte et sont donc contestées. Le climat dans les grandes entreprises est parfois devenu délétère, entrainant des arrêts de travail, des burn-out, voire des suicides, compte tenu de l’incompréhension de la hiérarchie et des méthodes de management qui ont mal évolué.

    Cependant il ne faut pas non plus tout noircir. Si le travail dicise effectivement les hommes, il  quand même certains avantages et certains apports.
    D’abord, le travail apporte liberté. Il permet de vivre de son salaire (si celui-ci est suffisant)
    Il y a ensuite l’intérêt du travail que l’on fait, de son métier, des succès et des tâches accomplies. Beaucoup de gens que je connais sont heureux dans leur travail et pas seulement des cadres et des ingénieurs ou des médecins.
    J’ai connu des ouvriers fiers d’avoir réalisé des pièces très complexes, d’avoir monté des matériels performants, des infirmières qui se dévouaient corps et âme à leur soins, des artisans et cultivateurs fiers de leurs réalisation, de leur boutique ou de leur domaine.
    Le travail peut contribuer au bonheur.
    Enfin le travail peut être l’occasion d’une aventure humaine, diriger, faire partie d’une équipe développe un esprit et une cohésion particuliers, il se crée des liens humains au travail, qui souvent se prolongent dans la vie privée.
    Il y a bien des cas où le travail divise les hommes, mais il y a aussi des circonstances où il les rapproche.

Mercredi 19 juin 2019 à 18:34

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/5d073352e8f51ebc518b456e.jpg

 Tous les ans, quand paraissent les sujets de philo et de français du bac, bien que je sois essentiellement un scientifique, j’aime bien faire deux ou trois articles sur ce qu’ils m’inspirent.
Il ne s’agit en aucun cas de corrigés. Je n’ai pas de formation dans ce domaine, je n’ai jamais été prof et mes études prébac sont lointaines 72 ans. Mais cela m’amuse de réfléchir et de me rappeler le temps où je passais le bac.

                                                 Sujets de la filière L:
                                  • Est-il possible d’échapper au temps?
                                  • À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

Est-il possible d’échapper au temps?

    J’aime bien le premier sujet, probablement parce que je suis âgé.
    Nous naissons, nous vivons et nous mourrons. C’est inexorable et même si cela exige des durées différentes selon les personne, aucune n’échappe à cette destinée.
    Certes les catholiques peuvent croire à une résurrection et à la vie éternelle, mais personne n’a encore dit quand elle aurait lieu.
    Les scientifiques savent que l temps n’est qu’une dimension comme les dimensions spatiales et que les lois de la relativité indiquent que ce temps s’écoule différemment si on atteint des vitesses proches de celle de la lumière. Mais comme il est impossible à un corps ayant une certaine masse, d’atteindre de telles vitesse, en raison de son inertie, nous ne pourrons jamais être témoins de ce phénomène
    Alors oui nous n’avons pas prise sur le temps

    Notre organisme est pourtant fait pour le mesurer. Nos horloges circadiennes ( voir mes articles des), sont sensibles à l’alternance des jours et des nuits, et notre hippocampe, s’il fonctionne encore correctement, (c’est en effet un des problèmes de la maladie d’Alzheimer), nous permet de dire approximativement à quel heure de la journée on est ou quelle a été la durée d’un phénomène (sauf s’il est très court).
    Nous sommes donc immergés dans le temps au plus profond de nous mêmes.

    Par contre le temps des horloges, qui dans notre système cartésien s’écoule de façon linéaire, a de singuliers caprices dans notre psyché.
    Quand nous ne savons que faire et nous nous ennuyons, le temps s’écoule lentement et nous trouvons « le temps long ».
    Au contraire quand nous somme très occupés, en général le temps « passe trop vite », de même que lorsque nous sommes plongés dans la joie et les émotions positives.

    Le temps se dilate et se contracte au fil de nos émotions et de notre activité.
   Donc au travers d’elles nous avons une prise sur le temps

