Samedi 20 septembre 2008 à 8:51

Oiseaux

     J'habite un appartement au 5ème étage sur la colline et de ma terrasse où poussent les fleurs dont je publie les photos sur mon blog, je vois loin tout autour.
     Un kilomètre,( à vol d'oiseau), au sud est le grand canal du château de Sceaux, qui date de Louis XIV. Un kilomètre au sud, un petit lac de l'Arborétum de Chatenay-Malabry à coté de la villa de Chateaubriand. 500 mètres à l'Ouest les petits bassins de la mairie. Et 500 mètre au nord, vers Paris, à coté de la maison de deux de mes enfants, l'étang Colbert dont vous voyez une photo ci dessous :



     Il y a une dizaine d'années, un jeune héron est venu l'été sur cet étang, peuplé par ailleurs de canards, de poules d'eau et de mouettes, régulièrement empoissonné pour la joie des pêcheurs du dimanche, et pendant deux ans il migrait, je ne sais où, l'hiver.


     Et puis, il s'y est habitué, (il doit être flemmard et introverti), il ne part plus l'hiver et il se contente de voler régulièrement entre les divers plans d'eau du voisinage et passe régulièrement de son vol lourd, au dessus de ma terrasse. (Cela ne plaît pas à monsieur le maire car il mange ses poissons rouges ni aux corbeaux et pigeons du voisinage qui se méfie de ce super-oiseau !!).

     Et hier j'ai vu, miracle, deux hérons passer au dessus de chez moi (dommage je n'avais pas mon appareil photo), volant vers le parc de Sceaux.

     Mon héron a trouvé une petite amie, enfin !!

     Poissons rouge à vos bocaux !!


Vendredi 19 septembre 2008 à 8:50

Tristesse, désespoir



    Plusieurs d'entre vous m'ont demandé pourquoi des ados tristes, bien qu'ils ne soient pas dépressifs, vivent dans un monde irréel et ne peuvent en sortir.
    Par le passé l'une d'entre vous m'avait dit : “...je suis dans une cage de verre dont j'ai perdu la clé.”

    Ce n'est pas facile de répondre à cette question car chacun est un cas particulier : son environnement familial, ses camarades, sa propre personnalité influent sur ses comportements et il faut donc étudier chaque cas.
   Je peux cependant essayer de donner quelques idées générales sur ce sujet.
    Mais cela repose sur une notion un peu difficile : le différence entre l'imagination et le fantasme. Alors pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner deux exemples.

    D'abord, étant petit(e), il vous est sans doute arrivé d'avoir un “doudou”, une poupée ou un ours en peluche. A quoi vous servait il.?
    Au début de son développement, l'enfant ne fait pas la différence entre le ..nonde extérieur et son monde à lui, intérieur.
    Il est dans une « phase d'omnipotence » où il a l'illusion que ses moindres pensées et désirs façonnent le monde extérieur. S'il pleure, sa mère accourt et lui donne à manger: ses moindres envies se réalisent. La frontière entre le monde de ses désirs et celui de leur réalisation n'existe pas pour lui.
    Progressivement. toutefois. cet enfant découvre que la réalité n'obéit pas toujours aux règles de son monde intérieur : sa maman n'accourt pas toujours immédiatement pour satisfaire ses désirs : il se rend compte que sa mère a son existence propre, distincte de la sienne.
    Cette découverte est stressante et l'enfant recourt à un objet le doudou , le nounours, la poupée, pour apprivoiser cette nouvelle réalité et pour calmer son angoisse face au monde qui ne lui obéit plus. Cet objet est doté d'une charge affective, et peut encore être contrôlé par l'enfant qui va « modéliser » sa relation avec sa mère ou avec d'autres personnes.    
    L'enfant par exemple, va battre son doudou s'il est fâché à cause d'une décision sévère de sa mère, ou jouer au docteur avec lui s'il a été malade.
    Cet objet est alors bénéfique et l'enfant utilise son imagination pour le mettre en scène dans des situations qui ressemblent à celles de la réalité.
    Mais l'enfant peut aussi se réfugier entièrement dans son attachement au doudou qu'il ne peut plus quitter un instant et qui est alors son monde à lui, distinct de la réalité à vivre des histoires détachée de la vie réelle. C'est alors un fantasme.

