Dimanche 22 mars 2009 à 11:22

Tristesse, désespoir

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    Mon article sur la “rumination” m’a valu plusieurs commentaires et mails intéressants et j’ai sélectionné quelques questions qui montrent que, ne voulant pas faire un article trop long, je n’avais pas été assez clair et j’avais éludé certains points importants.
Voici donc ces questions ou avis :

“...Je n'ai pas tout à fait compris le passage qui explique que les pensées ont tendance à prendre l'état émotionnel comme démonstration de l'existence d'un problème. Parce que l'état émotionnel est bien là, du fait d'un affect extérieur (exemple : il pleut, je suis morose). Et alors du fait, la rumination tendrait à expliquer cette morosité par un problème qui n'en était pas un ? ...”

    Je n’ai pas assez précisé au début de mon article que ce que je vise, ce n’est pas de penser à ses problèmes, et d’y réfléchir, ce qui est normal et bénéfique, mais c’est lorsque cela devient obsessionnel et que l’on y pense sans cesse en ne pensant qu’au coté négatif sans réfléchir au moyen d’en sortir, aux solutions. C’est cela que Christophe André appelle “rumination”.

    Dans ce processus où les pensées tournent en rond dans le cerveau émotionnel, le cortex frontal qui réfléchit est presque écarté du processus et on ne réfléchit plus assez. On confond donc causes et effets : on croit que si on a peur c’est parce qu’il y a un danger même s’il n’y en a pas et que l’on a peur d’autre chose; on croit que si on est triste c’est que l’on nage dans le malheur, sans chercher la raison précise de sa tristesse.
    L’exemple que tu donnes est de nature un peu différente, mais il est bon : la pluie peut faire que tu t’ennuie ou aggraver la morosité si tu étais très triste, mais jamais la pluie ne causera une grande tristesse permanent, une “rumination”.
C’est cette tristesse obsessionnelle qui fera croire que la pluie en est la cause au lieu de réfléchir aux vraies causes et aux moyens de s’en sortir.
    Est ce plus clair ainsi?

Suite de la question :

“ ... La question que je me pose c'est si c'est si bien que ça de lutter contre la rumination. Car si les pensées tournent en rond, et étant donné le besoin inné de l'Homme de donner des causes à tout, la rumination n'est-elle pas un moyen de lutter contre une submergence d'émotions troublantes qui n'auraient plus aucun sens, et ne pourraient plus être gérées ? Finalement, la rumination serait un mécanisme de défense, et comme tout ce ne serait vraiment que dans l'excès pathologique qu'elle serait vraiment néfaste...”

    Ce que tu dis est sensé mais il y a un problème de vocabulaire que j’avais insuffisamment précisé et que j’ai reformulé ci-dessus en gras.
    La “rumination” où l’on ressasse l’aspect néfaste des problèmes sans penser aux solutions, mais en s’enfonçant dans la tristese est nuisible et il faut lutter contre mais par contre c’est tout aussi nuisible de se cacher ses problèmes et de s’enfermer dans un univers iréel où ils n’existent plus.
    En agissant ainsi, nous ne faisons que fuir nos états d'âme au lieu de les accueillir et de les examiner.

    Je pense que tu as raison, la “rumination” ce n’est que l’excès et le mécanisme de sauvegarde, de défense est plus raisonnable.
    C’est se poser les questions : “Que se passe-t-fl en moi? Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi cet inconfort ? Que dois-je accepter et que puis-je changer ? “
    Puis nous verrions si les états d'âme désagréables reviennent, car peut-être le travail d'introspection et de réflexion reste-t-fl à approfondir.
    Il faut prendre le temps d'y réfléchir vraiment, maintenant ou plus tard, avec l'esprit clair.

    Les thérapeutes recommandent d'ailleurs de prendre l'habitude de se poser ces questions plusieurs fois dans la journée, de prendre la température de ses propres états d'âme aussi régulièrement que possible.
    Sans cette « gymnastique douce de l'esprit », comme certains l’appellent, nous risquons de naviguer en permanence entre deux écueils: nous noyer dans nos états d'âme (la rumination) ou refuser de nous y pencher (la fuite, qui est ici une fuite de soi).
    Comme toujours, la voie à suivre est celle du milieu: une introspection tranquille, mais consciente de ses limites.

    Dans les prochains jours il faudra que je revienne sur d’autres questions concernant le monde irréel dans lequel certains s’enferment.

Samedi 21 mars 2009 à 11:18

Adolescence

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    Presque tous ceux qui m’écrivent sont privilégiés sur le plan matériel et ont presque tout ce qu’ils désirent. Et pour la plupart d’entre vous, vos parents vous aiment et, d’après vos dires, paraissent “supportables” !
    Je suis toujours étonné que par contre, vous supportiez aussi mal les frustrations quotidiennes : vulnérabilité devant la “vie” en général, difficulté à accepter les contradictions de toutes sortes, les critiques des copains des parents et des profs, les contraintes de temps, les interdits concernant les sorties ou certains achats, refus de la moindre contrariété et des petits différents avec les copains et copines
    Sans parler d’une inadaptation aux horaires et rythmes de vie, d’une alimentation à la demande et souvent anarchique, d’une recherche incessante de relations et d’activités, du refus de l’ennui (pourtant pour devenir créatif, il faut s’ennuyer un peu; je crais que vous ne tuiez ainsi votre imagination !).