    Autre point important, pouvons nous oublier le passé, être actifs dans le présent ou le fuir, et se positionner dans l’avenir ou ne pas y songer?
    Au cours du temps, l’environnement évolue et les hommes changent, de même que les civilisations.
    Il est certain que ce qui est passé ne peut plus être changé, (« le temps perdu ne se rattrape pas », et que nous avons une certaine prise sur le présent et surtout sur l’avenir, selon l’orientation de nos actions.
    D’une part nous constatons qu’il existe des personnes qui ont l’air de ne pas vivre avec leur temps, soit qu’elles soient absentes, soit qu’elles n’aient pas pu évoluer, et d’autre part nous voyons aussi de nombreux cas où certains ne peuvent se débarrasser de leurs remords et leurs regrets et vivent dans le passé, tandis que d’autre ne peuvent envisager l’avenir ou au contraire rêvent en permanence d’un avenir utopique. J’ai déjà fait des articles sur ces sujets.
    Nous connaissons tous aussi des personnes qui procrastinent sans cesse.
    C’est en apparence un refus d’avoir conscience du temps. En réalité cela correspond à des phénomènes bien plus complexes : préférence cérébrale J ou P qui nous amène à agir sur les événements pour les maîtriser ou à nous y adapter; sensibilité au stress , pessimisme ou optimisme, préférence S ou G qui nous oriente plus ou moins vers l’avenir. Mais aussi influence de nos souvenirs heureux ou malheureux, de traumatismes que nous avons subis, d’émotions tout au long de notre vie.

    En fait pour nous qui vivons, le temps n’est pas une donnée mathématique et physique de la vibration d’une molécule ou d’un atome. C’est une suite de souvenirs de notre passé que nous avons en mémoire et qui influent, à travers notre inconscient, sur notre présent et sur notre futur, souvenir de faits, d’émotions, mais aussi de personnes avec lesquelles nous avons eu des relations humaines.
    Sur ce temps nous avons une certaine prise et c’est souvent ce que j’essaie d’apprendre à des jeunes que j’aide.
    Certes ne pas oublier le passer, se rappeler ses instants heureux, les gens qui nous ont aimé, mais sur les moments douloureux ou les échecs, savoir tirer les leçons et ensuite tourner la page.
    Le présent c’est réfléchir aux problèmes, les analyser, prendre des décisions et agir. C’est vivre avec son temps, s’adapter à l’évolution de la société, ne pas négliger l’avis des autres, et jouir de tous les petits instants de bonheur auxquels nous ne faisons pas assez attention. «  Carpe diem » disaient les anciens.
    L’avenir c’est essayer de prévoir les conséquences de nos actions, le construire le meilleur possible, le nôtre, celui des instances familiales ou professionnelles dont nous somme responsables, voire réfléchir à ce que peut être notre action pour la collectivité, le climat et la biodiversité, par exemple
    Finalement, avoir prise sur le temps, c’est ne pas rester inconscient, c’est vivre consciemment notre vie.

À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

    J’avoue que ce sujet m’intéresse, mais me laisse perplexe.
    J’aime beaucoup la musique classique (certaines chansons aussi mai il faut qu’il y ait un air et de bonnes paroles). J’aime les musées notamment de sculpture et de peinture. J’aime aussi la photographie. Beaucoup moins le cinéma. J’aime lire mais je n’ai pas tendance à considérer mes lectures comme des oeuvres d’art, et pour certaines d’ente elle j’ai probablement tort puisqu’elles provoquent ne moi des émotions.
    J’ai entendu de nombreux guides dans des musées ou des monuments; certains m’ont intéressé, certains m’ont fait fuir. Je lis parfois des critiques d’arts; le plus souvent ils me paraissent très ésotériques et ne réussissent pas à me convaincre. Les historiens et des professeurs m’ont aussi parlé d’art et je ne peux pas dire que cela m’a passionné.
    Comme ces métiers existent et semblent utiles, je pense que c’est moi qui ne suis pas sensible aux explications sur l’art.

