Vendredi 31 août 2007 à 19:30

Stress, dépression, médicaments

    Beaucoup d'entre vous me demandent ce qu'est une “dépression” (sur le plan psychologique et physiologique bien sûr; il ne s'agit ni d'une vallée, ni d'un phénomène atmosphérique !).
         Si curieux que ce soit, la notion de dépression est floue et les médecins ne savent pas bien la diagnostiquer, sauf quand elle est sévère (et que leur patient ne cherche pas à les mener en bateau en leur racontant une histoire bien préparée, ce qui arrive plus souvent qu'on ne croit !!).

     Les médecins psychiatres diagnostiquent uyne dépression quand ils observent les symptômes suivants pendant plusieurs semaines :
     - une tristesse chronique; une anxiété permanente et un moral très bas.
     - une perte d'intérêt et de plaisir envers toute activité.
     - un sentiment d'impuissance et un repli sur soi;

 accompagnés de plusieurs des autres symptômes suivants :
     - sentiment de culpabilité;
     - autodévalorisation;
     -  crises de larmes et hyper émotivité ou au contraire émoussement des émotions;
     - troubles de la concentration et de l'aptitude à prendre des décisions;
     - ralentissement psychique et de l'aptitude à penser;
     - fatigabilité,; fatigue et perte d'énergie;
     - altération du fonctionnement social et professionnel;
     - idées morbides ou suicidaires;
     - gain ou perte de poids en l'absence de régime, variation de l'appétit.
     - troubles du sommeil : insomnies ou hypersomnie;
     - ralentissement ou agitation psychomotrice;
     - douleurs de dos, migraines.
    
     Il existe des tests sous forme de questionnaires pour diagnostiquer une dépression, mais, à mon avis, ils ne sont pas plus précis et surtout peuvent facilement être falsifiés par un patient qui veut se rendre intéressant ou faire croire à sa dépression, parce qu'il y trouve un avantage et ne répond donc pas sincèrement..

     En fait les dpressions peuvent être de forme assez différentes :
     Notamment la personne peut souffir de manque de sommeil et de manque d'appétit et donc maigrir ( c'est en général la matinée qui est la période la plus pénible) ou au contraire d'une hypersomnie et de boulimie et donc grossir; (c'est au contraire la soirée qui est la période la plus difficile).
     La première réagit en général peu aux stimulations émotives, alors que la seconde fera au contraire preuve d'hyperémotivité.

     Il existe aussi des dépressions saisonnières, probablement liées aux changements de rythmes journaliers dûs à l'allongement de la journée en été et sa diminution en hiver. qui entraîneraient des variations fortes de la production de mélatonine, hormone qui est impliquée dans la régulation de l'humeur et des rythmes biologiques.

     Une autre forme est le trouble bipolaire, dans lequel se succèdent des épisodes classiques pendant lesquels l'activité et l'humeur sont  fortement abaissées et d'autres périodes pendant lesquelles il y a au contraire hyperactivité et énergie décuplée ainsi qu'un moral au beau fixe.

     Chez les jeunes la dépression peut ne pas être très visible : la personne dépressive peut apparaître tout à fait enjouée aux yeux de ses proches, mais lorsqu'on y regarde de plus près on constate qu'elle a des comportements inhabituels, qui peuvent évoquer des manifestations de la dépression: par exemple une conduite dangereuse, des comportements à risques, un comportement impulsif (fugues, violence...), masochiste (la personne cherche à se faire du mal), des troubles alimentaires (anorexie, boulimie), un alcoolisme et/ou d'autres dépendances (drogues dures, cannabis, médicaments...), un refus d'aller à l'école et une baisse des résultats scolaires. Certains signes peuvent alerter l'entourage, par exemple une humeur triste, des troubles du sommeil, de l'appétit ou de la mémoire.

     II existe une autre forme, la dépression dite masquée. Cette forme se manifeste essentiellement par des symptômes attirant l'attention sur un organe précis. C'est une dépression qui n'est pas reconnue par la personne, convaincue qu'elle n'est victime que de troubles physiques. C'est peut-être aussi parce qu'elle perçoit inconsciemment sa dépression comme honteuse, et qu'il est plus facile de faire admettre des symptômes physiques que des manifestations psychiques. Dès lors, la personne atteinte de ce type de dépression a tendance à exprimer plus que les autres sa souffrance morale au moyen de son corps.
 La dépression est « maquillée” en une maladie du corps. Les plaintes du sujet peuvent alors être variées: maux de tête, fatigue générale, fatigue musculaire, troubles de la sensibilité, douleurs abdominales, troubles digestifs divers, diminution de la libido, etc. Toutefois, ces symptômes sont généralement plus flous que lorsqu'il s'agit d'une maladie physique réelle.

     Voici donc un bref résumé de ce que l'on peut dire sur le plan médical.
     Dans un prochain article, je vous indiquerai ce qui se passe au niveau du cerveau puis dans les suivants, je vous parlerai de l'effet des médicaments utilisés en cas de dépression, et dans un autre article, de ce que j'appelle des “mini-dépressions”.

Jeudi 30 août 2007 à 19:23

Absence et retour

     Si j'en crois certains mails que je reçois, vous croyez que j'ai disparu dans la nature car cela fait plus de 8 jours que je n'ai pas écrit d'article.
    Je suis toujours en Bretagne, mais cette année, exceptionnellement l'été a été tout à fait pourri et les jours de beau temps ont été comptés.
    J'ai donc beaucoup de retard dans des travaux que je devais faire dans la maison, notamment la peinture de la façade ouest et des volets. Comme depuis quelques jours, le temps est meilleur, j'essayais de rattraper le temps perdu.
    Et puis beaucoup d'entre vous sont rentré(e)s de vacances, je reçois beaucoup de mails et j'essaie d'y répondre le plus vite possible.
    C'est donc mon blog qui a souffert de cette situation.

    Il y a quelques temps j'avais écrit que j'allais faire des articles sur la tristesse et sur la dépression, sur l'angoisse et le stress, sujets qui intéressaient nombre d'entre vous.
    Ce seront les sujets de mes prochains articles.

    Un de mes lecteurs me demande pourquoi je ne publie plus de photo sur mon blog ? Simplement parce que, en Bretagne je n'ai pas l'adsl, mais je suis en basse vitesse 4 ko/s au lieu de 4 Mo/s soit mille fois moins.
Envoyer une photo me prends 10 minutes et de pu j'ai de grandes chances d'être coupé car mon ordinateur est en apparence, inactif.
J'en publierai à nouveau après le 7 septembre, de retour à Paris et disposant enfin à nouveau de l'adsl.


