Samedi 28 février 2009 à 8:46

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Hier je vous disais que l’un des problèmes qui affecte les souvenirs, c’est leur rappel en mémoire.
    Bien entendu il faut d’abord que le souvenir existe, conscient ou non, et qu’il n’ait donc pas été éliminé, soit rapidement, soit au cours de notre sommeil.

    Pour rappeler un souvenir c’est comme sur le disque dur de votre ordinateur où il faut une adresse. Il faut d’abord la connexion qui mène à un premier groupe de neurones et cette première connexion en entraîne d’autres jusqu’à reconstituer la scène complète.
    Lorsqu’il s’agir d’un souvenir récent peu consolidé encore, c’est l’hippocampe, dans notre cerveau émotionnel qui va faire ce rappel.
    Ensuite si ce souvenir est souvent volontairement rappelé, donc par le cortex frontal qui demande à l’hippocampe de le faire, peu à peu les connexions se renforcent mais aussi celles avec le cortex. . Au bout d’un certain nombre de connexions, le souvenir est relativement stable et de longue durée, et le cortex frontal peut le rappeler sans passer par l’hippocampe.
    C’est notamment très vite le cas pour tous les souvenirs qui ne sont pas des souvenirs de scènes chronologiques (la mémoire épisodique), mais qui sont des souvenirs de connaissances liées au langage (la mémoire sémantique).
    Ces connaissances liées à notre instruction et notre expérience sont très vite directement rappelées par le cortex et sont reliées entre elles par des liens logiques de langage : par exemple le prénom de mon frère, son âge, tout ce qui le concerne, son épouse, ses enfants, sa maison, son métier.....
    Vous avez sûrement déjà dû vous trouver “en panne” d’un mot par exemple, du nom d’une personne que vous rencontrez.... C’est ce premier chaînon qui vous fait défaut. Et puis tout à coup vous vous rappelez un endroit où vous êtes allé avec cette personne, et ce nouveau chaînon vous permet alors de vous rappeler son nom et beaucoup d’autres détails la concernant.

    Voyons rapidement les mécanismes de ce renforcement des connexions.
    A l’origine c’est un neurone particulier qui va agir sur la connexion à renforcer en envoyant un influx au moment où l’on sollicite cette connexion et diminuer le potentiel nécessaire pour la décharge du neurone à l’origine de la connexion désirée. Cette action d’un neurone sur la connexion d’un second, lorsqu’on les sollicite tous deux en même temps, est ce qu’on appelle une “synapse de Hebb”.
    Mais ce renforcement est fragile. Le stade suivant est une augmentation dans les synapses des neurones qui doivent être connectées, de la quantité de neurotransmetteur stocké dans des capsules protéiniques. Et au stade supérieur des dendrites supplémentaires peuvent être créées et permettre ainsi une connexion beaucoup plus forte.
    J'ai décrit le processus de renforcement qui utilise le "cycle de Papez" dans mon article sur les mémoires du 1er février
    Mais le cerveau est plastique et ces transformations sont réversibles.

    Voyons donc le mécanisme de l’oubli :
    Les connexions se renforcent par la répétition du rappel du souvenir. Si nous utilisons souvent un souvenir, une “donnée” (par exemple un numéro de téléphone) le rappel sera de plus en plus facile. Mais supposons que nous changions d’environnement de travail et que nous n’utilisions plus certains numéros de téléphone, nous n’aurons plus l’occasion de les rappeler et  les connexions correspondantes vont s’affaiblir avec le temps. Un jour nous n’arriverons plus à nous souvenir de ces numéros, et notre cerveau aura privilégié les connexions concernant les nouveaux numéros souvent utilisés.
    Mais si une personne nous dit : “tu sais bien c’était tel numéro”, alors tout à coup vous vous souvenez et vous dites “mais oui, c’est vrai !!”. Le souvenir n’était pas encore totalement détruit, mais le rappel en était presque supprimé, comme une adresse d’une information de votre disque dur que vous auriez mise à la corbeille.
     Par contre certains souvenirs qui nous ont marqués sont suffisamment renforcés pour que l'essentiel n'en soit jamais oublié (mais seuls certains détails).
     Il est certain que si vous êtes préoccupée par un sujet, le cerveau facilite les connexions qui lui sont relatives, et le rappel d’autre notions sont plus difficiles.
    Si vous vous détendez il sera plus facile de faire ce rappel.