    Que vous recherchiez les bienfaits d’une vie matérielle aisée, puisque cela vous est possible, je comprends. Par contre que vous vous opposiez fréquemment et parfois systématiquement à l’autorité des parents, aux demandes de vos professeurs, aux idées de vos camarades, que vous n’hésitiez pas à affermir “votre pouvoir” par le conflit systématique, la comédie, voire le chantage et la menace, me parait vraiment une attitude peu compréhensible.
    Je ne parle pas des petites disputes, confrontations , oppositions typiques des conflits de génération et des ados qui cherchent à sortir de leur cocon et ont du mal à distendre, peu à peu, raisonnablement, le lien avec leurs parents ou des malentendus et disputes inévitables entre copains.
    Votre attitude me parait souvent disproportionnée par rapport à cela et j’en cherche la raison.

    Je pense à la phrase célèbre des droits de l’homme “la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres” et je me demande si l’autorité parentale n’a pas été fragilisée et si l’éducation qui devrait être donnée aux enfants par les parents, n’a pas dans bien des cas, de grandes failles.
    Certes lbeaucoup de psychologues reconnaissent dans l’agressivité des enfants, le refus de la frustration face à la “réalité”, mais ils en tirent ensuite des conclusions et recommandations qui déresponsabilisent les parents.
    Ils ont institué une croyance selon laquelle les réprimandes et les contraintes apportées par des “règles” seraient interdites, sinon l’enfant ou l’ado aura des problèmes psychologiques, via une opération de refoulement.
    On est très étonné quand on compare au texte initial de l’auteur, les propos qu’ils attribuent à madame Dolto, la “Freud française de notre époque”. Jamais madame Dolto n’a prôné l’absence de règles, recommandation dont on lui attribue la maternité.
    Ce qu’a dit Françoise Dolto, c’est que la crise normale de l’adolescence qui  n’a pas su s’exprimer, du fait d’une problématique compliquée (et non du fait d’une permissivité éducative), risque de jeter l’ado dans des difficultés plus lourdes, vers la souffrance, voire vers des conséquences extrèmes : l’alcoolisme, la toxicomanie, la délinquance ou le suicide. Elle a au contraire montré que le très jeune enfant avait besoin de limites et ne devait pas se trouver sans repères.

    Il me semble que dans cette crise de l’adolescence, soit  vous arrivez à intégrer la réalité de la vie, de l’univers et vous vivrez - ou ne vivrez pas - une crise  passagère d’opposition et de singularité salutaire, pour vous affirmer en tant qu’individu et s’émanciper en tant qu’adulte, soit vous ne sortez pas de votre monde de rêve et vous n’y intégrez que le principe de votre plaisir, et vous vous enfermerez alors, dans un refus de la réalité de plus en plus grave, car vous serez bien obligés de vivre en tant qu’adulte dans le monde réel.

    Mais je crois qu’il faudrait aussi que les parents s’en remettent moins aux théories de la frustration, soient plus réalistes,  vous aident à découvrir cette réalité, et vous imposent des règles, un contrat clair, qu’ils vous les expliquent pour obtenir leur acceptation, et qu’ils les respectent ensuite eux mêmes, de la même façon qu’ils exigent de vous leur respect.
    Je crois que parents comme professeurs devraient essayer de comprendre mieux les jeunes et ne pas poser à priori le principe qu’un ado est en crise et est systématiquement contre tout, lorsqu’il manifeste une réticence à faire une action qui le gêne psychologiquement.
   
    Un effort important et mutuel de communication me paraît indispensable, car il semble que, alors que les moyens techniques de communication ont centuplé en vingt ans, la compréhension entre parents et enfants s’est plutôt détériorée.
C’est vrai aussi pour les professeurs et leurs élèves.
    Et bien sûr rien ne peut se faire si on ne se montre pas récirpoquement notre intérêt, notre attention, notre amour.

    J’aimerais connaître votre réaction, face à ce réquisitoire peut être un peu sévère. Je ne dis d’ailleurs pas que vous êtes tous comme cela. Je connais des jeunes qui acceptent les contraintes de la vie - et souvent d’une vie très studieuse - et qui ne s’en portent pas plus mal et semblent malgré tout heureux. Mais je pense qu’un petit effort mutuel des jeunes pour sortir de leur bulle et des adultes pour les comprendre, pourrait grandement diminuer le nombre de cas de tristesse que je rencontre.




Vendredi 20 mars 2009 à 10:01

Tristesse, désespoir


    Je suis toujours frappé par le nombre de correspondantes qui sont stressées notamment par les regrets de ce qu’elles n’ont pas osé faire, ou les remords de ce qu’elles ont fait et qui n’a pas réussi.
    Je sais que c’est une caractéristique des caractères pessimistes, mais je pense qu’il faut cependant attirer l’attention sur ce problème.

     Quand enfant, j’étais soucieux, ma grand-mère me disait “tu n’as pas fini de ruminer comme une grosse vache !”
     Elle n’avait pas tort, c’est mauvais pour le moral !


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    J’ai lu récemment l’article d’un psychiatre de l’hôpital Ste Anne, Christophe André, sur les “états d’âme” et il utilise le mot “rumination”.
    Les anglo-saxons emploient “brooding”, qui représente l’action de couver.
    C’est vrai, ruminer, c'est  se focaliser, de façon répétée et stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de ses problèmes, de sa situation, de son état , c'est s'enliser dans des “ pourquoi ? “ flous et sans fin...
    Dans la “rumination”, on reste inactif, assis sur ses problèmes que l'on garde bien au chaud, enfermés sous soi, en les laissant se développer.
   
