Lundi 16 février 2009 à 10:48

Scarification, suicide

Les premières fleurs sur ma terrasse après la neige et le froid : des crocus bleus, blancs, mauves et jaunes.

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Il y a des périodes dans l’année où les jeunes qui m’écrivent me posent surtout des questions générales ou scientifiques et où je fais donc des articles  un peu “scolaires” sur mon blog;
    Et puis à d’autres moments et sans que je puisse en connaître la cause, des jeunes- surtout des filles, celles que j’appelle les “guenons du vieux singe” que je suis, - viennent me raconter leurs malheurs.
    Depuis 15 jours je suis face à une recrudescence de jeunes qui me parlent de suicide, idées morbides passées ou présentes. Est ce parce que la radio et la télé en ont parlé de même que certains articles sur internet, des “journées du suicide”
    Je voudrais donc revenir sur ce sujet, que j’ai certes déjà traité, mais je ne pense pas que vous alliez fouiller dans mon blog où  il y a plus de 700 articles.
    Je vais donc consacrer à nouveau plusieurs articles au suicide des jeunes et à mes idées personnelles sur la question.

    On m’a parlé récemment de plusieurs ados qui se scarifiaient et qui ont fini par tenter un suicide en s’ouvrant les veines.
    Pourquoi cette obsession du sang et de la mort?
    Le suicide ne résout rien. La plupart du temps on se rate, et on peut rester infirme et le regretter toute sa vie. On plonge les siens dans la tristesse et l'angoisse de la possible récidive.
    Et ce n'est pas pour cela que la terre s'arrêtera de tourner et que le monde sera plus heureux. Alors à quoi cela sert il?
    Dans la mort le sang est figé à jamais. Le sang c'est au contraire la vie. Il sauve les malades, les blessés. Plutôt que de le répandre par terre, inutile, allez donner votre sang pour sauver des vies d'autres jeunes comme vous. Le remerciement de leur regard sera une consolation à vos pensées sinistres!

    Toi qui a envie de te suicider, tu vas me dire “Je souffre trop, c’est le seul moyen de m’en sortir”.
    Quand on en est là, c’est vrai que l’on est au bord du gouffre !

    La personne a l’air bien et soudain le cafard la submerge; elle ne sait pas bien pouquoi, elle ne raisonne plus, les pensées tristes tournent en rond dans son cerveau émotionnel (le circuit de Papez dont je vous ai parlé); des substances chimiques empêchent de bien fonctionner les centres de votre cerveau qui ne sait plus voir les choses agréables, ni produire raisonnement logique et volonté.
    Dans un prochain article je décrirai ce que j’appelle “une overdose de tristesse”
    A ce stade, on ne peut plus s’en sortir seul, il faut appeler à l’aide le plus vite possible.


    Mais, avant d’en arriver là on peut se prendre en main et réfléchir tant qu’on le peut encore : mes problèmes sont ils à la hauteur de ma souffrance?        
    Rien de plus naturel que la détresse d’un handicapé ou de quelqu’un qui a une maladie très longue ou incurable : il est normal qu’alors la vie soit parfois un fardeau.
    C’est aussi normal que la souffrance soit très forte, dans le cas d’un grave accident, d’un viol, du décès de quelqu’un qu’on aimait beaucoup, des enfants battus dont j’ai parlé hier. Là il faut aussi se faire aider pour en sortir.
    Pour un ado, c’est une épreuve difficile que des parents qui se séparent ou se font du mal; mais il faut se dire que c’est surtout eux qui souffrent, qu’ils ont besoin de l’aide et de l’amour de leurs enfants. Vous vous n’êtes que, pour un temps avec eux, et vous serez un jour indépendant (vous y aspirez et cela a ses avantages, mais cela a aussi ses inconvénients!). Et même s’ils se séparent vous continuerez à les voir et à être leur enfant.
    Un petit ami vous a laissée tomber : bien sûr, il y a de quoi vous rendre malheureuse. Mais pensiez vous vraiment à 15 ans trouver l’amour de toute votre vie? Dans quelques années vous auriez changé d’avis.
    Votre vocabulaire est d’ailleurs symptomatique : un véritable ami est un “grand” ami, alors que votre amoureux n’est que le “petit” ami !! Paradoxal !!
    Alors pleure un bon coup et dis toi que, quelque part dans ce monde, quelqu'un dont tu ignores l'existence, t'aimera un jour. Un (e) de perdu (e) dix de retrouvé (e)s (mais pas tout de suite, évidemment et il faut le chercher et il vaut mieux bien le connaître avant de l'aimer!).

