Samedi 31 août 2019 à 8:22

Informatique, médias, internet

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    J’ai déjà fait un article sur les fausses nouvelles qui circulent sur le web.
    Mais j’ai lu un compte-rendu d’une étude faite par Mehdi Moussaïd, de l’Institut Max Planck de Berlin, qui m’a paru intéressant.


    Les rumeurs et fausses nouvelles se répandent sur le Net, mais en général lentement et auprès d’un grand nombre de personnes. L’étude en cause concerne leur diffusion sur Twitter, par paliers successifs que l’on appelle « cascade ».

    Ces cascades sont très peu nombreuses (que ce soit des informations vraies ou non).
    Sur Twitter, 93% des twits ne sont pas lus, et 6,5% sont lus par 3 personnes au plus. Donc seulement 0,5% sont lus par plus de 3 personnes.
    Seulement 1/100 000 donne lieu à une propagation massive  en touchant plus de 500 personnes.

    La diffusion peut avoir deux allures :
        - Soit elle est « horizontale, c’est à dire très importante en une seule ou peu de fois : c’est le cas de sites de personnes très connues, qui ont un très grand nombre de visiteurs. Ces cas sont limités.
        - Soit elle est « verticale », c’est à dire qu’elle touche un nombre peu important de personnes, mais qui la répercutent à d’autres et ainsi l nombre croit très rapidement. C’est le cas le plus fréquent.

    L’étude a porté ensuite sur les rumeurs et fausses nouvelles diverses (notamment politiques),  220 000 twits erronés ont été trouvés parmi un milliard de twits examinés.
    On s’aperçoit que les nouvelles vraies dépassent en général moins de 1000 lecteurs, alors que les fausses nouvelles en dépassent souvent 100 000 et sont presque toutes de nature verticales.. Elles se propagent plus vite et plus longtemps que les informations vraies.
    Ces critères permettent de repérer ces fausses nouvelles, qui ne passent pas inaperçues, d’utant plus que celles qui sont dangereuses sont celles qui ont une grande diffusion.

    Un logiciel a été créé par le MIT et l’université d’Harvard et a été essayé sur 209 rumeurs tirées de 938 000 twits. 75% ont été détectées par le logiciel. Les critères qu’il utilise sont en cours d’amélioration. Ce logiciel pourra servir aux opérateurs du web pour « épurer leurs sites, ou au moins mettre un « indice de fiabilité » des nouvelles.

    Le mécanisme des fausses rumeurs a été étudié : on a demandé à des acteurs initiaux de mettre sur internet un dossier d’information et on a suivi sa transmission.
    Dès la troisième transmission, on constate une transformation importante : 52% des informations ont disparu et les autres sont déformées. A la 10ème transmission, le dossier n’est plus reconnaissable, presque toutes les informations étant inexactes.
    Le dossier représente le point de vue dominant du groupe de transmission.
    Les éléments les plus négatifs et les plus alarmants sont exagérés. Les personnes privilégient les informations en fonction de leurs préjugés. Le dossier est d’autant plus déformé que les lecteurs ont des préjugés communs.

    Cela dit, il n’y a pas que le net qui propage parfois de fausses rumeurs et les journaux, la télévision le fait aussi. Les journalistes, à la recherche du sensationnel, ne vérifient pas assez leurs sources.

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Samedi 24 août 2019 à 9:01

Sciences et techniques

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    La presse parle beaucoup d’un nouveau radar routier le « mesta-fusion », construit par la société IDEMIA, filiale de SAFRAN, qui va remplacer les radars anciens détruits par les gilets jaunes.
    Avant d’examiner les performances de ce nouveau radar, voyons quel est le principe de fonctionnement d’un radar de mesure de vitesse.

    L’effet Doppler-Fizeau. Mesure de vitesse.

    Supposez que vous soyez immobile face à l’océan qui vous envoie régulièrement des vaguelettes par exemple une toutes les douze secondes, c’est à dire à une fréquence de 5/mn.
    Maintenant vous marchez vers les vagues. Vos vitesses s’ajoutent puisque vous allez à la rencontre l’une de l’autre et vous recevez une vague par exemple toute les 10s c’est à dire 6 fois par minute.
    Lorsque vous allez au devant d’elle, le fréquence de l’onde « vagues » a donc augmenté (5 à 6/mn).
    Si vous vous éloignez d’elles, les vagues mettront plus de temps à vous atteindre et le fréquence diminuera.
   
http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/220pxDopplereffectdiagrammaticsvg-copie-1.png    Supposez maintenant que vous soyez dans une voiture qui émet un sifflement à fréquence constante. Vous percevez un son dont la hauteur (la note de musique) correspond  à la fréquence de l’émetteur du son et vous vous déplacez à la même vitesse que la voiture.
    Supposez que la voiture vienne à une certaine vitesse vers un piéton. Nous serons dans la même situation que précédemment pour les vagues, et la fréquence du son va être (pour de piéton immobile), plus élevée. Le son qu’il percevra sera plus aigu que ce que vous entendez.
    Puis la voiture passe devant lui et s’éloigne. La fréquence va diminuer / Le son deviendra plus grave pour le piéton et sera plus grave que ce que vous entendez dans la voiture, sans vitesse par rapport à elle.
   

    Imaginons maintenant un radar qui envoie un paquet d’ondes de fréquence donnée dans la direction d’une voiture et qui écoute le signal des ondes réfléchie par cette voiture.
    Si la voiture est immobile, la fréquence de l’onde réfléchie sera la même.
    Si la voiture vient vers le radar, la fréquence de l’onde réfléchie sera plus grande que celle de l’onde incidente
    Si la voiture s’éloigne du radar, la fréquence de l’onde sera au contraire plus faible.
    La mesure de la différence de fréquence entre l'onde émise et celle retournée, permet de calculer la vitesse de la voiture.

