Vendredi 8 novembre 2019 à 18:34

Sexualité, Homosexualité

 

Pourquoi est on homophobe ?

   Il m’arrive de discuter parfois de l’homosexualité et de l’homophobie, notamment avec des personnes musulmanes, du fait que, dans leur culture, c’est considéré comme une maladie, voire comme un crime. Mais les catholiques ne sont guère plus modernes sur ce problème.
    C’est intéressant de se poser des questions sur l’origine de l’homophobie de certaines personnes et sur les archétypes et normes sociétales qui influent sur ces opinions (je rappelle que les archétypes nommés ainsi par C-G Jung, sont les règles inconscientes, les tabous, les représentations à priori et les modèles que nous apporte de façon innée notre civilisation et les us et coutumes ancestraux, acquis au cours des âges.)

    Michelle Davies,de l'Université du Lancashire en Angleterre, a distribué des questionnaires à quelque 600 personnes des environs de Londres, et a montré que les réactions de rejet sont teintées de dégoût ou de crainte, mais par contre ne contestaient pas les des droits civiques des homosexuels. 
    Les hommes ou femmes homophobes disent souvent des phrases telles que « Les homosexuels me dégoûtent » ou encore « Les homosexuels sont une menace pour les enfants ».

    Madame. Davies a recherché les stéréotypes liés au sexe des personnes, homme ou femme. 
    Chacun a une vision de ce qu'est une femme et de ce qu'est un homme.     

    Pour une partie de la gent masculine, généralement qualifiée de « machiste », l'homme doit cultiver des vertus telles que la force, le courage, l'endurance, la domination au sein des rapports sexuels. Il doit aussi chérir et protéger sa femme.
    Au contraire, la femme est douceur, compréhension, conciliation, faculté d'analyse des personnalités.
    Autant de stéréotypes. Selon madame Davies, chez une personne ayant intégré de telles idées, la présence d'attributs classiquement féminins chez un homme constitue une menace pour sa concep-tion de l'homme et de la femme, et, donc, pour sa conception globale de l'organisation de la société.

    Cette hypothèse a été testée par des questionnaires d'une part d'homophobie affective, et d'autre part évaluant les stéréotypes masculins, ( par exemple un homme ne doit pas extérioriser sa souffrance; personne ne respecte un homme qui fait partager ses soucis ou ses peurs; la violence est parfois le seul moyen de résoudre une situation problématique; un homme doit toujours être en mesure d'avoir un rapport sexuel et doit prendre l'initiative...etc)
    Madame Davies a constaté que les personnes obtenant le plus haut score au questionnaire des stéréotypes sont aussi les plus homophobes. 
    Les homophobes sont des personnes qui ont beaucoup de stéréotypes concernant les hommes !

    Y a t’il un lien avec les stéréotypes concernant les femmes ? 

    Le psychologue Bernard Whitley, de l'Université de l'Indiana, a souligné un lien entre l'homophobie et le « sexisme bienveillant », c'est-à-dire des stéréotypes féminins, (les femmes ont une meilleure compréhension des émotions; les femmes doivent être protégées par les hommes; un homme, même s'il a tout réussi dans sa carrière, est incomplet sans une femme....etc). 

    Un tel ensemble de stéréotypes vise à attribuer un rôle précis aux hommes et aux femmes, et à les confiner dans des territoires qui n'empiètent pas l’un sur l’autre.
    De ces études, on déduit que l'homophobie serait une réaction de défense face à des comportements qui remettent en question la distinction entre féminité et masculinité. Elle revêt par conséquent une dimension culturelle.
    Les stéréotypes sexuels sont des entités culturelles implantées préférentiellement dans des milieux  “conservateurs autoritaristes”. De tels milieux sont caractérisés par une soumission à l'autorité établie, une adhésion aux conventions sociales et une acceptation implicite de la violence exercée à l'encontre des minorités. D'après le psychologue B. Altemeyer, de telles caractéristiques se transmettraient de parents à enfants, (pas génétiquement mais par l'éducation) et l'homophobie obéirait à la même logique.
  C'est d'ailleurs ce même type de stéréotypes qui a mené aux élucubrations sur le "théorie des genres" et il est probable que le racisme relève de stéréotypes analogues sur le race et la couleur de peau.

    Le cerveau humain est un terrain idéal pour l'implantation des stéréotypes. Il contient des structures neuronales qui favorisent l'association de qualités propres au sexe masculin et au sexe féminin. En 2001, les neurologues Elizabeth Milne et Jordan Grafman, de l'Université de Bethesda, ont étudié des patients présentant des lésions dans le cortex préfrontal ventromédian, et chez qui les stéréotypes sexuels avaient disparu : ils n'associaient plus aucune qualité « préconçue et caricaturale » aux hommes ni aux femmes. 
    Cette zone du cerveau serait le point d'ancrage des conventions sociales souvent inconscientes, qui déterminent nos comportements et l’homophobie serait parmi elles. 

    Cela dit heureusement, l’éducation, la tolérance et un peu de réflexion peuvent changer nos façons de voir.

    A nous de réfléchir utilement sur certains sujets, car, comme disaient les shadoks, 

“il vaut mieux mobiliser son intelligence sur la connerie (humaine) que de mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes”. !! lool

 

Vendredi 1er novembre 2019 à 18:28

Actualité

 
  • PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

    PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

              La loi bioéthique a été votée après bien des discussions ardues, et à la télé, beaucoup de commentaires et d’interview divers.
              Je n’ai pas particulièrement suivi le processus, mais j’ai regardé tous les épisodes correspondants du journal télévisé depuis plus d’un mois, et je suis très étonné du peu de clarté des explications journalistiques et des confusions, volontaires ou non, des gens qui donnaient leur avis.

               Il est étonnant que l’intérêt ait été focalisé sur la « PMA » et essentiellement sur son extension aux homosexuels, alors que d’autres paragraphes de la loi sont aussi importants et posent peut être plus de problèmes.
              Les interviews à la télé donnaient souvent l’impression d’un débat sur l’homophobie.

               Il y a d’abord une confusion entre les diverses facettes de la PMA, que l’on a tort de mettre sous une même appellation, et la GPA.
              La procréation médicalement assistée (PMA) désigne un ensemble de pratiques dans lesquelles la médecine intervient pour permettre à un couple infertile d'avoir un enfant.

