Mercredi 23 avril 2008 à 9:50

Absence et retour

    Je pars en Bretagne, à Saint Colomban, entre Carnac et Quiberon, remettre en état la maison qui s'était endormie tout l'hiver, comme mes marmottes, mes écureuils et mes hermines.

    Je serai de retour le premier mai



    Comme je n'ai pas internet là bas, hors les deux mois d'été, je ne pourrai ni aller sur vos blogs, ni écrire sur le mien, ni répondre à vos mails.

    Mais je le ferai le plus vite possible, à mon retour.

Mercredi 23 avril 2008 à 9:33

Singe



    Aujourd'hui repos, pas d'article sérieux.

    En tant que vieux singe, j'aime bien ces bêtes, alors tous les étés je vais leur dire bonjour à Branféré.













    Comme chez les hommes, il y en a
des noirs, des blancs, des jaunes, mais ils s'entendent assez bien.












Ils sont moins racistes que nous.!

Mercredi 23 avril 2008 à 8:46

Vue, ouïe, toucher...

    Nous avons vu hier comment le cerveau traitait les sons.
    Je ferai aujourd'hui un court article reliant les précédent à la musique et à la parole.
    Je voudrais d'abord souligner que l'on trouve beaucoup d'études de livres et d'articles sur le langage, mais très peu sur la perception de la musique.

    Rappelons d'abord la zone de perception des sons en fonction de leur fréquence, pour une ouïe humaine, de 20 à 20 000 hz environ..
    Au delà de la limite supérieure de perception, les cils de la colchée sont endommagés
    La zone en vert foncé montre que la parole n'utilise qu'un quart environ de ces fréquences;

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4303565.jpg

    Sur le schéma dessus on voit les zones du cerveau de l'hémisphère gauche qui contribuent à l'interprétation des sons et à l'utilisation du langage. (voir les articles déjà écrits sur le langage dans ce blog).
    On y voit l'aire du cortex auditif primaire qui fait l'interprétation physique, (en violet), puis l'aire secondaire (en rose foncé), qui nous donne une “représentation des sons” avec des fonctions différentes des deux hémisphères cérébraux.
    On voit que l'aire de Wernicke qui interprète les sons relatifs à la parole, se trouve immédiatement en dessous (en ocre). Elle est évidemment reliée également aux aires visuelles car elle participe aussi à la compréhension du langage écrit.
    La petite zone orangé est impliquée dans la phonologie et l'articulation des sons et elle est en relation avec les aires de Wernicke et de Broca (production de la parole). Le cortex moteur commande les muscles qui nous permettent de parler.
    Enfin la zone en vert est aussi appelée centre de Geschwind et c'est le siège d'une partie de la mémoire sémantiue des mots.

    Dans l'hémisphère droit on retrouve des zones analogues, mais plus petites qui concernent l'interprétation des mélodies et du contexte émotionnel du langage.
    Des étudesont montré que chez l'enfant qui ne sait pas encore parler, , c'est d'abord l'hémisphère gauche qui apprend à reconnaitre les rythmes dans la phrase (vitesse, accentuation) et qui reconnait (sans comprendre), la langue maternelle et la voix de sa mère par rapport à d'autres langues (il y fait plus attention).
    Puis après six mois, l'enfant apprend peu à peu à reconnaître la “prosodie”, c'est à dier la mélodie du langage et son intonation émotionnelle (il ne comprend pas “oui” ou “non” mais le ton d'acquiècement (même si on dit non) et le ton de refus (même si on dit oui). C'est le rôle surtout de l'hémisphère droit.
    Puis l'hémisphère gauche et les centres de Wernické et de Broca reprennent la direction des opérations d'apprentissage des mots et du langage..
   
    Venons en à la musique
    La figure ci après montre en activité le cerveau d'un musicien, (en haut) et d'un non musicien (en bas) écoutant le même morceau.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4303567.jpg

    On voit que dans l'hémisphère gauche une aire beaucoup plus importante est activée chez le musicien; les neurobiologiste l'appellent l'aire de “l'oreille absolue”, c'est la partie qui identifie une à une les notes, (leur b”hauteur”) et de différencier au milieu d'autres sons musicaux, de savoir si par rapport à une référence cette note est la bonne (c'est ce qui permet au musicien de jouer “juste” et au chef d'orchestre de suivre ce que joue un musicien particulier.
    Cette aire s'est développée peu à peu au cours de l'apprentissage du musicien (de même que dans l'aire de Broca et dans le cortex moteur primaire, des aires qui permettent de jouer d'un instrument.)
    Dans l'hémisphère droit le volume des centres en action est également plus grand chez le musicien, mais la différence est moindre. Ce sont les centres qui reconnaissent et suivent la mélodie.
    Une mélodie (notes successives) met surtout en jeu l'hémisphère droit, alors qu'une suite d'accords (notes simultanées implique plutôt l'hémisphère gauche.
    Il est à peu près certain qu'une place plus grande dans l'aire de Geswind d'un musicien (ou dans des zones autres) est réservée à la mémoire des morceaux de musique, de même que celui qui lit énormément à une place plus grande consacrée à la mémoire de ses lectures.
    Mais je n'ai pas trouvé d'étude importante, simple et claire sur ces sujets.
    Il existe des études sur le mécanisme de reconnaissance au son des instruments de musique, mis leurs résultats sont très complexes.