    Disons donc quelques mots de l’hypnose. C’est un sujet qui ne semble pas passionner les neurologues, et ses mécanismes sont mal connus.
    Pour approcher ce phénomène, rappelons nous comment nous sommes lorsqu’une activité nous passionne ou mobilise toute notre attention (lecture, cinéma, création, sport, passage difficile de conduite automobile, ...), toute notre attention est concentrée sur ce sujet, le temps n’a plus cours, et nous sommes à la fois très attentifs, mais en même temps relativement décontractés, relaxés.
    L’hypnose est un phénomène analogue, mais plus élaboré, utilisée en médecine, et en psychothérapie, qui semble efficace pour lutter contre la douleur, se libérer de certaines dépendances ou mauvaises habitudes (le tabac, le grignotage…), l’anxiété, les troubles de la sexualité et les phobies, même si beaucoup de scientifiques évoquent l’effet placebo..
    La méthode pratiquée par Freud est basée sur la suggestion. La personne face à l’hypnotiseur subit des injonctions verbales, visuelles et corporelles et cette technique part du postulat suivant : “si l’on suggère à un patient de guérir, il peut guérir”.
    La seconde méthode, plus récente et due à Erikson, sollicite la participation active du patient. Il s’agit plus d’un état de profonde relaxation, pendant lequel le patient va pouvoir s’exprimer librement. Le thérapeute utilise des métaphores, c’est-à-dire un langage symbolique, pour guider l’inconscient du sujet et l’amener à trouver lui-même les solutions à ses problèmes.           
    L’hypnose est un état de demi-sommeil ou de sommeil éveillé dans lequel la personne hypnotisée se trouve totalement relaxée, mais ce n'est ni une forme de sommeil, puisque l'on reste toujours conscient, ni une méthode de relaxation, même si cette technique est souvent ressentie comme un état très agréable.
    Il semble que son action se produise essentiellement au niveau du cortex cingulaire antérieur dans le cerveau émotionnel, respondsable notamment des mécanismes d’attention, et par une diminution de l'activité dans les lobes pariétaux et dans le tronc cérébral et des distinctions entre le corps et l'extérieur, donc la délimitation du soi. (étude parue en 2008).
    L’action sur la douleur s’explique car le patient sous hypnose libère davantage d’endorphines qui bloquent les synapses de la douleur au niveau de la moelle épinière et agissent sur l’hypothalamus.
    Il semble que l’hypnose, proche de la relaxation, diminuerait rapidement l’impact des agents stressants et agirait sur la production de cortisol, hormone qui est notamment associée au stress.
    Pour les dépendances, le processus est plus contesté : le praticien va essayer de susciter les suggestions les plus fortes, par exemple l'association tabac-nausées et d'agir sur la dépendance psychologique en y substituant d'autres comportements.
  
  Il semble donc que l’hypnose augmente la relaxation, diminue attention et concentration et diminue les obstacles que pourarit créer ke cerveau émotionnel lorsqu’on veut rappeler un souvenir
    Encore faut il que ce souvenir soit véritable et pas un souvenir “reconstitué”.

    On connaît aussi des cas où le thérapeute a, par ses interrogations orientées, fait se "remémorer" son patient d'un souvenir qui n'a jamais existé d'un événement qui n'a jamais eu lieu !

Vendredi 27 février 2009 à 10:22

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

    Une de mes correspondantes m’écrit, à propos de l’inconscient et de Freud :

“ ....je voulais préciser que, durant des séances, il y a eu la preuve que l'inconscient stocke TOUT depuis la naissance , et le corps se souvient de tout, également.
Grâce à une forme d'hypnose (de vrai pas un truc de charlatan "regardez ma pendule et fermez les yeux" hein !) il est possible de revivre sa naissance. Il s'agit d'une expérience horrible, on se sent macéré dans un tube très étroit, l'oxygène nous brûle les poumons, pour la première fois (etc.)
 Un homme, après avoir revécu sa naissance plusieurs fois, a eu la surprise de voir réapparaitre la trace des forceps sur son front ou ses tempes, je ne sais plus....”


    Ce que tu dis est plutôt philosophique ou issu de “croyances” de psys
Tu as à la fois raison et tort ^ ^

    Tu as raison de dire que l’inconscient au départ  stocke tout....ce que le cerveau perçoit et interprète et pas autre chose.

    Parlons d’abord de nos cinq sens :
    Quand nous sommes réveillés, nos cinq sens recueillent des “perceptions” et les centres correspondants du cortex les interprètent, ce qui met en jeu des centaines de millions de neurones !
    Des neurones du ‘tronc cérébral” (dans le prolongement de la colonne vertébrale), oscillent et envoient des signaux de fréquence 40 herz , qui vont synchroniser certains des neurones de la perception, lesquels, à un moment donné vont traduire des sensations relatives à certains objets ou mouvements.
    Le thalamus, dans le cerveau émotionnel est en quelque sorte la gare de triage de l’information en provenance du reste du corps. (voir schéma). 

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/thalamus.jpg

    Ses neurones font, avec une fréquence de 80 herz, c’est à dire toutes les 12,5 millisecondes, le tour des neurones qui ont transmis un influx nerveux et qui eux ne transmettent leurs signaux qu’à une fréquence de 40hz.
    Donc :
    - si deux (ou plusieurs) phénomènes sont séparés par moins de 12,5 ms, un seul sera perçu (le premier détecté);
    - si un neurone réagit à une sensation, il n’émet qu’une information toutes les 25ms; le thalamus percevra donc 1information, rien, une information, rien.... exactement comme un projecteur de cinéma crée à la projection :  image, noir, image, noir, ce qui lui permet de séparer les images et de réaliser le mouvement.
    - si des neurones représentent des morceaux d’une image par exemple, ils sont synchrones et donc les informations arrivent en même temps, ce qui permet de reconstituer l’image, et s’il y a en même temps, un son, un toucher, une odeur,de représenter la scène.
    - notre cerveau est adapté à notre survie. Si un chien aboie, il faut que tu sois vite prévenue et cela plus vite que 12ms. Ce son inattendu remet à zéro le balayage du thalamus, de telle sorte que l’alerte puisse être donnée en 1 ou 2 ms.
    - tous ces phénomènes sont totalement inconscients. Si nous voulons en avoir conscience de ce qu’est cet aboiement, les amygdales et le thalamus vont synchroniser tous les neurones qui émettent et l’information est envoyée au cortex frontal, tandis que les centres amygdaliens préparent le corps à réagir.
    Le phénomène devient alors conscient pour notre cerveau, qui peut alors orienter nos sens pour avoir des informations complémentaires.

