Mercredi 21 mai 2008 à 9:04

Enseignement, école, fac



    Depuis trois semaines j'ai reçu une trentaine de mails de mes correspondant(e)s qui me parlent des problèmes et mouvements dans les lycées et me demandent de dire sur mon blog ce que je pense de ces questions.


    Il est effectivement rare que je traite de telles questions; pourquoi ?

    D'abord parce qu'elles ont toujours un aspect politique, que mon blog n'est pas un forum dans ce domaine et je ne tiens pas à ce qu'il devienne un lieu de polémiques.
    Ensuite parce que je n'aime pas parler de questions que je connais mal et pour lesquelles de n'ai pas “discuté sur le tas” avec les personnes intéressées.
    Cependant vu le nombre de demandes que j'ai reçues, je veux bien essayer d'y répondre dans le prochain article, mais cela ne sera que mon opinion personnelle.

    Avant de traiter des questions d'enseignement, j'aurais voulu préciser mon état d'esprit en général, devant des problèmes pour lesquel comme vous, je suis surtout informé par les médias et les interviews des divers protagonistes.

    D'abord je ne prendrai pas partie pour les uns ou pour les autres.
    Dans vos mails, certains s'insurgent contre des réformes imposées et lorsque l'on a l'impression de ne jamais être entendu, de parler dans le vide face à des règles que l'on impose sans écouter ceux qui seront obligés de s'y conformer, je comprends que l'on finisse par passer à l'action pour attirer l'attention et demander qu'on vous écoute.
    D'autres considèrent que ces actions apportent des désagréments, essentiellement aux élèves et notamment ceux qui ont des examens, et aux parents qui travaillent, mais laissent indifférents ceux qui ont conçu les réformes.
Cette opinion me paraît également vraie.
    C'est tout le problème des grèves, dont la cause est en général la promulgation de règles qui portent atteinte à ceux qui devront les appliquer, mais lesquelles grèves gênent plus les usagers que ceux qui ont mis au point ces règles. Si la grève ne gêne personne elle a peu de chance d'être efficace.
    Mais lorsque l'on en est arrivé là, c'est en général que la concertation a été insuffisante.

    Je ne suis pas contre les réformes et le changement. Je pense qu'un organisme qui n'évolue pas, qui ne s'adapte pas, finit par mourir.
    Mais j'estime que lorsqu'on veut bâtir des règles il faut les discuter longuement avec ceux auxquels elles s'appliqueront, que chacun explique sa position, donne ses arguments pour et contre et que l'on parvienne à un accord qui est toujours un compromis et qui soit une solution “gagnant-gagnant” où chacun puisse trouver en partie son compte.
    Je l'ai souvent dit à certains de mes correspondants qui avaient des problèmes avec des camarades, rien n'est pire que les solutions où il y a un perdant - voire les deux parties qui finalement y perdent.
    Il faut aussi examiner la véritable efficacité et les inconvénients de règles trop générales si les problèmes et l'environnement sont très différents d'un endroit à l'autre.
    Et même en admettant qu'une solution soit très bonne, l'imposer sans consultation, braque les esprits et incite à la contestation et aux malentendus. C'est une question de respect de l'autre.
    Je n'ai jamais regretté et je n'ai trouvé que des avantages dans ma vie professionnelle, à passer du temps à se concerter avant de changer quelque chose et à étudier les modalités de ce changement projeté. Ce n'est jamais du temps perdu. On le rattrape ensuite dans l'application de la solution.

