Vendredi 7 mars 2008 à 16:39

Inné et acquit


    Dans le précédent article je vous ai montré comment notre patrimoine génétique déclenchait un processus chimique très complexe, qui permet la formation de milliards de neurones, puis leur migration vers des centres spécifiques et enfin la croissance de dendrites et d'axones qui se relient entre eux formant des millions de milliards de connections appelées “synapses”.
    Mais ce processus chimique a une certaine autonomie  et la phase terminale des connections est même aléatoire, de telle sorte qu'une partie de la formation de notre cerveau échappe à l'hérédité et même aux lois de la génétique.
    Toutefois nous n'avons  aucune action sur cette formation qui est donc “innée”

    Mais lorsque nous naissons, seuls les centres du cerveau qui régulent notre vie autonome fonctionnent normalement.
    Bien qu'ils possèdent les neurones nécessaires et même des connexions en nombre superflu, notre cerveau émotionnel n'a encore aucun sentiment et notre cortex ne réfléchit pas et le bébé perçoit bien peu de sensations à sa naissance.
    Nous allons donc maintenant voir l'évolution du cerveau après la naissance et nous constaterons l'énorme influence de l'environnement et de l'éducation sur cette évolution.

                    Le “démarrage” :

    L'environnement a déjà une très faible influence sur l'embryon avant sa naissance.
    Le mécanisme de l'ouïe fonctionne chez le foétus de six mois et il “entend” et son cerveau apprend à reconnaitre certains bruits répétitifs et familiers, de façon inconsciente car il ne sait pas ce qu'ils sont (c'est le cas de la sonnerie d'une horloge, de la voix de ses parents ...). La mémoire des sons commence à fonctionner.
    Le mécanisme du toucher  et de la perception de chaleur commence à fonctionner et engendre par l'intermédiaire de la moelle épinière des actes réflexes de mouvements, mais le cerveau ne commande pas encore les mouvements. Mais le bébé “bouge”.
   
    Le bébé vient de naître. L'hypothalamus met en route le processus de contrôle de la respiration et du fonctionnement autonome de la vie de ce nouveau corps qui doit maintenant s'assumer seul. Il commence à contrôler le sommeil et quelques instants d'éveil où les yeux s'ouvrent.
    Un réflexe instinctif provoqué par l'entrée d'air dans les poumons a provoqué les signaux nécessaires au déclenchement des processus des cris.
    Le bébé est aveugle, mais l'oeil perçoit de la lumière et les neurones des aires visuelles (à l'arrière de la tête au dessus de la nuque), reçoivent des signaux qui pour le moment, ne signifient rien pour elles.  Les neurones du tronccérébral battent la mesure à 40 hertz et le thalamus commence à faire ses cycles de coordination des sensations.
    Les aires du cortex sur le dessus du crâne reçoivent des informations sur le toucher, l'état de contraction des muscles et essaient de contrôler les mouvents réflexes jusque là laissés à l'initiative de la moelle épinière.

    Quelques jours : l'hypothalamus délivre des signaux de faim et de soif.et le réflexe de téter est là. Peu à peu le cortex associe des signaux qu'il reçoit du nez, de la langue et des lèvres qu'il relie à ceux de faim et à sa tétée, et si celle ci ne vient pas, il déclenche des cris. Bébé reconnait l'odeur de sa mère.
    Peu à peu les processus nécessaires à la vie se mettent en place.
    Le bébé est très myope (pour ne pas donner trop d'information au cortex qui ne pourrait tout traiter, car il ne sait pas encore), mais les aires visuelles s'habituent à voir les formes, les couleurs, les déplacements.

    Bébé a un mois. Sa myopie diminue. Il commence à voir les visages qui se penchent sur lui et le processus ultra-compliqué et ultra-performant de reconnaissance des visages commence à se mettre en place pour analyser lles visages familiers qu'il reconnaîtra vers 3 mois.
    Si cela intéresse mes lecteurs je pourrai vous expliquer dans un futur article, comment le cerveau reconnait les visages.
   
                L'apprentissage de son corps

    Quatre à huit mois, première phase d'apprentissage intensif..
    Les centres de la vision savent interpréter ce qu'ils voient et le cortex reçoit ces informations et sait maintenant commander les muscles. Mais il ne sait pas encore coordonner l'information et l'action et faire des mouvements “efficaces”.
    Un processus extraordinaire entre alors en jeu.
    Bébé veut attraper un objet, il essaie mais l'évaluation de la distance et la coordination avec le geste n'et pas bonne : il  passe trop loin. Pas de signal nerveux i: l faut recommencer.
    Cette fois il touche l'objet. Un centre du cerveau central “un “centre d'apprentissage” va libérer un peu d'un neuro-transmetteur , la dopamine, et des neurones dont les synapses utilisent ce neuro-transmetteur vont envoyer un petit signal au cortex  : c'est mieux. Le cortex modifie sa stratégie et Bébé va essayer de s'approcher plus; cette fois ci il saisit l'objet mais le lâche. Signal plus fort : on est sur la bonne voie. Dernier essai et l'objet est pris : beaucoup de dopamine et signal très fort : essai réussi.
    Si au contraire l'essai avait été moins bon, le siganl aurait été plus faible.
    Ainsi notre cerveau est guidé par un mécanisme de récompense ou de sanction, émis par ce centre d'apprentissage, qui permet d'optimiser les gestes et plus généralement les actions faites dans un but donné, en fonction de la réussite plus ou moins grande de l'approche du but.
    C'est ainsi que nous apprenons à utiliser nos perceptions et notre corps à maîtriser l'environnement et plus tard à marcher. C'est aussi pour le cortex le début de la réflexion et de l'organisation des actions. Il met ainsi au point des méthodes pour tous nos automatismes.
    Ce mode opératoire c'est le renforcement d'une série de connections, le renforcement des actions de certaines synapses qui représentent la séquence des opérations à réaliser.