    De plus le thalamus reçoit des informations des centres de “somesthésie” qu’il fait également mémoriser.
Ce sont des sensations conscientes ou non résultant de la stimulation des tissus du corps, sensations qui ne sont ni visuelles, ni auditives, ni gustatives, ni olfactives. Elles sont provoquées par l'excitation de terminaisons nerveuses réceptrices de types variés, (pression, chaleur, douleur...), localisées dans le revêtement cutané et divers tissus plus profondément situés : conjonctif viscéral, capsules et ligaments articulaires.... C’est à tout moment le reflet de l’état de notre corps.

    Enfin le thalamus est en relation avec les divers centres du cerveau émotionnel et avec le cortex frontal et il peut donc également aiguiller certaines réactions émotionnelles ou raisonnables.

    Toutes ces sensations sont effectivement stockées dans des mémoires de travail intermédiaires, mais la plupart, jugées sans intérêt n’y resteront pas et seront détruites. Ce n’est donc qu’un “inconscient temporaire”.
    Certaines qu’elles soient conscientes ou inconscientes et qui présentent de l’intérêt, seront mémorisées par un renforcement des connexions entre neurones, et ceci pour un temps plus ou moins long.

    Ensuite si ce renforcement n’est pas confirmé, elles s’effaceront rapidement peu à peu.
    Si je mets ma voiture à une place de parking, je vais conserver ce souvenir consciemment afin de la retrouver. Par contre si j’ai une voiture devant moi sur la route, son image et le fait qu’elle soit de telle marque ne sera enregistré que de façon inconsciente; au bout de quelques minutes ce souvenir sera effacé à jamais. La place de ma voiture au parking sera conservée quelques heures..
    Par contre si je vois les blessés d’un accident, ce souvenir chargé d’émotion sera conscient pendant quelques temps, puis en apparence oublié, mais restera enregistré inconsciemment, car la charge émotionnelle aura provoqué un renforcement suffisant des connexions entre neurones pour que le souvenir soit durable (conscient ou non).
    Le soir ou un autre soir, au cours du sommeil, le cerveau va faire le ménage. Il va éliminer de nombreuses sensations stockées dans la journée ou les jours précédent, parce qu’il considère, soit qu’elles sont inutiles, soit qu’elles peuvent nous être nuisibles. Et ces perceptions seront supprimées à jamais par diminution de la force des connexions entre neurones.
    Par contre, des souvenirs chargés d’émotion pourront avoir été suffisamment renforcés lors de la mémorisation pour ne pas être ainsi éliminés et resteront donc conscients ou inconscients pour des durées relativement longues.

    Voyons donc maintenant ce que tu me disais sur les souvenirs, leur nature, leur existence et leur persistance :
    L’histoire de la personne qui se souvient de l’accouchement à sa propre naissance est soit une fumisterie de l’auteur de l’article, soit une illusion de celui qui se souvient.
    Un enfant au moment de l’accouchement n’a que des sensations très limitées et il ne sait pas ce que c’est que l’accouchement. Il ne peut donc en garder absolument aucun souvenir à long terme en le reliant à ce phénomène, car ce lien passe par le langage.
    En admettant que la personne sous hypnose ait vraiment ressenti cela, ce sont des représentations qu’elle a vu, lu ou s’est imaginées, alors qu’elle était ado ou adulte, associées au concept  “accouchement” et c’est cet ensemble qu’elle a remonté en mémoire lors de l’hynose, mais ce n’est pas un “souvenir de foetus”, car ils sont limités à la reconnaissance étant bébé de la voix de leur mère ou de bruits particuliers (un carillon de pendule par exemple).
    .Nous avons l’impression d’avoir beaucoup de souvenirs vagues ou même précis de notre enfance. Ceux qui ont une grande charge émotionnelel sont sans doute vrais (au moins une partie d’un souvenir donné, car le reste est peut être imainé aussi). Mais ceux plus anodins ne sont pas de vrais souvenirs, mais des reconstitutions à la suite de récits de nos parents ou de notre famille, de photos, de films, DVD, émissions de télé ou lectures divers.
    D’autres morceaux de ces souvenirs sont de vraies créations imaginaires de ce que nous aurions voulu ressentir ou du fruit de notre imagination;.
    Plus le temps passe et plus l’inexactitude des souvenirs anciens est grande, sauf pour ceux qui nous ont traumatisés, mais encore faut ils, pour ces derniers que nous ayons été capables de les mémoriser.

    Le problème des souvenirs, c’est leur rappel.
    Pour les rappeler c’est comme sur le disque dur de votre ordinateur où il faut une adresse. Il faut la connexion qui mène à un premier groupe de neurones et cette première connexion en entraîne d’autres jusqu’à reconstituer la scène complète.
    Pour ne pas alourdir mon article d’aujourd’hui, je remets à demain ce problème de récupération des souvenirs et je parlerai également de l’hypnose.

Jeudi 26 février 2009 à 8:04

Chiens

    Aujourd’hui un peu de repos et une image, trouvée sur internet, qui me laisse perplexe.
J’attends vos avis et commentaires !

http://lancien.cowblog.fr/images/Chiens/Chienchenille.jpg
    J’espère qu’on n’a pas habillé ce chien. Je ne vois pas bien comment on aurait pu lui faire enfiler cela.
    Par ailleurs je ne connais pas de chenille de cette couleur, mais je ne suis pas très calé en insectes.

    Je crois que c’est un montage photo.
    En aggrandissant la photo, on voit un raccord au niveau de la tête.
 Mais j’admire la patience de l’auteur pour ensuite habiller tout le corps avec cette texture, car il a dû faire beaucoup de travail “à la main”, pixel par pixel.!

