Dimanche 31 mai 2009 à 8:51

Adolescence

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    Quand on discute sur vos rapports avec vos parents et vos problèmes de contraintes et de liberté, vous me dites souvent “je n’arrive pas à discuter avec mes parents; ils ne m’écoutent pas et ils ne me comprennent pas”

    Pourquoi souvent les personnes les plus proches, sont les plus inaccessibles? Pourquoi certains parents n’écoutent ils pas leurs enfant? Pourquoi est-il si difficile, pour les parents d'apprendre à leurs propres enfants à se confier, à dialoguer, à se connaître? Cela n'explique-t-il pas le mal-être de beaucoup d’entre vous
    J’ai constaté qu’effectivement souvent les parents ne s’apercevaient pas du mal-être de leur enfantmais aussi que celui-ci faisait tout pour le leur cacher. Pourtant ils s’aiment beaucoup. Pourquoi ce manque de communication?
    Alors essayons d’y réfléchir ensemble.

    Vos parents sont très pris par leur travail et, en dehors des vacances, n’ont pas assez de temps à vous consacrer, d’autant plus qu’ils sont fatigués le soir en rentrant et ont encore beaucoup à faire. Qu’y pouvez vous?
    Si vous avez quelque chose à dire, peut être est il possible de le faire pendant le repas. Si c’est trop délicat et pas trop pressé, attendez le week-end. SI c’est très important et urgent, il ne faut pas hésiter à leur dire . Ils vous écouteront. Mais n’usez pas du procédé pour des broutilles, sinon ils ne vous croiront plus quand ce sera grave.
    Vos parents ont été éduqués 25 à 30 ans avant vous; la façon d’éduquer, les moeurs, l’environnement étaient très différents à leur époque et leurs “références” ne sont pas les mêmes que les vôtres.
    Certes ils devraient essayer de vous comprendre; mais il faut faire chacun un pas. Alors demandez leur de vous raconter leur jeunesse. D’abord cela vous fera rigoler, (c’est ce qui se passe quand je raconte la mienne à mes petits-enfants, qui se demandent si je n’ai pas vécu sous Charlemengne.), Alors, peut être comprendrez vous un peu pourquoi vos parents ont du mal à suivre votre vie.
     Vos parents ont des préoccuparitions, des soucis d’adultes; ce ne sont pas les mêmes que les vôtres. Ils ne pourront pas comprendre vos problèmes à la lumière des leurs et ne s’apercevront de rien si vous ne dites rien.
    Si vous avez des soucis réels, ce n’est pas en faisant la gueule ou le boudin que vous attirerez leur attention. Mais il ne faut pas vous mettre dans la tête que ce sera plus efficace en essayant de faire des bêtises. Malheureusement cela ne résoudra pas non plus vos problèmes et en créera beaucoup d’autres encore.
    
    Réfléchisser à ce que sont vos vrais problèmes, essayez de vous les expliquer le plus clairement possible, afin de pouvoir en raconter l’essentiel à vos parents en leur montrant que c’est vraiment important pour vous.
Beaucoup de problèmes d’’ados paraissent futiles aux parents qui n’ont pas le même genre de préoccupations, alors qu’ils sont importants pour vous.
    A l’inverse vos parents, encore plus aujourd’hui qu’hier, ont tendance à vous prendre pour des adultes et à vous laisser des responsabilités et des choix d’adultes. Cela vous fait probablement plaisir et vous aimez peut-être cela, mais vous n’avez ni la maturité d’esprit, ni encore l’expérience de la vie qui permettent d’être sûr de ses choix.
    Dans les dix ans qui vont venir, vous ferez peu à peu l’apprentissage des techniques de décision, de la maîtrise des sentiments, et vous aurez cette confiance en vous qui vous manque actuellement. Ce manque de confiance vous stresse lorsque vous avez à vous comporter comme un adulte.
    C’est probablement pour cela que vous me demandez souvent de vous aider et que vous acceptez mes conseils sans m’envoyer sur les roses
    L’une d’entre vous m’écrivait, dans un moment d’indignation et de révolte (elle se reconnaîtra!) : “je suis contente de discuter avec toi car tu es moins con que mes camarades et moins chiant que mes parents !!!”.
    J’avoue que cela m’a d’abord fait sourire, puis cela m’a presque fait plaisir, mais j’aurais préféré que ce soit dit de façon plus académique. On ne peut pas tout avoir, même quand on est vieux !
    Mais au fond ce n’était pas si drôle que cela. C’était la marque même de ce problème de difficulté de communication entre les personnes.


Samedi 30 mai 2009 à 10:09

Adolescence

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     Ces derniers temps, certaines de mes correspondantes, surtout celles qui sont les plus jeunes, (13 -15 ans), ont des moments de révolte contre leurs parents qui “s’opposent à tous leurs désirs”.
    C’est sans doute qu’à la fin de l’année scolaire vous êtes fatiguées, et puis je ne m’inquiète pas trop, il y a toujours une marge entre ce que l’on dit et ce que l’on fait et je sais bien que l’adolescence est une période où la personnalité se forme et où les générations s’opposent, et souvent ne se comprennent pas.

    L’adolescence, quand j’étais jeune, commençait à 16 ans (sauf peut-être pour quelques uns en avance dans leurs études). Aujourd’hui elle commence à 13 ans. Vous vous croyez des adultes, car vous aspirez à l’être, ce qui est normal..
    Vous avez effectivement une autonomie beaucoup plus grande que ce que nous avions autrefois; vous avez des moyens de communication incomparables (nous n’avions que notre voix et nos jambes dans les années 50 !). Vous avez des responsabilités électives, vous menez des revendicatons et organisez des manifs, certains s’intéressent à la politique.
    Vous découvrez l’amour très jeune (ou du moins ce que vous croyez être l’amour; quand j’avais 16 ans, nous nous regardions dans les yeux et nous osions à peine nous embrasser. Je vous vois rigoler!).
    Vous faites là des expériences enrichissantes, mais elles sont souvent stressantes, même pour les adultes. Je reparlerai de cela dans un autre article. Et vous n’avez pas la résistance psychique d’un adulte. De plus c’est la période de la puberté où les transformations psychiques et physiologiques (surtout chez les filles; chez les garçons, cela vient plus tard et c’est moins spectaculaire), apportent un bouleversement qui accroit ce stress, et exacerbe la sensibilité.
    Vous avez donc un risque beaucoup plus grand qu’un adulte (ou que moi, lorsque j’étais jeune), de vous trouver dans des situations où vous vous verrez débordés par vos problèmes. Cela beaucoup de parents n’en sont pas conscients, parce qu’ils imaginent que cela se passe comme dans leur enfance et que leurs enfants ont la même résistance qu’eux face aux problèmes qui ne valent pas la peine d’en faire un fromage.
    Raison de plus pour tirer la sonnette d’alarme assez tôt pour qu’ils aient le temps de s’apercevoir de votre désarroi et de vous expliquer que vous paniquez pour des faux problèmes, ou pour des ennuis mineurs.