    Quand je vous vois ainsi ruminer et m’expliquer vous problèmes et vos angoisses, je constate que ce que vous m’expliquez ce sont des pensées inachevées, des bribes mises bout à bout en longue énumération, qui ne s'accomplissent pas, ne vont pas jusqu'à leur terme, car elles s'arrêtent à la porte de toute décision éventuelle.
    Vous vous répétez que vous n'auriez pas dû agir comme ceci ou comme cela, au lieu de prendre des décisions pour changer le cours de votre vie; ou encore, vous doutez de vous au moment de passer à l'action, et vous vous rappelez toutes les fois où vous avez échoué pour des raisons mal identifiées, mais qui empêchent l'action et la réflexion présentes.

    La “rumination” est sans objectif précis : elle n'a donc pas de fin. Les états d'âme y sont perpétuellement recyclés, n'évoluent pas et reviennent sans arrêt au même point de départ. C’est ce que je vous ai plusieurs fois expliqué : les pensées tournent en rond dans notre cerveau émotionnel (le cyle de Papez) sans communication avec notre cortex frontal et la réflexion est donc purement “sentimentale” et émotionnelle.
    Un des éléments qui expliquent la difficulté à mettre fin à cette ronde des pensées tristes, c'est qu'en l'absence de but précis et conscient (qui pourrait être “ trouver une solution, mais ne pas trop m’épuiser ni me faire de mal avec ce problème “), efles ont tendance à prendre l'état émotionnel comme un démonstration de l'existence d'un problème et d’inverser ainsi le causes et les effets : “ Si j'ai peur, c'est qu’il y a un danger; si je suis triste, c'est qu’il y a un malheur; si je suis inquiet, c'est qu'il y a des ennuis qui arrivent... !”
    Vos états d'âme négatifs deviennent ainsi chroniques, et leur dimension émotionnelle persiste longtemps après la disparition des éventuels problèmes, si tant est qu’ils aient jamais existé. D'où l'aggravation des éventuels ennuis, qui pourra ensuite justifier quevous vous disiez ensuite : “ Je sentais bien que j'avais raison de me faire du souci “ !   
    Si vous n’y prenez pas garde, vous serez piégées et prisonniers de votre ronde des pensées obsédantes jusqu’à ce que l'épuisement, un événement plus important inattendu ou l'usure du temps vous en arrache...
    Il faut vous empêcher de perdre un temps long et précieux à ruminer sur les causes éventuelles de vos ennuis au lieu de chercher des remèdes. Quand je vous vois ainsi, j’essaie de corriger vous “erreurs d’aiguillage” et de vous empêcher de vous focaliser sur un problème et ses conséquences, mais plutôt sur les solutions possibles à imaginer et à mettre en œuvre.

    Cela dit, il ne s’agit pas de supprimer ces états d’âme, mais d'en limiter les dérapages. Ne pas avoir d'états d'âme reviendrait à mettre sa vie, son existence spirituelle entre parenthèses.
    D'ailleurs, c'est impossible.Tout juste peut-on les réprimer, les dissimuler, les refuser, mais en se privant de ce qu'ils nous apportent peut- être de meilleur : la connaissance de notre moi profond et d’un peu de notre inconscient.
    Ces grandes tristesses qui ont traversé le plus profond de nous-même changent beaucoup de choses en nous,et nous transforment profondément.

    Nos efforts vers davantage d'équilibre intérieur nécessitent donc l’acceptation de nos états d'âme négatifs, mais aussi attention et efforts envers les positifs
    Les études des psychologues et des sociologues sur le sentiment d'avoir une vie heureuse montrent que ce sentiment est lié à une fréquence et à une répétition de petits états d'âme agréables, à des bouffées de “petits bonheurs “, plutôt qu'à de grands mouvements émotionnels, qu’aux forts moments de succès ou d'accomplissement.
   
C'est, comme je vous le dis souvent dans mes articles sur le bonheur, ce sont nos instants de bonne humeur qui composent l’essentiel de notre bonheur : moment passé avec notre famille, nos amis, balade dans un bel endroit, lecture agréable ou qui nous intéresse, musique qui nous touche...

Jeudi 19 mars 2009 à 9:23

Tristesse, désespoir

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    Je discute souvent avec mes correspondantes de leurs problèmes, de leurs causes et des solutions possibles, et certaines pratiques que vous mettez en pratique en croyant bien faire pour oublier votre peine - comme la scarification ou le recours à des calmants voire des drogues douces ou l’alcool, - me paraissent dangereuses pour votre équilibre psychique et votre santé
    Mais vous me dites dans vos mails, combien il est difficile de ne plus recourir à une habitude que l’on a prise pour tenter de lutter contre sa peine et sa souffrance, et la quasi impossibilité de surmonter celles-ci.
        Vous me paraîssez résignées, sans volonté, sans forces, comme l’autruche qui met sa tête sous l’aile pour ne pas voir le danger.
        Je comprendrais cette attitude de quelqu’un en dépression, dont le cerveau ne peut plus réagir et qui doit attendre d’aller mieux pour raisonner à nouveau normalement..
        Mais, sauf dans quelques cas particuliers graves, les raisons de vos souffrances, que vous me donnez, ne me paraissent pas correspondre à un tel désarroi et je suis étonné de cette contradiction et de cette apathie.

        Je connais pourtant une jeune ado, qui a des problèmes bien plus graves et plus éprouvants que ceux que vous évoquez, mais qui a la volonté de s’en sortir et cherche à se comprendre et à comprendre les raisons de sa souffrance, à réfléchir aux moyens qu’elle pourra utiliser et ensuite, à les réunir, à apprendre à s’en servir.
        Elle me fait penser à une véliplanchiste dans une mer houleuse, qui se bat sur sa planche contre les élements. Elle dessale parfois, mais ses amis lui tendent la main, et l’aident à remonter, et elle repart courageusement, et peu à peu son équilibre se fera plus sûr et elle atteindra le rivage salvateur.