    Une chose qui m'agace au plus haut point, ce sont les généralisations et les jugements hâtifs sur les faits et les personnes, qu'ils soient le fait des médias ou des persionnes politiques de tous bords.
    Ces derniers temps, on a tendance à dénigrer les services publics et ceux qui y travaillent et à vouloir faire croire que ce serait beaucoup mieux si tout était fait par des entreprises privées.
    J'ai personnellement travaillé avec des personnes des services publics et du privé. Certes j'ai connu dans l'administration des tire-au flanc et des personnes peu consciencieuses ou peu compétentes. Mais j'en ai connu à peu près autant dans le secteur privé. La seule différence c'est qu'elles le montraient moins et se cachaient plus, parce qu'il était plus facile de les licencier.
    Je trouve ridicule que l'on dise que les personnes en grève sont heureuses de l'être : qu'elles soient du secteur public ou privé, elles ne sont pas payées pendant ce temps et rien que ce fait ne les incite pas à sourire.
    Et il est des secteurs où le service de tous est incompatible avec la recherche du profit : c'est à mon avis le cas des hôpitaux et de l'éducation et de certaines infrastructures qui n'ont pas partout la même rentabilité du fait des variations de densité de population.
    Malheureusement les décideurs et les médias voient trop souvent les situations de façon théorique et technocratique, sans aller vraiment sur le terrain.

    Un autre phénomène que je trouve absurde et déplaisant, ce sont les leçons erronées que l'on tire des statistiques de telle sorte qu'on n'a parfois vraiment l'impression qu'on nous prend pour des imbéciles.
    Parce qu'une corrélation mathématique existe entre deux phénomènes, on dit que l'un est la cause de l'autre ce qui est rarement le cas; ils peuvent seulement avoir une cause commune.
    Et lorsqu'un phénomène a de très nombreuses causes, (dont souvent beaucoup inconnues), il est très fréquent que lorsqu'on a agi sur l'une de ces causes et que l'on  constate ensuite une amélioration, on se glorifie de l'action menée, sans seulement se poser la question de la variation possible simultanée d'autres facteurs, totalement indépendants de notre action et qui ont pu, eux aussi apporter cette amélioration. C'est, à mon sens ou un manque d'intelligence, ou de la malhonnêteté intellectuelle.
    Parfois les commentateurs de statistiques paraissent totalement déconnectés de la réalité.
    Par exemple nous constatons en ce moment une forte augmentation de la vie, que ce soit dans nos achats de tous les jours, le prix des carburants, du chauffage... Mais les “indices” sont loin de rendre compte du phénomène et  on nous dit presque parfois que cette augmentation n'est qu'une “impression” que nous avons.
    Les indices ne sont pas faux mais ils mélangent les prix d'achats courants dont les prix augmentent, avec ceux de produits industriels qui restent plus stables.
    Seulement ces produits industriels ne correspondent qu'à des achats que nous faisons de temps en temps : un ordinateur, une télévision, des meubles, une voiture...   
    En fait un seul indice ne peut rendre compte de la situation honnêtement. Il faudrait au moins avoir un indice de “fonctionnement” qui rende compte du prix de nos achats de tous les jours, la nourriture, le loyer, le chauffage, l'essence, éventuellement l'abonnement aux téléphones portables....et un autre indice qui traite du prix des “investissements”, c'est à dire d'objets onéreux que l'on n'achète qu'avec des périodicités de plusieurs années. et dont il est plus facile de différer l'achat.

    Donc si je parle de l'enseignement, ce sera en me limitant à ce que je pense être des constatations et des remarques logiques, mais je me garderai d'émettre des jugements car je ne suis pas suffisamment compétent.
     Je ne suis plus un élève depuis longtemps, même si j'aide souvent mes petits enfants et également mes guenons ( du moins dans certaines matières : maths, physique-chimie, SVT et parfois philo)
    Certes j'ai fait durant ma vie professionnelle beaucoup d'enseignement à titre bénévole, ou de la formation continue, mais il s'agissait d'enseignement à des adultes, avec des objectifs différents.
    Je n'ai donc pas la compétence d'un professeur dont c'est le métier, et de ce fait il y a des questions sur lesquelles je ne peux avoir un avis pertinent, comme lorsque vous me demandez comment je ferais pour maintenir la discipline dans une classe; si j'y étais professeur., je ne suis pas sûr que les méthodes auxquelles je peux penser, seraient efficaces avec des ados.