    Finalement dans cette tâche d'apprentissage, c'est une recherche de mode opératoire par le cortex, qui est guidé par un censeur : les centres d'apprentissage, et qui finit, à force de répétitions et de mises au point successives,  par optimiser le processus.Si c'est une tâche relativement automatique, dès qu'il a réussi, il donne le mode opératoire au cervelet et passe à une autre tâche.
    Ce mode opératoire est ensuite mémorisé dans le cervelet qui pourra ensuite l'exécuter sans intervention du cortex, automatiquement et instinctivement.
    C'est ainsi que nous allons apprendre à nous servir de nos sens, de nos membres, à marcher et plus tard, comme ado ou adulte, à jouer du piano, au tennis, à taper sur un clavier, à nager, à être en équilibre sur un vélo ou une planche à voile, à conduire une voiture .....
    Tant que la tâche est routinière le cervelet l'assume sans que nous soyons conscients, mais quand une difficulté se présente, le cortex reprend le commandement des opérations.

    Le cervelet n'est pas le seul à avoir un apprentissage dans cette période.
Le bébé découvre son environnement et donc son cerveau reçoit une multitude de perceptions. Le thalamus coordonne vue, ouie, toucher goût, odorat et le cortex s'habitue à interpréter ces diverses informations et à se former une “cartographie” de son environnement.
    Deux centres se développent pour compléter le travail des centres de la vue : un centre qui identifie les images et les objets et un autre centre qui nous donne la cartogarphie de l'espace qui nous entoure.

    Cet apprentissage chez le bébé : attraper son biberon, se servir de ses mains, s'asseoir, marcher, se diriger, se fait de façon presque  inconsciente par essais successifs mais sans un effort de réflexion apparent.
    On a donc tendance à croire que c'est sinon inné, du moins naturel, automatique.
    Il n'en est rien. Nous pouvons beaucoup participer à la formation du bébé.
    L'aider dans ses gestes, lui donner des jeux qui puissent favoriser cet apprentissage, lui donner toute occasion de perfectionner ses systèmes de perception, de raisonnement certes simpliste, mais aussi de découverte et de créativité. Il va dans ces apprentissages dejà exercer sa mémoire toute neuve et prendre des habitudes, des règles de vie aussi.. C'est le début de la formation de son “goût”, les centres d'apprentissage se transformant peu à peu en “centres du plaisir”.
    Cet apprentissage, les parents, les puéricultrices des crèches et maternelles en sont en partie responsables. On ne le sait pas assez.

                Apprentissage devient formation du cortex

    Deux étapes cruciales dans la vie de l'enfant : apprendre à parler, puis à lire et à écrire.
    Là ce n'est plus inconscient. C'est un véritable travail pour le cerveau de l'enfant. Mais le mécanisme d'apprentissage joue toujours.
C'est le développement du centre de Wernicke qui comprend le langage, puis la lecture, du centre de Broca qui apprend la parole, puis l'écriture, du centre de Geschwind qui gère la mémoire du langage et des objets associés.
    Un remaniement complet de la mémoire intervient. Jusque là articulée autour d'images et de perceptions, elle devient linguistique en groupant dans des sites voisins les aiguillages vers les mots qui représentent des notions ou des objets de la même famille.
    Certes il y a un mécanisme, un automatisme de la parole, de la lecture et de l'écriture, qui devient inconscient et auquel le cervelet participe.
    Mais la signification des mots et des phrases est du ressort du cortex.
    L'enfant apprend là à réfléchir à émettre des idées à définir tout son environnement par les mots.
    L'enfant “devient intelligent” et là encore la responsabilité de ses parents et de ses éducateurs est énorme. Parler à un enfant, discuter avec lui, lui apprendre du vocabulaire et l'aider à connaître son environnement, lui faire découvrir les choses, l'habituer à réfléchir, à imaginer, à faire des hypothèses, à raisonner, à avoir du bon sens et à suivre des règles, à s'en imposer aussi, ce sont des choses primordiales qui peuvent décupler son développement et son intelligence (mais aussi quelquefois lui donner nos mauvaises habitudes ou des habitudes néfastes pour son avenir).
    On sous-estime notamment l'importance du jeu sur son développement et trop souvent de nos jours, on traite l'enfant comme une grande personne qu'il n'est pas, notamment par le développement de son cerveau.
   

                Et les sentiments me direz vous.?

    Paradoxalement si l'on connait un peu le fonctionnement du cerveau émotionnel, si l'on a identifié des centres qui interviennent dans les principales manifestations sentimentales : colère, peur, anxiété, rapports sociaux, émotivité, humeurs positives ou négatives, voire même amour maternel, on ne connait pas grand chose, ni sur le développement du cerveau émotionnel, ni sur le développement des “sentiments et émotions”
    En fait le problème est très complexe parce qu'il n'est pas limité au cerveau émotionnel, mais est l'affaire du cerveau tout entier avec de multiples actions réciproques.
    Les neurobiologistes manquent de moyens d'investigation et ne se sont pas suffisamment penchés sur ces problèmes, qui restent encore trop du domaine des seuls psychologues, sociologues et médecins.
    Cette période de l'enfance après la possession du langage est celle où l'enfant prend vraiment conscience d'exister, de son “moi” (je sais que certaines d'entre vous s'intéressent à la nature de ce “moi” et j'aimerais en discuter), et d'être différent des autres.
    Il apprend aussi  ce qui distingue les hommes des animaux : à imaginer ce que peuvent penser les autres, à anticiper leurs pensées et leurs raisonnements  et à s'en servir pour ses propres actions, mais aussi pour avoir barre sur autrui.

