Vendredi 24 avril 2020 à 17:36

Biologie, santé.

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        Avec le déconfinement prochain du 11 mai, on parle beaucoup de masques et des idées fausses circulent à ce sujet. Alors je voudrais faire un point succinct pour rectifier ces erreurs : une partie des renseignements est issue d’un article de la revue « Pour la Science ». Il s’agit de masques médicaux bien entendu et non de masques industriels (peintures par exemple), de plongée, ou pour intervention des pompiers dans un incendie.

     D’abord contre quoi se protéger : bactéries et virus. Les bactéries sont des cellules vivantes de 0,5 à 5 µ (millième de mm). Les virus, entités inertes faites de protéines et d’ADN ou ARN, ont des dimensions plus faibles 0,03 à 0,3 µ. La taille du Covid 19 est d’environ 0,1 µ…
    Au départ ces microbes proviennent du corps d’être vivants et notamment des hommes contaminés lorsqu’ils toussent éternuent, parlent. Ils sont supportés par des gouttelettes d’eau de 1 à 100 µ, qui s’évaporent rapidement et libèrent leurs hôtes dans l’air et sur les surfaces. Mais si les bactéries pour la plupart du temps restées vivantes, il n’en est pas de même des virus qui perdant peu à peu la couche de lipide qui protège leur coque, se décomposent spontanément au bout de quelques heures sur les surfaces contaminées (voire quelques jours selon le support et l’environnement).
    Les gouttelettes les plus grosses tombent rapidement sur le sol, dans un cercle de 1 mètre environ, mais des gouttes plus petites de 20µ par exemple peuvent mettre environ 4mn à tomber d’une hauteur de 3m et des gouttes de 5µ peuvent mettre de l’ordre d’une heure. Mais évidemment elles sont dispersées par les courants d’air et leur nombre devient faible dans un certain volume d’air; par ailleurs elles s’évaporent rapidement et le virus ne vivra pas dans l’air (du moins celui du coronavirus, car d’autre virus comme celui de la rougeole ou de la varicelle peuvent rester un certain temps en suspension et on peut constater des contamination à quelques dizaines de mètres).
    En plein air, quand on croise une personne, le risque est très faible, sauf si elle vient d’éternuer ou de tousser sans précaution. Discuter quelques minutes à un mètre de distance ne fait pas prendre beaucoup de risques mais dans une pièce fermée, comme par exemple le bus ou le métro, où l’on est proche des autres pendant un certain temps, le port d’un masque peut être utile. Mis en principe une personne malade ou risquant d’être contaminée doit rester confinée et on ne devrait pas en rencontrer (toutefois cette personne peut ne pas le savoir car on peut être contagieux pour le coronavirus, deux jours environ avant les symptômes)
          Il est évidemment indispensable de porter un masque pour les personnes qui risquent de rencontrer de personnes contaminées ou qui préparent des objets (notamment repas). Le risque est encore plus grand pour les personnels soignants qui sont à proximité de malades.

    Comment un masque arrête t’il des particules? Evidemment s’il était constitué d’une surface dont les trous sont très petit, (0,02 µ) rien ne rentrerait, mais on ne pourrait plus respirer non plus.
    Les tissus ont des « trous » très gros et ne sont pas multicouches. Ce sont donc de mauvais filtres qui n’arrêtent que les particules les plus grosses. Par ailleurs ils sont souples et et les masques laissent des interstices sur les joues ou sous le menton (A noter qu’un homme doit être rasé pour porter un masque !).
    Néanmoins ils évitent d’envoyer des gouttelettes dans l’air après un éternuement, arrêtent les gouttelettes extérieures les plus grosses et empêchent de se toucher la bouche ou le nez avec les mains, si celles -ci sont contaminées, avant de les laver.
    Deux tissus semblent appropriés
        - Le coton : avantages fibre naturelle, souple, respirante, lavable à 60 d° sans perte de propriétés, mais gros inconvénient est hydrophile et donc absorbe les gouttelettes.
        - Le polyester hydrophile, s’électrise (ce qui attire les gouttelettes), résistant, mais c’est une fibre synthétique rêche qui perd au lavage, ses propriétés mécaniques au delà de 40 d° (se déforme et se froisse).
http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/15116638.jpg    En fait deux sortes de masques seront réalisés en tissus. Ceux destinés aux professionnels en contact avec le public filtreront environ 90% des particules au dessus de 3 µ. Les masques grand public auront une performance moindre : environ 70%.
    Ces masques apportent un minimum de protection dans un magasin ou dans le métro, mais leur port ne dispense pas des « mesures barrières », qui restent essentielles pour endiguer l’épidémie. Ils empêchent des personnes asymptomatiques de contaminer sans le savoir d’autres personnes et évitent qu’on contamine sa bouche ou son nez.
    Ils auront deux formes « bec de canard » ou « trois plis ». c(photo ci contre).

    Le tissu n’assure pas une protection suffisante contre les particules de faible diamètre, pour pouvoir être en contact avec des malades et mais il vaudrait mieux qu’ils soient constitués de fibres non-tissées.
 http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser2-copie-6.jpg   Quels sont les mécanismes d’arrêt des fibres non-tissées entrelacées de polypropylène, sur lesquelles les particules vont venir se fixer, à condition des rencontrer, car l’intervalle entre fibres est plus grand que la taille de beaucoup de gouttelettes. ? Ces fibres ont un diamètre de 5µ et laissent des intervalles de 10 à 20 µ, mais peuvent cependant arrêter des gouttes plus petites
     L’air qui pénètre et se trouve face à une fibre, va la contourner et la gouttelette va essayer de suivre le courant d’air. Mais d’une part certaines passeront près des fibres et seront piégées (effet d’interception) et les grosses gouttelettes qui ont une certaine inertie, prendront difficilement le virage et heurteront la fibre.
    Les petites particules s’agitent en permanence en raison du mouvement brownien des molécules d’air (dû à la température). Leurs mouvements désordonnés leur feront cogner les fibres si la couche est assez épaisse. C’est l’effet de diffusion.
    Un masque en fibre non-tissée assurera donc une protection meilleure qu’un masque en tissu. Certains masques grand public en seront constitués.  


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      Mais l’arrêt des particule n’est pas uniforme et les fibres non tissées ont un rendement plus faible entre 0,1 et 1 µ (cf courbe ci dessus).

    Les masques pour les personnels soignants.

    Les masques dits « chirurgicaux sont faits avec de telles fibres et leur découpe est étudiée pour mieux « coller » au visage. Ils sont destinés surtout à éviter au chirurgien de contaminer par sa respiration celui ou celle qu’il opère, mais il ne constitue pas une protection suffisante pour les soignants qui sont au contact des malades infectés.
Mais si l’on fait un test avec des particules de 0,06µ dans un flux d’air de 85l/mn, selon l’adhérence du masque chirurgical au visage on trouve un taux d’arrêt entre  4 et 90 %.

    Les malades du Covid19 sont pourvus de masques de chirurgiens pour éviter d’infecter leurs patients

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser-copie-2.jpg   Les masques dits FFP (filtering face piece), comprennent une protection externe en polypropylène, puis une couche filtrante épaisse de non-tissé, un support de tenue en acrylique et une dernière couche de non-tissé..
    Ils doivent être parfaitement ajustés sur le visage et sur le nez avec une pince. En outre l’expiration les met en pression par rapport à l’extérieur (2 millibars). Pour les mêmes particules de 0,06µ, la filtration est de 94% pour un FFP2 et 99% pour un FFP3. Certains masques sont équipés de soupapes d’expiration.0
   Ils sont réservé pour les contacts rapprochés pour soins avec des personnes infectées.

    Ces masques ne peuvent être portés plus de quelques heures (4 à 6) et doivent ensuite être jetés. Il faut évidemment ne pas les toucher en les enlevant (par le élastiques), sous peine de risquer une contamination.
   Il est certain que doter tout le monde de masque chirurgicaux est prohibitif, il en faudrait plus de 100 millions par jour !

    Une constatation qui me choque dans le domaine des masques :
    Il est encore fréquent de croiser, pendant ses achats de première nécessité, des personnes revêtant un masque chirurgical, voire un masque de protection respiratoire individuel FFP2. Il n’est pas aberrant de présumer que toutes ne sont pas malades, car ils devraient dès lors, impérativement rester confinés.
    Pourtant, en contexte de pénurie, se procurer des masques qui seront, le plus souvent, mal utilisés, c’est potentiellement priver le personnel soignant de ces dispositifs de protection, alors qu’il en a cruellement besoin.
    En attendant que chacun puisse disposer de masques de protection, ces personnes doivent être approvisionnées en priorité. Si chacun utilise chaque jour un masque jetable, les pénuries se feront rapidement sentir et les gens qui en ont vraiment besoin viendront peut-être à en manquer.

    Enfin, pour terminer, un mot sur les masques militaires, qui étaient fabriqués dans la manufacture militaire de Saint Etienne. Ils ne sont pas fait à l’origine pour arrêter les microbes, mais les gaz toxiques, mais qui peut le plus, peut le moins. Ce sont donc des masques en caoutchouc étanches et muni d’un double filtre, en non-tissé et d’une cartouche filtrante en charbon spécial.
    Il est d’une forme telle qu’il adhère à la figure et c’est le plus désagréable car il serre notamment aux tempes. Par contre il est muni de deux soupapes, à l’inspiration où l’air passe par la cartouche et à l’expiration ou celle-ci met le masque en pression et empêche toute entrée. On a très chaud sous ce masque, mais contrairement aux masques médicaux on respire bien et on n’a pas l’impression d’étouffer grâce aux soupapes).