     Le terme PMA rassemble quatre types de techniques :
                        - Traitements hormonaux (stimulation ovarienne)
                        - Fécondation In Vitro (FIV) avec les gamètes du couple ou avec un don anonyme. d'ovocytes ou de spermatozoïdes.
                        - Implantation d’un embryon anonyme, provenant en général d’embryons surnuméraires congélés lors d’une FIV.
                        - Insémination artificielle avec donneur anonyme
              La FIV consiste à stimuler artificiellement la fécondité de la femme par injections hormonales, en hyper-stimulant l'ovaire, puis à aspirer les follicules obtenus, à provoquer la fécondation de l'ovocyte en laboratoire par un spermatozoïde, puis un développement embryonnaire de quelques multiplications de cellules, et enfin à réaliser un transfert embryonnaire dans l'utérus de la future mère. C’est une opération complexe
              L'insémination artificielle consiste elle à introduire de façon artificielle le sperme dans l'utérus de la femme. C’est beaucoup plus simple, mais cela nécessite que la femme soit fertile normalement.

               La Gestation pour autrui (GPA), est totalement différente. Il s’agit de faire se développer l’embryon, puis le foetus dans l’utérus d’une « mère porteuse », qui est inséminée par des embryons, puis est enceinte et accouche d'un enfant qui est remis à la naissance à la personne ou au couple de commanditaires, appelés « parents intentionnels ». Les embryons ne sont habituellement pas conçus avec l'ovule de la mère porteuse, mais avec celui d'une donneuse d'ovocyte .
              Cette pratique est interdite en France et la loi de bioéthique le confirme.

              Aujourd'hui, seuls les couples hétérosexuels (mariés, pacsés ou en concubinage depuis au moins deux ans), en âge de procréer, peuvent recourir à la PMA, s'ils se trouvent dans l'une des situations suivantes : le couple présente une infertilité pathologique médicalement constatée (bilan d'infertilité) ou l'un des membres du couple est porteur d'une maladie grave, susceptible d'être transmise à l'enfant ou à son-sa conjoint-
              La loi de bioéthique ouvre l’accès aux techniques d’assistance médicale à la procréation aux couples de femmes ou aux femmes non mariées.
              Le Conseil d’Etat a confirmé qu’« aucun principe juridique n’interdit d’ouvrir lla PMA aux couples de femmes et aux femmes seules et rien ne s’oppose à faire une éventuelle distinction entre ces deux publics ».
               Les deux situations ont en commun la nécessité du recours à un don de sperme et le fait qu’il n’y aura pas de père juridiquement institué dans la vie de l’enfant.

               C’est le grand cheval de bataille des opposants qui  sont « scandalisés par l’absence de père ayant autorité sur l’enfant ». Cela me laisse perplexe, car il y a actuellement 1,8 million de familles monoparentales sur 7,8 millions de familles au total (soit 23 %). Dans 85 % des cas, il s’agit d’une femme (seule, sans l’aide d’une autre femme),et pour 79 % d’entre elles, la situation résulte d’une séparation.
              Les études sur ce sujet ont reconnu que les difficultés de ces enfants (problèmes émotionnels ou de comportement, moins bonne réussite scolaire) sont moins directement liées à la mono-parentalité en tant que telle, qu’à des facteurs tels que le désavantage socioéconomique et financier, le manque de soutien social, les conflits entre les parents, la dépression parentale suite au divorce, etc. 
            Il convient également de noter que la plupart des mères célibataires par choix disent qu’elles auraient préféré avoir des enfants dans le cadre d’un schéma familial traditionnel ; elles se préoccupent de l’absence d’un père dans la vie de leur enfant et recherchent activement des personnes de leur entourage qui pourraient jouer ce rôle de modèle masculin

              Les enfants de couples homosexuels sont ils malheureux ? Des études faites par des psychologues montrent que non.
               Il se trouve que j’ai personnellement une certaine expérience. Parmi les personnes de l’entreprise où je travaillais, j’ai connu trois couple homosexuels qui avaient de jeunes enfants. Un couple d’homme dont l’un avait la garde d’un enfant d’un précédent mariage. Deux couples de femmes ayant l’un un enfant (dont l’une était la mère) et l’autre couple deux (dans ce dernier cas chaque femme était la mère biologique d’un enfant).
                J’ai vu régulièrement ces enfants : ils me semblaient bien élevés, bien dans leur peau avaient de bons résultats en classe. D’après les parents les professeurs avaient donné les explications suffisantes pour que leurs camarades ne fassent pas des remarques incongrues sur leur situation familiale.
              Par contre, j’ai eu, sur mes blogs, beaucoup de correspondances avec des enfants de parents divorcés ou de familles recomposées. Ils étaient, à mon avis bien moins heureux (même si, ceux qui m’écrivaient étaient ceux qui avaient des problèmes).
              Je m’inquiète donc beaucoup plus du bonheur des enfants de parents divorcés que de celui de parents homosexuels.

               Si l’aide médicale à la procréation a été au centre des débats, d’autres sujets, comme les tests génétiques, les greffes ou la recherche sur l’embryon ont également fait l’objet de discussions, mais semblent ne pas intéresser le public, du moins si on en croit ce que montre la télé.
              Ce sont pourtant des questions importantes :

               Peut-on, et dans quelles conditions, autoriser des tests génétiques en population générale, par exemple chez des personnes souhaitant connaître leur prédisposition à certains cancers, ou chez des couples souhaitant procréer ? Quelles dispositions prendre pour favoriser les dons et transplantations d’organes ? Comment faire évoluer le cadre des recherches sur les embryons et les cellules souches ? Le don de sperme doit il rester anonyme, ou les enfants issus d’une PMA peuvent ils rechercher leur père biologique? Et quelles sont les conditions raisonnables pour autoriser la conservation de sperme? Ne faut il pas améliorer certaines situation juridiques actuelles concernant les enfants nés après une intervention médicale à l’étranger, mais interdite jusqu’à présent en France.

               La loi traite d’une partie de ces problèmes et je referai peut être un article à ce sujet, mais il faut que je la lise plus soigneusement. 

    PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

    PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

     
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Vendredi 25 octobre 2019 à 18:23

Actualité

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/PWoh2m8BPbCVIploIDJ3rxFdsA420x463.jpg            On a beaucoup parlé au mois de septembre de la réforme des retraites, et les grèves se sont succédées contre le projet. Je crains qu’il ne soit de même jusqu’à l’an prochain.

