Mardi 3 mars 2009 à 8:39

Inné et acquis

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    A la suite de mon article sur l’évolution des personnalités, j’ai trouvé ce commentaire très intéressant de Maud, notre “chevrette canadienne”. (qui ”
suit maintenant les cycles supérieur d’une université très prestigieuse canadienne dont je lis souvent les compte-rendus de recherches : pas mal hein, pour une petite chèvre ! LOL).

    “ En plus du "génétique" et du "culturel", il semble qu'il faille entrevoir l'incidence du vécu historique de l'enfance : des recherches récentes semblent mener à l'hypothèse de changements intra-cérébraux suite à des sévices ou souffrances lors de l'enfance. L'article dont je donne la référence, va jusqu'à parler d'altérations génétiques suite à des événements traumatisants de l'enfance.”
(http://www.nytimes.com/2009/02/24/health/research/24abuse.html?_r=1&ref=health)


    Je voudrais donc dire quelques mots d’abord sur ce que l’on appelle “l’épigénétique” et dans un autre article, sur les études du docteur Meaney de l’université McGill au Canada.

    Le terme d’épigénétique inventé en 1942 par Conrad Waddington concernait à l’origine  « la branche de la biologie qui étudie les relations de cause à effet entre les gènes et leurs conséquences biologiquess, et concernait donc le phénotype » (notre structure héréditaire ADN.)
    Aujourdhui, la définition la plus courante de l’épigénétique est « l’étude des changements héréditaires dans la fonction des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence d’ADN ».
    Je rappelle que l’ADN est une structure moléculaire en double hélice de deux mètres de long, dans le noyau d’une cellule qui ne fait que quelques micromètres. L’échelle élémentaire de l’ADN c’est le nanomètre. (10puissance -9 m)
    L'ADN est une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).
    C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.
    Tout le fonctionnement biologique de nos cellules est conditionné par de multiples protéines, qui sont issues de 20 molécules élémentaires d’acides aminés et la “fabrication d’un acide aminé dépend de la succession de 3 de ces bases A,C,G,T. En faitces associations par 3 permettent 61 possibilités d’acides aminés plus 3 codes qui représente des arrêts de synthèse des molécules; il y a donc plusieurs codes possibles pour un acide aminé donné, puisqu'il n'y a que 20 acides pour 61 codes.

    Mais “l’usine” de synthèse des acides aminés est souvent au repos et puis tout à coup, pour des raisons encore mal connues, une portion de cette succession de base va s’activer et fabriquer la succession d’acides aminés et donc la protéine spécifique que code cette succession.
    C’est cette succession de “codons” de 3 bases qui code donc chaque type de protéine bien spécifique, que l’on va appeler un gêne et on dit lorsque cette fabrication entre en jeu, que le “gêne s’exprime”.
    J’essaierai un jour de vous expliquer comment cela se passe, mais il faut que je réfléchisse à al façon de l’expliquer simplement.

    Alors maintenant faites attention car ce qui suit est important.
La suite des codons dans l’ADN d’une de nos cellule représente donc notre partrimoine héréditaire, mais
    -seules certaines séquences représentent des protéines, et entre elles il y a des suites de séquences qui ne représentent rien et paraissent donc inutiles
    - beaucoup des séquences représentant des protéines et donc notre hérédité, ne donneront jamais naissance à une protéine. Elles sont “dormantes” et représente une “prédisposition” qui alors ne deviendra jamais active.
    - pour qu’une de ces “prédisposition”  prenne effet sur notre corps, il faudra que le gène correspondant “s’exprime”, c’est àdire qu’il donne lieu à la chaîne de transformations chimiques qui conduira à la protéine correspondante.
    - les séquences qui paraissent inutiles, ne le sont pas car certaines d'entre elles sont à l'origine des transformations chimiques qui vont permettre de s'exprimer, aux séquences suivantes, qui représentent un gène.

    Dans la formation du corps humain, à certains moments certains gènes seront “forcés” de s’exprimer", sinon nous aurions une non-formation ou mal-formation.
    Mais d’autres pourront rester latents toute notre vie, ou au contraire, tout a coup s’exprimer alors que ce n’était ni obligatoire ni même prévu.
    Cela pourra être sous l’effet de facteurs biologiques, mais aussi de phénomènes extérieurs physiques ou psychiques.

    Donc un  événement extérieur peut être capable de déclencher l’expression d’un gène.
   

    Les médecins le savent puisque quelqu’un peut avoir une prédisposition génétique à la schizophrénie par exemple, ne jamais être schizophrène ou tout à coup le devenir sous l’effet d’un grave traumatisme.

   
Dans le prochain article, je parlerai donc des études du dr. Meaney, qui a montré (sur des populations de rats) que la façon dont une mère se comportait vis à vis de son jeune enfant  pouvait avoir une répercussion importante sur sa sensibilité ou sa résistance au stress, parce que des gènes “latents” pouvaient alors s’exprimer.

Lundi 2 mars 2009 à 8:01

Animaux

Aujourd’hui, un petit intermède entre deux articles sérieux :

   Vous m’avez bien confirmé que la photo que j’avais publiée, il y a quatre jours, était bien un montage fait sans doute avec un logiciel, genre Photoshop.