Vendredi 17 avril 2020 à 12:30

Notre cerveau : émotions

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   J’ai entendu à la télé que les chinois avaient, dans les écoles, des caméras reliées à des logiciels de reconnaissance faciale, qui prétendaient analyser les expression des élèves, mesurer ainsi leur attention et décoder  leurs préoccupations présentes et signaler au professeur s’ils suivaient le cours ou étaient distraits.
    J’avoue que je n’aimerais pas être à la place des élèves et qu’on vienne surprendre ainsi mes pensées, même si je suis conscient qu’il vaut mieux suivre le cours et être efficace.
    Je suis allé voir sur internet pour compléter mon information, et j’ai appris que c’était chose courante en Chine, et que, dans les entreprises, on surveillait ainsi les ouvriers, et même, dans les métiers qui nécessitent le port d’un casque, celui-ci était pourvu de capteurs destinés à enregistrer les ondes cérébrales. Le but affiché est de détecter une personne qui aurait une défaillance brutale, due à une variation émotionnelle intempestive et de décharger un ouvrier qui serait momentanément dépassé par une surcharge trop forte de travail, qui le ferait disjoncter.
    Il paraît que les ouvriers n’apprécient pas tellement, craignant que « l’on vienne lire dans leurs pensées ».

     Mais j’ai eu ensuite une autre surprise : il y a sur internet nombre de logiciels proposés, qui sont censés détecter par divers moyens nos émotions et les analyser et de nombreuses sociétés qui proposent leurs services, ainsi que des gadgets qui prétendent les mesurer. Cela m’a étonné, car nos émotions sont très complexes et je ne vois pas comment on pourrait atteindre ce but de façon fiable.
            Il y a ainsi une montre destinée aux joueurs de jeux sur internet et un bracelet de la société Néotrope, qui mesurent votre niveau d’émotivité. Ils analysent des paramètres physiologiques tels le rythme cardiaque, la micro-sudation des poignets, la température corporelle.
 
            Les joueurs sur internet sont censés ainsi détecter quand ils ont des émotions fortes et leur intensité, ainsi que le niveau d’attention de la personne, au cours du jeu mais aussi dans un magasin devant les diverses gondoles de présentation.
    En effet, la plupart des sociétés qui proposent de détecter nos émotions, ont pour but du marketing : comprendre et analyser les réactions des clients face à un produit, et trouver comment les y intéresser davantage, en améliorant le produit, mais surtout en élaborant un discours et une présentation de vente convaincante.

    Les méthodes sont diverses.
    Par exemple la société Dakatalab utilise la détection des micro-expressions du visage et leur association à des émotions grâce à l'intelligence artificielle, afin d’identifier les niveaux d'attention et d'engagement émotionnel pendant le parcours des clients dans le magasin ou sur le site internet (à partir de la camera vidéo-web de leur ordinateur. Ils traitent à chaque fois plusieurs millions d’images.
    Q’émotion analyse les expressions du langage des personnes dns les SMS, réseaux sociaux, mails, forums, blogs, questionnaires …. et prétend ainsi mettre au point un « dictionnaire du langage émotionnel »
    XTCO fait aussi de façon analogue de l’analyse sémantiqueet de positionner les clients sur une échelle d’émotions pour orienter le markéting des produits et des cibles.
    On pourrait trouver de nombreux autres exemples.

    J’ai alors cherché des articles sérieux sur ce problème dans mes revues scientifiques et la réponse a été sans appel : ce sont des arnaques et ces logiciels ne remplissent pas du tout les rôles qu’on leur prête, leur précision étant médiocre et ne donnant qu’un vague aperçu des émotions, qui sont beaucoup plus complexes.

    Les émotions se traduisent par une composante physiologique que l’on a citée plu haut, provoquée par les centres amygdaliens et l’hypothalamus, via le système sympathique et les préhormones de l’hypophyse

    Je vous ai décrit (3/5/2017) une théorie élémentaire des émotions de Robert Plutchik dans les années 60/70 et sa roue des émotions de 1980.
    Il y a 4 émotions négatives : peur, colère, dégoût, et tristesse, et 2 émotions positives : joie et intérêt/surprise
    Les autres émotions sont des états mixtes ou dérivés, c’est-à-dire des mélanges, composés ou combinaisons d’émotions de base.  Les émotions primaires s’opposent deux à deux : joie à tristesse, anticipation à surprise, colère à peur, aversion à consentement. Les émotions secondaires résultent de deux émotions primaires.
          Optimisme = Anticipation + Joie             Déception = Surprise + Tristesse
         
          Amour = Joie + Consentement               Remord = Tristesse + Aversion
         
          Soumission = Consentement + Peur      Mépris = Aversion + Colère
         
          Crainte = Peur + Surprise                       Aggressivité = Colère + Anticipation
    Dans la roue des émotions de Plutchik (1980) le cercle et la palette de couleurs représentent l’idée que les émotions se combinent les unes et autres et s’expriment selon différents niveaux d’intensité.
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    Cette théorie a été reprise par Paul Ekman en 1982/90, qui a notamment étudié les expressions faciales des émotions primaires et pense que ces expressions des visages sont indépendantes des cultures. Cette composante expressive et comportementale, comprend aussi les postures ou la tonalité de la voix.

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    Il y a ensuite une composante subjective, qui correspond à l’évaluation que le sujet fait de son propre état émotionnel. C’est elle qui influe sur nos écrit et nos paroles. L’individu peut en partie décrire ses émotions par des mots.

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    Enfin on peut faire des études de neurobiologie en étudiant des IRM, des électroencéphalogrammes et les modifications des neurotransmetteurs.

    Il apparaît alors que les émotions sont des phénomènes très complexes, qui concernent la plupart du cerveau, et qui réagissent sur notre comportement de façon consciente et inconsciente, y compris sur nos processus rationnels.
    Tous les gadgets et logiciels proposés ne peuvent qu’approcher des émotions primaires théoriques, mais ne représentent en aucun cas la réalité très complexe de nos émotions profondes.

Vendredi 10 avril 2020 à 17:09

Notre cerveau : intelligence; langage

Nos décisions sont faussées par notre inconscient.


          Dans l'article d'hier, je décrivais certains mécanismes du cerveau lorsque nous prenons des décisions.
          Je vous ai aussi décrit dans des articles de la rubrique "préférences cérébrales", l'influence de notre préférence de décision 
          Lorsque vous prenez une décision, lorsque vous faites un choix, votre cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.
          Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
                    - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”, après avoir réfléchi logiquement au "pour" et au "contre". 
On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
                   - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”. Ce sont nos goûts, nos valeurs, nos opinions, nos émotions, nos sentiments qui guident notre décision.
          On conçoit que les personnes V examinent les éléments de décision de façon plutôt subjective, et donc avec un risque d'erreur plus important.
          Mais pour les personnes L, la décision paraît réfléchie et objective, et cependant nos décisions sont souvent faussées par des automatismes du cerveau relativement inconscients.
          Le cerveau cherche en permanence à ne pas consommer trop d'énergie, à gagner du temps, à préparer nos comportements, d'agir rapidement. Il doit donc prédire et anticiper. Pour cela Silva donc chercher dans notre environnement d'une part, dans notre mémoire et notre passé, des indices qui permettront de répondre en partie aux questions posées. Ces indices automatiques influenceront inconsciemment nos décisions.

         Nous avons d'abord en mémoire, des préjugés et des stéréotypes, issus de notre culture, de notre éducation, de notre expérience. Ils sont dans notre mémoire et ont pour but de nous protéger contre des décisions hâtives ou hors normes. Mais ils peuvent alors influencer plus ou moins nos réflexions et donc nos décisions. L'influence des groupes auxquels on appartient, du milieu, du racisme sont des exemples probants.
         Même pour les personnes L, sentiments et émotions ont une certaine influence et notamment les centre amygdaliens. Mais elles en sont moins conscientes puisqu'habituées à une démarche rationnelle logique.
          On évoque souvent l'intuition, mais c'est simplement les connaissance et l'expérience que nous avons sur le sujet en cause, qui sont inconsciemment ramenées en mémoire et que notre inconscient traite en faisant intervenir sans que nous le sachions, les mêmes groupes de neurones que si nous faisons un raisonnement conscient. La synthèse de cette démarche est ensuite portée à la conscience : c'est une intuition. Elle n'est juste que si elle a pu se baser sur des indices réellement en rapport avec les questions posées?

          Enfin il faut être conscient que la fatigue le stress, le manque de concentration, la dispersion de notre esprit qui traite plusieurs problèmes à la fois, nuisent à la pertinence de nos décisions.

 

          Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes, recense dix grands pièges qui peuvent fausser nos décisions.

La peur de perdre :
          Lorsque que notre décision risque d'entrainer un gain ou une perte, nous préférons le plus souvent minimiser la perte. Mais cette décision trop rapide risque de nous faire passer à coté de décisions très bénéfiques, dont le risque d'échec était raisonnable.

 

Les statistiques :
         
 Lorsque nous avons un choix incertain à faire, au lieu de consulter des statistiques réelles, nous nous remémorons tous les événements analogues dont nous avons été témoins. Leur fréquence peut être très éloignée de la réalité et nous inciter à un choix erroné.          

 

L'ordre des éléments de décision :
          
Quand on fait la liste des avantages et des inconvénient d'une décision à prendre, les premier élément devient plus important car ils nous influencent en premier et forgent notre décision. Il faut donc réexaminer plusieurs fois tous les éléments, au besoin dans un ordre différent, pour ne pas subir cette influence.        

Présent et futur :
         "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", dit l'adage bien connu. Quand nous avons le choix entre une décision qui apporte immédiatement un avantage modéré, face à une autre qui apporte un meilleur avantage, mais plus lointain, en général, nous choisissons l'avantage du présent, sans examiner suffisamment les risques de la solution d'avenir.