    Deuxième exemple celui d'un ado qui joue sur son ordinateur à un jeu de rôle.
    Certes il n'est pas dans un monde réel mais les aventures qu'il va avoir ressemblent à celles de la réalité et il va essayer de résoudre les problèmes qu'elles posent en faisant preuve d'imagination. C'est une activité mentale de réflexion et d'organisation qui pourra ensuite réagir sur des situations de la vie réelle (comme un apprentissage par la simulation).
    Supposons maintenant que l'adolescent ne prenne plus cela pour un jeu mais ne se sente bien qu'immergé dans ce monde quelles que soient les situations, qu'il ne cherche pas vraiment à vivre, à imaginer. Il passe sa vie dans ce monde virtuel d'ordinateur.
    C'est devenu un fantasme qui ne mène plus à l'imagination et à l'action : ce n'est plus qu'un exutoire. L'ado fuit le monde réel pour se réfugier dans son monde artificiel.

    Ce n'est pas forcément un monde virtuel. Ce peut être un monde philosophique,
l'identification à un personnage de manga ou de série télévisée, un monde d'apparence vis à vis des autres (j'ai connu quand j'étais jeune des “zazous” aux vêtements , à la coiffure, aux bijoux et aux fards plutôt originaux, qui vivaient cette situation comme une philosophie ou une religion, complètement coupés de leurs camarades qui n'avaient pas les mêmes “convictions”),....
    Ce monde irréel devient pour l'ado la cage de verre dont il a perdu la clé.

   
    En fait cette fuite dans un monde irréel a une raison générale : le refus d'abandonner son “fantasme d'omnipotence” comme l'appellent les psys.'
    Ce “sentiment d'omnipotence” c'est effectivement ce que ressentait l'enfant au début de sa vie, comme nous l'avons dit plus haut.
    Pour l'ado, c'est quelque chose de plus précis, des raisons multiples qui font qu'il ne peut plus satisfaire rapidement tous ses désirs comme il le voudrait (pour des raisons diverses : un des parents qui ne s'occupe plus de lui, pas assez de tendresse, pas de “reconnaissance” des camarades, problèmes avec les professeurs, enfant trop gâté....). Chaque cas est particulier.
    Mais l'ado se réfugie alors dans son monde imaginaire, son fantasme, où ses désirs peuvent théoriquement être satisfaits, puisque ce n'est pas un monde réel, mais un monde de rêve.
Il croit par exemple dans ce monde où il se donne une apparence originale qu'il se fait remarquer et a l'estime qui lui manque, sans s'apercevoir que cette attention ne touche guère que ceux qui ont le même fantasme que lui, et en fait au lieu de s'intégrer dans la vie, il s'isole dans un monde de plus en plus étroit et loin des réalités.

    C'est finalement une “dépendance”, et il est difficile pour cet ado  de revenir aux contraintes matérielles de la vie réelle de tous les jours.
On ne peut pas être dans la vie un personnage de manga, beau, intelligent, spirituel, fort, qui a du succès auprès des autres ou en amour.
    Alors l'ado refuse d'abandonner son “pouvoir d'omnipotence” et il retourne dans son monde imaginaire où il peut satisfaire ses désirs, (du moins il le croit), ce qui va entretenir le cercle vicieu de la dépendance.
    Il faut dire que la société de consommation aide cette fiction maléfique : voyez les nombreux jeux d'ordinateur, les films tels que “Matrix”, les mondes virtuels tels que “second life” ou la multitude de gadgets, vêtements, cd, livres... hors de prix pour se constituer une réputation de “soi-disant gothique”, analogue aux zazous que j'ai connus dans ma jeunesse.    

     Ce ne serait pas grave, si cela ne gâchait pas la vie de nombreux jeunes.


Mercredi 17 septembre 2008 à 17:55




    Je vous ai conseillé dans un précédent article d'aller chercher de l'aide dans votre famille lorsque vous êtes dans la tristesse et les problèmes.
    Cela m'a valu des mails de plusieurs d'entre vous et de deux parents.

    La réflexion des ados :
“...Ce n'est pas la peine d'aller voir mes parents, ils ne font pas attention à moi, ils sont dans leur tour d'ivoire et de toutes façons ils ne me comprendraient pas. Pourquoi , souvent les personnes les plus proches, sont les plus inaccessibles?”

    Et celle des parents (autres que ceux des ados en question) :
“.;;Pourquoi est-il si difficile, pour les parents d'apprendre à leurs propres enfants à se confier, à dialoguer, à se connaître? Cela n'explique-t-il pas le mal-être de beaucoup d'entre nous ...”

    J'ai constaté qu'effectivement souvent les parents ne s'apercevaient pas du mal-être de leur enfant et que celui-ci faisait tout pour le leur cacher. Pourtant ils s'aiment beaucoup. Pourquoi ce manque de communication? Alors essayons d'y réfléchir ensemble.