    Un phénomène important commence à se manifester : les centres d'apprentissage ne servent plus uniquement à automatiser nos processus, mais ont en liaison avec le cerveau émotionnel une action sur la mémoire de ce qui nous est bénéfique ou nuisible.
    C'est ainsi que quand il mange de la glace à la vanille ou de la glace au café, le nez et le palais envoient des infoemations qui, pour des raisons que l'on connaît mal (probablement de connexionx très complexes dans le cerveau émotionnel, vont déclencher une libération de dopamine et un signal positif au cortex et à la mémoire. L'enfant aimera la glade au chocolat et à la vanille.
    Les centres d'apprentissage vont donc “former les goûts” de l'enfant.

    Mais l'enfant est encore très influençable et là aussi parents et éducateurs ont une grande responsabilité : celle d'obliger l'enfant à multiplier les expériences pour qu'il puisse former ce goût, qu'il puisse comparer, l'obliger à goûter, sentir toucher, voir de multiples choses, discuter avec lui des différences et des réactions qu'elles provoquent, l'aider à argumenter et faire ses choix et trouver dans des images, livres, visites, la pluarlité des informations pour qu'il ait une certaine liberté dans ses choix, mais aussi qu'il ne se comporte pas comme un mouton.
   
    Enfin il faut être conscients pour comprendre le prochain de mes articles de la chose suivante : :

    Sur le plan de l'amour l'enfant est axé sur sa famille et donc sur l'amour des parnents, grands parents, frères et soeurs.
    Sur le plan de la sociabilité, sont importants pour lui les camarades de jeu et de classe. et l'amitié qui peut en résulter.
    De plus il a  des “représentations sentimentales”, par exemple les poupées, les peluches ou les animaux de compagnie.
    Mais contrairement à ce que croyait Freud, l'enfant n'a pas de préoccupation ni de désirs et refoulements sexuels.
    Même s'il sait comment on fabrique un bébé, si on lui a donné une certaine connaissance dans ce domaine, ce n'est pas un besoin pour lui.
    Rien ne se passe vraiment avant la puberté.
    Le cerveau de l'enfant est à la fois asexuel et bisexuel.

        L'adolescence : Centres d'apprentissages deviennent centres du plaisir.

    Un phénomène important va intervenir, en général au début de l'adolescence.
    La nature ( les lois de l'évolution), concidère que l'enfant ayant beaucoup appris en matière de mécanismes et d'automatismes, n'a plus autant besoin de ses centres d'apprentissages.
    Environ 30% des connexions des centres d'apprentissages vont disparaître et une partie de ces centres va se transformer en ce que les journalistes appellent “les centres du plaisir”.
    Je pourrai un jour vous en expliquer le fonctionnement si vous le désirez.   
    Ces centres fonctionnent comme les centres d'apprentissage en libérant  de la dopamine et donc en délivrant des signaux forts lors d'un événement ou d'une sensation agréables, (ou coïncidant avec un événement agréable), et ne délivrant aucun signal, mais en excitant au contraire des centres du cerveau émotionnel lors de sensations désagréables ou de coïncidence avec des événements désagréables.
    De même que nous maximisions les réussites de nos buts avec les centres d'apprentissages, nous maximisons les manifestations de plaisirs avec ces nouveaux “outils”
    En fonction donc des habitudes que prennent ces centres du plaisir, des sensations et événements qui accompagnent nos pensées, nos émotions, nos actions, ou les situations, l'ado va façonner ses goûts, ses joies, ses plaisirs mais aussi nos habitudes bonnes ou mauvaise, voire nos vices.

    Cette époque de l'adolescence est difficile pour plusieurs raisons :
    - L'ado est en partie privé des centres d'apprentissages auxquels il était habitué. Il a donc des difficultés passagères pour réaliserncertaines actions.
    - Il est confronté à ces “centres du plaisir” qu'il ne maîtrise pas.
    - Son cerveau préfrontal qui a entre autres, la tâche de prévoir les conséquences de nos actes n'est pas parvenu à maturité en matière de connexions, parce que l'enfant n'a pas eu l'occasion d'acquérir de l'expérience de ce genre de problème. L'ado ne mesure donc pas bien les risques et les conséquences de ses actes.
    - Il n'a pas l'expérience d'un adulte, est plus sensible, moins résistant au stress; il est beaucoup plus influençable.
    - Il se voit grandir et ressent un besoin d'autonomie et de liberté, mais en même temps, craignant de ne pas savoir l'assumer, il souhaiterait  rester enfant dans le nid familial. Dure contradiction.
    - Dans ce contexte difficile l'ado ressent plus que jamais le besoin d'être écouté, encouragé, aidé, conseillé, tout en jouissant d'une certaine autonomie et d'une certaine confiance.
    Et encore plus, il a besoin de tendresse et d'amour.
    - Et malheureusement il ne sait pas encore bien communiquer et parfois aussi craint que cette communication n'ait des conséquences désagréables et donc il ne se confie pas à ceux qui pourraient l'aider
   
    L'adolescence est certainement la période de sa vie ou l'enfant en route vers l'état d'adulte, mais dont le cerveau n'a pas encore les capacités et les connaissances et l'expérience pour assumer cet état, a le plus besoin de ses parents ou de “tuteurs référents” sur  lesquels il puisse s'appuyer et  qui le conduisent hors de l'enfance et de l'adolescence ( ex ducare, “conduire hors de”, c'est éduquer).
    Je suis très perplexe de constater avec mes guenons, que souvent les parents actuels, trop occupés par leur travail ou leur vie et ses problèmes, n'ont pas le temps ni quelquefois l'envie, de s'occuper des soucis et difficultés de leurs ados, qui sont ainsi délaissés, d'autant plus que la mode, l'influence des médias et des psys a entraîné une fâcheuse habitude : celle de considérer les ados comme des grandes personnes, sans s'apercevoir qu'ils sont à peine sortis de l'enfance.