 

La publicité et l'effet de groupe et la peur de l'inconnu :
      
 Lorsque nous avons à choisir entre deux objets, mais que l'un nous est presque inconnu, alors que nous avons souvent vu ou entendu parler de l'autre, soit par la publicité ou la presse, soit au contact d'autres personnes, nous avons tendance à choisir l'objet connu, sans chercher à découvrir l'autre et ses éventuels avantages.

 

Les sensations internes :
       
 L'état physiologique de notre corps a une certaine influence : les psychologue ont par exemple montré que, lors de courses dans un supermarché, l'on achète plus de produits alimentaire avant le repas et moins si on a déjà déjeuné. Le stress a également une grande influence sur nos décisions : j'en reparlerai dans le prochain article.

L'opinion déjà faite : 
        Lorsque l'on pense aux conséquences d'une décision, au bout d'un moment, on commence à se faire une idée de ce qu'il faudrait faire. (voir mon article d'hier). Mais dès lors, les arguments en faveur de cette décision ont plus de poids que ceux contre et on peut même finir par ignorer un élément très important défavorable.

La répétition d'un élément de décision :
         
Voir de façon répétée et régulière un objet ou une solution, risque de nous faire prendre trop vite une décision en faveur de cette solution, parce qu'elle nous paraît plus familière, donc plus connue et plus sûre. C'est sur cet effet de répétition que se base la publicité et le marketing. C'st vrai aussi pour une personne qui vous paraît alors plus sympathique.

 

La défiance vis à vis d'un ou d'autres :
      
  Nous prenons parfois des décisions par réaction , hostilité ou vengeance vis à vis d'une personne, d'un groupe ou défiance vis à vis d''opinions. Le choix n'est alors pas maitrisé. Il peut aussi être dicté par une réaction vis à vis d'une privation de liberté, d'un choix qui vous paraît imposé.

 

La paresse et l'inertie :
       
 Lorsque nous avons le choix entre plusieurs décisions dont l'une correspondrait à une situation déjà vécue ou connue, nous avons tendance par inertie à la privilégier et par paresse à ne pas examiner sérieusement les autres options.

 

       Ces dix biais peuvent fausser de façon importante nosdécisons. A nous de nous méfier et d'essayer d'avoir un examen objectif et le plus complet possible des différentes solutions, sans privilégier à priori et trop rapidement une décision.

Stress et anxiété.
     
  Nous avons vu hier que les circuits cérébraux de décision étaient voisins de ceux des stress et de l'anxiété, ces derniers états résultant d'une lutte de pouvoir entre les centres amygdaliens et l'insularité, et le cortex préfrontal gauche ventromédian, qui essaye de les contenir et de ne pas se laisser déborder.
        Si cependant il n'y arrive pas et que notre moral se détériore, les chercheurs ont montré sur des animaux, puis par simulation sur ordinateur, et enfin lors d'essais sur des volontaires humains, que le stress perturbait nos capacité de prévision des conséquences de nos actes, et que l'anxiété nous paralysait ensuite. Il est certain que nos décisions sont alors fortement perturbées.
         Jeansok Kim, professeur de psychologie et chercheur à l'Université de Washington, estime mêmque beaucoup de décisions économiques, qui pourtant concernent le monde entier, sont prises par des dirigeants hyperstressés, qui ne devraient pas assumer des responsabilités aussi importantes.

Vendredi 3 avril 2020 à 11:51

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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  J’aime bien la musique, notamment classique et je regrette beaucoup de n’avoir pas voulu, étant jeune enfant apprendre à jouer d’un instrument, parce que quand j’avais 5 ans, le solfège m’ennuyait profondément !

    J’avais tort, mais j’étais trop petit pour m’en rendre compte. Je savais déjà lire et écrire et je lisais déjà des livres assez volumineux et je ne me suis pourtant pas rendu compte que les notes, c’étaient l’alphabet de la musique, pas plus difficile qu'apprendre à lire.

    Entre musique et langues, difficile de savoir qui est apparu en premier. « Dire et chanter étaient autrefois la même chose », a écrit Rousseau. 
   Le plus ancien instrument de musique à ce jour, a été découvert par des chercheurs,en 2008 dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne : une flûte en os et en ivoire de 35 000 ans, (à l’époque de l’Homme de Néandertal - voir la photo ci-dessus). 

  

    Si vous écoutez les instruments qui se succèdent et se répondent, que ce soit en musique classique ou en jazz, l’un entame une phrase avant de laisser un autre la compléter, ou lui répondre : un dialogue naît, comme dans une conversation.

    Tout comme le langage verbal, la musique est codifiée. Le compositeur comme l’écrivain, dispose de moyens techniques et esthétiques afin de produire des impressions précises, telles que la tristesse, la gaieté, la peur; l’orage ou le chant d’un oiseau quand revient le soleil..

  Il existe des conventions, des règles de composition permettant d’organiser, d’articuler les sons entre eux. Ces règles sont en quelque sorte comparables à une syntaxe organisant les mots, afin de construire des phrases chargées de sens. Et l’ccord entre les diverses notes, sonnantes ou dissonnantes, est comparable à une grammaire, à l’orthographe, qui change selon les pays, par exemple entre l’Europe et l’Asie.

    A force de lire, on apprend l’orthographe, mais on est sensible aussi peu à peu  à l beauté de la phrase, à la musique des mots des poètes.

   Chez les enfants de huit à dix ans ayant pratiqué la musique depuis trois ou quatre ans, on constate que leur cerveau arrive à déceler des anomalies d'un cinquième de ton dans un morceau de musique.

    Le langage a une grammaire, une syntaxe, une morphologie et une orthographe, mais c'est aussi une musique, et même, pour les poètes, comme le soulignait Paul Verlaine, c’est « de la musique avant toute chose ».

    Cette musique du langage, que les linguistes appellent "prosodie", est constituée de l'ensemble des intonations ou inflexions de la voix qui accompagnent le discours, par exemple le fait de prononcer le dernier mot d'une phrase sur un ton plus aigu ou plus grave.

    Comment maitriser l'art de la prosodie ? 

    Voilà qui est important, car c'est en déchiffrant les hausses et les baisses de ton que l'enfant apprend à saisir le sens et l'émotion que véhicule le langage.

    Certaines personnes sont plus douées pour discourir en exprimant leurs émotions et en les faisant partager aux autres. Certains de ces autres qui les écoutent sont sensibles à leurs paroles, et d’autres plus imperméables.

    Les acteurs en général savent exprimer les émotions par leur voix (encore de Brigitte Bardot était une catastrophe dans ce domaine, ayant toujours l’intonation qui n’allait pas avec les paroles).

    Des chercheurs de l'Institut de neurosciences cognitives de la Méditerranée à Marseille ont testé la capacité d'enfants musiciens et non musiciens, à détecter des incongruités prosodiques, les fautes dans la « musique du langage ». 

    Ils leur faisaient écouter des textes dans lesquels parfois l’acteur introduisait une anomalie de l’intonation, par rapport à la signification de la phrase, notamment émotionnelle.

    Les enfants ayant pratiqué la musique ont noté les anomalies, alors que ceux qui ne faisaient pas de musique n'ont rien remarqué. 

    Les enfants dont le cerveau peut déceler des écarts de ton faibles, appliquent ensuite cette capacité à la « musique du langage »

    La musique, outre qu'elle adoucit les mœurs, prépare l'enfant à mieux saisir les conversations et les émotions qu’elles portent.

   Mais le langage nous apporte une signification, une description du réel : dans chaque langue des mots décrivent une table, une chaise une assiette, une bouteille ou un verre. C’est une convention.

   Mais il décrit aussi nos sentiments, ce que nous ressentons, les émotions et les sentiments et là le codage est plus difficile, la description plus floue et chacun peut la comprendre différemment.

   La musique n’a pas la précision et l’universalité du langage, elle ne décrit pas la réalité. Elle ne désigne pas, elle évoque : elle fait appel à la subjectivité du compositeur, de l’interprète et de l’auditeur. L’imagination remplace la compréhension logique, vient prolonger les impressions éveillées par le son, selon la sensibilité propre de chaque personne. L’hymne à la joie de Beethoven, bien qu’il soit devenu l’hymne européen, ne sera pas ressenti de la même façon par tous les habitants de l’Europe, mais ne provoquera pas les mêmes émotions de’un asiatique ou d’un arabe, habitués à d’autres harmonies.et à d’autres rythmes.

   Mais ceux qui ont une préférence cérébrale de grande sensibilité émotionnelle immédiate (voir les articles sur les préférences cérébrales), savent qu’il peut leur arriver d’être émus aux larmes, aussi bien par un récit écrit que par un morceau de musique.

Vendredi 27 mars 2020 à 9:53

Actualité

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         La crise du coronavirus nous amène à réfléchir sur l’évolution de notre société et ses carences. 

Dans ma ville, les queues s’allongent devant les magasins, et me rappellent la guerre de 40 lorsque j’étais enfant. Mais ce n’est pas parce que les magasins manquent de nourriture, mais parce qu’il faut se protéger du voisin et rester à au moins un mètre de distance. Alors on ne rentre dans les magasins que par paquets de dix, quand dix autres personnes en sont sorties.
Ce n’est qu’une image banale, mais elle est le reflet d’une situation soudaine qui nous fait réfléchir sur nous mêmes mais aussi sur l’évolution de notre société, du rôle des entreprises et de l’Etat.

 

Nous sommes tous bloqués chez nous : en soi ce n’est pas si grave que cela. On a de quoi manger, on peut ouvrir la fenêtre quand il fait beau, on peut lire, écouter des CD ou voir des DVD,  regarder la télé ou aller sur internet, et on ne risque pas, comme pendant la guerre, qu’une bombe vienne exploser sur la maison. 

