Samedi 7 juin 2008 à 8:49

Amour et peines de coeur



    En ce moment j'ai moins de mails de mes correspondantes des lycées; elles révisent leur bac !

    Par contre celles qui n'ont pas cet examen ou qui ont presque fini leur année de fac m'écrivent à nouveau.
    Parmi ces dernières, qui ont de 19 à 21 ans, certaines ont des peines de coeur.

    J'ai souvent dit que dans vos relations amoureuses, il y avait quatre stades.

    - Celui du lycée, voire du collège, où les relations sont plutôt des amourettes, des initiations à l'amour. Si les filles prennent souvent ces relations pour de l'amour, les garçons eux ont tendance d'une part à être plus indépendants et traiter cela comme de simples iinclinations, ou pour beaucoup d'entre eux, à penser surtout au sexe et donc à de simples attirances.
    Ces amours sont rarement durables et sérieux.

    - Le stade des études supérieures après le bac, où l'ado se transforme en adulte, ou la relation devient plus sérieuse, où beaucoup d'entre vous ne logent plus chez leurs parents, et où on essaie de mieux connaitre l'autre et de s'habituer à lui, en le voyant souvent et en allant tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre.
    C'est un stade très important “d'essai”, où l'on cherche à bien se connaître, à voir si on peut avoir une relation suivie avec son partenaire, en l'acceptant tel qu'il est.

    - La phase suivante où l'on a décidé qu'on se plaisait, que c'était sérieux et qu'on allait habiter ensemble, et c'est la vie en commun. Et là il faut supporter l'autre tous les jours et partager les tâches et les loisirs, les joies et les peines.
    C'est un stade que beaucoup de relations ne supportent pas et malgré l'amour que l'on croyait fort de part et d'autre, le doute et les discussions s'installent, et l'on s'aperçoit que l'autre n'est pas tel que l'on croyait.
Parfois aussi, on ne supporte pas la diminution de liberté qui en résulte.
    Lorsqu'on se voyait seulement deux ou trois jours par semaine, on tenait à ces instants, on s'efforçait d'être de bonne humeur, de faire plaisir à l'autre, de se montrer chacun sous son bon coté.
    Mais cela on ne peut le faire en permanence, et donc la vie en commun fait apparaître les défauts de chacun et il faut que l'autre les supporte.
    Et puis les autres jours où on n'était pas ensemble, on jouissait d'une certaine liberté, on pouvait ne pas se surveiller, ne pas s'obliger à faire certaines tâches pas forcément intéressantes et non indispensables, du moins pour soi.

    Il y a enfin le dernier stade, celui où, vivant en couple chacun va rentrer dans la vie professionnelle.
    Vous me direz qu'avant on allait bien travailler à la fac.
    Mais l'expérience montre que lorsqu'on commence son métier véritablement, on a tout à coup l'impression d'être réellement indépendant et adulte, un homme ou une femme à part entière et d'être considéré ainsi par les autres, par ses collègues de travail.
    De ce fait la mentalité évolue : on dépend moins de l'autre dans le couple, on a une responsabilité propre, les collègues constituent en quelque sorte “une nouvelle famille” et finalement, on a une nouvelle vie, on partage son temps et son esprit entre travail et conjoint. (qu'on soit marié(e) ou pas, cela ne change pas grand chose).
    Chacun s'aperçoit dans son travail que maintenant, il est capable de faire des tas de choses, de prendre ses responsabilités, il prend confiance en lui, il s'assume seul, il réussit, il a aussi des projets dans ce domaine, une “carrière”.
    Et là deux conséquences possibles :
    - Les deux partenaires arrivent à communiquer sur leurs problèmes de travail, sur leurs responsabilités, sur leur évolution mentale. Le couple s'habitue peu à peu à cette nouvelle situation et les deux partenaires évoluent ensemble, sans diverger.
    - Chacun évolue indépendamment et le risque de diverger est alors grand. Au mieux chacun a deux terrains de vie, le travail et la vie ensemble, le soir et le week-end. Au pire c'est la rupture. Entre les deux, on diverge et on s'éloigne pau à peu de l'autre et on risque un jour de se trouver tellement loin qu'on ne peut plus se rejoindre.