            J’avoue mal comprendre cette réforme qui me paraît imaginée par des technocrates  à l’esprit étroit et abstrait, dénués de tout sens du réel et de pragmatisme, qui sous prétexte de logique (délirante), construisent une loi « usine à gaz » d’une complication bien inutile.
           Pourquoi diable vouloir tout uniformiser. Même Dieu, si on y croit, n’a pas crée un univers uniforme.  Contrairement à ce que l’on croit, uniformiser n’est pas simplifier, et ce n’est pas non plus faire quelque chose de mieux adapté par sa simplicité (apparente et trompeuse).
           La retraite est l’aboutissement d’une vie de travail dans un (ou plusieurs) métiers. Pourquoi vouloir tout unifier les retraites alors que les métiers sont très différents ainsi que les conditions dans lesquels on les exerce.
           Que pour des raisons économiques, on veuille uniformiser la durée de cotisation, je comprends et ce n’est pas cela qui pose problème.

            Que l’on soit obligé de réformer certains régimes s’ils sont très déficitaires, cela me paraît normal aussi.
           Mais quand certains régime de professions libérales fonctionnent bien, sont en équilibre, ont même une provision financière de sécurité , et conviennent à leurs adhérents, pour une fois que tout fonctionne bien pourquoi le changer et tout détruire ? En plus on parle d’un doublement des cotisations, ce qui n’est pas supportable au plan économique. La répercussion de ces augmentations sur les clients diminuera les commandes, ce qui, en période de chômage est absurde.
            La confiscation des provisions financières (27 milliards) est une véritable spoliation (leur montant a été payé par les cotisations des adhérents), et si on en conserve le montant à ces adhérents, comme veut le promettre le ministre, c’est un second régime particulier à nouveau, alors pourquoi supprimer le premier ?

            Si je prends certains avantages particuliers de la SNCF ou de la RATP, je pense que ces travailleurs ont des contraintes d’horaires et de jours de travail ou de déplacement, qui sont particulières et que ces avantages en sont une compensation. Or on ne va pas généraliser les horaires de ces personnes à tous les travailleurs.
            Si je prends les fonctionnaires dont la retraite est calculée sur les salaires des derniers mois, et que l’on veut ramener à un calcul sur toute la carrière,  ce qui va évidemment entraîner une baisse importante de retraite, on ne prend pas en compte que, à poste analogues, ils sont beaucoup moins payés que dans le privé. Alors si on aligne les retraites sur celles du privé, il faudrait aligner les salaires.

            Qu’il y ait parfois des abus, des avantages trop importants et pas justifiés, je veux bien, et qu’on les supprime ne me choque pas, mais vouloir uniformiser les retraites alors qu’on ne peut uniformiser ni les conditions de travail, notamment leur pénibilité, ni les rémunérations,  me paraît alors une ineptie.

            Par ailleurs comme il faudra tenir compte quand même de cas particulier, le système unique sera d’une complication extrême alors que les systèmes particuliers, plus réduits et uniformes, donnaient satisfaction et fonctionnaient simplement.

            A mon avis, une simplification ou une mise à jour de chaque régime et l’uniformisation simplement des durées de cotisation, pour tenir compte de l’allongement de la longévité, auraient largement suffi, aurait pris moins de temps et de travail et auraient suscité moins d’oppositions.

Vendredi 18 octobre 2019 à 14:39

Ecologie, Changement climatique


Je parlerai aujourd’hui de conséquences pratiques du réchauffement climatique autres que l’élévation de température et l’élévation du niveau des mers.

    Il est difficile de prévoir exactement les conséquences du réchauffement car d’une part nos connaissances sont encore insuffisantes et surtout les changements et leurs conséquences sont différentes selon les lieux
    Toutefois on peut déjà observer que de nombreux territoires et saisons font face à un réchauffement supérieur à la moyenne annuelle mondiale, y compris l’Arctique dont le réchauffement est deux à trois fois plus important, et que le réchauffement est généralement plus important sur les terres émergées qu’au-dessus des océans.
    Evidemment les conséquences seraient toutes plus graves en cas de réchauffement à 2 d°C au lieu de 1,5 d°C.

http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/54015efOV604aPS8tamkucE2rBcQDB.png    Les modélisations prévoient une augmentation du nombre de jours chauds dans la plupart des terres émergées, les plus fortes hausses étant observées sous les tropiques.
Il faudra donc faire face à un nombre grandissant de canicules et à des températures plus élevées lors de ces événements, sans que cela entraîne forcément des hivers plus doux.
    La météo reste toujours évolutive et variée; ce sont les moyennes et les fréquences qui augmentent.

    L’augmentation de température et la baisse dés précipitation risque d’entraîner une désertification plus importante des zones subtropicales et  en Afrique et en Amérique centrale, entrainant une augmentation des zones arides et la végétation des autres endroits risque d’évoluer, certaines espèces ne résistant pas au nouveau climat..
    Mais des conséquences sur la végétation et notamment la résistance de certaines espèces de plantes sont possibles même sous nos climats, par exemple dans le midi de la France.
    Il est très difficile de prévoir le niveau local précis et les capacités d’adaptation de la végétation, car ce sont des domaines où nous n’avons pas encore les connaissances nécessaires.
    Malheureusement ce sont les pays relativement les plus pauvres des régions tropicales et subtropicales qui souffriront le plus, ainsi que les zones polaires, toutefois peu habitées.
    A l’inverse, les conflits de masses d’air froides et chaudes étant plus nombreux, on assistera au contraire à une augmentation des précipitations dans plusieurs régions de l’hémisphère Nord à haute latitude et/ou à haute altitude, en Asie orientale et en Amérique du Nord orientale. Le risque d’inondations sera donc plus élevé.
    De plus l’atmosphère et les océans étant plus chaud, les tempêtes et cyclones risquent d’être plus fréquents et plus forts, sans qu’on puisse calculer précisément cette augmentation.