    Vos parents sont très pris par leur travail et, en dehors des vacances, n'ont pas assez de temps à vous consacrer, d'autant plus qu'ils sont fatigués le soir en rentrant et ont encore beaucoup à faire. Qu'y pouvez vous?
    Si vous avez quelque chose à dire, peut être est il possible de le faire pendant le repas. Si c'est trop délicat et pas trop pressé, attendez le week-end. SI c'est très important et urgent, il ne faut pas hésiter à leur dire . Ils vous écouteront. Mais n'usez pas du procédé pour des broutilles, sinon ils ne vous croiront plus quand ce sera grave.

    Vos parents ont été éduqués 25 à 30 ans avant vous; l'éducation, les moeurs, l'environnement étaient très différents à leur époque et leurs “références” ne sont pas les mêmes. Certes ils devraient essayer de vous comprendre; mais il faut faire chacun un pas. Alors demandez leur de vous raconter leur jeunesse. D'abord cela vous fera rigoler, (c'est ce qui se passe quand je raconte la mienne à mes petits-enfants, qui se demandent si je n'ai pas vécu sous Charlemagne.), Alors, peut être comprendrez vous un peu pourquoi vos parents ont du mal à suivre votre vie.

    Vos parents ont des préoccupations, des soucis d'adultes; ce ne sont pas les mêmes que les vôtres. Ils ne pourront pas comprendre vos problèmes à la lumière des leurs et ne s'apercevront de rien si vous ne dites rien. Si vous avez des soucis réels, ce n'est pas en faisant la gueule ou le boudin que vous attirerez leur attention.
    Mais il ne faut pas vous mettre dans la tête que ce sera plus efficace pour attirer leur attention en vous scarifiant ou en essayant de vous suicider. Malheureusement cela ne résoudra pas non plus vos problèmes et en créera beaucoup d'autres encore.

    Refléchissez à ce que sont vos vrais problèmes, essayez de vous les expliquer le plus clairement possible, afin de pouvoir en raconter l'essentiel à vos parents en leur montrant que c'est vraiment important pour vous. Beaucoup de problèmes d''ados paraissent futiles aux parents qui n'ont pas le même genre de préoccupations, alors qu'ils sont importants pour vous.

    A l'inverse vos parents, encore plus aujourd'hui qu'hier, ont tendance à vous prendre pour des adultes et à vous laisser des responsabilités et des choix d'adultes, ce qui est une erreur.
    Cela vous fait probablement plaisir et vous aimez peut-être cela, mais vous n'avez ni la maturité d'esprit, ni encore l'expérience de la vie qui permettent d'être sûr de ses choix. et votre cerveau, en matière de décision et d'évaluation des risques n'atteindra sa maturité qu'entre 20 et 25 ans.
    Dans les dix ans qui vont venir, vous ferez peu à peu l'apprentissage des techniques de décision, de la maîtrise des sentiments, et vous aurez cette confiance en vous qui vous manque actuellement. Ce manque de confiance vous stresse lorsque vous avez à vous comporter comme un adulte.

    Cela dit il est parfois plus facile de se confier à quelqu'un qui n'a pas “l'autorité parentale” ou quelqu'un qu'on ne voit pas en face de soi (la peur du jugement des autres) pourvu qu'il vous écoute, qu'il ne vous juge pas et que ce soit un dialogue constructif.
    C'est probablement pour cela que vous acceptez mes conseils sans m'envoyer sur les roses. ! LoL

    J'ai reçu également des mails qui me demandent d'expliquer pourquoi certains ados tristes vivent dans un monde irréel et d'autres qui me demandent de traiter à nouveau la différence entre le fonctionnement du cerveau d'un jeune et celui d'un adulte.
    Je ne vous oublie pas et j'essaierai de traiter cela dans de prochains articles

Mardi 16 septembre 2008 à 8:46

Tristesse, désespoir



     J'ai reçu ces commentaires d'Elodie et de  oh-oh-okay , dont j'ai cherché sans succès  les blogs, pour leur répondre.

     Je fais donc un article sur ce sujet.

Commentaires d'oh-oh-okay : (en gras)

" Les chercheurs en neurologie ont montré que quelqu'un qui est plongé en permanence dans un univers triste et déprimant, morbide, qui glorifie des actes désespérés comme le suicide, finira par être submergé par cette tristesse, et si c'est un être sensible et un peu stressé, par aller jusqu'à la dépression, voire même au suicide "

A mon avis, mais ça n'engage que moi, quelqu'un qui est plongé dans un univers triste et déprimant est déjà deprimé. Certes se renfermer accentue la depression, mais on ne s'enferme pas sans raison.