    La force d’un adulte (enfin pas toujours), c’est de savoir n’être triste que pour de vraies peines et de ne pas perdre sa santé sur des problèmes qui ne valent pas la peine qu’on s’y arrête.
    L’adolescence est une période de révolte contre l’autorité des parents. C’est normal, notamment chez les filles entre 13 et 16 ans et les garçons de 15 à 18. C’est la nymphe qui veut sortir de sa chrysalide, le bébé qui veut couper le cordon ombilical, le bateau qui cherche à couper les amarres pour voguer à l’aventure.
    Pourtant la liberté totale est un rêve une utopie: on croit cela magnifique de partir à l’aventure (à condition d’emmener télé, téléphone, ordinateur, chaine HiFi.... comme Robinson Crusöe et bien sûr d’avoir l’argent nécessaire pour subvenir à ses besoins)!).
    Vous verrez que plus tard, quand vous serez vraiment libres et complètement autonomes, vous trouverez qu’après tout, ce n’était pas si mal que cela de vivre chez papa et maman.

    Face à cela, que font vos parents? Certains lâchent la bride en croyant que cela sera votre bonheur, en répétant qu’ils ont confiance en votre sagesse, et vous faites un peu n’importe quoi!  Vous vous sentez certes libres, mais complètement abandonnés pour prendre certaines décisions notamment sentimentales.
    D'autres au contraire, resserrent la vis, pour vous éviter de faire des bêtises, ou vous surveillent (qui fréquentez vous, qu’écoutez vous, que faites vous sur internet, qu’achetez vous, à qui téléphonez vous, qu’est ce que vous fumez, qu’est ce que vous buvez,????...) et cela vous exaspère. Je le comprend, c’est agaçant, mais ils le font parce qu’ils vous aiment, ont peur pour vous et veulent vous protéger.
    Comment éviter ces écueils. Certains parents d’abord sont dans un juste milieu et cela se passe bien. Mais vous de votre coté : essayez d’inspirer confiance à vos parents, et une vraie confiance, pas celle qui repose sur des mensonges et des cachotteries.
    S'ils sont sûrs que vous ne fumerez jamais de drogue, que vous ne conduirez pas une voiture après avoir bu de l’alcool, que vous ne suivrez pas n’importe qui, que vous n’irez pas sur n’importe quel site sur internet, ils vous tracasseront beaucoup moins, mais à condition de ne pas les tromper, sinon adieu la confiance et là les tracasseries seront justifiées : un contrat est un contrat, il faut en respecter les clauses (les deux partties qui l’ont conclu moralement, vos parents et vous).
  Encore faut il que le contrat soit clair et précis et pour cela le dialogue est nécessaire. J'en parlerai dans un prochain article, ainsi que des risques que vous prenez le plus souvent inconsciemment.

Vendredi 29 mai 2009 à 8:29

Photos, photos comiques

Aujourd'hui, repos et quelques photos qui me laissent perplexes :

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     Celle-ci m'a amusé car d'habitude, on lit plutôt sur les pancartes  "interdit aux chiens" !











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     Et avez vous une explication pour ce panneau de signalisation;
moi je sèche !









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    Enfin, je cherche toujours quelle est la bête cachée là dessous. 
    Vous avez une idée ?

Jeudi 28 mai 2009 à 10:36

Biologie, santé.

Hier nous avons vu qu’en définitive, bactérie ou virus, en dehors des piqûres par des arthropodes, la contamination se fait surtout par voie aérienne par respiration pulmonaire de gouttelettes, et par contamination des muqueuses de la bouche du nez et des yeux par nos mains ayant touché des surfaces contaminées.
    Ce sont de ces deux phénomènes et de leur prévention dont je voudrais vous parler maintenant.


     Les américains ont fait des études sur la “production”  d’aérosols de gouttelettes lors d’un éternuement (le cas le plus grave de dsipersion) et ils ont trouvé la répartition suivante autour de la personne éternuant qui est à droite sur le schéma ci dessous, les six cases représentant le trajet de gouttelettes de tailles différentes de 30 à 500 microns (millièmes de millimètres)

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    On s’aperçoit que seules les gouttelettes de taille de l’ordre de 30 μm. sont vraiment dispersés dans l’atmosphère, mais en subissant une grande dilution, celles plus grosses entre 100 et 500 μm. étant projetées vers l’avant, mais à moins de 2 mètres.

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    Une étude parallèle des dépôts de particules dans les diverses parties du système respiratoire a montré que le risque principal était représenté par les particules de 1 à 10 μm.
   

Les masques en tissus utilisés arrêtent les particules à partir de 50 μm. (cadre  bleu du schéma.)
    Un masque est donc certes utile, mais il n’arrête pas les particules les plus fines, qui sont pourtant les plus disséminées et les plus dangereuses, et par ailleurs les gouttelettes arrêtées par le masque ne sont pas en général projetées à plus de 2m de la personne qui éternue.
    Par ailleurs tout déplacement d’air (vent, ventilation) dilue la concentration des aérosols porteurs de germes, et alors qu’en une heure dans l’obscurité le titre infectieux de certains virus ne diminue que de 10%, il chûte de 99,98% dans le même temps exposé aux rayons ultraviolets du soleil.
    Les études ont montré que la contagion était très peu probable en plein air, même sans masque, si on se maintient à plus de 2 mètres des autres personnes. car la dilution dans l’air des gouttelettes est très rapide et où les UV jouent leur rôle protecteur.
    Par contre la contagion est très probable dès que l’on séjourne nombreux dans des locaux peu ventilés, comme les bureaux, le métro, les classes, les magasins...

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    Par exemple une étude a montré que la contamination dans un avion où une forte ventilation permanente existe était limitée aux places adjacentes à deux rangs de la personne porteuse de germes, mais que par contre dans un avion où la ventilation était en panne la contamination était très forte, plus de 70% au bout de 3 heures à partir d’un seul malade.
    On sait d’ailleurs que l’aération régulière des chambres d’hôpital est une mesure de prévention essentielle.




    Les études systématiques menées depuis 2003 ont également montré que la contamination par les surfaces sur lesquelles s’étaient déposés les gouttelettes contenant des virus ou bactéries (les “fomites”) était aussi importante que la transmission dans l’air dans le cas de la grippe et du SRAS (le syndrome respiratoire aigu sévère, dû à un virus qui s’attaque au système respiratoire, jusque là inconnu et qui était probablement un mutant d’un virus animal, apparu en Chine).