    Vous avez maintenant un aperçu assez complet de la façons dont nous percevons les sons et nous les interprétons;

    Je voudrais appeler votre attention sur le fait suivant :
    La musique, les sons la parole, ne sont que des vibrations dans l'air.
    La parole, un mot ce n'est qu'une suite de sons de diverses fréquences avec un certain rythme, des variations d'intensité.
    De même une mélodie, cela n'existe pas : ce sont des instruments qui envoient ensemble, un horrible mélange de vibrations sonores dans l'air.
    Et pourtant nous écoutons avec délices un orchestre, un morceau de musique et nous avons parfois les larmes aux yeux en écoutant les mélodies que nous aimons.
    Ceux qui sont musiciens parmi nous lorsqu'ils jouent un air ont la mélodie qui chante dans leur tête. J'ai souvent vu un chef d'orchestre chanter tout doucement certaines parties du morceau qu'il dirigeait.
    C'est notre cerveau qui crée, qui invente une “représentation” des sons et de la musique et cette “sensation qu'il a créée devient notre réalité, et nous finissons par croire que c'est le monde réel.

    Un jour, je vous montrerai que c'est la même chose pour les couleurs et la vue. Les couleurs ne sont que des photons animés d'une certaine énergie, et ce qui nous environne des amas de moolécules et d'atomes.
    Mais notre cerveau en fait des “images” et ces images deviennent pour nous le monde qui nous entourent.


Mardi 22 avril 2008 à 10:15

Vue, ouïe, toucher...

    Je vous ai montré avant-hier comment fonctionnait l'oreille et nous avons vu que la cochlée transmettait, par environ 30 000 fibres nerveuses, les informations recueillies par les cils vibratiles quant aux fréquences et intensité sonores, des sons transmis par le tympan et amplifiés par les osselets.
    Aujourd'hui nous allons voir ce que fait le cerveau de ces influx nerveux et comment il traite ces informations.

    Le schéma ci contre indique d'abord le trajet des influx nerveux dans le cerveau.
    Ils passent en effet par plusieurs relais avant d'aboutir à un centre qui va faire une interprétation détaillée des sons.

    Chaque relai fait des prétraitements mais pour ne pas compliquer les choses je ne rentrerai pas dans le détail.

    Le premier relais est au niveau du “tronc cérébral” au dessus de la colonne vertébrale. Ce relais peut commander des actes réflexes si le traitement effectué décèle un son anormal qui peut avertir d'un danger .Il compare entre autre les sons provenant des deux oreilles.

    Le deuxième relais est au niveau des tubercules quadrijumeaux; le traitement  décèle là aussi des sons associés à certains dangers ou situations anormales et il y a alors alerte des centres amygdaliens que nous connaissons bien et qui contrôlent peur, colère, réaction de défense ou de fuite, stress..
    Le troisième relais est dans le thalamus. Ce centre interroge nos cinq sens tous les 1/40èmes de seconde et envoie les signaux vers les centres spécialisés d'interprétation. Mais il fait aussi des synthèses entre les diverses perceptions vue, ouïe, toucher, odorat et gout, pour caractériser leur origine afin de renseigner le cortex central.

    Les signaux vont enfin être interprétés par un centre spéciailisé dans l'analyse des sons : on l'appelle le “cortex auditif” et qui comporte des “couches” spécialisées dans certains traitements.
    C'est ce traitement que nous allons détailler un peu plus, à partir du schéma ci dessous, en différenciant ce que font les hémisphères droit et gauche.

    Nous allons d'abord parler d'un premier traitement qui est fait à la fois par le tronc cérébral qui échange des informations reçues des oreilles droite et gauche, par les tubercules quadrijumeaux et un “sous-centre” du cortex que j'appelerai pour simplifier “où ?”
    Ces centres analysent l'écart de temps entre les signaux provenant de chacune des deux oreilles, et qui ne sont pas simultanés sauf si le son provient de la direction face à la tête (devant ou derrière : égale distance des deux oreilles).
Ils analysent aussi les différences d'intensité, notamment pour savoir si le son provient de devant , derrière, en haut ou en bas. (grâce aux réflexions dans le pavillon de l'oreille)..
    Ce traitement est fait plutôt sur la partie “aigue” du son.
    Pour une tête d'adulte, une inclinaison degré d'angle correspond à un écart de 10 microsecondes.
    Un adulte bien entraîné arrive à localiser l'origine du son avec une précision d'environ 10 degrés quant à sa direction.
    Il détecte aussi si le son est proche ou lointain, mais avec une précision faible. Une alerte peut être envoyée aux centres amygdaliens pour prévenir un danger.