"Vous ne sortirez pas de votre tristesse si vous ne vous entourez pas de choses gaies."

Encore une fois, j'étale mon avis, mais je ne pense pas que l'on puisse faire quelque chose pour sortir de sa depression. On est heureux où on l'est pas. On peut être malheureux et avoir un declic. Mais le bonheur, ne se construit pas. C'est juste un état d'esprit. Tout! est intérieur, alors s'entourer de choses gaies, n'aidera pas forcement, et dans certains cas peut même aggraver le sentiment de tristesse.

                    Et voici ma réponse :

    J'ai connu de nombreux cas où la personne qui correspondait avec moi avait eu une dépression mais avait été soignée par un médecin et sa dépression était terminée depuis quelques mois(voire plus d'un an).
    Mais elle avait pris l'habitude de faire un blog triste avec des images de sang et de mort, d'écrire ou de publier des poèmes morbides, de lire des livres ou de voir des films d'horreurs et d'écouter des CD de chansons démoralisante.
    Sa chambre était ornée d'images sombres et hallucinantes.
    Cet environnement continuait à lui plaire et elle continuait à être triste et angoissée, mais modérément, loin d'une dépression.
    Mais elle n'était pas heureuse.   
    Parmi une vingtaine de personnes dans des cas voisins, la plupart de celles qui, à force de discuter, ont été convaincues de sortir de cette ambiance triste et de se forcer à recréer une ambiance plus gaie, sont sorties de leur peine, et toutes celles qui n'ont pas été convaincues ou n'ont pas eu le courage de le faire, sont restées tristes et angoissées.
    Certes ce n'est pas cette atmosphère triste qui était la raison de leur angoisse, mais elle les empêchait de la surmonter, alors que l'effort fait pour revenir à la joie aidait avoir la force de surmonter ses ennuis et résoudre ses problèmes


"La difficulté pour moi, dans ces cas, c'est qu'il est difficle d'évaluer l'importance de la détresse et ses causes réelles et la part due à cet environnement morbide"

Autre commentaire de oh-oh-okay

On n'évalue pas l'importance d'une detresse. Mais hum... Pourquoi écris-tu sur la souffrance des autres?

                 
   Et ma réponse :

    J'écris sur la souffrance des autres parce que depuis 4 ans que je corresponds avec des jeunes dans un blog précédent et dans celui ci, de nombreux jeunes (plus de 200 à 90 % des filles et à 60% pour des peines de coeur), m'ont demandé de les aider à sortir de leur tristesse, et à résoudre leur problèmes, en les analysant ensemble, en leur apportant la logique objective d'un ingénieur et mes connaissances sur le fonctionnement du cerveau, ainsi que mon expérience de la vie acquise au contact de mes collègues de travail et de ma famille.

    On peut évaluer l'importance d'une détresse et de ses causes (quand on arrive à les connaître, mais c'est la plupart du temps le cas au bout d'un certain nombre d'échanges). Bien sûr ce n'est pas une évaluation chiffrée.
    Mais il faut arriver à distinguer la personne qui est au bord de la crise (scarification, dépression, idées très morbides), celle qui a une crise violente mais qui peut décroître rapidement, celle au contraire qui a une tristesse moyenne, mais tenace, celle dont l'angoisse est due à un malentendu ou à des idées erronées, celle dont le traumatisme est démesuré par rapport aux causes et qui n'a pas assez réfléchi sur la question, et à la limite celle qui est triste parce que c'est à la mode et que cela attire l'attention sur soi.
    C'est indispensable pour trouver la voie qui permettra de combattre le malaise en cause.

Commentaire de *Elodie* :

...”Je ne crois pas qu'il faille minimiser ou mépriser ce dont ces jeunes se plaignent. Mais effectivement, essayer d'attirer leur attention sur d'autres sources de bonheur et les inciter à la réflexion ne peut être que bénéfique.
     Par ailleurs, concernant le mal-être dont l'origine est moins simple qu'un problème de possession ou de "liberté" (au sens accordée par les parents), c'est autre chose. Car insaisissable. C'est vrai qu'il est malsain de l'entretenir en le parant de poésie et images sombres. Mais malheureusement, il ne suffit pas de quelques fleurs pour le faire passer, croyez-moi. Se sentir opressé, sans envie, sans énergie, envie de pleurer sans que ca parvienne à sortir, envie de se faire du mal, et surtout sans même savoir pourquoi, c'est difficile de garder la tête haute tous les jours. Sans compter la honte de se sentir mal, alors qu'on a apparemment "tout pour être heureux"...