    Il est donc très important :
    - pour un malade contagieux d’éviter de contaminer des surfaces : utiliser des mouchoirs en papier quand on tousse, on se mouche ou on éternue et jeter ces mouchoirs aux ordures sans les laisser traîner,
    - pour le malade comme pour toute personne, se laver souvent les mains avec un savon efficace pour éliminer ces “fomites” que l’on risque ensuite de transporter sur les muqueuses de la bouche du nez ou des yeux.
   

    Je reviens maintenant aux questions qui préoccupaient mes lectrices concernant la grippe mexicaine et le battage médiatique fait autour d’elle.
    Je ne parlerai pas de l’aspect médical, mais il faut savoir que d’une part les antibiotiques permettent de lutter contre les complications graves dues à des bactéries, et que, contre la grippe elle même, des antiviraux (comme le tamiflu), empêchent la prolifération du virus, mais à condition d’être pris au moment de la prolifération. Cela ne sert à rien dele prendre à l’avance, mais il faut le prendre rapidement après la contamination dès les premiers signes de maladie et donc consulter le médecin.

    Mais la lutte contre la grippe pour éviter une pandémie est essentiellement préventive : empêcher la contamination et la transmission exponentielle du virus (ce serait encore plus vrai pour une peste pulmonaire, heureusement presque inexistante)
    - le masque n’est pas indispensable en plein air. Par contre il est indispensable pour le personnel soignant, pour  s’occuper d’un bébé, et plus généralement dès qu’on est pendant  longtemps à coté d’une personne à moins de 2 mètres et quand on est dans un lieu clos.
    - si l’épidémie menace, une mesure efficace serait de consigner le plus possible les personnes à leur domicile pendant le temps de transmission et d’incubation, de l’ordre de la semaine. Fermer les bureaux, les écoles, les transports en commun. Les contacts dangereux sont ainsi limités.
    - recommander de nettoyer les surfaces de table, les boutons de portes, les surfaces que l’on touche souvent, avec de l’eau javélisée.
    Se laver souvent les mains avec du savon. Eviter le plus possible de porter les mains à la bouche au nez, aux yeux.

    Et dans les hôpitaux, isolation des malades dans une chambre seule avec WC individuel, climatisation débranchée et fenêtre ouvrante. Port de masque et de gants par le personnel et les visiteurs; limitation des procédures pouvant entraîner l'émission d'aérosols par l’usage de mouchoirs en papier, port de masque par le patient en cas de déplacement, désinfection des mains après retrait des gants, et après toute activité de nature à entraîner une contamination. Limitation du personnel de soin et surtout des visites au strict nécessaire.
    Bien entendu désinfection de tout le matériel non jetable, chambre et literie au départ du malade. Elimination sécurisée des déchets dans des sacs prévus pour le matériel représentant un risque biologique.

    Et pour que les personnes appliquent ces mesures, il faut leur expliquer à quoi elles servent, et ne pas faire à la place de la médiatisation catastrophe sans explication.
    C’était un peu le but de mes articles pour répondre à vos questions.

Mercredi 27 mai 2009 à 8:28

Biologie, santé.


    Vous avez maintenant une idée des propriétés des bactéries et des virus.
Aujourd’hui je vous parlerai donc des problèmes de contagion.
    Mais chaque maladie est particulière et chaque personne est plus ou moins sensible. Il faut donc que je simplifie mon article.
    Je prendrai donc deux exemples de maladies que vous connaissez :
    - la peste qui a fait de grands ravages il y a quelques centaines d’années et notamment au moyen âge et qui est due à une bactérie  “Yersinia pestis”.
    - la grippe, dont on connaît les pandémies du siècle dernier  et d’ont le vecteur est un virus “Myxovirus influenzae”.


    J’ai pris la peste comme exemple en raison de sa funeste notoriété, mais aussi parce que la maladie a deux aspects et sa propagation initiale est particulière.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/ratpuce.jpg    La peste est en effet une maladie véhiculée par les rats. Les morsures de rats peuvent être infectantes, mais elles sont rares et ce sont essentiellement les puces de ces animaux qui la véhiculent en piquant les hommes.
    Il y a encore des cas de peste aujourd’hui, environ 10 000 cas en dix ans et 10% de décès, principalement en Afrique.
    Toutefois les écureuils sont aussi une source contaminante aux Etats Unis et les animaux domestiques peuvent acueillir des puces de rats.
    Une puce peut être infectieuse pendant des mois.


    Les bactéries se multiplient au point d’inoculation et  après une dizaine de jours d’incubation, une pustule infectée apparait le “bubon”. Les bactéries de disséminent par coie sanguine et lymphatique et des bubons apparaissent et fur et à mesure de l’envahissement, notamment au voisinage de ganglions lymphatiques.
    En outre les bactéries détruites par les défenses immunitaires libèrent une toxine..
    On appelle donc cette maladie la “peste bubonique”.
    Au moyen âge où l’on ne connaissait aucun traitement, la mort survenait  dans environ 70% des cas, au bout d’une semaine environ, en raison  de deshydratation et de problèmes neurologiques, également dans certains cas de septicémie.

    La bactérie lorsqu’elle atteint les poumons se multiplie de façon importante et les expectorations des personnes malades contiendront alors de nombreuses bactéries.
    Une deuxième forme de contamination apparaît alors par voie respiratoire, par contamination par les goutelettes respirées.
L’incubation est alors de quelques heures seulement et sans soins la mort intervient en quelques jours, pratiquement sur la totalité des gens atteint par oedème pulmonaire et insuffisance respiratoire.
    C’est la “peste pulmonaire”.
    Il suffit d’un nombre faible de bactéries par voie respiratoire (quelques centaines) pour contracter la maladie.
    En outre si l’on touche des objets contaminée la bactérie peut être introduite quand on se touche la bouche, le nez, les yeux, par les muqueuses correspondantes.
    La résistance dans l’environnement de la bactérie est de l’ordre d’une heure dans l’air, plusieurs heures voire plusieurs jours sur des surfaces contaminées, des semaines à des mois dans le sol ou sur des cadavres (c’est la raison pour laquelle au moyen âge, les cadavres étaient brûlés).
    La peste pulmonaire donnait donc lieu à des épidémies épouvantables, car très contagieuse, mortelle et la bactérie était difficile à détruire.
    On sait actuellement soigner la peste par des antibiotiques, mais ils doivent être administrés très tôt, surtout dans le cas de la peste pulmonaire, relativement résistante aux antibiotiques..
    Mais on sait (en raison des bubons) que quelqu’un est contagieux et donc on peut procéder à un isolement  sérieux.