    Pour moi une oeuvre d’art soulève ou non des émotions, difficiles à définir. J’aurais souvent du mal à dire pourquoi je trouve beau un objet, un tableau, un monument, un paysage une musique. Il m’arrive d’être ému aux larmes et je ne sais pas trop pourquoi. Et c’est l’objet lui même qui en est responsable et pas ce qu’on me dira sur lui.
    Alors lorsqu’on me donne des explications (et en supposant que ce soit bien fait), qu’est ce qui m’intéresse : des données factuelles mais en aucun ca émotionnelles : quelle a été la vie de l’artiste, où cette oeuvre se place dans sa vie, des détails techniques comme sa faon de peindre; éventuellement attirar l’attention sur une particularité qui se voit peu.
    Par contre quand on veut m’expliquer ce qu’à voulu faire voir, dire, exprimer l’artiste, avec parfois d’ailleurs des théories curieuses, alors cela m’agace et je fuis;
à la rigueur cela m’intéresserait si c’était l’artiste lui même qui me le disait,
    Mais faire des hypothèses hasardeuses sur d-se intentions, et souvent farfelues sur ce que représente son œuvre, cela me parait prétentieux voire parfois ridicule quand par exemple l’œuvre est peu représentative de la réalité. Je me suis amusé un jour, quand j’étais jeune à commenter des tableaux de peinture moderne, avec une certaine ironie, et les visiteurs qui sont venus m’écouter me prenaient pour un guide! (Depuis d’ailleurs mes filles ne veulent plus m’accompagner dans les musées de peinture non représentative, mais je les laisse volontiers y aller seule !! Je me contenterai du Louvre et du musée d’Orsay).
    Cela dit je suis conscient qu’il faut faire connaître les artistes, les aider à subsister et donc je suis d’accord pour qu’il y ait des catalogues, des articles sur eux et leurs œuvres. J’ai moi même des livres sur les musées, les peintures , l’architecture et je lis volontiers ce que disent certaines bloggeuses sur les livres qu’elles lisent.
    Mais il faut que ce soit un compte rendu simple, direct, qui donne envie de voir l’œuvre et pas celui d’un « expert » qui se gargarise de mots et de connaissances ou qui veut absolument vendre quelque chose.
    Le pire que j’ai entendu, c’est un guide qui voulait me persuader qu’un tableau : une toile toute blanche avec un losange bleu au milieu, était une œuvre d’art extraordinaire. Je l’ai vexé car je lui ai dit avoir fait beaucoup de tableaux analogues quand j’avais 4 ans.!

Samedi 15 juin 2019 à 8:57

Biologie, santé.


    La maladie d’Alzheimer se rencontre de plus en plus chez les personnes âgées, du fait du vieillissement de la population.
    Rare avant 65 ans, elle représente 2 à 4% de la population des 70 ans et le pourcentage augmente ensuite vers 15% à 80 ans.
    Les femmes (60%) sont plus exposées que les hommes (40%), mais ce n’est peut être dû qu’à la différence d’espérence de vie.
    Il y a aujourd’hui environ un million de malades, mais leur nombre devrait atteindre 1,3 millions en 2020.

    La maladie d’Alzheimer est une lente dégénérescence des neurones, qui est caractérisée par deux sortes de lésions :

  http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/betaamyloides.jpg       - des « dépôts amyloïdes, principalement près des axones, dus à une protéine, la peptide bêta-amyloïde. (Nota amyloÏde vient d’amidon, car le médecin Rudolf Virchof, qui a découvert ces dépôts croyait à tort que c’était de l’amidon alors que c’était une protéine; il n'y avait pas, à l'époque de moyens analytiques suffisants).
    Il existe naturellement dans la membrane des neurones, des protéines transmembranaires appelées APP (« Amyloid Protein Precursor », précurseur de la protéine amyloïde), qui aident les neurones à croître, à survivre et à se réparer quand ils subissent des lésions. (cf. les trois schémas ci-dessous)
    Des enzymes peuvent couper en deux endroits cette APP et libèrent alors une petite protéine, qui se replie en feuillets plissés, la protéine beta-amyloïde. Ces protéines ont tendance ensuite à s’agglutiner en plaques, stables et insolubles.
    Ces plaques coupent la communication synaptique, en perturbant le rôle d’un neurotransmetteur, la choline.
    De plus il semble que ces amas finiraient par devenir toxiques pour les neurones.





http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/d08malz2a-copie-2.jpg
 
     d’autres protéines, les protéines Tau (pour « tubulin associated unit », sont aussi présentes naturellement dans l’environnement des neurones. Elles constituent une ossature comprenant des micro-tubulures qui assurent le transport de nutriments des neurones aux extrémités de l’axone, comme sur un « rail ». Ces micro-tubulures sont aussi appelées « fibrilles »
    Sous l’effet d’une trop grande phosphorilation, ces protéine peuvent devenir »collantes » et quitter les microtubulures pour s’agglutiner. Les microtubulures ne peuvent plus acheminer les nutriments et l’axone meurt, puis ultérieurement le neurone.
    Cette destruction s’appelle la « dégénérescence neurofibrillaire ».

    Non seulement des neurones meurent, mais les communications avec les neurones suivants sont détruites et donc toute une chaine de communication cesse de fonctionner.

    Quelles sont les conséquences sur le fonctionnement du cerveau ?