                    Et ma réponse :

    S'entourer d'une atmosphère gaie ne suffit pas évidemment, mais c'est je crois un effort indispensable à faire pour se motiver et soutenir sa volonté de guérir.
    Je pense que si on ne le fait pas les chances de retour à la normale sont plus faibles.

    Mais c'est très vrai que c'est parfois difficile de trouver les raisons quand la personne ne sait pas elle même ce qui la torture, mais c'est rare. En fait la plupart du temps, c'est alors parce qu'elle refuse d'en admettre ces raisons et le problème est alors d'arriver par le dialogue et l'examen de son environnement, à trouver les racines du mal et à la convaincre de les accepter.
    Si la jeune ado a confiance, n'a pas peur de votre jugement et se confie ( il faut effectivement commencer par enlever cette honte et cette angoisse analogue à celle de la maladie, et redonner confiance), alorson arrive à dialoguer en faisant des hypothèses qu'elle corrige et modifie, et on finit par avancer vers les causes de la situation qu'on cerne peu à peu, qu'il faut préciser ensemble ensuite (natures exactes, importances relatives) et qu'il faut faire accepter.
    Si on a la chance d'arriver à ce stade et que la jeune ado a vraiment la volonté de sortir du trou noir, alors elle se prend en main et elle retrouve une attitude presque normale, coupée parfois de petites rechutes, et c'est là qu'il faut continuer à l'aider sporadiquement dans les mauvaises passes.

    Bien entendu il ne faut pas généraliser mes propos - je n'ai pas un nombre de cas suffisant) et d'autre part je parle de personnes déjà sorties de la dépression
    La période de vraie dépression est comme une maladie temporaire du cerveau; il faut qu'un médecin vous soigne. Mais ensuite il y a encore un long chemin à faire et c'est de lui que je parlais.

Lundi 15 septembre 2008 à 8:06

Chats

     Aujourd'hui je vais passer la journée avec une entreprise d'étanchéité qui vient réparer des fuites sur les terrasses des immeubles où j'habite et dont je suis le syndic bénévole.
     Alors je n'ai pas le temps d'écrire un article.


    Je publierai seulement deux photos de Sirga, la chatte, cet été en Bretagne
    Il y a, à coté de ma maison, un “champ” de mauvaises herbes, d'ajoncs et de genêts; des ronces aussi ainsi que des fougères.
    Et dans cette “forêt” des mulots ont élu domicile et c'est devenu le territoire de chasse de Sirga, qui s'y est fait une “petite maison de guet”, bien cachée dans les herbes.





    Seulement les ronces cela pique, et les fougères cela vous laisse dans les poils des spores qui vous démangent.
    Tout plaisir à son revers et après celui d'avoir chassé le mulot, il faut se gratter, puis se lêcher les poils !!


Dimanche 14 septembre 2008 à 8:52

Tristesse, désespoir




     L'article que j'ai publié sur la jeune ado consdérée comme pestiférée m' a valu plusieurs mails dans lesquels on me demande quoi faire, car souvent un jeune est pris au dépourvu par une telle souffrance et ne sait pas quelle attitude adopter.


    Certains d'abord doutent qu'on puisse ainsi “laisser tomber quelqu'un qui souffre.
    Là je peux vous assurer du contraire et je vais juste vous citer quelques phrases dont je me souviens, trouvées dans les mails de ceux ou celles qui ressentaient cette souffrance :
    “....J'ai l'impression de ne servir plus à rien., de ne rien faire de bien, de ne plus me sentir bien avec mes amis.... Aucun espoir ne se manifeste..." 
     "....On en arrive là comment et pourquoi?  L'égoïsme de ceux qui, ne pensant qu'à eux, oublient le malheur des autres...."

    ” ...Je suis oubliée, je cherche l'amitié, mais comme je touche le fond, personne ne me répond. Bien que j'aie dit ma souffrance à mes amis, bien qu'ils me dissuadent de passer à l'acte, j'attends toujours une aide qui pourra me montrer que la mort n'est pas la solution.”  
    “...Le monde est dangereux à vivre, non à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.

    Cette sensation d'isolement, d'abandon peut être effectivement la conséquence de l'égoïsme des humains. Mais l'égoïsme n'est pas la seule cause. Tous les ados ne sont pas égoïstes.
    Mais quand ils voient une camarade déprimer, ils sont pris au dépourvu, ils ne savent pas quoi faire, ils n'ont pas assez l'expérience de la vie. Ils ne savent pas quoi conseiller et comment. Parfois ils ont peur (peut être pour eux mêmes et c'est effectivement un peu être égoïste, mais pas volontairement).        
Si vous voyez un SDF dans la rue par ces grands froids vous ne pouvez pas le sauver tout seul. Il faut faire le 112 pour alerter les secours. Là c'est pareil!