    Pour effectuer cette mesure on superpose l’onde réfléchie à l’onde incidente. Comme les deux fréquences sont voisines, la superposition des deux provoque ce que l’on appelle un battement, c’est à dire une modulation périodique, qui passe par des maxima et des minima, et qui permet de calculer la différence de fréquence, donc la vitesse.

    Rappelons qu’un accordeur d’instrument de musique se sert de ce battement qu’il entend si la fréquence de son diapason est différente de celle de la vibration de l’instrument, battement qui disparaît s’il règle cette vibration à la même fréquence que son diapason
    Notons aussi que l’effet Doppler est utilisé en médecine pour mesurer la vitesse du sang dans les artères et les veines.

Le radar de contrôle routier « Mesta fusion ».

    Les radars actuels avaient un faible angle de mesure et on ne pouvait mesure la vitesse que d’un seul véhicule vers lequel il pointait son faisceau, et d’autre part disposé au bord de la route, du fait de l’angle de son faisceau par rapport à la trajectoire du véhicule, la vitesse de celui-ci était sous-estimée.
    Les progrès des radars et de l’électronique rapide, permettent maintenant de construire des radars avec un champ beaucoup plus large, qui peuvent observer la position du véhicule toutes les millisecondes.
    Un tel radar peut donc observer plusieurs véhicules à la fois, dans des files différentes et non seulement connaître leur vitesse, mais aussi leur trajectoire, avec des corrections d’angle de mesure et donc avec une bonne précision.

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    Le radar de contrôle routier « Mesta fusion » pourra surveiller, de jour comme de nuit,  en même temps 32 véhicules sur ! voies différentes et ceci à une distance de 100m de part et d’autre (s’approchant ou s’éloignant). Il pourra différencier les voitures, camions, motos… Sa marge d’erreur est d’environ 1%, de 0 à 300 km/h.
    Il est en outre associé à une caméra haute définition. Il peut donc visualiser le visage du conducteur et ce qu’il fait, et il pourra détecter les infractions suivantes..
        Non-respect de la limitation de vitesse;
        Feu rouge ou stop brûlé
        Dépassement interdit:
        Non-respect des distances de sécurité;
        Utilisation du téléphone portable au volant       
        Absence de la ceinture de sécurité (conducteur et passagers).
    Il a été homologué pour le moment pour relever les deux premières infractions.

    Ce radar a une structure originale :
    Son antenne est au sommet d’une « cabine » un petit pylône de 4 m de haut, ce qui permet d’avoir une vue dégagée de loin. A cette hauteur, ils sont moins vulnérables.
    En outre pour faire baisser la facture, le gouvernement envisage d’installer 6000 cabines, mais dont 4 resteraient aléatoirement vides, 1200 radars n’équipant qu’un cabine sur 5, mais en étant déplécé de temps à autre, de telle sorte que l’usager de la route ne sache pas quelle est la cabine dans laquelle il y a un radar de mesure.
    Son déploiement devrait se faire d’ici 2020, pour une centaine de millions d’euros.

    Une belle machine à PV.

Samedi 17 août 2019 à 16:01

Ecologie, Changement climatique

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       Je regarde tous les jours le journal télévisé pour savoir un peu ce qui se passe en France et dans le monde. On nous montre malheureusement souvent la pollution, qui sévit chez nous, mais encore plus en Inde ou en Chine et on voit de nombreuses personnes qui circulent, un masque antipollution blanc sur le nez.
      C’est vrai aussi dès qu’on parle d’épidémie de grippe ou autre maladie respiratoire .
     Cela me laisse perplexe, car j’ai travaillé autrefois dans un labo où l’on étudiait la protection des voies respiratoires et je crains que ces précautions soient malheureusement souvent plus nocives qu’efficace.
    En effet tout dépend contre quoi on veut se protéger.

    En matière de protection des voies respiratoires, on trouve divers matériels d’efficacité croissante :
        - de simples masques de tissus qu’on met devant le nez et la bouche, attachés par un élastique derrière la nuque. C’est ce que portent les personnes vues à la télévision. C’est évidemment bon marché.
        - des masques plus élaborés de chirurgiens, qui épousent davantage les formes du visage et dont le tissus est spécifique.
        - les masques de peintre, destinés à ne pas respirer la peinture dans une cabine de pistolage.
        - les masques à gaz que l’on portait pendant la guerre (ou en service dans l’armée)
        - les respirateurs à bouteille des pompiers.
    Tout dépend contre quoi on veut se protéger.

    Je rappelle d’abord que 1 micromètre (µm) = 1/1000ème de millimètre et 1 nanomètre (nm) = un millionième de millimètre.
    A titre de comparaison un globule rouge mesure 7µm, une bactérie environ 1µm.

    Lorsque nous respirons, nous aspirons environ 1/2 litre d’air pour en absorber l’oxyg§ne et rejeter ensuite du gaz carbonique (CO2). Nous respirons en même temps des particules et gouttelettes qui flottent dans l’air, et divers polluants gazeux, provenant des activités industrielles du chauffage, et surtout des rejets des moteurs de voiture : oxydes d’azote (NO et NO2), dioxyde de soufre (SO2), ozone (O3).
    Il peut y avoir évidemment des polluants autres : oxyde de carbone (CO), lors de combustions, produits chimiques lors d’épandages… dont certains peuvent être dangereux.