    A part ces gros chagrins, vous avez un ordinateur, probablement l’ADSl, une chaîne pour écouter vos CD, un téléphone portable; vous pouvez regarder télévision et DVD. Vous ne devez pas être SDF.!
     Vos parents (dites vous), sont sévères, ne vous comprennent pas (c’est vrai pour tous les ados!) et ne vous aiment pas (ce n’est sûrement pas vrai).
    Vous vous sentez seul(e)? Qu’avez vous fait pour l’éviter, est-ce vraiment la faute des autres? Il faut souvent faire le premier pas.
    Vous vous sentez nulle ? Faites donc le tour de vos défauts et de vos qualités : vous verrez que celles ci existent et prenez des résolutions pour combattre et diminuer vos défauts.
    Rien ne vous réussit, il y a trop d’obstacles : écoutez le conseil d’une camarade de 15 ans qui m’écrivait un jour : “Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus, et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir, ni combien d'obstacles nous devrons surmonter avant d'atteindre le bonheur et la réussite. On peut se reposer quand on est trop las, mais il ne faut surtout pas abandonner.! ”
    Peut être avez vous au contraire trop de choses, êtes vous trop gâté(e) et passez vous à coté du bonheur.?
     Pendant la guerre nous n’avions rien, il n’y avait ni téléphone, ni télé, ni CD, ni ordinateur, on mangeait à peine à notre faim, et pourtant je me demande parfois si, enfant, je n’étais pas plus heureux que mes petits enfants qui ont tout ce qu’ils pourraient désirer.
    Je crois que vous vous êtes peu à peu laissé(e) submerger par la facilité et que vous vous êtes complue dans la souffrance. Cela ne vaut pas la peine de vous rendre ainsi malheureuse.
    Il faut bouger, agir, s’amuser, ne pas avoir le temps de s’ennuyer et reconstituer autour de soi un univers plus joyeux de rire et de beauté (sports, poésie, photos, musique, peintures.....).
    Et pensez que vous pourriez sans doute bien réussir dans vos études si vous vous y mettiez, si vous travailliez beaucoup.
    D’une part cela vous occuperait tellement que vous ne penseriez plus à vos problèmes, mais pensez aussi à la fierté de vos parents et à votre satisfaction d’avoir réussi !

    Pour la plupart de celles qui m’écrivent, je crois qu’un saine réflexion logique et objective sur leur sort, devrait permettre de diminuer fortement le niveau de ces idées tristes et de cette souffrance que vous vous imposez à vous mêmes, souvent de façon exagérée et cela vous éviterait d’aller trop loin, de dépasser un stade pour lequel le retour en arrière devient difficile et éprouvant..

Dimanche 15 février 2009 à 17:26

Relations avec nos parents, famille

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    J’ai été amené cette semaine à discuter avec une jeune ado qui était battue sevèrement par ses parents;
    Je ne peux vous parler de ce cas particulier, car les proglèmes de mes “guenons” restent entre elles et le vieux singe que je suis.
    Mais je voudrais parler du problème général des enfants battus.

    Quand je parle d’enfants battus, il ne s’agit pas d’une claque de temps à autre. Quand j’étais gosse, il m’arrivait d’en recevoir, je l’avais en général mérité et cela me rappelait que certaines règles ne soivent pas être transgressées et qu’il y a des limites à ne pas franchir.
    Là, je parle de véritable sévices, d’un parent qui “pète les plombs” et qui bat son enfant avec une ceinture, une laisse à chien, une règle et lui inflige des coups qui laissent des blessures et des marques pendant plusieurs jours, ou bien le tire par les cheveux au point de lui en arracher des touffes entières.
    Cela ne devrait pas arriver et pourtant on le constate.

    On lit souvent et on pourrait croire que c 'est surtout dans les classes sociales les plus défavorisées que l’on trouve la plupart des enfants martyrisés. L'insuffisance de ressources, le chômage, les logements exigus et surpeuplés, le déracinement, l'isolement au sein du groupe social sont souvent invoqués. L'instabilité des relations conjugales, les mères célibataires, les concubinages successifs avec enfants de plusieurs lits, la multiplicité des hospitalisations et des placements d'enfants, les nourrices clandestines de mauvaise qualité, l'éthylisme chronique, la débilité mentale, les anomalies de la personnalité des parents sont des éléments qui jouent sûrement sur la génèse de ce fléau.

    Mais les jeunes de Tchatcheblog ou de Cowblog qui m’ont parlé de leurs problèmes ne sont pas dans ce cas : ils font partie de familles aisées; les parents sont même souvent des personnes reconnues, qui paraissent “normales”, calmes et appréciés dans leur métier; leurs mères sont jeunes, jolies et cultivées, les maisons sont vastes et avenantes, et les enfants ont non seulement le nécessaire, mais aussi le superflu : chaîne hifi, ordinateur, téléphone portable, accès facile à la télé et ceux que j’ai connus travaillaient bien au lycée et n’étaient pas insupportables.
    En apparence ces enfants étaient même joyeux, mais quand on apprenait à les connaître, c’était pour essayer de minimiser le fait d'être battues et se sentir mieux dans leur tête. un peu comme s’ils se disaient  "je ne peux pas y échapper, alors autant accepter et prendre cela avec le sourire ! " .
    Mais en discutant avec eux je me suis rendu compte del’impact de ces sévices, au dela de la blessure corporelles :  manque aigu de tendresse, peur et repli sur soi, sentiment d’impuissance et humiliation, grande anxiété, sentiment d’injustice et de révolte, perte de confiance en soi, et même paradoxalement sentiment de culpabilité : “qui suis-je et qu’ai-je pu faire pour que mes propres parents me fassent cela ? “
    L’ado finit par être convaincue d’être mauvaise, de ne rien valoir, et que c’est pour cela qu’elle est l’objet de mauvais traitements. Cette culpabilité, cette honte de soi-même finit par mener à de l’autopunition comme la scarification, voire à l’autodestruction, aux pensées morbides.
    Et ces ados malheureuses avaient à la fois une profonde souffrance, mais cependant une certaine loyauté vis à vis des parents qu’elless aimaient et défendaient, ne voulant pas les accuser et leur cherchant des excuses.

    Les personnes que j’ai connues n’avaient pas de troubles plus graves, mais les psychologues citent souvent, à coté de l’anxiété,des sentiments de dépression et d’autodépréciation, constatent dans de nombreux cas des difficultés scolaires qui s’expliquent par des difficultésd’attention et de concentration mais aussi de l’agitation psychomotrice et de l’agressivité.
Mais ils constatent même parfois des troubles du langage, du comportement (comportement agressif et violent notamment) et même de l’identité.

