Dimanche 21 décembre 2008 à 8:22

Qui suis-je

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     Mon dernier article sur mes “guenons” qui n’avaient pas faim” n’a pas plu à une de mes correspondantes “Tante Hanna”, qui me dit que je suis un vieux ouisititi lunettard qui ferait mieux de parler des malheurs des enfants d’Afrique ou de la prostitution des petits thaïlandais, que de discuter avec mes “petites guenons”, ces “gosses de riches”, mes “pimbêches” et mes “donzelles en mal de vivre” qui ont ordinateur, télé et téléphone portable  et “font la fine bouche alors que leur assiette est pleine de bonnes choses.” !
    Elle a quand même une certaine compassion pour moi, puisqu'elle me demande si le dimanche, j’arrête mes discussions pour “soigner mon âme” ("..il serait temps vu mon âge” paraît il !) ?   
   
    Ce singe était un peu un canular, un sourire dans mon blog trop sérieux et puis je ne voulais pas y mettre une photo réelle, je suis trop vieux pour exposer ma beauté IOI !. Je ne pensais pas susciter tant de commentaires et de mails avec ce “portrait”.

    Tu sais, “Tante Hanna”, finalement je les aime bien, mes guenons, et je pense simplement pouvoir les aider, alors que je réprouve autant que toi, la prostitution des enfants de Bankok, mais, en dehors de ne jamais aller comme touriste là bas, je ne vois pas ce que je peux faire d’efficace pour les sortir de là.
    Si j’étais médecin sans frontière ou mère Thérésa, je n’hésiterais pas, mais j’ai n’ai que l’âme d’un vieux singe et pas celle d’un saint. Chacun son métier.

    Et justement, aujourd’hui, c’est dimanche, la ville est encore endormie; il n’y a aucun bruit et tout est tranquille; seuls des oiseaux recherchent les graines que j’ai répandues sur la terrasse; le ciel est triste, le sol humide; il fait chaud derrière la grande porte vitrée de mon bureau, l’odeur des fleurs et la musique emplissent la pièce.
    Pourtant mon esprit n’est pas là. Il vogue dans un pays tout sombre, barbare et inconnu où des jeunes, encore presque enfants, sont malheureux : le pays des blogs.
 Pas ceux qui friment et font exprès de ne parler que de leurs problèmes et de dire qu’ils sont malheureux pour attirer l’attention de leurs copains ou parce que cela est à la mode.
    Non, ceux qui m’intéressent, ce sont ceux dont je découvre la vrai détresse, qui se sentent seuls et crient au secours, même s’ils ont des parents, une chaîne hifi, une télé et un lecteur de DVD et un téléphone portable. La société de consommation ne fait pas forcément le bonheur !
    Ce n’est malheureusement pas un pays imaginaire, je navigue depuis quatre ans dans cet océan inconnu. Parfois on aborde sur de petits ilots de joie où faire relâche, mais le reste du temps, mon coeur se serre et pourtant j’en ai vu des choses tristes dans ma vie; mais il s’agissait de d’adultes, pas d’ados souvent encore sans défense.
    Alors je me suis cru quelques années en arrière, lorsque je guidais encore des équipes d’hommes et de femmes, j’ai cru que je pourrai agir sur les choses et les aider à sortir de leur nuit. J’ai construit des blogs qui me servent de port d’attache, j’ai affrété mon bateau-macintosh et je suis parti à l’aventure, de blog en blog, faire des commentaires et essayer de convaincre.    
    Mais c’est vrai, que suis-je venu faire à mon âge, dans cette galère! Le ciel y est trop noir et je n’arrive pas à voir clair, j’ai du mal à traduire dans mon français, la langue SMS
Même si j’essaie de parler avec mon coeur, j’ai eu une éducation scientifique, je ne suis ni psy, ni poète, je suis trop raisonneur pour eux : certains se demandent comme toi , Tante Hannah, quel est ce vieux con qui vient leur faire la morale.
    Alors à quoi bon? 
    Mais la petite phrase d’une de ces ados, me trotte dans la cervelle et m’obsède :
“Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus, et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir, ni combien d'obstacles nous devront surmonter avant d'atteindre le bonheur et la réussite. Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.”    

    Alors je vais allumer mon mac quand même,reprendre mon clavier et ma messagerie. Et le miracle se produit : huit messages m’attendent dans ma boite aux lettres. Ils me disent qu’après tout ils ne sont pas sûrs de vouloir être malheureux, qu’ils veulent bien discuter avec moi, qu’ils se sentent moins seuls, qu’il faut continuer. L’une me demande même gentiment si cela ne m’embête pas qu’elle me tutoie ; au contraire, cela me rassure, j’ai ainsi l’impression de discuter avec mes petits-enfants.

    Merci à tous ceux qui ont utilisé “lui écrire”, cela m’a réchauffé le coeur. Même si mes propos dérangent parfois, j’irai encore visiter les iles désertes et y apporter des oranges, jusqu’à ce que leurs habitants aient choisi de revenir sur le continent.
Vieux comme je suis, j’ai envie de vivre le plus longtemps possible, au milieu de beaucoup de jeunes, mais j’aimerais mieux qu’ils voient la vie en rose, ou à la rigueur en gris, mais pas en noir. foncé.

    Et puis ne crois pas, “Tante Hanna”,  que mes correspondantes malheureuses ne sont que des gosses de riches. J’admire le courage de l’une d’ejlle qui est encore ado, a dû quitter le nid familial et travaille dans un macdo pour gagner sa vie. Plusieurs sont étudiantes et font des petits boulots pour payer leurs études, l’une d’elles habite dans une banlieue très difficile et travaille la nuit pour payer ses études de droit le jour, une autre a travaillé tout cet été sur les ferryboats pour payer ses études d’anglais....
    Et je pense que tu as tort de croire que parce qu’on est gosse de riche, on a forcément le bonheur et qu’on ne travaille pas. La vie n’est pas aussi simple que cela, tu le constateras quand tu auras mon âge.