    Cela dit, je trouve le résultat curieux mais pas très esthétique (des goûts et des couleurs....)
.





     Demain je redeviendrai sérieux et je répondrai par plusieurs articles à des questions de mes correspondantes sur l'inconscient et l'hypnose, ainsi qu'à un commentaire intéressant fait par Maud.




Mercredi 25 février 2009 à 11:24

Notre personnalité

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P1010114.jpg

    Une de mes correspondante m’a posé la question suivante :

“ Est il possible de changer de personnalité ? De réellement changer? J'essaie mais je n'y arrive vraiment pas.  ! “

    C’est difficile de répondre car il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que tu entends par “personnalité”

    Wilkipédia nous rappelle l’origine du mot : "Persona” est le masque antique de théâtre grec atifice dont l’utilisation obéissait aux règles suivantes :
        - grâce au masque le public devait pouvoir prédire l'action du comédien
        - il y avait un nombre défini de masques possibles, douze exactement.
        - chaque acteur n'avait le droit d'utiliser qu'un seul masque par représentation

et ajoute :
“....Aujourd'hui l'idée générale qui ressort des différentes visions de la personnalité est qu'elle est l'ensemble des comportements qui constituent l'indivualité d'une personne. Elle rend compte de ce qui qualifie l'individu : permanence et continuité des modes d'action et de réaction, originalité et spécificité de sa manière d'être. C'est le noyau relativement stable de l'individu, sorte de synthèse complexe et évolutive des données innées (gènes) et des éléments disponibles dans le milieu social et l'environnement en général.
La connaissance de la personnalité est souvent un enjeu important en ce qu'elle permet de prévoir avec une marge d'erreur limitée le comportement de la personne dans des situations ordinaires, par exemple professionnelles. Elle est aussi l'objectif de la connaissance de soi....”


    Mon petit ami Robert est plus ésotérique en disant que c’est :
“... la fonction par laquelle un individu conscient se saisit comme un moi, comme un sujt unique et permanet différent des autres...”
    Quant à ma petite amie La Rousse, sa définition me paraît plus pratique et compréhensible : la personnalité c’est :
“... l’ensemble des comportements, aptitudes, motivations... dont l’unité et la permanence constituent l’individualité et la singularité de chacun...”

    Et puis bien évidemment tout le monde connaît les “tests de personnalité” dont la plupart, employés comme des jeux dans les hebdomdaires, sont tout à fait inexacts.

    Je comprends ta question de la façon suivante plus terre à terre :
“ Face à certaines situations, dans certains environnements, j’ai des réactions souvent les mêmes dues à ce que je suis aujourd’hui, à mon cerveau, à mon éducation familiale, à mon instruction, à mon vécu encore court.
    Certains de ces comportement ne me conviennent pas, puis-je en changer.?
    Et  mon “moi” va t’il évoluer?...”


    Il y a d’abord dans le “moi” une part innée génétique,  (pas uniquement héréditaire) due à l’expression de certains gênes de l’ADN et aussi à une part de hasard dans la connexion terminale des axones aux dendrites (voir mes articles sur la formation du cerveau).
    Cette part innée se traduit entre autre par des “préférences cérébrales” importantes. J’en ai décrit certaines, dérivées des théories de Jung et du big five” d’Allport et Goldberg (voir mes articles dans cette catégorie "préférences cérébrales))
    On ne peut changer ces préférences innées.
    Il y a aussi une part innée (pas forcément génétique) qui est “culturelle”, que Jung appelle les archétypes, et qui résulte de la civilisation à laquelle nous appartenons : tabous, préjugés, organisation de la société...
    Les coutumes ne sont par exemple pas les mêmes dans les civilisations asiatiques que dans les nôtres occidentales.

    Par contre ces préférences cérébrales innées évoluent avec notre éducationd’enfant puis d’ado, notre instruction et avec l’âge au fur et à mesure de l’acquisition de notre expérience.
     AInsi les problèmes de l’ado vont peu à peu disparaître en murissant, dans sa progression vers l’âge adulte.
    Cette évolution peut se faire presque’à notre insu, du fait de notre vie et de ses aléas, mais nous pourvons aussi en partie l’orienter.
    Notre personnalité, en simplifiant et schématisant,  est en effet faite de nombreux couples de préférences cérébrales opposées dont nous nous servons avec plus ou moins de facilité et de réussite, de la même façon qu’on est droitier, gaucher ou ambidextre.
    Nous ne pouvons changer nos préférences cérébrales innées, mais nous pourvons les atténuer et surtout apprendre à nous servir mieux de l’attitude opposée non préférée, de la même façon qu’un droitier peut apprendre à ne pas être maladroit de sa main gauche.

    En pratique comment faire pour arriver à faire un peu évoluer ses préférences cérébrales et les comportements correspondants.
    Il faut d’abord se connaître soi même le mieux possible, ses préférences cérébrales et leur intensité, ses qualités et ses défauts, ce que l’on aime en soi et au contraire ce qui ne plaît pas et qu’on voudrait améliorer, également les problèmes que l’on rencontre dans notre vie, nos décisions, nos actions, nos sentiments....
    Ce n’est qu’à partir de cette connaissance qe l’on pourra essayer d’évoluer peu à peu en modifiant ses comportements, mais sans contrarier exagérément ses préférences innées, ce qui serait voué à l’échec. C’est plutôt d’une part en cultivant au contraire ces préférences innées et ses qualités d’une part, en essayant d’apprendre à se servir des attitudes antagonistes et à diminuer ses défauts d’autre part, que l’on arrivera peu à peu avec le temps et la patience à des comportements plus satisfaisants.