    A partir de 20 ans et en vieillissant, le cerveau perd des neurones qui meurent. C’est particulièrement vrai pour l’hippocampe, le centre d’aiguillage de la mémoire. Donc nous avons tous des « trous de mémoire » en vieillissant, sous des aspects divers : difficulté pour trouver un mot, oubli de l’endroit où l’on a mis un objet, difficulté pour mémoriser de nouvelles connaissance, oubli d(une action mineure…
    Les malades d’Alzheimer voient ces difficultés de mémorisation augmenter progressivement. De plus une diminution importante de l’attention et de la concentration s’ensuit. C’est la mémoire épisodique immédiate qui est la plus atteinte. Puis progressivement des souvenirs plus anciens.
    Le cortex endorhinal (qui fait partie de l’hippocampe) contrôle notre notion du temps qui s’écoule et d’autre part notre « GPS interne » qui nous guide en permanence (voir mes articles des 10 et 14/12/2016).
    Il en résulte que les personnes qui développent la maladie se perdent sur un trajet habituel ou ne savent plus se situer dans le temps.
    Les troubles peuvent ensuite s’étendre au cortex préfrontal et entraîner des troubles des fonctions exécutives (programmation, séquence de réalisation d’un but, par exemple ne plus savoir comment se servir de son téléphone, de la télévision ou d’un ordinateur, ou comment préparer une recette jusque-là bien connue.)
    En temps normal le cortex préfrontal contrebalance l’influence des centres amygdaliens. Si son rôle diminue, ces derniers prennent l’avantage, entraînant des troubles du comportement et de l’humeur (anxiété, dépression irritabilité).
    L’extension de la maladie peut se traduire par des troubles progressifs du mouvement (apraxie), et plus rarement, des troubles du langage (oral : aphasie et écrit dysorthographie), ou de la vision élaborée (lecture, repérage des objets…).

    ll faut cependant souligner que cette progression de la maladie n’est ni unique, ni forcément catastrophique : tous les patients ne vivent pas la même évolution, et ne souffrent pas du même handicap. On peut bien souvent longtemps continuer à avoir une vie sociale, intellectuelle et affective avec la maladie d’Alzheimer...

  Un progrès important serait fait, si l'on savait dépister assez tôt la maladie d'Alzheimer, pour pouvoir ralentir ses effets. Il semble que ce soit possible, car des tests relativement sensibles ont été mis au point, permettant de déceler dans le sang, des marqueurs de la présence dans le cerveau, des béta-amyloïdes et des protéines Tau


 

Samedi 8 juin 2019 à 8:10

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/remiremontlacentainedelevesdesixiemeontfaitleurrentreedesclasseanticipeecelundiilssontrepartisenquatreclassesphotoar1528787598.jpg

    J’ai dit plusieurs fois que les résultats scolaires seraient bien meilleurs si on mettait dans une même classe les élèves de niveaux analogues, car cela permettrait d’ajuster l’enseignement au niveau de la classe, d’éviter que les moins bons ne se découragent et que les meilleurs s’ennuient au point de n’avoir pas d’effort à faire pour suivre et donc de ne plus faire grand chose.
    J’ai reçu récemment deux mails de professeurs, l’un qui est d’accord avec moi et l’autre qui ne l’est pas, au nom de la mixité sociale.
    Je pense que la mixité sociale n’est pas en cause. car les enfants de différentes classes sociales peuvent continuer à se retrouver dans l’établissement d’enseignement et même dans une même classe, même si on fait un enseignement par niveaux..
    Le problème est de savoir si on trie les enfants par âge, qui correspond au nombre de classes parcourues, puisque il y a très peu de redoublement; ou si on les trie par niveau de connaissances et surtout aptitude à suivre un certain rytme de travail en ayant assimilé l’enseignement délivré.
    Les expériences réalisées ont montré que le regroupement par âge était le moins bon pour l’efficacité et la réussite de l’enseignement.