    Je ne crois pas que se complaire dans sa souffrance, dans les images rouges et noires de sang et de mort, soit une solution. Il faut reprendre en main votre destinée, vous faire aider si vous ne vous sentez pas capables de vous en sortir seules, mais rester là à contempler sa peine, à se plaindre  et à se faire plaindre, n’est certainement pas la solution pour s’en sortir.

    On a souvent l’impression en lisant vos blogs et en discutant avec vous qu’une suite d’événements mineurs ont déclenché un processus, qui vous a fait peu à peu vous isoler dans un monde imaginaire qui vous mine progressivement : je l’appelle “la prison de verre dont on a perdu la clé”.
    Mais aussi que vous avez cédé à l’entraînement de ceux avec qui vous êtes en contact, à la mode, aux marchands d'accessoires et de CD dont les objectifs sont mercantiles, et que ce monde imaginaire est le plus souvent un monde de tristesse, de sang, de superstitions et de mort, totalement déconnecté du réel.
    Cela m’inquiète, parce qu’en restant ainsi dans vos idées, vous vous isolez complètement de votre environnement, vous restez enfermé avec votre tristesse, vous ne réagissez plus et votre mal vous ronge peu à peu.
Deconnectés ainsi du réel, vous avez parfois des réactions vis à vis de votre entourage qui sont exagérées, et augmentent votre malaise.
    Vous vivez dans le monde qui vous environne comme si vous étiez dans votre monde imaginaire, et vos actions semblent alors peu sincères, comme si vous jouiez la comédie et votre entourage ne vous prends pas au sérieux, vous accuse d’en faire trop et ce, d’autant plus que votre inconscient vous pousse à attirer l’attention sur votre état et donc à faire un peu de “cinéma”.
    Je ne suis pas sûr que vous ayez conscience de ce décalage et pourtant, si vous voulez vous sortir de votre tristesse, il faut quitter votre monde utopique et vos chimères, il faut revenir dans notre monde, celui de la vie et du raisonnement rationnel, celui où vous étiez avant.

    Une autre raison de votre tristesse c’est la trop grande propension au regerts et aux remords qu’ont la plupart d’entre vous.
    Ce sera l’objet de mon article de demain.


Mercredi 18 mars 2009 à 8:35

Animaux

Pour changer un peu, je publie aujourd'hui des photos de lapins.

    D'abord celle-ci qui m'a amusé et que j'ai trouvé dans le blog au décor très frais d'une jeune nommée "Arabesque".

                        bamboo.cowblog.fr

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    L'auteur
de ce blog a de l'humour et publie aussi des photos humoristiques d'animaux et elle m'a autorisé à lui emprunter cette photo.





Quant à la deuxième photo, je l'ai trouvée sur une réclame d'un magasin animalier et j'ai trouvé ce lapin tellement mignon que j'ai eu envie de publier son portrait.



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Mardi 17 mars 2009 à 11:55

Amour et peines de coeur

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    Qui n'a jamais connu la jalousie ? Elle existe dans toutes les cultures et sous toutes les latitudes, mais elle dépent en partie des valeurs de la société.    
    Mais je suis frappé par le nombre de mes correspondantes qui me disent être jalouses, alors que la croyance populaire (et le théâtre de boulevard), attribue surtout ce sentiment aux hommes.
    La place de la fidélité dans le couple est importante dans le développement de l’amour et la jalousie et évidemment touche les relations entre “petits amis”.!
    La jalousie est un sentiment courant : dès l'enfance, nous avons besoin d'être aimés, et même préférés et je vois souvent la jalousie apparaître lorsde changements dans les schémas familiaux (divorces et familles recomposées par exemple).!
    Je constate aussi le nombre “d’enfants gâtés” jaloux de ce que possèdent les copains et qui envient d’avoir le plus vite possible la même chose. Influence nocive de notre société de consommation !
    Alors je me suis dit que j’allais faire un ou deux articles sur ce sujet : la jalousie.
    D’autant plus qu’une dissertation d’une de mes correspondantes m’a obligé à repenser à mes cours de philo un peu oubliés depuis plus de 60 ans !!
    Commençons donc par des idées générales.

    Avant de parler de la jalousie, je crois qu’il faut définir de qu’est une passion.

    Passion vient du latin patior : éprouver souffrir, états dans lesquels l’individu subit passivement , sans être la cause de ce qui lui arrive. C’est le cas des souffrances du Christ
    Cette notion a beaucoup évoluée au cours des siècles.

    Dans l’antiquité la notion de passion correspondait à son sens étymologique (Aristote) et était considéré comme un égarement par rapport à la raison (stoïciens)
    Puis au 17ème siècle la passion est un état dans lequel “l’âme”  (Descartes) ou l’esprit (Spinoza) sont soumis aux impulsions du corps, sans action de la volonté et de la raison et est souvent le résultat de l’imagination.
    Elle n’est pas que sentiment et peut avoir pour objet des choses.
    Au 18ème siècle la passion devient une émotion violente que l’on ne peut maîtriser (Hume, Kant), qui excite un désir et a le plus souvent des effets nocifs.
    De nos jour la passion est considérée comme une émotion violente, que l’on subit certes car elle est plus forte que notre raison, mais devant laquelle on n’est pas forcément passif et qui peut nous inspirer de nombreuses actions (avoir une passion pour quelque chose).