    
Je peux éventuellement aider certaines d'entre vous à mieux se connaître en ce qui concerne leurs préférences cérébrales.

Mardi 24 février 2009 à 8:43

Scarification, suicide

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P1010113.jpg

    Il y a eu, il y a deux semaines,  une journée où des personnalités ont réfléchi sur le problème du suicide et plus particulièrement de celui des jeunes.
    Je voudrais en faire part sur ce blog des diverses constatations que j’ai
entendues.


    Le suicide est un grave problème de Santé Publique en France puisque l'on recense annuellement 12 000 décès par suicide, et que l'on estime à environ 160 000 le nombre de tentatives de suicide. Ces statistiques sont vraisemblablement sous-estimées en raison de la dissimulation du caractère suicidaire de l'acte par l’individu lui même ou par la famille l
Cette sous-estimation pourrait être de 20 %, soit environ 2000 suicides qui ne seraient pas enregistrés.
    La France occupe le quatrième rang après la Finlande, le Danemark et l’Autriche.
    Le suicide est une cause importante de mortalité prématurée car, par rapport aux autres causes de décès, il touche plus les adultes jeunes. Exprimé en années potentielles de vie perdues, calcul qui ne prend en compte que les décès avant 70 ans, le suicide représentait en 1995 la troisième cause de mortalité prématurée (9,6%), à égalité avec les accidents de la circulation (9,7%), derrière les maladies cardio-vasculaires (12,1%) et le cancer (30,0%). En 1970, la part des suicides n'était que de 4,6%.
     L'importance du suicide dans la mortalité prématurée a donc plus que doublé en 25 ans et en 50 ans, le suicide des jeunes a triplé !

    Les tentatives de suicide de jeunes (authentifiées comme telles) sont passées,en dix ans de 40 000 à 60 000 environ, dont 800 à 900 décès chaque année, les trois quarts concernant des garçons.   
    La France arrive en tête en ce qui concerne le nombre de suicides chez les jeunes de 15 à 24 ans, , pour lesquels c’est la seconde cause de décès en France. C’est la première cause chez les jeunes de 25 à 34 ans.    
    Les tentatives sont beaucoup plus fréquentes chez les filles (3 fois plus) mais leurs conséquences moins graves. Chez le garçon, le passage à l'acte est généralement plus violent et le geste est donc plus définitif.

    D'après les statistiques, 80 % des jeunes suicidaires ne sont pas des dépressifs mais uniquement 10 % d'entre eux.
    S'il existe des caractères prédisposants, chaque ado peut avoir des pensées morbides, en raison de cette période de profonde mutation avec ses difficultés spécifiques, et même si apparemment tout va bien.
    Il existe toujours un accident initial :
        - un accident, une agression;
        - un chagrin d'amour;   
        - la perte de la personne aimée;
        - des difficultés relationnelles avec les parents,   
        - de mauvais résultats scolaires;
        - des relations coonflictuelles avec ses copains.
    Même s'il donne parfois l'impression d'être la conséquence d'un événement, la tentative de suicide est avant tout l'aboutissement d'un cheminement souterrain et douloureux.
    Les problèmes familiaux sont parmi les premières raisons évoquées et parmi ceux-ci :
        - les conflits parentaux et conjugaux ;
        - le manque de soutien des parents,
        - les familles recomposées;   
        - les conflits dans la fratrie;
        - un climat de violence;
        - les violences physiques ou morales..

.    Des évocations au suicide sont fréquentes peuvent être annonciatrices du geste. Il ne faut pas les prendre à la légère.

        Le désir de mourir :
    On a souvent tendance à croire qu’une personne suicidaire veut mourir. C’est faux : elle veut plutôt cesser de souffrir et non arrêter de vivre. Elle a épuisé les moyens qu’elle connaissait pour mettre fin à sa souffrance.
Son problème l’aveugle et l’empêche de voir les autres solutions qui s’offrent à elle et celles-ci existent. C’est ce que j’appelle “l’overdose de tristesse”.
    Les adolescents peuvent épuiser très rapidement les moyens qu’ils connaissent pour tenter de diminuer leur souffrance d’où l’importance de rester à l’écoute lorsqu’un adolescent vit des difficultés.

        Des causes multiples s’additionnent :
    Il n’existe pas une cause unique expliquant pourquoi certaines personnes ont des idées suicidaires.
Une personne peut vivre des difficultés à différents niveaux dans sa vie ce qui la rend plus fragile. Elle peut rechercher des moyens pour résoudre ses problèmes et se sentir mieux. Lorsque les moyens qu’elle utilise ne sont pas efficaces, le suicide peut commencer à lui apparaître comme la solution lui permettant de mettre fin à sa souffrance. A force de ne pas trouver de solution, ses idées suicidaires deviennet de plus en lpus fréquente et la personne peut commencer à planifier son geste (comment, où, quand).

        Une goutte de trop et c’est l’overdose de tristesse :
    Lorsque le vase est trop plein et que la personne envisage le suicide comme la solution à sa souffrance, un événement précis, parfois banal, peut le faire déborder. La personne peut alors basculer et passer à l’acte. Le témoignage que je vous ai rapporté dans mon article du 17 février 2009 en est un exemple.