    Les diverses couches du cortex auditif font surtout trois types de traitement d'interprétation des influx nerveux qu'ils reçoivent.
   
    Un premier groupe de neurones va mesurer la durée et l'intensité du son.        
    Un second groupe va mesurer la “hauteur” du son, c'est à dire la fréquence de base hors harmoniques, en quelque sorte le détail des notes isolées les unes des autres.

    Un troisième groupe plus important va faire une analyse de Fourier et déterminer le “timbre” du son , c'est à dire l'importance des différentes fréquences.et des diverses harmoniques
    Ces trois centres font donc une analyse physique du son, à partir des signaux nerveux reçus de la cochlée.

    C'est le traitement primaire.



    Le cerveau va ensuite faire un traitement secondaire plus évolué  à partir de ces diverses informations données par les couches primaires.


    Un premier centre, situé dans l'hémisphère gauche, que j'appellerai le “QUOI”  va essayer d'identifier le son, en travaillant plutôt sur les fréquences graves. Il va transmettre l'information au thalamus et au cortex qui compareront à une base de données de notre mémoire et pourront dire : c'est une voiture, un avion, un chant d'oiseau, une musique, de la parole....
    Un deuxième centre situé également dans l'hémisphère gauche du cerveau,  va séparer les sons un peu comme le ferait un analyseur digital et il va identifier et comparer les notes isolées. Il va entre autres, analyer le rythme de la succession des sons, ce qui est très important notamment dans le domaine musical ou de la parole.
C'est ce centre qui est très actif lorsque le musicien accorde son instrument, sur le "la" puis sur les diverses notes.   
    Un troisième centre, qui lui est principalement situé dans l'hémisphère droit, va analyser la mélodie, le chant, la suite des notes. Il est particulièrement actif lorsque nous écoutons de la musique ou quelqu'un parler.
    Les centres auditifs de l'hémisphère gauche vont donc analyser
les éléments rationnels des sons, alors que ceux de l'hémisphère droit vont examiner les "impressions", les données émotionnelles et sentimentales des sons.

    En urgence (quelques millisecondes), des informations d'alerte et de danger sont transmis directement par les tubercules quadrijumeaux et le thalamus aux centres amygdaliens.
    Toutefois le cerveau élimine d'office des sons “habituels” (par exempla le bruits des autos sous vos fenêtres ou du métro sous votre immeuble...), pour réserver l'alerte à des cas d'urgence.
    Tous les renseignements des centres auditifs sont transmias au cortex frontal qui va analyser ces information, faire appel à la mémoire, et comparer avec ce qu'il sait déjà, redemander des précisions afin de pouvoir prendre éventuellement des décisions et agir.
    Les sensations d'ordre émotionnel sont transmises dans l'hémisphère droit aux centres du cerveau limbique (émotionnel) et notamment dans le gygus cingulaire aux centres qui vont gérer nos émotions.

    Dans un futur article j'essaiera de décrire succintement ces éléments et en particulier les traitements de la musique et de la parole et comment le cerveau, à partir d'éléments  purement physiques (vibrations de l'air) imagine et crée une "réalité fictive" : les sons, la musique, la parole.



Lundi 21 avril 2008 à 9:34

Oiseaux

Pour vous reposer des articles sérieux sur l'ouïe, encore quelques photos d'animaux du zoo breton de Branféré.
   
                                                                                                                                        D'abord monsieur ara, grande gueule pas commode, (mais bien dressé), qui ricane quand son maître éleveur fait une plaisanterie et proteste quand on lui demande de faire quelque chose (mais le fait quand même à condition qu'on lui donne une friandise!).
    Il est rouge et bleu mais il y a aussi des aras rouge, jaune et vert (on devrait les utiliser pour réguler la circulation des visiteurs dans les allées !)
  


     Un beau flamand rose. Avant la démonstration, il était là sur une patte et j'avais pris cette photo.
    Une demi-heure après, la démonstration des éleveurs finie, je suis repassé au même endroit et il ne semblait pas avoir bougé, toujours sur la même patte.






    Et une photo assez rare, un bébé pélican, disons plutôt un ado, en train de perdre son duvet pour le remplacer par des plumes.