Lundi 19 mai 2008 à 9:44

Histoires drôles

    J'ai rangé mon bureau et surtout ma bibliothèque et parmi les livres j'ai retrouvé "Paroles" de Jacques Prévert que je n'avais pas relu depuis longtemps, un livre qui a bercé ma jeunesse.
    L'inventaire m'a fait penser à mes ratons-laveurs de Bretagne.
    Si vous n'avez pas lu ou si vous ne connaissez pas "l'inventaire", je le copie ci dessous pour que vous en appréciez l'humour :



"Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs
un raton laveur

une douzaine d'huîtres, un citron, un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d'honneur
un autre raton laveur

un sculpteur qui sculpte des Napoléon
la fleur qu'on appelle souci
deux amoureux sur un grand lit
un receveur des contributions, une chaise, trois dindons
un ecclésiastique, un furoncle
une guêpe
un rein flottant
une écurie de courses
un fils indigne, deux frères dominicains, trois sauterelles, un strapontin
deux filles de joie, un oncle Cyprien
une Mater dolorosa, trois papas gâteau, deux chèvres de Monsieur Seguin
un talon Louis XV
un fauteuil Louis XVI
un buffet Henri II, deux buffets Henri III, trois buffets Henri IV
un tiroir dépareillé
une pelote de ficelle, deux épingles de sûreté, un monsieur âgé
une Victoire de Samothrace, un comptable, deux aides-comptables, un homme du monde, deux chirurgiens, trois végétariens
un cannibale
une expédition coloniale, un cheval entier, une demi-pinte de bon sang, une mouche tsé-tsé
un homard à l'américaine, un jardin à la française
deux pommes à l'anglaise
un face-à-main, un valet de pied, un orphelin, un poumon d'acier
un jour de gloire
une semaine de bonté
un mois de Marie
une année terrible
une minute de silence
une seconde d'inattention
et...
cinq ou six ratons laveurs

un petit garçon qui entre à l'école en pleurant
un petit garçon qui sort de l'école en riant
une fourmi
deux pierres à briquet
dix-sept éléphants, un juge d'instruction en vacances assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d'herbe verte dedans
une vache
un taureau
deux belles amours, trois grandes orgues, un veau marengo
un soleil d'Austerlitz
un siphon d'eau de Seltz
un vin blanc citron
un Petit Poucet, un grand pardon, un calvaire de pierre, une échelle de corde
deux sœurs latines, trois dimensions, douze apôtres, mille et une nuits, trente-deux positions, six parties du monde, cinq points cardinaux, dix ans de bons et loyaux service,s sept péchés capitaux, deux doigts de la main, dix gouttes avant chaque repas, trente jours de prison dont quinze de cellule, cinq minutes d'entracte.
et...
plusieurs ratons laveurs"
                                                                                  Jacques Prévert   (Paroles, 1946)

Lundi 19 mai 2008 à 8:24

Animaux

                                                         
   
Aujourd'hui un peu de repos; je retourne à mes animaux, bien que le stock de photos intéressantes s'épuise un peu.
Il faudra que je trouve autre chose !

 Je vous avais monté des alpagas, maintenant au tour des lamas.
    Les vrais lamas, ceux qui crachent de l'eau au visage de Tintin et du capitaine Haddock.







D'abord monsieur Lama; il s'appelle Serge, mais ne chante pas.











    Et voilà madame Lama, elle a de beaux yeux n'est ce pas !








    Et enfin une petite ado lama toute triste et mélancolique.
    Comme mes guenons, elle est venue me demander de la consoler et on a discuté dix minutes ensemble.
    Mais c'est quand même plus intéressant de discuter avec mes "vraies" guenons de cowblog !! IoI



    Certaines actions sont devenues pour nous instinctives, un mécanisme presque inconscient. Comment notre mémoire intervient elle alors ?

    Nous nous servons de nos membres, marchons, nous courons, nous sautons, si nous tombons à l'eau nous nageons sans que nous ayons à réfléchir. C'est devenu automatique.
    De même , bien que nous soyons obligé de faire attention et de réfléchir, une partie de processus ou gestes automatiques existent lorsque nous parlons, lisons, nous écrivons, nous jouons du piano, nous tapons sur un clavier, nous jouons au tennis, nous voguons sur une planche à voile ou nous conduisons un vélo ou un véhicule.
    Même certains processus abstraits deviennent en partie inconscients : ainsi il m'est arrivé , comme je parlais à la personne à coté de moi en voiture au départ de mon logement, de me retrouver sur le chemin du bureau, alors que je voulais aller ailleurs ; mais la “force de l'habitude”...!!