    Ces changements climatiques risquent d’avoir des conséquences graves pour la faune et la flore.
    Le GIEC estime que, sur les 105 000 espèces étudiées, 6 % des insectes, 8 % des plantes et 4 % des vertébrés devraient perdre plus de la moitié de leur aire de répartition géographique déterminée par le climat pour un réchauffement planétaire de 1,5 °C, contre 18 % des insectes, 16 % des plantes et 8 % des vertébrés pour un réchauffement planétaire de 2 °C         
    Les effets associés à d’autres risques liés à la biodiversité, comme les feux de forêt et la propagation d’espèces invasives, sont plus faibles à 1,5 °C comparativement à 2 °C pour le réchauffement planétaire.
    On prévoit qu’environ 4 % de la superficie terrestre mondiale subira une transformation des écosystèmes d’un type à un autre à 1 °C de réchauffement planétaire, contre 13 % à 2 °C. Cela indique que la zone à risque devrait être inférieure d’environ 50 % en cas d’une augmentation de 1,5°C par rapport à une augmentation de 2 °C .
Notamment la toundra des hautes latitudes et les forêts boréales sont particulièrement menacées par la dégradation et la perte causées par les changements climatiques, les arbustes ligneux empiétant déjà dans la toundra, ce qui se poursuivra en cas d’un réchauffement supplémentaire. Limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C devrait empêcher le dégel pendant des siècles d’une zone de pergélisol de l’ordre de 1,5 à 2,5 millions de km2.

     En outre le changement climatique aura un impact sur la vie quotidienne. D'abord sur l'économie : baisse de rendement de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche, mais aussi sur notre santé.

    Le GIEC a ensuite fait dans son rapport 2018, des recommandations pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et l’augmentation de température, mais il vient de publier un autre rapport sur le changement climatique das le cadre du développement durable.
    C’est très volumineux et long à lire. Je serai amené à faire d’ici quelques temps quelques articles à ce sujet.

Vendredi 11 octobre 2019 à 11:15

Ecologie, Changement climatique

    Le rapport d'octobre 2018 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, rassemblant de nombreux spécialistes scientifiques du monde entier), avait pour but de sensibiliser les politiques sur les conséquences d’un changement climatique entraînant une hausse de température de 1,5 d° à l’horizon 2050 et  de l’ordre de 2 d° à l’horizon 2075, pour redescendre ensuite, ce qui était l’objectif de la COP 21 et de l’accord de Paris. Mais en fait, il semble que les actions ne suivent pas et que si le monde ne réagit pas rapidement, l’on s’oriente plutôt vers un réchauffement de plus de 3 d° en fin de siècle.
    Par rapport à mes articles précédents sur les niveaux radiatifs, ce rapport  2018 correspondrait plutôt au RCP 4,5, mais qui serait ensuite réduit.

    Le rapport confirme d’abord ce qu’on savait , à savoir que :
        - Le réchauffement climatique actuel est bien imputable aux activités humaines et à leurs émissions de gaz à effet de serre (n’en déplaise à M. Trump).
        - Le réchauffement climatique est déjà visible au niveau des températures mondiales (estimées dès aujourd’hui à environ +1 °C - entre 0,8 et 1,2 - depuis l’ère pré-industrielle - 1850 -).
        - Le réchauffement climatique a déjà des conséquences visibles sur certains écosystèmes ou phénomènes naturels mondiaux (fonte des glaces, élévation du niveau de la mer, et augmentation des évènements climatiques extrêmes comme les cyclones ou les inondations, dégradation des rendements de l’agriculture)
. Ces phénomènes seront aggravés si nos actions sont insuffisantes au niveau international.
    Les impacts sur la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau, la sécurité humaine et la croissance économique vont augmenter par rapport à aujourd’hui dans le cas d’un réchauffement de 1,5 °C, et plus encore dans le cas d’un réchauffement de 2 °C.

    La réalisation des engagements actuels dans le cadre de l’Accord de Paris ne suffira pas à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.
    Il faut être conscient que les gaz à effet de serre ne disparaissent que peu à peu, très lentement et donc le réchauffement dû aux émissions de gaz à effet de serre de la période préindustrielle à nos jours, se poursuivra durant des siècles, voire des millénaires, et continuera de provoquer d’autres changements à long terme du système climatique, comme par exemple, une élévation du niveau des mers, avec les incidences correspondantes
    Les risques futurs liés au climat seraient réduits par l’intensification et l’accélération des mesures d’atténuation du changement climatique à grande échelle, à plusieurs niveaux et à travers différents secteurs, et par des mesures d’adaptation progressive et entraînant une transformation de nos habitudes de vie.

Elévation des températures :

    Le schéma (a) ci-dessous montre la situation actuelle et trois hypothèses pour le futur, toujours dans cette optique optimiste de lutte importante pour diminuer les émissions de gaz à effets de serre.
    La courbe orange représente les températures moyennes observées à la surface du globe et l’extrapolation probable si rien ne changeait dans nos émissions de CO2. Cette prévision montre qu’on atteindrait l’écart de 1,5 d°C en 2040 et la barre orange horizontale montre l’écart de précision en date  du modèle de prévsion (2030 - 2050).

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/Giecprevisiontemp15.jpg
    L’hypothèse moyenne courbes grises est celle qui correspondait aux souhaits de la COP et des accords de Paris, les émissions de CO2 diminuant à partir de 2020, pour atteindre zéro en 2050, les émissions cumulées devenant stables en 2055 et les émissions liées aux autres gaz que le CO2 étant réduites à partir de 2030 (politique agricole et d’élevage - émissions de CH4 des bovins en particulier).
    L’hypothèse courbes bleues suppose un effort supplémentaire important, les émissions de CO2 atteignant zéro en 2040.
  L’hypothèse courbes rouges suppose qu’on ne fait pas d’effort pour réduire les émissions de gaz autres que CO2 mais qu’on les stabilise. (voir le graphique ci-dessous).   
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/GIEChypotheses.jpg
    Les températures extrêmes sur les terres devraient augmenter davantage que la température moyenne à la surface du globe :
     Dans le cas de l’augmentation moyenne à 1,5 d°C, durant les journées extrêmement chaudes, aux latitudes moyennes, le réchauffement peut aller jusqu'à environ 3 °C, et durant les nuits extrêmement froides, aux latitudes élevées, le réchauffement peut aller jusqu’à environ 4,5 °C.
    Dans le cas de l’augmentation moyenne à 2,0 d°C, ces valeurs peuvent atteindre 4 et 6 d°C.

Elévation du niveau des mers.