    Il existe des maladies virales propagées par des piqûres principalement de moustiques; je vous ai dit quelques mots des arbovirus, et vous vous souvenez sans doute d’un épidémie récente de chikungunya.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/portesentrees.jpg    Par contre la grippe se propage essentiellement par les voies respiratoires par respiration de gouttelettes contenant des virus, expectorées par les malades (ou les porteurs sains) et par absorption des virus lorsque les gouttelettes se déposent sur des surfaces (ou y sont déposées par des objets contaminés, les mains en particulier), que nous touchons ces surfaces avec nos mains que nous portons ensuite à la bouche, au nez ou aux yeux. Les virus passent alors par les muqueuses de ces organes.


    Ces dépôts de gouttelettes infectées sur des surfaces où elles sèchent et qu’elles contaminent avec des bactéries ou des virus ont reçu un nom bizarre et peu connu : des “fomites”.
    Pour votre culture générale wikipédia indique que “fomite était le nom autrefois donné aux éclats de bois se détachant des arbres lorsqu'on les abattait à la hache et désignait également les étincelles du silex ou que le marteau fait surgir lorsqu'il frappe le fer chauffé au rouge sur l'enclume.”.
    Le virus peut également se transmettre par la salive et donc une contamination des lèvres et des mains du malade.

    Le problème de la grippe, c’est qu’on est  contagieux avant la phase symptomatique de la maladie, de telle sorte que l’isolement intervient trop tardivement. On est contagieux au bout de 2 à 3 jours, un ou deux jours avant le début de la maladie,  et on considère que le taux moyen de contamination  est de l’ordre de 3, de telle sorte que le nombre de malade peut croître comme 3n et donc très rapidement si des mesures ne sont pas prises. On reste contagieux durant toute la maladie
    Dans l’air les virus de grippe dans leur gouttelette ne résistent guère plus d’une heure. Par contre les surfaces peuvent rester contaminées un à deux jours.
    Les virus influenza A sont relativement fragiles, réputés sensibles à la chaleur et aux UV qui les inactivent, mais des épidémies sévissent néanmoins l'hiver dans les pays tempérés et dans certains pays chauds même en saison chaude.
Ils semblent en grande partie détruits dans le tube digestif et donc se diffusent peu par cette voie.

    L’autre problème que pose le virus de grippe est qu’il est facilement sujet à des mutations et qu’il change donc fréquemment, son patrimoine  d’ARN étant modifié au cours de réplications. La plupart des virus grippaux, suite à une mutation, peuvent potentiellement devenir hautement pathogènes, notamment parce que nous n'avons pas développé de défenses immunitaires, et sont pour cette raison suivis par l'OMS.
    Notons qu’on ne meure que très rarement d’une grippe, mais surtout des complications et notamment des maladies respiratoires causées par des bactéries , l’infection étant plus facile sur un malade affaibli par le virus grippal.

   
En définitive on voit que, en dehors des piqûres par des arthropodes, la contamination par les virus et bactéries se fait surtout par voie aérienne par respiration pulmonaire de goutelettes, et par contamination des muqueuses de la bouche du nez et des yeux par nos mains ayant touché des surfaces contaminées.
    Ce sont de ces deux phénomènes et de leur prévention dont je vous parlerai demain.

Mardi 26 mai 2009 à 9:55

Biologie, santé.

 Les virus ont d’abord été pris pour des bactéries car on ne constatait que les symptômes des maladies correspondantes, mais les biologistes du 19ème siècle démontrent peu à peu qu’il s’agit d’agents plus petits, invisibles au microscope optique et qui ne peuvent se cultiver en laboratoire. Puis en 1898 un biologiste russe montre que la “mosaïque du tabac” est due à un agent très petit qui traverse toutes les membranes et il appelle cela un “virus filtrant”.

Peu après on découvre les virus de la fièvre aphteuse et de la fièvre jaune.

Ce n’est qu’en 1940 que les premiers microscopes électroniques permettront  de voir enfin des virus et des cultures dans des embryons de poulets peuvent être faites à partir de 1950.

 

Un virus n’est pas un être vivant. C’est une “entité biologique” qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Il ne peut se multiplier seul, ni subsister longtemps à l’extérieur.

Il est composé d'une molécule d'acide nucléique (soit d'ADN soit d'ARN), entourée d'une coque de protéines appelée la capside et parfois d'une enveloppe. Il ne possède en général aucune enzyme pouvant produire de l'énergie. Les virus sont le plus souvent de très petite taille, comparée à celle d'une bactérie, sauf exception rare comprise entre 10 et 250 nanomètres.

( nanomètre = un millionième de mm).
 

Pour que vous compreniez je rappelle ce que vous avez sans doute vu en SVT : 

Je vous avais dit dans le premier article sur les bactéries que l’ADN (acide désoxyribonucléique) est une structure moléculaire en double hélice, une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).

    C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.

L’ARN (acide ribo-nucléique) est, dans les cellules vivantes, issu de l’ADN; C’est en quelque sorte un morceau d’un des “montants de l’échelle”, mais qui a subi de petites modifications : les molécules (phosphates et sucres) de ces montants sont plus simples, plus courtes, et la base azotée T (thymine) a été remplacée systématiquement par une autre base U (l’uracyle), les autres bases A (adénine), C(cytidine) et G (guanidine) restant inchangées.

L’ARN dans une cellule vibvante emporte le message génétique de l’ADN dans la cellule en vue de la synthèse de protéines et c’est pourquoi on l’appelle “ARN messager”.

Les bactéries avaient uniquement des ADN qui comprenaient entre 108 et 109 paires de bases azotées et sous forme le plus souvent circulaire.

Les virus ont suivant leur nature, soit de l’ADN, soit le plus souvent de l’ARN comme matériel génétique et leur nombre de gênes est plus limité, leur matériel génétique est de l’ordre de 104 à 106 bases. Il peut être circulaire ou linéaire,

 

L’enveloppe du virus, que l’on appelle “capside” a diverses formes selon leur nature, le plus souvent soit sphérique, soit allongée en forme de longs cylindres hélicoïdaux.

La capside virale est une enveloppe de protéines qui joue deux rôles: d'une part, elle protège le génome dans le milieu extérieur et, d'autre part, pour les virus nus, elle intervient directement dans l'attachement de la particule virale à la cellule hôte. C'est une structure relativement résistante et stable. 

 

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En plus de la capside, certains virus sont capables de s’entourer d’une structure membranaire qui peut posséder des protéines codées par le génome viral ou le génome de la cellule hôte.

Cette enveloppe est relativement fragile dans le milieu extérieur.

Je prendrai pour exemple le “Myxovirus influenza”,  le virus de la grippe, qui a une structure sphérique, représentée sur le schéma ci-dessous.