    Sans doute me direz vous il y a un cinquième stade, celui des enfants, mais en général c'est pour plus tard.

    Certes ce découpage est un peu théorique, les quatres stades ne sont pas forcément tous présents et leur durée peut être très variable.
    A mon sens le stade le plus important est le deuxième, celui de l'après bac, de la coexistence pendant laquelle on apprend à connaître l'autre, à savoir si les stades suivants ont quelques chances d'exister et de réussir.
Un deuxième stade trop court est en général un handicap pour la suite.
    Je pense que l'on croit toujours trop que l'on connait bien l'autre.
Or pendant longtemps, on le voit avec les yeux de l'amour qui en sont pas très objectifs. Puis on ne voit que les bons cotés de celui avec lequel on ne vit pas en permanence.
    Le stade de cohabitation ou se termine vite par une rupture, (quelques mois, un an ) ou en général réussit.
     Le stade le plus difficile est celui de l'entrée dans la vie professionnelle, car on ne s'aperçoit en général que l'on a divergé que lorsqu'il est déjà très tard pour réagir.

    J'ai été aussi témoin de phénomènes particuliers, par exemple deux amoureux qui, bien que s'aimant beaucoup,  s'éternisaient dans ce deuxième stade, avec une appréhension extrème de vivre complètement ensemble et dont l'un a fini par craquer pour ne pas être obligé de vivre sosu le toit de l'autre.

    Bien entendu il peut y avoir aussi au cours de ces périodes, des avatars, des trouble-fêtes, la rencontre par exemple de quelqu'un qui correspond beaucoup mieux à votre tempérament, vos valeurs, vos goût et qui vous fait vous rendre compte que l'on n'était pas sur la bonne voie.
    Il y a aussi hélas la maladie, et les accidents et la disparition brutale d'un bonheur tant espéré.

    Un grand amour durable, c'est finalement difficile à réussir



Vendredi 6 juin 2008 à 8:09




    Mes petits enfants aiment les balades à ânes. ils portent les bagages et on leur tient compagnie en marchant près d'eux.

Au moment du pique-nique, il faut aussi penser à eux










  







 Maman anesse est tétue mais aimable et son ado-anon est bien mignon













    Il a l'oeil placide et tendre et qu'on lui tire le portrait ne lui fait pas peur !
    Je suis macho !
Je ne sais pas pourquoi je dis "il".

C'était une petite "ado-âne" bien mignonne!

Mercredi 4 juin 2008 à 18:05

Solitude, Ennui, Absence

    Vous m'aviez adressé de nombreux mails me demandant ce qu'était ce test sur l'ennui dont j'avais parlé dans un article, mais je crois que beaucoup d'entre vous l'ont essayé et maintenant je reçois encore plus de mails, me demandant des explications sur ce qu'est la loi de Gauss et la façon d'interpréter votre propre résultat. ! IooI

            La loi de Laplace Gauss ou loi “normale”.

    Les élèves de T S ou T ES devraient savoir ce que c'est.
Voici une explication résumée simple:

    Les phénomènes qui correspondent à de très nombreux cas, dont les causes sont nombreuses et parmi lesquelles il n'y en a pas qui aient de beaucoup plus grande influence que les autres, obéissent en général à ce que l'on appelle la loi  dite “normale” décrite par Laplace et Gauss.
    C'est le cas par exemple pour la taille d'une population humaine, le poids des pièces de monnaies....et lpus généralement dans la plupart des dispersions des caractéristiques des objets fabriqués sur machines en grande série.
    Si l'on trace la courbe de fréquence des diverses valeurs des cas étudiés on trouve une courbe ayant l'allure des courbes ci-dessous, dites “courbes en cloche” qui est symétrique, autour d'une valeur appelée moyenne.
Il y a autant d'événement qui aient une valeur inférieure que d'événements ayant une valeur supérieure à cette moyenne.
    La moyenne est une des caractéristiques de la distribution des valeurs des cas : les trois courbes verte, bleue, rouge ont la même moyenne; la courbe rose a une moyenne plus faible. Vous connaissez tou(te)s ce terme avec la moyenne de vos notes de classe.