        L’alerte :
C’est effectivement difficile de repérer un jeune ayant des pensées morbide s’il n’en parle pas. On peut cependant indiquer quelques symptômes : dans le monde réel, le mal-être avec l'agressivité et la souffrance ; dans le monde imaginaire : l’adolescent est absent, distant, froid, dans une totale indifférence. Ce sont ces aller-retours d'un état à l'autre qui sont symptomatique de l'entrée dans la trajectoire suicidaire.
    Mais très souvent l’adolescent cache son mal-être sous une insouciance joyeuse pour donner le change et ne pas inquiéter.

  
  L’important, si un(e) de vos camarades à des idées morbides, c’est d’abord de l’écouter de lui montrer que vous tenez à elle, que vous êtes là pour l’aider, mais si vous voyez que cela persiste, il faut alerter des personnes plus expérimentées que vous : l’infirmière du lycée, le professeur principal, vos parents...
    Il ne faut pas laisser le mal progresser

Lundi 23 février 2009 à 17:45

Chats



     DarkmoOn et l'équipe de cow sont des gars biens : un bug, cela arrive et vous tombe dessus sans crier gare et pas facile parfois à réparer.
     Déjà ils ont sauvé nos archives et c'est formidable, merci.
     Mais habituellement les équipes des diverses entreprises, quand il y a un pépin, se gardent bien d'en parler et on ne sait jamais ce qui s'est passé.
Eh bien l'équipe de cow n'est pas comme cela. D'une part dès samedi elle nous a rassuré en disant que nos blogs n'étaient pas effacés, mais de plus, elle publie un article pour nous expliquer ce qui s'est passé
          Merci, on apprécie.!

     Je n'ai pas le temps ce soir de faire un article, car je n'espérais pas revoir mon blog avant demain matin.

     Alors l'article sérieux ce sera pour demain et aujourd'hui,  je vais juste répondre à un mail que m'a envoyé jeudi, une "vieille" correspondante ( de plus de quatre ans - ce n'est pas son âge, mais notre "ancienneté" de connaissance ! ).

     Elle m’a dit que j’avais raté mes effets dans la dernière photo que j’avais publiée sur un gros chien méchant et un petit bulldog terrifié, car, au lieu de se mettre à la place du bulldog, elle s’était prise pour un chat et n’avait pas eu peur du gros méchant chien. LOL

http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/Chatmetrangle.jpg

    Qu’à cela ne tienne, ma belle, voici une autre photo, plus proche de ta nature chat-teigne.
     As tu peur maintenant ?

    Rassure toi et n’appelle pas la SPA, c’était pour jouer, minou-roux ne s’est pas fait croquer !





Vendredi 20 février 2009 à 8:34

Scarification, suicide

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P1010105.jpg

    Peut être avez vous après mon article de mardi dernier, une idée plus précise de la façon dont la tristesse et l’anxiété peuvent mener à la mort, de ce que j’appelle ‘l’overdose de tristesse”.
    Aujourd’hui et dans les articles suivants je parlerai de l’après-tentative de suicide avortée (TSA) et des réactions de son auteur et de son environnement.

   
Certaines ont au départ de petits ou de gros problèmes; puis vous vous sentez malheureuses, vous vous persuadez que votre souffrance est insupportable; vous voyez autour de vous le monde de violence de la télé et du ciné, vous dites que la terre est moche; puis vous remplacez “la terre” par “la vie”, puis “la vie” par “ma vie”;puis vous vous dites que la mort serait la seule solution pour se débarasser de cette souffrance.
    Certaines d'entre vous, toutes jeunes, ont donc essayé de mourir, d'en finir avec leurs idées noires qu'elles ne supportaient plus, ou par désespoir d'un amour déçu ou fini. Mais elles se sont ratées ou on les a sauvées.
    Alors elles se sentent coupables, elles ont honte d'avoir causé de la peine à leur mère, d'avoir créé la panique, peut-être aussi d'avoir été lâches devant l'adversité ou devant une situation qui, après tout, n'était pas si affreuse que cela.
    Il ne faut pas vous rabaisser ainsi. Ce n'était qu'un instant d'égarement et, à 13 ou 15 ans, on est juste sorti de l’enfance, on n'a pas la résistance d'un adulte.
    I
l faut en tirer les cotés positifs, voir ce que vous avez appris, pourquoi vous ne recommencerez pas. Vous avez fait un grand pas, certes très pénible, vers la maturité. L'expérience, c'est la somme des conneries qu'on a faites dans sa vie. Il ne faut pas les regretter. Simplement en tirer les leçons et veiller à ne pas refaire les mêmes erreurs.
    Par contre il faut que cette épreuve vous fasse évoluer, voire changer du tout au tout.
    Il faut d’abord changer votre environnement,
   
Mettez dans votre chambre des photos de fleurs, de bébés, d’animaux, de beaux paysages, du soleil. Habillez vous d’autre chose que du noir, ne lisez plus ces bouquins horribles, tristes et fantastiques, n’écoutez plus ces chansons catastrophes, ne regardez plus uniquement des films de violence.
    Voyez la vie en couleurs, pas en noir et blanc.

    Il ne faut plus vous posez la question “pourquoi la mort?”. Je ne crois pas que ce soit la bonne question. Je vous propose aujourd’hui “pourquoi la vie?”