    Quand je me suis approché pour le photographier, maman pélican est arrivée très vite pour défendre son petit et elle claquait du bec !

Dimanche 20 avril 2008 à 8:37

Vue, ouïe, toucher...

    Mon article d'hier était un peu austère et la physique a un peu décontenancé certaines lectrices. Alors aujourd'hui on va être plus terre à terre et pratiques.
    Je vais essayer en effet, de vous expliquer aujourd'hui comment fonctionnent nos oreilles.

    Vous voyez un schéma de notre oreille. Peut être vous en a t'on parlé au lycée ?
    Le "pavillon" qui est la partie que l'on voit, le conduit auditif puis le tympan, cette membrane qui isole et protège l'oreille interne et vibre sous l'effet de la pression des sons.

    

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4298152.jpg
Ce que l'on connait moins c'est l'oreille interne.


    Elle comporte une partie qui ne contribue pas à l'audition mais à l'équilibre de notre corps lorsque nous marchons, nous grimpons ou nous faisons des acrobaties : ce sont les canaux semi-circulaires.

    Ce sont trois “boucles” à angle droit, comme un trièdre trirectangle :l 'une est parallèle au sol, la deuxième est parallèle au côté de la tête et la troisième est parallèle au front ou au visage. Ces canaux sont responsables de la perception des mouvements de la tête dans trois dimensions.
    Chaque canal contient un liquide et des cils sensitifs reliés à des cellules réceptrices qui transmettent les informations au cervelet. Lors de l'inclinaison de la tête, le liquide exerce une pression sur les cils sensitifs des cellules réceptrices. Les cellules réceptrices transforment cette pression en impulsions nerveuses qui sont envoyés au cervelet  et celui ci a “appris” à contrôler notre équilibre à partir de ces signaux.

    Vous voyez aussi sur le schéma la trompe d'Eustache, canal qui aboutit dans le pharynx. A chacune de nos déglutitions, elle assure l'équilibre de pression entre l'oreille moyenne et l'extérieur, condition indispensable à la mobilité du tympan et donc la transmission des sons.
    Son obstruction par les végétations chez l'enfant pourra être la source d'infections (le médecin opère des végétations);les otites ou une obstruction lors d'un rhume diminuent les capacités auditives.
    En avion quand vous changez d'altitude, des différences de pressions se produisent et vous avez mal aux oreilles  C'est pour cela qu'on vous recommande de sucer un bonbon et de déglutir pour rétablir l'équilibre des pressions.

    Revenons au son et à l'audition.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4298156.jpg    Le tympan vibre et transmet cette vibration à trois osselets dont vous voyez le schéma ci-contre (leurs noms servent souvent dans des mots-croisés IoI), qui vont transmettre les sons en les amplifiant d'un facteur d'environ 100 (40 décibels).
    Le marteau est enchâssé dans le tympan en faisant corps avec lui au niveau de la longue apophyse ; sa tête est articulée  avec l'enclume qui lui fait suite (osselet intermédiaire). La branche descendante de l'enclume est reliée à la tête de l'étrier qui va transmetre la vibration sonore à la cochlée.
    En outre des muscles relient ces osselets et  diminuent automatiquement la transmission lorsque la pression devient trop élevée pour portéger dans une certaine mesure la cochlée.
    Ils filtrent aussi les bruits de fond graves pour faciliter l'audition et notamment la compréhension de la parole en ambiance sonore élevée.

    La cochlée est une cavité remplie de liquide, en forme de colimaçon, qui contient des cils vibratiles : une rangée de 3 500 cellules cillées "internes”  et  trois rangées de chacune 4 000 cellules cillées "externes” qui modulent la stimulation acoustique en changeant de longueur; limitent la réponse aux sons trop intenses, et surtout font une “analyse de Fourier” des fréquences des sons.
                                                                                                                                               Sur la figure vous voyez des courbes de réponse des cils en fonction de leur position dans la cochlée et vous voyez que chacun des cils vibratile a sa réponse propre avec un maximum de sensibilité pour une fréquence donnée.

    L'ensemble de la cochlée fait donc à la fois une analyse de l'intensité des sons et surtout une analyse de fréquence, qui va permettre leur interprétation.   
    Gros danger, quand les sons sont trop intenses (plus de 120 db, ce qui peut se produire près des bafles dans une boite de nuit ou avec les écouteurs d'un baladeur), les cils vibratiles cassent et ceci définitivement et l'audition devient défectueuse.

    Un ou 2 canaux ioniques par cil (de grosses protéines laissant passer les ions), s'ouvrent si la cellule est activée par un son de la fréquence appropriée et laissent entrer des ions Ca++ qui engendrent l'influx nerveux en moins d'une milliseconde
    Il existe environ 30 000 fibres nerveuses dans chaque oreille. Ces fibres transmettent des signaux d'influx nerveux au tronc cérébral et au cortex auditif du cerveau.