    Parlons d’abord des particules qui constituent la pollution la plus courante et la plus dangereuse.
    Les pics de pollution en France peuvent aller jusqu’à plusieurs millions de particules de particules fines par litre d’air que nous respirons toutes les deux inspirations, voire à chaque respiration si nous sommes en train de faire un effort physique.
    Les particules dans l’atmosphère se classent en quatre principales catégories, vis à vis de notre respiration :
        - Les particules les moins fines de diamètre supérieur à 10 µm.
    Ce ne sont pas les plus dangereuses car elles sont pour la plupart arrêtées par le nez et la gorge où elles se déposent. D’autre part, comme elles sont lourdes elles tombent et de déposent sur le sol.
    Les particules de diamètre inférieur à 10 µm. sont appelées PM10
        - Les particules de diamètre compris entre 2,5 et 10 µm.
    Ce sont elles les plus dangereuses, car elles pénètrent dans les poumons, et constituent la majeure partie en masse. Certaines en ressortent, mais d’autres s’y accumulent et encombrent les alvéoles pulmonaires en perturbant la respiration
    Les particules de diamètre inférieur à 2,5 µm. sont appelées PM2,5
        - Les particules de diamètre compris entre 2,5 et 0,1 µm.
    Elles sont également dangereuses car elles ont tendance à rester en suspension dans les poumons sans en ressortir et surtout leur concentration correspond en général au maximum de la pollution et donc au maximum d’absorption possible.
    Elles encombrent les alvéoles pulmonaires et les plus fines traversent les parois des vaisseaux sanguins.
        - Les particules de diamètre inférieur à  0,1µm.  (100 nm : PM0,1).
    Elles ne représentent qu’une faible masse, mais sont très nombreuses et peuvent franchir la paroi des vaisseaux sanguins du poumon et donc circuler ensuite en même temps que le sang dans l’organisme. Mais on ne sait pas quel est exactement leur comportement, car à cette taille, les matériaux ont des comportements particuliers.

    L’organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que la pollution entraîne la mort prématurée de 7 millions d’e personnes dans le monde dont 48 000 en France.
    Les dangers sont les suivants :
        - Des réactions inflammatoires des poumons
        - Des symptômes respiratoires : difficultés à respirer.
        - Des effets néfastes sur le système cardiovasculaire.
        - Un risque de cancer au moins pour certains produits
        - L’accroissement de la prise de médicaments, de l'hospitalisation et de la mortalité des personnes souffrant de problèmes respiratoires, étant cardiaques ou asthmatiques (et considérées comme les groupes à risques).
        - Les personnes âgées et les enfants sont également considérées comme les groupes à risques

    Malheureusement tous les masques que l’on porte sont inefficaces, que ce soit de simples tissus jusqu’au 215 références de marques, vendues en France, et tant pour les particules fines que pour la pollution gazeuse.
L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation de l’environnement et du travail (ANSES) a étudié ces masques et dénonce leur inefficacité.
    Les masques ne sont conçus que pour filtrer les particules fines et n’ont aucun effet sur les gaz. Leur adhérence au visage est souvent mauvaise et donc leur étanchéité n’est pas bonne. La filtration dans les conditions d’usage est très inférieure à celle mesurée en laboratoire. Si la filtration des particule de diamètre supérieure à 10 µm est bonne (mais de peu d’intérêt, celle des particules autour de 2,5 µm est moyenne et celle des particules PM0,1 est pratiquement nulle.
    En outre ces masques sont conçus pour des personnes normales au repos et non pour des personnes à risue ou faisant un effort physique.
    Les masques de chirurgien n’ont pas une efficacité beaucoup plus grande : ils sont destinés à empêcher les particules liquides issues de la bouche et du nez du chirurgien d’aller sur le champ opératoire.
    Les masques militaires sont plus efficaces, mais d’un port pénible et inconfortable, que ne supporteraient pas les personnes non entraînées.
    A noter qu’aucun masque n’arrête les molécule gazeuses de petite taille telles que CO, O3 ou NO. Seul le scaphandre des pompiers, complètement étanche et alimenté en oxygène, est efficace dans ce cas.

    Contre cette pollution, le seule solution est de diminuer son intensité, et ensuite de réduire l’activité des personnes pour moins respirer, mais les masques sont inefficaces et, si l’on reste chez soi, il est cependant nécessaire d’aérer pour éviter des accumulations de produits dans les pièces.

Samedi 10 août 2019 à 14:20

Animaux

      Bien que n’étant pas breton d’origine, je suis très attaché à ma Bretagne où je vais en vacances depuis 70 ans tous les étés.
     J’ai donc flâné sur toutes les plages de la côte et des îles à la recherche de coquillages, et je me suis demandé souvent comment ils arrivaient à faire ces coquilles harmonieuses, aux formes géométriques compliquées.
    Je viens de trouver un article dans la revue « Pour la Science », dans lequel des mathématiciens d’Oxford expliquent, comment, grâce à des modélisations mathématiques, ils ont reconstitué ces processus de croissance des coquilles.
    Rassurez vous, je ne vous parlerai pas maths ou modélisations, mais je vais seulement essayer de résumer avec quelques photos et schémas, ce que j’ai appris.

    Evidemment il s’agit de mollusques qui ont une coquille, et le mollusque grandissant, il doit aussi augmenter le volume de son appartement et l’extrémité de sa coquille s’étend en permanence vers l’extérieur.
    C’est le manteau fin et mou du mollusque qui construit sa coquille, en sécrétant en permanence une substance riche en carbonate de calcium, au niveau de l’ouverture du coquillage et en déposant ce matériaux selon certaines règles propres à l’espèce, qui régissent la forme de cette coquille..