Dimanche 19 août 2007 à 15:52

Tristesse, désespoir

    Pendant l'été, les correspondantes qui viennent me confier leurs peines sont en général celles que leur petit ami, copain de classe, a laissées tomber, la coupure des vacance ayant été fatale à leur amour de jeunesse.
    J'ai aussi quelques jeunes qui ont eu des peines plus graves : mort d'un être aimé, agression, divorce difficile des parents...L'été leur apporte en général un certain apaisement et les distrait un peu de leur peine.
   
    Mais parmi mes correspondantes certaines n'ont pas de raison essentielle d'être malheureuses, mais sont cependant angoissées et je les classerai en deux catégories.

    Celles qui ont la hantise de leur passé, le remord des erreurs qu'elles ont faites et/ou le regret de ce qu'elles n'ont pas su ou osé faire.
    J'ai écrit plusieurs articles sur ce problème et je reprendrai bientôt ce sujet.
    Je répète encore une fois cette réflexion : on ne peut changer le passé; Il est ce qu'il est. Alors à quoi bon regretter puisqu'on ne peut plus rien y changer. C'est du temps perdu qui, en outre, vous rend malheureux.
    Alors essayons d'analyser les raisons des échecs ou de ce qui s'est mal déroulé, tirons en les leçons et prenons des résolutions pour que cela ne recommence pas.

    Celles qui ont une peur systématique de l'avenir, soit parce qu'elles ont peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas réussir, soit parce qu'elles ont une hantise systématique des dangers et des catastrophes.
    Je pense que le défaut de ces dernières est d'être trop manichéennes (ne connaitre que le noir et le blanc alors que tout est gris), et de trop écouter les médias.
    Certes il y a un danger dans tout. C'est vrai, car rien n'est jamais sûr à 100 %, mais quelle est la probabilité de ce danger.?
    Quand on voit les médias monter en épingle les dangers cancérigènes de certains produits et qu'on regarde les probabilités des études correspondantes et les quantités qu'on mange, on a une chance sur quelques millions d'être malade, quand ce n'est pas quelques chances sur un millliard. Alors ne nous affolons pas!
    La probabilité d'avoir un accident d'avion au km parcouru est très faible et pourtant beaucoup en ont peur, alors que celle d'avoir un accident de voiture est beaucoup plus forte, mais cela n'empêche pas les mêmes personnes de conduire et de ne pas vouloir faire 100 mètres à pied.  Est ce logique ?
Cela dit, malgré cette probabilité d'accident pas négligeable, j'ai fait en cinquante cinq ans, plus d'un millions de km en voiture et je n'ai jamais eu d'accident. Juste une fois une dame qui est rentré dans l'arrière de ma voiture parce qu'elle regardait les vitrines et cela m'a tordu mon pare choc !
    Alors il faut cesser de voir des dangers partout : leur probabilité d'arriver est le plus souvent très faible, ce qui ne vaut pas dire qu'il ne faut pas prendre certaines précautions (assurance auto, mettre sa ceinture, bien regarder la route, ne pas conduire n'importe comment, ne pas boire ou fumer du cannabis, prévoir le comportement des autres ....)
    Quant à la peur de ne pas réussir, elle est naturelle, mais il faut alors s'efforcer d'examiner calmement ses qualités et défauts, et on s'aperçoit en général que l'on est tout à fait capable de réussir, à condition de ne pas s'enliser dans la peur et l'inaction, mais de relever le défi, de réfléchir aux actions à prendre pour réussir et de se mettre courageusement à la tâche.

    Pour terminer je citerai cette phrase que j'ai trouvée dans le blog d'une de mes lectrices (http://auclairdeplume.cowblog.fr/) :

 ".....Ne pleurez pas votre passé,car il s'est enfuit à jamais. Et ne craignez pas votre avenir, car il n'existe pas encore.
Vivez dans le présent et tachez de le rendre aussi beau que vous vous en souviendrez toujours... "
Ida scott Taylor

    “Carpe diem” disaient les Romains.



Vendredi 17 août 2007 à 16:00

Drogue, alcool, addictions

    Puisque dans mes derniers articles on comparait tabac, cannabis et alcool, parlons de ce dernier.

    C'est la période des vacances et on cherche à se distraire,
c'est normal, on s'amuse davantage avec ses copains et copines.
Certaines de mes correspondantes me racontent un peu ce qu'elles font et je suis parfois étonné de certains comportements.
   
    J'ai toujours compris que quelqu'un de très triste, qui a un gros problème, cherche parfois la fuite dans l'alcool ou le cannabis. Cela calme la douleur pendant un moment. Certes c'est un peu une illusion, et on risque de s'habituer à cet échappatoire, mais la douleur est parfois trop forte pour résister seule à cela.

    Par contre j'avoue ne pas comprendre comment on peut se réunir uniquement pour s'amuser et boire par plaisir au point d'être tous (ou presque) ivres ou bien fumer suffisamment du cannabis, pour ne plus se rendre compte de ce que l'on fait.
    Je comprends qu'on ait plaisir à boire un peu de vin ou d'alcool, mais je n'arrive pas à saisir quelle peut être la joie de l'ivresse (d'autant plus que la plupart d'entre vous semblent avoir l'ivresse triste).
    Que l'on se fasse prendre une fois parce qu'on n'a pas l'habitude de l'alcool, je le comprends, c'est normal, mais pas lorsque cela se renouvelle régulièrement.
    Ce qui m'étonne surtout c'est que vous n'ayez pas conscience du danger d'une telle situation.
   
    Je me souviens lorsque j'étais étudiant, avoir eu des camarades qui s'étaient ainsi enivrés et l'un deux, inconscient du danger et pourtant pas très stable, se promenait sur la corniche de l'immeuble au quatrième étage, et nous avons eu beaucoup de mal à le ramener, intact, dans nos chambres.
    Je me souviens aussi d'avoir vu un camarade ivre, la tête enfoncée dans la cuvette des wc, se tirer la chasse d'eau pour se “rafarichir les idées”.!!!
    J'ai vraiment eu l'impression dans ces moments de ne plus avoir en face de moi des hommes, mais des animaux qui satisfaisaient leur instinct.
    Sans compter tous ceux qui sont ensuite malades de cette absorption anormale, que souvent l'organisme ne supporte pas.
    L'abus de cannabis entraîne les mêmes problèmes.