Certes on est isolé, mais on peut communiquer avec sa famille : il y a le téléphone, skype, les réseaux sociaux, la messagerie sur internet.

En fait ceux qui souffrent de la situation actuelle, et risquent leur santé, ce sont ceux qui sont obligés de continuer à travailler dans leur entreprise ou commerce, et surtout ceux qui soignent ceux qui sont malades, dans le cabinets médicaux, les hôpitaux, les EPADS, ou les infirmières libérales, et sont donc en contact avec eux.

Pourtant beaucoup de gens ont peur et certains se promènent dans la rue avec un masque plus une écharpe par dessus, ce qui ne sert strictement à rien, (sauf s’ils sont malades et alors ils devraient rester chez eux) car le masque ne sert qu’arrêter les postillons et gouttes expulsées par la toux ou un éternuement et nous ne risquons rien à un mètre les uns des autres (et encore moins si, dans une queue ils nous tournent le dos).

Du jour au lendemain le monde est devenu inquiétant, vidé d’humanité, et les gestes réconfortants - manger ensemble, s’embrasser, se serrer la main, discuter - sont maintenant interdits, par précaution tout à fait nécessaire, mais qui bouleverse nos attitudes et nos émotions.

La peur nous guette, car dans notre société et surtout en France, la santé était considérée comme une chose acquise, d’une part par notre système de protection sociale et d’autre part parce que nos médecins étaient compétents et notre personnel soignant dévoué et efficace. Certes on savait que nos politiques négligeaient les hôpitaux publics, mais les conséquences, on ne les voyait pas. Cent mille lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années  et les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs, et depuis un an, médecins et infirmières manifestent pour dénoncer les coupes budgétaires qui détruisent peu à peu nos hôpitaux.

Les crédits de recherche - médicale et autre - ont été réduits au minimum, et les stocks de sécurité ont diminué, comme les masques, les médicaments, les vaccins.
Mais il n’y avait pas de crise, alors on ne s’en souciait pas tellement !

 

Certes on sait que la mondialisation existe, mais on en connaissait que les méfaits économiques et les exils de ceux qui étaient confrontés à des situations dramatiques.

        L’Etat était censé garantir notre sécurité, mais il y a eu le terrorisme et les guerres du Moyen Orient, qui sont venu entamer cette certitude.

Certes il y a le chômage qui est au dessus de nous comme une épée de Damoclès, les faillites, les délocalisations, le manque d’emploi, surtout pour les moins qualifiés. Mais on voyait une lueur d’espoir, l’emploi allait un peu mieux.

En janvier on  a entendu parler de ce nouveau virus en Chine, mais la Chine c’est loin. Des cas au Japon, en Corée. Puis une alerte en France mais très bien maîtrisée.

Puis tout à coup l’Italie contaminée, la réunion des évangélistes à Mulhouse, des aviateurs d’une base militaire revenant de Chine et c’est brutalement l’explosion de la maladie en France. On s’aperçoit que la mondialisation, c’est aussi celle du virus, et que les frontières n’existent pas pour lui.

Et l’on découvre tout d’un coup , que l’on ne fabrique plus en grande quantité les masques et les respirateurs en France, qu’on manque de lits de réanimation et que les médicament sont fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

On prend tout à coup conscience que les personnels soignants ne peuvent être efficaces, malgré leur savoir et leur dévouement, que s’ils disposent du matériel nécessaire.

 

La crise actuelle est certes gérée au mieux par les pouvoir publics des pays, mais avec un mélange de gravité et d’hystérie, qui cache en réalité une énorme impréparation, et une évolution du rôle de l’Etat, qui lui a fait négliger la santé au profit de la politique et de l’économie. Et là, tout à coup, on s’aperçoit que, sans la santé, il n’y a plus ni économie, ni politique.

Quand j’étais jeune ingénieur, c’étaient mes anciens, ingénieurs eux aussi, qui dirigeaient les entreprises et ils avaient le souci de ceux qui travaillaient: certes l’entreprise ne devait pas faire de perte, et devait rémunérer ceux qui lui donnaient des fonds, mais son rôle était aussi de procurer du travail pour que les gens puissent survenir à la vie de leur famille. Certains de mes camarades, dans le Ministère de l’Industrie, avaient la tâche de « l’organisation du territoire », c’est à dire de faire en sorte qu’il y ait des entreprises qui distribuent du travail et qui par ailleurs, produisent en France, les produits et denrées stratégiques, nécessaires à la poursuite de notre activité, même si un de nos partenaires étrangers faisait faux bond.

Maintenant tout cela n’existe plus, les sociétés sont dirigées par des financiers, l’Etat devient libéral et mondialiste et ne pense que finances et à réduire ses dépenses, ainsi que le coût du travail. L’entreprise doit « produire des richesses » et faire le maximum de profit et ne se sent plus responsable de fournir des emplois. Donc les salaires doivent être au plus bas et on délocalise là où ils le sont. Les états sont aux mains des investisseurs financiers, donc préoccupés par leurs dettes et accaparés par la sécurité et les relations internationales gangrénées par les guerres entre religions et ethnies, qui se disputent le pouvoir politique.

La politique et le goût du pouvoir rendent aveugle. Plutôt que prendre tout de suite les mesures pour endiguer la dissémination du virus, on a attendu car on voulait maintenir les élections municipales. On a attendu de se rendre compte de la pénurie des moyens de soins pour essayer d’y faire face et de passer les commandes nécessaires. Certes les mesures prises sont bonnes, mais très tardives. On aurait notamment pu se rendre compte, début janvier, par exemple, du faible niveau des stocks de masques.

Finalement la crise sanitaire était aussi impréparée et mal réfléchie de la réforme des retraites absurde et l’économie est à l’arrêt.

Mais seul l’Etat a pu gérer cette crise. Les GAFA sont impuissants vis à vis d’un virus et Amazon ne peut qu’expédier des colis. Peut être que Google devrait se demander si des recherches médicales ne sont pas plus utiles qu’une voiture robot sans chauffeur.

Cette épidémie va causer des dommages économiques importants, des faillites et du chômage en résulteront, une croissance négative, et cela affectera le monde entier, les économies asiatiques ayant des chances d’en sortir les plus fortes. 

Les banques, les entreprises et les sociétés financières vont devoir en supporter les charges, aux côtés de l’Etat, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, même si cet effort collectif ne génére que peu de profits.

L’Etat devra tirer les leçons de la crise. Il devra se demander si notre société n’est pas trop occupée à réaliser des bénéfices, et à exploiter la terre et la main d’œuvre, sans se soucier des conséquences. La crise a montré que l’économie n’existe pas si la sécurité et la santé des personnes n’est pas assurée. 

La mondialisation et le capitalisme tel que nous l’avons connu doivent changer car ils profitent de la garantie de sécurité, santé et éducation qui est fournie par les Etats, et si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne pourront pas nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.

Le retour en France de certaines fabrications stratégiques  devra en particulier être envisagé, malgré son coût plus élevé qu’une fabrication dans les pays à bas coûts.

Et quand je vois l’envoi de masque par la Chine à l’Italie récupéré par la République Tchèque - puis rendus heureusement - je me pose des questions sur l’avenir de l’Europe et je continue de penser qu’on aurait dû rester dans une Europe limitée de 17 membres, sans un certain nombre de pays, qui égoïstement ne pensent qu’à eux mêmes.


Vendredi 20 mars 2020 à 16:58

Notre cerveau : intelligence; langage

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

         Comment notre cerveau prend-il des décisions ?  

           Ce n’est que récemment que l’on commence à comprendre ce problème.
           En 1976, le psychologue Roger Ratcliff suggère que le cerveau  a besoin d’une accumulation de preuves pour prendre ses décisions.

           En 1996 des chercheurs ont commencé à étudier ce qu’il se passait dans le cortex pariétal (sur le dessus du crâne, les centres moteurs et les centres de mémoire associative), lorsqu’ils avaient des décisions simples à prendre.
           En 2002 un physicien chinois a émis l’hypothèse, en simulant informatiquement le flux neuronal, que la décision était prise lorsqu’il y avait un cumul suffisant dans le cerveau se traduisant par une activité croissante.
           En 2005 des neuroscientifiques mettent en évidence que la prise de décision s’accompagne de libération de noradrénaline par le tronc cérébral (un centre situé à la jonction de la colonne vertébrale et du cerveau).
           En 2012-14 d’autres chercheurs constatent par des mesures électriques encéphalographiques sur des animaux et sur l’homme, que la décision n’intervient que lorsque les signaux neuronaux se sont accumulés dans le cerveau jusqu’à un certain niveau

            Je vais essayer de faire un résumé en deux articles, à partir de lectures faites sur des revues de neuroscience, notamment du professeur Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes.

            Le chef d’orchestre, c’est, comme d’habitude le cortex préfrontal. C’est lui qui doit décider, et il appelle à l’aide le reste du cerveau.
           Il commence  (voir le schéma) par demander à un centre du tronc cérébral, le locus coeruléus, de contacter des centres dans lesquels il y a des neurones utilisant la noradrénaline comme neurotransmetteur et de libérer des quantités importante de ce produit, pour activer les récepteurs correspondants.
           L’activité du tronc cérébral est difficile à détecter car le le locus coeruléus est un tout petit centre, (quelques mm), à coté de vaisseaux sanguins, qui le font bouger à chaque pulsion cardiaque, et rendent impossibles les IRM. Heureusement la noradrénaline fait dilater les pupilles des yeux et cela permet de suivre de façon précise la libération de ce neurotransmetteur, qui intervient une centaine de millisecondes après la demande du cortex préfrontal.
            Cette libération augmente d’activité de centres du cortex qui vont fournir des informations : les centres d’interprétation de la vision (ou des autres sens) et les centres de mémoire associative du cortex pariétal postérieur, de même que les centres amygdaliens au niveau du cerveau émotionnel.