    De la même façon la notion de jalousie a subi une certaine évolution parallèle.
    A l’origine la jalousie est exclusivement amoureuse et liée à la notion de possession de l’être aimé, et repose souvent sur des suspicions imaginaires.
C’est le cas des relations jalouses des dieux antiques, ou d’Othello et Desdémone. C’est un accident dans l’amour d’un couple provoqué par l’intrusion d’une troisième personne qui vint perturber la relation possessive.
    Mais de nos jours la jalousie est plus générale et touche la propriété d’objets ou de situations et est, dans le langage courant, assimilée à l’envie, qui peut également devenir  passionnelle et obsessionnelle

    La jalousie pointe son nez dans de nombreux couples, souvent sans raison... apparente.
Que trouve t’on dans les statistiques ?
    Il semble y avoir plus d'hommes jaloux de manière pathologique que de femmes. On ne possède pas de chiffres exacts sur le phénomène. Mais ce sentiment à un niveau non obsessionnel, serait également partagé, et simplement plus visible chez les garçons.
     Il y a peut-être une raison à cela liée à la culture : on considère souvent qu'un homme peut avoir des relations uniquement pour le sexe, alors qu'une femme met forcément des sentiments dans sa relation. L'infidélité féminine est considérée comme un signe plus révélateur de la diminution de l’amour et de la possibilité d’une rupture, ce qui pourrait expliquer des réactions plus violentes et visibles du partenaire.

    Les psychologues expliquent la jalousie de maintes façons :
    Ce sentiment peut trouver une explication dans le manque de confiance en soi. Le jaloux doute de son potentiel de séduction. Lorsque l'on a suffisamment confiance en soi, on projette en général sa confiance sur l'autre.
    Paradoxalement, de nombreux jaloux (ou jalouses), sont des anxieux qui doutent d'eux même, et choisissent afin de se rassurer, des partenaires attrayants voire même séducteurs qui exacerbent ce sentiment de jalousie
    Certains assurent qu’il pourrait s'agir dans certains cas d'une "angoisse de fusion". Le jaloux a peur de perdre son identité dans le couple, et cherche donc une tierce personne pour se rassurer. La jalousie lui permet en quelque sorte de conserver son autonomie, d'exister. (J’avoue que cela me paraît être une explication “tordue” à la Freud! ).
    La jalousie peut-être un mode de vie librement consenti ! Certains couples basent leur relation sur un mode de fonctionnement provocation/jalousie. Et dans certains cas, le conjoint, objet de soupçons, peut trouver cette jalousie utile : il est le centre d'intérêt exclusif de l'autre !   

    Hommes ou femmes, la jalousie n'épargne personne. Mais ce sentiment s'exprime-t-il de la même manière selon les sexes ? Les femmes ne sont-elles pas plus possessives ?
    Voici ce que j’ai trouvé dans la littérature :
    Les jaloux, hommes ou femmes, tourmentent leur partenaire, mais chacun use de méthodes différentes :
    La femme jalouse cherche des preuves matérielles : odeurs et parfums inhabituels, document oublié dans les poches des vêtements, espionnage du téléphone portable de son partenaire. A la moindre ébauche de preuve, son attitude s'exacerbe, à la hauteur de sa peur d'être abandonnée. Elle pleure, menace…
    Elle s'efforce de rencontrer sa rivale, tente de la déstabiliser puis de la dévaloriser aux yeux de son partenaire. Enfin, elle n'hésite pas à fermer la porte au nez de celui qu'elle croyait aimer et à le rejeter sans autre forme de procès.
    L'homme jaloux surveille l'apparence de sa femme et contrôle son emploi du temps, comme si elle était un appendice de lui-même. Toute transgression des habitudes provoque une avalanche de remarques et de questions.
    Il limite sa liberté, fait le vide autour d'elle, en l'isolant de ses amis et de sa famille. S'il pense détenir une preuve de trahison, il peut devenir violent, en l'humiliant ou en démontrant sa force. Il n'a de cesse de la dominer, par tous les moyens, mais pour rien au monde il ne renoncerait à elle !
    Dans tous les cas, il s'agit d'une tentative désespérée pour se réaliser dans un amour imaginaire, qui provoque forcément de la souffrance, aussi bien chez l'homme que chez la femme.

    Et que pense le vieux singe que je suie de la jalousie de ses “guenons” vis à vis de leur petit ami ?
    Elles se posent toutes la question : "M'aime-t-il vraiment pour ce que je suis ?", et soit par manque d'assurance en soi, soit par désir de possession, sont persuadées que toute copine est une rivale en puissance.
    Elles évaluent leurs chances et imaginent comment leur petit ami les voient, , tout en guettant chez lui le moindre signe de trahison. Leur peur d'être abandonnées est aussi grande que le désir inconscient de faire se plier leur petit ami aux exigences de leur amour.
    Bien sur, ce chéri craint qu'un autre touche sa petite amie. Lorsqu’elle déploie son charme, il se persuade qu'elle cherche à plaire à d'autres que lui, et ne le supporte pas : il vit cette agression (même si elle est imaginaire) comme une perte de son honneur de mâle. Il accepterait que sa chérie le quitte, mais il ne peut admettre que ce soit pour quelqu'un d'autre. En même temps, il est fasciné par cet autre, qu'il soit virtuel ou non.
    J’ai bien souvent des doléances de tels conflits.