Les coquillages en forme de spirale

    Par exemple sur les photos ci-dessous les turitelles, ou les nautiles:
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     Le processus est schématisé sur les dessins ci dessous :

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    1) . L’expansion est croissante : à chaque couche successive de matériau pour construire sa coquille, le mollusque dépose uniformément davantage de matériaux, et ainsi l’ouverture devient de plus en plus large.
    2) . Rotation : en déposant un peu plus de matériau d’un coté de l’ouverture, le plan de celle-ci tourne et une forme torique est constituée.
    3) . Torsion : Les points où se dépose le matériau tournent le long du contour de l’ouverture, d’où une torsion du dépôt.

    Ces trois processus peuvent avoir plus ou moins d’importance, voire ne pas être tous utilisés, ce qui donne des formes différentes, comme dans le cas de la turitelle et du nautile. (cf.ci-dessus)

Les coquillages à côtes

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    Le processus est schématisé sur les dessins ci dessous :

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    Ce motif d’ornementation est le résultat des forces qu’exercent le manteau et la zone générative de matériau, (en jaune et bleu sur le schéma ci-dessus), qui forment un système oscillatoire de tensions et de compressions successives.
    Une lente expansion du manteau conduit à des cotes denses (à droite) tandis q’une expansion rapide conduit à des coquilles presque lisses. On a ainsi des aspects différents d’ammonites.

Les coquillages à épines

    Le processus est schématisé sur les dessins ci dessous :

http://lancien.cowblog.fr/images/epines1.jpg    Le manteau est lié à la coquille au niveau de la zone générative du matériau, mais il n’est pas encore durci. A divers endroits, le matériau est déposé localement sur le manteau et entraîne sa déformation et donc celle de la zone générative de la coquille. Cette déformation est donc communiquées à la couche suivante de croissance et le phénomène est amplifié au fur et à mesure de la croissance. (schéma ci-contre).
    La forme de l’épine dépend de la rapidité de la croissance et de l rigidité plus ou moins élevée du manteau (voir le schéma ci-dessous).

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Maintenant vous savez, comme moi, comment les mollusques fabriquent des coquillages bien divers.

   Il y a longtemps que cela m’intriguait : je mourrai moins bête !


Samedi 3 août 2019 à 10:05

Drogue, alcool, addictions

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     J’ai fait plusieurs articles sur les addictions, en expliquant comment certains produits, notamment des drogues, agissaient sur le cerveau.
    C’est le système de récompense qui est principalement en cause et une étude récente en donne un début d’explication.
    Mais elle résulte d’essais sur des souris et l’extrapolation à l’homme n’est pas encore faite.

    Une équipe de neuro-scientifiques, dirigée par Christian Lüscher à l’Université de Genève, a implanté une petite électrode dans le cerveau de souris, (génétiquement identiques, et élevées de la même façon), électrode reliée à un petit levier que les souris peuvent actionner. Lorsque les souris appuient sur le levier, elles activent les neurones de leur circuit de récompense, ce qui stimule leur plaisir.
    Evidemment ces souris s’en donnent à cœur-joie, et ont ainsi une espèce de dépendance et d’addiction.
    Les chercheurs ont alors modifié le dispositif pour que l’action du levier, au lieu de donner du plaisir, délivre un choc électrique désagréable.
    Ils ont alors constaté que 40% des souris reprenaient alors le contrôle de leur dépendance et cessaient d’activer le levier.
    Mais 60% d’entre elles ont continué à s’auto-stimuler en ignorant le stimulus répulsif. Elles sont devenues compulsives comme quelqu’un qui ne peut abandonner la drogue, malgré toutes les catastrophes que cela lui a amené.

    Les scientifique ont alors cherché ce qui pouvait être responsable de ces phénomènes. Chez les souris compulsives deux secteurs du cerveau avaient une plus forte activité : d’une part le cortex orbito-frontal, (au dessus des yeux), qui est responsable des prises de décisions.
    D’autre part le striatum, qui intervient chez les humains dans le ressenti des plaisirs physiques (nourriture, sexe, notamment), et qui est la voie d’entrée vers les noyaux gris centraux, en particulier les centres qui interviennent dans le circuit de récompense et dans la réalisation des actions motrices spécifiques et complexes.
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    Ils ont alors augmenté l’activité de ces centres chez une souris qui avait repris le contrôle de son activité et elle et rapidement retombé dans l’auto_stimulation.
    A l’inverse, ils ont diminué l’activité de ces centres chez une souris compulsive, et elle a cessé d’activer le levier.
    ces centres sont donc bien à l’origine de l’addiction et de la compulsion.

    Pourquoi l’attitude des souris n’était pas la même pour toutes, puisqu’elle ne pouvait venir de leur génétique initiale.?  Les chercheurs pensent qu’il doit y avoir eu des modifications épigénétiques dues à l’environnement. C’est ensuite une certaine plasticité neuronale qui a modifié les centres nerveux initiaux.

    Cette étude est évidemment très limitée puisque effectuée uniquement sur l’animal. Mais elle doit permettre de montrer les circuits neuronaux responsables des addictions.
    Il faudra ensuite trouver des moyens d’agir sur eux, autres que des implantations d’électrodes dans le cerveau, puis extrapoler les résultats aux humains.
   
   Beaucoup de travail reste encore à faire.

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Samedi 27 juillet 2019 à 19:22

Sciences et techniques

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    Un lecteur m’a demandé si porter un téléphone mobile sur soi était dangereux par temps d’orage, si la probabilité de recevoir la foudre était plus grande et si cela en aggravait les dégâts.
    Une correspondante me demande aussi si elle peut vérifier le fonctionnement de son micro-onde en utilisant un portable à l’intérieur et en l’appelant.