    Alors je vous soumets deux “montages” que j’ai trouvés sur internet dans des articles sur les oiseaux et qui m’ont amusés :

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      Ce pingouin fait, à son insu, de la pub pour des vêtements,











http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux1/tigreouhibou.jpg






      Quant à ce hibou, qui en tant qu'oiseau, a une tête magnifique, affublé d’un corps de tigre et de ces cornes de bouc, il pourrait ébranler la bravoure d’Astérix et Obélix !

Dimanche 1er mars 2009 à 9:48

Aider les autres

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    A la suite de mon article sur les pensées morbides et les suicides, j’ai de nouveau reçu plusieurs mails, dans lesquels vous critiquez la légèreté avec laquelle certains parlent de la mort, ou même jouent avec leur vie.
    Je comprends votre étonnement, mais il ne faut pas juger un acte, parce qu’il est très éloigné de nos propres réflexes, et qu’on ne le comprend pas.
    Ce n’est pas aussi simple que cela.

     Tout d’abord, il faut se garder de juger quelqu’un. On n’est pas  dans la même situation que lui, on n’a pas la même personnalité, on ne ressent pas les problèmes de façon identique; il est donc très difficile de se mettre à sa place. Tout au plus pourrait on dire, “je ferais telle action, si j’étais dans la même situation que lui”, si tant est que l’on connaisse cette situation !.

Quand je parle de “ne pas juger”,  voici ce que je veux dire exactement : Il ne s’agit pas de ne pas donner son opinion, d’être toujours d’accord, il s’agit de ne pas porter de “jugement de valeur”
    Ne dites pas d’une personne qu’elle est bonne ou mauvaise, que ce qu’elle fait est bien ou mal.
    N’allez pas dire à votre camarade qui souffre “c’est idiot de faire comme tu fais, tu ferais mieux de faire ceci” ou pire “tu n’as pas honte de faire cela, tu ne fais que faire du mal à toi même” ou même “tu n’aurais pas dû faire cela, c’est très mal, rends toi compte la peine que tu as faite à tes parents, tes amis...”
    Lorsque vous portez un jugement de valeur sur quelqu’un, ou sur l’une de ses actions, vous le culpabilisez encore plus et finalement vous augmentez sa tristesse.

    Mais il n’est pas question de ne pas donner son opinion, d’abdiquer devant l’adversité ou devant quelqu’un, qui parfois n’est pas aimable avec vous.     On peut donner son opinion, mais sans juger.

    Attention aussi, avec des gens susceptibles, ou avec les parents qui n’aiment pas recevoir des leçons de leurs enfants, d’éviter si possible les réflexions du genre “ce n’est pas comme cela qu’il faut faire; moi à ta place.... ”  ou  “vraiment ce n’est pas malin d’avoir fait cela....”, car là aussi la personne à qui vous faites cette réflexion culpabilise et avec les parents, cela amène parfois des retours de bâton!

    Essayez plutôt de dire “je ne suis pas de cet avis...”  ou “je pense que...” et de dire pourquoi, mais sans juger, en n’essayant de n’énoncer que des faits, des actions ou des opinions personnelles, mais qui ne mettre pas en cause la “qualité” de votre interlocuteur.

    Ce n’est pas facile : la preuve : en écrivant cet article, je vous dis implicitement que vous commettez parfois des maladresses.
C'est un jugement de valeur !
Moi aussi  d’ailleurs, rassurez vous !.

    Les situations face auxquelles on se trouve sont très différentes et de gravité très diverses : du chagrin d’amour, dont l’intensité peut être très variable, aux parents qui divorcent, à ceux dont les principes d’éducation sont sévères et traumatisants, ou qui boivent ou se droguent, et jusqu’aux agressions qui peuvent détruire un être.
    Il est extrèmement difficile de mesurer quels sont les sentiments exacts ressentis par quelqu’un : tristesse, angoisse, peur, désespoir, manque de confiance en soi et sentiment d’inutilité, isolement, abandon ?
        
    Pour apprécier vraiment la situation de quelqu’un il faut très longtemps et tout d’abord instaurer une confiance suffisante pour réfléchir ensemble sur des faits, sur l’environnement, les personnalités, les sentiments, faire des hypothèses, imaginer des solutions; les données sont souvent intimes et secrètes et il n’est pas facile de se confier à autrui. Se faire une opinion demande temps et échanges nombreux.
    Juger quelqu’un tue cette confiance.

    Si un(e) de vos camarades, de vos ami(e)s est en situation difficile, essayez de lui montrer que vous l’aimez, écoutez, essayez de comprendre, mais ne jugez pas, ne critiquez pas.
    Essayez de voir si la personne raisonne correctement ou si elle est perdue dans un monde irréel et n’a plus le sens des réalités, ou encore si elle est engluée dans sa tristesse et son désespoir et ne peut s’en sortir.
    Dans ces derniers cas, il est peu probable que vous puissiez l’aider suffisamment et il faut faire appel à un adulte.

  
  Et faites attention à vous même; cotoyer quelqu’un dans une telle situation est assez traumatisant et on finit, si l’on n’est pas très résistant au stress, par succomber soi-même à cette ambiance et par se sentir envahi par la tristesse et l’angoisse.

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lancien

sortir de la tristesse

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