    Je dirai même que ce n'est pas prudent pour un ado d'être un saint Bernard solitaire (et sans tonneau de rhum !)
    Je connais une jeune fille qui passe son temps à essayer de soutenir ses amies, à les conseiller, à crier leur peine, pour essayer d'attirer l'attention sur ces souffrances. Mais elle finit par douter, par être submergée par tant de désespoir, et par se laisser contaminer elle même; elle n'a que 17 ans, la mâturité et le courage d'un adulte, mais pas sa résistance et c'est pourtant une fille formidable.
    Quand la situation est grave ainsi, il faut aller chercher les adultes!
    Bien sûr il y a des adultes égoïstes, mais l'infirmière de votre collège se dévoue pour les autres, elle saura quoi faire et elle est tenue au secret médical. Il y a vos parents; ils vous aiment et seraient malheureux que vous soyez dans cet état. Alors allez les voir, ils sauront quoi faire vis à vis des parents de votre camarade, qui n'ont peut être rien soupçonné de la détresse de leur enfant.

    Et vous qui souffrez ne croyez pas que cela se voit forcément.        
     Vos parents, vos grands parents vos frères et soeurs vous aiment, ils n'ont rien vu, sinon, ils seraient déjà à vos cotés. Alors allez les voir, allez vous confier. Ne soyez pas honteuse, quelqu'un qui aime beaucoup ne juge pas.

    Le seul moyen d'en sortir, c'est qu'on vous aime, que l'on vous écoute, que l'on cherche à comprendre vos angoisses, et à vous aider à en éliminer les raisons.
    Certes l'adolescence, c'est le moment ou on est en rebellion contre ses parents, contre le monde entier. Je l'ai été aussi; mais c'est une situation passagère et on s'aperçoit plus tard, quand on est devenu adulte, que cette révolte n'a finalement pas servi à grand chose : c'est la nymphe qui veut faire éclater le cocon. Mais dans le malheur, il faut oublier ces querelles, il faut se serrer les coudes : l'union fait la force et redonne confiance.
    Et si cela va trop mal, les médecins sont aussi là pour vous soigner, mais aussi pour vous comprendre. Si votre mal est sérieux, ne restez pas dans votre coin.
    Il ne suffit pas de crier au secours, on ne sait pas si on sera entendu. Il faut aller chercher de l'aide.


Samedi 13 septembre 2008 à 10:23

Tristesse, désespoir



    A la suite de mon dernier article, j'ai eu quelques mails de certaines correspondantes qui ont cru que je ne croyais pas à leur peine.
    D'une part je n'avais pas une personne particulière en tête, je parlais de façon générale, et d'autre part elles m'ont mal compris ou je me suis mal expliqué.
    Je suis consceient que vous avez une souffrance certaine, que je reconnais, ressens et ne conteste en aucune façon, mais dont les causes ne me paraissent pas suffisantes pour entraîner de tels effets, une telle tristesse.

    Les ados d'aujourd'hui sont plus gâtés qu'autrefois et nous sommes dans un beau pays, où, malgré chômage, misère et violence, on est quand même en moyenne privilégiés. Alors évidemment, comme toute personne qui a satisfait beaucoup de ses envies, la moindre privation est plus sensible.    
    Les ados ont aujourd'hui plus d'occasions d'être stressés. Vous connaissez l'amour beaucoup plus tôt avec ses joies mais aussi ses tourments et cela d'autant plus que vous n'avez pas encore un jugement sûr, ni une expérience suffisante de la vie, qui vous permette de choisir sans risque d'erreur (c'est déjà vrai pour les adultes, voir tous les divorces!).
    Vous avez des responsabilités collectives associatives, syndicales, (représentant de classe..), ce qui n'est pas facile pour des adultes, mais encore moins pour des jeunes car ceux que vous représentez ont la critique facile, voire méchante et l'incapacité intellectuelle de se mettre à votre place; (cela ne s'apprend que plus tard).
    Vous avez souvent trop d'activités et des contraintes de transport, qui vous soumettent à la même vie trépidante que les adultes.
    Bien sûr le collège ou le lycée apportent leur cortège de soucis et de craintes.
    Enfin vos parents ont tendance à vous traiter comme des adultes, ce qui met un peu plus de responsabilités et de choix sur vos épaules, d'autant plus que vous aimez cela et ne voulez pas paraitre dépassés par les événements...    
    Alors bien que vous fabriquiez du “cortisol” (c'est l'hormone anti-stress), vous avez souvent de grosses angoisses, voire une tristesse presque permanente.
   