    Des études ont été faites notamment par deux chercheurs ddu Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure Coralie Chevalier et Nicolas Baumard, qui ont d’abord montré que le développement des enfants peut se faire à des vitesses différentes, de telle sorte que les mêmes aptitudes sont atteintes à des âges différents.
    En France les classes sont actuellement organisées par âge, et 20% des élèves sortent du système scolaire sans formation et 10% sans le brevet des collèges.
    Les élèves les moins adaptés décrochent progressivement, et beaucoup de ceux qui pourraient être de bons élèves s’ennuient et prennet l’habitude de ne rien fiaire. Ils réussissent - même brillament- leur bac, mais calent ensuite très rapidement dans le supérieur, faute de pouvoir fournir un travail suffisant.
    On croit pouvoir améliorer la situation en faisant redoubler ceux qui ne suivent pas ou en faisant sauter des classes aux meilleurs, mais cela ne résout pas les problèmes, car cel ne change que peu l’hétérogénéité des classes. Le redoublement décourage encore plus ceux à qui on l’impose et sauter des classes entraîne des lacunes de connaissances (sauf en tout début de cycle).
    Créer des classes de « bons élèves » et de « moins bons » apporte nettement de meilleurs résultats d’enseignement, pour les moins bons comme pour les meilleurs, mais c’est relativement stigmatisant.
    Le meilleur résultat est un tri par compétences initiales dans chaque matière, (ou du moins dans les matières les plus importantes, de telle sorte que les groupes peuvent être différents d’une matière à l’autre.
    Cela n’exige pas de moyens supplémentaires en locaux et professeurs, et les emplois du temps restent les mêmes, les élèves se regroupant simplement au même moment du cours par groupes, dans des locaux, et avec des professeurs différents selon les matière, pour former des classes de niveaux relativement homogènes.
    Actuellement environ 50 millions d’enfants reçoivent un tel enseignement, notamment en Inde et les résultats sont bien meilleurs.

    Deux chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusset, Esther Duflo et Abhijit Barnegee, ont étudié les effets d’un enseignement par groupes, sur 30 000 élèves indiens et ont montré que le résultat était spectaculaire quelque soit le niveau des enfants.   
    Ester Duflo et des chercheurs de l’Université de Stanford ont effectué des études comparatives au Kenya, pendant plusieurs années, sur 120 classes de CP, en effectuant l’enseignement classique dans 60 d’entre elles et en faisant de l’enseignement par groupe dans les 60 autres, avec des programmes identiques.    
    Les résultats ont été bien meilleurs dans les classes par groupes, tant pour les élèves les plus faibles que pour les plus doués.
    Ils ont montré que les élèves doués ne « tirent pas vers le haut » les plus faibles dans les classes mélangées.  Ces derniers sont marginalisés et dégoûtés, alors que les meilleurs restent pour la plupart peu travailleurs.
    Le dédoublement des classes a aussi été testé. Il améliore les résultats, mais moins que le regroupement par groupes de niveaux et il est consommateurs de moyens (il faut presque les doubler), alors que le groupement par niveau n’en consomme pratiquement pas.
    En France, on se cantonne, sous prétexte de mixité sociale, à un regroupement par âges alors que cela n’a rien à voir. Et on n’a jamais voulu admettre ce regroupement par niveau, différent selon les matière, qui ne demande pas de moyen supplémentaire, mais exige seulement une organisation un peu plus complexe de la correspondance élèves-salles de cours et professeurs, qui est alors variable. (mais cela ne touche pas les emplois du temps).
    C’est dommage catr cela permettrait à notre enseignement de retrouver la qualité qu’il aavit autrefois, perte qui résulte, non pas de la qualité des professeurs, mais de la qualité de l’organisation.

   
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/Unknown.jpg
     Cela fait longtemps que je n’avais pas fait d’article sur le fonctionnement du cerveau.
    Je voudrais aujourd’hui revenir sur le rôle de l’inconscient
    Celui-ci est beaucoup plus important qu’on ne le croit et très différent de ce que croyait Freud, les connaissances sur le cerveau étant embryonnaires au début du siècle dernier.


    Freud opposait dans notre esprit, le conscient et l’inconscient. L’inconscient était , pour lui, le sein de pulsions que nous devions contrôler ensuite consciemment. Notre psychisme était donc un équilibre fragile entre conscient et inconscient, qui luttaient chacun pour prendre le pas sur l’autre.
    Par ailleurs, pour Freud, le siège de la conscience était le cortex, notamment préfrontal qui organise et raisonne, et le siège de l’inconscient, le cerveau émotionnel.
    En fait, à la lumière des connaissances actuelles sur le cerveau, tout cela est inexact, même si de nombreux psychologues français (qui ont oublié de se recycler), y croient encore.