    Dans le prochain article nous parlerons de l'interprétation par le cerveau de ces signaux.

Samedi 19 avril 2008 à 10:42

Vue, ouïe, toucher...


    Vous êtes pour la plupart d'entre vous en vacances et donc un peu reposées.
    Peut être que certaines s'ennuient. car en ce moment, j'ai un nombre de visites sur mon blog qui a augmenté : près de 120 / 130 par jour.
Cela ne vaut pas les records d'audience du blog de Kaa que je vous recommande d'aller voir : il est plus beau et plus amusant que le mien : http://kaa.cowblog.fr/).
    Je reçois aussi beaucoup de mails parce que vous avez plus de temps pour naviguer et écrire (une quinzaine par jour) et j'ai du mal à répondre à tous.
    Je vais essayer de regrouper quelques réponses dans des articles.
    Alors vous supporterez peut être aujourd'hui, un petit cours SVT.

    Quand j'ai parlé des neurones miroirs, une de mes correspondantes “touchthesky” m'avait posé une question sur les instrumentistes à laquelle j'avais en partie répondu dans un autre article du 13 avril.
    Vous écoutez presque toutes de la musique et j'ai reçu depuis, d'autres mails me demandant d'expliquer comment fonctionnait notre oreille et notre sens de l'ouïe, notamment lorsque nous écoutons une mélodie.
    Je vais essayer de le faire, mais pour ne pas vous rebuter, je vais séparer cela en 4 ou 5 articles; (peut être avec quelques articles moins sérieux entre pour vous reposer ! IooI).
   
    - Aujourd'hui je vous rappellerai seulement des notions de physique élémentaire, ce dont on parle souvent à propos des sons et que vous ne connaissez peut être pas.
    - Puis demain, je vous montrerai comme est faite et fonctionne une oreille.
    - Je vous parlerai ensuite de l'interprétation des sons par le cerveau, quand il reçoit des influx en provenance du nerf auditif.
    - Puis nous traiterons la musique et la parole.

        Quelques rappels simples de la physique des sons.

(pour que vous compreniez tout dans mes prochains articles)

    L'air est constitué de molécules essentiellement d'azote et d'oxygène, qui s'agitent en permanence de façon plus ou moins désordonnée (on appelle cela le mouvement Brownien).
    Plus la température est élevée, plus cette agitation est importante. (plus les molécules vont vite et loin).
    Ces molécules en mouvement engendrent des chocs sur toute surface qu'elles rencontrent et les forces crées sur chaque unité de surface constituent ce que l'on appelle la “pression” des molécules du gaz.

    Un objet en vibration (cordes d'un instrument de musique, anche d'un instrument à vent, diapason, nos cordes vocales, la membrane d'un tambour ou d'un haut parleur ...) induit des mouvements périodiques des molécules dans l'air et donc des variations de pression, avec une certaine fréquence et une certaine intensité, en relation avec celles de l'objet en vibration.
    Les molécules de l'air en se cognant les unes contre les autres, transmettent ces variations de pression. Le mouvement périodique induit par l'objet en vibration va donc se propager dans l'air à une vitesse de l'ordre de 365 mètres / seconde;: c'est ce qu'on appelle le "son".
    Des propagations analogues du son ont lieu dans les liquides et les solides, mais à des vitesses plus élevées parce que les atomes et molécules sont liés beaucoup plus rigidement, ont moins de liberté pour s'agiter, et donc transmettent alors plus vite leur vibration à la molécule ou
l'atome voisins.
    Les fréquences sont comptées en nombre de vibrations par seconde (Hertz; un Hz = une vibration par seconde)

    L'oreille va être plus ou moins sensible à ces variations de pression et donc aux sons de diverses fréquences, en général de 20 à 20 000 Hz, avec un maximum de sensibilité vers 1 800 Hz.
   

    Un son “pur” a une fréquence unique. Tous les musiciens connaissent le LA 4 qui a une fréquence de 440 hz.

    Mais ce que nous entendons est souvent un mélange de fréquences,
soit parce qu'on émet en même temps des sons différents, soit parce qu'il y a des déformations de la transmission par les molécules d'air  (ou les matériaux des émetteurs et la création de ce que l'on appelle les “harmoniques", c'est à dire des fréquences multiples de la fréquence initiale émise.

    La figure montre le la à 440 Hz et les harmoniques de rang 3 (fréquence triple) et 6 (fréquence multipliée par 6) et la somme des trois qui se propage et qui est donc un son assez déformé par rapport au son pur initial.
    Les bons instruments à cordes et à vent produisent peu d'harmoniques.