    Une autre valeur caractéristique d'une distribution selon la loi normale est ce que l'on appelle la dispersion ou l'écart type, valeur de la dispersion que l'on peut catlculer par une formule mathématique.
    Vous voyez sur la figure les courbes de même moyenne bleue, verte et rouge sont différentes car les distributions sont plus ou moins “étalées”, plus ou moins “dispersées”.
    Les valeurs des abcisses correspondent à 1, 2, 3, 4...écart-types de la courbe verte.



    Une des particularité de la loi normale, (qui n'est pas valable pour les distributions qui n'obéissent pas à cette loi) est que :

    - 67% des cas dont compris entre  la moyenne moins un écart-type et la moyenne plus un écart-Type.
    - 95% des cas dont compris entre  la moyenne moins 2 écart-types et la moyenne plus 2 écart-Types
    - 99% des cas dont compris entre  la moyenne moins 3 écart-types et la moyenne plus 3 écart-Type

    Ces chiffres caractéristiques ne s'appliquent pas à des valeurs qui ne correspondent pas à une loi normale. Il existe donc des tests mathématiques qui permettent de vérifier l'appartenance d'une série de chiffres à une loi de Gauss.

  
              Interprétation du test sur l'ennui.

    Les chiffres donnés permettent de vous situer par rapport à la population testée d'étudiants américains  

    Dans le cas de notre test
       
    - La moyenne des réponses est de 99. (pour un nombre minimal de points de 26 et un nombre maximal de 182 et un neutre de 104)

    - L'écart-type étant de 12,
        • 67% des étudiants ont des scores entre 87 et 111 (les 2/3).
        • 95% des étudiants ont des scores entre 75 et 123.
        • 99% des étudiants ont des scores entre 63 et 135.

    Comme il s'agit d'étudiants si vous êtes au lycée vous avez des comportements probablement voisins (ce qui ne serait pas forcément le cas d'adultes, à fortiori de vieux singes comme moi !)
    Par contre les questions étaient traduites de l'américain  et les français ayant une culture différente, iI est très possible que, si on faisait en France un étalonnage avec ce questionnaire sur quelques centaines de lycéens on trouverait des chiffres sans doute différents.

    Si je prends les trois commentaires de mon précédent article :

    Kaa avec 73 s'ennuie moins que les 2/3 des étudiants américains, mais c'est un serpent qui n'est plus au lycée comme élève !! IooI
    FlameOfWrath et ma "visiteuse",  avec 61 et 63 s'ennuient fort peu, moins que 99 % des étudiants américains. Il faudra que je leur demande leur recette !

    Cela dit, peut être qu'en Amérique on s'enquiquine énormément quand on est étudiant et beaucoup plus qu'en France.? Ioi
    Mais l'article que j'ai lu sur ce test, ne dit pas sur combien d'étudiants portait ll'étalonnage du test, probablement sur plusieurs centaines.

    J'essaierai d'envoyer un petit mail vendredi à ceux qui m'ont demandé de les aider à interpréter leur test.
       

Mercredi 4 juin 2008 à 8:14

Solitude, Ennui, Absence



    Mes articles sur l'ennui m'ont valu beaucoup de mails auxquels j'essaierai de répondre.
    Mais la plupart me demandent ce qu'est le “test d'ennui” du professeur Sundberg et de Richard Farmer, de l'Institut de Recherche de l'Orégon. (1986)
    Je vous en donne donc une traduction en français. Amusez vous !!!