    Par ailleurs certaines fois cela peut conduire à la catastrophe.
    J'ai dû aider plusieurs de mes correspondantes à surmonter leur douleur, car ayant ainsi trop bu dans une soirée, leurs camarades garçons probablement aussi ivres qu'elles, avaient profité de la situation et, bien que, sur le moment, elles ne se sont pas rendu compte de grand chose et qu'il n'y ait pas eu d'agression, le traumatisme qu'elles ont eu ensuite était tout à fait comparable à celui d'un viol, et presque aussi difficile à surmonter.

    Certes je suis un vieux grand-père et donc me direz vous, les moeurs ont changé par rapport au temps où j'étais jeune.
    Mais pouvez vous alors m'expliquer l'intérêt d'être dans un état où l'on ne sait plus ce qu'on fait, où l'on risque de se tuer en voiture ou de traumatiser une camarade parce qu'on aura cédé à une pulsion incontrolée ?


Jeudi 16 août 2007 à 10:29

Drogue, alcool, addictions

    J'ai reçu plusieurs mails qui me donnent des avis divers sur la comparaison alccol - tabac - cannabis. Il serait trop long de les citer tous (de plus selon mon habitude, je devrais demander à leurs auteurs l'autorisation de les publier.
    Mais deux commentaires, qui peuvent être vus de tout le monde, résument bien la plupart des avis : les voici :

    “...Les plus dangereux selon moi sont l'alcool et le tabac . Et ce pour plusieurs raisons . La première est que la plupart du temps chaque personne débute par l'un des deux et le traine jusqu'a la fin de sa vie . La deuxième est que ses deux substances s'achètent facilement , étant donné que c'ets légal . Tout le monde ne consomme .. sans trop se soucier des conséqunces ...
En fait , tout dépend de la quantité consommée par chaque induividu . Et la question est ausi de savoir si l'individu en est dépendant . Un joint de temps en temps te fera beaucoup moins de mal qu'un paquet de clope par jour , ou qu'une bouteille d'alcool par jour... “ (commentaire de “un-peu-de-lecture).
    “ ... conduire une voiture apres avoir fumé, je suis totalement d'accord que c'est une betise... Seulement, je reste intimement persuadé que les accidents de la route sont du (au moins pour les 2/3) a l'absorbtion d'alcool...Le cannabis est dangereux au plus tard 36heures apres l'avoir fumé!
Un homme ayant fumé un joint il y a 2 semaines se verra retirer des points alors que quelqu'un d'autre ayant bu 5 whisky il y a 5jours n'aura aucun risque... pourtant la lucidité des 2 sera identique
probleme de loi? tout cela est une autre histoire et nécessite un débat de plusieurs heures!... (commentaire de mon amateur de carambar)

    Je suis d'accord sur ce que vous dites là.
    Mais lorsque l'on fait de la recherche, ou lorsque l'on cherche la solution d'un problème, et en particulier quand on veut comparer des situations, il y a quelques règles à respecter absolument si on ne veut pas dire n'importe quoi (règles que malheureusement négligent beaucoup de médias) et notamment :
    Il ne faut faire varier qu'un seul paramètre à la fois, et donc lister les paramètres et regarder l'influence de chacun d'entre eux.
    Certains peuvent faire l'objet d'une étude chiffrée, d'autres sont plus subjectifs
    Lorsque l'on établit une corrélation mathématique statistiques entre deux phénomène, il n'est pas du tout certain que l'un soit la conséquence de l'autre.
(il peut y avoir simplement des causes communes).
    Par exemple on peut établir une corrélation entre la consommation de combustibles de chauffage et la mortalité des vieilllards, mais il ne faut pas y voir une relation de cause à effet car alors on devrait conclure que pour que les vieillards ne meurent pas, il ne faut pas les chauffer !! LooL

    Dans le cas de notre comparaison tabac, cannabis, alcool,  on peut d'abord étudier les effets biologiques sur l'organisme.
    On peut en déduire dans la limite de nos connaissances actuelles, les effets à cout terme et à long terme, certains étant des effets somatiques, c'est à dire qui rendent malade à court terme en agissant sur certains organes, et des effets à long terme dont certains sont somatiques (comme le cancer), d'autres étant génétiques, car ils provoquent des modifications au niveau de l'ADN, des chromosomes et des gamètes.
    On peut séparer comme je l'avais fait  les dépendances physiologiques, psychologiques et sociales.
    Les études quantifiées doivent tenir compte du facteur temps et des quantités absorbées (les doses”) et il est évident que les effets sont très différents pour celui qui fume une fois de temps en temps ou qui fume un paquet de cigarettes ou plusieurs joints par jour.
    C'est vrai aussi que es effets de l”alcool comme celui du cannabis peuvent mettre plusieurs heures voire 24 heures pour s'atténuer, mais que la teneur en alcool dans le sang disparait en général en 48 heures au plus, alors qu'on peut trouver des traces de cannabis au bout de 4 jours.

    Il faut ensuite examiner, mais ce n'est plus une étude scientifique, les possibilités et facicilités d'approvisdionnement et l'incidence du coût; les chaînes d'approvisionnement et à qui rapporte ce commerce.
    On peut alors aussi étudier les conséquences de la législation qui j'en conviens n'est pas toujours bien faite et est lente à s'adapter.
    il est aussi intéressant de se poser des questions sur l'aspect social et notamment le rôle des médias.

    Mais comme je l'ai dit plus haut, il ne faut en aucun cas mélanger les divers paramètres et la conclusion sur la comparaison entre les produit est souvent différente selon les aspects examinés.
    C'est la raison pour laquelle mes articles sont parfois longs ou “en plusieurs fois”, pour essayer d'avoir le maximum d'objectivité.
    Malheureusement les médias, qui veulent être lues et donc doivent “faire”court” et cherchent par ailleurs le “sensationnel qui frappe”, préfèrent souvent les conclusions lapidaires, mais parfaitement subjectives et inexactes, parce qu'incomplètes ou mélangeant tous les paramètre ou privilégiant l'un d'eux sans le dire.