 
Face à un son dont on ne connait pas,la fréquence, on peut faire, avec un appareil de mesure ce que l'on appelle une “analyse de Fourier” (ou un “spectre de Fourier”).  

    Cela consiste à repérer la fréquence du son principal et les diverses harmoniques et à évaluer la participation en pourcentage de chacune d'entre elle au son complet.
    Sur la figure on voit que le son de fréquence 440 Hz (la) représente environ 65 %, l'harmonique 3, 25 % et l'harmonique 6, environ 10%.
    Nous verrons que l'oreille fait une analyse des sons analogue.

    De plus l'objet en vibration communique une certaine énergie chaque seconde aux molécules de l'air (on appelle cela une puissance) et donc le son qui se propage est donc plus ou moins fort. On appelle l' “intensité” du son.

    En acoustique on utilise une unité d'intensité bizarre dont vous avez certainement entendu parler : le décibel
    On prend pour référence la pression correspondant au plus petit son
P min., audible par l'oreille à 1000 hz de fréquence
    Pour un son dont l'intensité correspond à la pression P son, le nombre de décibels est lié au rapport des deux pressions Pson / P min.
    Pour celles d'entre vous qui sont en terminale S :  D (en décibels) = 20 log de base 10 (Pson / Pmin.)
    Pour les autres rappelez vous seulement que chaque fois que l'on ajoute 20 au nombre de décibels la pression est multipliée par 10. (par exemple pour P min, D = zéro décibel et un son de D = 80 décibels correspond à un son ultra fort de pression 10 000 fois plus grande que Pmin ( 4 zéros puisque 80 = 20 X 4). Une trop forte pression détruit l'oreille interne. Une plus fote pression encore crève le tympan.
  
    Pour vous donner une idée :

Nombre de décibels
(voir figure ci-dessus)        
zéro                  seuil de l'audition P min

20                     un murmure
60                     une conversation
80                     des hurlements au maximum on n'entend plus distinctement les autres.
90 / 100            début de danger pour l'oreille bruits insupportables.
120                   douleur et dégâts à l'oreille interne avec surdité partielle définitive.
                        (120 décibels correspond à un million de fois la pression minimale d'audition).
                                                                  

    Voilà vous en savez assez pour la suite.
    J'espère que ce n'était pas trop difficile et que certaines auront de bonnes notes au cours de SVT ou de physique sur l'acoustique.
    Demain je vous parlerai de nos oreilles !

Vendredi 18 avril 2008 à 8:31

Oiseaux


    Pour vous reposer des articles sérieux et me donner le temps d'en rédiger un autre, un petit tour à Branféré, voir monsieur Paon;
    Très fier il se promène devant la foule des admirateurs qui ont du maïs dans leurs sacs.
"Ils ne m'en donnent pas alors je vais faire le spectacle : ma "roue" comme pour séduire ma paonne.!"





    C'est beau un paon qui fait la roue, .... enfin de devant

    Parce que par derrière, c'est moins joli, mais plus intéressant : on voit toute la mécanique, comme dans un manège (ou un parapluie) !!!!

    La nature, même en plumes, c'est ingénieux et bien fait !

Jeudi 17 avril 2008 à 8:24

Amour et peines de coeur



    Parmi les questions que j'ai reçues sur le “sentiment d'amour”, il y avait plusieurs fois celle ci :

 “...Est ce qu'il n'y avait de ton temps, vraiment aucun ado amoureux vers 14 ou 15 ans ?”

    Comme je vous l'ai dit il y en avait très peu, car nous pensions plutôt à être copains et amis. Et les quelques exceptions n'étaient en général pas des amourettes, mais un amour entre amis d'enfance se connaissant depuis longtemps.

    Je vais vous raconter l'histoire d'un de ces amours d'ados, en 1946, juste après la guerre.

    J'étais dans une petite ville de province et à l'époque, comme je vous l'ai dit, 25% seulement des élèves du secondaire allaient jusqu'au bac (il y avait deux bacs éliminatoires), et il n'y en avait guère que 10% dans les classes scientifiques (on les appelait alors 1ère C et maths élem, au lieu de S).
    Collège et lycée étaient confondus, (de la 6ème à terminale), mais il y avait un lycée de filles et un lycée de garçons, et en première et terminale S, comme il n'y avait pas beaucoup d'élèves (25 à 30) et encore moins de filles (6 ou 8), il n'y avait qu'une seule classe au lycée de garçons.
    Cette année là, nous avons eu à la rentrée en première S, deux camarades, un garçon et une fille, qui avaient 13 ans 1/2, et habitaient dans deux maisons voisines à deux kilomètres du lycée.
    Nous les connaissions déjà. Le jeune ado était en classe avec nous depuis la sixième.La jeune fille  ne faisait pas partie de notre petite bande, mais elle était déjà venue parfois avec lui.
    En fait, nous la connaissions sous un autre nom, car, d'origine juive, elle avait dû se cacher pendant la guerre dans une ferme avec ses parents pour échapper à la gestapo allemande, et elle allait au lycée de filles sous une fausse identité.