Samedi 20 décembre 2008 à 8:41

Amour et peines de coeur

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    Aimer n‘est rien , être aimé est un peu mieux
    Le bonheur suprême, c’est d’aimer et d’être aimé (ce n’est pas de moi !!). Qu’est ce qu’aimer ?.

    L’amour du prochain, l’amour conjugal, l’amour maternel, l’amour filial, l’amour fraternel, l’amour de la patrie, l’amour de Dieu, l’amour propre...
    L’amour passager, l’amour éternel, l’amour libre, l’amour du bien, l’amour de la justice, l’amour de la vérité, l’amour de son métier, l’amour de l’art, l’amour de la nature, l’amour de l’argent, que n’aimerait on pas ?

    Un amant de cœur,un amour de petit chien, mon amour, elle est jolie comme un amour, poupée d’amour, gueule d’amour, un amour d’enfant, vous seriez un amour si... ... vous m’aimiez un peu !

    Un mot d’amour, une lettre d’amour, un poème d’amour, une chanson d’amour, une déclaration, .... un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout,....snif!

    Une histoire d’amour, un mariage d’amour, un chagrin d’amour, une nuit d’amour, de brèves amours, la saison des amours, de belles amours, l’amour à la papa, une amourette....

    Amour quand tu nous tiens, si ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage, on ne badine pas avec l’amour (Musset), le vert paradis des amours enfantines (Baudelaire) l’amour est enfant de Bohème (Bizet Carmen).......

    L’amour en cage, un pommier d’amour.(pour les jardiniers)....

     Vous vous y reconnaissez, vous, dans tout cela ? Moi pas. Alors il va falloir que je vous demande de m’aider à réfléchir car j’ai un bon rhume et le cerveau embrumé !

    Une de mes correspondante avait déjà essayé de m’aider sur ce sujet et elle m’avait fait cette réflexion délicieuse (elle avait 12 ans) :

.....En amour il y a aussi des histoires de maîtresses. Ce que papa appelle de simples histoires de fesses. Mais maman dit que ça la blesse. Papa lui dit qu'il l'aime et les larmes disparaissent...
Moi avec ma maîtresse, quand j’étais en CM2, ma seule histoire de fesse, c’est une grosse fessée pour cause d'impolitesse. Enfin, tout ça me semble bien complexe. Finalement je n'sais pas si l'amour m'intéresse?...”


Vendredi 19 décembre 2008 à 8:21

Drogue, alcool, addictions

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    Je voudrais aujourd’hui terminer mes articles sur l’anorexie en parlant de celles de mes correspondantes qui ne sont pas vraiment anorexiques, mais qui, lorsqu’elles sont stressées cessent de manger ou bien suivent des régimes parce qu’elles se trouvent trop grosses alors que ce n’est pas le cas.
    En fait ce ne sont pas de vraies anorexiques, mais elles risquent de le devenir. En effet, l’anorexie survient fréquemment à la suite d’un régime amaigrissant.

    Le culte excessif de la minceur conduit les jeunes filles à se préoccuper de plus en plus de leur poids. Elles ont tendance, poussées par les articles des médias qui nous montrent des mannequins longilignes et squelettiques, à mal apprécier leur réelle image corporelle : elles se trouvent toujours trop grosses et ont peur de prendre du poids,  alors qu'elles sont déjà minces ou même maigres. .
La maigreur se définit par un indice de masse corporelle (rapport du poids sur la taille au carré) inférieur à 18. Ainsi, si l’on mesure 1,65 m, on est maigre au dessous de 50 kg. Et on n’est pas vraiment grosse au dessus de ce poids.!
    Quand j’ai affaire à des jeunes qui ont simplement envie de suivre un régime de façon ainsi erronée, j’ai du mal à les raisonner car elles considèrent vraiment qu'elles sont trop grosses. Cette vision de leur corps est une réalité, qu'elles ne mettent pas doute ; les bonnes paroles leur affirmant le contraire sont donc sans effet. La prise d'aliments est vécue comme une agression, alors que le jeûne qu'elles s'imposent est souvent vécu comme du plaisir.
    Je n’ai pas d’autre solution que de leur expliquer d’abord ce qu’elles risquent : leur tendance peut mener à l’addiction.  L’anorexie est à craindre lorsque le trouble devient chronique et porte sur un grand nombre de repas. Elle risquent également des troubles hormonaux importants.
    Comme elles ont un peu peur, elles acceptent de parler de ce problème, d’autant plus que pour ces adolescentes qui n’acceptent pas leur corps, internet permet de parler sans affronter le regard des autres, et on discute sur une de leurs photos : je leur demande de m’expliquer ce qu’elles trouvent de désagréable dans leur image et on discute de ces avis et le plus souvent je peux leur démontrer qu’ils sont faux. Alors s’il n’y a pas de problème caché, tout renrtre dans l’ordre au bout d’un certain temps.
    Une solution qu’a trouvée une de mes correspondante astucieuse, et qui d’ailleurs est utilisée parfois en psychothérapie comportementale, est d’apprendre à faire de bon petits plats, apprendre à apprécier le goût des aliments parce qu’on les a créés, qu’on leur a donné le goût qu’on souhaitait.
Ma correspondante me disait qu’elle était fière de réussir ainsi ces plats et qu’elle avait alors envie de les manger.