    Je ne vais pas lister tous vos petits ennuis, j'y serais encore demain, Mais certains qui me paraissent anodins, ont pour quelques unes d'entre vous des conséquences plus néfastes que pour d'autres.
    Chacun a sa sensibilité. Je constate cependant que ceux qui sont “extravertis” et qui tirent leur motivation, non pas d'eux mêmes, mais du monde extérieur, sont beaucoup plus sensibles aux critiques d'autrui, et que d'autre part, vous accordez une importance démesurée à l'opinion de vos copines et à celle des médias, sans en mesurer, ni l'exagération des propos, ni parfois la rouerie, quelquefois la méchanceté.
    Enfin je voudrais vous mettre en garde contre l'influence de l'environnement que vous créez. Les chercheurs en neurologie ont montré que quelqu'un qui est plongé en permanence dans un univers triste et déprimant, morbide, qui glorifie des actes désespérés comme le suicide, finira par être submergé par cette tristesse, et si c'est un être sensible et un peu stressé, par aller jusqu'à la dépression, voire même au suicide
    C'est à la fois de l'autosuggestion et un mécanisme “d'overdose psychologique”.
    Les centres du cerveau qui commandent la volonté, les pensées heureuses sont mis en veilleuse au profit de ceux qui véhiculent les pensées tristes et les sentiments violents.
    Cela a une conséquence en apparence heureuse : cela stimule la créativité notamment poétique. Mais on a tendance à tout amplifier, notamment sa peine, à s'enfermer dans un monde imaginaire terrifiant, à abandonner la réalité et à tourner le dos au monde vivant et à l'action.
    Ces chercheurs ont montré que même simplement passer en boucle le même morceau de musique peu joyeux toute la journée entraînait un ralentissement de nos facultés, pouvant conduire à la tristesse.
    Vous ne sortirez pas de votre tristesse si vous ne vous entourez pas de choses gaies.

     La difficulté pour moi, dans ces cas, c'est qu'il est difficle d'évaluer ll'importance de la détresse et ses causes réelles et la part due à cet environnement morbide. Il faudrait commencer par vous sortir de cette prison de verre pour le faire, et ce n'est pas facile d'en trouver la porte et ensuite la clé..



Vendredi 12 septembre 2008 à 10:28

Photos, photos comiques

   

     En rentrant de Bretagne et n'ayant guère eu l'occasion cette année de me baigner, vu le temps maussade et froid de juillet et août, je suis allé à la piscine et j'ai vu affichée dans le hall, cette photo.

    Il est probable que le maillot de bain de cet enfant était un peu étroit et le gênait.

    Mais, j'avoue que revenant de la mer, j'ai interprété cette photo de façon saugrenue et cela m'a fait sourire.


  

Jeudi 11 septembre 2008 à 10:46

Scarification, suicide



    Comme chaque rentrée j'ai plusieurs correspondantes qui ont eu des problèmes pendant les vacances et qui “broient du noir”. Alors on appelle Papynet au secours !

    C'est un petit ami qui a rompu, un probléme avec ou entre les parents, bref un ennui sérieux et là, il me faut quelques temps pour arriver à vous consoler un peu, à vous remettre sur les rails du rationnel.

    Mais je constate aussi assez souvent que, bien que vous paraissiez désespérée, vos problèmes ne sont pas si catastrophiques que cela.
    Certes ce n'est pas agréable et cela mériterait quelques larmes, mais vous vous sentez malheureuses, vous vous persuadez que votre souffrance est insupportable; vous voyez autour de vous le monde de violence de la télé et du ciné, vous dites que la terre est moche; puis vous remplacez “la terre” par “la vie”, puis “la vie” par “ma vie”;puis vous vous dites que la mort sera la seule solution pour se débarasser de cette souffrance.

    Tout de même c'est un pas difficile à franchir! Alors vous vous posez la question “pourquoi la mort?”. Et comme vous ne voyez pas comment répondre, bien sûr Papynet hérite de la question !! LoL
    Je ne crois pas que ce soit la bonne question. Je vous propose aujourd'hui “pourquoi la vie?” et “mes problèmes valent ils la peine que je me rende aussi malheureuse?”