Attribuez aux questions suivantes une note entre 1 quand vous n'êtes pas du tout d'accord et 7 quand vous êtes tout à fait d'accord (4 étant le score neutre) :

1- J'ai toujours l'impression que le temps passe lentement.

2 -Je me sens souvent désœuvré, ne sachant quoi faire.

3 - Je me fais souvent piéger dans des situations où je dois faire des choses qui n'ont pas de sens.
 
4 - Avoir à regarder, chez quelqu'un, des films de famille ou des diapositives de vacances m'ennuie terriblement.

5 - Beaucoup de choses que je fais sont répétitives et monotones.

6 - J'ai besoin d'être plus stimulé que les autres pour bouger.

7 - Je suis rarement enthousiasmé par ce que j'entreprends.
 
8 - La plupart du temps, je ne fais que tràinasser. 16- je suis souvent à ne rien faire, avec du temps devant moi.

9 - Dans des situations durant lesquelles je dois attendre, comme dans une queue, je deviens très impatient.

10 - J'aurais beaucoup de mal à trouver un travail (ou activité) suffisamment intéressant.

11 - J'aimerais faire davantage de choses stimulantes dans la vie. 2 1 - La plupart du temps, j'ai l'impression de travailler en dessous de mes capacités.

12 - À moins de faire quelque chose d'excitant, voire même de dangereux, je me sens plus mort que vif et déprimé.

13 - J'ai besoin de beaucoup de changement et de diversité pour continuer à être vraiment heureux.

14 - On dirait que l'on passe toujours les mêmes choses à la télévision ou au cinéma, cela devient lassant.

15 - Lorsque j'étais jeune, je me retrouvais souvent dans des situations monotones et ennuyeuses.

16 - Quand je travaille, il m'arrive souvent d'être préoccupé par autre chose que mon travail.


A l'inverse attribuez aux questions suivantes une note entre 7 quand vous n'êtes pas du tout d'accord et 1 quand vous êtes tout à fait d'accord (4 étant le score neutre)

 17 - Il m'est facile de me concentrer sur mes activités.

18 - J'ai tout le temps dans ma tête des projets et des choses à faire.

19 - Je n'ai pas de difficultés à me distraire.
 
20 - La plupart des choses que je fais me procurent un certain plaisir.

21 - Quelle que soit la situation, je trouve toujours quelque chose d'intéressant à faire ou à voir.

22 - Je suis particulièrement patient quand j'attends.

23 - Je me réveille souvent avec une nouvelle idée en tête.

24 - Beaucoup diraient que je suis quelqu'un de créatif et d'imaginatif.

25 -Je m'intéresse à tellement de choses que je n'ai pas le temps de tout faire.

26 - De tous mes amis, je suis le plus persévérant.


    Faites la somme des points que vous avez ainsi attribué.
    Pour ne pas vous influencer je ne vous donne pas le diagnostic sous ces questions, mais vous le trouverez dans un commentaire à cet article.

Si vous voulez vous pouvez faire un copier-coller de cet article. Par principe, je ne les protège jamais.

Mardi 3 juin 2008 à 8:22

Animaux





   En forêt de Fontainebleau, il y a beaucoup d'animaux “sauvages”, je veux dire par là, qui vivent dans la nature non aprivoisés.

    Bien sûr on n'y rencontre pas des tigres, mais plus souvent qu'on ne croit, des sangliers et des renards.
    Et cela même près des grillages qui séparent la forêt de l'autoroute.









    Voici deux photos de “maître renard”, je ne sis pas par quelle odeur alléchée (je n'avais pas de fromage avec moi !).
    Il a belle allure, même si les photos, prises dans la hâte, sont un peu floues.











    Et madame sanglier (une laie) toute étonnée de se trouver nez à nez avec nous (et c'était réciproue !).

    Je ne suis pas sûr que ce soit une laie adulte, elle n'était pas très grosse. Peut être une ado-laie?