    C'est notre cervelet qui est à l'origine et aux commandes de tous ces mécanismes, à commencer par notre équilibre lorsque nous sommes debout.
    Il est directement en prise avec la commande de nos gestes et son action est inconsciente, mais notre cortex frontal (qui réfléchit, décide et agit), peut intervenir pour modifier ou compléter le processus : par exemple pour suivre un itinéraire ou réfléchir et infléchir une action quand un incident intervient.
    Mais même dans le cas d'incident un certain autolatisme intervient : par exemple vous freinez instinctivement pour éviter un choc, sans attendre la réflexion et l'ordre du cortex central.

    Le cervelet est donc le chef d' orchestre de ces automatismes,, mais il se sert des circuits d'acquisition des sensations et perceptions (notamment la vue et l'ouie)

    Notre cervelet n'a pas “inventé” ces processus; il les a appris avec l'aide du cortex central.
    La première phase de l'apprentissage est intelligente et réfléchie.On répète
laborieusement une procédure que notre cortex frontal cherche à inventer et à mettre au point par l'action. C'est lui qui dirige et on rate ou on réussit l'essai. Si on le rate on recommence; si on le réussit, le centre de récompense libère de la dopamine qui nous procure une sensation de satisfaction et on en déduit que le processus a été amélioré. On fait ainsi des progrès.
    Dans la deuxième phase on a un semi-automatisme : le cerveau s'est créé des procédures et des modèles, et l'action se fait sans que l'on pense à la recette, pourvu que l'on fasse attention à ce qu'on fait..
    Enfin au bout de l'apprentissage, l'action est devenue automatique; on peut faire autre chose en même temps, tant que ne survient pas une circonstance inhabituelle.

    Enfin pour terminer je vousdrais vous dire quelques mots des mémoires de travail qui sont situées dans le cortex préfrontal et qui servent de relais aux informations qui sont transmises au crortex frontal pour qu'il puisse réfléchir décider et agir.
    Le cerveau agit alors comme un 'un ordinateur qui ramène en mémoire centrale, interne à sa puce, ce qui est stocké sur le disque dur. De la même façon, le cerveau va se servir de “mémoires de travail tampons” intermédiaires pour stocker provisoirement des données.
    Un centre mémoire de l'hémisphère gauche stockera provisoirement les données linguistiques et mathématiques et un centre de l'hémisphère droit les données géométriques, cartographique et les images.
    Ces centres sont des intermédiaires entre l'hippocampe qui rappelle le souvenir et le cortex frontal qui va s'en servir.
    Une des caractéristiques de ces centres est que leur volume est limité et qu'ils ne peuvent donc stocker en même temps plus de 5 à 10 données : par exemple si on vous demande de mémoriser à très court terme des nombres ou des objets que vous voyez et de les restituer ensuite, il vous sera difficile d'être exact au delà de 7 à 10 items.
    Avec malgré tout une exception, c'est que vous pouvez associer certains items par des moyens mnémotechniques ou en les transformant en images : ainsi un joueur d'échec ne retient pas la position des pièces une par une, (cela en farait trop), mais une image globale de la situation de l'échiquier.
    Une autre exception c'est lorsqu'on vous demande non pas de mémoriser et restituer, mais de reconnaitre dans un lot d'images (diapositives) celles déjà vues, le nombre de reconnaissance est beaucoup plus important (des centaines au lieu d'une dizaine). Il semble que dans ce domaine de perception pure, le thalamus travaille directement pour faire ce tri perceptif et que le cortex frontal, l'hippocampe et les deux centres relais interviennent peu. C'est notamment le cas de la reconnaissance des visages qui est un des phénomènes les plus extraordinaires quant aux performances de notre cerveau.