    Et là, au mileiu des difficultés et problèmes de l'adolescence, arrive la puberté. Ce sera l'objet de mon prochain article.




Vendredi 7 mars 2008 à 8:27

Divers



    Nous avons eu hier une panne de cow blog presque toute la matinée : pas moyen de faire un commentaire ou de poster un article. On me répondait que l'accès au serveur était inaccessible, l'ordinateur était en panne.
    J'ai fait une enquête et je sais pourquoi.


 
    J'ai été voir la ligne électrique qui alimentait leur ordinateur. L'électricité ne pouvait passer. Le fil était étranglé par des pinces à linge.!
    Une cowblogeuse avait fait sécher sa petite lessive et nous, nous séchions sur la façon de poster nos articles !!

Jeudi 6 mars 2008 à 14:35

Inné et acquit

    Dans un des commentaires à propos de mon article sur l'homosexualité, “Ankou” m'écrit :

“....le déterminisme; c'est un sujet qui m'intéresse énormément... Mais difficile, car il y a une part de génétique (c'est indéniable), d'hormonal, de culturel (le contexte socioculturel du pays dans lequel tu vis), il y a le rôle de l'éducation et des avis de la famille... Dur de trouver comment ça se fait... Mais une chose est sure : on ne choisit pas d'être homo. On l'est, à la naissance”

    Je suis d'accord avec toi sauf sur un point : on n'est pas plus homo à la naissance qu'on n'est délinquant ou saint.
    La sempiternelle question de l'inné et de l'acquis est une source sans cesse renouvelée de faux problèmes et de malentendus.
    Je vais essayer de vous expliquer le plus simplement possible. Ce sera un peu à nouveau un cours de SVT, mais c'est difficile de faire autrement et pour ne pas vous endormir, je ferai plusieurs articles..

    Il faut que je commence par la génèse du cerveau chez l'embryon.
Ce sera l'objet de cet article qui va nous permettre de différencier ce qui est génétique et ce qui est inné et les mécanismes d”acquisition ultérieure.

    Dans l'article suivant je ferai la différence entre l'apprentissage instinctif chez le bébé, l'acquisition volontaire chez l'enfant, puis l'acquisition progressive des connaissances des goûts et des habitudes de plaisir et de déplaisir.

    On pourra dans un troisième article reparler d'homo et de bisexualité.

    Pendant les quinze premiers jours de la gestation, l'ovule fécondée se multiplie, mais reste relativement indifférenciée. Entre les 7ème et 10ème jours, elle se fixe sur la paroi de l'utérus et continue à se développer ainsi que le placenta qui la nourrit.
    La troisième semaine de développement débute par une réorganisation cellulaire importante, des marqueurs chimiques d'origine génétique dirigeant une première différenciation en trois types de cellules qui vont conduire à la formation d'une part des poumons, des intestins et du foie, d'autre part  des os, des muscles, du système vasculaire, des reins et des organes reproducteur et enfin  “ l'ectoderme ” , qui donnera naissance à la peau et au systèmes nerveux central et périphérique.

    Durant cette troisième semaine on voit apparaître au milieu du foetus, ce qu'on appelle une plaque neurale, qui se “fend” dans le sens de la longueur et se ferme peu à peu. (figure 1), la tête se formant ensuite autour du haut de la plaque qui sera le cerveau, alors que le reste de la plaque donnera naissance au système nerveux périphérique. (figure 2)


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220984.jpg
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http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220999.jpg













  
Au début de la quatrième semaine le haut de cette plaque se divise en cinq parties qui donneront peu à peu naissance aux diverses parties importantes du cerveau que j'ai décrites dans d'autres articles. (figure 3). Le cortex deviendra la couche extérieure du cerveau, qui pense, maîtrise le langage, perçoit et commande notre motricité. Le cerveau émotionnel sous-jacent régira sentiments et émotions, le thalamus coordonne nos sensations et perceptions, et le corps calleux fait communiquer les deux hémisphères droit et gauche.
    

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220993.jpg    La photo (figure 4) montre l'extrémité supérieure d'un embryon de 4 semaines qui pèse environ 2 grammes et a quelques millimètres de large et 2 cm de long environ, et sur lequel on voit bien l'ébauche du cerveau et autour ce qui deviendra la tête

    Les premiers neurones se forment à la fin de la 4ème semaine. Dès le 33ème jour, on constate un développement différencié de la moelle épinière et du cerveau. Entre le 2ème et le 5ème mois, la formation des neurones atteint son maximum; elle s'achève quelques mois après la naissance. Par la suite nous ne fabriquerons plus de neurones, mais au contraire, nous en perdrons en vieillissant.
    Les centres du cerveau essentiels à la vie végétative se forment en premier
    La première ébauche du cortex apparaît après six semaines de gestation
    Il va peu à peu se former 100 milliards de neurones dans notre cerveau qui en moyenne vont avoir 10 000 connexions chacun, ce qui représente (10 puissance 15) synapses (les connexions entre axones et dendrites, à prédominance chimique) avec des densités jusqu'à 250 000 synapses par millimètre cube. C'est un énorme chiffre !
    Ce sont ces innombrables synapses et connexions qui sont la base du fonctionnement de notre cerveau, car tout ce qui est “pensée”, perception, réflexion, décision, mémoire, sentiments, se résume en des réseaux de connexions.