    L’inconscient c’est d’abord un très grand nombre de sensations qui sont stockées plus ou moins longtemps en mémoire, sans qu’on en soit conscient : surtout des images et des sons, mais aussi des impressions tactiles; olfactives ou gustatives.
    Quand vous conduisez une voiture, votre attention est fixée sur un endroit de la route qui varie suivant les problèmes de conduite, ou (ce qui est moins recommandé) sur un endroit du paysage. Vous êtes conscient de ce que vous regardez ainsi (c’est le propre de l’attention) et vous enregistrez consciemment les images correspondantes. Mais tout autour de ces images, vous enregistrez aussi inconsciemment tout un environnement. Vous ne vous en apercevez que si arrive un incident inattendu concernant cet environnement, car en faisant un effort de mémoire, vous pouvez en revoir consciemment certains éléments. Par contre si vous n’en avez pas besoin, ces éléments mémorisés sont rapidement éliminés et disparaissent donc de la mémoire.
    Vous arrêtez votre voiture dans une rue, le long du trottoir. Si vous êtes dans un quartier inconnu, vous allez consciemment examiner où vous êtes, pour le mémoriser à votre retour. Mais si vous êtes dans des lieux connus, vous n’y pensez même pas, et pourtant, votre inconscient enregistre les images, et sans réfléchir vous retrouverez votre voiture au retour. Et ces images sont conservées le temps qu’il faut, puis lorsque vous êtes repartie dans votre véhicules, comme elles ne sont plus utiles, elles sont éliminées pour la plupart assez rapidement. Vous vous rappellerez seulement ce que vous êtes allé faire dans le quartier.
    Mais si, au moment où vous avez quitté votre voiture, un incident a capté votre attention, ou si vous réfléchissiez fortement à un problème, votre inconscient n’a pas pu enregistrer assez d’images et vous aurez quelques difficultés à votre retour. C’est encore plus vrai pour votre caddie dans un supermarché.
    Ces sensations sont stockées dans les « aires associatives », d’une part dans le pariétal au devant les centres visuels at au dessus du centre de Wernicke, et dan les lobes pariétaux inférieurs.
    Quelques mots aussi des images subliminales,  Ce sont des images reçues pendant des temps plus courts que ceux permettant la perception visuelle consciente. mais ces images sont néanmoins perçues et l’inconscient les mémorise de telle sorte qu’elle peuvent influencer ensuite des actions futures.

    L’inconscient enregistre aussi en permanence l’état de notre corps : les équilibres chimiques (homéostasie), et l’état de nos viscères ainsi que l’équilibre hormonal.
    Mais il enregistre aussi la position et l’état de fonctionnement de nos muscles et nos membres. Si on vous lance un ballon sans vous prévenir, votre vue va analyser sa trajectoire, vous allez amener bras et mains là où il faut pour l’attraper et vous aller le saisir, tout cela inconsciemment, automatiquement, par réflexe. Ce n’est qu’après que vous réalisez ce que vous avez fait.  Le cervelet apprend ainsi à conduire maints automatismes : aller à vélo, nager, conduire une voiture, taper sur un clavier d'ordinateur ou de piano, lire, et des centres spécialisés savent automatiquement parler, lire, écrire; compter…..
    Chose extraordinaire, vous arrivez même à lire une phrase dont seules la première et la dernière lettre des mots sont exactes, les autres étant mélangées. (voir l’exercice en fin d’article).
    Et le cerveau est câblé pour empêcher des rétroactions néfastes : Wernicke n’écoute pas Broca qui élabore une phrase (sous peine d’hallucination verbale), vous n’êtes pas sensible aux chatouilles faites par vous même, nous n’avons pas l’impression que le monde tourne autour de nous quand nous tournons la tête….)

    L’inconscient, c’est ensuite le lieu d’émotions , de pulsions, qui peuvent rester longtemps inconnues avant de parvenir à la conscience. La perception émotionnelle immédiate, (cf. les préférences cérébrales) en fait partie.
    C’est ce que Freud a longtemps développé, mais il considérait que presque toutes ces pulsions étaient d’origine sexuelle, et que notre conscient raisonnable les empêchait de s’exprimer (en général pour des raisons morales), et qu’elles étaient alors refoulées, tant qu’elles n’auraient pas pris le dessus sur le cortex raisonnable.
    Tout cela n’est pas exact.
    Il y a toutes sortes d’émotions et de pulsions autres que sexuelles et le refoulement est plutôt un blocage de certains souvenirs ou certains comportements, soit sous l’effet d’un traumatisme, soit pour des raisons diverses semi-conscientes, morales, sentimentales, ou de peur.
    Mais Freud faisait trois autres erreurs :
        - le siège du conscient n’est pas limité au seul cortex raisonnable; L’attention est déterminée par des centres du cerveau émotionnel et les mémorisations conscientes à un instant donné sont celles qui transitent par les mémoires tampons entre le cortex préfrontal et les autres centres du cerveau, mémoire lexicale et calepin visuel intermédiaires. ainsi que les sensations en provenance du thalamus.
        - l’inconscient ne s’oppose pas au conscient raisonnable; ils travaillent tous deux en étroite collaboration.
        - le cortex préfrontal ne prend que peu de décisions après un examen logique et raisonnable. La plupart des décisions sont dues au travail de l’inconscient.
    L’inconscient est la face cachée de notre cerveau qui décide de presque tout.
    C’est ce que nous allons voir maintenant.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/incinscient.jpg