    L’élévation du niveau des mers  est due n partie à la dilatation thermique de l’eau des océans sous l’effet de l’augmentation de température, qui représente entre 30 et 50% du phénomène.
    Par action de la chaleur, les glaces continentales (accumulation de neige, glaciers, calottes polaires) ne cessent de fondre. Ce surplus d'eau en provenance du continent se transfert dans les océans, entraînant aussi une augmentation de son niveau.
    Il est important de bien distinguer les glaces polaires situées sur les continents, de la banquise (icebergs) déjà présente dans l’Océan, et qui flotte dans l’eau Si la banquise fond, ce qui est déjà le cas, cela ne fera pas monter le niveau des mers: la fonte des glaçons dans un verre d'eau ne fait jamais monter le niveau de  l'eau (principe d’Archimède) !
    Ce phénomène est actuellement responsable d’environ la moitié de l’élévation du niveau des océans mais pourrait être beaucoup plus important et même primordial si le réchauffement climatique dépassait les 2 d° et surtout après 2100.
    D’autres petites causes interviennent aussi : la déformation des sols, le pompage dans les nappes phréatiques, la baisse de salinité des océans et la circulation océanique, qui peuvent rendre inhomogène les chiffres de montée des eaux et leurs conséquences.
    Le schéma ci-dessous résume ces causes.
    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/RTEmagicCMonteedeseauxjpg.jpg
   
    L’élévation du niveau de la mer à l’horizon 2100 serait déjà importante, une fourchette de 30 à 80 cm pour une augmentation de 1,5 d°C et environ 10 cm de plus pour une augmentation de 2 d°C
    Les conséquences de cette élévation du niveau des mers est très variable suivant les lieux. Des îles risquent de disparaître, des territoires peuvent être inondé notamment en Asie, et il faudra déplacer des millions de gens, et de nombreuses zones cultivables risquent d’être détruites.
    En France une augmentation d’une cinquantaine de centimètres ne serait pas catastrophique, mais un élévation de plus d’un mètre devient problématique.

    De plus on constate une augmentation de l’acidité des océans qui est très préjudiciable à la faune marine.         
    Mais ce qui est très alarmant c’est que cette élévation du niveau de la mer se poursuivra au-delà de 2100 même si le réchauffement planétaire est limité à 1,5 °C au XXIème siècle. L’instabilité de la calotte glaciaire marine en Antarctique et/ou la perte irréversible de la calotte glaciaire du Groenland pourraient entraîner une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer sur des centaines d’années. Certaines simulations montrent que cette élévation pourrait atteindre 2mètres en 2200.
    Pour que vous sous fassiez une opinion voici deux cartes des Pays bas et en France du Cotentin. Ces cartes montrent l’état actuel, pour les Pays Bas les niveaux 1m et 8m, pour le Cotentin, les niveaux  actuel, 1m, 2m, et 9m . Les élévation de 8 et 9 mètres ne semblent que peu probables et seulement à très long terme, mais les études dans ce domaine ne sont pas suffisantes.
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/20111214105527zeeniveau.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/niveau09Cotentin.jpg










































    D’autre part, la seule montée des mers n’est pas dangereuse, car du fait de cette élévation les tempêtes peuvent devenir beaucoup plus destructrices.
    Enfin la planète réagit à ces modifications qui entraînent un changement de la répartition des masses de la croûte terrestre. Des transfert de matière fluide se font dans les profondeurs, qui peuvent durer des milliers d’années mais qui se traduisent par des élévations lentes des sols à d’autres endroits.

    Une excellente étude sur les conséquences de cette élévation du niveau des mers faite pour le Sénat, peut être lue sur
              https://www.senat.fr/rap/r15-014/r15-014_mono.html#toc49

    Pour ne pas alourdir cet article, j’en ferai un autre sur les conséquences pratiques du changement climatique, sur la météorologie et les conséquences sur l’environnement, notamment l’agriculture.
   

Vendredi 4 octobre 2019 à 15:29

Actualité

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    On a beaucoup parlé au mois de septembre de la réforme des retraites, et les grèves se sont succédées contre le projet. Je crains qu’il ne soit de même jusqu’à l’an prochain.
    J’avoue mal comprendre cette réforme qui me paraît imaginée par des technocrates  à l’esprit étroit et abstrait, dénués de tout sens du réel et de pragmatisme, qui sous prétexte de logique (délirante), construisent une loi « usine à gaz » d’une complication bien inutile.
    Pourquoi diable vouloir tout uniformiser. Même Dieu, si on y croit, n’a pas crée un univers uniforme.  Contrairement à ce que l’on croit, uniformiser n’est pas simplifier, et ce n’est pas non plus faire quelque chose de mieux adapté par sa simplicité (apparente et trompeuse).
    La retraite est l’aboutissement d’une vie de travail dans un (ou plusieurs) métiers. Pourquoi vouloir tout unifier les retraites alors que les métiers sont très différents ainsi que les conditions dans lesquels on les exerce.
    Que pour des raisons économiques, on veuille uniformiser la durée de cotisation, je comprends et ce n’est pas cela qui pose problème.
    Que l’on soit obligé de réformer certains régimes s’ils sont très déficitaires, cela me paraît normal aussi.
    Mais quand certains régime de professions libérales fonctionnent bien, sont en équilibre, ont même une provision financière de sécurité , et conviennent à leurs adhérents, pour une fois que tout fonctionne bien pourquoi le changer et tout détruire ? En plus on parle d’un doublement des cotisations, ce qui n’est pas supportable au plan économique. La répercussion de ces augmentations sur les clients diminuera les commandes, ce qui, en période de chômage est absurde.
    La confiscation des provisions financières (27 milliards) est une véritable spoliation (leur montant a été payé par les cotisations des adhérents), et si on en conserve le montant à ces adhérents, comme veut le promettre le ministre, c’est un second régime particulier à nouveau, alors pourquoi supprimer le premier ?
    Si je prends certains avantages particuliers de la SNCF ou de la RATP, je pense que ces travailleurs ont des contraintes d’horaires et de jours de travail ou de déplacement, qui sont particulières et que ces avantages en sont une compensation. Or on ne va pas généraliser les horaires de ces personnes à tous les travailleurs.
    Si je prends les fonctionnaires dont la retraite est calculée sur les salaires des derniers mois, et que l’on veut ramener à un calcul sur toute la carrière,  ce qui va évidemment entraîner une baisse importante de retraite, on ne prend pas en compte que, à poste analogues, ils sont beaucoup moins payés que dans le privé. Alors si on aligne les retraites sur celles du privé, il faudrait aligner les salaires.
    Qu’il y ait parfois des abus, des avantages trop importants et pas justifiés, je veux bien, et qu’on les supprime ne me choque pas, mais vouloir uniformiser les retraites alors qu’on ne peut uniformiser ni les conditions de travail, notamment leur pénibilité, ni les rémunérations,  me paraît alors une ineptie.
    Par ailleurs comme il faudra tenir compte quand même de cas particulier, le système unique sera d’une complication extrême alors que les systèmes particuliers, plus réduits et uniformes, donnaient satisfaction et fonctionnaient simplement.
    A mon avis, une simplification ou une mise à jour de chaque régime et l’uniformisation simplement des durées de cotisation, pour tenir compte de l’allongement de la longévité, auraient largement suffi, aurait pris moins de temps et de travail et auraient suscité moins d’oppositions.