    La plupart des neurones vont migrer sur des distances appréciables à l'échelle de l'embryon, de quelques millimètres, pour atteindre la zone qui leur est dévolue où ils pourront se différencier et avoir une fonction déterminée. Ils font ce déplacement en “rampant” le long d'un réseau particulier de cellules de soutien, (comme sur une autoroute), guidés par des “marqueurs chimiques” que l'on appelle “facteurs de croissance”.
    Puis les axones vont “pousser” comme les bourgeons et les tiges d'une plante, et se diriger vers les “cibles” que sont les dendrites d'une certaine population de neurones nécessaires à la bonne marche de cette fonction. Les axones vont continuer à se diriger vers les dendrites cibles à quelques fractions de millimètre près, attirés ou repoussés par des "sémaphores" chimiques et aidés par un réseau de “cellules de soutien” et des "colles" temporaires“, puis il y a jonction avone dendrite avec formation d'une synapse, grâce à "molécules de reconnaissance", et enfin un signal chimique d'arrêt de croissance des axones.
    Les premiers contacts synaptiques simples apparaissent vers la dixième semaine mais ne sont vraiment généralisés qu'au cours du cinquième mois de gestation. Durant le septième mois, le développement synaptique se fait de manière extensive dans toutes les régions du cerveau. Les synapses continuent de se former à un taux très rapide après la naissance et atteignent leur densité maximale entre six et douze mois après la naissance.

    Je vous ai donc décrit le plus simplement possible, un processus chimique très complexe de formation des réseaux de neurones et surtout de la croissance de leurs prolongements (axones) sous l'effet de marqueurs chimiques spécialisés. Ces marqueurs sont commandés par notre patrimoine génétique.
    Il y a donc une part d'hérédité dans la formation de notre cerveau, puisque nos gènes proviennent de nos parents, mais ce processus chimique d'expression des gènes a une certaine autonomie et donc il y a aussi une part d'influence génétique qui peut être autre que l'hérédité.
    Cette influence génétique donne naissance à des centres qui, bien qu'ayant la même fonction, ne sont pas identiques d'un individu à l'autre. Cela se traduit par des qualités et des déficiences différentes de fonctionnement et surtout par des possibilités différentes : c'est la partie génétique de nos “préférences cérébrales” dont je vous parle parfois.
    Mais un facteur supplémentaire d'incertitude intervient : les marqueurs chimiques amènent l'axone jusqu'à une très faible distance de sa cible (quelques centièmes de millimètre), c'est à dire dans une population de neurones ayant des fonctions précises,mais à partir de là, les connexions se font “au hasard” et donc sans contrôle génétique.
    C'est pour cela que les cerveaux de deux “vrais” jumeaux (monozygotes, c'est à dire issus de la même ovule), bien que très ressemblants, sont malgré tout  différents car les connexions ne sont pas identiques.
    Nos cerveaux sont donc tous différents, mais jusqu'à la naissance nous n'avons pas de pouvoir sur leur formation. C'est cela la partie innée. (dans laquelle il y a une parte héréditaire, une partie gébétique et une partie aléatoire).
    Mais nous allons voir qu'ensuite, après la naissance, notre action sur la formation de notre cerveau est immense.

    En effet pendant surtout les deux premières années de notre vie de bébé, mais encore par la suite, certaines connexions vont évoluer et pourront changer de destination jusqu'à l'âge adulte.
    Au départ nous avons un nombre de synapses très superflu pour un fonctionnement correct du cerveau. La façon dont nos allons utiliser notre cerveau va influer sur son contenu
    Les connexions les plus utilisées vont  se renforcer et les autres disparaître, façonnant ainsi des réseaux de neurones uniques à chaque individu. Il y aura même disparitions de certains neurones inutilisés
    En formant une multitude de synapses dans la phase précoce de son développement, le cerveau peut ensuite sélectionner les combinaisons qui fonctionnent le mieux pour perfectionner ses circuits.
    La phase d'élimination sélective des synapses débute quelques mois après la naissance  et va amener une diminution de 60 % des synapses lorsque le cerveau devient celui d'un adulte mature.
    En outre une gaine isolante de myéline se forme autour des nerfs et augmente considérablement la vitesse du signal d'influx nerveux et donc la vitesse de réacrion et le rendement du fonctionnement du cerveau. La myélinisation du cortex commence juste après la naissance et se poursuit jusqu'à environ 18 ans, bien que certaines régions du cerveau soient complètement myélinisées bien avant.

    Les neurones du cortex conservent aussi durant toute la vie une grande plasticité. car ils peuvent modifier l'intensité et la durabilité de connexions entre neurones en fonction de ce que nous apprenons à faire ou de ce que nous mémorisons. S'il n'en nétait pas ainsi, nous ne pourrions plus rien faire après 30 ans environ.
    Cette capacité de modifier l'efficacité des connexions synaptiques est beaucoup moins marquée dans les régions cérébrales plus primitives comme le le cerveau central, l'hypothalamus notamment et le tronc cérébral.

    Dans le prochain article, je reviendrai sur les mécanismes qui nous permettent consciemment ou inconsciemment de modifier notre cerveau en changeant l'importance de ses connexions internes entre réseaux de neurones.