Lundi 2 juin 2008 à 8:22

Solitude, Ennui, Absence



    Certes une dépression doit être soignée, et l'ennui chronique n'est pas non plus une situation normale. Mais dans les deux cas il faut chercher ailleurs la cause de ces anomalies, dans les épreuves que nous avons pu subir

    Mais l'ennui non chronique est une chose normale et banale et on peut se demander si cet ennui est si néfaste que cela, notamment à l'adolescence et s'il faut vraiment  le combattre et le supprimer, ou simplement savoir comment occuper ces périodes d'inactivité et d'inattention.?

    Je pense que je vais vous étonner et surtout choquer vos parents.
    Je suis persuadé que, pour un adolescent s'ennuyer un peu est utile.

    Je sais que je vais là à contre courant de la mode.
    La plupart des parents que je connais, pensent à tort que l'ennui est un état d'esprit à éviter, proche de la dépression et que pour ne pas y plonger, mieux vaudrait se jeter dans n'importe quelle activité, aussi vaine soit elle. Mieux vaut une activité sans intérêt que l'ennui, ce qui est paradoxal, pusique une activité sans intérêt est justement génératrice d'ennui.
    L'ennui n'est pas dans l'air du temps; C'est vrai que à part les retraités et les exclus de la société du travail, qui peut se payer le luxe de s'ennuyer. !!
     Le temps libre n'est plus un temps “mort”. Il doit être consacré à une activité “rentable”, servir à l'entretien de son “capital santé", de son “capital culturel”, à entretenir sa forme sportive ou ses rélations de travail ou amicales.
    Aujourd'hui un adulte qui s'ennuie est soupconné par les autres d'être déprimé, de ne plus avoir le goût de la performance, et on en est presque à soigner l'ennui par le “prozac”.

    Et les parents appliquent évidemment ce culte de l'activité incessante à leurs enfants. Dans la course effrenée vers le bonheur et la réalisation individuelle, les enfants ne doivent jamais être confrontés au sentiments de lassitude, de mélancolie, de vide que l'on exprime par ce “je m'ennui...iiiiie,  qui plonge aujourd'hui les parents dans le désarroi le plus complet.
    Et dès lors ils entraînent leurs progénitures dans un ballet incessant, soit qu'ils aient l'oeil rivé sur la télévision, l'ordinateur et les SMS du portable, soit qu'on les enmmène à droite à gauche, dans des activités qui se télescopent et ne laissent aucun repos.
    Finalement le secret de l'éducation aujourd'hui, c'est , au prix de multiples addictions légales, voire prescrites, d'éviter à l'adolescent de se poser la question du manque d'activité et de son corrolaire, le désir.

    Et pourtant l'ennui a des qualités. Il permet de prendre de la distance vis à vis de soi-même, de se détacher des préoccupations de son corps, de rêver un peu, de penser à des projets, de se poser des questions sur l'avenir, de réfléchir à des problèmes et d'inventer des solutions. Il permet à l'imagination de se donner libre cours.
    Si vous vous ennuyez et que vous restiez un moment sans télévision, sans ordinateur, sans téléphone, sans rendez vous, après avoir redouté cet instant, vous vous prendrez à imaginer à associer des idées, à explorer votre monde intérieur, à créer des choses nouvelles
    Les pensées meublent l'ennui, les pensées chassent l'ennui et l'ennui s'estompe.   
    Il y a des jours où je me demande si on ne bannit pas l'ennui , tout simplement parce qu'on a peur de réfléchir ?