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)            On peut suivre électriquement l’activité du cerveau et notamment du cortex préfrontal et la traduire par une « variable de décision, qui cumule la quantité d’information retenue pour la décision.
           Cette variable va mettre un certain temps pendant lequel l’activité du cerveau va augmenter, devenir de plus en plus importante, jusqu’à dépasser un seuil, ce qui déclenche la décision oui. Cela peut prendre plusieurs secondes, voire plusieurs minutes. Cela dépend des personnes et de la complexité du problème. L’action est alors lancée notamment vers les centres moteurs, en quelques centaines de millisecondes.
            A l’inverse l’activité cérébrale peut diminuer jusqu’à atteindre un seuil où la réponse est non et évidemment, il ne se passe rien ensuite.
           La variation de cette activité montre que le cerveau, consciemment ou non rassemble de nombreux éléments qu’il analyse, avant de prendre la décision oui ou non, l’activation oui entrainant une analyse plus poussée; ces éléments peuvent être des sensations diverses qui renseignent sur l’extérieur, des raisonnements logiques internes, des mémorisations de faits voisin anciens, des éléments plus subjectifs, émotions et sentiments, provenant du cerveau émotionnel, notamment centres amygdaliens. 

           Ces temps de décision varient selon les personnes, car étant optimistes ou pessimistes, plus ou moins confiantes ou méfiantes, elles ont tendance habituellement à dire plus fréquemment oui ou non. On constate par exemple que, pour la même décision à prndre,  des personnes habituées à dire non, vont mettre nettement plus de temps à prendre une décision favorable, que des personnes habituées à des décisions positives. 

           En outre le circuit de décision que nous venons de décrire est voisin de celui qui intervient lorsque nous sommes soumis à du stress ou de l'anxiété.
           Dans ces derniers cas il y a un équilibre permanent à conserver entre les centres amygdaliens et l'insula d'une part, qui gèrent nos craintes, notre stress , notre angoisse et les font remonter vers le cortex préfrontal, et plus précisément le cortex préfrontal ventromédian gauche,  qui essaye de les contenir d'autre part. 
          Si ce dernier est dépassé, c'est le stress et si cette impuissance devient plus grande, l'anxiété puis l'angoisse. Si le cortex préfrontal est mis hors jeu, ce peut être la dépression.
           Alors qu'un peu de stress peut être salutaire en stimulants les centres de l'attention, un stress plus important ou une anxiété qui dure peut perturber totalement notre système de prise de décision.
           Je reviendrai sur ce point dans l'article de demain. 

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

Vendredi 13 mars 2020 à 13:45

Biologie, santé.

Grippe et coronavirus Càvi-19 : comparaison.

           Quelques lectrices et lecteurs m’ont demandé de comparer la grippe et le Covi-19.

Mais c’’est un peu comme comparer des choux et des carottes qui sont tous deux des légumes, mais ont bien des différences.

 

Mortalité :

 

           Ce qui est évident et bizarre, c’est que l’épidémie actuelle de corona-virus, qui affole la population, est, pour le moment un tout petit événement, par rapport aux épidémies de grippe qui sévissent tous les ans, dont on parle peu et qui n’affolent personne.

           Pourtant dans le monde entier, alors que le corona-virus a fait actuellement un peu plus de 3 000 morts et de 100 000 malades, la grippe contamine chaque année plusieurs centaines de millions de personnes et fait entre 300 000 et 650 000 morts.

           En France lors de l’hiver 2018-19, l’épidémie d’environ 8 semaines, de virulence plutôt moyenne, a engendré 1,8 millions de consultations, 44 750 séjours hospitaliers, et 8 117 décès dont 84% de personnes âgées de plus de 75 ans.

           Les létalités (le nombre de morts par rapport à la population infectée), des deux virus sont différentes. Sur l(ensemble de la population, la grippe a un taux qui varie selon les années de 0,2 à 0,5 %, tandis que celle du coronavirus est de 2,3% (si l’on ne compte que les cas confirmés par des tests de l’ARN viral prélevés), et de 2,6% si l’on compte tous les cas de personnes contaminées. Dix fois plus environ que la grippe saisonnière en France. 

          La létalité du coronavirus est certes plus à craindre, mais le nombre de décès imputables à la grippe est beaucoup plus important vu le grand nombre de personnes contaminées. Et pourtant les pouvoirs publics ne prennent pas des mesures aussi sévères lors des épidémies de grippe ! 

           En fait, alors que les médias et les réseaux sociaux ne se soucient pas de la grippe, ce sont eux qui affolent la population à propos du coronavirus. mais évidemment, c’est le « péril jaune », alors c’est plus extraordinaire !

 

           Cependant les deux maladies ne touchent pas les mêmes personnes. 

           La grippe saisonnière touche beaucoup les enfants, mais avec un très faible taux de mortalité, alors que les personnes âgées, moins touchées, ont le plus fort taux de mortalité. 

          Pour le coronavirus, selon les statistiques chinoises, les enfants ne sont pas du tout touchés par le Covid-19. Les moins de 10 ans représentent moins de 1% des personnes contaminées. On observe des formes graves de Covid-19 chez des adultes de moins de 65 ans, ce qui est rare pour la grippe. Mais les vieillards sont aussi les plus touchés : la létalité des personnes âgées de plus de 80 ans est de 14,8%. Elle est de 8% pour les 70 à 79 ans, de 3,6% pour les 60-69 ans, 1,3% pour les 50-59 ans, 0,4% pour les 40-49 ans, et 0,2% pour les 10-39 ans. Les femmes meurent moins que les hommes : 1,7% de létalité contre 2,8%. 

           Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés (10,5%) devant les diabétiques (7,3%) ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques (6,3%) ou d’hypertension (6%). Au total, 80% des cas de Covid-19 sont bénins.

           Toutefois les calculs de létalité ne sont pas faits de la même façon pour les deux maladies; pour le coronavirus, on compare les décès au nombre de personnes porteurs du virus. Pour la grippe, on met en place un système de surveillance auprès des acteurs médicaux et on calcule un nombre de cas probables de malades.

 

Symptômes et période d’incubation :

 

          Les symptômes des deux maladies sont comparables : écoulement nasal, fièvre, toux, courbature, céphalée, fatigue; les formes sévères sont analogues (difficultés respiratoires, pleurésies, détresse respiratoire…) mais elles sont plus fréquentes pour le Covi-19. En outre celui-ci peut provoquer une insuffisance rénale aiguë voire une défaillance multi-viscérale souvent mortelles. Une proportion plus importante de patients risque d’aller en réanimation.

           La période d'incubation du Covid-19 est plus longue que celle de la grippe, puisqu'elle peut aller jusqu'à 12/14 jours contre 3/6 jours pour la grippe.

On ne connait pas bien la durée minimale d’incubation du Covi-19; elle semble être de 6 jours environ. On ne sait pas encore à partir de quand un malade est contagieux et s’il y a des porteurs sains, mais la contagion est peu probable tant que le malade ne tousse pas et n’a pas d’écoulement nasal.

           Le fait que les symptômes des deux maladies soient très proches, explique pourquoi les chinois ont mis plus d’un mois à s’apercevoir de l’existence du coronavirus COVI-19, ce qui a entraîné des contagions nombreuses. En fait il a fallu des cas très graves différents de ceux de la grippe pour donner l’alerte.

 

Transmission et contagiosité; diagnostic :

 

           Le mode de transmission est le même pour les deux maladies : transmission par voie aérienne en toussant ou éternuant, par contact rapproché entre deux personnes, ou par l'intermédiaire d'un objet ou d'une surface, préalablement touché par un malade.

           Dans les deux cas, le risque de contagion respiratoire est limité à moins de deux mètres environ.

           La contagiosité du Covid-19 est légèrement supérieure à celle de la grippe saisonnière. Le « taux de reproduction de base » - RO (nombre moyen de personnes auxquelles un malade risque de transmettre la maladie) se situe entre 2 et 3, quand il n'est que d’1,5 pour la grippe saisonnière. Toutefois ce facteur n’est pas constant et il varie avec l’environnement et la météorologie.

           Le diagnostic du covi-19 se fait par prélèvement de mucus nasal et salivaire et recherche de l’ARN du virus.

           En période de circulation du virus de la grippe, le tableau clinique par observation des symptômes est suffisant pour poser le diagnostic. La détection du virus n'est, pour l'instant, pas réalisée en pratique courante.

 En dehors d'une période épidémique déclarée, les syndromes grippaux peuvent avoir d'autres origines, virus divers, voire bactéries.

 

           En définitive, les conséquences des épidémies annuelles de grippe sont pour le moment, sans commune mesure avec celle du coronavirus chinois, mais évidemment on ne sait pas ce que serait une épidémie importante et ses conséquences. Les chinois semblent avoir enrayé cette épidémie.

           Le fait que ce nouveau virus soit inconnu a sûrement contribué à l’affolement actuel, alors qu’on est habitué à la grippe, et que l’on a un vaccin pour celle-ci, que la plupart des gens n’utilisent malheureusement pas, par négligence..
           Mais il est quand même anormal qu’on ne se préoccupe pas des nombreuses victimes de la grippe, alors que les médias consacrent la moitié d’un journal télévisé à l’annonce de tous les nouveaux cas de covi-19, que certaines mesures contradictoires sont prises, sans toujours en prévoir les conséquences économiques, que les renseignements donnés à la télévision sur les masques et les solutions hydroalcooliques et les savons tout aussi efficaces, ne sont pas assez précis.