Mercredi 5 mars 2008 à 9:38

Sexualité, Homosexualité



    Mon dernier article sur l'homo et la bisexualité chez les jeunes m'a valu de nombreux mails, plus de 30, et quelques commentaires.

    J'ai essayé de faire le tri dans ces remarques et je vais répondre aux questions qui me paraissent générales, en faisant plusieurs articles et j'écrirai à ceux ou celles qui m'ont posé des questions plus personnelles.

    “Pom”, tu me dis que les homosexuels sont peu nombreux parmi une population hétéro et qu'ils sont donc “anormaux”.
    Ta constatation et ton raisonnement sont exacts, et on pourrait dire effectivement que les homos sont “anormaux” ou “exceptionnels”, car ils sont “hors norme” ou “une exception”.
    Mais je pense qu'il faut éviter ces mots qui dans la langue courante ont une autre signification. “Anormal” aujourd'hui signifie pour la plupart des gens quelqu'un qui est un peu “félé” et “exceptionnel” quelqu'un aux qualités extraordinaires, ou un être “formidable”, alors que ce dernier mot devrait vouloir dire “qui doit être craint” mais a également évolué dans son sens courant.
    Notre langue évolue et si nous voulons être compris il vaut mieux rester dans les acceptions courantes, car nous risquons dans le cas contraire, des malentendus regrettables.

    “Cerise”, tu me dis que j'ai une sympathie trop grande envers les personnes qui ont un penchant homosexuel et que donc je ne suis pas objectif.
Tu as eu cette impression, mais je pense qu'elle vient plutôt de tes convictions. C'est vrai que le Pape a condamné les homosexuels, mais personnellement, je ne pense pas que ce soit une bonne décision.
    Je n'ai à priori ni sympathie, ni antipathie pour ces personnes.
Cela dépend uniquement de l'homme ou de la femme qui est en face de moi, de ses qualités, de ses sentiments et pas de ses convictions.
     J'ai eu des camarades et des collègues que j'appréciais beaucoup, qui étaient droitiers ou gauchers, catholiques, israélites ou musulmans, d'autres aussi athés; certains étaient de droite, d'autres de gauche, la plupart étaient ingénieurs mais certains avaient une formation littéraire et heureusement nous pensions tous différemment, mais nous respections ce que pensait l'autre et nous discutions souvent. Cette pluralité des points de vue faisait la force de notre équipe, mais surtout nous avions compris qu'il ne faut pas juger et étiquetter les gens.

    “Coing” tu me demandes si j'aurais pu être homosexuel.
    Avec mon cerveau actuel, sûrement pas, car effectivement je n'ai aucune “attirance” pour les hommes. Mais si mon cerveau avait été formé autrement, si j'avais été éduqué dans une famille différente, rien n'est impossible. Mais c'est le genre de question où il n'y a jamais de réponse. Si tout était autrement que se passerait il ?

    “Banane” tu es très choquée parce qu'une de tes camarades t'a demandé d'être sa petite amie et que tu ne savais que dire.
    Moi je trouve qu'il est plus facile de dire alors : “je ne suis pas intéressée parce que je ne suis attirée que par les garçons”, ce qui n'est qu'une constatation sur soi même, que de dire à un garçon qui te propose la même chose : “tu ne me plaîs pas”, ce qui est plus vexant pour lui.
    Mais ce qui me choque c'est que tu sois allée ameuter toute la classe contre cette fille, qui est gentille et ne vous fait pas de mal, alors que tu me disais l'autre jour qu'un de tes camarades te plaisait beaucoup et que, comme il était timide, tu allais le coincer dans un coin pour l'embrasser.
    Tu as là la même démarche que celle que tu reproches à ta camarade, mais la tienne de plus est “violente” et que dirais tu si on ameutait tes copines sur cette action en te traitant de fille dévergondée?

    “Mandarine”, tu me demandes quelle est mon attitude face à une personne homosexuelle.
    C'est simple : la même que celle par rapport à une personne hétéro ou bi.
    D'abord, je ne sais pas qu'elle est homosexuelle sauf si elle me le dit, et je n'irai pas le lui demander, même si son comportement m'y fait penser. C'est son problème intime et cela ne me regarde pas.
    Ensuite je me comporte comme je le ferai avec n'importe qui, en fonction de ses qualités de ses défauts et de nos rapports personnels.
    Si elle me parle de son orientation, je l'écoute, exactement comme j'écoute mes guenons et je lui donne mon avis. Bien sûr mon comportement sera un peu différent de même que je ne joue pas au tennis en double de la même façon avec un droitier ou un gaucher comme partenaire. En particulier je ferai attention à ne pas la choquer si la conversation porte sur des goûts ou des sentiments, par des paroles qui pourraient préter à malentendus.
    Evidemment j'éviterai de lui faire du gringue, mais de toutes façons à mon âge c'est exclu IooI

    “Pamplemousse” tu as une question bizarre “Est ce que tu aurais pu vivre avec une lesbienne?
    A priori le vieux singe étant un "mâle”, je ne vois pas somment il aurait pu vivre en couple avec une lesbienne ! Même si elle lui plaisait, c'est elle qui n'aurait pas voulu de lui !
    Mais je vais quand même répondre à ta question sur un autre plan.
   
    Plusieurs personnes, parmi mes collaborateurs, étaient homosexuels, hommes ou femmes.
    J'ai donc travaillé en permanence avec eux pendant quelques années et s'ils ne m'avaient pas dit leur orientation dans ce domaine, je ne l'aurais jamais su, car la vie de tous les jours avec eux était strictement la même qu'avec les autres personnes qui travaillaient avec moi.
   
    J'ai donc répondu ici à quelques uns des mails que j'ai reçus.