Lundi 13 août 2007 à 19:04

Drogue, alcool, addictions

    J'ai trouvé sur un de mes anciens articles, concernant le mode d'action et les dangers du cannabis, un commentaire intéressant de “ska-rambar” qui mérite une réponse. J'ai pensé que plutôt que de faire une réponse individuelle, celle ci pouvait intéresser aussi mes autres lecteurs.
    Au passage son pseudo m'a rajeuni d'une trentraine d'années quand mes enfants se battaient pour des carambars, certainement moins nocifs que le cannabis. J'espère que mon correspondant les aime aussi.!! LooL

    Voici le commentaire :

“..Apres une longue hesitation, je me décide a laisser un commentaire, car tous ces articles sur le cannabis ne m'ont pas l'aissé indifferent :
    Tout d'abord le terme de "drogue douce" utilisé dans cet article...
si c'est une drogue elle ne peut pas etre douce, et si elle est douce, ce n'est pas une drogue comme disait l'autre
    Ensuite, au niveau de la dépendance. je me suis renseigné sur le sujet et j'ai vu une etude scientifique mené en 2000 qui comparait le cannabis au tabac et a l'alcool.
elle se resumait ne 4 points :
    - la dépendance physique
    - la dépendance psychique
    - la toxicité générale
    - la dangeurositée sociale
    A l'issue de cette étude, on constate que le cannabis est beaucoup moins dangereux que le tabac et surtout l'alcool.
    Cependant, ces 2 derniers produits sont autorisés en france, avec des barrieres fictive! : je me revois acheter mon premier paquet de tabac a 13 ans ! ...”

    Les termes de “drogue douce” et “drogue dure” sont couramment utilisés par les chercheurs et les médecins : ils désignent des produits en général psychotropes (d'où le terme de drogue) à forte dépendance physiologique (les drogues dures) ou à faible dépendance, celle ci étant plutôt psychique (drogue douce), ce terme méritant d'ailleurs certaines précisions.
    Les études des années 1990 sur le cannabis étaient très incomplètes et des études plus récentes (2005 -2006), utilisant les moyens d'investigations actuels sur le cerveau, sont plus complètes et plus pessimistes.
    Par ailleurs on ne peut comparer "en bloc" un “danger” qui a des facettes multiples.
   
    Si on compare la dépendance physiologique cannabis, alcool et tabac, effectivement la dépendance physiologique au cannabis est moindre.
    Il faut des “doses” de “tétrahydrocarbinol” (ou THC, le principe actif du cannabis) très importantes pour induire une dépendance physiologique, ce qui implique de fumer plusieurs joints tous les jours.
    Au contraire la nicotine entraîne une dépendance plus ou moins importante selon les personnes et la façon dont elles fument. L'arrêt de l'usage du tabac peut entraîner un véritable “manque”, sans compter l'effet sur la prise de poids.
    L'alcool entraîne également une dépendance assez variable suivant les individus, car elle dépend, évidemment des quantités régulièrement absorbées, mais aussi de la réaction de l'organisme qui a une capacité plus ou moins importante de destruction de l'alcool absorbé.

    Par contre la dépendance psychologique du cannabis est au moins aussi importante que pour l'alcool ou le tabac. Il s'agit d'une réaction de nos “centres d'apprentissage”  qui sont aussi les “centres du plaisir” comme les appellent les journalistes. Je ferai peut être un article prochainement sur ce mécanisme, mais cela ressemblera encore à un cours de SVT.
    Il s'agit de l'incitation à refaire à nouveau (ou corriger), une action qui nous a apporté un bénéfice, une amélioration de notre condition, un plaisir...
    C'est par la répétition et la sélection des résultats par ces centres d'apprentissage, que nous apprenons chez le bébé à prendre des objets, à marcher, chez l'enfant à lire, écrire et le comportement de tous les jours et chez l'adulte de nombreux mécanismes et une certaine expérience.           
    Mais ce sont aussi ces centres qui nous incitent aussi à refaire une action qui nous a apporté du plaisir à court terme, sans se soucier des conséquences à moyen et long terme.

    L'usage régulier du cannabis entraîne une telle dépendance au moins aussi importante que pour l'alcool et plus importante que pour le tabac, l'addiction (l'habitude pour être plus simple), résultant pour le tabac, plus du manque de nicotine, de la peur de grossir ou de la manipulation de la cigarette par les doigts.

    En ce qui concerne la dépendance “sociale”, l'usage du cannabis et du tabac résultent en partie d'un besoin de faire “comme les autres” ou pour un ado “comme les adultes”.
    C'est moins le cas de l'alcool.
    Par contre, alors que fumer du tabac est plutôt une action individuelle, fumer du cannabis ou boire de l'alcool est souvent une “occupation de groupe”.

    En ce qui concerne les dangers, il faut voir divers aspects.
    Le plus gros danger du cannabis actuellement est la conduite d'un véhicule après avoir fumé.
    Dans ce domaine le tabac n'a pratiquement aucun effet.
    On connaît les effets de l'alcool et 30% des accidents environ sont dûs à ces effets.

    Mais ce qui est moins connu c'est que dans ce domaine, fumer du cannabis est encore plus dangereux. Le cannabis modifie les perceptions et notamment l'interprétation de la vision par le cerveau; il diminue l'évaluation du danger, et donne une confiance exagérée. Fumer plusieurs joints augmente de façon importante le risque d'accident, la personne sous-évaluant les limites dangereuses des manoeuvres.
   
    En ce qui concerne les effets à court terme autres que les effets sur la perception et l'attention, le cannabis entraîne des troubles de la mémoire, et une incapacité à réfléchir et travailler par perte d'attention, mais il semble que pour la plupart des fumeurs, ces phénomènes soient passagèrs et le trouble disparaît si on arrête de fumer.
    Toutefois de récentes études semblent montrer que pour les très gros fumeurs une atteinte permanente de la mémoire est possible et on n'a pas assez de recul pour connaître les effets à long terme, mais une ceraine suspicion règne car l'atteinte de l'hippocampe (le “professeur” de la mémoire), est toujours inquiétante (c'est cette atteinte qui est à la base de la maladie d'Alzeimer).
    A long terme on connaît les effets du tabac sur l'appareil respiratoire et de l'alcool sur l'appareil digestif et le foie.

    Enfin on connaît aussi les effets cancérigènes de l'alcool et surtout du tabac. Ce qui est mal connu et non encore quantifié de façon certaine, c'est l'effet du cannabis, car il faut un recul de plusieurs dizaines d'années pour se prononcer.
    Toutefois on peut mesurer les quantités de goudrons cancérigènes absorbées et on sait que fumer deux joints équivaut dans ce domaine à environ un paquet de tabac avec filtres.

    Les effets du cannabis sont encore mal connus. Mais les études récentes semblent montrer qu'il est plus dangereux que l'alcool en ce qui concerne la conduite de véhicules et que les effets à long terme qu'il est susceptible d'entraîner ,sont probablement plus nocifs que ceux du tabac.
    A faible dose, il entraîne des effets à court terme gênants, notamment sur la mémoire et la volonté, mais qui seraient, semble t'il, réversibles.




Vendredi 10 août 2007 à 9:43

Eveil, sommeil, rêves

    Vous avez dû un peu peiner à suivre le cours de SVT de l'article précédent.
    Mais nous allons pouvoir maintenant  répondre aux questions que vous avez posées concernant le sommeil et les rêves.