         Tous les jours nous les voyions venir et repartir ensemble, à pied, côte à côte, quelquefois la main dans la main. Ils s'asseyaient en classe, devant la même table, attentifs et studieux.
         Le soir ils allaient chez l'un ou chez l'autre, faire leurs devoirs et apprendre leurs leçons ensemble, puis chacun rentrait chez soi, recopier son brouillon.
         Les profs avaient trouvé étrange ce travail en commun (le travail en groupe n'avait alors pas la cote!), mais ils avaient fini par l'admettre. Le plus souvent, c'étaient les deux meilleurs élèves de la classe.
         Le jeudi ou le dimanche (à cette époque on travaillait mercredi et samedi toute la journée!), ils venaient souvent discuter avec nous ou surtout faire du sport au stade. Mais sans que rien ne les distingue des autres.
    Quand nous avions un problème avec un devoir ou une explication pas claire et pas comprise, on leur demandait de nous aider et ils le faisaient volontiers, ensemble, chacun complétant les explications de l'autre.

    Les prof comme tous les copains, nous les appelions “les jumeaux bambini” .  On ne savait pas ce qu'il y avait exactement entre eux.
         On les voyait quelquefois, assis l'un près de l'autre, en train de lire un livre, la tête de la fille sur l'épaule du garçon, et lui la tenait par la taille.
         Mais nous ne les avons jamais vu s'embrasser autrement que sur les joues, et nous ne pouvions pas dire s'ils s'aimaient vraiment. La notion de “petit(e) ami(e) “ n'existait pas à cette époque, et on ne s'affichait pas auprès des copains.

         Un de nos copains avait bien essayé de faire un peu de gringue à la jeune ado, mais elle avait sorti de la doublure de sa robe, une fine aiguille de 15 cm de long; il n'avait pas insisté, et avait gardé ses mains dans ses poches.
         Une de nos copines avait tenté sa chance pour séduire le garçon, mais il lui avait gentiment et poliment dit qu'il “n'était pas intéressé”. LooL

         Pendant deux ans ils ont été ainsi avec nous, tous les jours de classe et souvent le dimanche sur le stade. On jouait aussi aux cartes ou aux échecs avec eux dans un grand parc près de la maison où ils habitaient.
    Je ne les ai jamais vu se disputer. Ils avaient les mêmes idées, les mêmes réactions, et souvent l'un commençait une phrase et l'autre la finissait . Face aux problèmes, ils faisaient face ensemble, chacun s'appuyant sur l'autre. Ils étaient gais, animaient notre petit groupe et on ne s'ennuyait pas avec eux. La joie et le bonheur de la jeune ado était contagieux.

    Ils ont passé leurs deux bacs et au bout de ces deux ans sont partis à Paris dans une prépa de maths car ils voulaient tous deux entrer dans une grande école d'ingénieurs.
    On les a perdus de vue, mais j'ai revu mon copain à la fin de l'été suivant et j'ai su que sa “jumelle”, en vacances avec ses parents, était morte (à 16 ans) dans un accident.
         Mon camarade a été longtemps dans le cirage et un jour où j'essayais de le consoler, il m'a dit :
 “ ...nous pensions faire nos études d'ingénieurs ensemble, aller dans le même laboratoire faire de la recherche médicale; nous voulions construire une petite maison à la campagne, avoir trois enfants aux prénoms gaéliques, avoir un chien, un chat, élever des poules, des canards, des moutons et des chevaux, continuer à partager nos vies, jusqu'à ce qu'on soit très vieux, au milieu de tous nos petits-enfants, mais tout cela n'est plus maintenant qu'un beau rêve impossible....”
     
     Ce jour là, j'ai compris que même à notre âge d'ado, il pouvait exister autre chose que des amourettes.

Mercredi 16 avril 2008 à 8:00

Amour et peines de coeur



    J'ai reçu d'assez nombreux mails concernant mon article sur l'apprentissage du sentiment d'amour. (tiens je signale à mes correspondantes qu'amours, délices et orgues sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Je sais, le français est compliqué, le SMS est plus simple !

    Je m'attendais à beaucoup de protestations, mais je me suis trompé.
    Dans l'ensemble vous êtes assez d'accord avec ce que j'ai exposé, mais vous posez des questions complémentaires. Presque toutes concernent ce “sentiment d'amour” il y a 60 ans, quand j'étais jeune.

    Comme j'ai connu les deux époques, ni l'une ni l'autre ne m'étonnent, mais vous qui êtes jeunes avaient du mal à imaginer ce que cela pouvait être autrefois.