    Toutefois, je constate souvent que ce souci de prendre du poids traduit une souffrance psychologique, ignorée par l’entourage, qui résulte en général d’un manque de confiance en soi et d’autonomie.
    Lorsque l’on ressent un manque affectif, se priver de nourriture, comme se scarifier, permet d’attirer l’attention.
    Les psychologues disent que ce trouble intervient souvent peu après la puberté, lors de profonds bouleversements : il constitue un "compromis" lorsque poussée de croissance, maturation sexuelle, et passage vers le statut d’adulte sont mentalement ingérables. Le comportement est alors souvent lié à une hyper-activité, physique et intellectuelle, un hyper-investissement scolaire, une pauvreté relationnelle, une humeur dépressive.
    L’adolescente chercherait, par des privations alimentaires, à atteindre son autonomie : elle tenterait ainsi de transférer sa dépendance vis-à-vis de ses proches (parents, amis…) vers la nourriture. L’abstinence serait alors une marque d’autonomie.
    L’anorexie, (ou la scarification),par sa nature autodestructrice, permettrait à l’adolescente de prouver le contrôle qu’elle a de son corps.
    Cette interprétation des psys me paraîit souvent assez juste même si elle n'explique pas tous les cas que j'ai rencontrés.              
    Heureusement si l’on arrive à résoudre les problèmes psychologiques, les troubles alimentaires disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. L’anorexie est à craindre lorsque le trouble devient chronique et porte sur un grand nombre de repas.

.     Alors me demandez vous, comment agir dans ce cas.?
    Je n’ai pas de recette miracle. Chaque cas est particulier, dépend de la personnalité de ma correspondante et de son environnement.
    Déjà le fait que l’on s’intéresse à elle, à sa vie, à ses études à ses goûts, à ses pensées est positif. Un moyen de ne pas se renfermer sur soi-même, de reprendre un contact social… et de s’en sortir   
    Ensuite il faut surtout lutter contre le manque de confiance en soi ou une tendance à la dévalorisation. On peut examiner qualités et défauts et on s’aperçoit que chacun d’entre nous a des qualités qu’il n’exploite pas assez et des défauts qu’il peut corriger et que finalement il a des nombreuses capacités et peut agir sur sa vie beaucoup plus positivement qu’il ne le croit.
     Souvent les jeunes voudraient éviter les relations difficiles et les conflits, surtout au sein de la famille, mais ils ne savent pas comment faire. Il y a des conseils simples et relativement efficaces dans ce cas.
    Et puis parfois on rencontre des problèmes plus graves et là, le travail pour les résoudre est beaucoup plus long, mais je n’ai encore jamais dans ma vie, rencontré de cas désespéré.

    Vous me demandiez dans vos mails, des conseils pour agir sur une amie à tendance anorexique, voilà ce que je pouvais vous dire, mais le plus important c’est sûrement l’amitié que vous pouvez lui apporter car il y a fort à parier qu’elle soit en déficit de tendresse.

Jeudi 18 décembre 2008 à 9:07

Animaux

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      Beaucoup de travail aujourd'hui, alors mon article se réduira à deux images de statues en bronze originales représentant des animaux.

      Ce kangourou a vraiment soif ! 


      Je ne sais pas où elles ont été prises. 
      Au C
anada,  pour cet orignal stylisé. Maud 96 le sait peut-être ?

Mercredi 17 décembre 2008 à 15:16

Drogue, alcool, addictions

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     Je voulais vous parler aujourd’hui de ce que je sais des traitements de l’anorexie ou de ce que j’en pense.
    Mais je suis étonné du nombre de mails que j’ai reçus et souvent de correspondants que je ne connaissais pas.
    Alors je vais faire cela en deux fois.
Je voudrais d’abord faire quelques mises au point.

    Comme je l’ai dit j’ai connu un certain nombre de cas d’anorexie, mais un seul cas de boulimie chronique, et les personnes que j’ai connues faisant de la boulimie n’avait ce problème que par crises, alors que le reste du temps, elles étaient anorexiques ou suivaient un régime amaigrissant.

    Deuxième point, parmi mes correspondantes actuelles, je n’ai pas d’anorexique chronique au stade de l’addiction, mais plutôt des jeunes qui n’aiment pas leur image et du coup, se trouvent trop grosses et veulent maigrir, ou certaines qui n’ont “pas faim”  quand elles sont stressées. C’est donc surtout pour ces jeunes qu’au départ je faisais mes articles.

    “Qui-suis-je” me dit que je ne me rends pas compte de la souffrance endurée par une anorexique"; je suis d’accord avec elle, on ne peut jamais se rendre compte de ce que ressent une autre personne que soi-même; mais cependant mes “guenons” ou des collègues de travail m’ont expliqué et je pense donc avoir un peu approché leur souffrance.

    Certains ont été choqués que je parle en termes de physiologie du fonctionnement du cerveau.
    C’est pourtant la démarche normale de la science et de la médecine. Savoir “comment cela fonctionne”
Tous les progrès faits en matière de chirurgie du cerveau sont issus de cette recherche et tous les médicaments utilisés en médecine sont en général en grande partie issus de la compréhension des maladies qu’ils sont sensés soigner.
    Du fait que l’homme “pense”, il a tendance à se croire très au dessus des animaux et croire que sa pensée est une création totale et spirituelle, ex nihilo.
    C’est une erreur : il faut séparer le contenu de la pensée de son mécanisme d’élaboration qui lui, est lié au fonctionnement du cerveau. Les idées nouvelles viennent d’associations originales dues à des connexions particulières voulues ou non, de neurones de notre mémoire et de notre cortex frontal. Cela n’enlève rien au contenu nouveau et méritoire de la création. De même pour "l'intuition".
    Et sans le langage nous n’aurions guère d’idées et le mécanisme cérébral du langage est relativement bien connu.
    C’est vrai que l’on se rend mal compte des progrès de la neuropsychologie, car l’essentiel date des 20 dernières années depuis qu’on a des moyens d’investigation, encore très élémentaires et imparfaits. De même que les progrès des connaissances sur le génome datent des cinq dernières années.
    Et l’on reste souvent sur les vieilles idées de Freud sur le refoulement de nos désirs sexuels notamment dans l’enfance, ce que la neuropsychologie considère aujourd’hui comme totalement inexact.
    Cela n’enlève rien à la valeur d’études de psychologie et de la personnalité, mais de plus en plus elles essaient de s’appuyer sur les différences de fonctionnement du cerveau d’un individu à l’autre. (et notamment sur les mécanismes de formation du cerveau et d’apprentissage de l’enfant).
    On ne sait pas encore comme interpréter au plan du cerveau, des théories comme les "préférences cérébrales" ou le "big-five", mais je pense que dans 20 ou 50 ans, on saura le faire en grande partie.