    Je ne suis pas particulièrement compétent en la matière, mais je vais essayer de répondre à ces questions.

Portable et foudre

    Effectivement on cite plusieurs cas particuliers de foudroiement de personnes ayant un portable, mais ils ne sont pas très probants.
    D’abord le cas d’une jeune fille de 15 ans, foudroyée alors qu’elle téléphonait avec son mobile dans un parc londonien. Certes elle a survécu, mais continue à avoir de graves problèmes cognitifs et une forte perte d’audition, un an après les faits. Les médecins attribuent ces symptômes au fait qu’elle téléphonait lors de l’incident. Le côté du cerveau où elle tenait le portable a été plus affecté que celui de victimes classiques de la foudre.
    On cite plusieurs cas mortels de personnes frappées par la foudre en téléphonant, en Chine ou en Corée, mais elles seraient sans doute mortes même sans portable.

    Un portable émet des ondes électromagnétiques, mais il est peu probable qu’elles attirent la foudre. Si c’était le cas, les antennes relais qui émettent un champ notablement plus fort seraient souvent frappées, ce qui n’est pas le cas. Pour qu’un équipement attire la foudre il faut qu’il y ait une forte ionisation aurour de lui, principe exploité notamment par les paratonnerres. Or, un mobile a une très faible ionisation, donc le risque qu’il attire la foudre est très faible.
    Par contre tout objet métallique (bague par exemple) peut aggraver les brûlures si l’on est frappé par la foudre (sans que cet objet l’ait attirée). En effet la haute résistance de la peau humaine fait que la foudre circule le long du corps sans y entrer, et es matériaux plus conductibles en contact direct avec la peau tels que des objets métalliques perturbent le phénomène et chauffent fortement.

    Par contre un téléphone portable comporte des puces, circuits électroniques intégrés qui ne supportent pas de faibles pics de tension. Il est évident que frappés par la foudre, ils seront HS, de même que si vous les mettez dans un micro-onde et que vous allumiez ce four.

Portable et four à micro-ondes

    Peut on tester l’étanchéité aux ondes d’un four à icro-ondes éteint, en appelant un téléphone portable que l’on a mis dedans ? (information qui circule sur le Net)
    Cela ne me paraît guère probant.
    D’abord les fours à micro-ondes ne sont pas parfaitement étanches, car il faudrait que toutes les faces métalliques de l’enveloppe soient soudées parfaitement; il y a seulement une atténuation.
Mais les puissances étant très faibles il sort très peu d’un micro-onde, qui est sans danger à l’extérieur.
    Mais un minimum d’ondes du téléphone portable peuvent peut être passer par ces « trous » entre parois métalliques, surtout que leur puissance est très supérieure à celle du micro-onde.
    Sur la porte en verre, , pour empêcher les micro-ondes ed sortir, il y a un grillage métallique. Les fréquence étant de 2,450 GHz, la longueur d’onde , qui est inversement proportionnelle à la fréquence est petite, et les mailles pour être efficaces, doivent être très petites.
    La fréquence des portables étant de 900 ou 1800 hz, la longueur d »onde est mille fois plus grande. Les ondes d’un portable ne passeront pas à travers la grille de la porte.
    On peut tester avec la commande bluetooth du téléphone dont les fréquences sont proches de celles du microonde. En principe le portable ne devrait pas recevoir ces micro-ondes.

    Et ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien du fait des micro-ondes de votre four. Par contre attention de ne pas vous brûler avec les plats que vous avez chauffés à l’intérieur.

Samedi 20 juillet 2019 à 16:04

Psychologie, comportement

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     J’ai lu un article d’une revue, qui affirmait que les femmes étaient plus bavardes que les hommes, parce qu’elles possédaient une quantité plus grande de protéine FoxP2, et le journaliste citait des essais biologique sur des souris comme exemple (des souris de laboratoire à 4 pattes deux oreilles et une grande queue !)
    J’avoue que cela m’a fait rire et je pense que le journaliste, ou n’a rien compris à ce qui était exlpiqué dans ces essais, ou a voulu faire du sensationnel, sans vérifier ces dires.

    D’abord qu’est ce que cette protéine FOXP2
    La protéine « Forkhead-box P2 » (FOXP2) est une grosse protéine, qui contient 715 acides aminés.  Présente dans un gène du chromosome 7 chez les humains, dès le foetus, elle a un rôle de transcription dans la formation des centres du cerveau qui commandent les mouvements, notamment l’aire de mouvements complexe qui participe à l’articulation du langage et surtout les ganglions de la base  (notamment le noyau caudé), et du cervelet, qui jouent un grand rôle dans l'apprentissage des capacités motrices complexes, elle joue peut être un rôle dans la formation d’une partie du centre de Broca
    Les modifications de cette protéine peuvent entraîner une inaptitude à prononcer les mots, et à utiliser syntaxe et grammaire et des difficultés dans l’apprentissage d’automatismes. Il s’ensuit des troubles de l’expression orale qui peuvent être très importants, voire une difficulté d’apprentissage du langage écrit et donc des difficultés de communication.
    Chez la souris, la quantité de FoxP2 est plus forte dans le cerveau des souriceaux mâles que des femelles, or ceux-ci interagissent plus avec leur mère par ultrasons.
    Chez les oiseaux sa présence augmente en phase d’apprentissage du chant dans l’équivalent du striatum humain, qui intervient dans la gestion des mouvements et surtout dans la motivation sexuelle et alimentaire et les circuits du plaisir. En la réduisant, on perturbe cet apprentissage en diminuant la coordination motrice du chant.
    Chez l’être humain, la présence de FoxP2 s’est avérée plus importante à l’autopsie dans le cerveau gauche de filles que de garçons, âgés de 4 ans, ce qui a été rapproché de la meilleure maîtrise verbale observée à cet âge chez les filles. Mais il n’y a aucune preuve de cause à effet.