Vendredi 27 septembre 2019 à 0:00

Ecologie, Changement climatique

          Je voudrais refaire quelques articles sur le changement climatique.
         
Ce que j’ai dit jusqu’à présent sur le réchauffement climatique et les intervenants dans le climat est assez théorique et on souhaiterait des données sur ce qui nous attends dans les années futures. Mais ce n’est pas facile car d’une part les modèles mathématiques que nous avons ne sont pas parfaits, que les phénomènes sont très complexes et que les répercussions seront différentes selon les endroits.

           De plus on ne sait pas quelles quantités de gaz à effet de serre seront relâchées dans l’atmosphère dans les prochaines années car c’est presque uniquement fonction de décisions politiques, et si la Chine et l’Inde consentent à faire un petit effort, Trump et le président du Brésil restent toujours aussi ignares et réticents, or les USA sont le principal pollueur, de manière absolue, et de loin par habitant.

           La Chine et l’Inde polluent beaucoup, et leur consommation énergétique par habitant reste faible et donc ne peut qu’augmenter. Ces deux nations font cependant effort pour diminuer la pollution qu’elles engendrent. Les USA ont par contre de loin le plus fort taux de consommation énergétique du monde et se refusent à faire effort, tant pour réduire ce taux, que pour diminuer les émissions de gaz à effets de serre.

           Il faut donc, avant d’exposer des résultats, parler de la méthodologie, notamment celle adoptée par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

           Le GIEC avait fait une étude sur les conséquences pratiques du changement climatique, mais cette étude était basée en  2007 sur des hypothèses économiques assez vagues sur l’évolution future de la démographie mondiale, de nos modes de vies et sociétés, et les connaissances techniques étaient moins bonnes qu’aujourd’hui.
          Depuis le GIEC a revu sa méthodologie et depuis son 5ème rapport de 2014, il sépare de façon nette les aspects techniques physiques et l’aspect économique.

           Pour analyser le futur du changement climatique, les experts du GIEC ont  défini à priori quatre prévisions d'émissions et de concentrations de gaz à effet de serre, d'ozone et d'aérosols, ainsi que d'occupation des sols baptisés RCP (« Representative Concentration Pathways » ou « Profils représentatifs d'évolution de concentration »).
           Ces RCP sont utilisés par les différentes équipes d'experts (climatologues, hydrologues, agronomes, économistes …), qui travaillent en parallèle. Les climatologues en déduisent des projections climatiques globales ou régionales. Les économistes établissent des scénarios qui explorent toutes les possibilités d'évolutions technologiques et socio-économiques compatibles avec les RCP.
           Ces 4 profils correspondent à l’évolution à l’horizon 2300, de la différence énergétique entre le rayonnement solaire reçu et le rayonnement infra-rouge réémis par la Terre, exprimé en Watts/ m2. . Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.
          Ces RCP correspondent aux courbes d’évolution ci-dessous en énergie et le tableau ci-dessous donne des correspondances avec les émissions de gaz à effets de serre en « équivalent CO2 » (qui tient compte d’autres émissions tellle que celle de méthane CH4

Nom

     Forçage radiatif

   Concentration (ppm)

Trajectoire

RCP8.5

    >8,5W.m-2 en 2100

>1370 eq-CO2  en 2100

croissante

RCP6.0

    ~6W.m-2 au niveau de              stabilisation après 2100

~850 eq-CO2 au niveau de stabilisation après 2100

Stabilisation sans dépassement

RCP4.5

   ~4,5W.m-2 au niveau de stabilisation après 2100

~660 eq-CO2 au niveau de stabilisation après 2100

Stabilisation sans dépassement

RCP2.6

   Pic à ~3W.m-2 avant 2100  puis déclin

Pic ~490 eq-CO2 avant 2100 puis déclin

Pic puis déclin

Les scénarios du GIEC

          A partir de ces 4 scénarios, le GIEC a fait fonctionner ses modèles physico-mathématiques pour prédire les données physiques du changement climatique et les conséquences probables.

           Mais pour rendre le phénomène plus sensible aux gouvernants politiques, il a fait également des hypothèses de comportement des nations et populations , qui peuvent se représenter sous forme de 5 scénarios, disposés sur un graphique, dont :
                      - l’axe horizontal représente l’effort d’adaptation des sociétés au changement climatique
                      - l’axe vertical représente les résultats en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Les scénarios du GIEC

                       ● Le SSP1 (efforts mondiaux d’atténuation et d'adaptation,), décrit un monde marqué par une forte coopération internationale, donnant la priorité au développement durable ; on en est malheureusement très loin.

                       ● Le SSP2 (efforts d’atténuation et d’adaptation moyens), décrit un monde caractérisé par la poursuite des tendances actuelles avec un effort de baisse des émissions de CO2 et d’adaptation, qui rencontre toutefois des difficultés certaines.

                       ● Le SSP3 (peu d’efforts aussi bien de diminution des émissions que de l’adaptation) dépeint un monde fragmenté affecté par la compétition entre pays, une croissance économique lente, des politiques orientées vers la sécurité et la production industrielle et peu soucieuses de l’environnement. C’est le cas le plus néfaste.

                       ● Le SSP4 (effort d’atténuation de certains pays mais pas d’efforts coordonnés d’adaptation) est celui d'un monde marqué par de grandes inégalités entre pays et en leur sein. Une minorité y serait responsable de l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre, ce qui rend les politiques d’atténuation plus faciles à mettre en place si on arrive à un accord, tandis que la plus grande partie de la population resterait pauvre et vulnérable au changement climatique.

                       ● Le SSP5 (peu d’efforts pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais un certain effort d’adaptation) décrit un monde qui se concentre sur un développement traditionnel et rapide des pays en voie de développement, fondé sur une forte consommation d’énergie et des technologies émettrices de carbone; la hausse du niveau de vie permettrait d’augmenter la capacité d’adaptation, notamment grâce au recul de l’extrême pauvreté,

            Les correspondances possibles entre les SSP et les RCP sont données dans le tableau ci-après, les RCP correspondant à des efforts plus ou moins importants..