    Du fait que j’ai exposé certains résultats de recherches, certains croient qu’on a une “pilule miracle” contre l’anorexie (ou lla boulimie).
    Il n’en est rien.
Ce que je vous ai exposé sont des recherches récentes qui en sont à leur début. On ne sait pas encore explorer le cerveau (sur un homme vivant), notamment au plan chimique. Les analyses globales de taux de neuromédiateurs ne signifient rien, car leur action est très localisée et ponctuelle.
    Bourrer quelqu’un de neuro-médiateurs serait très dangereux car on ne connait pas les conséquences.
    Déjà les neuroleptiques utilisés en cas de dépression ou maladie mentale, dont on connaît le mécanisme d'action, sont cependant mal connus quant aux conséquences à long terme.
    Néanmoins des pistes s’ouvrent dans le traitement médicamenteux de l’anorexie et de le boulimie, comme l’usage de la “leptine” une quasi hormone produite par les tissus adipeux et qui semble réguler auprès de l’hypothalamus le mécanisme de la faim. Mais c'est encore en expérimentation.
    De même les traitements hormonaux ont permis de soulager ou de guérir des jeunes filles qui à la puberté, avaient des anomalies dans ce domaine qui engendraient un début d’anorexie.

    Je pense donc qu’actuellement le seul traitement plus ou moins efficace des cas graves est la psychothérapie, en particulier comportementale.

    Mais presque toutes les jeunes parmi mes correspondantes n’en sont pas à ce stade. Elles en sont au stade du régime amaigrissant, pas à celui de l’addiction.

    Mon propos était surtout d’essayer d’éviter qu’elles n’en arrivent à l'addiction et c’est de cela dont je voudrais parler demain.

Mardi 16 décembre 2008 à 8:43

Drogue, alcool, addictions

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    Aujourd’hui repos pour vos méninges et journée de travail à l’extérieur pour moi.
    Je ne traiterai que demain le problème : “comment faire face à l’anorexie”

    Dans cet article, je voudrais seulement répondre au commentaire d’Elodie et à quelques mails.
   
    On me demande, dans les articles que j’écris sur des sujets de psychologie ou de biologie, quelle est la part de mon point de vue et celle de mes lectures.
    C’est simple : je ne suis pas un chercheur, ni en neurobiologie, ni en psychologie, ni un médecin. Je suis simplement un ingénieur, qui s’intéresse aux sciences, lit des livres revues et articles, et essaie de creuser un peu certains sujets qui l’intéressent  (disons par curiosité, pour essayer de comprendre, comme disait ma grand-mère, “comment ça marche, ce truc ?”).
    Alors tous les aspects scientifiques ne sont pas des points de vue personnels, mais le résultat de lectures. Mon seul apport c’est d’avoir essayé de comprendre des articles parfois complexes et d’en faire des synthèses les plus simples possibles, sans toutefois dénaturer les résultats de ces recherches.
    Le seul sujet sur lequel j’ai apporté quelques innovations par mon expérience propre, ce sont les “préférences cérébrales”.

    Quand je donne un avis personnel, en général je le dis, et il résulte dans ces domaines, de tous les problèmes que m’ont confiés des camarades et collaborateurs lorsque je travaillais, ou mes “guenons et babouins” ces dernières années et des discussions que j’ai pu avoir pour essayer d’aider à les résoudre.
    Les notions que j’ai décrites dans les derniers articles résultent donc plutôt de mes lectures, et par contre l’article de demain sera beaucoup plus “personnel”.

    Elodie et d’autres correspondants me demandent pourquoi j’ai traité seulement l’anorexie. Il y a plusieurs raisons.

    D’abord je traite souvent des sujets pour lesquels certains correspondant(e)s m’ont posé des questions et celles ci étaient relatives à l’anorexie.
   
    Par ailleurs j’évite de parler de sujets inconnus ou auxquels je n’ai pas été assez confronté, car, lorsqu’on n’a pas l’expérience d’une question, on risque encore plus de dire des bêtises.
    Parmi les jeunes qui se sont confiées à moi, j’ai eu de nombreux cas d’anorexie (pas très prononcés pour la plupart heureusement), ou de scarification, mais très peu de boulimie, ou d’autre déviance marquée, et pas un seul d’alexithymie, (dont parlait “Qui suis-je” dans un commentaire - c’est en simplifiant l’incapacité à exprimer ses sentiments par des mots).
    C’est la raison pour laquelle je me suis limité à l’anorexie et je n’ai pas traité ce sujet parce que c’est la mode et qu’on en parle plus.
    Par contre je suis d’accord avec Kaa quand il dit que si on en parlait moins, il y aurait sans doute moins de “cas”. Quand j’étais jeune par exemple, la scarification n’existait pas et on n’en parlait pas, (mais on ne sait pas bien l’influence de l’un sur l’autre : c’est comme la poule et l’oeuf !!).
 