           Il est étonnant que l’on insiste autant sur les désinfections, alors que le virus ne peut subsister en dehors de l’homme plus de quelques heures.

 Les réseaux sociaux par ailleurs diffusent des âneries notoires et certaines personnes spéculent sur cette crise (notamment les masques et les désinfectants).
           Il s’ensuit un affolement assez anormal et il est curieux de voir par exemple les « droits de retrait » qui sont invoqués dans des régions où il n’y a pas de foyer de contagion, alors que personne ne songe à cela en période d’épidémie grippale où le risque de contamination est des milliers de fois plus grand, vu le nombre de porteurs du virus.


Nota : Les statistiques sur la grippe 2018/19 sont tirées du rapport de surveillance de la grippe en France de la Santé publique http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2019/28/pdf/2019_28_1.pdf

 

Grippe et coronavirus Càvi-19 : comparaison.

Vendredi 6 mars 2020 à 9:52

Biologie, santé.

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19


          On en parle tellement partout, radio, télévision, journaux, réseau sociaux, et l'on dit tellement de bêtises que cela m'a semblé utile de revenir sur ce sujet, maintenant que l'on a davantage de renseignements sur le coronavirus chinois Covid.19.

         J'ai déjà fait un article le 30/01/2020,  sur ce virus, où je rappelais ce qu'était un virus, et notamment qu'il ne pouvait pas se reproduire, ni vivre longtemps à l'extérieur de cellules animales qu'il infectait, et je disais que l'infection se propageait essentiellement par voie respiratoire ou cutanée, soit que nous respirions ou que nous touchions des gouttelettes expulsées par des personnes porteuses du virus, en toussant ou éternuant, présentes dans l'air jusqu'à un à deux mètres maximum de la personne, ou déposés sur des objets. Ces gouttes contenant du virus et déposées sont appelées "fomites" et deviennent inactives au bout de quelques heures.
         Je vais dans cet article, donner plus d'information sur le virus

Les divers coronavirus :

         On connait les coronavirus depuis de nombreuses années et il y en avait 4 principaux, dénommés ainsi à cause de leur forme circulaire et de leurs protubérances (qui leur permettent de s'attacher aux cellules pour les infecter, et qui font penser à une couronne, ou à la couronne solaire lors d'une éclipse). Mais ces 4 types de virus, lorsqu'ils infectaient l'homme, ne produisaient que des rhumes relativement bénins, sauf complications par des infections bactériennes.
         Le principal réservoir de ces virus est la chauve-souris, qui est insensible à son action. Pour qu'il infecte l'homme, il faut en général qu'un mammifère intermédiaire soit infecté.
         La chauve souris est aussi porteuse du virus Ebola, qui a sévit fortement en Afrique (et sévit encore), mais ce n'est pas un coronavirus.
         Les coronavirus provoquant des pneumonies graves et pouvant être mortels sont apparus en 2002 et sont au nombre de 3 : 
                  - le syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS-cov-1, qui a sévi en 2002/2003,  principalement dans les pays asiatiques, pendant 7 mois, avec 8346 cas dénombrés et 646 décès.
                  -  le syndrome respiratoire du Moyen Orient ou MERS, avec 2374 cas et 823 décès, qui sévit encore depuis 2012.
                  - Le SRAS-cov-2 ou covid 19 actuellement en cours et qui a touché environ 90.000 personnes, principalementt en Chine, et provoqué environ 3.000 décès.
         On peut penser que la chute-souris est l'animal initial (souche connue de coronavirus RaTG13), mais il faut un intermédiaire pour le passage à l'homme. Il semble que pour le SRAS, ce fut une civette et pour le MERS, le dromadaire. Pour le virus chinois, on soupçonne un pangolin, animaux vendus sur le marché de Wuhan.

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19
 
                       SRAS - COV1                       MERS                SRAS  COV2 ou Covid 19

Structure des coronavirus COV   

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19     Ces virus comportent une enveloppe, une capside, et un matériel génomique constitué d'ARN. Cet ARN monobrin, est l'un des plus gros qui existe parmi les virus, compor-tant de l'ordre de 30 000 bases puriques (en N sur le schéma ci-contre.
    Les protéines S réagissent avec des protéines des membranes cellulaire un peu comme une colle, pour arrimer le virus à la cellule. Les protéines M et E vont ensuite percer la membrane cellulaire et injecter l'ARN du virus dans la cellule. Le matériel cellulaire de la cellule, au lieu de la reproduirere identique à elle même produira à la place l'ARN du virus, qui se reproduira et se multipliera .       

Les symptômes provoqués par le Covid-19

          Le plus souvent, le Covid-19 provoque des symptômes proches de ceux d’une grippe: de la fièvre, de la toux, des maux de gorge, des difficultés respiratoires, des douleurs musculaires et de la fatigue. Une pneumonie sévère, un syndrome de détresse respiratoire aiguë ou encore un choc septique peuvent intervenir dans les cas les plus graves et conduire au décès. On constate également des insuffisances rénales.
          Tous les malades ne sont pas réceptifs de la même façon : les enfants, qui ont un bon système immunitaire sont peu touchés. La maladie est rarement mortelle au dessous de 40 ans. Par contre la mortalité est beaucoup plus forte chez les vieillards ou chez les personnes déjà atteintes d'une maladie respiratoire ou cardiovasculaire, ou souffrant de diabète.

Les dangers du Covid-19, par rapport à d'autres virus : 

        Trois paramètres permettent de caractériser rapidement un virus par rapport à d'autres :

La contagiosité
         On donne en général deux paramètres importants : la distance de contamination et le nombre de personnes contaminées en moyenne par une personne porteuse du virus/

         L'un des virus les plus contagieux est celui de la rougeole, pour lequel une personne peut en moyenne en contaminer 18 et cela jusqu'à 30 mètres de la personne contaminée. Pour le Covi-19, la distance n'est que de 2 mètres et le nombre de personnes de 3, comme le SRAS. Toutefois il semble que le virus chinois ait dix fois plus d'affinité pour les cellules humaines que celui du SRAS.

La durée d'incubation :
        Elle a été estimés pour le Covi-19 à environ 12 jours maximum, ce qui détermine les durées de quarantaine de 14 jours.

        L'exemple le plus extrême est le VIH qui peut déclencher le sida entre quelques mois et 7 à 10 ans après la contamination : sauf dépistage un individu peut donc transmettre la maladie pendant des années sans qu'on s'en aperçoive : il est provisoirement "porteur sain". C'est ce qui a permis la dissémination mondiale du sida.
       L'autre problème est de savoir à partir de quand une personne peut transmettre le virus et si cela intervient avant qu'elle ne présente des symptômes de la maladie.
       Ce paramètre semble encore mal connu pour le Covi-19; les premier cas en Chine semblaient montrer que l'on avait des symptômes lorsque l'on était contagieux, mais des cas plus récents, notamment en France, semblent montrer qu'on peut être porteur sain dans un premier temps. Cela veut dire qu'on a déjà un infection suffisante pour transmettre le virus, avant d'avoir les symptômes de la maladie. Mais cela n'est sans doute vrai pour toutes les personne.

La létalité :
       Le virus le plus mortel est le virus Ebola, qui peut tuer jusqu'à 90% des malades. Le virus de la grippe aviaire bien que peu transmis à l'homme, est mortel à environ 60%Les coronavirus MERS et SRAS étaient très dangereux avec 35% et 10% de mortalité.

        Bien qu'on n'ait pas encore des chiffres bien établis, car en début d'épidémie, les personnes peu atteinte n'ont sans doute pas été détectées en Chine, le Covi-19 ne semble pas avoir une létalité supérieure à 2 à 3 %.
        Le virus de la grippe a une létalité au moins 10 fois moindre, 1 à 2 pour mille, mais comme il y a chaque année des millions de personnes contaminées, il y a des milliers de morts.

La psychose actuelle.

        C'est un peu paradoxal que ce virus chinois suscite une telle pd-sychose, alors que la grippe annuelle contamine et tue beaucoup plus et qu'il existe un vaccin efficace, mais que la plupart des gens ne se font pas vacciner.
        J'ai été témoin  ou j'ai vu à la télévision des choses aberrantes, qui me font douter de l'intelligence de certaines personnes :
        J'ai vu, dans une queue du dimanche chez le boucher, des gens laisser un vide de deux places derrière une dame chinoise, qui ne revenait pas de voyage, ne toussait et n'éternuait pas. J'ai vu des gens porter des masques dans la rue, alors qu'il n'y a pas de personne contaminée dans le secteur, et que de toute façon ces masques ne protègent pas contre le virus qui est trop petit.
        Les autorités ont annulé le marché du dimanche de Creil, ce qui est pénalisant pour les agriculteurs qui vendent leur production, alors que, en plein air on ne risque pas de contamination si on est à plus d'un mètre face à une personne qui tousse ou éternue, et qu'on ne touche pas des objets de l'environnement. Mais la grande surface voisine était restée ouverte, alors que c'est un lieu clos, où il vaut mieux rester à plus de deux mètres d'une autre personne. C'est absurde.
       Au lycée Lakanal à Sceaux, 12 élèves venant d'Italie, sont en quarantaine de 14 jours, mais par pure précaution. D'autres élèves disent sur les réseaux sociaux, qu'il y a 12 élèves du lycée atteints par le corona virus. On s'étonnera ensuite si les gens s'affolent quand on voit de pareilles inepties.