RCP

SPP1

SPP2

SPP3

SPP4

SPP5

8,5 W/m2

 

 

O

 

 

6,0 W/m2

 

O

O

O

O

4,5 W/m2

O

O

 

O

O

2,6 W/m2

O

O

 

O

 

           Cette séparation des hypothèses en scénarios économiques et évolution chiffrée de l’énergie de réchauffement permet de relier de façon scientifique et technique les conséquences à ces chiffres physiques et de se dégager ainsi de l’indécision des prévisions socio-économiques.

          Enfin, pour nous rattacher à des chiffres dont on parle souvent, une correspondance prévue entre les RCP et l'élévation de température qui risque d'être atteinte en 2100:

Les scénarios du GIEC

          Maintenant que vous connaissez la méthodologie du GIEC, j’essaierai, dans les prochains articles de dégager des tendances générales sur les conséquences du changement climatique.

Vendredi 20 septembre 2019 à 17:11

Astronomie, univers

     On parle beaucoup en ce moment de la mission Apollo sur la lune, dont c’est le cinquantenaire, et j’ai lu, dans le magazine « Pour la Science » un article intéressant sur les pierres lunaires et les hypothèses sur la naissance de la lune.

    Les six missions Apollo qui ont aluni, ont rapporté plus de 50 000 échantillons de pierre lunaire, pesant au total 382 kilos. il sont conservés dans des sacs de téflon étanches et dans des coffres forts sous atmosphère d’azote, et sont peu à peu analysés.
    Plus de 300 chercheurs de 15 pays ont eu accès à ces échantillons pour les étudier.
    Ils ont apporté non seulement des renseignements sur le lune elle-même mais aussi sur les origines de la Terre et de la Lune.

    La lune est très vieille comme l’attestaient les très nombreux cratères, impacts successifs de météorites. cette déduction qui datait d’avant les vols spatiaux a été confirmée par datation des roches provenant de cratères différents et qui contiennent des isotopes permettant de les dater.
    L’échantillon le plus vieux date de 4,5 milliards d’années, alors que les plus vieux échantillons sur terre n’ont que 4 milliards d’ancienneté, mais la tectonique des plaques de notre globe a recyclé la croûte de notre planète.

    A la lumière des analyses faites, on pense maintenant que la lune a été initialement crée à la suite d’un impact géant entre la planète en formation Terre et une autre planète de la taille de Mars que l’on appelle Théa, collision qui aurait éjecté une partie de la croûte et un peu du manteau terrestre (voir mon article du 16/10/2017 sur la structure de notre terre) matériaux qui se seraient agglomérés avec les restes de ceux de Théa.
    Il y a peu de fer dans les roches lunaires et donc il n’y a pas eu entraînement du noyau terrestre (Ni Fe). La Lune n’a d’ailleurs qu’un petit noyau dont le raon ne représente que 1/4 du rayon total.
    Ces roches sont dépourvus de composés volatils (hydrogène, azote, CO2, eau), car la chaleur de l’impact avec Théa les aurait chassés de la planète en formation.
    La lune aurait été à l’origine un océan de magma, qui aurait ensuite refroidi et le fond des cratères lunaire est principalement constitué de roches

    On trouve que la concentration des isotopes d’oxygène et de titane notamment, présents dans les roches lunaires sont les mêmes que celles des roches terrestre, ce qui laisse supposer une origine commune, mais qui a suggéré un autre mode de formation terre-lune plus progressif dans lequel terre et lune auraient été mélangées pendant quelques décennies dans un nuage torique de roche et de vapeur, que l’on appelle « synestia » et qui ensuite se serait séparé en se refroidissant.

    La première théorie et sa variante sont exposées dans les schémas que je reproduis ci-dessous et qui sont ceux de l’article de la revue « Pour la science »
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/Numeriser.jpg

Vendredi 13 septembre 2019 à 19:01

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/cover6480x520.jpg

       Vous savez sans doute, comme moi, que nous avons 22 paires de chromosomes plus une paire (soit au total 23 paires) qui détermine le sexe : les chromosomes X et Y.
Une femme a deux chromosomes X qui viennent du père et de la mère et un homme un X et un Y, lequel ne peut venir que du père.
    Je savais qu’il y avait des anomalies possibles dans cette répartition des chromosomes XY, mais je n’avais jamais eu la curiosité de les rechercher. J’ai récemment lu un article dans Science et Avenir, à ce sujet, et j’ai pensé qu’il intéresserait peut être quelques lecteurs de mon blog, que j’en fasse un résumé.
    Je précise que les gonades sont les organes reproducteurs, ovaires chez les femmes, testicules chez les hommes.

    Ces anomalies de chromosomes sexuels sont beaucoup plus fréquents que l’on ne pense : environ 2% de la population.
    On peut les diviser en

Pour les hommes :

1 cas sur 500 environ    3 chromosomes XYY :
Pas de symptômes l’homme est fertile et a des gonades normales.

1 cas sur 500 environ     3 chromosomes XXY :
L’homme est stérile, les cellules germinales des spermatozoïdes étant absentes; par contre les testicules existent mais sont peu développées, alors que les glandes mammaires  sont anormalement développées. L’individu est souvent très grand.
Cette anomalie est appelé syndrome de Klinefelter..

1 cas sur 20 000 environ : deux chromosomes XX :
Résultat analogue au précédent pour les gonades d’où une stérilité.

1 cas sur 100 000 4 ou 5 chromosomes XXXY, XXXXY ou XXYY :
Résultat analogue au syndrome de Klinefelter.

Pour les femmes :

1 cas sur 500 environ :  3  ou 4 chromosomes XXX ou XXXX :
Un seul de ces chromosomes est actif et les autres sont neutralisés.
La femme est normale.

1 cas sur 2500 environ : un seul chromosome X
La femme est stérile car ses gonades ne se sont pas formées chez l’embryon.
Il est probable que la probabilité est plus élevée , mais que des embryons n’arrivent pas à terme.
La femme est de petite taille, a des problèmes de squelette et souffre souvent de problèmes rénaux, auto-immuns et éventuellement de pigmentation de la peau.

1 cas sur 10 000 environ : chromosomes XY comme pour un homme :
 Les gonades ne se sont pas différenciées chez l’embryon et la femme est stérile.