   J’ai moins de documentation sur ces sujets. Il semble que l’aspect “addiction” soit également vrai pour la plupart des troubles alimentaires, mais que les raisons psychologiques ne soient pas les mêmes (la boulimie n’est pas liée à l’envie d’être grosse, mais à l’envie de manger). Les raisons chimiques et génétiques doivent sans doute être différentes, encore que des “quasi hormones” comme la “leptine”, produite par les cellules adipeuses semble, selon son taux, inciter à la boulimie ou au contraire à l’anorexie.

    Bien sûr je suis intéressé par toute information ou témoignage sur les sujets que je traite et je remercie ceux qui m’en fournissent ou qui, à l’inverse, me posent des questions, et m’incitent donc tous à traiter de nouveaux sujets ou à approfondir ceux que j’ai partiellement traités.
Merci de vos coms et de vos mails.

Lundi 15 décembre 2008 à 8:12

Drogue, alcool, addictions

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    Je voudrais d’abord répondre à une question qu’on m’a posée plusieurs fois depuis hier, par com ou par mail.
    Les études que j’ai mentionnées ont été faites par des chercheurs sur des personnes qui étaient des anorexiquesavérées, qui cherchaient systématiquement à ne pas manger depuis plusieurs mois, afin que les constatations soient significatives et nettes.
    Il est certain que le plupart des jeunes que je connais n’en sont pas là et ont simplement peu envie de manger quand elles sont stressées. Les conséquences sont donc moins graves mais le danger d’addiction est présent, si elles persistent dans leur comportement.
    Des études ont été faites aussi sur des personnes qui n’étaient pas encore au véritable stade de l’anorexie. Elles manifestaient aussi des comportements faisant penser que leur système de récompense ne fonctionnait plus correctement, mais les phénomènes étaient moins nets.
    Les conséquences sur le cerveau de la faim, chez des personnes qui ont jeûné longtemps sont connues et totalement différentes : c’est une excitation de centres de l’hypothalamus, qui ont tendance à provoquer au contraire une sorte de boulimie passagère. Chez des souris on peut bloquer cette boulimie en déclenchant une capture de la sérotonine par les centres d’apprentissage au moyen de produits chimiques qui “débloquent” le récepteur correspondant.

    Je vous ai donné hier une idée du mécanisme de l’anorexie dans le cerveau mais cela n’en indique pas les causes initiales. c’est ce dont je voudrais parler aujourd’hui. Ceci devrait aussi répondre à certaines questions posées.

    Les chercheurs ont souvent examiné la piste génétique en pensant à des variantes de gènes qui prédisposeraient telle ou telle personne à devenir anorexique.

    Des gènes ayant une grande variété d'effets sur le cerveau sont actuellement pressentis. On suspecte par exemple certains gènes responsables de la production d'un récepteur de la sérotonine, ou d'un récepteur de la dopamine, ou encore d'une protéine qui joue un rôle global dans la croissance des jeunes neurones et dans « l'entretien » des neurones adultes.
    Des études sont faites aussi sur des vrais et faux jumeaux anorexiques et laissent penser que certains gênes prédisposeraient à l’anorexie, sans que cette prédisposition ait pour conséquence certaine le “maladie”.
    Certains cehercheurs s’intéressent aussi aux gênes impliqués dans l’anxiété et les obsessions.   
    Pour que l’anorexie se manifeste chez les personnes prédisposées, il faudrait d’abord que les gênes en cause “s’expriment” (c’est à dire donnent lieu à des transformations chimiques : il faudra qu’un jour je vous explique ce qu’est l’expression d’un gène.).
    Ces recherches en sont à leur début.
   
    D’autres investigations ont mis en lumière que les filles étaient dix fois plus sujettes à l’anorexie que les garçons, jamais avant la puberté et surtout que le déclenchement des premiers symptômes avaient souvent lieu entre 15 et 19 ans.
 Une étude faite sur 772 jumelles de 12 à 18 ans aux USA, a montré que les changements hormonaux jouaient un rôle certain dans l’apparition des tendances anorexiques et qu’il y avait probablement concommitance entre ces changements hormonaux et l’expression des gênes de prédisposition à l’anorexie (on ne sait pas ici quelles sont les relations de cause à effet).
    L’étude a montré également que l’effet était plus prononcé chez les jeunes filles porteuses de gênes prédisposant à l’anxiété, au perfectionnisme et au caractère obsessionnel.

    Ce qu’ont également montré ces recherches, c’est qu’il y avait presque toujours un point de départ dans la tendance anorexique, qui était une détresse émotionnelle.
    Les chercheurs pensent qu’un ou des traumatismes psychologiques peuvent déclencher l’expression des gênes de l’anorexie ou d’autre gênes liés comme ceux qui président à la captation de la sérotonine par les centres de récompense.
    Une exception toutefois pour quelques personnes telles que mannequins ou sportifs qui veulent maigrir pour des raisons professionnelles et ensuite se sont retrouvées anorexiques parce que prises au piège de l’addiction.
    Des études de la personnalité d’anorexiques ont montré que 80 à 90 pour cent des anorexiques décrivent des problèmes d'anxiété avant même le déclenchement de la maladie, un certain perfectionnisme, marqué par un besoin d'éviter les comportements ayant des conséquences négatives (une prise de poids, par exemple), et une focalisation sur des buts bien précis à atteindre.
    Les anorexiques sont angoissés par le fait de prendre du poids, ils s'imposent des exigences draconiennes pour répondre aux contraintes, par exemple le standard de minceur affiché dans les médias ou le monde de la mode, et se fixent des buts en conséquence, qu'il s'agit de poursuivre sans relâche.
    Leurs centres de récompense leur font rechercher une forme anormale de plaisir. Il s'agit surtout d'éviter certaines émotions négatives, telle une anxiété intense ou une souffrance associée au sentiment d'être critiqué ou mal perçu.
De ce point de vue, l'anorexie n'est pas tant un problème de régime qu'une question de « gestion affective » : il s'agit, pour la personne de faire face à une forme de détresse émotionnelle, un sentiment d'imperfection ou d'infériorité dont elle va tenter de se guérir en se rendant irréprochable, plus maigre encore que ce que préconisent les canons sociaux ambiants.