  
  Il y a tant de choses passionnantes à faire que je ne pourrais pas faire si je n’étais pas en vie : les copains; l’amour de mon ami(e); écrire mes poèmes, écouter de la musique, chanter dans une chorale, jouer de la guitare ou de la basse, danser, faire des photographies, de la peinture, du modèlisme, jouer la comédie, profiter des vacances, (si vous avez la chance de connaître la mer, la montagne ou la campagne, il y a tant de choses à faire et à voir), faire mes sports favoris, se promener, aller au ciné, voir les musées, la télé, aller chez les copains, faire de bons plats et les manger, bricoler, s’occuper d’un petit enfant ou d’un animal; j’ai la chance d’avoir un ordinateur ....
    Il y a tant de choses que l’on peut apprendre à faire, sans compter des recherches ou des voyages que l’on peut faire sur internet. Bougez, dépensez de l’énergie; à votre âge, on en a à revendre. Amusez vous, choisissez des copains avec qui vous puissiez rire.
    Ne vous ennuyez plus, mettez vous au travail.
    Si vous êtes trop occupé(e), vous n’aurez pas le temps de penser à vos malheurs!
    Essayez de vous surpasser : croyez vous qu’Hélène Mac Arthur ou la jeune anglaise du Vent des Globes, n’ait pas des problèmes et ne souffre pas? Pourtant, j’ai rarement vu des filles aussi riantes et heureuses de vivre!.
     Dites vous que vous allez réussir dans vos études, rêvez à ce que vous voudriez faire plus tard, et faites le maximum pour y arriver, pour avoir les meilleures notes possibles, vos verrez que cela apporte des satisfactions. (je n’ose pas dire “creuser ce qui m’intéresse dans mes études”, pourtant certains sujets m’ont passionné quand j’avais 15 ans!).
    En attendant faites des souhaits d’avenir, donnez vous des buts, des objectifs à atteindre. Si le monde est trop moche à vos yeux, vous pouvez être infirmière, assistante sociale, médecin du monde, juge, avocat, psy, ou chercheur. Cela sera plus utile que de rester à vous morfondre.
   
    Essayez de partager avec ceux qui vous aiment : parents, grands parents, frères et soeurs, cousins... Occupez vous de vos amis. S'occuper des autres fait qu'on oublie ses propres ennuis.!
   
Dites vous ceci
    “Ma vie n’est pas inutile pour tous ceux que j’aime ni pour ceux que je rencontre. Comment leur parler avec mon coeur si celui-ci est en train de pourrir dans mon cercueil.
    Je n’ai que 15 ans; cela fait quoi : 5 ou 6 ans de véritable expérience, alors que sais-je de la vie, de ce qu’elle me réserve : uniquement ce que les médias me mettent dans le crâne de stéréotypes préfabriqués. Ils ne parlent que du sensationnel, donc de l’affreux : les gens heureux n’ont pas d’histoire dit le proverbe, alors on ne les montre pas.
    Dans quelques années, je verrai la vie autrement. J’aurai d’autres problèmes certes, mais je serai plus forte pour les résoudre et résister à leur emprise. Je serai autonome et libre, mais aussi responsable”. 

    Et cessez de vous complaire dans votre tristesses. Vous serez bien plus apprécié(e) si vous êtes gai(e) et dynamique!
    Tant qu’on est lucide, que l’on n’est pas en dépression, on peut en sortir avec de la volonté et de l’action.

Jeudi 19 février 2009 à 8:02

Divers

J’avais prévu de faire aujourd’hui un article sur l’après-suicide et il était presque fini quand j’ai vu sur la télévision une information sur la gare de Warrington au Royaume Uni.
 http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques1/kissingzone.jpg 
    Les commerçants de cette gare ont trouvé que les personnes qui se disaient “au revoir” avant de prendre le train et s’embrassaient, causaient des embouteillages !!!
    Alors la municipalité a fait poser des panneaux tel que celui ci avec une mention d’interdiction de s’embrasser :    “ Kissing banned at Warrington railway station - except in kissing zone “
 et elle a institué deux zones avec le même panneau non barré et la mention “kissing zone” dans laquelle on parque ceux qui ont encore envie de s’y embrasser.

    Des caméras ont été installées dans les zones interdites pour filmer et verbaliser les contrevenants.
    Je ne sais pas si des caméras ont été aussi mises en place dans les zones de baiser autorisé pour pouvoir faire payer les voyeurs.
    Peut être que le maire va être obligé de payer des figurants pour s’embrasser dans ces zones et y attirer les voyageurs ou leur vendre les films ?

    J’avoue que j’ai rarement vu chose plus absurde et je trouve de plus en plus bizarre la conception de la liberté des pays an
glo-saxons.

     Mais peut être que le gouvernement va créer de telles zones payantes à Paris pour lutter contre la crise ?

     On pourra aussi faire des kissingstarac sur TF 1!

Mercredi 18 février 2009 à 8:28

Chiens

     Aujourd’hui, repos. Enfin pour mes lecteurs, moi j'ai une conférence à préparer : vive Powerpoint (chut pas de pub, surtout que je déteste Microsoft, ce sont des voleurs !).

     Mais au milieu d’articles sur le suicide, mettre une photo humoristique me paraît incongru.
     Alors je vais vous montrer des photos horribles, que l'on trouve  aussi sur internet, et qui, si vous vous mettez dans la peau de ces pauvres animaux,  vont sûrement faire trembler de peur vos centres amygdaliens !!

http://lancien.cowblog.fr/images/Chiens/chiensmechants.jpg


Ce pauvre petit bulldog a l’air vraiment effaré : est il devant un autre chien ou devant la gueule d’un crocodile ?


Ou alors le gros chien avait peut être mangé de l'aïoli ?