    "Pourquoi parlons nous et entendons nous parler dans nos rêves.? Pourquoi ces propos sont ils parfois totalement incohérents ?"

    Lorsque le cerveau se débarrasse de perceptions enregistrées inconsciemment ou de souvenirs superflus, nous avons vu que les centres du cerveau, notamment cortex et cerveau émotionnel, envoyaient des siganux aux centres de traitement II à VI de la vision, qui les traitaient comme s'ils venaient de la rétine.
    Le cerveau a donc “l'impression” de voir ainsi des images, et si nous nous réveillons à cet instant, elles deviennent les images d'un rêve, qui sont toutefois relativement incohérentes car ce ne sont pas des images réelles qui se suivant dans le temps, et notre cortex, qui n'est pas suffisamment éveillé, ne peut mettre de l'ordre et éliminer celles sans signification.
   
    Il en est exactement de même pour les paroles : le cerveau se débarasse non seulement d'images, mais aussi de sons, dont des paroles, et les transmet aux centre secondaires auditifs, qui traitent ces sons et croient donc entendre des paroles, de la musique, des sons divers, qui sont ensuite interprétés par le cerveau, et notamment  les centres de Wernicke et de Geschwind.
    Mais comme pour les images, ces paroles ne sont pas réelles et leur signification peut être incohérente, ou cohérente mais complètement irréaliste, comme les images de nos rêves. Elles peuvent être cependant synchronisées avec des images.
    Dans nos rêves, nous pouvons donc entendre le bruit du tonnerre dont nous voyons l'éclair, entendre une personne qui nous parle, entendre notre propre voix, mais aussi entendre un discours incompréhensible ou totalement farfelu.


  
"...Pourquoi dans un rêve ai-je entendu mon chien me parler.? "  

    Lecerveau se débarasse de perceptions, de sensations et de pensées qu'il juge inutiles.
Il peut donc se débarasser d'images résultant de moments passés avec ton chien dans la journée.
    Senimentalement tu parles inconsciemment à ton chien que tu aimes, comme à une grande personne et tu as souvent pensé à ce qu'il pourrait te répondre. Rien d'étonnant à ce que ton cerveau envoie de telles images associées à de telles pensées et dans ton rêve ton chien parle, parce que le cortex, mal réveillé, n'a pas été là pour censurer cette ineptie sur le plan de la réalité, mais combien désirable au plan sentimental.

    "...Je suis très timide et jamais je n'oserais parler en public. Pourtant dans mes rêves je fais des discours; pourquoi? "

    Oui, tu es timide, et éveillée, les centres de ton cerveau émotionnel (notamment les amygdales) te donnent cette crainte de parler en public et t'en empêchent.
    Mais quand tu dors, ils sont au repos et donc ne sont plus là pour censurer images, mots et actions.
    Et comme tu aimerais être capable de faire ainsi des discours, tu as ainsi des pensées, des souhaits dans ton inconscient. Le cerveau te sachant timide ne leur trouve pas une grande utilité et s'en débarasse. Tu rêves donc que tu fais des discours, sans timidité.
    Par contre il se peut que le discours que tu tiens, ne soit pas très cohérent avec le public ou le sujet que tu traites, car le cerveau aura été le “pêcher” dans un endroit de ta mémoire qui n'a rien à voir avec cette envie de discourir en public, ni avec les autres images du rêve.


    Pourquoi pense t'on avec des mots? Je veux dire par là que lorsque je réfléchis, (notamment à ce que je vais écrire), j'ai l'impression qu'une voix me dit tout bas, ce à quoi je pense ou ce que je dois écrire..

    C'est vrai ce que tu constates.
Un bébé ne pense pas comme nous et sa pensée ne se traduit qu'en images et en gestes, ou avec des cris et des pleurs.
    Les centres de l'hémisphère droit sont impliqués dans ces réactions.
On croit par exemple qu'un bébé comprend “oui” ou “non”. En réalité il ne comprend que l'intonation (la “prosodie”). Si vous lui dites “oui” avec l'intonation que vous avez pour lui dire "non", il comprend “non”. Et vice versa.

    La pensée ne s'organise qu'à partir du moment où l'enfant commence à parler vraiment, lorsque les centres de Broca et de Wernicke sont arrivés à maturation et que le centre de Gerschwind est capable de faire enregistrer le vocabulaire.
    Lorsque le cortex frontal réfléchit, il demande aux centres de Wernicke et de Gerschwind de rechercher les mots correspondants et au centre de Broca d'appliquer à ces mots les règles de grammaire et de syntaxe.
    Le centre de Broca ne demande pas aux muscles de la parole de fonctionner et donc nous ne parlons pas, mais nous avons conscience de tout ce travail de mise en forme et donc nous avons l'impression de “dire tout bas” les phrases correspondant à notre pensée.
    Les différents centres du cerveau émotionnel peuvent aussi demander de la même façon, l'expression de nos émotions.

    "...Avant de m'endormir je réfléchissais à une chose sérieuse. puis tout à coup les mots deviennet incohérent et j'ai l'impression de me réveiller. Je pense à nouveau corretement, puis cela recommence. Que se passe t'il ?"

    C'est aussi une chose normale. Rassure toi, tu n'as aucune déficience mentale.
    Tu n'es pas encore endormie et ton cerveau fonctionne normalement. Donc tu es consciente et en éveil et ton thalamus fonctionne à 40 hertz. Tu réfléchit donc normalement.
    Mais tu es fatiguée, c'est le soir, tu es probablement allongée, peut être dans le noir. Tu es à la limite du sommeil et ta “conscience d'être là” baisse.
Le thalamus baisse de fréquence vers 39 hertz.
    Tu entres dans une phase voisine du sommeil paradoxal et du rêve.
    Ton cortex frontal qui réfléchissait, continue mais au ralenti et les signaux qu'il envoie à Wernicke et Gerschwind se mélangent ou sont moins clairs.
Du coup le centre de Gerschwind se trompe et ne va pas chercher le bon vocabulaire et ta pensée devient incohérente, les mots ne correspondant plus aux idées (ou correspondent à d'autres idées sans rapport avec ta pensée précédente..
    Le cortex qui n'est pas encore endormi, trouve cela anormal et cela le réveille. Il ordonne au thalamus de refonctionner à 40 hertz ( je ne pense pas qu'il engueule le centre de Gerschwind, mais pourquoi pas, car il n'est pas content LooL).
    Il recommence alors à fonctionner normalement et donc à réfléchir convenablement.
    Et ton cortex qui s'ést “réveillé”, te fait prendre conscience de ce qui s'est passé.