    Alors je me demande toujours comment les parents peuvent en arriver là.
    On dit souvent que la violence sur les ados entraine l’apprentissage de la violence sur eux mêmes ou les autres, et que les parents qui battent leurs enfants l’ont été eux-mêmes pendant leur enfance. En fait les études récentes montrent que cela n’est pas aussi fréquent qu’on le croyait, mais évidemment ces études ne portent que sur des cas “décarés”.
    Dans les cas que j’ai connus, les parents de mes “guenons” n’avaient pas été maltraités mais avaient eu des parents sévères et souvents absents, un cerain manque d’amour et une enfance triste avec des problèmes.
    Ils avaient aussi semble t’il, des problèmes mal acceptés dans leur couple.
    Ils donnaient fort peu de liberté à leurs filles, les surveillaient exagérément et  paradoxalement    je pense qu’ils les aimaient et en fait voulaient les surprotéger, mais très autoritaires, ils n’admettaient pas les envies de liberté de leurs filles et donc les tentatives de contournement et de mensonges qu’elles faisaient pour avoir un “traitement” comparable à celui de leurs camarades; et dans ces cas là les coup pleuvaient.
    C’est vrai que leurs filles étaient parfois en faute et un peu têtues et impertinentes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se maîtriser et pour les battre.
    Dans d’autres cas, le problème venait de couples en train de divorcer, et dont l’ado faisait les frais des disputes et de l’énervement des parents, ou bien de famille recomposées avec mésentente avec le beau-père ou la belle-mère.

    Je suis toujours embarassé par de tels cas. J’essaie d’écouter, de rassurer de consoler, d’apporter l’affection qui manque, de redonner confiance, mais je ne peux agir sur les parents. Alors il m’est arrivé de conseiller d’aller trouver l’assistante sociale, ou l’infirmière du lycée et de tout raconter sans honte.
    J’ai d’ailleurs constaté que sur des parents qui tenaient un certain rang dans la société locale ou auprès de leurs relations, et qui craignaient beaucoup que leur comportement ne soit connu, en général, la menace de l’assistante sociale ou de l’infirmière qui disait avoir constaté les marques de coups et qui menaçait de tout révéler, suffisait à les faire évoluer vers une attitude plus calme.
    Il m’est même arrivé une fois de me charger moi-même de prévenir une assistante sociale, mais c’était un cas grave où le père rentrait ivre le soir et où l’ado courait un réel danger.

    Si vous connaissez une camarade qui est ainsi battue, essayez d’abord d’évaluer quelle est exactement la situation et si elle parle de simple claques ou vraiment de maltraitance. Mais dans ce dernier cas, vous devez en parler à un adulte tenu par son secret professionnel, et le meilleur choix, c’est un médecin ou une infiemière, car ils ont ensuite le pouvoir de vérifier si la jeune victime porte des traces de cette maltraitance et de savoir ce qu’ils doivent ensuite faire, selon la gravité du cas rencontré.
    Ne rien faire, faire semblant de ne rien voir, c’est ne pas porter assistance à une personne en danger, qui de surcroît est votre camarade ou votre ami(e).

Samedi 14 février 2009 à 9:01

Chats

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     Hier je suis allé montrer mes yeux à l'ophtalmo.
Il m'a mis de l'atropine pour dilater ma pupille et regarder ma rétine
     Alors au retour, j'étais comme ce chat : plus moyen de voir les lettres sur l'écran du mac !!






Donc pas d'article aujourd'hui, mais une petite histoire de chat qui a fait une mauvaise rencontre, comme vous le constatez ci dessous !!









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Alors il faut absolument trouver refuge.


Chut !
Je ne dirai pas où il est !

Vendredi 13 février 2009 à 17:09

Notre cerveau; nos sens; système nerveux


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    Lorsqu’on parle d’hallucinations il faut bien distinguer celles, sensorielles et perceptives, qui correspondent à une stimulation des centres d’interprétation de nos sens (on les appelle “psychosensorielles” et elles relèvent de la neurologie), et celles qui ont un caractère psychique qui relèvent de la psychiatrie.
    Alors que l’hallucination psychique échappe au contrôle de la logique et à toute attitude critique et donc à la conscience de la personne, au contraire, les hallucinations sensorielles touchent en général des individus dont la personnalité et la structure mentale sont normales et qui ont une attitude critique et se plaignent de ces phénomènes, dont ils ont conscience.
    C’est de ces hallucinations sensorielles que nous parlerons aujourd’hui.
   

    Le contenu des hallucinations sensorielles est extrêmement divers . Il peut s'agir d'hallucinations élémentaires (couleurs, lumières, points, quadrillages. cercles, bruits indéfinis, grondements, vibrations. sensations de picotement ... ) ou d'hallucinations élaborées (animaux, paysages, paroles, chants. sensation de main qui nous agrippe, odeur d’alliments ... ). Les différents éléments du contenu et leur agencement spatio-temporel, peuvent être, comme dans le rêve, plus ou moins logiques ou incongrus.
    La fréquence d'apparition et la durée d'une hallucination varient notablement: intermittente et brève, ou chronique et persistante. La personne est souvent parfaitement capable de distinguer l'hallucination d’une scène réellement perçue, mais, dans certains cas - très rares - confond hallucination et perception.