    En fait il y a trois stades successifs : lors de la fécondation l’apport des chromosomes, puis le développement des gonades dans le foetus et enfin la puberté avec la production des œstrogènes féminins ou de la testostérone masculine.
    Mais en fait ces deux types d’hormones sont produites chez les hommes comme chez les femmes en quantité différentes selon les individus, et probablement à la fois pour des raisons génétiques et épigénétiques (c’est à dire d’influence de l’environnement, voire de l’éducation).

    La formation du fœtus peut s’accompagner d’anomalies sexuelles et l’article cite le cas d’une personne, porteuse d’une paire XY, qui avait extérieurement un corps de fille (sein vagin), mais pas d’utérus, le fœtus ayant été insensible aux androgènes et cela non en raison de ses chromosomes, mais d’une mutation génétique.
Il cite aussi le cas d’une personne au sexe extérieur indécis, ne produisant aucune hormone sexuelle, dotée à la fois d’un micro-pénis, sans testicules, et d’un vagin rudimentaire.
    Certaines personnes ont un sexe bien défini en ce qui concerne les gonades, mais sont persuadées appartenir à l’autre sexe que le leur. Il semble que ce soit le résultat d’anomalies hormonales lors de la formation des gonades du fœtus (et non d’une maladie mentale comme le croient ceux qui refusent leur différence aux transsexuels et les rejettent).
    Pour certains hommes homosexuels, il semble que certains centres de l’hypothalamus, responsables du fonctionnement sexuel et qui sont différents chez les hommes et les femmes, sont proches de ceux caractéristiques du sexe féminin
    Lors de leur vie normale certaines femmes produisent une quantité anormale de testostérone, ce qui n’a guère d’influence pour certaines, mais pour d’autres peut leur donner des capacités importantes de force physique, au point que les autorités de sport ont établi des limites dans ce domaine pour participer à des compétition (comme s’il s’agissait de dopage !).
    Egalement chez certaines femmes ce taux peut favoriser l’homosexualité.

    Finalement les apparences externes sont les seules que l’état civil utilise pour fixer le sexe des nouveaux-nés, mais la réalité apparaît comme beaucoup plus complexe.

Vendredi 6 septembre 2019 à 17:53

Sciences et techniques

 

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/magneticlevitationtrain1638.jpg
     Je lisais il y a peu de temps un article sur les matériaux supraconducteurs et des progrès spectaculaires qui viennent d’être faits et qui sont susceptibles de changer certains aspects de notre vie.
    Mais il faudrait peut être que je vous explique simplement ce que sont ces matériaux.

    Vous vous rappelez sans doute qu’on vous a appris au lycée qu’à une température de - 273,15 d°C, , appelé « zéro absolu », l’agitation thermique des molécules dans les gaz cessait totalement et la matière est dans son état minimal d’énergie, toutes ses éléments (atomes, molécules) étant dans leur état fondamental.
    On constate alors à l’approche de cette température, des propriétés particulières de certains matériaux : des fluides tels par exemple l’hélium perdent toute viscosité (c’est la « superfluidité ») et des métaux ou alliages perdent leur résistance électrique (c’est la « supraconductivité »)

    A l’intérieur d’un matériaux semi-conducteur, à l’approche du zéro absolu, tout champ magnétique est repoussé (en présence d’un champ magnétique externe, il n’ya plus de champ magnétique à l’intérieur du supraconducteur), et la résistance électrique devient nulle.

    On explique ce phénomène par des calculs de mécanique ondulatoires que je ne saurais vous expliquer, mais on peut le schématiser sous la forme suivante.
    Dans la structure cristalline du matériau métallique, les électrons circulent, mais étant chargés négativement, se repoussent mutuellement.
    Par contre le réseau cristallin est constitué d’ions positifs qui attirent l’électron. En fait l’attirance est mutuelle, mais les ions sont lourds et appartiennent à un réseau et donc la déformation due à cette attirance est faible. Les électrons qui vont passer engendrent des attirances successives et une vibration du réseau cristallin (voir la figure ci-dessous).
    Au dessous d’un seuil de température critique (très bas), deux électrons soumis à ces vibrations qui forment une zone électriquement positive, peuvent exceptionnellement s’attirer et former une paire stable : les paire d’électrons de Cooper qui va se comporter comme une particule unique spéciale. Cette particule est dotée de propriétés différentes d’un électron et son déplacement ne crée plus de champ magnétique et se déplace sans rencontrer la moindre résistance.
    Mais si la température s’élève l’apport d’énergie détruit les paires de Cooper et le phénomène de supra-conductivité cesse.

    L’intérêt d’un supraconducteur est qu’on peut le faire parcourir par des courants énormes (puisqu’il n’y a pas de résistance et d’effet Joule). L’inconvénient est qu’il faut maintenir les éléments en cause à une température proche du zéro absolu, ce qui est difficile et coûteux et ne peut concerner que des éléments de taille limitée.
    Actuellement l’application la plus fréquente est la réalisation d’électroaimants très puissants, utilisés principalement en imagerie (IRM) et dans des accélérateurs de particules. Des recherches sont faites dans le domaine de la fusion nucléaire (voir mes articles sur les tokamak et ITER ( 18 et 19/05/2019) et quant  à la sustentation magnétique de trains sur u n rail porteur.

     Des progrès spectaculaires viennent d’être faits en découvrant des supraconducteurs ne nécessitant que des températures plus faibles et l’on espère un jour, en trouver qui seraient supraconducteurs à température ambiante..
En 1993, des « cuprates » étaient supraconducteurs jusqu’à -131 d°C. C’étaient des produit complexes contenant du cuivre, de l’oxygène et divers autres éléments.
    Depuis 2015, divers hydrures métalliques ont été étudiés, notamment des hydrures de lithium qui pour être fabriqués nécessitent une pression énorme de 130 GPa (1300 atmosphères). Depuis des hydrures comprenant du soufre ou du lanthane ont été essayés; avec ce dernier élément la supra-conductivité disparaissait vers - 13 d°C, la température d’un congélateur domestique.
    Les applications seraient très importantes, notamment en matière de transport de l’électricité dans des câbles, sans effet joule, donc sans perte d’énergie et de stockage de l’énergie dans une bobine conductrice, reliée au réseau, dans laquelle les électrons stockés peuvent en quelque sorte, tourner en rond, avant d’être à nouveau rela^chés dans le réseau.électrique.
    Des applications en matière de lévitation des trains sur un rail ou de transport des énergies sur les caténaires serait également prometteuses.
   



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