    J’ai eu et j’ai encore des jeunes correspondantes qui ont des tendances anorexiques et je dois dire que, pour aucune de ces personnes, la vie n'est gratifiante et j’ai retrouvé chez elles beaucoup des caractéristiques psychologiques que citent ces études.

    Dans le prochain article, mercerdi, j’essaierai d’examiner que faire face à l’anorexie.
    Mais compte tenu de nos connaissances trop récentes sur le fonctionnement du cerveau et la génétique, le moyen le plus important sera, on le verra , la lutte contre les traumatismes émotionnels qui ont déclenché cette tendance.


Dimanche 14 décembre 2008 à 8:46

Drogue, alcool, addictions


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    Je vous ai parlé  hier de l’anorexie, en général.
Aujourd’hui je voudrais vous donner quelques informations sur l’origine physioloique de ce dérèglement, et notamment sur les études faites sur les anomalies au niveau du cerveau.


     Récemment, les recherches sur l'anorexie se sont intéressées plus particulièrement au cerveau et à la façon dont il se modifie chez les personnes qui deviennent de plus en plus anorexiques.
    Je vous ai souvent parlé (et il faudra qu’un jour je fasse un article spécifique de ce sujet), d’un ensemble de structures cérébrales qui font ressentir du plaisir quand on s'adonne à une activité qui augmente les chances de survie : manger, boire, se reproduire, mais qui ont aussi pour but de permettre les divers apprentissages notamment chez l’enfant.
 Il se mobilise également lorsque nous faisons une action qui nous satisfait.
    . Ce circuit de la récompense produit habituellement une sensation de bien-être quand on se livre à ces activités, mais il peut aussi être stimulé de façon artificielle par des drogues (notamment le cannabis, la cocaïne ou la nicotine...), auquel cas son activité ne reflète plus une démarche « positive » pour l'organisme, mais une dépendance. C’est lui qui intervient ainsi de façon “déviante” dans toutes les addictions même non chimiques, comme par exemple la cleptomanie, la manie du jeu ou des jeux vidéos...
    Dans le cadre de l'anorexie, les modifications du système de récompense agissent non seulement sur la privation de nourriture, mais pourraient entraîner une incapacité générale à éprouver le contentement lié aux plaisirs simples de la vie, qu'il s'agisse de nourriture, de sexe ou de réussite à un jeu ou une épreuve sportive ou autre.....
    En ce sens, cette maladie présenterait certains traits communs avec les dépendances aux drogues, à  une différence près, cependant: la personne malade ne serait pas dépendante d'une substance chimique mais de la sensation de faim ou de privation.

    Presque toutes les drogues agissent sur les circuits cérébraux de la récompense - et en particulier sur le centre du plaisir, (le noyau accumbens), en augmentant la concentration d'un neuromédiateur chimique, la dopamine.
    La libération de dopamine déclenche des sentiments de bien-être et est également responsable du sentiment de planer déclenché par la prise de nombreuses drogues. Certaines, dont l'ecstasy, coupent également l'appétit, ce qui laisse penser que le refus de s'alimenter pourrait, d'une manière ou d'une autre, découler d'une activité anormale du circuit cérébral de la récompense.
    En octobre 2007, des chercheurs américains ont injecté de l'ecstasy dans le noyau accumbens de souris, ils ont observé que ces dernières ont commencé à se comporter « comme des anorexiques.
    Les neurobiologistes ont montré que l'ecstasy supprime l'appétit des souris en stimulant un récepteur de la sérotonine, autre neuromédiateur important dans le cerveau sur certains neurones particulier du noyau accumbens , lequel en liaison avec l’hypothalamus, qui règle notre vie végétative, supprimait alors le désir de manger.
    On peut donc penser que si une anomalie de la sécrétion de sérotonine se produit chez une personne(du fait de son stresspar exemple) et que son centre du plaisir, alors excité produit un supplément de dopamine, cette personne peut très bien en arriver à associer la privation alimentaire à un sentiment de plaisir, ce qui permet l'entrée dans une dépendance à la faim, comme d'autres personnes sont dépendantes à la cigarette, à l'alcool ou à l'héroine.
    C’est actuellement l’exlpication que retiennet le plus souvent les neurobiologistes.