 

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Il existe trois types de capsides (numérotées A, B et C) et une enveloppe formée de protéines, qui comporte en surface des excroissances  (on les appelle spicules), de deux sortes soit une protéine HA (l’hémagglutinine), soit une autre NA (neuraminidase).

La protéine HA  (on en connait 19 sortes) contribue à l’accrochage du virus dans la cellule höte et NA  (on en connait 12 sortes).contribue à la pénétration du virus dans la cellule (voir plus loin). 

On identifie les virus de la grippe par la nature de leur capside et des protéines. Ainsi la grippe mexicaine récente était de nature A H1 N1, tandis que la dernière grippe aviaire était A H5 N1.

Chaque année, le vaccin vendu contient une souche AH1N1, une souche AH3N1 et une souche B.

 

Voyons enfin comment un virus se reproduit :

Le virus agit comme un pirate de l'air de la cellule qu'il infecte, dans le sens où il la détourne de son fonctionnement normal. En effet, bien que le virus transporte l'ensemble du code nécessaire à sa réplication, il a besoin du moteur de réplication de la cellule hôte pour se reproduire. Lorsqu'il est complet, le cycle de multiplication d'un virus dans une cellule conduit à la production de nouvelles particules virales. Ce cycle se nomme cycle productif. Il existe au total, trois types d'infection de la cellule:

- l'infection productive, aboutissant à la production de virus complet et entraînant la mort de la cellule;

- l'infection abortive, le virus n'est pas complètement synthétisé, il n'y a pas de production virale et pas de conséquences sur la cellule;

- l'infection persistante, le génome viral reste dans la cellule, il n'y a pas de production virale mais le comportement de la cellule change: apparition de cellule maligne;c’est le cas de certains cancers viraux.

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Je ne traiterai que le premier processus avec les phases successives suivantes : 

1 - L'attachement, ou adsorption, est la première étape, interaction entre la surface du virus d'un côté et celle de la cellule hôte de l'autre. Les virus disposent à leur surface de glycoprotéines spécifiques permettant de se fixer sur les récepteurs de la cellule. Par exemple, pour le virus de la grippe,la glycoprotéine utilisée par le virus pour se fixer sur sa cellule hôte est l'hémagglutinine HA.

2 - L'étape de pénétration correspond à l'entrée du virus dans le cytoplasme de la cellule. Cette étape dépend de la température et du pH de la cellule. C'est la cellule vivante qui fait pénétrer le virus. En effet, les cellules de l'organisme humain captent les macromolécules attachées à leur surface et dont elles ont besoin pour fonctionner. Les virus détournent ce mécanisme à leur profit pour pénétrer dans la cellule. La neuraminidase facilite cette pénétration pour le virus grippal.

3 - La décapsidation est la perte de la capside de protection du virus, pour pouvoir libérer le génome viral dans la cellule . La décapsidation a lieu dans le cytoplasme de la cellule car la capside est trop grosse pour pénétrer dans le noyau.

4 - Dans le cas d'un virus à ARN de polarité positive, l'ARN se comporte comme un ARN messager et peut donc être lu directement par le ribosome. Dans les autres cas, le processus se déroule en plusieurs étapes. La première étape consiste à fabriquer l'ARN messager. Ce dernier est une copie du génome viral, grâce à des enzymes de la cellule hôte.

5 - L'ARN messager est envoyé dans le cytoplasme de la cellule où les ribosomes de la cellule hôte vont lire les informations qu'il contient et les transcrire en synthétisant les protéines correspondantes.

6 - A partir de l’ARN, la cellule fait des répliques du génome viral initial.

7 - A partir de ces nouveaux ARN et des protéines, la cellule fabrique de nouveaux virus. Les nouveaux matériels génétiques sont enveloppés dans de nouvelles capsides et éventuellement enveloppes qui se constituent à partir de la membrane de la cellule hôte.

8 - Les virus sortent de la cellule, identiques à celui entrant ini-tialement. Il peut selon les cas, y en avoir une dizaine ou plus de 100 000. !

Finalement le virus a fourni les “plans” (ADN ou ARN) et la cellule est l’usine de fabrication qui fournit “main d’oeuvre, la machinerie et les matières chimiques”.

 

Je ne vous donnerai pas une liste de virus ni leur classification qui se fait en fonction de leurs types d’ARN ou d’ADN, de la nature de leur capside et de leur enveloppe. Vous pouvez la trouver sur http://anne.decoster.free.fr/d1viro/vgclass.html

Par contre vous entendrez souvent parler par les journalistes d’arbovirus, (sans qu’ils vous disent de quoi il s’agit !) . Cette appellation regroupe des virus de familles différentes, en général à ARN, qui sont propagés par des arthropodes suceurs de sang, principalement moustiques, puces, tiques...

Les maladies à arbovirus les plus connues sont la fièvre jaune, la dengue, le chikungunya, et diverses encéphalites.

Le paludisme (ou malaria - plusieurs centaines de millions de malades et 2 à 3 millions de morts par an !!!), par contre, n’est pas dû à un virus mais à un protozoaire qui détruit peu à peu les globules rouges du sang.

 

Dans le prochain article, je vous parlerai des condition de propagation des bactéries et virus, pour répondre à diverses questions que vous m’avez posées sur les mesures prises pour lutter contre la grippe mexicaine.

Lundi 25 mai 2009 à 8:08

Animaux

Aujourd'hui, repos et deux photos d'animaux trouvées sur internet

http://lancien.cowblog.fr/images/Chiens/200811perrotenis.jpg





     D'abord comme c'est le tournoi de tennis de Roland Garros, cette photo de chien ramasseur de balles
.









http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux1/201388m7301.jpg





     Puis cette photo, qui certes n'a pas été prise à Roland Garros, mais c'est cependant le public dans les gradins, sans doute d'une arène où il y avait des taureaux.

    A voir les réactions, je crois que les femmes sont plus courageuses que les hommes !

    J'espère que le monsieur de gauche n'a pas eu une crise cardiaque !!

    Quant au taureau, il voulait seulement manger un sucre que lui tendait un petit garçon ^^







Dimanche 24 mai 2009 à 9:00

Biologie, santé.

    Aujourd’hui je voudrais vous parler des maladies causées par les bactéries, car il est utile de connaître quelques notions de base simples.

    Lorsque les bactéries se multiplient anormalement dans le corps humain (ou d’un animal), on dit qu’il y a infection et que celle-ci entraîne une maladie.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/bacteriepeste.jpg

    Deux notions sont importantes et souvent mal utilisées :

        - Le pouvoir pathogène conditionne le type de maladie et va dépendre de l'espèce bactérienne responsable de l'infection.
La peste dont la bactérie a la doux nom de “Yersinia pestis” est une maladie complètement différente du choléra dont l’agent est “vibrio cholerae” (ils ont de beaux noms latins n’est ce pas ! ^^).
Le pouvoir pathogène c’est donc la capacité de provoquer telle ou telle maladie, plus ou moins grave. C’est une notion qualitative.