    Enfin deux mots de la maladie d'Alzheimer. Dans sa phase initiale elle se traduit par une diminution de notre mémoire à court terme et principalement de notre mémoire épisodique, puis également de notre capacité d'apprendre de nouvelles connaissances. Dans cette phase, il semble que ce soit l'hippocampe (le professeur de la mémoire) qui soit atteint, les connexions entre neurones n'étant plus aussi efficace et ayant perdu en partie la capacité de se renforcer, renforcement qui est la base de nos souvenirs.

    Je sais qu'actuellement vous révisez vos bacs et que vous n'avez pas envie d'articles trop sérieux genre SVT.
    Après quelques intermèdes, je reviendrai donc à des articles relatifs à notre vie courante et je voudrais vous parler de l'ennui, sujet qui semble parfois vous préoccuper beaucoup.

Samedi 17 mai 2008 à 8:22

Oiseaux



    Un petit tour à Branféré au milieu des oies et des canards sauvages.

Mesdemoiselles que dites vous de ce jeune ado canard aux belles couleurs ?










    Et messieurs que pensez vous de cette belle roussse ?

    Bien sûr ce n'est qu'une jolie canette.











Mais voici une oie bien plus majestueuse, à la démarche de princesse,











....et même en noir et blanc, une oie, cela a de très belles plumes.

    Et pour peu qu'on ait un peu de maïs dans un sac, cela vous suit partout.
    Demandez à mon petit fils, elles ne le lâchaient plus !!







    Après tout, même ce que nous appelons une "petite oie blanche", cela n'a pas l'air si bête que cela, ne croyez vous pas ?

    L'homme est prétentieux !!

















Vendredi 16 mai 2008 à 8:35

Histoires drôles

  Aujourd'hui je cède la parole à une de mes correspondantes, dont le blog a pour adresse. http://touchthesky.cowblog.fr/

    C'est une toute jeune, elle vient d'avoir 13 ans, mais j'aime bien discuter avec elle, car elle a souvent des idées de "grande", parfois aussi des idées naïves et très touchantes, comme ses réflexions sur l'amour, quelquefois très pessimiste et blasée sur notre monde et ceux qui le composent, et d'un humour féroce, mais aussi gaie et amusante lorsque le ciel est sans nuage.

    Elle a écrit ainsi, un jour d'euphorie, le récit d'un rêve qui m'a bien fait sourire, alors je lui ai demandé la permission de le publier sur mon blog, pour que mes lecteurs la connaissent.
Le voici (il y a encore pas mal de fautes d'orthographe, mais elle m'a promis de faire un effort !) :




    Nous avons vu dans mes précédents articles que nous avions plusieurs typesd e mémoire et en particulier, une mémoire de tous les évènements de notre vie, enregistrés chronologiquement, composée essentiellement de nos perceptions et en particulier d'images.

    Les perceptions enregistrées sont innombrables mais étant le plus souvent inutiles sont presque toutes éliminées, notamment pendant notre sommeil et finalement un nombre très faible de “souvenirs” est conservé, soit volontairement sur ordre de notre cortex frontal qui réfléchit, soit sous l'influence de notre cerveau émotionnel, soit parce que l'évènement correspondant était important sentimentalement pour nous, soit parce qu'il nous a traumatisé.

    Dans l'article d'aujourd'hui je dirai quelques mots sur un autre type important de mémoire, celle de nos connaissances, basée essentiellement sur le langage, et qui ne se développe qu'à partir du moment où nous savons parler.

    Cette mémoire résulte de connexions réparties dans tout le cerveau, mais plusieurs centres jouent des rôles particuliers :
    - le cortex frontal qui réfléchit et commande donc enregistrements et rappels des connaissances acquises.
    - l'hippocampe qui participe à la mémorisation en renforçant les connexions entre neurones.
    - le thalamus qui va associer des perceptions (notamment images) aux mots.
    - le centre de Geschwind qui est à la base de l'enregistrement des mots (voir mes articles sur le langage).
    - les centres de Wernicke et de Broca, qui sont les instruments de la compréhension et de l'élaboration de la parole, et pour Broca d'une partie de la compréhension mathématique.