    J'ai donc répondu aux questions générales que vous me posez.
Je répondrai individuellement à d'autres questions sur des rêves plus personnels qui ne concernent que ceux qui les ont rêvés.

Mercredi 8 août 2007 à 11:33

Notre cerveau : intelligence; langage

Mes articles sur les rêves ont suscité des questions de toutes sortes dans les mails que j'ai reçus. J'ai répondu directement à certaines. J'essaie de répondre par des articles aux questions les plus importantes.
    Plusieurs concernent le fait que dans un rêve, on parle et on entend les autres parler. D'autres me disent qu'ils parlent en dormant. il faudrait que j'explique ces constatations.
    Ce n'est pas facile car pour cela il faut d'abord savoir comment le cerveau traite le langage. Ce sera le sujet de mon article aujourd'hui, qui va à nouveau ressembler à un cours de SVT.

    Lorsque nous parlons ou nous écoutons, beaucoup de zone du cerveau travaillent parce que notre mémoire est très répartie dans le cerveau.
Cependant certaines zones sont toujours concernées.
    Ce sont trois centres de l'hémisphère gauche, et à un moindre titre les centres analogues de l'hémisphère droit : les centres de Broca, de Wernicke et de Geschwind (voir schéma ci dessous pour l'hémisphère gauche)

    
(à noter que pour quelques rares gauchers, les rôles sont inversés entre l'hémisphère droit et gauche).
    Des faisceaux nerveux extrèmement denses transmettent les informations entre ces trois centres.


    1.) - Aire de WERNICKE : elle “comprend le langage”.
   
    Lorsque nous écoutons quelqu'un, l'oreille transmets les sons à l'aire auditive qui les décrypte et, lorsqu'il s'agit de mots (ou de sons apparentés), les signaux sont transmis à l'aire de Wernicke qui va les analyser, reconnaître s'il s'agit de langage et le décrypter en partie. Elle se met en relation avec l'aire de Geschwind pour en comprendre la signification.
    Lorsque nous lisons, ce n'est plus l'aire auditive qui intervient mais les aires visuelles. Le mécanisme est ensuite analogue.
    Enfin lorsque nous voulons parler, c'est encore le centre de Wernicke qui élabore le message. Mais il ne sait pas le transmettre à nos lèvres.
De même quand nous voulons écrire, il recherche les mots correspondant aux idées mais il ne sait pas commander nos doigts.
    En fait elle ne sait même pas organiser les mots en phrases
    L'aire de Wernicke “comprend donc le langage” ; une personne dont cette aire est lésée ne comprend plus le sens des mots et ne sait plus s'exprimer significativement.

    2.) - Aire de BROCA : elle “exprime le langage”.

    Pour parler, pour ecrire, l'aire de Wernicke a besoin de l'aire de Broca.
    Celle ci va utiliser grammaire et syntaxe et mettre les mots en phrases, puis elle va commander les muscles de la parole ou de l'écriture, par l'intermédiaire du cortex moteir primaire.
    Une personne dont l'aire de Broca est lésée comprend le langage écrit et parlé, mais ne peut plus s'exprimer ou émet une suite de mots sans liens entre eux..
    Il semble en outre que l'aire de Broca intervient dans les calculs et certains raisonnements mathématiques.
    Elle interviendrait également dans l'organisation de mouvements très complexes mettant en jeu nos muscles, et sans aucun rapport avec le parole (des gestes de grande précision par exemple).
    Donc, l'aire de Broca “organise le langage et commande son expression orale ou écrite”.

    3.) - Aire de GESCHWIND : elle recherche dans la mémoire le sens des mots. ( les neurobiologistes l'appellent aussi du non barbare de “lobule pariétal inférieur”.)

    Cette zone de l'hémisphère gauche occupe un endroit clé dans le cerveau, à l'intersection des cortex auditif, visuel et sensoriel avec lesquels il est massivement connecté. De plus, les neurones de cette région ont la particularité d'être « multimodaux », c'est-à-dire qu'ils sont capables de traiter simultanément des stimuli de différentes natures (auditif, visuel, sensitif, moteur, etc).
    Ces caractéristiques font donc de cette zone un centre idéal pour appréhender les multiples propriétés d'un mot : son aspect visuel, sa fonction, son nom, etc.
Elle aide ainsi le cerveau à classifier et à étiqueter les choses, une condition préalable pour former des concepts et une pensée abstraite.
    L'aire de Geschwind est en quelque sorte la “mémoire des mots”. Elle est pour cela en relation avec de nombreux neirones du cerveau qui sont des relais de la mémoire.
   
    Ces zones sont les dernières structures du cerveau à s'être développées durant l'évolution. Elles existent sous une forme rudimentaire dans le cerveau des autres primates, ce qui indique que le langage aurait pu évoluer grâce aux changements survenus dans des réseaux neuronaux préexistants, et pas nécessairement suite à l'apparition de structures cérébrales complètement nouvelles. On peut d'ailleurs apprendre à un chimpanzé le langage des signes des sourds-muets.
   
L'aire de Geschwind est aussi l'une des dernières structures à devenir mature chez l'enfant et l'on a des raisons de penser qu'elle jouerait un rôle clé dans l'acquisition du langage. Sa maturation tardive expliquerait entre autres, pourquoi les enfants doivent attendre d'avoir entre 4 et 6 ans avant de commencer à lire et à écrire.

    4.) - Aires analogues de l'hémisphère droit :

    Pour suivre une conversation, comprendre un texte ou une plaisanterie, on doit non seulement être capable de comprendre la syntaxe des phrases et le sens des mots mais également de mettre en relation plusieurs éléments et de les interpréter par rapport à un contexte donné.
    En particulier l'expression des visages des individus et l'intonation de leur voix apportent des éléments émotionnels.
    Les aires de l'hémisphère droit interviennet dans divers domaines :

        • La prosodie, c'est à dire l'intonation et l'accentuation des mots.
 Ainsi, un patient dont l'hémisphère droit  est lésé est incapable d'exprimer une émotion qu'il ressent et se comporte et tient des propos semblant manquer d'affectivité.

        • le discours ou plutôt  son organisation découlant des règles qui régissent sa construction. Ainsi certains patients dont les centres de l'hémisphère droit sont lésés, ont une moins grande capacité à distinguer les indices permettant d'établir un contexte communicationnel, les nuances apportées par certains mots, les intentions de l'interlocuteur, les gestes et expressions du visage ou les conventions sociales (par exemple, on n'aborde généralement pas son frère ou son patron de la même façon).