        - la virulence d’une bactérie  : c’est une notion quantitative.
C’est en quelque sorte la facilité avec laquelle la bactérie déclenche l’infection, que l’on pourrait caractériser par le nombre de bactéries qui déclenchent la maladie. Pour certaines (même pour des souches de même nature, mais légèrement différentes, ou à des moments différents), il en faudra plusieurs milliers et pour d’autres quelques bactéries suffiront à provoquer l’infection.
    Ces nombres de bactéries nécessaires sont malheureusement très mal connus et ils dépendent aussi de la sensibilité de l’individu et notamment de ses défenses immunitaires.
    Les scientifiques cherchent à connaître le “taux et le délai d’infection secondaire” c’est à dire le nombre moyen d’autres personnes que va contaminer une personne malade et au bout de combien de jours (par exemple pour la peste, on pense que ce facteur de transmission est d’environ 1,4 pour un délai de 3 jours, à titre de comparaison ce facteur est de 2 à 3 pour un virus de grippe et de 25 pour un virus de rougeole !! Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les bactéries ne sont pas les plus contagieuses de ce point de vue.).

    Toutes les bactéries sont potentiellement pathogènes. Quand les défenses immunitaires d’une personne diminuent, même leurs bactéries présentes dans le corps et qui lui sont habituellement utiles, peuvent provoquer des troubles. C'est le cas, bien sûr, chez les immunodéprimés ou les malades du SIDA, mais aussi à la suite d'une infection virale qui affaiblit ces défences immunitaires, au cours du développement de maladies métaboliques comme le diabète, ou simplement pendant des périodes de fatigue ou de stress.

    Au plan médical, on classe les bactéries en deux grandes catégories :

        - Les bactéries pathogènes qui sont des bactéries responsables d'une maladie même chez le sujet " sain " (au sens du précédent paragraphe).
    Une bactérie pathogène, même redoutable, comme le bacille diphtérique ou le méningocoque peut être hébergée par une personne sans lui occasionner le moindre trouble. Ces hôtes sont dits porteurs sains.
    Quelquefois ces bactéries résident sur leur hôte après qu'elles l'aient infecté et après guérison (porteurs chroniques), mais souvent, ces bactéries font partie de sa microflore "normale".  Par exemple le méningocoque, agent de la méningite cérébrospinale, est souvent présent dans le nasopharynx d’une personne et la maladie est l'exception puisqu'elle ne touche qu'un porteur sain sur 10 000.
   
        - Les bactéries dites “opportunistes”, qui ne donnent habituellement pas de maladie chez les sujets sains, mais peuvent devenir pathogènes chez les sujets aux défenses immunitaires altérées.
    Ces bactéries sont souvent des bactéries dites “commensales”, qui vivent en permanence à la surface de la peau et des muqueuses de l'homme (notamment oro-pharynx, système gastro-intestinal et urinaire).
    Le type de maladie (et donc le pouvoir pathogène) de ces bactéries est en général une grande prolifération sur leur lieu habituel, avec une inflammation non spécifique à ce niveau (pneumonie, infection urinaire, infection intestinale,.. ), éventuellement suivie d'une généralisation, ou de localisations secondaires, en migrant  vers des tissus sur lesquels elles ne sont pas naturellement présentes (endocardite, cystites, abcès profond, ostéites, méningites...).

    Les germes qui sont très virulents ont une aptitude particulière pourse répandre et se multiplier sur ou dans un hôte, malgré les défenses que celui-ci opposera.
    Une infection débute généralement par la fixation du germe sur les muqueuses respiratoires, uro-génitales ou intestinales. Cette fixation permet au germe d'éviter l'expulsion par des phénomènes mécaniques tels le flux urinaire, la toux ou les mouvements péristaltiques de l'intestin.
    L'adhésion se fait, selon les germes, grâce aux pilis, à des protéines, sortes de colles sécrétées grâce à l’expression de gênes des plasmides , ou encore à de  longues fibres polysaccharidiques qui permettent à la bactérie de se lier comme un bateau à un ponton.
    Les bactéries doivent alors se protéger des défenses naturelles de l'hôte et leur capsule constitue une défense contre la phagocytose par les globules blancs, qui ne disposent pas toujours des enzymes nécessaires à leur digestion.
Certaines bactéries ont des stratégies remarquables :
Les staphylocoques, par exemple, disposent d'une coagulase qui entraîne la formation d'un caillot veineux dans lequel, protégé de la phagocytose, le germe peut se multiplier. Lorsque les germes sont nombreux, une enzyme dissout le caillot. Les germes sont libérés et sécrètent alors des enzymes qui attaquent le tissu conjonctif et créent des lésions tissulaires.

    Les bactéries pathogènes produisent de nombreuses substances qui sont toxiques pour leur hôte. Lorsqu'il s'agit de protéines et qu'elles agissent à faibles concentrations, on les appelle “toxines”.
    Dans certains cas (tétanos et botulisme par exemple), seule la toxine est pathogène et la multiplication du microorganisme ne participe en rien aux symptomes observés.
        Une neurotoxine est une toxine agissant sur le système nerveux,
        Une myotoxine agit sur la contraction des muscles (notamment les cardiotoxines sur le cœur et d'autres  sur les muscles respiratoires).
        Une hémotoxine détruit les cellules du sang.
        Une dermatotoxine s’attaque à la peau et les muqueuses;
        Une hépatotoxine au foie;
        Une néphrotoxine au rein.
    La toxine botulique est celle dont la toxicité est la plus élevée pour l’homme : un microgramme peut entraîner la mort.
    Sont également très dangereuses les toxines diphtérique, tétanique;, l’entérotoxine des staphylocoques,
    Des organismes vivants autres que les bactéries fabriquent aussi des toxines dangereuses : ricine extraite de la fève de ricin mortelle à environ 1mg par kg du receveur, ou la saxitoxine sécrétées oar des algues américaines;
   
    J’espère que maintenant vous avez une idée de ce que sont les bactéries.
Je n’en n’ai pas mis une liste, elle est trop longue, mais vous en trouverez une sur le site suivant :   http://www.123bio.net/cours/bacterio/index.html

   
Dans mon prochain article, je parlerai des virus.

Samedi 23 mai 2009 à 10:09

Biologie, santé.