    Pour se sentir exister, il est pourtant nécessaire d'exister à l'intérieur de soi, c'est à dire de penser, imaginer, rêver, se raconter des histoires, même quand on est adulte et encore plus quand on est jeune
    Le processus de maturation qui va faire de l'enfant un adulte nécessite un travail psychique, une réflexion sur soi, les autres et l'environnement.
    Je vais donc encore une fois choquer les parents. Je pense que face à l'ennui il ne faut pas aller au devant de la répulsion des enfants pour cette situation. en les engageant dans de multiples occupations, dans l'agitation et l'hyperactivité.
    Cela les empêche justement de se poser la question de ce qu'ils désirent, d'y réfléchir, de ne pas céder inconsidérément à toutes les envies
    Parents à mon avis, vous ne devriez pas hésiter à refermer sans bruit  la porte de la chambre de vos chérubins en disant “chut ! les enfants s'ennuient !!”
    Et je crois que vous devriez lire dans les commentaires de mon dernier article , celui de Maybe.Be, il est très instructif et je partage entièrement son opinion.



Dimanche 1er juin 2008 à 8:45

Solitude, Ennui, Absence



    Dans le précédent article, j'avais montré que, alors que les enfants ne s'ennuyaient que très rarement, c'était au contraire un phénomène naturel chez les adolescents et même chez les adultes, dû à un manque d'attention et de concentration et à un désintérêt pour la tâche que l'on effectue ou pour un environnement qui ne vous apporte pas suffisament de stimulations.

    Toutefois nous avons vu que certains individus étaient plus prédisposés que d'autres à l'ennui (par exemple les extravertis).

    Chez certains adolescents cependant, cette propension à l'ennui, qui au départ est normale, devient chronique.
    Les chercheurs ont aussi étudié cette tendance.
    Ils ont trouvé qu'elle s'accompagnait souvent d'un manque de confiance en soi, d'une propension à ne pas comprendre ou admettre ses sentiments et sa vie émotionelle et du coup à surveiller en permanence ses humeurs.
    Un ennui “existentiel” peut apparaitre quand une personne renonce à ses buts, à ses rêves pour des raisons matérielles, ou sous la pression d'autrui.
Chez les jeunes c'est aussi l'incapacité normale et courante de ne pas savoir ce qui vous rendra heureux, qui peut conduire à cet état de désintéressement de ce qui vous entoure et de la vie.
    Les statistiques montrent que la probabilité de trouver un réconfort dans l'alcool, le canabis, voire les drogues dures, est plus fréquent chez ces personnes qui s'ennuient de façon systématique.
    De même certains jeunes qui s'ennuient de façon chronique ont recours à la nourriture pour s'occuper, ce qui aboutit le plus souvent à la boulimie et parfois à l'obésité.

    L'ennui est souvent associé à la solitude et pourtant ce n'est pas la même chose, mais effectivement l'ennui peut naître de la solitude ou du sentiment d'être seul(e). En fait l'enfant et l'adolescent, quand ils sont seuls font la même chose, laisser aller leurs pensées au gré de leur fantaisie, mais si c'est facile pour l'enfant, cela a l'air plus difficile pour l'adolescent, qui alors s'ennuie.
    Un ennui chronique peut effectivement résulter d''une mise à l'écart par rapport aux autres, que ce soit famille ou camarades, ou d'échecs sentimentaux répétés.

    Certains parents envoient leur enfant chez le psychiatre parce qu'il s'ennuie trop souvent. C'est la plupart du temps une erreur. Un ennui chronique n'est pas signe de dépression.
    Certes les personnes en dépression s'ennuient car elles n'ont plus goût à rien et ne savent plus comment réagir, comment s'intéresser à quelque chose.
La dépression leur ote volonté et attention et les médicaments qu'on leur donne aggravent plutôt cet aspect.
    Mais les personnes en dépression ont un mal être beaucoup plus imporatnt que le seul ennui.

    On peut se poser la question : comment combattre l'ennui.
    Mais on peut même se demander si l'ennui non chronique, celui qui nous prend normalement parfois tous, cet ennui est il si néfaste que cela, notamment à l'adolescence ? Faut il vraiment supprimer l'ennui ou simplement savoir comment occuper ces périodes.?

    C'est ce à quoi je voudrais réfléchir dans mon prochain article et avoir votre avis.

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