    Demain je traiterai le problème de la formation de notre cerveau et de la distinction entre génétique, inné, apprentissage, éducation et  goûts.
C'est en effet essentiel pour que je puisse répondre à certaines questions qui m'ont été posées sur l'évolution éventuelle de l'homosexualité chez un adolescent.



Nota : Je voudrais préciser que c'est moi qui ai choisi les pseudos de cet article pour préserver l'identité de mes interlocuteurs. Ne cherchez donc aucun blog qui ait un rapport avec ces pseudos, il n'y en a pas J'ai juste pris des noms de fruits.

Lundi 3 mars 2008 à 17:58

Insectes

J'ai beaucoup aimé cette devinette qu'une de mes correspondantes, la "panthère rose" a posté sur le blog d'une amie :


Qu'est ce qui fait zzzb...zzzb...???



Réponse :  snolucer  à elov iuq ehcuom enu tse'c. 



    Celle de la photo est une mouche bretonne sur le carreau de ma vitre à Saint Colomban, et surprise, elle n'a pas de taches blanches comme les vaches. Je n'ai pas eu le temps de lui en tatouer. Elle s'est envolée. Dommage, elle aurait épaté ses copines !
    Cela dit, je n'ai jamais vu des mouches volant à reculons, et vous ??

Lundi 3 mars 2008 à 14:16

Le bonheur



    Vous savez que je discute souvent du bonheur avec mes correspondant(e)s et vous trouverez plusieurs articles dans ce blog qui traitent de cette question difficile.

    Alors, quand je vois sur un blog un article intéressant sur ce thème, je demande à son auteur l'autorisation d'en parler.

    Vous pourrez lire ci dessous un extrait d'un blog de                      
                                                     http://magrenouilleabascule.cowblog.fr/


    “.....Les gens se plaignent beaucoup de leurs malheurs !
    Hier, j'ai consolé trois personnes, et à chaque fois j'en arrivais toujours au fait que "ça passera". Quand j'ai dit cela, ils m'ont tous les trois regardée bizarrement, l'air de dire “ mais à quoi sers tu, qu'est-ce que tu fais là ?".
.     J'ai raison, c'est vrai que ça passera. Le malheur passe toujours. On ne peut pas être malheureux toute sa vie, ce n'est pas possible.
    Le problème c'est que la plupart des gens tristes ne savent pas reconnaitre le bonheur quand il se pointe devant eux. C'est sûr que ce n'est pas drôle tous tes jours d'être malheureux.
    Mais réfléchissez rien qu'une seconde, et imaginez-vous heureux tout le temps. C'est vrai qu'aux premiers abords ça paraît "sensas" et plus simple. Mais si vous êtes toujours heureux, comment 
faites vous pour le savoir ? Comment fait-on pour reconnaître le bonheur lorsqu'on n'a jamais connu le malheur ? Ce sont tous les moments de déprime qui nous font nous rendre compte de la chance que nous avons, à un moment ou un autre. Et puis si vous étiez heureux tous les ]ours, au final plus rien ne se passerait dans votre vie, et elle deviendrait monotone, et vous deviendriez malheureux. C'est un cercle vicieux !
    Moi je ne dis pas que je suis heureuse d'être malheureuse. Je me dis seulement que quand ça ne va pas, ça ne peut qu'aller mieux. par la suite Pas vrai ? Et puis si vous n'y mettez pas du vôtre vous n'y arriverez jamais. .....”

    Ce texte est tout simple, mais plein de bon sens.
    Nous devrions le méditer les jours où nous sommes tristes.

    Mais il ne faut pas prendre ce conseil à l'envers et se dire les jours où nous sommes heureux, que les lendemains seront moins bons. Il faut alors profiter de l'instant présent. “Carpe diem” disaient les Romains.

    Ne faites pas comme ce “Pacha” (le commandant) d'un navire de la “Royale” (la Marine Nationale), qui était joyeux dans la tempête parce que cela ne pourrait qu'aller mieux à l'avenir, mais triste les jours de beau temps parce que cela allait se dégrader. Enfin c'est ce qu'il disait ;;;!!

Dimanche 2 mars 2008 à 13:12

Notre personnalité



        Les statistiques de comparaison des QI de jeunes actuels et de ceux de générations antérieures au même âge, montrent une augmentation du chiffre global des QI tous tests confondus. On peut donc se poser la question : “les jeunes générations sont elles plus intelligentes que les anciennes ? L'intelligence humaine progresse t'elle ?”


        J'ai lu récemment une étude très intéressante d'un chercheur, James Flynn, professeur d'université en Nouvelle Zélande et qui travaille avec le centre de psychométrie de Cambridge. J'ai pensé que cela vous intéresserait peut être, mais je me garderai de poser la question générale “qu'est ce que l'intelligence ?” (je garderai cela pour un futur article) et je me contenterai de commenter l'article de ce chercheur sur l'évolution du QI entre 1985 et 2005.

        Les tests que vous connaissez sans doute sont des tests simplifiés dans lesquels en principe la plupart des résultats oscillent entre 50 et 150, “l'intelligence moyenne” étant de 100 et les résultats au dessus de 150 très rares.
        Il s'agit en fait d'une version “grand public et la version utilisée par les psychométristes utilise des batteries de tests plus perfectiionnées qui comportent en général dix sous-ensembles.
    - un test de connaissances générales.
    - un test de vocabulaire (sens des mots).
    - un test de compréhension (bon sens - réflexion).
    - test de similarité : qu'y a t'il de commun entre deux choses?
    - la maîtrise de calculs arithmétiques (comme les proportions, par exemple);
    - organisation d'images : mettre des images dans l'ordre pour reconter une histoire de façon logique et chronologique
    - codage : en utilisant un code fourni, associer des symboles à des formes ou des nombres.
    - compléter un dessin dont une partie manque;
    - assembler les pièces d'un puzzle.
    - construction avec des blocs pour reproduire un motif géométrique en trois dimensions et à deux couleurs.
       