    Les femmes sont elles plus bavardes que les hommes ?
    C’est une idée assez répandue, mais la réalité est différente.
    D’abord cela dépend des individus, qu’ils soient homme ou femme.
    Les extravertis, qui tirent leur motivation du contact aux autres, parlent beaucoup plus que les introvertis, qui sont à l’aise dans leur univers intérieur. Il leur arrive même de parler sans réfléchir, alors que les introvertis réfléchissent d’abord, mais en oublient parfois de parler.
    Ensuite la formation des personnes à l’expression orale joue. Quelqu’un habitué à intervenir en public, bien qu’introverti, parlera probablement plus facilement.
    Et le sujet est important : la plupart du temps, les hommes seront plus bavards à propos de football, et les femmes sur la mode ou la beauté. Un ingénieur parlera plus technique et un artiste de son art.
    En moyenne et à priori avant éducation, il y a peu de différence entre les capacités d’un homme et d’une femme. De même pour une formation identique, chez les adultes.
    Par contre la formation du cerveau n’est pas aussi rapide pour les hommes et les femmes, sur certains points.
    On admet que chez le enfants, les filles sont meilleures en expression orale et les hommes en orientation spatiale. Mais ensuite les différences s’atténuent chez les adolescents.
     Il est possible que la protéine Fox soit pour une part responsable de la meilleure performance des petites filles en communication orale, mais rien ne le prouve, et l’éducation et le rôle des parents doit probablement être aussi influents.

    Je pense donc qu’il n’est pas judicieux de tirer de conclusion générale hâtive, et que dans ce domaine de facilité de discussion, a protéine FOXP2 n’est pas l’essentiel.
   


Samedi 13 juillet 2019 à 11:09

Biologie, santé.

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    Les « thrombocytes » ou plaquettes sanguines, sont des cellules sans noyau, formées dans la moelle osseuse. Elles jouent un rôle essentiel dans la coagulation car elles forment des agrégats qui vont "boucher" une blessure (coupure, plaie) juste après qu'elle se produise, et avant que les autres facteurs de la coagulation ne se déclenchent.
    Les plaquettes permettent donc d’éviter un saignement à l’intérieur du corps.

    Elles  sont de forme lenticulaire, en disque biconvexe, et mesurent entre 1.5 et 3.5 µm de diamètre. Les plaquettes sont présentes à raison de 150 000 à 400 000/µL de sang. Leur durée de vie moyenne est de 9 jours.
    Les thrombocytes sont formés par fragmentation des méga-caryocytes, grandes cellules contenues dans la moelle osseuse. Ils ne sont donc en fait pas des cellules complètes mais uniquement de petits fragment de cellules.
    Un méga-caryocyte produit environ à lui seul 1 000 à 10 000 plaquettes, en environ 5 jours, le temps nécessaire au mégacaryocyte immature de se remplir de protéine, de cyto-squelette et de granules que chaque plaquette emportera.

    Des cellules souches de la moelle osseuse donnent naissance à des méga-caryoblastes qui possèdent une potentialité de différenciation et vont devenir des "méga-caryocytes". Ceux-ci subissent plusieurs cycles de division cellulaire durant lesquels ils répliquent leurn ADN. Cependant, aucune n'étant menée à son terme, le noyau double sa quantité d'ADN à chaque division. La cellule mesure alors de 100 à 150 micromètres (les mégacaryocytes sont les plus grosses cellules de la moelle osseuse, mais aussi les plus rares) et le noyau comporte jusqu'à 128 fois la quantité normale d'ADN ..
 Le mégacaryocyte va alors se diviser en « proplaquettes » (5 à 7), qui vont être libérées, et « exploser » pour donner naissance à 1 000 voire 1 500 plaquettes chacune, conférant un pouvoir de production de l'ordre de 10 000. plaquettes par méga-caryocyte, ce qui se justifie par la courte durée de vie (9 à 10 jours chez l'humain) des plaquettes dans le sang (environ 10puissance11 plaquettes sont produites chaque jour pour garder le taux constant dans le sang humain). Les plaquettes sont alors libérées dans le sang, afin qu'elles puissent remplir le rôle fondamental dans la survie du corps.

    Aujourd’hui, pour éviter les hémorragies, lorsqu’il y a carence naturelle des plaquettes, la seule source existante est la transfusion de plaquettes provenant de dons du sang, dont les besoins continuent d’augmenter, ce qui encourage les chercheurs à envisager des sources complémentaires au don du sang, d’autant plus que les plaquettes sont aussi difficiles à conserver, contrairement aux globules rouges, ce qui nécessite qu’elles soient transfusées dans les 5 jours après le don du sang..
    Une équipe associant physico-chimistes, biologistes médecins des Universités de Paris Descartes et Diderot, du CNRS, de l’Ecole supérieure de Chimie de Paris, de l’Inserm et la start-up PlatOD a développé un dispositif microfluidique (une sorte de « puce »), qui produit en quelques heures une grande quantité de plaquettes sanguines. (la figure ci-dessous est empruntée à leur compte-rendu d’étude)

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    Le puce est constituée d’un canal, encombré par de nombreux « micropiliers », dans lequel on injecte des mégacaryocytes (schéma a). Ceux-ci adhèrent aux piliers grâce à une protéine identique à celles de la paroi du vaisseau sanguin, qui recouvre la surface des micropilliers et qui reconnaît spécifiquement la membrane des mégacaryocytes (schéma b).
    Les mégacaryocytes subissent les cycles de transformations qui donnent naissance aux plaquettes, qui sont emportées par le flux qui traverse la puce, (photo c), et peuvent être recueillies, et sont, après une activation chimique, capables de remplir leur fonction anti-hémorragique chez un receveur.
    Avec une source plus importante de mégacaryocytes et une puce de plus grande capacité, une production de plaquettes sanguines in vitro à grande échelle sera possible.
    Le procédé est actuellement validé, il faut le redimensionner, faire des essais sur des animaux, puis, dans quelques années, passer à l’expérimentation clinique.