    Dans l’article d’hier nous avons vu que les bactéries sont de minuscules êtres vivants faits d'une seule cellule, se reproduisant de façon asexuée par scissiparité, et dont le noyau cellulaire, composé essentiellement d’ADN, n'est pas délimité par une membrane, à la différence de la plupart des cellules.
    Leur taille varie de 0,02 micromètre (millième de millimètre) pour les nanobactéries à 0,75 mm pour la plus grande, visible à l'œil nu. La plupart mesurent toutefois entre 0,5 et 100 µm.  et ne peuvent donc être vues qu’au microscope.
    Chez l'homme, il a été calculé que 1012 bactéries colonisent la peau, 1010 bactéries colonisent la bouche et 1014 bactéries habitent dans l'intestin, ce qui fait qu'il y a dix fois plus de cellules bactériennes que de cellules humaines dans le corps humain. La plupart de ces bactéries sont inoffensives ou bénéfiques pour l’organisme. Il existe cependant de nombreuses espèces pathogènes à l'origine de beaucoup de maladies infectieuses

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/sortesbacteries.jpg

    Les bactéries ont des formes sphériques (coques), des formes allongées,
plus ou moins spiralées (spirilles) ou en bâtonnets (bacilles), ).





http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/bacterie.png







Vous avez ci-contre le schéma d’une bactérie.










    Au centre le nucléoïde qui est le noyau non délimité et individualisé. Il contient de matériel génétique composé d’un double brin d’ADN (acide désoxyribonucléique) circulaire, qui constitue l’unique chromosome bactérien.
    Vous vous rappelez peut être votre cours de SVT ou mon article du 3 mars : je rappelle que l’ADN est une structure moléculaire en double hélice, une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).
    C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.
    Les ADN des bactéries sont assez importants (notamment par rapport à ceux des virus). Le bacille de la peste par exemple, qui fait un micron environ de long, a un ADN qui possède 5. 108 paires de bases A, T ou C,G.
    Les bactéries contiennent également d'autres molécules circulaires d'ADN appelées “plasmides”, qui portent notamment les gènes de résistance aux antibiotiques. Ces plasmides sont très utilisés en recherche biologique en génétique. En intégrant un gène dans un plasmide, on peut obtenir une grande quantité de ce gène car la multiplication des bactéries est facile et rapide. De plus, on peut isoler ces plasmides et ainsi récupérer le gène choisi fabriqué en grande quantité.

    Les cellules bactériennes contiennent aussi de nombreux ribosomes permettant la synthèse de protéines. Le cytoplasme  contient souvent des substances de réserves de nourriture (glycogène et amidon).
    Certaines bactéries peuvent fabriquer de fines couches externes à la paroi cellulaire, généralement constituées de  sucres. Quand la couche est compacte, on parle de “capsule”. Les capsules constituent une barrière de protection de la cellule contre l’environnement externe et aussi contre la phagocytose par nos globules blancs s’opposant à l’infection. Elle facilite aussi l’attachement aux surfaces.

    La plupart des bactéries ne sont pas mobiles, mais certaines disposent d'un appareil locomoteur. C’est une sorte d’appendice en forme d’hélice : le "flagelle", inséré à l'une des extrémités de la cellule. Quelques espèces sont pourvues d'une série de flagelles, disposés sur les faces latérales.
    D’autres espèces sont couvertes de nombreux petits « poils », (les pilis sur le schéma), qui ne jouent aucun rôle dans la locomotion, mais interviennent dans les processus d’adhésion des bactéries à un support.
   
    Les bactéries se reproduisent de façon asexuée, par scissiparité (une simple division cellulaire). Le matériel génétique est tout d’abord dupliqué, puis la bactérie s'allonge, se contracte en son milieu et se divise, formant deux cellules filles identiques à la cellule mère. Ainsi, la descendance d’une cellule bactérienne est constituée de cellules génétiquement identiques, clones de la bactérie initiale. Certaines bactéries se divisent toutes les 20 à 40 min. Dans des conditions favorables, à raison d'une division toutes les 30 min, une seule cellule aura produit, en quinze heures, un milliard de cellules-filles, colonie visible à l’œil nu.
    En revanche, dans de mauvaises conditions, certaines espèces produisent des spores, formes dormantes de la cellule, capables de supporter des conditions extrêmes de température ou de sécheresse. Ainsi les Anglais, qui avaient fait des essais sur une petite île déserte avec des bactéries du charbon (l’anthrax), ont retrouvé des bactéries encore pathogènes 50 ans après et on dû décontaminer tout le sol de l’île au formol.
En 2007, un forage dans le nord-ouest Canadien a permis à des scientifiques de l'université de Californie de mettre au jour une bactérie vieille d'environ 500 000 ans et toujours vivante.
On a retrouvé une bactérie endormie à l'intérieur d'une abeille qui était dans de l'ambre (résine fossile, provenant de conifères de l'époque oligocène, qui poussaient sur l'emplacement de l'actuelle mer Baltique), depuis 25 à 40 millions d'années. De même, une bactérie demeurée endormie depuis 250 millions d'années a été découverte dans un cristal de sel. à environ 600 mètres sous terre, au Nouveau-Mexique.
    Certaines bactéries ultrarésistantes aux rayonnements nucléaires peuvent vivre dans des cavités d'irradiation de réacteurs nucléaires.

    Au laboratoire, les bactéries peuvent être cultivées en milieu de culture liquide ou en milieu solide. Le milieu de culture doit apporter les éléments nutritifs (nutriments) élémentaires à la bactérie. Les milieux de culture gélosés solides sont utilisés pour isoler des cultures pures de cellules bactériennes. Dans le cas des bactéries se divisant rapidement, une cellule bactérienne dispersée sur un milieu gélosé va se multiplier et, au bout de 24 à 48 heures, devenir un amas de bactéries, appelé une colonie bactérienne, visible à l’œil nu.
    En fait il est assez facile de faire une culture bactérienne, avec une cocotte minute  et un bouillon contenant une nourriture appropriée.
    Heureusement on ne dispose pas, en dehors de quelques laboratoires spécialisés de recherche, des souches pathogènes, qui sont soigneusement conservées dans des conditions telles qu’elles ne puissent sortir de leur lieu de conservation.
    Mais nous devons tous être vigilant car si de la nourriture est contaminée accidentellement par des bactéries, (notamment salmonelles lors de la rupture de la chaîne du froid dans la conservation d’aliments), celles-ci se développent facilement dans notre cuisine.et sont alors dangereuses.

 
   Demain mon article portera sur les bactéries pathogènes et leur virulence.

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Vendredi 22 mai 2009 à 8:49

Biologie, santé.


http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques1/microbes.jpg
    Je vous avais promis quelques articles que vous m’aviez demandés sur les “microbes”, à la suite de mes articles sur la grippe mexicaine.
    Mais c’est assez compliqué et j’ai dû réfléchir à la manière de simplifier mes exposés et de faire des schémas simples à partir de planches de livres de médecine.
    Pour ne pas vous fatiguer et ne pas faire des articles trop long, je ferai plusieurs articles qui se complèteront, entrecoupés de photos d’animaux ou de paysages, certains jours de repos pour vous et pour moi !