   
Finalement je crois que les raisons qui conduisent à la jalousie ne sont pas toujours communes aux deux sexes : tandis que la femme jalouse s'angoisse d'être laissée pour compte, l'homme vit la jalousie comme une perte de sa puissance. Dans les deux cas, pourtant, les jaloux poursuivent de leur haine amoureuse, voire de leur violence, non seulement leur partenaire, mais aussi l'hypothétique rival(e).

Lundi 16 mars 2009 à 9:04

Amour et peines de coeur

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    Un de mes correspondantes m’a écrit un iour ce jugement un peu désabusé :

".. L'amour... On nous dit que c'est la plus belle chose au monde mais aussi celle qui fait le plus souffrir... Pourquoi une chose si agréable quand on l’a, doit forcément repartir et nous laisser dans un état de désespoir?....”


    On m’a souvent demandé comment éviter les peines de coeur ?
    Il est bien difficile de répondre à une telle question car elle dépend beaucoup de votre personnalité et de celui ou celle que vous aimez ou aimeriez.

        Je crois d’abord qu’à votre âge, (je parle des jeunes entre 13 et 18 ans) il faut être raisonnable et ne pas céder à la mode et ne pas croire qu’on est anormal parce qu’on n’a pas de petit(e) ami(e) et donc qu'il ne faut pas rechercher fébrilement et sans réfléchir le compagnon de son coeur.
        Je sais que beaucoup d’entre vous se sentent seul(e)s et même sentimentalement abandonné(e)s, parce que les adultes ne sont pas de votre âge et ceux de votre âge sont de simples copains avec lesquels vous vous amusez bien, mais cela ne comble pas ce “vide sentimental”.
        Parmi ceux qui m’écrivent, il semble que les plus raisonnables (et les moins malheureux), soient ceux qui ont de “vrais amis”, cette amitié leur permettant de combler ce vide et d’extérioriser leurs sentiments, en attendant “le véritable amour”, plus tard quand ils seront plus adultes.
    Et puis on peut avoir plusieurs ami(e)s mais ce n’est pas conseillé d’avoir plusieurs petit(e)s ami(e)s, sauf être vraiment masochiste (à cause de la jalousie !). ou aimer faire intellectuellement le grand écart et être vraiment très doué pour le mensonge
        Peu d’entre vous ont la lucidité de se rendre compte que déja le choix de l’être aimé est très difficile pour un adulte qui a l’expérience de la vie, mais qu’à votre âge, où de plus votre personnalité est encore inachevée, ce choix est impossible, du moins pour un amour durable.
    Il faut vous dire que si deux ados s’aiment, ce sera dans la plupart des cas, un amour éphémère.

        Je suis un peu effaré aussi de la jalousie qui torture la plupart des ados qui m’écrivent et la fâcheuse tendance à la course à la séduction, par vantardise auprès des copains pour les garçons, par jalousie de la copine, chez les filles.
        Qu’à votre âge vous testiez votre pouvoir de séduction, même inconsciemment, c’est normal pour un(e) ado qui sort de sa chrysalide, mais je trouve anormal que cela se fasse sans envisager les conséquences que cela peut avoir sur les autres (quand ce n’est pas aller jusqu’à se moquer de leur défaveur et de leur peine).
        Je n’irai pas jusqu’à vous recommander l’abnégation totale qui va jusqu’à sacrifier son penchant pour un garçon, parce que sa meilleure amie l’aime. Je crois que cela - que j’admire cependant, mais je n’en connais que deux cas réels - ne peut être que le fait d’une âme très altruiste, très raisonnable et exceptionnelle. Mais si l’on généralise cette attitude, et qu’elle soit réciproque entre filles, les garçons n’auront plus de petite amie !!!

        Mais je comprends aussi votre besoin d’amour. Dans cette atmosphère de tristesse où certain(e)s se trouvent (et il faudrait essayer de comprendre pourquoi), l’amour d’une autre personne est l’élément salvateur, la chaleur d’être aimé est la bouée à laquelle vous vous raccrochez!
        Ce n’est pas vrai que pour les ados,, car à contrario, pour un adulte aussi, l’existence devient bien vide s’il n’y a plus amour ou espoir d’aimer et d’être aimé.

        Enfin voici quelques citations qui peuvent apparaître comme des conseils :

“Pour oublier un amour il faut laisser le temps passer, ne pas trop regretter, se rappeler ses beaux instants et rêver d'un autre amour, jusqu'à ce qu'on le trouve.”

“Quand un homme est fou d'une femme il n'y a qu'elle qui puisse le guérir de sa folie.”
    
“Ne quitte jamais celui que tu aimes pour celui qui te plait car celui qui te plait te quittera pour celui qu'il aime"

“Le grand amour cela se vit, mais tant qu’on ne l’a pas trouvé, il vaut mieux en rêver qu’en vivre un trop éphémère”

Dimanche 15 mars 2009 à 7:56

Chats

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Quand je n'ai pas le temps de faire un article, j'ai souvent un chat qui vient à mon secours pour tenir à ma place clavier et souris.


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Alors aujourd'hui  voici des chats chapeautés trouvés sur internet :

Cette casquette fait un peu mauvais garçon de films ancien.
 Peut être ce chat sait il danser la java ?









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Quand à cette coiffure de grenouille, elle donne à cette belle chatte blanche un peu  un air de Minnie !