    Lorsqu’un problème se pose à nous (et il y en  des petits à tout instant), l’inconscient l’analyse et essaie de le résoudre, sans que nous le sachions. Tout le cerveau émotionnel y participe, principalement le cortex cingulaire, important pour l'attention et la conscience, les centres amygdaliens, le système d’apprentissage et de récompense, le thalamus et ses synthèses de perceptions, l’hippocampe et son contrôle de la mémoire…
    Mais surtout le cerveau participe inconsciemment à nos décisions conscientes de façon très importante.
    Il analyse les situations, consulte la mémoire du passé, et essaie de prédire ce qui va arriver. Des expériences ont montré que le cerveau analysait inconsciemment les probabilités de certains faits et en tirait des règles statistiques inconscientes pour influencer certaines de nos décisions conscientes, pour lesquelles nous ne savons pas bien ensuite, pourquoi nous les avons prises. Certes ses centres travaillent lentement par rapport à un ordinateur, (la milliseconde), mais ils travaillent en même temps sur des millions de circuits parallèles.
    Nos préjugés ont aussi leur influence, par exemple sur un pré-opinion que vous vous faites automatiquement et inconsciemment, en quelques secondes, sur un interlocuteur que vous ne connaissez pas.

    Cependant nous avons conscience de certains faits et notre cortex préfrontal fait des analyses logiques, réfléchit, organise, décide, commande l’action.
    Alors comment coopère t’il avec le reste du cerveau et ses actions inconscientes ?

    Il semble que la conscience naisse d’erreurs de prédiction de l’inconscient .
    L’analyse de notre inconscient est permanente pour prédire ce qui va se passer et si tout est ensuite conforma, nous ne sommes pas averti du problème.
    Mais s’il y a erreur de prédiction, si l’inconscient est en panne de solution, alors l’information « d’erreur » est transmise, via les mémoires de travail tampon au cortex préfrontal pour qu’il trouve une solution rationnelle.
    Les sensations dont nous avons conscience, vers lesquelles se porte notre attention, le flux de nos impressions, nos émotions spontanées, la façon dons nous les interprétons, quels souvenirs et qu’elles idées nous viennent à l’esprit, comment nous percevons les personnes autour de nous, ce qu’elles font, et pourquoi elles le font, les buts que nous poursuivons, nos décisions, tout cela résulte de processus automatiques, qui tout à coup quittent l’automatisme pour demander de l’aide à notre conscience et au cortex préfrontal pour résoudre le problème; lorsqu’ils ne savent plus le résoudre seuls.
    Nous ne serions donc conscients que des problèmes que notre inconscient ne sait pas résoudre tout seul !
    Ceci résulte de l’évolution. Si nous devions réfléchir à tous les problèmes, nous ne saurions les résoudre tous et l’homme aurait disparu de la terre. Le pilote automatique que nous avons dans notre tête a fait de nous ce que nous sommes, pas notre conscience !   


Exercice de lecture ( lcetrue )

Si vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle  de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je  n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios  cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le  povuoir phoémanénl du  crveeau huamin.  Soeln une rcheerche fiate à l'Unievristé de  Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur  l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la  suele  cohse imotprante est que la  priremère et la derènire letrte du mot siot  à  la bnone palce. La raoisn est que le  ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par  letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt  n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé  que svaoir élpeer éatit ipomratnt!


Mais pour apprendre à lire, il faut passer par la méthode syllabique et ce n’est que lorsque nous avons parfaitement lire que nous interprétons les mots comme un tout, globalement sous forme orthographique (et non d’images).
C’est seulement à ce moment que nous arrivons à lire le texte ci-dessus, qui suppose cependant une analyse littérale :  première dernière lettre et nombre de lettres pour des comparaisons inconscientes en mémoire..

Samedi 25 mai 2019 à 6:15

Psychologie, comportement

       http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/citationclaudedebussy109808.png
     J’ai fait partie de laboratoires ou d’entreprises où l’on confiait des postes importants à certains ingénieurs, mais seulement après s’être assuré qu’ils avaient les compétences et les connaissances pour l’assumer.
    Mais bin entendu, au début de leur nouvelles fonctions, on les suivait de plus près et on les aidait au besoin, car il fllait un certain temps pour qu’ils aient pris l’expérience de ce nouvel emploi.
    Ils acceptaient et même souhaitaient cette petite tutelle provisoire, car ils étaient prudents et modestes et savaient que l’expérience ne s »’acquiert que peu à peu.
    Il y a 50 ans, on faisait confiance aux professeurs pour enseigner à nos enfants et au médecin pour nous soigner.