    Cette mémoire est régie par plusieurs principes :
    - la mémorisation se fait par renforcement des connexions entre tous les neurones qui contribuent à l'enregistrement de la connaissance. Le fait de solliciter un des neurones concerné entraine la connexions des autres neurones et donc fait évoquer l'ensemble des données concernant le sujet que l'on a mémorisé.
    - la connaissance est donc répartie hiérarchiquement en thèmes, en sous-thème, en “entités” représentées finalement par des mots.
    Si vous pensez à une maison vous avez toutes les caractéristiques qui peuvent surgir, tels que mur, toit, pièce, ... et si vous détaillez le toit, viennent à l'esprit les poutres, tuiles, ardoises... la façon de les poser, le matériau dont est composé une tuile, la façon de la mouler, de la cuire etc...bref une véritable encyclopédie, à entrées multiples comme sur un ordinateur, mais avec des possibilité innombrables de chaînage au gré de notre pensée.
    - ces connaissances élémentaires sont réalisées par un nombre minimal de neurones (quelques milliards quand même), grâce à une organisation stricte, ayant pour but cette économie.    
    Ainsi un groupe de neurones représente la couleur verte d'une certaine nuance
(amande, épinard, kaki, ...) et chaque fois qu'un objet de cette couleur sera évoqué, c'est toujours ce groupe de neurones qui sera connecté et qui vous donnera le nom et la perception, la “sensation” de cette couleur.
    Si vous pensez à un rouge-gorge, votre cerveau connectera ainsi le mot rouge-gorge, au mot oiseau, aux termes savants tels que “Erithacus rubecula” ordre des passereaux ou “passéiformes” et “famille desTurdidés” (si vous les avez appris !!), mais aussi à la forme du rouge gorge, au fait qu'il a une gorge rouge, qu'il a des ailes d'une vingtaine de centimètres d'envergure, qu'il peut vivre 15 ans, à sa façon de chanter et aux sons correspondants (ce ne sont plus des mots mais des “sensations”) et puis votre cerveau pourra vous connecter si vous lui demandez, sur tous les souvenirs que vous avez de ce petit animal familier qui vient se percher sur le guidon de votre tondeuse à gazon. Eventuellement il pourra aussi évoquer les graines qu'il mange, les insectes dont il nous débarrasse, le comparer à d'autres oiseaux ........

    Finalement vous l'avez compris, notre mémoire est un réservoir de connaissances représentées par des mots et des sensations, et que des connexions multiples et innombrables peuvent mettre en relations entre elles.
    Chaque connaissance n'est pas le fait du hasard, mais celui d'un renforcement de connexions entre des groupes de neurones parce qu'ils représentent des données qui ont une relation entre elles, relation que nous avons apprise soit en nous instruisant, soit en vivant notre vie de tous les jours. (je rappelle qu'on estime que le nombre de connexions entre neurones du cerveau est supérieur à 10 puissance 15).

    Mais là encore notre mémoire n'est pas éternelle et le cerveau, qui travaille à l'économie, efface ce qui ne sert pas.
    Pour que ces connexions soient relativement fiables, il faut qu'elles soient utilisées. Plus elles le sont plus elles sont renforcées et plus elles sont permanentes et le souvenir facile à rappeler.
    Moins elles servent, au contraire plus elles s'affaiblissent. Nous aurons plus de mal à nous souvenir de cette connaissance certe apprise, mais peu utilisée.
    Certaines d'entre elles vont s'effacer parce que nous ne les évoquons jamais. Par exemple je ne me sers jamais du nom “savant” du rouge gorge; je me rappelais le “rubecula” à cause de sa couleur, mais j'ai dû aller chercher “érithacus” sur Google, car je ne m'en souvenais plus.
   