Mardi 17 février 2009 à 8:17

Scarification, suicide

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P1010111.jpg

    Certaines d’entre vous m’écrivent  une phrase telle que celle-ci
“... Je comprend qu’une personne très malade ou dans une situation désespérée comme lors des guerres en Afrique, se suicide. Mais je ne comprends pas qu’on se suicide pour un chagrin d’amour ou des problèmes qui ne sont pas cruciaux. La vie c’est ce que nous avons de plus précieux !....”
    Alors aujourd’hui, je voudrais vous parler de “l’overdose de tristesse”.

    Ce n’est pas une notion “offiicelle” ni chez les neurobiologistes, ni chez les psys, c’est moi qui l’appelle ainsi, mais j’ai plusieurs fois constaté ce phénomène.
    Une jeune peut avoir des problèmes, nombreux mais assez bénins et être active, joyeuse, pleine de vie. Personne ne s’attend à quoi que ce soit.
    Et puis un jour cela va moins bien, elle est fatiguée, elle a eu des ennuis : mauvaise note en classe, copines qui lui font la tête, reproche des parents ...
    Alors la tristesse la gagne et le soir, avant de dormir, elle rumine sa peine.
    Ses sentiments négatifs tournent en rond dans son cerveau émotionnel, (le circuit de Papez), et à chaque ”tour” les centres amygdaliens rajoutent un zeste de stress et cela s’accumule.
    Elle se sent malheureuse, les larmes viennent, la tristesse augmente, elle ne raisonne plus et les pensées morbides apparaissent tout à coup ! Le contact entre le cerveau émotionnel et le cortex frontal est coupé et celui ci ne peut plus prévoir les conséquences possibles des actes qu’on va commettre.
    Elle est là au bord du gouffre, sur le chemin du suicide.

    Cet engrenage m’a été très bien décrit par une de mes correspondantes, il y a plus de 4 ans et  elle ne vient pas sur Cowblog et est en parfaite santé : donc vous ne pouvez l’identifier et je peux la citer, en coupant les aspects trop personnels :

    “.....parce que on en a marre de vivre, on se dit que si c'est comme ça toute la vie , il vaut mieux abandonner tout de suite.
    parce qu'on est lâche et qu'on préfère la facilité plutôt que de se battre .
    parce que les choses tristes se reflètent en nous comme dans un labyrinthe de miroirs et sont décuplées et nous font plus mal qu'elles ne devraient.
    parce que on renonce à chercher le bien et l'on ne pense plus qu'au mauvais
    parce qu'on se dit que ça ne changera jamais quoi qu'on puisse faire
    parce que c'est rapide, simple, qu'on se dit qu'on ne fera plus de mal
    parce qu'on a l'impression que personne ne nous pleurera
voilà c'est tout ce que je trouve pour l'instant ...

    .....c'est complètement idiot... il suffit d'une amie qui ne va pas bien, qui t'explique ses problèmes, enfin, ce qui ne va pas, pourquoi elle est triste.
    .. puis elle te dit que elle est complètement folle, que ses parents vont la faire enfermer , et que pour ça il n’y a qu'un moyen de se délivrer
    ... alors t'essaies de lui expliquer que c'est pas vrai, que c'est quelqu'un de géniale, que tu l'adores plus que tout, mais elle te croit pas...
    ....et ça continue...
    ....et c'est comme ça que t'as envie de mourir, parce que tes amis, ce sont des gens auxquels tu tiens énormément, et rien que d'imaginer une semaine sans eux, c'est dur, mais une vie c'est impossible, alors tu te dis que si t'arrives à ne rien faire pour les aider, autant partir avec eux, tu ne manqueras rien ...
alors tu sens les larmes couler sur tes joues ... depuis déjà plusieurs longues minutes...
    ....il n'y  a plus personne avec toi, personne sur msn .; te voilà toute seule ... face à ce couteau de randonnée qu’on t’a offert, il y a quelques mois ...et là, tu te demandes si tu seras assez courageuse pour l'enfoncer ... mais non , tu n'y arrives pas .. tu as trop peur de souffrir ...
    ....alors tu retournes dans l'armoire à pharmacie celle que tu as évitée depuis quelques mois, mais là ... ça recommence ...
tu prends des plaques de médicaments ...
et tu réfléchis ...à tout ce qui se passe de bien et de pas bien; tu sais que tu as plein de belles choses dans ta vie, mais voir des gens aimés souffrir, ça me fais énormément mal
     ...alors tu te dis pourquoi pas ...
tu vas jusque la salle de bain avec le verre qui te sert depuis plusieurs années tous les soirs , tu fais attention à ne réveiller personne surtout; tu reviens dans ta chambre, tu te mets bien confortablement dans le lit , les larmes continuent à tomber ... tu éteins ton réveil ... les larmes sont encore plus grosses, il n'y a plus personne pour te sauver ..
    ....et là, tu revois le visage des gens qui sont morts, ce qui te donne envie d'aller les rejoindre, cela fait tellement longtemps que tu ne les a pas revus ...
alors tu avales le premier cachet ... puis le deuxième , puis tu es prête à avaler tous les autres, et à attendre ton heure venir ..
 
    Si tu veux savoir ce que j'en pense là dans l'instant ... je pleure, je tremble comme quand je dois réciter au prof de maths la liste des intégrales usuelles que j'ai apprise la veille ....
 et je veux aller visiter un autre pays.......sauf si tu m’en empêches, vite, vite.... “


    Peut être avez vous compris maintenant, ce qu’est une “overdose de tristesse”, alors que finalement les raisons de désespoir n’étaient pas si importantes que cela.
    Dans ces cas là il faut effectivement intervenir, vite !

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