    Pourquoi la vie?
    Il y a tant de choses passionnantes à faire que je ne pourrais pas faire si je n'étais pas en vie : les copains; l'amitié de mes ami(e)s,  l'amour d'un petit ami présent ou futur; écrire mes poèmes, écouter de la musique, chanter dans une chorale, danser, faire des photographies, de la peinture, du modèlisme, jouer la comédie, profiter des vacances, (si vous avez la chance de connaître la mer, la montagne ou la campagne, il y a tant de choses à faire et à voir), faire mes sports favoris, se promener, (je n'ose pas dire “creuser ce qui m'intéresse dans mes études”, certains sujets m'ont passionné quand j'avais 15 ans!); aller au ciné, voir les musées, la télé, aller chez les copains, faire de bons plats et les manger, bricoler, s'occuper d'un petit enfant ou d'un animal; vous avez la chance d'avoir un ordinateur : il y a tant de choses que l'on peut apprendre à faire avec, sans compter des recherches ou des voyages que l'on peut faire sur internet.

    Bougez, dépensez de l'énergie; à votre âge, on en a à revendre. Amusez vous, choisissez des copains avec qui vous puissiez rire.
    Si vous êtes trop occupé(e), vous n'aurez pas le temps de penser à vos malheurs! Essayez de vous surpasser : croyez vous qu'Hélène Mac Arthur n'ait pas des problèmes et ne souffre pas? Pourtant, j'ai rarement vu une fille aussi riante et heureuse de vivre!.
    Essayer de partager avec ceux qui vous aiment : parents, grands parents, frères et soeurs, cousins... “Ma vie n'est pas inutile pour tous ceux que j'aime ni pour ceux que je rencontre. Comment leur parler avec mon coeur si celui-ci est en train de pourrir dans mon cercueil.

    Je n'ai que 15, 17 ou 19 ans; cela fait quoi ?: 5 à 9 ans de véritable expérience, alors que sais-je de la vie, de ce qu'elle me réserve : uniquement ce que les médias me mettent dans le crâne de stéréotypes préfabriqués. Ils ne parlent que du sensationnel, donc de l'affreux : “les gens heureux n'ont pas d'histoire” dit le proverbe, alors on ne les montre pas.
    Dans quelques années, je verrai la vie autrement.
    J'aurai d'autres problèmes certes, mais je serai plus forte pour les résoudre et résister à leur emprise. Je serai autonome et libre, mais aussi responsable”.
   
    En attendant faites des souhaits d'avenir, donnez vous des buts, des objectifs à atteindre. Si le monde est trop moche à vos yeux, vous pouvez être infirmière, assistante sociale, médecin du monde, juge, avocat, psy, ou chercheur.     Cela sera plus utile que de rester à vous morfondre.
    Mettez dans votre chambre des photos de fleurs, de bébés, d'animaux, de beaux paysages, du soleil. Voyez la vie en couleurs, pas en noir et blanc.
    Tant qu'on est lucide, logique, rationnel, que l'on n'est pas en dépression, on peut en sortir avec de la volonté et de l'action.
    Avec du travail et de la volonté on arrive à réussir à peu près les 3/4 de ce que lon entreprend dans sa vie et parfois plus.

Mercredi 10 septembre 2008 à 8:22

Scarification, suicide



    Pendant ces vacances j'ai été amené à correspondre avec une jeune ado  qui avait fait une tentative de suicide, à la suite d'une très grande peine.
    Cela allait beaucoup mieux, mais elle est à nouveau angoissée, car elle vient de rentrer, comme beaucoup d'entre vous, au lycée et quelqu'un avait de façon bien indiscrète révélé son malheur.
    Et depuis huit jours ma jeune ado se sent exclue par ses amies , comme si elle était pestiférée, démoniaque.

    Cela me scandalise.
    D'abord que l'on révèle ainsi des secrets qui ne vous appartiennent pas.
    Ensuite que l'on exclue ainsi une amie parce qu'elle est triste et a été suicidaire; ce n'est pourtant ni honteux, ni une maladie contagieuse, ni une action répréhensible.
    Personne n'est pestiféré : la dépression est due à un mauvais fonctionnement chimique du cerveau, pas à des microbes. Quand aux personnages démoniaques, cela n'existe qu'au cinéma, à la télé ou dans les romans.
   
    C'est pourtant actuellement qu'elle aurait le plus besoin d'aide.
    Une ado attend d'abord cette aide de ses amis avant même ses parents, car elle croit qu'étant de son âge ils la comprendront mieux.    
    Est on vraiment l'ami de quelqu'un que l'on n'est pas capable de l'aider en lui montrant son affection.?
    Si vous vous sentez dépassées par le désespoir de votre amie, de grâce, ne l'abandonnez pas. Montrez lui que vous l'aimez et allez chercher des adultes pour l'aider.



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lancien

sortir de la tristesse

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