        • la compréhension du langage non-littéral. Plus de la moitié des phrases que l'on prononce ne désigne pas littéralement ce qu'on veut dire, du moins pas totalement. C'est le cas de l'ironie, des métaphores et des actes de langage indirects, tous reliés aux intentions de notre interlocuteur.
    L'ironie par exemple, au même titre que les mensonges et les blagues, implique de saisir l'état d'esprit d'un interlocuteur, de même que ses intentions concernant la façon dont ses dires devraient être perçus par autrui . On peut alors comprendre que le blagueur souhaite ne pas être pris au sérieux, alors que l'ironique s'attend à ce que le contraire de son propos soit perçu comme le message final.
    Les métaphores traduisent également une intention qui n'est pas conforme avec l'interprétation littérale du propos. Ainsi, vous soufflez à votre voisin de classe: « Ce professeur est un somnifère. », le voisin comprend l'analogie sous-entendue entre la pilule et le professeur et conclue que vous trouvez le professeur “casse-pied”.
    Les actes de langage indirects, couramment utilisés dans la vie quotidienne, relèvent de l'hémisphère droit. L'intentionnalité est sous-jacente au message verbal énoncé en tant que tel. Par exemple, lorsque quelqu'un mentionne : « Je ne sais pas quelle heure il est. », on comprend tout de suite que la personne demande indirectement si quelqu'un peut lui dire l'heure.

    • enfin si l'hémisphère gauche comporte la “mémoire des mots”, il semble que ce soit l'hémisphère droit qui comportera celle des nuances, des émotions et des images liées au langage.

    En définitive, même si l'hémisphère gauche est encore vu comme l'hémisphère dominant en matière de langage, le rôle de l'hémisphère droit dans la prise en compte du contexte est important de sorte qu'il est plus juste d'envisager les spécialités langagières des deux hémisphères non plus comme des fonctions séparées, mais bien comme diverses habiletés fonctionnant en parallèle et dont l'interaction rend possible le langage humain dans toute sa complexité.

    Maintenant que vous avez ainsi une idée de la façon dont le cerveau traite le langage, je pourrai, dans mon prochain article, reparler des rêves.

Lundi 6 août 2007 à 11:36

Eveil, sommeil, rêves

    Mes articles sur les rêves m'ont valu quelques mails et pas mal de questions. J'ai répondu directement à certaines, mais d'autres m'ont paru suffisamment générales pour faire des articles de réponse.

            “...Rêvons nous en couleur ou en noir et blanc ? “

    C'est une question intéressante car elle permet d'illustrer le mécanisme des rêves, mais aussi de parler “physique”.

    Je vais d'abord vous surprendre, mais la couleur cela n'existe pas dans la réalité.
    Ce qui existe ce sont des rayonnements de diverses longueurs d'onde (ou fréquences) notamment dans la “lumière visible”.
    Les corps absorbent certaines longueurs d'onde et en réfléchissent d'autres.
    Notre rétine contient des cellules nerveuses, dont certaines, les cônes (4 millions dans chaque rétine ), qui sont sensibles aux fortes lumières et à une bande de longueur d'onde. Il y a trois sortes de cônes sensibles à des bandes (on verra plus tard qu'elles correspondront au rouge, au vert et au bleu.)
    Il y a aussi d'autre cellules, les batonnets, (100 millions) sensibles aux très faible intensités de lumières, toutes longueurs d'ondes confondues.
    Les trois types de cônes et les bâtonnets envoient des signaux d'intensité de lumière : une première couche, dite “primaire”, de neurones du cerveau (à l'arrière de notre crâne, chacun des neurones de cette couche est relié à un neurone de la rétine ) traite chaque signal et répartit l'information entre d'autres couches.
Les deux couches suivantes recréent une image en noir et blanc de ce que nous voyons (elles traitent les contours et les textures).
    Une quatrième couche analyse les signaux des trois types de cônes sensibles à trois longueurs d'ondes particulières.     
    Une cinquième couche analyse les déplacements et donc les mouvements et une sixième couche de neurones les “formes élaborées” pour les reconnaître (par exemple un visage, un animal, un objet ...).

    Dans cette quatrième couche, des neurones spécialisés analysent pour chaque point de l'image les signaux reçus des cônes “rouges”, des cônes “verts” et des cônes “bleus” et d'autres neurones dfont la synthèse en dont une information du type (35% rouge + 25% vert + 40% bleu). Finalement c'est cette information que nous donne le cerveau : c'est une sensation.
    Nous, humains, “animaux pensants”, grâce au langage, nous appelons cette sensation “couleur”.
    A chaque sensation correspondant à trois pourcentages donnés, nous faisons correspondre une couleur différente à laquelle nous donnons un nom : rose, jaune, marron, etc....
    Ainsi, tout comme la télévision ou notre écran d'ordinateur, nos neurones reconstituent toues les couleurs à partir de 3 couleurs fondamentales que nous avons nommées rouge, vert et bleu.

    Mais la couleur n'existe pas. Si un corps absorbe toutes les longueurs d'onde correspondant au bleu et au vert, l'oeil ne transmettra que les signaux des cônes “rouges” , sensibles à cette longueur d'onde, et nous dirons que ce corps est “rouge”.   
    La réalité ce sont des lumières de diverses longueurs d'onde plus ou moins absorbées et la couleur n'est qu'une “création” de notre cerveau qui attribue un nom à des signaux transmis par 3 sortes de neurones sensibles à des longueurs d'ondes spécifiques.

    A la sortie de ces six couches d'analyse des signaux de vision, les informations décodées par le cerveau sont très complètes et nombreuses, elles sont alors transmises à deux zones du cerveau que nous appellerons le “Quoi?” et le “Ou?” (schéma ci dessous).



    Le centre “Quoi” va comparer les informations reçues à des données de notre mémoire visuelle et il va identifier l'image : c'est le cousin Astérix, Idéfix mon chien, un ordinateur, un stylobille, un arbre, une rose...... Un peu comme un bibliothécaire, il va chercher en mémoire leur nom et éventuellement des carctéristiques essentielles et envoie tous ces renseignements au cortex (via le Thalamus).
    Le centre “Ou” va examiner l'environnement visuel et déterminer où se trouve l'objet de l'image par rapport à cet environnement.
    C'est lui qui permettra au cortex de guider ensuite les gestes ou les mouvements pour prendre l'objet ou au contraire l'éviter.