Samedi 14 mars 2009 à 9:56

Stress, dépression, médicaments

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    Je vais vous parler aujourd’hui de l’anxiété et de la dépression.
    Plusieurs de mes correspondantes ont actuellement un grand mal-être comme c’est assez courant à la fin de l’hiver. Certaines sont proches d’une petite dépression passagère, qui s’installe pendant quelques jours, puis heureusement s’atténue et disparaît avec le retour du printemps et les vacances de Pâques.
    D’autres ont un gros chagrin d’amour et provisoirement n’ont plus goût à rien et se croient en dépression.
    C’est vrai que la frontière entre une grande anxiété, un grand stress et une dépression est assez floue et on ne sait pas trop où on en est.
    Certaines d’entre vous me disent qu’elles ne comprenaient pas comment leur souffrance pouvait cohabiter avec une vie de tous les jours, active et joyeuse, et les quelques parents qui suivent mon blog m’ont posé la même question.
    Certaines de ces ados sont aussi honteuses de cette peine et se croient des exceptions, des “anormales”, des folles à envoyer à l’asile.
Heureusement ce n'est pas vrai !

    Parlons d’abord un peu de la dépression.
    Dans une étude publiée en 1995 , Marie Choquet, médecin spécialiste des adolescents indique que la dépression est un trouble de l’adolescence qui touche 7,5 % des garçons et 22,5 % des filles de moins de 18 ans. L’”épisode dépressif majeur”, la dépression profonde, varie selon les études de 3 à 7 % de la population des 12 à 23 ans. Ce sont de très fortes proportions.
    Vous n’êtes donc pas “anormal(e)”.

    L’opinion publique pense que le déprimé est apathique, qu’il ne sort plus, ne parle plus et dépérit. Ce cliché est vrai pour l’adulte, faux pour l’enfant ou l’ado.
    L’adolescent au contraire déborde souvent d’énergie, se perd dans l’action, sort régulièrement, est apparement gai et en mouvement permanent.  
   
Ce qui fait le fond de sa dépression, c’est une autodévalorisation, la conviction qu’il n’a pas de valeur qu’il est inutile et abandonné et sans défense dans un monde hostile et affreux. Cest évidemment faux, mais encore faut il l’en convaincre.
  
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        En général il s’agit au départ d’anxiété, de stress, et l’ado s’en sort au bout de quelques semaines, mais s’il persiste dans cette voie, ces sentiments qui tournent en rond dans son cerveau émotionnel s’ancrent peu à peu et on glisse vers la dépression avec la fatigue qui s’installe et la perte de toute envie, la difficulté à prendre une décision et agir, le repli sur soi.

    Il ne faut donc pas trop vous affoler d’une période de crise passagère. Ce n’est sans doute qu’une vague d’anxiété.
    Vous me demandez comment je fais la différence entre anxiété et dépression.

    Je ne suispas psychiâtre, donc ce que je vais vous dire n’est qu’une “recette” que j’emploie et seul un médecin compétent pourrait vraiment répondre :

Quand vous êtes seulement                       Quand c’est plus grave
      anxieuse


Vous êtes inquète.                                 Vous êtes triste

Vous êtes préoccupée mais                   Vous êtes découragée et vous
vous essayez de vous adapter               n’avez plus envie de faire des
de vous en sortir seule.                          efforts.

Vous essayez de prévoir les                  Vous ruminez les échecs et ne
problèmes, de tourner la page,               pensez que regrets et remords.
d’anticiper les difficultés.

L’anxiété varie. Vous vous sentez           Vous vous sentez toujours mal
aussi par moment rassurée et                dans votre peau
détendue.

Vous avez des doutes sur votre                Vous avez la certitude que votre
avenir :                                                     avenir sera déplorable :
“Que va t’il se passer”?                           “ Cela va mal se passer ! “

   
Alors ne paniquez pas et si vraiment cela ne va pas, confiez vous à quelqu’un.

Vendredi 13 mars 2009 à 16:51

Solitude, Ennui, Absence

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    A la suite de mon article d’avant hier sur la solitude j’ai eu des commentaires intéressants et une quinzaine de mails.
    Je tâcherai de répondre ce week-end à ceux qui évoquent des problèmes personnels.

    Deux réflexions m’ont frappé.
    D’abord celle d’un correspondant : j’ai peu de garçons qui me lisent, alors cela m’intéresse d’autant plus. Voilà le commentaire :

“....Je sais que quand je me seul comme ça, je n'ai pas nécessairement besoin de discuter avec autrui, je me concentre un peu sur moi-même, je m'isole encore plus et j'ai l'impression de discuter avec moi-même jusqu'à trouver ce qui ne colle pas. C'est un peu paradoxal, je sais ( et peut être même incompréhensible ) mais je sais que pour moi, ça marche et je me retrouve et me " soigne " comme ça....”

   
C’est une bonne solution, car effectivement on se force à abandonner son cerveau émotionnel pour interroger son cortex frontal et revenir à la raison.
Les pensées tristes ne tournent plus en rond et en plus on finit par savoir contre quoi il faut réagir.
    Cependant je ne recommanderai pas cette solution à tous.
    Il faut une certaine force de caractère pour l’appliquer, pour se forcer à réfléchir et tous n’y arriveront pas. On risque alors de voir tourner de plus belle, les pensées tristes dans le circuit de Papez du cerveau émotionnel !
    Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer. et si vous n’y arrivez pas, alors il vaut mieux essayer de parler à quelqu’un plutôt que de rester seul(e).

    Autre commentaire, qui est relayé par plusieurs mails :

“...je me suis reconnue dans tes propos....
Comme tu le dis, je suis entourée par une mère, un petit ami. Apres le lycée, j'ai perdu tous les amis que j'avais, il a fallu réussir à ré-apprivoiser des gens. Sauf que le fait de se sentir abandonnée  par les personnes à qui on a fait confiance pendant 3 ans, me fait voir les choses différemment. Plus envie de faire confiance, de montrer ce "moi" dont tu parles...
    Alors on se réfugie sur internet? Sans trop se dévoiler tout de même de peur que quelqu'un qu'on connait dans la vrai vie, n'en apprenne trop sur nous par ce moyen public et dérivé.
    D'où vient ce besoin de se livrer à des gens qui font le premier pas? Qui montre un réel intérêt pour nous? D'où vient cette peur de faire confiance?...”