    Les hallucinations visuelles se manifestent par des éclairs de lumière et couleurs, des motifs, et des  formes plus organisées, telles des figures géométriques.
    Elles se produisent aussi bien les yeux ouverts que les yeux fermés. Lorsque les yeux sont ouverts, des motifs élémentaires peuvent être combinés avec des éléments de la scène environnante. La forme, la taille, la perspective, la brillance et les couleurs des éléments présents dans le champ visuel sont déformées. Les objets semblent parfois animés de mouvements de pulsation périodique.
Avec les yeux fermés, le sujet peut aussi avoir l'impression de voir des objets, des paysages, des êtres fantastiques, des scènes complexes.
Dans certains cas très rares les hallucinations visuelles peuvent être si intenses que la personne ne voit plus du tout la scène environnante, bien que ses yeux demeurent ouverts.
    Mais il faut signaler qu’il existe des phénomènes qui ne sont pas vraiment hallucinatoires, mais des excitations de neurones des centres d’interprétation visuelle dues à des conditions anormales de leur environnement chimique, ou de véritables perceptions de “points” en mouvement provoquées par des hétérogénéités de l’humeur vitrée qui se déplacent.(le liquide visqueux à l’intérieur du globe oculaire.)

    Quant aux hallucinations auditives, autres que la perception de voix dont nous avons déjà parlé, il s'agit sons simples (bourdonnements, grondements, frottements, coups, sifflements, bruits mécanique), mais aussi de sons complexes (eau qui coule, cloches, claquement de porte, chute et bris, chuchotements, gémissements, bruits de pas, musique, voix).
Elles peuvent être localisées dans l'espace ou sembler provenir de l'intérieur de soi-même.

    Il existe aussi des hallucinations touchant l'odorat et le goût, fortement liées, l'odorat jouant un rôle crucial dans l'appréciation gustative.
A titre d’exemple des odeurs de putréfaction et de décomposition, de pneus brûlés, de rose, de cannelle: des goûts d'huîtres, d'oignons, de métal ou encore de sang.
    Je n’ai pas vu cités, dans les études que j’ai lues, l’odeur de « sainteté » et le goût du “luxe” IOI

    Les hallucinations kinesthésiques concernent le sens qui nous renseigne sur la position du corps, la posture, l'équilibre et le mouvement, à la la capacité à percevoir la posi- tion, l'orientation et le mouvement des membres et du tronc (proprioception), et au système vestibulaire de l’oreille (les capteurs de la gravitation situés dans l'oreille interne).
    Une hallucination kinesthésique se manifeste par une simple sensation de tremblement, ou par l'impression d'être situé sur un disque rotatif, la sensation de s'enfoncer dans le sol ou de s'élever dans les airs de distorsion et d'élongation des membres, de membres surnuméraires ou manquants.
Une des illusions les plus connues de ce type d'hallucination est celle des membres fantômes que ressentent certaines personnes amputées, qui ont l'impression d'avoir encore la jambe ou le bras perdu.

    Enfin, à la frontière avec les hallucinations psychiques, la sensation de présence de quelqu'un près de soi. Les personnes décrivent une présence, ressentent le souffle de sa respiration, l'entendent se déplacer, sentent son odeur ou ont la conviction d'une présence. Cet « intrus » semble souvent imiter les mouvements et postures de la personne elle-même. Ce type d'hallucination soulève la question du double, miroir de la conscience de soi.

    De nombreux phénomènes hallucinatoires mettent en jeu plusieurs modalités sensorielles.
    La personne peut se voir “de l'extérieur” (autoscopie) Par exemple, le sujet a la sensation d'être sorti de son corps (ce qui met en jeu une hallucination kinesthésique) et de s'observer lui-même depuis une position spatiale élevée (hallucination visuelle).
On a observé que la stimulation électrique directe d'une petite aire cérébrale (la jonction temporo-pariétale) déclenche chez certains sujets des expériences autoscopiques ainsi que diverses illusions vestibulaires. Ces phénomènes intéressent les neurosciences car ils constituent une voie d’étude du sens de soi, du schéma corporel et même de l'empathie. Leur étude s'appuie aujourd'hui sur les techniques d'imagerie cérébrale ainsi que sur la réalité virtuelle (simulation sur ordinateur du monde réel).

    Enfin un cas particulier qui n’est pas une hallucination : la synesthésie.
Je connais un jeune homme qui, lorsqu’il voit un chiffre, le voit toujours “en couleur”, rouge pour le 2, bleu pour le 8,. et il sent en même temps des odeurs différentes selon le cas : chocolat ou camembert.
    Même si ses caractéristiques peuvent se rapprocher d'une hallucination, la synesthésie s'en distingue tout d'abord par son caractère chronique, indépendant de tout mode d'induction.
    Elle se traduit par une correspondance précise et stable à travers le temps, entre les représentations impliquées des divers sens.
    Les personnes concernées ne s'aperçoivent généralement que tard dans leur vie, de cette particularité alors qu’une telle caractéristique de mélange de sensations est assez répandue (quelques % de la population).
    Il ne s’agit pas d’hallucinations véritables mais probablement de connexions entre certains neurones qui servent à la mémorisation de ces caractères et ceux concernant celle des couleurs ou des odeurs, pour le jeune que j’ai cité, connexions qui auraient dû normalement être éliminées dans l’enfance..
.     Alors que les hallucinations résulteraient d'un affaiblissement de certains mécanismes cérébraux inhibiteurs, (par exemple à cause d'une prise de drogue), la synesthésie aurait donc plutôt des caractéristiques structurelles physiologiques. Une étude fonctionnelle en imagerie par résonance magnétique, a montré que dans le cas de personnes, ayant comme le jeune garçon, des correspondances symboles graphiques - couleur, la perception de chiffres entraine effectivement l'activation chronique d'une région de la mémoire proche, sélectivement activée par la perception de couleurs. De même, une récente étude anatomique faite au CEA-INSERM, a montré que chez des synesthètes, pour lesquels les intervalles musicaux (quinte, tierce ... ) déclenchent des goûts et odeurs précis, les fibres cérébrales situées à l'interface des cortex auditif et gustatif sont particulièrement denses.
Ces résultats confortent l'hypothèse d'une base biologique de la synesthésie.