    D'autres recherches confirment que l'addiction à la faim rend les anorexiques, tout comme les toxicomanes, insensibles au plaisir de manger, et peut-être aussi à d'autres satisfactions.
    Elles ont montré que les anorexiques perdaient la sensation de ce qui était “agréable au goût” d’autres personnes.
    Mais elles ont aussi montré que l'indifférence des anorexiques à l'égard des stimulations plaisantes ne se limite pas à la nourriture.
    Des chercheurs ont testé notamment sur des anorexiques (et un groupe témoin de non anorexiques) des jeux qui procuraient un gain d’argent en cas de succès.
    Les femmes n'ayant pas de passé anorexique ont réagi comme on pouvait s'y attendre : lors- qu'elles fournissaient une bonne réponse, elles gagnaient de l'argent et exprimaient leur satisfaction d'avoir gagné. Dans le cas inverse, elles montraient des signes de dépit. En outre, ces réactions se traduisaient par des activités cérébrales cohérentes : les gains activaient une zone du cerveau nommée striatum ventral antérieur, qui contribue aussi au traitement des récompenses immédiates. Naturellement, cette zone ne s'activait pas en situation de perte financière.
    Les femmes anorexiques ne donnaient aucun signe de satisfaction en situation de gain, ni de déception en cas de perte. Leur cerveau lui-même restait indifféren; le striatum ventral antérieur s'activait de la même façon quel que soit le résultat financier de l'opération...
    Les circuits de leur cerveau qui font ressen-tir du plaisir en relation avec un événement positif immédiat ne fonctionnent pas correctement chez un anorexique.

    Malgré tout, au cours du jeu, leur activité cérébrale augmentait dans une autre zone du cerveau émotionnel, nommée noyau caudé, quand elles gagnaient. Cette région cérébrale fait partie d'un autre circuit qui permet de planifier des actions à long terme et d'en évaluer les conséquences. C'est elle qui pourrait, à long terme, associer la privation alimentaire à l'activation du système de récompense et donc au plaisir dans le cerveau des anorexiques.
    Ce résultat est cohérent avec la tendance des anorexiques à envisager l'essentiel de leurs actes dans une dimension temporelle très structurée, planifier tous les détails de leur quotidien, anticipant l'avenir sans réellement vivre le présent. Ceci est caractéristique de leurs difficultés à vivre « ici et maintenant ».

   
Vous avez donc une idée du “mécanisme cérébral”  de l’anorexie.
    C’est donc une anomalie probable de la sécrétion d’un neurotransmetteur (sérotonine), associée à un fonctionnement anormal des “circuits de la récompense” (noyau accumbens et striatum); lesquels produisent un autre neurotransmetteur qui fait ressentir une certaine satisfaction et donc transforme la faim de l’anorexique de besoin en plaisir.
    De plus ces fonctionnement anormaux non seulement enlèvent les sensations agréables du goüt, mais privent l’anorexique des sensations agréables d’un certains nombre de plaisir comme la réussite d’un jeu ou d’une épreuve.
   
   
Je m’arrêterais là pour ne pas trop vous fatiguer et demain nous essaierons d’expliquer les causes à l’origine de ces anomalies, et donc de l’anorexie.

Samedi 13 décembre 2008 à 12:01

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/P6070213.jpg

    Quelques unes de mes correspondantes souffrent d’anorexie, cette habitude de ne pas vouloir manger pour maigrir.
    D’autres n’ont pas vraiment encore cette addiction, mais ont l’appétit coupé par leur stress.
    Quelques unes enfin voudraient faire un régime pour maigrir parce qu’elles se trouvent trop grosses, alors que leur médecin les trouve normales.
    Toutes se demandent ce qui leur arrive et d’autres qui mangent normalement ne comprennent pas non plus et traitent ces tendances de manies et les fustigent.
     
Je voudrais donc vous parler de l’anorexie.

    Mais ce n’est pas si facile que cela à faire.
    J’ai lu beaucoup d’articles scientifiques à ce sujet, quelques erticles de psys également. Certains ne sont pas simples à comprendre et cela m’avait obligé à me replonger un peu dans la chimie du cerveau.
    Ils ne sont pas tous cohérents entre eux car heureusement on a fait des progrès ces derniers temps.
    Alors je vais être obligé de résumer, de simplifier le plus possible, pour ne pas vous ennuyer, mais pas trop, pour ne pas être inexact.
    Cela vous semblera peut être un peu trop “un cours de SVT”.
    Je vais donc le faire en trois ou quatre articles.

    Aujourd’hui je vous dirai ce qu’est l’anorexie, au plan général.
    Demain je vous parlerai de ce qu’on sait sur ce sujet , sur les causes de cette addiction.
    Les recherches portent en effet sur deux domaines essentiels :
        - l’explication du mécanisme d’anorexie dans le cerveau : essentiellement un problème de neurotransmetteurs.
        - la recherche des causes de ces anomalies, en particulier au plan génétique.

    Enfin je ferai un autre article sur les remèdes possibles :
        - la lutte directe contre l’anorexie
        - la lutte indirecte contre le stress qui l’engendre.

    J’espère que j’arriverai à ne pas être trop obscur et compliqué.
    Vous pourrez évidemment me poser par com ou par mail, toutes les explications que vous souhaitez.

    Qu’est ce donc que l’anorexie.?
    Cela peut aller de l’état d’esprit à la véritable addiction.


    Parmi celles avec lesquelles je corresponds, peu sont véritablement anorexiques, mais elles pourraient le devenir.
     Elles me disent qu’elles n’aiment pas leur silhouette, qu’elles se trouvent trop grosses,  et qu’elles font “un régime”. c’est à dire qu’elles ne mangent pas à leur faim.
    Mais elles m’avouent en même temps que le médecin n’est pas de cet avis et si on fait les petits calculs habituels, on s’aperçoit qu’elles n’ont rien de personnes “grasses” et que parfois elles sont même un peu “maigres” (conséquence de leur régime).
    En fait ces jeunes ne se sentent pas bien dans leur peau, elles ne “s’aiment pas”. Il y a donc derrière cette tendance un problème psychologique.
Pourquoi ce manque de confiance en elles ?

    C’est cela qu’il faut chercher et c’est cela qu’il faut essayer d’éliminer.
La faim et l’insouciance reviendront alors.