      Les pharmacies n'ont plus de masques et là encore cela montre le manque d'information. La plupart des masques vendus ne protègent pas des virus, car ils ne filtrent que les poussières supérieures à 50 µ, alors que les virus ne font que quelques microns, et d'autre part n'adhèrent pas aux joues sur le coté. Par contre ils arrêtent les postillons et gouttes d'éternuement et isolent correctement une personne porteuse du virus.
       Les seuls masques efficaces sont les "masques chirurgicaux coques" FFP2 et FFP3.
Ces masques se colmatent peu à peu et leur durée de vie maximale est de 6 heures et ils doivent ensuite être jetés à la poubelle. Dans certaines conditions, cette durée peut même être abaissée à 3 heures et ces masques, potentiellement contaminés ne sont,en aucun cas, lavables. En fait ils sont réservés aux personnels médicaux, amenés à soigner les malades contaminés.
      En fait, porter un masque en prévention pour aller faire ses courses, n'a de sens que lors d'une épidémie véritablement présente dans le secteur où l'on se trouve, et les masques n'ont aucun sens si on ne se lave pas les mains puisqu'en pratique on touche des surfaces contaminées.

       On ne trouve plus de solution hydroalcoolique dans les pharmacies. Certes cela permet une désinfection si on est loin de tout lavabo et robinet, mais faut il, comme le font certaines personnes s’en appliquer sur les mains avant chaque repas.
          Les gels hydroalcooliques ont des propriétés bactéricides, virucides et fongicides (tuant les bactéries, les virus et autres champignons) sans avoir aucun effet nettoyant : les bactéries meurent, évitant ainsi toute propagation vers d’autres personnes, mais elles restent sur vos mains. 

         Les solutions hydroalcooliques ne remplacent donc pas le lavage des mains. D’ailleurs, celles-ci doivent être propres et sèches avant toute utilisation de ce gel. et les effets de ces gels sur le long terme sont mal connus. 
        Les bactéries contenues sur nos paumes ne sont pas toutes mauvaises et certaines d’entre elles nous permettent de combattre les autres, plus mauvaises, notamment les souches plus résistantes aux antibiotiques. À force de tout aseptiser en voulant se protéger, on perd également notre meilleure défense immunitaire.
       Le savon de Marseille de ma grand mère est tout aussi efficace si on se lave bien les mains !         
 
     Enfin j'ai été étonné du manque de logique d'un propos de notre premier ministre, qui recommandait à la télé de se laver les mains toutes les heures. Cette fréquence imposée est absurde.
       Si on n'a touché aucune surface susceptible d'être contaminée pendant une heure, pourquoi se relaver les mains. Et par contre si on vient de sortir à l'extérieur et que l'on a touché des surfaces inconnues, il faut alors se laver les mains, car on pourrait les avoir contaminées.

     Mais virus ou pas virus, mes parents m'ont toujours dit qu'il fallait se passer les mains à l'eau et au savon avant de manger. Où est passé le bon sens d'autrefois ?

Les Tests :

          Et j'ai entendu certaine personnes avoir peur des tests, peur d'avoir mal. C'est absurde.
          Le test ressemble à un test d'ADN, sauf qu'on ne vous prend pas que de la salive mais aussi un peu de mucus nasal, avec des espèces de coton-tiges. Ils sont ensuite soigneusement scellés dans un tube car ces prélèvement peuvent contenir des virus.
          Le test en labo ressemble à un test d'ADN. Mais on le fait après une culture rapide du prélèvement pour multiplier le nombre de virus et donc être plus sensible. Puis on fait le séquençage, et on regarde si'il contient l'ARN caractéristique du Covi-19.
          Ce test en labo dure environ 3 heures.

 Nota : La plupart des virus ont besoin d'être dans le corps d'un animal pour vivre et se reproduire. Mais il existe aussi des virus qui peuvent vivre dans des plantes en se servant de leurs cellules pour se reproduire. C'est le cas par exemple du virus de la tomate qui sévit actuellement. Mais ces virus ne sont alors pas nocifs pour l'homme et les animaux dans les cellules duquel ils ne peuvent se reproduire.
Mais il y a aussi des virus de bactéries et des virus de virus, qui vivent au détriment de leur hôte.

 

Vendredi 28 février 2020 à 15:40

Enseignement, école, fac

  

La méthode Freinet

La méthode Freinet      J'ai parlé ils a huit jours de la méthode Montessori; il me parait normal de parler d'une autre méthode connue d'enseignement, la méthode Freinet, du nom d'un enseignant qui a créé une école à Vence.

          Sa méthode est moins développée que la méthode Montessori, mais elle a le mérite de ne pas demander des investissements aussi importants et donc de pouvoir s'adresser à des parents aux ressources plus modestes.
          Par contre, je n'ai lu que des articles faits par les professeurs qui emploient cette méthode et non par des chercheurs critiques indépendants.

         Comme la méthode Montessori, la méthode Freinet est basée sur la motivation des enfants d'âges différents, pour un travail qui les intéresse, et sur un travail individuel ou en groupe choisi par le ou les enfants, à l'intérieur d'un programme guidé par l'enseignant pour atteindre les objectifs d'enseigne-ment fixés par l'Education Nationale en français, sciences, maths .... L'enfant qui se passionne se discipline automatiquement et ne rechigne pas au travail.

         Mais les moyens pour les atteindre sont différents : 
                  - les sujets d'étude sont choses tous les matins en écoutant toutes les suggestions des enfants qui évoquent leur vie de tous les jours. Mais évidemment, c'est l'enseignant qui définit ensuite la façon de mener le travail pour que l'enseignement soit efficace.
                  - les travaux se font par atelier et sont des "travaux pratique", mettant en jeu la réflexion, le travail intellectuel, mais aussi le travail manuel pour que tous les sens coopèrent à la mémorisation. En outre les enfants ont la satisfaction de la "chose réalisée". 
         Il ne s'git pas de jeu, mais d'activités partant de situations réelles - cela peut être du bricolage, de la peinture, de la menuiserie, du jardinage, la comptabilité de l'école ... mais ce sont des cadres pratiques, issus de l'environnement quotidien des enfants, pour ensuite acquérir des notions demandées par les programmes scolaires.
                  - les travaux se font par "tâtonnement expérimental", pour respecter le rôle de nos centres d'apprentissage : il faut plusieurs essais après des échecs partiels pour arriver au but satisfaisant. chaque élève dispose d'un plan individuel de travail - même s'il est fait en équipe - avec des objectifs  et des tâches à accomplir. Des fiches permettent à l'élève de comparer ses réalisations à ses objectifs et l'enseignant l'aide au besoin à détecter et corriger ses erreurs. Eventuellement un camarade peut aussi en aider un autre.
          Les sécrétions dopaminergiques des neurones des centres d'apprentissage entraîne le plaisir de l'enfant suite à la réussite de son action.
                  - ces travaux souvent manuels sont le prétexte pour apprendre des notions par exemple de mathématiques, de sciences ou même de technologie. Mais la rédaction de journaux de classe, d'échanges avec d'autres ateliers ou d'autres écoles, de documents sur les réalisations faites sont l'occasion d'apprendre le français, l'orthographe, la rédaction, la description .... Certaines de ces documents sont envoyés aux parents, qui encouragent le travail de leurs enfants.
                  - le travail en groupe et les échanges sont l'occasion de s'entraîner à la communication et aux contacts sociaux.

         Je cirerai un exemple cité dans un article d'Olivier Houdé, , ancien instituteur Freinet et professeur de psychologie à l'université Paris : le "projet bouclier" effectué dans une classe d'élèves de 5 à 8 ans, dont l'un d'entre eux s'était passionné pour les boucliers des chevaliers et avait motivé toute la classe. Le professeur a alors organisé un atelier de fabrications de boucliers, pendant une partie du temps de deux semaines.
         La décoration a été l'occasion d'étudier des figures géométriques, de calculer des dimensions, des surfaces, de calculer le prix d'achat des fournitures (carton, colle...). Il y a un travail manuel, mais aussi une organisation : atelier de découpe, de collage, de dessin, de décoration... Puis les élèves ont rédigé un document sur l'emploi du bouclier par les chevalier. Ils ont mimé des combats et ont dû les raconter. Un petit document  été publié et envoyé aux parents.
         C'est évidemment à l'enseignant à harmoniser des actions pour qu'elles cadrent avec les programmes officiels de connaissances;

         Comme pour la méthode Montessori les résultats en sciences sont équivalents à ceux obtenus par les méthodes classiques, mais par contre les résultats en français et expression écrite et orale sont meilleurs. Par ailleurs les violences et les d'incivilités ont disparu et l'attention et la motivation des élèves est beaucoup plus grande.

         L'un des points que j'ai retenu est le rôle du "tuteur" assuré par l'enseignant, mai aussi par un camarade vis à vis d'un autre, et qui est aussi un facteur d'apprentissage pour l'élève qui aide l'autre (et cela je l'ai expérimenté moi-même quand, enfant, j'étais en classe, car à l'époque c'était une règle que suivaient les professeurs).
         Ce rôle introduit un sentiment de confiance entre élève et tuteur, très différent pour l'enseignent de celui qu'il peut inspirer dans un discours magistral pédagogique collectif depuis son bureau et le tableau noir ou blanc.
         Mais il est sans doute plus difficile pour lui, car il doit sans cesse inventer des sujets et des tâches nouvelles. il lui faut susciter le concours de l'enfant à la pêche demandée, lui préciser, la simplifier éventuellement, détecter ses erreurs, l'aider à se mettre sur la voie des solutions, lui éviter un sentiment d'échec, mais l'aider à se réorienter, à mesurer ce qui lui reste à faire pour atteindre l'objectif. Lui faire aussi percevoir l'organisation et l'enchaînement des tâches.
         C'est sûrement passionnant, mais cela demande beaucoup plus de travail et d'engagement de la part de l'enseignant.