Samedi 6 juillet 2019 à 10:30

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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   J’ai un assez bon sens de l’orientation, en ce sens que j’ai une bonne mémoire cartographique des lieux où je suis déjà passé et je trouve donc assez facilement mon chemin, au moins de jour et quand les lieux n’ont pas trop changé.
    Dans la campagne, je peux toujours me guider sur le soleil quand il y en a, et en partie sur la luminosité du ciel, s’il n’y a pas trop de nuages. Cela me permet de savoir où est le nord. Mais cela m’est déjà arrivé de me perdre, et j’ai toujours dans ma voiture une boussole, qui sert parfois.
Evidemment avec les GPS, on ne se perd plus, mais je n’en n’ai pas, car je ne m’en servirais pas assez.
    Mais j’aimerais bien avoir, comme les pigeons voyageurs, un circuit de mon cerveau qui m’indique la direction à suivre.
 
    En fait de nombreux animaux (pigeons, tortues, poissons…) ont « une boussole » dans leur cerveau et ont ainsi un sens de « magnéto-perception ».
    On sait que cette faculté est due à des complexes moléculaires constitués de deux protéines particulières :
        - l’une le cryptochrome fait réagir l’organisme à la lumière;
        - l’autre, qui comporte un atome de fer et un atome de soufre en son centre, qui est sensible aux champs magnétiques.
    Le complexe est formé d’une chaine de ces protéines magnétiques, autour de laquelle s’enroulent des cryptochromes de façon hélicoïdale. L’ensemble forme un tube magnéto-sensible, qui se comporte comme une aiguille de boussole.
    Si on isole ces tubes et qu’on les fait flotter dans un liquide, ils s’orientent selon l’axe nord-sud du champ magnétique terrestre.
    Présents dans le corps de certains animaux, ils doivent donner à certains neurones spécialisés des indications sur la nature ambiante de ce champ, leur permettant de s’orienter. On en a repéré par exemple dans la rétine des pigeons et il semblerait que ce complexe moléculaire leur donne des renseignements sur le champ magnétique et la position du soleil, grâce à des échanges d’électrons entre les deux protéines. On ne sait pas encore comment se fait ensuite la transmission nerveuse.
 
    Comme toutes les protéines, elles sont codées par des gènes, qui, lorsqu’ils s’expriment, entrainent leur fabrication.
    Or les gènes de ces protéines sont présents chez l’être humain, mais ils ne s’expriment pas, du moins de façon générale et nous ne sommes donc pas (ou plus ?) sensibles au champ magnétique terrestre.
    Mais ces découvertes sont toutes récentes, et dues notamment à de chercheurs chinois, et rien ne prouve que ces gènes ne s’expriment pas parfois chez quelques hommes dans le monde.
    De plus des études très récentes faites par l’institut technologique de Californie, ont montré une certaine sensibilité de l’homme aux champs magnétiques, que l’on ne soupçonnait pas.
    Des patients ont été placés yeux bandés dans une cage de Faraday, entourés de bobines qui pouvaient produire des champs variables en direction et en intensité. un casque permettait de relever des électroencéphalogrammes de leur cerveau.
    Les patients n’ont pas eu l’impression de percevoir, de sentir ces champs électromagnétiques.
    Mais les électroencéphalogrammes ont relevé une diminution importante des ondes lentes « alpha », qui sont habituellement présente quand le cerveau est relaxé et ne ne fait rien en apparence.
    On pourrait penser à des courants induits dans le cerveau, ou à des cryptochromes comme pour les animaux, mais ces processus ne sont pas sensible à la polarisation du champ, alors que cette sensibilité existe dans cette expérience.
    Les chercheurs pensent que ces champs agiraient sur des particules de magnétite, tout petits grains existant dans les membranes des neurones, qui seraient alors agités de mouvements et laisseraient entrer des ions, qui modifieraient l’état électrique du neurone.
    Cette perception n’a lieu que lorsque le champ magnétique est orienté vers le bas, ce qui est le cas pour le champ magnétique terrestre.
    On peut se demander si Homo spiens, qui a effectué de nombreuses migrations, était sensible au champ magnétique, et que l’homme en évoluant, aurait perdu cette capacité, devenue peu utile.
    Il y a un an, des chercheurs de Munich ont découvert dans des cerveaux (postmortem évidemment), la présence de magnétite, principalement dans le cervelet qui contrôle notre marche debout.

    Je ne sais pas si la génétique permettra, un jour, de restaurer cette expression du gène cher un grand nombre de personnes, mais il serait sûrement intéressant d’étudier si cela n’arrive pas chez certaines personnes qui ont des aptitudes particulières (les sourciers par exemple), enfin quand ces aptitudes sont relativement avérées et où il ne s’agit pas de charlatans.