Jeudi 12 février 2009 à 10:31

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Reparlons aujourd’hui des hallucinations.
    D’abord qu’est ce ?


    Si vous consultez un dictionnaire ou Wilkipédia, vous trouverez qu’une hallucination c’est “une perception sans objet”, c’est à dire sans objet réel à percevoir par nos sens et donc sans stimulation extérieure de l’organe sensoriel associé à l’hallucination.  (en latin hallucinatio signifie égarement, erreur, tromperie).

    Les neurobiologistes n’aiment pas cette définition et disent plutôt que c’est “un état mental dont le contenu est conscient, involontaire, et sous certains aspects semblable à la perception ou au rêve”.
    C’est donc un phénomène qu’on croit réellement avoir vécu (contrairement au rêve).

    Quels sont les conditions d’hallucinations ?

    On s’imagine que ce sont surtout les gens atteints de maladies mentales qui sont sujets à ces manifestations.
    En fait c’est beaucoup plus courant et chez des personnes tout à fait en bonne santé physiolo- gique et psychologique.
    50% des hallucinations se produisent dans un état de semi-conscience transitoire entre l’éveil et l’endormissement, 37% survenant quand on s’endort et 13% au réveil.
    Le manque de sommeil, le manque d’oxygène, le manque de nourriture favorisent leur apparition.
    La suppression ou la forte réduction prolongée du fonctionnement d’un organe sensoriel peut provoquer des hallucinations de ce sens, de même que des surcharges extrêmes sensorielles.
    De même des conditions extrèmes physiques ou psychiques peuvent les déclencher (exploit sportif, accident, décès d’une personne aimée, fatigue ou douleur intenses, dépression, voire euphorie).
    Evidemment aussi certaines pathologies ou la consommation de drogues hallucinogènes.peuvent induire des hallucinations.
    Mais il existe aussi des méthodes d'auto-induction d'hallucinations, telles que des techniques de respiration rythmique et de focalisation de l'attention, ou la pression des globes oculaires (un peu comme pour l'hypnose). La stimulation directe de certaines zones du cerveau par des courants électriques peut également produire des hallucinations plus ou moins complexes.

    Quels sont les grandes catégories d’hallucinations :

    L'apparition d'éléphants roses au milieu d'une scène est le cliché le plus répandu pour évoquer une hallucination, la personne hallucinée étant convaincue de leur existence objective !! ^^.
    En réalité, les manifestations des hallucinations sont aussi complexes et diverses que les facteurs qui les provoquent et les hallucinations peuvent d'une part, être déterminées par l'activité de nos organes sensoriels et, d'autre part, par notre activité psychique ou mentale; leur impact émotionnel joue également un grand rôle.

    Les phénomènes hallucinatoire sont très complexes et la manifestation sensorielle ou la confusion des sens ne représente qu'une facette. Une hallucination combine souvent des composantes sensorielles, psychiques et émotionnelles (souvent angoisse ou euphorie).
    Les hallucinations dites psychiques sont des phénomènes sans caractère sensoriel, où seules les pensées du sujet sont en jeu. Elles peuvent avoir une incidence sur les états mentaux, cognitifs et émotionnels et peuvent bouleverser le sens du temps et de l’espace, la focalisation de l'attention ou encore les notions d'individualité et de contrôle conscient.
    De nombreuses expériences se rapportent notamment à une perte de l'unité du “moi”, à un affaiblissement, voire à une disparition de la distinction entre soi-même et l'environnement, entre la personne percevant et l'objet perçu, entre le visible et l'invisible....
    Nos moyens actuels d’investigation ne sont pas suffisants pour expliquer ces phénomènes psychiques en termes de fonctionnement cérébral.

   
Dans mon prochain article je parlerai des hallucinations sensorielles dans les six principales catégories: visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile, et vestibulaire (le « sens du mouvement »).

Mercredi 11 février 2009 à 16:49

Oiseaux

Je suis de nouveau assez bousculé et je vous convie donc à regarder deux photos "truquées" trouvées sur internet, mais qui m'ont paru originales. (rassurez vous, ce ne sont pas des hallucinations !!^^)


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C'étaient des photos d'oiseaux d'après le texte, mais ce rapace (c'est déjà rare qu'il soit blanc ! ) me paraît avoir un corps de chien




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Quant à ce chat vert, je le trouve élégant, mis est ce un chat ou un perroquet ?

Bah, j'aimerais bien un chat vert comme celui là !


Mardi 10 février 2009 à 10:39

Notre cerveau; nos sens; système nerveux


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     Avant de poursuivre sur les hallucinations, je voudrais répondre à des questions qui m’ont été posées et dont les réponses peuvent intéresser d’autres lecteurs et lectrices.

    Par Amadeo ce commentaire :
"...Pourtant les voix qu'on entend comme dans la schizophrénie ne sont pas des choses auxquelles on pense. Je veux dire, elles paraissent parfaitement étrangères et on ne saisit pas toujours le sens de leurs propos. Ce n'est pas comme la voix qu'on entend, qui est la nôtre, lorsque l'on pense...."