    Problème de confiance oui, mais lié au fait que l’on a peur de l’opinion des autres. La peur de montrer son “moi”, autre que la “Personna”, c’est en général la peur de décevoir, de ne pas plaîre, d’être jugée.
    On fait confiance à certains parce qu’on les connaît et qu’on sait qu’on peut compter sur eux, jusqu’au jour où l’éloignement, la lassitudeou l’oubli viennent  perturber cet équilibre, ou parfois aussi un jugement intempestif.

    Ce problème de confiance, je le rencontre tous les jours quand une personne que je ne connais pas m’écrit pour me poser une question personnelle ou discuter d’un problème.
    Ou bien cette personne, après avoir lu des morceaux de mon blog, décide de me faire confiance, et le dialogue s’installe vite.
    Ou bien elle a peur de ce que je vais penser d’elle, et là c’est à moi d’agir pour qu’elle ait peu à peu confiance.
    D’abord en l’écoutant, en m’intéressant à elle, en essayant de comprendre surtout sans la juger. En posant des questions logiques, en restant au début dans le formel, l’objectif, le logique, le raisonnable. Là on peut se comprendre, et cela permet de se connaître un peu.
    Comprendre le subjectif, le sentimental, cela ne peut venir qu’ensuite quand on a déjà une idée de la personnalité et des réactions du comportement de l’autre.

    Gagner la confiance, c’est en quelque sorte apprivoiser l’autre, mais cela doit être mutuel et donc la relation doit être réciproque. Il faut finir par se sentir important l’un pour l’autre, dans les deux sens.
    Ce qui est imporatnt de faire auprès de celles qui m’appellent, c’est de leur apporter un peu de ma tendresse de grand-père, mais qu’elles aussi m’apportent une certaine amitié..
    Cet amour, je l’ai encore plus fort pour ceux de ma famille, mais paradoxalement cela m’est plus difficile de faire vis à vis d’elle, ce que je fais avec vous, que je connais à peine. Pouquoi ceci, en apparence absurde?        
    C’est beaucoup plus facile à vous de vous confier à moi, parce que je ne sais pas votre nom, votre identité. C’est normal, c’est la crainte d’être jugé, d'être mal comprise.
    Quand un de mes petits enfants vient me parler de ses ennuis, il n’ose pas me regarder en face, les yeux dans les yeux; et pourtant il sait que je l’aime et que je ne le prendrai pas pour le petit chaperon rouge. Il me téléphone, m’envoie un mail, ou cache sa tête dans mon épaule pour parler et encore, à condition que je caresse doucement ses cheveux pour lui donner confiance.
    La confiance, tout est là; je m’en rends compte depuis que vous me racontez tous vos secrets. Avoir confiance en ses parents qui ont l’autorité parentale, ses amis qui sont parfois mauvaise langue, c’est difficile.
    Mais ce que je sais c’est que même si je ne connais pas vos identités, vous m’en dites souvent plus que vous n’en avez jamais dit à personne, (et c’est quelquefois réciproque). Internet n’est qu’un fil entre nous, ce sont le grand père et la petite fille virtuel(le) qui se parlent c’est à dire des êtres humains avec leurs joies, leurs peines, leurs sentiments, leur coeur, quelquefois aussi leur intelligence (heureusement, je ne vais quand même pas laisser croire que nous sommes tous idiots!).
    Mes correspondantes “philosophes” vont être aux anges : deux concepts pour vos réflexions : la “confiance virtuelle” et la “réalité du rapport abstrait entre deux êtres virtuels”, et aussi cette amitié qui s’installe, est elle réelle ou virtuelle ? N’attrappez pas d’insomnieà y réfléchir........
    Cela me rappelle une dissertation qu’aavit une de mes filles “un trou est il abstrait ou concret”  ! (Sic). Amusez vous, ce n’est pas si simple !

    Et pourquoi je m’intéresse à vous?
    Sans doute au départ, il y a quatre ans, parce que mes collaborateurs dans mon travail venaient souvent me demander des conseils personnels et que, quand on est en retraite, ces contacts vous manquent et on a un peu l’impression d’être inutile. Alors on a plein d’activités bénévoles, histoire de ne pas se considérer comme “un vieux à charge”.
    Puis parce que j’ai eu des enfants et des petits enfants et que, pour les raisons que j’ai évoquées, le fait d’être leur parent fait qu’on n’a pas toujours une communication facile, cette confiance, l’absence de crainte d’un jugement de valeur, parce qu’on tient à la bonne opinion de l’autre.
    Sans doute aussi parce que maintenant que j’ai une certaine expérience de ce dialogue, je pense que je peux apporter quelque chose, même si ce n’est parfois que très temporaire ou incomplet.
    Et puis parce que parmi ceux ou celles avec lesquel(le)s j’ai dialogueé, certain(e)s m’ont vraiment accordé leur amitié, même si ensuite elles n’avaient plus vraiment besoin que je les aide car elles étaient sorties d’affaire.
    J’ai ainsi quelques “petites filles virtuelles” avec lesquelles je correspond régulièrement depuis près de 4 ans et cela fait finalement très chaud au coeur quand on est un vieux singe.

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