    Ce qui vous parait presque impossible c'est une de mes phrases :
“ ... on ne pensait guère à l'amour avant 18 ou 20 ans...” ,
et les deux questions qui sont le plus souvent posées sont :

    - mais comment était ce possible; comment faisiez vous pour ne pas y penser ?
    - est ce qu'il n'y avait vraiment aucun ado amoureux vers 14 ou 15 ans ?
   
    Je vais donc faire un
article sur chacun de ces deux sujets.
   
    Vous ne pouvez effectivement pas imaginer combien la société et la mode étaient totalemnt différentes au lendemain de la guerre par rapport à maintenant.
    Pas de télé, pas de CD, pas d'ordinateur, pas d'internet, pas de téléphone, uniquement des livres et peu de journaux.
Très peu de pub, puisqu'il n'y avait presque rien à vendre.
Au cinéma les films ne parlaient ni de violence ni de sexe (ou ne montraient aucune image) et les films d'amour étaient “à l'eau de rose”. (à peine plus osés que Blanche Neige et son prince charmant !! IooI)

    Donc la mode et les médias inexistantes ne nous rabâchaient pas la séduction, l'amour et le sexe. Pas sollicité, peu tenté !!

    En ce qui concerne le sexe, la morale était plus rigide, les coureurs de jupons mal vus, et surtout la pilule et l'IVG n'existaient pas, il fallait une ordonnance médicale pour avoir un préservatif, plus l'autorisation des parents avant la majorité, laquelle était à 21 ans;
    Les méthodes de contraception autres étaient très aléatoires et donc la crainte d'une grossesse non désirée était un frein très puissant.
    Le sexe n'était donc qu'une préoccupation très secondaire.

    La société de consommation et les médias n'ayant pas encore sévi, nous n'étions pas préssés d'obtenir quelque chose et lorsque nous l'avions enfin, nous souhaitions le garder et non en changer aussitôt.

    Les jeunes avaient des occupations très différentes d'aujourd'hui. Il ne possédaient rien que leur cerveau, leurs oreilles et leur bouche, éventuellement du papier pour écrire.
    Je l'ai déjà dit, les études intéressaient la plupart d'entre nous, qu'elles soient classiques ou l'apprentissage d'un métier manuel (et il y avait le plein emploi au bout), et donc le travail scolaire occupait la majeure partie de notre temps.
    Le reste du temps, on discutait et on faisait du sport. Certains faisaient de la musique ou du théâtre.
    On dansait rarement et plutôt après 16/17 ans. La drogue était inconnue et on ne buvait guère d'alcool.

    Les rapports garçons-filles étaient simples, très voisins de ceux qu'on avaient étant enfants : copains copines et on sortait avec l'un(e) ou l'autre, souvent en groupe .
    Bien sûr après la puberté, le désir apparaissait, mais les garçons rêvaient plus aux pin-up de cinéma et les filles aux grands acteurs, chanteurs ou sportifs, et très peu à leurs copains et copines.
    Certes parfois on constatait une attirance, mais le plus souvent après une longue amitié et l'on allait rarement plus loin qu'un baiser, pour “voir ce que cela faisait” (comme la première cigarette !)
    Après le bac (disons en moyenne vers 18 ans), effectivement, on commençait à penser à l'amour, mais si on trouvait l'âme soeur, la tendance était plutôt de roucouler, de s'embrasser et de faire des projets d'avenir, au cas où on se marierait ensemble un jour.

    La morale était rigide, les parents beaucoup plus sévères (sortir le soir avant 18 ans était rare).
Ils ne considéraient pas leurs enfants comme des adultes et leur demandaient rarement leur avis. Vivre ensemble sans être mariés était mal vu, et finalement tout cela était bien accepté car on était beaucoup plus heureux que pendant la guerre.


    En fait je pense que, ados, les garçons et les filles appréciaient tout autant qu'aujourd'hui la compagnie l'un de l'autre et de sortir ensemble, mais la fille qui cherche aujourd'hui un petit ami, cherchait simplement à l'époque plusieurs amis, et on ne pensait guère à coucher ensemble.
    Plus âgés ils pensaient certes à l'amour et connaissaient  plusieurs “amourettes”, mais dans lesquelles le souci était de bien connaître l'autre et de savoir si c'était la personne avec laquelle on pouvait former un couple et s'aimer.
    Et on ne se sentait adulte et indépendant que lorsque l'on gagnait entièrement sa vie (mais on trouvait facilement du travail).

        Bien entendu, ce que je dis est ce qui se passait le plus souvent, mais il y avait aussi des exceptions.Je vous parlerai de l'une d'elles dans mon prochian article.

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lancien

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