    Les explications que j’ai données sont très simplifiées pour que cela tienne dans un article et ne vous rasent pas trop. En fait les autres centres interviennent : le cortex frontal et surtout le cerveau émotionnel.
    Chaque cas est un cas particulier car tous nos cerveaux sont uniques, à fortiori, bien sûr, leurs anomalies.
    Enfin l’environnement, les circonstances, le sujet jouent. Par exemple quelqu’un de très mystique entendra des voix “divines” alors que quelqu’un porté vers l’ésotérisme et le surnaturel, entendra “des esprits et des  fantomes”
    De plus nos moyens d’investigations actuels ne nous permettent pas de connaître le détail des actions dans le cerveau, surtout dans un domaine où la pensée et la parole sont en cause, domaine où l’expérimentation animale est impossible. (et celle sur l’homme bien sûr aussi !).
    Les voix paraissent étrangères effectivemnt puisque Wernicke, (et donc le cortex frontal, notre conscience) croient qu’elles viennent de l’aire d’interprétation auditive et donc de personnes extérieures, autres que nous.
    En ce qui concerne le timbre dela voix, c’est l’équivalent de Wernicke dans l’hémisphère droit qui travaille et communique ensuite par le cortex calleux  avec l’hémisphère gauche.
    Il peut avoir les mêmes anomalies que le coté gauche, mais même en admettant qu’il ne transmette rien au cortex frontal, celui ci est ahuri, devant un phénomène anormal et capable d’inventer une explication pour ce qu’il ne comprend pas et inventer une intonation qu’il n’a pas “reçue” et donc assez farfelue. Cette intervention “menteuse” du cortex frontal est assez fréquente et est mentionnée dans les recherches que j’ai lues, sur maints sujets autres que les hallucinations.
    On ne saisit pas toujours le sens soit parce qu’on ne “pense” pas clairement (c’est le cortex frontal qui pense - les aires de Wernicke, Geswind, Broca sont des exécutants...), soit parce que la communication qui ne devrait pas exister, n’est pas franche et donc brouillée. En plus c’est le cortex frontal qui devrait comprendre et s’il ne comprend pas, il  peut soit nous le dire, soit inventer pour cacher son inefficacité. (je dis en riant qu’il n’aime pas ne pas comprendre et se vexe, ce n’est pas vrai : je lui prête là des sentiments complexes - en fait c’est un réflexe de fonctionnement du cerveau : il faut une explication, la “machine” est là pour cela, elle en donne une !!)
    Ce que je dis à Invidia dans les lignes suivantes, est aussi une explication valable pour ta remarque..

  

    Par Invidia :
“...cela dit, une personne qui entend des voix à l'impression que c'est quelqu'un d'autre qui lui parle parce qu'elle n'entend pas le même timbre de voix que la sienne - et que celle "utilisé" lorsqu'elle réfléchit. Donc, disons que cette explication ne me satisfait pas entièrement.”

     Comme je le disais ci dessus, quand on parle, le centre de  Wernicke écoute juste si ce quon dit est conforme à ce qu’on voulait dire et il n’a que peu de transmission d’informations du coté droit qui est sensible au message émotiionnel et à l’intonation. De plus c’est le cortex frontal et pas lui, Wernicke, qui interprète (notamment les erreurs) et corrige éventuellement.
    Quand la personne réfléchit, elle n’entend aucun timbre de voix  : on sait que c’est nous qui pensons, et quand le circuit normal coupe le retour, on n’entend pas de voix, on “comprend des idées exprimées à base de mots” grâce à des communications directes et multiples entre les neurones du frontal et ceux de Broca, via la “mémoire tampon phonologique” dont j’ai prlé dans l’article sur notre mémoire.
    Dans le cas d’hallucinations tout se passe comme si la personne entendait vraiment qielqu’un d’autre, avec une voix extérieure qui correspond soit aux signaux que reçoit anormalement le centre de Wernicke de l’hémisphère droit, soit un timbre de voix inventé par le cortex en fonction du contexte le plus rationnel pour lui, ce qu’il fait régulièrement quand il ne “sait pas”.


Par Migaby  :
“...ça permet un peu aussi d'imaginer la façon dont les animaux pensent... enfin j'imagine que si leur cerveau fonctionne comme le nôtre et qu'ils pensent, alors ils pensent en "cris" et en "signaux", peut-être même en "image" et en "odeur" ou en "toucher"... enfin.. en sensations quoi !..”

    Oui, les animaux pensent probablement essentiellement à partir de sensations, de perceptions : images, sons, odeurs, toucher goüt, mais aussi à partir de données mémorielles de leur instinct ou de leur expérience passée.
    En général leur système de perception et de leur interprétation est plus performant que le nötre, qui a évolué depuis la préhistoire.
    Mais ils ont cependant aussi un cerveau émotionnel et un cortex frontal ,mais moins développés que les nôtres.
    Les animaux ont des sentiments (un chien aime son maître), certes très liés aux aspects matériels de nourriture et soins, mais un bébé est pareil vis à vis de sa mère (rôle du contact pour le bébé, comme pour les oies qui suivent celui qui était là à leur sortie de l’oeuf ! ).
    Les animaux ont aussi une excellente mémoire et leur cervelet enregistre de nombreux automatismes.
    En ce qui concerne la parole, les animaux ont un embryon de centres de Wernicke et de Broca, mais ils n’ont pas la conformation de notre palais et larynx qui permettent de parler.
    Mais j’ai eu pendant 18 ans un petit chien York, qui comprenait environ “ 300 mots voire la signification du même mot employé dans deux phrases différentes (La “toilette à Truffe” - il allait chercher sa brosse, et la “toilette à Maman”, - il allait dans la salle de bain).
    Il faudra que je vous raconte dans un article, comment on apprend aux chimpanzés le langage des sourds muets.
    En fait un chien éduqué au milieu d’enfants qui s’occupent de lui, a une compréhénsion mentale du langage analogue à celle d’un enfant de 18 mois qui ne parle pas encore, et un chimpanzé auquel on a appris le langage des sourd-muets, celle d’un enfant d’environ six ans.