Samedi 29 juin 2019 à 8:37

Notre cerveau : intelligence; langage

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         La science formule des hypothèses, les vérifie en partie, mais ensuite les connaissances progressent et on remet en cause ce qui a été dit, sans forcément le renier, mais en le complétant, en le précisant.
Le psychologue suisse Jean Piaget (1896-1980)  a observé et enseigné la psychologie des enfants et a défini 4 stades dans le développement de leur mental.

 

Le stade sensori-moteur (de la naissance à environ 2 ans)

Il correspond au développement et à la coordination des capacités sensorielles et motrices du bébé.
L’intelligence du bébé est pratique et liée à l’action, à ses gestes, à faire la différence entre son corps et les objets externes.

Il finit par avoir des représentations mentales, c’est à dire pouvoir se représenter une personne, un objet, en son absence.

Sa famille est là pour le servir, notamment sa mère. Marcher lui donne une certaine indépendance.

 

Le stade pré-opératoire (de 2 à 7 ans)

 

A ce stade, les acquisitions de l’enfant au niveau de la fonction symbolique sont nombreuses (notamment l’acquisition du langage).

L’enfant peut penser à ses actions sans les réaliser et il devient peu à peu indépendant dans ses actions.

Il apprend à définir sa pensée par le langage.

L’enfant est encore décrit comme « égocentrique ». Il a du mal à comprendre que d’autres puissent ne pas avoir les mêmes pensées que lui.

Il va peu à peu acquérir ce que l’on appelle la  "théorie de l’esprit", c’est à dire avoir une idée de ce que l’autre pense. Des comportements comme garder un secret, mentir, dissimuler vont peu à peu apparaître.

 

Le stade opératoire concret (7 – 12 ans)


A ce stade, l’enfant acquiert une « mobilité croissante au niveau de ses structures mentales » et de ses réflexions. Ses théories de l’esprit deviennent plus subtiles, plus concrètes et plus prédictives.  iI peut envisager d’autres points de vue que les siens.

Peu à peu il peut avoir des représentations mentales, c’est à dire faire certaines actions dans sa tête sans forcément un support concret.

Le stade formel (12 – 16 ans)

 

Il s’agit pour Piaget, du dernier stade. Par la suite, l'adolescent ou l’adulte pourra continuer à acquérir des connaissances mais il ne changera plus radicalement de vision du monde.

L’adolescent manie des opérations mentales de plus en plus complexes, parce qu’il commence à raisonner sur de l’abstrait, sans être obligé de passer par le concret. Il peut réfléchir sur des notions existentielles : (le bien et le mal, l’infini, la mort etc.).

 

Cette théorie reste en partie admise, mais elle est aujourd’hui complété par les neuropsychologues.

 

D’abord il semble que chez le bébé, certaines aptitudes sont déjà programmées : par exemple le sens des nombres, le bébé évaluant visuellement une quantité approximative, ou la longueur d’une série d’objets (qu’il confond d’ailleurs avec le nombre jusqu’à ce qu’il apprenne à compter).

L’adulte, bien que parvenu au stade formel, commet des erreurs de logique et de raisonnement. En fait notre inconscient est sollicité sur toute résolution de problème, avec le concours de la mémoire, et il suggère des solutions rapidement, mais qui sont en quelque sorte des intuitions, basées sur des analogies et comparaisons. Certaines de ces solutions peuvent être satisfaisantes, d’autres erronées.

 

Certains psychologues, comme Olivier Houdé, estiment que si l’on veut ne pas céder top facilement à ces suggestions et intuitions, et parvenir à une étude logique, il faut que le cerveau ait une capacité d’inhibition, qui empêche de retenir trop hâtivement une solution basée sur des intuitions notamment à partir de perceptions visuelles, auditives iou tactiles.
        Ce processus demande évidemment un certain temps (quelques dizaines de millisecondes).

L’IRM permet de voir que pendant ce délai c’est le cortex préfrontal qui est sollicité, et c’est une zone dont les neurones ont pour action d’inhiber une première réponse, qui est celle délivrée par l’automatisme, l’habitude et l’intuition, et d' obliger le cortex préfrontal à reconsidérer la question, à réfléchir et à appliquer une autre stratégie.

L’enfant naît avec un cortex préfrontal capable de remplir cette mission, mais qui n’est pas mature, et qui doit apprendre ce processus d’inhibition du réflexe initial de ne pas faire confiance absolue aux sensations, et de reconsidérer le problème.

Cette capacité d’inhibition peut être mise en lumière par des exercices ou des jeux, (par exemple « Jacques a dit » ou le « jeu du balai »). Elle se manifeste aussi lors de l’apprentissage de la lecture, car le cerveau ne différencie pas l’orientation droite ou gauche pour la reconnaissance des visages et objets, alors qu’il devra le faire pour des lettres telles que b et d.

De nombreux exercices permettent de jauger la capacité d’inhibition des sujets, qui est une forme d'intelligence.

 

En définitive, se développer c’est non seulement construire et activer des stratégies cognitives, comme le pensait Piaget, mais c’est aussi apprendre à inhiber des stratégies qui entrent en compétition dans le cerveau, et dont certaines peuvent être erronées;

Le développement de l’enfant passe d’abord par celui de ses sens, d’abord apprendre à manipuler des objets et ensuite faire des opérations plus abstraites, à partir des perceptions, et les mécanismes mis en place par l’apprentissage sont très puissants, de telle sorte qu’ils peuvent induire en erreur le cerveau.

Il faut donc que le cortex préfrontal apprenne à inhiber ces réflexes intuitifs pour se demander s’ils sont corrects et éventuellement rechercher une autre stratégie. Notre cortex préfrontal va ainsi mettre, peu à peu, depuis la naissance, de l’ordre de 20 ans à devenir mature.

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