    Une caractéristique particulière du cerveau est cette organisation en “réseau” des connexions et le phénomène “d'amorçage” des rappels. Comme je l'ai dit il suffit d'évoquer rouge gorge pour qu'un grand nombre de connaissances le concernant affluent à notre cerveau.
    Mais parfois nous cherchons une donnée un mot, et nous ne le trouvons pas, parce que nous ne l'utilisons pas souvent. Nous savons que nous l'avons appris, nous l'avons “sur le bout de la langue”, mais il ne vient pas. La connexion ne se fait pas. Et là il suffit que tout à coup nous pensions à quelque chose qui est relié à ce mot, pour que, par ce biais, la connexion se fasse et le mot oublié revient subitement en mémoire.
    Je suis sûr que vous avez connu cela ne serait ce qu'en apprenant une “récitation” un rôle de théâtre, ou en rédigeant un devoi... etc....

    Voici donc les caractéristiques principales de notre “mémoire de connaissances” basée sur les mots, mais associé à la mémoire épisodique des souvenirs.

    Mais quand le cortex frontal qui réfléchit, veut ainsi se servir d'éléments que nous avons en mémoire, de même qu'un ordinateur ramène en mémoire vive interne à sa puce, ce qui est stocké sur le disque dur, de même le cerveau va se servir de “mémoires de travail tampons” intermédiaires pour stocker provisoirement des données
    Puis il y a des processus courants que nous répétons machinalement tous les jours et pour lequel le cortex frontal trouve inutile de réfléchir. Il délègue” alors ses fonctions au cervelet qui est le centre responsable de tous les automatismes.
    J'évoquerai ces questions dans mon prochain article.

Mercredi 14 mai 2008 à 8:46

Singe



    En ce moment j'ai trop de travail, alors j'ai fait un rêve cette nuit :

    le vieux singe prenait une journée de repos à la campagne !









    Mes petits enfants et moi nous avions fait un bon pique-nique au bord d'une petite rivière......











....Certains d'entre eux regardaient une partie de tennis du haut des grillages.....









...et les autres étaient sûrement en train de préparer un mauvais coup !










Mais une de mes guenons était toute solitaire, très triste dans son coin, et il a fallu que j'aille la consoler..


La vie continue, hélas, ce n'était qu'un rêve !!





Et le pire, c'est qu'en rêvant cela cette nuit, j'ai attrapé un coup de soleil !



Mardi 13 mai 2008 à 8:05

Animaux


    Aujourd'hui j'ai du travail, alors seulement un petit tour au château de Branféré en Bretagne.

Allons voir les kangourous qui sautent en liberté au milieu de nous.









    On peut approcher les adultes, surtout si on a quelques pop-corns à leur donner, mais ils restent farouches et ne se laissent pas caresser.









    Les bébés par contre, n'ont pas peur des hommes. On leur offre une friandise et on peut caresser leur doux poil.

    Mais Maman Kangourou surveille l'opération très attentive.


    Dans le dernier article sur la mémoire, je vous avais parlé de la mémoire épisodique qui enregiustre nos perceptions, notamment les images  et donc les scènes de notre vie de tous les jours, soit de façon automatique et presque inconsciente, soit sur ordre du cortex frontal qui veut se rappeler ce souvenir.

    Mais intervient ensuite l'oubli..

    Il peut être presque instantané pour les perceptions courantes sans intérêt qui interviennent tous les 1/40ème de seconde. il peut aussi
, lorsque nous n'avons plus besoin de ce souvenir particulier, se produire  pendant notre sommeil durant lequel nous “nettoyons” notre mémoire.
    Lorsqu'il s'agit d'un souvenir que nous gardons, si nous l'utilisons souvent, il se renforce et reste présent vivace. Mais si nous ne nous en servons pas, il s'atténue, voire disparait à la longue.

    En fait nos souvenirs sont inexacts. On ne se souvient pas des détails, mais on en rajoute, on en invente. Jean-Pierre Changeux, un grand neurobiologiste, disait que nous construisons nos souvenirs comme les paléontologues reconstituent ce qu'ont été les dinosaures.
    Vous qui êtes pourtant jeunes, essayez de vous rappeler des images de votre enfance vers 5/6 ans.
    Vous vous apercevrez que vous n'avez que de très vagues images véritables de cette période, des “flashs”. Mais par contre vous vous souvenez de ce que vos parents, votre famille vous a raconté; vous intégrez à vos souvenirs des photos que vous avez de cette période. Vous intégrez même dans vos souvenirs des petits morceaux qui n'ont jamais existé, mais correspondent à des “envies”, à des rêves, à des lectures auxquelles vous vous êtes identifiée.
    Plus on avance en âge, et plus certains morceaux de votre vie sont ainsi flous et “reconstitués”, avec une inexactitude des détails.