Lundi 9 février 2009 à 19:23

Chats

     Je n'ai pas publier d'article aujourd'hui : j'avais des réunions à Paris qui m'ont empêché de venir sur mon Mac.

    Alors, pour que vous ne vous sentiez pas abandonné par "Papynet lancien", je vous montre ce soir une photo trouvée sur interne : elle a fait sourire même le kiné qui habite dans le même immeuble que moi !

     Saviez vous qu'il y avait des chats masseurs ?

     La chatte rousse a l'air aux anges, de se faire ainsi frotter le dos !


http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/chatmasseur.jpg

Dimanche 8 février 2009 à 12:38

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

           Deux de mes correspondants m’ont demandé si j’avais des explications sur les hallucinations et notamment sur ceux qui “entendaient des voix” et l’une de mes lectrices m’a posé un jour des questions sur les voix qu’entendait Jeanne d’Arc !!    

    Je ne vous parlerai pas des hallucinations que l’on a lorsqu’on consomme certaines drogues comme par exemple le LSD, la mescaline ou la psilocybine (l’agent actif des champignons hallucinogènes), ou la kétamine, anesthésique qui provoque des “dissociations” de la conscience de soi.


    Je vais essayer de faire quelques articles sur les personnes qui, sans avoir pris des agents hallucinogènes, ont néanmoins ce que l’on appelle des “hallucinations” et notamment de ceux qui “entendent des voix” car, comme on va le voir, “entendre des voix qui vous parlent” n’est pas forcément le signe d’une maladie mentale, mais simplement d’une petite anomalie de notre cerveau, comme un “bogue de l’ordinateur”.
    Demain je serai plus général pour essayer de définir avec vous ce qu’on entend par “hallucination” au delà du fait d’entendre des voix.


    Pour comprendre ce phénomène (entendre des voix), il faut se rappeler ce que j’avais dit sur l’organisation de l’hémisphère gauche du cerveau en matière de langage (voir article 8 août 2007  http://lancien.cowblog.fr/26.html).
    En simplifiant, cinq centres sont principalement concernés en plus bien entendu du cortex frontal qui “pense” :


        - le centre d’interprétation auditive et
        - le centre de Wernicke qui “comprend le langage”.

    L'oreille transmets les sons à l'aire auditive qui les décrypte et, lorsqu'il s'agit de mots (ou de sons apparentés), les signaux sont transmis à l'aire de Wernicke qui va les analyser, reconnaître s'il s'agit de langage et le décrypter en partie. Elle se met en relation avec l'aire de Geschwind pour en comprendre la signification.

        - les centres de Geschwind qui “mémorisent le sens des mots”.
    A l'intersection des cortex auditif, visuel et sensoriel avec lesquels ils sont massivement connectés, ils sont en relation avec de nombreux neurones du cerveau qui sont des relais de la mémoire, afin d’appréhender les multiples propriétés d'un mot : son aspect visuel, sa fonction, son nom, etc.
    Ils aident ainsi le cerveau à classifier et à étiqueter les choses, une condition préalable pour former des concepts et une pensée abstraite.

        - le centre de Broca qui “exprime le langage”.
    Pour parler, pour é crire, l'aire de Wernicke a besoin de l'aire de Broca.
    Celle ci va utiliser grammaire et syntaxe et mettre les mots en phrases, puis elle va commander les muscles de la parole ou de l'écriture, par l'intermédiaire du cortex moteur primaire.
    Il semble en outre que l'aire de Broca intervient dans les calculs et certains raisonnements mathématiques.
    Elle interviendrait également dans l'organisation de mouvements très complexes mettant en jeu nos muscles, et sans aucun rapport avec le parole (des gestes de grande précision par exemple).

        - une aire “moteur primaire” commandant les mouvements de la glotte, des lèvres et des autres parties associées à la production physique des sons de la parole ou les muscles des mains lors de l’écriture ou de la frappe.
    C’est l’aire de Broca qui la dirige.

    Maintenant faites un petit exercice :
    Pensez au prochain article, ou à une lettre que vous allez écrire à une amie, ou à ce que vous allez raconter de votre journée à vos parents et essayez de faire mentalement un brouillon.
    Vous allez vous rendre compte alors que vous utilisez des mots : la pensée de l’homme se fait essentiellement en utilisant le langage.
    Mais ces mots vous ne les entendez pas, vous les comprenez directement sans les entendre et vous savez que c’est vous qui en êtes l’auteur.
    En outre vous les associez à des émotions et des images qui viennent de l’hémisphère droit par le canal du “corps calleux”, ce gros faisceau qui contient des millions de fibres nerveuses et transmet les informations d’un hémisphère à l’autre.
    Pourquoi ne les entendez vous pas.?
    