         Enfin, alors que la méthode Montessori  est surtout utilisée en maternelles, CP et CE1, la méthode freiner est tout à fait utilisable dans tout le primaire et même en 6ème et 5ème et semble y donner les mêmes bons résultats.
        Je n'ai pas trouvé d'article sur son emploi dans les lycées techniques où elle devrait aussi donner de bons résultats. 

La méthode Freinet

Vendredi 21 février 2020 à 15:43

Enseignement, école, fac

  La méthode Montessori

 La méthode Montessori

             Quand j'étais gosse et que j'avais des tentations de flemme, ma grand-mère, qui avait été institutrice dans sa jeunesse, me disait : "Rappelle toi que quand tu es né, tu n'avais rien dans le cerveau, seulement un énorme potentiel d'apprentissage; alors rappelle toi aussi que c'est en écoutant tes parents et tes professeurs que tu deviendras intelligent."

         Je n'ai jamais oublié ces paroles et j'ai, tout au long de mes études, puis en écoutant tous ceux qui m'ont appris de nouvelles choses, essayé de devenir plus intelligent.
         Alors je suis inquiet quand je vois certaines statistiques concernant les 12 millions de cerveaux qui font leurs études, qui passent en moyenne 4 heures par jour devant un écran - télévision, tablette ou ordinateur - et de plus consultent deux milliards de fois leur smartphone grâce à une connexion sur internet.
         Les rapports de l'Education Nationale évoquent une baisse de 40 % des performances de lecture et de calcul, et je constate qu'une jeune de 30 ans de mon entourage, qui a toujours eu en main une calculette, et a des diplômes de bac +3, ne sait plus faire, à la main, une division avec décimales.
         Je suis aussi souvent en contact, par mes blogs, avec des jeunes et je constate que la pensée critique, le bon sens, la confiance en soi et la capacité à se motiver et à soutenir son attention, et à résoudre des problèmes de manière simple et flexible, sont souvent faibles.
         La société a terriblement évolué depuis la jeunesse de ma grand mère (un peu plus de 100 ans) et on peut se demander si les méthodes d'enseignement, notamment primaires, sont encore adaptées à notre évolution.

         J'ai déjà lu des article sur une méthode innovante d'enseignement, la méthode Montessori, mais je ne trouvais pas d'avis très pertinent, d'une part parce que c'était le plus souvent les personnes qui mettaient en œuvre la méthode, qui la jugeaient, et d'autre part parce que les comparaisons avec l'enseignement classique étaient biaisées, car l'échantillon de population était particulier, cette méthode n'étant pratiquée que dans des écoles privées, d'un coût élevé, et donc fréquentées par des enfants de parents très aisés, ou faisant un énorme effort financier pour leur éducation.
         Pour la première fois, je viens de lire un article sur une étude faite sur 200 élèves d'une école publique, par un chercheur en neurosciences au CNRS, Jérome Prado et sa doctorante Philippine Courtier, en collaboration avec Alexis Gascher, enseignant à la maternelle Ambroise Croizat.
          A titre d'information, on compte en France presque 200 écoles utilisant cette méthodes, 115 maternelles regroupant 455 professeurs, 64 écoles primaires et 4 collèges, la plupart privées.   

         En quoi consiste la méthode Montessori et pourquoi a t'elle été utilisée ?

         Les neuro-scientifiques ont attiré l'attention sur le fait que la capacité d'apprentissage et le rythme de travail est très variable d'un enfant à l'autre. L'âge n'est pas un critère absolu, surtout pour la maternelle et les écoles primaires, car la capacité d'éveil et son développement sont  très variables selon les structures des cerveaux et l'environnement familial.
        La méthode actuelle, qui consiste à classer les enfants par classes de même âge et faire un enseignement collectif groupé, n'est peut être pas la mieux adaptée (j'ai déjà fait un article à ce sujet le 05/05/2019). L'enseignant qui fait des cours derrière un bureau, face aux élèves, n'est peut être plus adaptée et la motivation et l'initiative des élèves sont faibles, et cela se ressent au collège où les élèves ne sont pas assez attentifs et où le professeur passe une partie du temps à imposer la discipline et à essayer d'appeler l'attention de ses élèves. De plus le système de concurrence engendré par la notation ne motive pas énormément les meilleurs et dégoûte les moins bons.

         La méthode Montessori veut réagir face à cette constatation en laissant aux enfants beaucoup de libertés pour choisir ce qu'ils vont étudier - en apparence seulement car un matériel pédagogique très élaboré et l'aide de l'enseignant qui va de l'un à l'autre, assure cependant un programme précis.(malheureusement ce matériel pédagogique et cher et rend la méthode onéreuse).
         Dans une école Montessori, les enfants sont groupés par tranches d'âges d'au moins 3 ans et ils étudient selon les moments et leur envie, seul ou avec un autre qui peut être plus ou moins âgé. Les tables sont rangées de façon à favoriser le travail individuel et par secteur (mathématique, lecture, français, arts..), avec à chaque fois des matériels adaptés à plusieurs niveaux d'apprentissage, ces matériels comportant une reconnaissance d'erreur pour indiquer à l'enfant qu'il doit refaire l'essai (c'est le principe de base de l'apprentissage du cerveau). Il n'y a ni punition ni notes, mais l'enseignant évalue en permanence les progrès des élèves.
         L'enfant a une grande liberté de choix de son emploi du temps et de son choix de travail, progressant à son rythme, guidé bien sûr par le professeur.
        Il en résulte un enseignement très individualisé où l'enfant est censé s'engager pleinement, suit ses motivations et collabore éventuellement avec d'autres, mais évidemment guidé par l'enseignant.
(en particulier pour qu'il varie ses activités et ne se consacre pas à une matière unique)

        A vrai dire cela ne m'apparait pas si nouveau que cela, car, il y a 80 ans certaines méthodes analogues existaient déjà.
        Je n'ai pas connu la maternelle car mes grand parents m'avaient appris à lire écrire et calculer et je suis entré directement en CE2, mais dans l'école où j'étais les enfants de la maternelle n'étaient pas séparés par âge et CP et CE1 étaient ensemble, les tables étaient disposées en demi cercle autour de celle du professeur derrière laquelle était le tableau noir, et les instits, après un cours commun,  allaient d'un  élève à l'autre pour l'aider. Tout au long de mes études secondaires les professeurs demandaient aux élèves qui comprenaient plus vite, d'expliquer à ceux dont l'apprentissage était moins rapide, et j'ai compris et appris au moins autant les cours en essayant de les expliquer aux autres qu'en écoutant le professeur. Mais bien sûr celui-ci surveillait ce que nous faisions et rectifiait si nous faisions une erreur d'explication.
       Par contre les emplois du temps étaient plus rigides que dans la méthode montessori et tous les élèves (sauf en maternelle) faisaient le même genre d'activité à un moment donné. Mais les exercices étaient adaptés à chacun, suivant ce qu'il avait déjà compris et était capable de faire et le professeur passait plus de temps à aider ceux qui avaient le plus de mal à suivre, mais ceux qui avaient compris plus vite ne s'ennuyaient pas et ne consultaient pas leur smartphone (qui n'existait pas encore), car on leur donnait des exercices plus nombreux et plus difficiles à faire.

      Revenons à la méthode Montessori : que dit l'étude qui a été faite pendant 3 ans, dans cet établissement public d'un secteur prioritaire de Vaux-en-Velin, donc dans un quartier où les difficultés sociales compliquent la réussite scolaire ? Dans cette école la moitié des élève a suivi une formation classique tandis que l'autre moitié une scolarité inspirée des méthodes Montessori, 
      Que dire des enfants de cette seconde moitié.?

      D'abord les élèves semblent motivés et content de ce qu'ils font; bien que très actifs ils sont calme, ne chahutent jamais, même s'il travaillent plusieurs ensemble, et le professeur peut se consacrer entièrement ) l'enseignement sans être obligé de maintenir en permanence la discipline.
Ils s'engageaient plus facilement dans l'apprentissage et avaient autant de maîtrise de soi et de capacités sociales que les élèves du système classique, et par contre les conflits étaient moins fréquents.
     Les résultats calcul se sont avérés équivalents dans les deux types d'enseignement.
     Par contre les enfants des classes de maternelle Montessori sont beaucoup plus performants en lecture, et en maîtrise du vocabulaire et cela pour l'ensemble des élèves, ce qui est important puisque tout enseignement est basé sur le langage et la consultation de textes écrits.
    Ce meilleur résultat semble dû à la méthode utilisée par le matériel pédagogique : elle n'essaie pas au départ de reconnaître des mots associés à des objets, ni même d'assembler des syllabes, mais elle apprend initialement à associer les "phonèmes "- les sons, la prononciation, et les "graphèmes" :- la façon dont ils s'écrivent -. Ce n'est que lorsque ce mécanisme sera acquis que l'on passera aux syllabes, puis aux mots. Et cet apprentissage est fait uniquement en lettre cursives : l'enfant apprend à écrire en même temps et par ailleurs l mémorisation est meilleure car les centres de commande des mouvements de la main y participent. On construit les mots avec la vue, l'ouïe et le mouvement de la main.

     Par contre l'inconvénient de la méthode Montessori est d'être chère en investissements de matériel pédagogique.

     Les résultats de cette étude sur la méthode Montessori sont très encourageant, mais ils ne portent que sur des élèves de maternelle. Personnellement je voudras bien voir une études jusqu'en CM2 . Par ailleurs il est très difficile de différencier l'apport de l'organisation de la classe, de celui du matériel pédagogique et des méthodes pédagogiques elles mêmes telle que celle de la lecture, qui tiennent effectivement davantage compte du fonctionnement de notre cerveau.
    Mais certaines parties de la méthode mériteraient sûrement d'être généralisées.
    

La méthode Montessori

 

 


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