    Cependant certaines scènes, certaines images, gaies ou tristes sont restées là, intactes, bien que vous n'y pensiez pas forcément si souvent que cela (voire même que vous évitiez d'y penser ! ). C'est en général qu'elles avaient pour vous une “charge émotionnelle” importante.
   
    Lors de la mise en mémoire, comme lors du rappel du souvenir, le thalamus rassemble les perceptions évoquées : (image + son + toucher + éventuellement odeur et goût) pour chaque objet et fait probablement du tri de pertinence; l'hippocampe connecte les diverses zones du cerveau qui correspondent au souvenir "recherché" et en fait une "évocation" ; le cerveau limbique, proche, ajoute l'émotion.
    L'amygdale notamment, qui intervient dans le mécanisme de peur,  reçoit directement les sensations et alertes, fait le tri et agit sur l'attention, qu'elle focalise sur les points imporatnts; elle agit aussi sur l'hippocampe voisin et sur la libération des hormones de stress; on a constaté que bloquer ces hormones diminue la sensibilité aux souvenirs émotionnels.
    La “charge émotionnelle" d'un souvenir peut donc contribuer à une mémorisation beaucoup plus forte.
    Par exemple vous vous rappellerez telle rencontre avec quelqu'un que vous aimez, comment cette personne était habillée, ce qu'elle vous a dit, les scènes de votre rencontre ....
    Même à 76 ans j'ai encore ainsi des souvenirs précis de certains évènements de ma jeunesse, alors que les souvenirs de la même période ont complètement disparu.

    On se rappelle également mieux des souvenirs traumatisants en partie d'ailleurs parce que, à l'origine, ce souvenir revenait souvent en mémoire et vous hantait. Le souvenir d'un accident reste ainsi présent toute la vie dans ses détails.
    Mais le cerveau émotionnel peut aussi perturber le fonctionnement de l'hippocampe et bloquer celui ci lorsqu'on voudrait rappeler un souvenir traumatisant.
    C'est l'origine de ce que Freud appelait des refoulements et leur attribuait, à tort, une origine essentiellement sexuelle. (c'était particulier aux personnes qu'il soignait).
En fait il ne s'agit pas de refoulements, mais de “blocages” de souvenirs par blocage de leur rappel. Ces souvenirs restent donc inconscients tant que nous les bloquons ainsi.


    En ce qui concerne l'inconscient, les neurobiologistes estiment qu'il est principalement constitué de tous les souvenirs de perceptions que nous enregistrons en permanence de façon inconsciente et dont certains, pour des raisons notamment émotionnelle, restent en mémoire pendant un certain temps.  
    Le cerveau analyse en permanence toutes les données fournies par le système visuel; il y a une remise en cause permanente des données qui entrainerait une instabilité permanente de celles-ci, un “sautillement”; s'il n'y avait pas un système de stabilisation : la conscience qui oppose une certaine inertie (quelques dixièmes de seconde). pour que les autres parties du cerveau qui ont des rôles de réflexion ou de commande puissent puiser des informations stables.

    C'est la raison pour laquelle notre cerveau fait un tri sélectif important dans ce qu'il enregistre et que nos souvenirs sont peu nombreux, fortement influencés par notre attention, notre volonté et nos sentiments et émotions, voire notre personnalité et nos désirs, et que finalement notre mémoire épisodique a une fidélité très relative.
 
    Dans mon prochain article, je vous montrerai ce qu'est la mémoire “déclarative sémantique, syntaxique et lexicale”, (quelle belle appellation !) et plus simplement, celle de nos connaissances, basée sur le langage.

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