    Lorsque vous parlez le cortex frontal, Wernicke et Geschwind conçoivent les idées avec des mots et ils envoient ce “brouillon” à Broca qui va utiliser syntaxe et grammaire pour en faire une phrase compréhensible et correcte. Puis Broca va actionner les organes de la parole. Votre attention est concentrée sur la conception et l’expression de ce que vous allez dire et donc est “en avance” de quelques secondes et  de quelques mots sur ce que transmets et fait dire Broca à vos lèvres.
    Certes vous entendez ce que vous dites et Wernicke traduit cette audition, mais juste pour vérifier que c’est conforme à ce que l’on voulait dire et repérer des “lapsus”. En fait le centre de Broca, quand vous parlez, inhibe toute transmission interne en retour vers le centre de Wernicke, de telle sorte qu’il ne traite pas votre propre parole avec la même attention que si c’était quelqu’un d’autre qui parlait.
    C’est un peu comme ce qui se passe lorsque vous utilisez un interphone qui, lorsqu’il émet diminue l’amplification de la réception, et vice-versa, pour éviter les interférences et notamment les sifflements “Larsen” que vous avez sûrement déjà entendus, en cas de mauvais réglages d’amplification.

    C’est une organisation qu’a mise en place l’évolution pour que Wernicke et Geschwind se consacrent entièrement à la traduction en mots des idées du cortex frontal et ne se laissent pas distraire par votre propre parole.
    Lorsque nous pensons ce “blocage” est plus important; non seulement les centres moteurs de la parole ne sont pas activés, mais la transmission vers le centre de Wernicke est bloquée, car il n’a aucune de vos propres paroles à écouter, puisque vous pensez “intérieurement”, et ne parlez pas.

    C’est ce que montre le premier schéma ci-dessous, à gauche.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/hallucinationsvoix.jpg


    Chez certaines personnes, quelques unes atteintes de schizophrénie, mais d’autres non, et qui ont seulement une anomalie dans les connexions entre les centres de la parole, cette inhibition n’existe plus ou est temporairement perturbée, comme le montre le deuxième schéma à droite.
    On n’en connaît pas la raison exacte car il n’est évidemment pas possible d’expérimenter sur le cerveau humain d’une personne vivante, et l’expérimentation animale est exclue, puisque les animaux ne savent pas parler.

    Donc dans ce cas anormal, le centre de Broca renvoie dans le cerveau même, les informations non seulement vers le cortex, mais aussi vers le centre de Wernicke et donc aussi celui de Gechwind. Ceux ci se comportent alors comme s’ils recevaient ces information du centre de traitement auditif et croient qu’il s’agit de personnes extérieures qui vous parlent.
    Ceci n’a rien d’une démence : c’est une simple anomalie dans les connexions (peut être des connexions en trop qui ne se sont pas éliminées?)

  
 Les personnes en cause croient alors “entendre des voix” d’autres individus qui leur disent en fait ce qu’elles pensent elles-mêmes, ce qu’elles étaient en train d’élaborer comme pensées. Ces voix semblent réelles entendues par l’oreille droite ou même les deux oreilles et alors localisées.
    Ceci peut se produire non seulement en cas d’anomalies cérébrales, mais aussi sous l’effet de drogues hypnotiques (des hallucinogènes tel le LSD) ou bien lors d’états de concentration extrème et de déconnexion du monde réel, comme cela arrive chez certains religieux en méditation.
    Lorsqu’il s’agit de conditions normales, ces voix peuvent faire très peur à la personne qui les entend et elles sont mal supportées. Dans d’autres cas la personne est indifférente, soit qu’elle y soit habituée, soit que son cortex frontal se rende compte que le phénomène n’est pas tout à fait normal.
    Une personne hallucinée se concentre difficilement, porte une attention extrème à l’environnement qui l’effraie, porte des bouchons d’oreille ou écoute sans cesse de la musique pour se protéger contre ces voix qui l’assaillent.
    Parfois elle semble répondre à un interlocuteur imaginaire voire exprime à voix basse le contenu de ses hallucinations, le blocage de Broca vers les centres moteurs de la parole n’étant que partiel.

    
En résumé la personne qui “entend des voix” entend seulement ses propres pensées en croyant qu’elles viennent d’autrui et cela provient d’une communication anormale interne du centre de Broca vers le centre de Wernicke, qui croit alors à tort que cette information lui est envoyée par le centre d’interprétation auditive.

    
Demain j’essaierai de parler des hallucinations en général.


Dimanche 8 février 2009 à 8:35

Chiens

       Je voulais aujourd'hui écrire un article sur les hallucinations, du moins sur celles qui consistent à entendre des voix.
Mais il faut toujours un peu de temps pour faire un article sérieux et j'ai été très occupé hier. Alors je ne le publierai que cet après-midi.
http://lancien.cowblog.fr/images/Chiens/chiendechasse.jpg
    Pour que vous ne soyez pas déçu(e)s si vous venez sur mon blog, et aussi pour arracher un sourire à Maud qui vient de sortir de son hôpital, et qui je l’espère va rapidement retrouver sa santé, je publie encore une image de chien déguisé.

Mais manifestement le déguisement n’a été fait que pour la photo.




    Je ne plains pas trop ce chien cette fois, car j’avais un York, (que je ne déguisais pas rassurez vous, “lavieselonmoi”), mais qui était tout heureux d’être pris en photo et faisait même le “cabot”.
    Je ne pense pas qu’il ait compris le but de l’appareil photo, mais il avait acquis le réflexe conditionné :
appareil photo = on s’occupe de moi, et je suis important pour mon maître qui m'aime.
    Alors c’était devenu presqu‘un jeu et cela l’excitait au point de faire le “zouave”.

 

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