Le mot “microbe” ne veut rien dire, actuellement en microbiologie. Il recouvre toutes sortes de cellules, voire d'organismes, provoquant des maladies diverses tant chez les plantes que chez les animaux.
    Ce mot était utilisé à l’origine dans le sens “micro-vie”, (par Pasteur), mais on ne peut plus utiliser un tel terme aussi vague à l'ère du microscope électronique.
    Le mot “microbe” recouvre toute une série d'agents, infectieux ou non, par exemple :
    - les bactéries
    - les virus
    - les rickettsies
    - les champignons, moisissures, levures,  qui créent des mycoses.
    - les protozoaires


    Les bactéries sont de minuscules êtres vivants faits d'une seule cellule, se reproduisant de façon asexuée par scissiparité, et dont le noyau cellulaire, composé essentiellement d’ADN, n'est pas délimité par une membrane, à la différence de la plupart des cellules.
    Elles sont présentes un peu partout : dans l'air, les sols, l'eau, la glace, la peau, les fonds océaniques, . Certaines sont pathogènes provoquent des maladies, d'autres sont utiles à l'homme : présentes dans l'intestin elles aident à digérer, elles sont utilisées pour fabriquer des aliments et ont de nombreuses applications dans l’industrie.
Mais en réalité, toutes  les bactéries sont potentiellement pathogènes. Quand un hôte voit ses défenses immunitaires affectées, même ses bactéries habituellement utiles peuvent provoquer des troubles. Tout dépend aussi de leur nombre.
    Les bactéries constituent, par leur multiplication rapide et par la variété de leurs activités chimiques, un groupe d'une importance capitale pour l'équilibre du monde vivant et notamment du corps humain.

    Un virus se caractérise par son incapacité à se multiplier seul par division. Il a besoin pour cela d'utiliser une cellule hôte Un virus est un minuscule parasite des cellules . Incapable de vivre seul, le virus pénètre dans la cellule et l'utilise pour se multiplier et ainsi contaminer d'autres cellules.
    Un virus contient du “matériel génétique” : ADN ou ARN.
    Un virus n’est donc pas un être vivant puisqu’il ne peut se reproduire seul, et il ressemble  davantage à un “robot” .
Rappelons la définition d’un “virus informatique”, car elle est calquée sur le fonctionnement des virus biologiques : un “virus informatique” est un petit programme informatique situé dans le corps d'un autre programme, qui, lorsqu'on l'exécute, se charge en mémoire et exécute les instructions que son auteur a programmé (souvent maléfiques).   
    Il existe une immense diversité de virus biologiques, notamment en raison des mutations génétiques qu’ils peuvent subir.
    Il existe des virus de bactéries, des virus d'algues, des virus de plantes, des virus de moisissures, des virus d'insectes, des virus d’animaux et des humains, et même des virus de virus!.

    Les rickettsies sont des bactéries particulières intermédiaires entre les bactéries proprement dites et les virus. Elles ne se développent pas à l’extérieur d’un hôte et ne peuvent le faire que dans des cellules vivantes.
    De nombreux animaux constituent le réservoir naturel de ces bactéries particulières. L’homme ne représente qu’un hôte accidentel, à l’exception de l’agent du typhus qui est essentiellement humain.
    Les rickettsies infectent également de nombreux arthropodes, (notamment moustiques et puces) qui interviennent dans les cycles infectieux en assurant la transmission inter-humaine, inter-animale ou de l’animal à l’homme de ces bactéries. Il n’y a pas de transmission inter-humaine directe.

    Vous connaissez tous les champignons plus ou moins comestibles : ce sont des plantes. Vous connaissez aussi les lichens, symbiose entre des champignons et des cellules contenant de la chlorophylle.
    Mais il existe des champignons microscopiques et certains en particulier qui sont unicellulaires et peuvent faire fermenter les matières organiques animales : ce sont les levures (certaines sont utilisées en agro-alimentaire)
    Ce qui est moins connu c’est que nous avons de ces nombreux champignons microscopiques dans le corps et notamment une levure particulière dans le tube digestif, l’intestin, la vessie, les organes génitaux (que l’on appelle candida albicans parfois aussi “monilia”).
    Ces moisissures se nourrissent principalement de carbone et d’azote.
    Ces champignons microscopiques et les bactéries protectrices présentes dans notre corps vivent normalement en parfaite harmonie. Mais parfois cet équilibre est rompu suite à l’apparition de conditions favorables aux champignons ou défavorables aux bactéries.
    Les champignons se développent alors anormalement, entrainant des mycoses très gênantes, voire graves et douloureuses, notamment sur la peau, sous les ongles dea mains, sur les pieds ou dans les organes génitaux.
    La multiplication des champignons peut avoir une cause interne physiologique, une cause externe (humidité, macération, irritation de la peau, hygiène insuffisante ou exagérée..). Il peut y avoir également contamination par un autre humain ou un animal.

    Les protozoaires enfin  sont des organismes unicellulaires (cellules ayant un noyau, contrairement aux bactéries), et ne sont pas à proprement parler des animaux. Ces organismes font partie d'un règne spécifique.
    L'apparente simplicité des Protozoaires est trompeuse. En fait, la cellule unique des Protozoaires est plus complexe que la cellule animale normale. Toutes les fonctions nécessaires à la vie animale sont remplies par cette cellule unique
    Vous avez sûrement entendu parler des “amibes”, sorte particulière de protozoaire.
    Ils ont conquis et se sont adaptés à tous les milieux de vie, et certains sont des parasites qui peuvent être dangereux. Leur reproduction sexuée ou asexuée est très complexe. Le mode de nutrition des protozoaires se fait par ingestion et ils puisent ainsi le carbone en provenance des différents composés organiques.
    Ces organismes sont responsables de certaines maladies graves et répandues : l’amibiase, le paludisme, la toxoplasmose par exemple
   
   
        Dans les prochains jours, je ferai deux articles sur les bactéries, deux sur les virus, un article sur la contamination dans l’air (aérosologie), ce qui est important si on veut comprendre des épidémies comme la grippe, et un  article sur les défenses immunitaires.
    Rassurez vous ce ne sera pas un cours de médecine (je serais bien incapable de le faire), mais seulement les notions que toute personne cultivée et notamment les journalistes et cinéastes, devraient savoir, afin d’éviter de dire de grosses bêtises.
    J’espère qu’avec cela, mes correspondantes qui ont choisi pour l’an prochain un sujet de TPE dans ce domaine, auront des données de départ.


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lancien

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