        De ces dix sous-ensembles on peut tirer un chiffre global de QI, mais il est certain que c'est l'analyse de chaque test qui est intéressante.
    Qu'en est il des évolutions des 20 dernières années?

    Il faut d'abord remarquer que toutes les parties d'un test n'ont pas la même difficulté et que de façon générale, pour les questions les plus faciles, la différence des résultats entre personnes de faible QI et personnes de fort QI n'est pas importante et que là où la différence des résultats est grande, c'est évidemment sur les questions difficiles qui demandent une plus grande intelligence.
    On remarque également qu'une personne à fort QI a en général des scores assez élevés dans les dix sous-ensembles de tests, alors qu'une personne à QI moyen peut être relativement bonne dans certains de ces sous-ensembles, mais a des résultats médiocres dans d'autres  (c'est du bon sens !!).
    Il en résulte que si l'intelligence moyenne avait vraiment progressé, on devrait voir ces progrès sur les parties relativement difficiles des tests et non sur les plus faciles.
    Or ce n'est pas ce qu'on constate, dans cette évolution 1985 - 2005.
    Alors que faut il penser ?

    Les chercheurs ont constaté que les résultats des tests “similarité”, “vocabulaire”, “arithmétique” et “connaissances”, qui ont à peu près le même degré de difficultés, ont progressé très différemment, le gain sur le premier type de test (similarité) étant 12 fois plus important que pour les suivants.
    De même alors qu'en apparence il s'agisse dans les deux cas de logique, les résulats de tests sur des formes géométriques ont progressé alors que les tests arithmétiques ne l'ont pas fait.

    En définitive les chercheurs après une analyse statistique assez complexe dont je vous fais grâce, concluent que l'intelligence moyenne n'a pas progressé, mais que la mode, les goûts, les habitudeont changé et que la façon de voir les choses n'est plus la même.
    Il est certain que du fait de l'importance plus grande des sciences à l'école, de l'augmentation importante de l'information dans la vie quotidienne et de l'influence des médias, nous avons appris à classer les choses, les phénomènes, l'information et à faire appel davantage à la logique.
    Certaines catégories de tests qui font appel à ces habitudes ont de meilleurs résultats.

    Pour que vous compreniez mieux la progression des résultats du test de similarité, je vous donne un exemple.
    Si on vous demande aujourd'hui ce que les lapins et les chiens ont en commun, vous donneriez la bonne réponse :  ce sont des mammifères, car on a appris au collège à classer les animaux. Il y a 50 ans, les jeunes plus habitués à la vie à la campagne auraient répondu qu'on utilisait des chiens pour chasser des lapins.
   
    Autre constatation, si on examine la progression aux tests de vocabulaire et de mathématiques des enfants de CM2, on constate une nette progression sur le passé, mais qui s'annule en terminale.
    Autrement dit un jeune enfant est capable de lire plus tôt  “Harry Potter”, mais la lecture de livres sérieux n'a pas progressé, il sait vérifier la petite facture du supermarché, mais il n'est pas plus fort en mathématiques que ses aînés.

    En définitif il ne semble pas que l'augmentation actuelle des niveaux globaux de QI correspondent à une véritable augmentation de l'intelligence moyenne, mais d'un meilleur entraînement des enfants à des tâches logiques de classement, dû à une scolarité généralisée et à l'usage des moyens modernes de communication.
    En fait il faudrait sans doute modifier les tests actuels de Qi car ceux ci ne sont plus totalement cohérents.

    Mais personnellement je reste sur ma faim, car personne n'a jamais pu me définir ce qu'était l'intelligence, les psychométristes me disant que c'est ce que mesurent les tests d'intelligence. !
    Si je me sens inspiré, et si vos mails ou vos commentaires montrent un intérêt pour cette question,  j'essaierai de faire un article sur ce difficile problème.

    Une autre question importante est de savoir ce qui, dans l'intelligence,  est inné (et donc en partie génétique) et ce qui est dû à l'éducation et à l'expérience .

    .

Samedi 1er mars 2008 à 9:47

Animaux

    Voici le solution de l'énigme de l'article de mardi dernier 26 février, qu'avait d'ailleurs trouvée ma fidèle lectrice BONECA.

  


Il s'agit d'une étoile de mer rouge comme on en trouve souvent en Bretagne, et c'est ce que montre la première photo ci-contre.


   




Mai
s on ne voyait que trois des cinq branches, car l'aster-échinoderme se déplace en s'appuyant sur ses cinq extrémités et elle voulait monter sur le rocher. Elle se tirait sur ses trois "doigts" et se poussait sur les deux autres (qu'on ne voyait pas, exprès, sur la photo).







   
Malheureusement ces étoiles de mer rouges sont peu connues, car, lorsqu'on
les sort de l'eau de mer et qu'on les fait sécher au soleil sur un rocher pour les garder, elles deviennent jaunâtres et pâles.






    Leurs "doigts" sont très souples et u
ne étoile de mer peut prendre des positions bizarres comme le montre cette dernière photo.
    Elle fait le gros dos, mais pas lorsqu'on la caresse : ce n'est pas un chat rouge !! 
    Elle ne fait pas miaou, dommage !  IooI





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lancien

sortir de la tristesse

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