    Mais ceci ne se passe ainsi que lorsque nous sommes éveillés et que nos yeux ouverts transmettent des signaux au cerveau.
    Lorsque nous sommes endormis, la rétine ne transmet rien et la première couche d'analyse primaire de la vue est au repos.
    Par contre pendant le sommeil paradoxal notamment le cerveau se débarasse de tout ce qui lui paraît superflu ou gênant et notamment les perceptions inconscientes. Il envoie donc aux couches autres que la couche primaire des “images internes” provenant de la mémoire.
    Ce sont ces images qui, lorsqu'on se réveille, alimentent le rêve et comme des informations peuvent être transmises à la couche IV de neurones, qui habituellement analyse les couleurs, on peut donc parfaitement avoir une sensation de couleurs dans un rêve.


“.... Dans mes réves, je fais ce que je veux. Je change la couleur du ciel, je vole...”

    C'est normal, mais c'est un peu une illusion.
    Ce que tu fais ce n'est pas ce que tu as décidé quand tu étais éveillée.
    Tu fais ce que tu décides dans ton rêve, même des choses parfois impossibles dans la réalité. Mais ce sont des décisions fictives, que tu as prises dans ton rêve.
    Quand tu es révéillée, c'est le cortex qui en général décide, mais influencé par le cerveau émotionnel, par les sensations venant de l'extérieur et transmises par les centres d'interprétation, et par l'expérience provenant de notre mémoire.
   
    En fait on rêve (les rêves qui nous restent en mémoire quand on est éveillé, car des autres ils ne nous reste rien en mémoire) au moment où on se réveille, au moins pendant quelques secondes (quitte à se rendormir ensuite).
    En fait les images arrivent en se bousculant de façon désordonnée, et le cortex, qui n'est pas encore en pleine possession de ses moyens, voudrait reprendre les commandes et n'y arrive pas;
    Alors il esssaie d'expliquer, comme il peut, l'enchaînement bizarre des faits et “pour sauver la face”, il fait semblant d'avoir décidés ces faits.
    Et quand tu te rappelles ton rêve, tu as en mémoire que c'est toi qui as décidé tout cela !

Jeudi 2 août 2007 à 19:05

Scarification, suicide

    Une de mes correspondantes m'a suggéré d'écrire des articles destinés à celles d'entre vous qui avez parfois des idées morbides, tout en n'étant pas encore dépassées par vos sentiments et votre tristesse, et donc conservent encore une certaine capacité de logique et de raisonnement.

    Je m'adresserai aujourd'hui à celles qui ont envie de passer à l'acte, mais sans avoir l'intention de mourir, uniquement à titre “d'avertissement” pour attirer l'attention de quelqu'un sur soi.
    Il peut s'agir des parents, mais les cas que j'ai recontrés le plus souvent sont des chagrins d'amour, soit qu'un petit ami vous ait quittée, soit que vous vous morfondiez d'amour pour un garçon qui ne fait guère attention à vous.
    Alors, dans ce cas, vous essayez d'attirer son attention par cet acte désespéré, vous voulez aussi lui montrer de quoi vous êtes capable pour ses beaux yeux, et puis même comme vous lui en voulez un peu (ou beaucoup), ce geste est également destiné à le culpabiliser et donc à vous venger un peu de lui.
    Mais bien entendu, il ne faut pas que le risque soit trop grand et alors vous utilisez plutôt des médicaments, judicieusement choisis ainsi que leur dose, pour que vous soyez un peu malade (faut quand même que ce soit vraisemblable !), mais pas trop. D'ailleurs, pour que cela ne dégénère pas, vous avertissez vite quelqu'un de votre geste, pour qu'on n'oublie pas de venir à votre secours. (le docteur ou l'infirmière, c'est encore mieux, pour qu'on vous soigne vite !).

    Je vous le dis tout de suite, un tel acte est absurde, tant sur le plan du risque que de l'efficacité.

    Le risque, malgré vos précautions, n'est pas anodin.
    Vous connaissez mal les médicaments et même si un “vidal des familles” existe dans la bibliothèque, les doses indiquées, ainsi que leurs effets, sont des moyennes, et même si vous avez calculé sans vous tromper celle relative à votre poids, il faut savoir que les sensibilités individuelles peuvent être assez variables, notamment en fonction de votre état de santé ou de réactions par exemple allergiques, ou de potentialisation entre deux médicaments (ou par l'alcool que vous auriez pris pour vous donner du courage).
    Il y a eu des cas où l'ado est tombée dans le coma, et où elle risque, si les cellules du cerveau sont mal irriguées, des paralysies ou autres séquelles graves.

    L'efficacité de votre geste est très incertaine.
    D'abord un garçon, surtout s'il est jeune, a horreur de ciulpabiliser. Alors votre geste va plutôt l'éloigner encore plus de vous.
    Si c'est un garçon sérieux et qu'il a de l'affection pour vous, certes il s'occupera de vous, essaiera de vous aider sur le moment, mais ce n'est pas cela qui le fera changer d'avis s'il n'a pas, ou plus envie de vous aimer.
    Au contraire, il trouvera que vous êtes une fille à problèmes, et que cela risque de lui en attirer d'autres s'il continue ou devient votre petit ami.
    Et ne croyez pas qu'il admirera votre courage. Il considèrera au contraire que vous n'avez pas pensé à vos parents, à vos amis à qui vous allez faire beaucoup de peine. Vous n'avez pas pensé à son chagrin à lui et donc vous n'avez pas tellement d'attachement pour lui.
    Bref il verra beaucoup plus l'aspect “faiblesse” de votre acte que l'aspect “courage” et vous n'en sortirez pas grandie, au contraire.
    Le pire c'est si vous avez fait du chantage : “si tu ne m'aimes pas, je me tue”. Je n'ai pas encore rencontré de garçon aujourd'hui qui supporte cela (peut être en était il autrement au temps des romantiques du 19ème siècle !.)
  
    Bref  les exemples que j'ai pu voir, ont toujours été plutôt négatifs, par rapport au but recherché.
   
    Par contre vous allez perturber grandement votre vie familiale, semer le désarroi et la peur dans votre famille, et souvent augmenter votre propre peine et vous déstabiliser un peu plus, parce qu'un tel geste est beaucoup plus stressant qu'on ne croit, pour celui qui le tente.
   
    Si certaines d'entre vous qui lisent cet article, avaient des intentions de ce type, venez m'en parler avant, pour qu'on en discute. On trouvera sûrement ensemble des solutions ayant un meilleur rapport risque / efficacité, qui ne vous ramèneront peut être pas votre ami, car sa décision est peut être irrévocable, mais qui du moins, ne vous feront courir aucun danger et n'apporteront pas de catastrophe dans votre famille.
    Même sans être Cyrano de Bergerac, je peux vous aider dans une telle démarche.

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lancien

sortir de la tristesse

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