    Ce qui est grave dans le problèmequ’elles rencontrent, c’est que si elles continuent dans cette voie elles risquent de devenir vraiment anorexiques.
    L’anorexie c’est en effet une addiction,
comme l’alcool, comme la drogue, comme la manie du jeu au casino ou sur ordinateur, ou la cleptomanie. C’est aussi comparable à la mutilation, la scarification.
    C’est une habitude qu’on a prise et dont on ne peut plus se passer et qui, pis encore, augmente avec le temps, car les niveaux qui vous satisfont aujourd’hui ne le feront plus demain.
    L’anorexie se termine en général par la mort si elle n’est pas soignée, et une mort pas agréable, dans la souffrance et l’incapacité.

    Les services de surveillance de la santé estiment que aux USA  l’anorexie toucherait entre 0,5 et 3,7 %des femmes américaines et en France entre 1 et 1,5 %, les hommes étant dix fois moins touchés et beaucoup de ces personnes étant des jeunes filles après la puberté.
    On estime que l’anorexie représente la cause de 20% des décès des femmes atteintes de maladies mentales.

    Il ne faut pas croire en effet que les anorexiques ne mangent pas “par plaisir”. Ils souffrent et ils ont faim.
    La plupart des gens ont horreur des régimes. Mais lorsqu'une personne anorexique est au régime, elle se sent effectivement mieux, plus alerte et plus énergique, lorsqu'elle a faim. Ne nous leurrons pas : les anorexiques souffrent de tiraillements de l'estomac provoqués par la faim ; toutefois, elles trouvent simplement des moyens de les dépasser.
    Pour ces personnes, parvenir à s'imposer la privation malgré la douleur est alors vécu comme une réussite, et procure la satisfaction associée à tout succès, à toute victoire remportée sur la difficulté. C'est ce sentiment que certains “accros aux régimes” en viennent à désirer intensément cette privation et risquent donc de devenir anorexiques.
    Des recherches ont également montré que les anorexiques deviennent insensibles au plaisir de manger.
    Enfin, il faut citer une certaine anorexie particulière qui est à la fois une boulimie car on mange beaucoup, mais on va ensuite se forcer à vomir la nourriture qu’on a avalée. C’est le fait souvent de jeunes qui ne veulent pas que leur entourage s’aperçoive de leur addiction.

    Dans mes prochains articles j’essaierai de vous montrer les mécanismes de l’anorexie au niveau du cerveau, et je vous exposerai également les résultats des recherches génétiques, puis je vous parlerai des moyens de lutter contre l’anorexie.

Vendredi 12 décembre 2008 à 14:46

Divers

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P3310090.jpg

    Je vais aborder aujourd’hui un sujet inattendu.
    Plusieurs correspondantes me demandent ce que je pense de la suppression de la pub à la télévision  sur les chaînes nationales.
    Je suis un peu embarrassé car, si je regarde comme vous la télé, je n’ai aucune compétence en la matière, notamment quant au fonctionnement financier des chaînes.
    Je ne vous donnerai donc qu’un avis personnel d’utilisateur.

    Sur le plan de la qualité des émissions je ne suis pas compétent quant aux répercussions possibles, et tout dépend des fonds alloués aux chaînes publiques. Je suppose dans la suite qu’on compense totalement  leur manque de financement publicitaire.


    J’avoue que l’aspect financier de cette question me gêne.
    En effet les chaînes publiques vivaient grâce à la taxe de télédiffusion que nous payons avec nos impôts (1,8 milliards environ), à des fonds publics qui proviennentt également des impots directs ou indirects (faible) et les rentrées concernant la publicité qui était une part importante du financement (environ 850 millions dont la moitié dans les annonsces de soirée).
    La suppression de la publicité le soir provoquerait donc un manque de financement de 400 millions d’euros environ.que le gouvernement se propose de compenser en taxant les autres chaînes privées qui récupèreront cette publicité et les opérateurs de télécommunication.
    Mais ce que personne ne dit, c’est qu’il n’y a ni miracle, ni philanthropes et que le coût de cette publicité est d’une part répercuté dans les prix de vente des produits et services dont on nous vante les qualités, et que d’autre part, les opérateurs répercuteront sur leur prix les coûts des participations qui leur seront imposées.
    C’est donc nous qui continuerons à payer  les 400 millions manquants à la télévision publique et qui paierons en outre sous forme de frais publicitaires, la publicité supplémentaire récupérée par les chaînes privées.
    En définitive, le bilan de l’opération au plan financier revient à nous faire payer dans les coûts publicitaires des produits que nous achetons, des rentrées supplémentaires pour les chaînes privées, qui pourront ainsi réaliser des bénéfices plus importants.

    Au plan de la publicité proprement dite, celle des chaînes publiques ne me gênait pas.
    Autant je déteste qu’on interrompe un film ou un téléfilm et qu’on saucissonne une émission pour passer des spots publicaitaires, (comme sur la plupart des chaînes sauf les chaînes publiques), autant quand ils ont lieu avant l’émission ou entre deux émissions différentes, j’emploie ce temps mort à faire autre chose : débarasser la table et lancer le lave vaisselle, lire une revue, classer un dossier, me laver les dents ...ou tout simplement me reposer et rêver.

    Donc vous avez pigé, personnellement la situation actuelle me convenait parfaitement et je serai plutôt mécontent d’une baisse de qualité du service public que je regarde beaucoup, et d’être par contre obligé d’acheter plus cher des produits uniquement dans le but de procurer des bénéfices supplémentaires aux chaînes privées de télévision. Ctte réforme je ne la comprends pas, alors qu’il y aurait tant d’autres choses à faire pour améliorer la situation. (Ne serait ce que faire baisser le prix de l’essence du fioul et du gaz qui n’ont baissé que de 30% alors que le prix du pétrole a été divisé par 3 !).

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lancien

sortir de la tristesse

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