    Et je suis étonné de voir aujourd’hui le nombre de personnes qui ont un « sentiment de supériorité » et en particulier veulent élaborer les méthodes pédagogique à la place des enseignants ou soigner leurs famille à la place du médecin, alors qu’ils n’ont pas la compétence pour le faire.
    Et en lisant les réponses aux questions du « grand débat », je m’aperçois que cela est vrai dans bien des domaines.
    Certes il fut faire des propositions, des suggestions, mais il faut en même temps être conscient qu’on ne connait pas bien le dossier et que donc celles-ci ne sont pas forcément faisables.
    Mais je me suis demandé d’où venait cette assurance de certains, et j’ai trouvé quelques articles faisant état d’études sur ce sujet.

    Nous avons parfois trop confiance en nous même et nous sommes alors mauvais juges de nos aptitudes. (Il y a par contre aussi d’autres personnes qui n’ont pas confiance en elles).
    Lorsque nous prenons une décision, certes il nous arrive de raisonner, (c’est le cortex préfrontal qui s’en charge), mais il y a tout un mécanisme de réflexion inconscients qui y participe (une grande partie du cerveau émotionnel, et notamment de l’hippocampe qui a accès aux souvenirs), qui aide à prendre des décisions rapidement.
    Bien entendu ce mécanisme est moins fiable (on l’appelle une « heuristique »), et on se trompe parfois.
    Mais pour peu qu’on ait réussi deux ou trois fois, cela nous convainc d’une certaine compétence, même dans des domaines où nous sommes ignorants. C’est dangereux !
    C’est un sentiment illusoire de compétence et de supériorité intellectuelle.
    Il est exacerbé par le pouvoir, et beaucoup de nos politiques ont ainsi la croyance d’être infaillibles, jusqu’au jour où les faits leur montre qu’ils ont fait fausse route.

    Pourquoi évaluons nous aussi mal nos capacités ?
    Les psychologues ont montré que les personnes à faible QI, ou qui ont une faible instruction sont celles qui préjugent le plus de leusrs capacités. C’est probablement une réaction instinctive de souffrance de leur faible niveau et de désir inconscient d’être plus intelligents ou plus instruits.
    La quantité d’informations disponible joue également.
    Devant un sujet que nous connaissons mal, nous sommes conscient que nous manquons d’information et nous en cherchons; Mais avec la facilité que procure internet, nous sommes très vite à la tête d’une très grande quantité de données (plus ou moins pertinentes d’ailleurs), et nous pensons à un moment donné, avoir assez de connaissances pour traiter la question. Google est le responsable de notre croyance de supériorité intellectuelle.
    Mais quelqu’un d’intelligent poursuit alors son étude, se pose mille questions sur ce qu’il comprend mal, et il découvrira alors la complexité des phénomènes et l’énorme lacune de ses connaissances.
    Bien sûr nous nous surestimons davantage quand nous faisons appel à des connaissances récemment acquises, que lorsque nous nous basons sur une exparience que nous avons mis des années à acquérir.
    Il faut bien connaître un domaine pour ne pas surestimer sre capacités dans ce domaine.
    Un certain égocentrisme joue également.
    Les chercheurs ont montré que nous surestimons nos capacités par rapport à celles des autres et également celle de notre famille et de nos proches.
    L’un de domaines où nous surestimons souvent la situation, c’est celui de notre santé (mais à l’inverse il y a les hypochondriaques).
    Enfin la difficulté des tâches joue également : on se  surestime sur une tâche facile, mais au contraire on se sous-estime sur une tâche difficile.
    La civilisation interviendrait aussi. Les Américains seraient plus vaniteux et sûrs d’eux que les Européens et ceux-ci que les Asiatiques, et en dernier les Africains.
    Mais les psychologues n’ont ps réussi à montrer un lien étroit avec l’estime de soi.

    En définitive, le sentiment de supériorité est en quelque sorte un biais cognitif inné, très variable selon les personnes (il y a le biais opposé de sentiment d’infériorité). Mais on peut le rattacher à un autre biais de’optimisme excessif nous faisant sous-estimer les difficultés, et à une illusion de contrôle qui nous fait croire que nous maîtrisons une situation, alors que celle-ci est bezucoup plus complexe que nous ne pensons.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast