Vendredi 20 août 2010 à 9:36

Zoologie, botanique, évolution



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    Le perroquet "Nestor kéa" ou plus simplement "Kéa" est une espèce de perroquet montagnard de Nouvelle-Zélande. Son nom commun tire son origine de son puissant cri : « keee-aa ».
    Rien à voir avec Ikéa !! lol


















    L’intelligence d'Alex et de ses congénères est impressionnante, mais ces oiseaux vivent en captivité depuis des décennies. Qu'en est-iI des perroquets en liberté?
    Je tire les renseignements suivant d’un article de Christine Scholtyssec.

    La longévité des perroquets, qui peut atteindre la centaine d’année, est un argument en faveur d'une capacité de mémorisation développée: même en liberté,  Une bonne mémoire est presque indispensable pour une longue vie, car les oiseaux doivent mémoriser les différentes sources de nourriture et d'eau, les refuges et les partenaires sociaux. De plus, cette longévité augmente aussi la probabilité que les oiseaux soient confrontés à des changements de leur environnement, par exemple à cause d'une sécheresse ou d'une inondation.
    Afin de survivre dans ces conditions, iI faut une certaine flexibilité mentale: iI s'agit de renoncer à des comportements habituels et d'appliquer des expériences antérieures à la nouvelle situation.
    Dans la nature, presque tous les perroquets vivent en groupes, dont la structure ressemble à celle des groupes de singes anthropoïdes et dont le niveau d’intelligence social est élevé.
    Les animaux doivent être capables de distinguer un grand nombre d'individus différents, et de se comporter conformément à leurs expériences antérieures. Comme les couples humains, les couples de perroquets passent du temps ensemble même quand ils ne sont pas en train d'élever des petits. Chez certaines espèces, les deux partenaires apprennent même parfois un chant particulier commun, ou ils chantent I'un après "autre une sorte de duo.
    On peut aussi observer I'utilisation d'outils chez plusieurs espeèes de perroquets. Certains mâles cacatoes, par exemple, taillent des branches avec leur bec, les tiennent avec leurs pattes et pour marquer leur territoire, en frappent le tronc d'un arbre creux  afin d’émettre ainsi un bruit audible de loin.
    Chez d'autres espèces de cacatoes, on a observé qu'ils jettent, à partir d'une position élevée, des branches et des petites pierres sur des oiseaux de proie afin de les chasser. (mes écureuils savent faire cela aussi ! )
    Les perroquets ont aussi souvent un penchant pour le jeu. Ainsi, les kéas, (voir la photo), même adultes, aiment s'amuser a deux avec un baton et les cacatoes australiens font des tours de manège en se mettant sur les pales des moulins à vent.
    Ces oiseaux sont probablement capables d'élargir leur répertoire d'expériences tout au long de leur vie.

Jeudi 19 août 2010 à 8:36

Zoologie, botanique, évolution


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    Hier nous avons vu les performances des perroquets éduqués par Irène Peppenberg de l’université d’Harward, en matière de reconnaissance de diverses propriétés d’objet et d’association de propriétés ou de comptage d’objets.
    Aujourd’hui nous allons voir qu’Alex était capable d’exprimer certaines idées, certains désirs, en utilisant des verbes et leur complément, et en ayant ainsi une certaine “conscience de soi”.

    Les perroquets gris disent par exemple « Veux pomme» quand ils voient une pomme, et par la suite même s’ils ne la voient pas mais ont envie de manger.
    On les a habitués à regarder ce qui se passait dehors et quand ils voulaient le faire ils savaient dire : « Veux aller fenêtre ».
    Bien entendu, entraineurs obéissent a ces souhaits pour que les oiseaux ressentent les conséquences de leurs phrases. Quand on tend un mauvais objet, l'oiseau refuse avec un « Non» et répete sa demande initiale. Quand il est conduit au mauvais endroit, il refuse de quitter le bras de l'entraineur, et renouvelle aussi sa demande.

    Un autre exemple des capacités cognitives de ces oiseaux loquaces est la permanence de l'objet :  un objet continue d'exister même quand on le change de place ou même lorsqu'il est caché.
    Ce concept n'est pas aussi évident qu'il y parait : chez les bébés, cette capacité n'apparait que progressivement. Bien que les chiens, les chats, les pigeons adultes, aient une notion rudimentaire de la permanence des objets, elle est beaucoup moins élaborée que chez l'homme.   
    Si on cache un objet sous l'un des trois gobelets posés devant l'animal, puis on le cache sous un autre gobelet, seuls les grands singes adultes et les perroquets font aussi bien que I'homme adulte dans ce type de test.    
    Les études sur de jeunes perroquets ont révélé que le développement de la permanence de l'objet passe par les mêmes stades que chez l'enfant humain.

    Alex a même “inventé” des mots appropriés pour certains objets.
    Par exemple, lorsqu'il dut apprendre le mot pomme, il connaissait déja les noms de banane, cerise et raisin. L'entraineur lui présenta alors une pomme en lui demandant, sans lui citer aucun nom : «Qu'est-ce que c'est? » ; Alex répondit “banarise” en croquant dans le fruit.
    L'entraineur essaya de le corriger en répétant plusieurs fois le mot pomme. Alex répétait “banarise”, et ceci avec la même intonation distince et lente que celle des entraineurs quand ils lui apprennent un nouveau mot.
    Par la suite, il a obstinément utilisé ce nom pour toutes les pommes qu'on lui présentait et il le classait dans les fruits. Il l’a probablement construit à partir des mots banane et cerise qu'il connaissait déja. Peut-être les pommes ont elles pour lui, un goût un peu similaire à celui de la banane, et certaines pommes à peau rouge, ressemblent un peu à une grosse cerise.

    Un jour Alex regardait son image dans un miroir, et il a demandé à son entraineur “Quelle couleur ? " en pointant sa tête. Il posait une question que personne ne lui avait apprise avant.  L’entraineur lui répondit : “ Gris. Tu es un perroquet gris” . Alex reposa la même question cinq fois et obtint chaque fois la même réponse. A partir de ce jour-Ià “gris” fit partie de son vocabulaire.

   
Ces exemples montrent que les perroquets ne sont pas des animaux uniquement guidés par leurs instincts. lIs ont une excellente mémoire. sont capables d'apprendre des formes de communication élaborées, ont une vie sociale riche et une curiosité impressionnante.
    Leur intelligence devrait au moins égaler celle des singes anthropoïdes et des dauphins, considérésjusqu'a présent comme les animaux les plus intelligents.

Mercredi 18 août 2010 à 8:41

Zoologie, botanique, évolution



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    Tout le monde sait que les perroquets peuvent prononcer de nombreux mots, voire chanter des chansons.
    J’ai connu des perroquets qui connaissaient au moins 100 mots et chantaient la Marseillaise !  Ils faisaient des réponses parfois avec beaucoup d’à propos, mais c’étaient toujours les mêmes.
    Cela paraît extraordinaire, mais c’est au fond l’effet d'une bonne mémoire. La question est de savoir si les perroquets qui parlent comprennent ce qu'ils disent.
    Pour le découvrir, !rène Pepperberg a fait subir de nombreux tests a Alex et à deux autres perroquets gris, qui ont appris à parler dans son laboratoire.        
    Les résultats de ses travaux sont sans équivoque : non seulement ces oiseaux comprennent le sens des mots qu'ils connaissent, mais ils sont également doués de facultés cognitives qui égalent celles des grands singes ou des dauphins !

    Alex et ses compagnons savent tous répondre correctement à des questions du type : « Qu'est-ce que c'est ? », « De quelle couleur est ce cube ? ", « Quelle est la forme de cet objet ?»
    Quand on leur présente par exemple un rectangle rouge en papier et qu'on leur demande la couleur, la forme ou le matériau, la plupart du temps la réponse des animaux est correcte.
    Ils ont acquis une compréhension de mots correspondant à des propriétés d’objets, telles que couleur, forme, et matériau.
 
    Toutefois, un animal capable de distinguer le rouge du vert n'a pas pour autant nécessairement compris le concept de couleur. Ce n'est le cas que s'il comprend que rouge, vert ou bleu sont différentes variantes possibles du même attribut d'un objet.
    Alex et ses congénères savent répondre à des questions qui montrent qu’ils ont acquis ces notions, notamment de similitude et de différence
    Quand on leur montre, par exemple, un triangle rouge et un cercIe rouge et qu'on leur demande, « Qu'est ce qui est pareil ? », ils répondent «Couleur». A la question « Qu'est-ce qui est différent ? », la réponse est « Forme ».
    C'est une performance remarquable puisque, pour donner la réponse correcte, les oiseaux doivent d'abord interpréter correctement la question, puis identifier la catégorie correspondante, et finalement dire un mot, correspondant à un signal acoustique étranger à leur espèce.

    De plus, les perroquets gris ont appris à comprendre et à employer correctement le concept (comme en informatique), de « et ».
    Pour la question « Qu'est-ce qui est rectangulaire et rouge ? », ils sont capables de trouver dans une collection le seul objet qui présente les deux propriétés.
    Ils ont appris également  à comparer des objets et à répondre à des questions telles que « Quelle est la couleur du plus grand ? ». ou du plus petit.

    Les chiffres et les notions de quantité ne leur posent pas non plus de problème ; Alex maitrise les nombres jusqu'a six. Quand on lui montre un tableau sur lequel se trouvent quatre trombones, trois baIles et cinq triangles de papier dans un ordre aléatoire, il répond correctement « cinq » a la question « Combien de triangles ? ».
    On ignore encore si, pour réussir, le perroquet compte les objets, ou s'il reconnait le nombre d'un seul coup d'oeil. Les humains, sont capables de recenser jusqu'à quatre à cinq objets simulnément sans avoir à les dénombrer. Les chimpanzés, savent compter comme un jeune enfant.
    Madame Pepperberg suppose que c'est aussi le cas pour Alex.

    Demain je vous raconterai comment Alex peut indiquer par la parole certains de ses souhaits.

Mardi 17 août 2010 à 8:32

Zoologie, botanique, évolution

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    Dans l'article d'hier je vous disais qu'un chercheur de Harvard, madame Irène Peppenberg, avait voulu savoir jusqu'où on pouvait apprendre à parler aux perroquets pour qu'ils aient une certaine compréhension de leurs paroles.

    Aujourd’hui je vous décrirai la méthode originale qu’elle utilisait pour leur apprendre à parler, et à comprendre la signification des mots qu’ils prononçaient.
    Dans les deux articles suivants, je vous résumerai les résultats. et les prouesses d’Alex.

   Pour ses expériences, Irène Pepperberg a choisi des perroquets gris africains, qui sont capables d'articuler le langage humain avec une précision remarquable. Pour que le perroquet - comme l'enfant - puisse utiliser le langage de façon sensée, il doit non seulement acquérir du vocabulaire, mais également en comprendre le sens et  utiliser correctement les différents types de mots.
    Madame Pepperberg a d'abord élaboré une méthode d'entrainement spécifique, qui rappelle les comportements d'apprentissage des oiseaux et des enfants : dans la nature, les perroquets les plus jeunes apprennent à reproduire le chant des plus vieux, tout comme les enfants acquièrent beaucoup plus facilement le langage et un savoir quand ils parlent avec un adulte que par une observation passive.

     Une séance d'entrainement se déroule de la façon suivante : deux entraineurs sont assis devant le perroquet, et entre eux se trouve un plateau sur lequel plusieurs objets sont posés.
    Le premier entraineur saisit, par exemple, une baIle, la montre à son collègue et lui demande : « Qu'est-ce que c'est?, et le second répond : “baIle ; c'est une baIle “   
    L'entraineur numéro 1 félicite le numéro 2, et lui offre la balle comme récompense. Parfois cependant, le deuxième entraineur fait exprès de donner une mauvaise réponse. Le premier entraineur le réprimande et enlève l'objet du champ de vision pendant un certain temps. Après un tel cycle, les entraineurs changent de róle.
    Le perroquet peut intervenir a tout moment, et, selon sa réponse, il est récompensé ou réprimandé. S'il prononce le mot juste, on lui donne l'objet pour qu'il l'examine et joue avec.
    Ainsi, l'entraineur numéro 2 est, pour l'oiseau, un modèle et un rival, car il cherche a attirer l'attention de l'entraineur numéro 1. Dès que le perroquet a appris quelques mots, il cherche à prendre le róle du deuxième entraineur .

    Grâce a cette technique astucieuse, le perroquet gris ALEX entrainé par Irène. Pepperberg,  a progressivement acquis, apres 20 ans d'entrainement, un vocabulaire considérable : plus de 100 noms d'objets, plus de dix mots différents pour les couleurs; sept mots désignant des formes; des noms de matériaux et des chiffres, et même plusieurs verbes.
    Dans les prochains articles je vous raconterai ses prouesses.

Lundi 16 août 2010 à 8:25

Zoologie, botanique, évolution

    L’article que j’avais fait sur la conscience des animaux m’a valu plusieurs mails qui me demandent si j’ai des précisions supplémentaires sur ce que l’on peut apprendre à un perroquet ou à un singe.

    En ce qui concerne les singes j’ai répondu par mail à ma correspondante, mais vous pouvez lire un roman très documenté sur ce sujet et très proche de la vérité, de Robert Merle “Le propre de l’homme”.
    Quant aux perroquets, je vais faire quelques articles à ce sujet à partir d’un livre écrit par un chercheur de Harward, madame Irène Pepperberg et de nombreux documents que l’on trouve sur son site http://www.alexfoundation.org/support_research.html ,
concernant les recherches de communication avec des perroquets gris africains, qu’elle a menées pendant 30 ans, et notamment avec un perroquet ALEX, qui est mort en septembre 2009 à l’âge de 31 ans. Deux autres perroquets ont également été dressés : Griffin et Arthur et vous voyez ci dessous leurs photos.
    Dans les prochains articles,  je vous décrirai la méthode originale qu’elle utilisait pour leur apprendre à parler, et à comprendre la signification des mots qu’ils prononçaient, puis je vous résumerai les résultats de ses études et les prouesses d’Alex.


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Ci dessus ALEX, le compagnon de 30 ans

A droite les deux autres perroquet, Griffin et Arthur

    Quand on compare le cerveau d'un oiseau avec celui d'un mammifère on remarque immédiatement que la surface du cerveau n'est plissée que chez les mammifères. Chez ceux-ci, plus leur cortex est volumineux par rapport au reste du cerveau et plus les replis sont marqués et nombreux, meilleures sont les capacités cognitives. Par conséquent, les scientifiques ont longtemps considéré qu'a cause de leur cerveau lisse, les oiseaux avaient des capacités cognitives réduites et que le cortex des oiseaux correspondait à des régions qui ne seraient capables que de comportements inférieurs réflexes.

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    Toutefois, des études récentes, notamment celles du biologiste Louis Lefebvre de l'université McGill de Montréal, ont montré qu’on observe la méme corrélation chez les oiseaux; plus les régions du pallium, (l'équivalent du cortex chez les oiseaux), sont étendues, plus l'animal est intelligent, et que même si l’organisation du cerveau des oiseaux et celle les mammifères sont très différentes, leurs modes de foncionnement présentent des similitudes : par exemple, les mémes structures sont activées quand les perroquets apprennent à produire de nouveaux sons et quand les humains apprennent des mots inconnus.
    Il avait montré que des corneilles avaient une certaine "conscience du soi" et reconnaissaient leur image dans un miroir et la tache (une gomette) qu'on leur mettait sur le corps (elles essayaient de l'enlever avec le bec), alors que les mammifères ne remarquent pas ce signe, en dehors des singes supérieurs, car ils ne savent pas que c'est leur image qu'ils voient dans le miroir..

    Madame Pepperberg a voulu montrer que certains oiseaux pouvaient se montrer très intelligents et elle leur a appris à parler avec une méthode originale que je vous expliquerai dans mon prochain article..
   

Dimanche 15 août 2010 à 9:09

Divers

En Bretagne, même par beau temps il arrive qu’on lise un livre, comme le fait ma petite fille sur cette photo.

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    La veille, dans le bateau de son père, elle avait pu photographier un dauphin, mais malheureusement je n’ai ici qu’un vieux mac, qui n’a pas de liaison bluetooth, et je n’ai pas pu récupérer sa photo pour vous la montrer

    J’ai donc été sur internet pour voir des dauphins, et je me suis aperçu que l’on pouvait apprendre à compter en les regardant sauter :

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                1





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2




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                                3





    Et il paraît qu’un psy (farfelu) a fait une corrélation entre le stress des observateurs et l’observation de cette image.
Plus ils étaient stressés, plus ils trouvaient les deux dauphins de l’image différents.
    Heureusement une corrélation n'est pas une relation de cause à effet.
    Et puis les psys sont parfois nuls en statistiques.

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Samedi 14 août 2010 à 8:37

Divers

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    J’ai eu des problèmes avec les gros volets en bois de ma maison de Bretagne et je voudrais vous en conter l’histoire.
    Ce sont des grands volets de bois des porte-fenêtres, qui mesurent  0,80 m X 2,20 m et de 3 cm d’épaisseur et sont extrèmement solides.
    Ils sont fermés tout l’hiver car ils protègent la maison quand nous ne sommes pas là.

    En arrivant je vois un trou en bas d’un volet , un demi cercle de 7cm de diamètre environ.
    Je ne voyais pas pourquoi un cambrioleur aurait fait un trou à cet endroit qui ne lui permettait pas d’ouvrir ensuite.
    Avec quel outil avait on fait cela : une scie ne pouvait pas commencer à tailler dans le volet fermé. Un burin aurait cassé le volet. On aurait dit quelqu’un avec des trous successifs d’une perceuse.
    Mystère donc.

    Une fois rentrés nous avons trouvé entre la porte fenètre vitrée et le volet, un nid d’oiseau et des plumes vertes dedans
    Du coup tout s’explique : cet hiver il a fait - 5 °C penant 8 jours ce qui est exceptionnel en Bretagne. Un pic vert a trouvé que c’était trop froid et qu’il n’allait pas couver des oeufs dans ces conditions.
    Alors il a percé mon volet à coups de bec pour passer et se retrouver plus au chaud et à l’abri du vent.
    Il a dû passer du temps pour faire son trou !!

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    Il faut réparer : j’ai acheté deux plaques de contre-plaqué marine et kje les ai clouées de par et d’autre du trou et j’ai rempli le trou entre les plaques  avec de la pâte de bois qui polymérise.
    Je suis en train de tout repeindre.

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    Mais j’ai aussi une barre de mon portail qui a été bouffée par des bestioles (des insectes genre capricorne : j’en ai trouvé un dans la barre détruite).
    Je l’ai remplacée mais ce n’est pas encore repeint.
   














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    J’ai aussi un velux qui a souffert de l’hiver. Du travail encore pour ne pas m’ennuyer !

   

Vendredi 13 août 2010 à 9:40

Vivre sa vie

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    Suite à mon article sur la mort, j’ai reçu plusieurs mails.

    Certains me reparlent de questions qui avaient déjà été évoquées aupravant, par exemple la peur de ne pas avoir suffisamment communiqué avec ses parents avant qu’ils ne quittent ce monde, ou de leur avoir montré qu’on les aimait.
    Je pense que pour cela, on n’a pas besoin de penser à leur mort. C’est au contraire une action de vie.
    Personnellement quand j’étais jeune mes grands parents étaient souvent là pour m’aider, pour me conseiller, tout en me laissant la liberté de décision.
    Plus tard j’ai souvent, même pour mon travail demandé l’avis de mon père, que je ne suivais pas toujours car c’était de ma responsabilité, mais je tenais toujours compte de ce qu’il me disait, et il y a toujours eu une grande entente entre nous, ce qui m’a beaucoup apporté.

    Mais j’ai reçu un mail qui m’a un peu étonné et, si j’ai répondu directement pour pouvoir évoquer des questions personnelles, je pense qu’il est intéressant d’en parler également ici.
    Ma correspondante me disait que, si je ne pensais pas à ma mort, je ne pouvais pas la préparer et notamment penser à ce que deviendraient les miens après ma disparition.

    Je crois qu’il y a une certaine confusion entre prévoir un avenir d’où on ne serait plus là et être obnubilé par sa propre mort.
    Dans sa vie, dans son métier, on fait des projets, on essaie de prévoir ce qui va arriver, d’anticiper sur les événements pour ne pas être surpris par eux et de faire en sorte que certaines dispositions permettent de passer un cap dans de bonnes conditions.
    Je pense que l’attitude face à sa propre disparition peut être la même, une attitude de responsabilité.
    Essayer de faciliter les choses pour ceux qui resteront et seront dans l’épreuve et la peine, est chose normale. Essayer que la vie continue avec le moins de changements possibles et résoudre par avance, au mieux, certains problèmes matériels, me paraît être une préoccupation normale de prévision, qui n’a rien à voir avec penser à la façon dont on mourra et à ce qu’on ressentira.
    Pour moi, préparer l’avenir que ce soit avec ou sans moi, c’est vivre.
    Quand je fais des courses au supermarché pour quelques jours, alors que je pars en voyage en avion, j’essaie de prévoir les repas comme si j’étais là (avec un convive en moins), mais je ne vais pas me torturer les sangs en pensant que je vais avoir un accident d’avion, fort improbable d’ailleurs !.

    Mathias m’a posé dans un commentaire une question intéressante :
“Je ne comprends pas cette vie que l'on mène. Est ce que vous feriez exactement les mêmes choses si "vous saviez qu'un jour vous allez mourir" ?  Est ce que l'on ne vit pas comme si on se croyait invincible..”

    Je ne crois pas que l’on se sente invincible. On sait très bien qu’on n’est pas éternel, que la fin viendra un jour et que ce ne sera pas une partie de plaisir.
    Mais je crois qu’il y a deux attitudes possibles, comme lorsqu’on va faire un long voyage en voiture.
    La première c’est de penser toutes les cinq minutes à l’accident qu’on va peut être avoir. Et il ne faut pas croire que cela vous fait mieux conduire, car cela vous stresse tellement que vous risquez d’être maladroit dans vos réflexes.
    La seconde c’est de penser qu’on part en vacances et que ce sera un moment agréable de votre vie, et dès lors, d’y aller en se consacrant au travail immédiat : conduire au mieux le véhicule pour arriver à bon port.

    J’avoue que cela m’ennuierait de savoir la date de ma mort, même si on me disait que ce ne sera que dans 15 ans, ce qui serait une bonne nouvelle en soi. Mais effectivement ce serait difficile de ne pas se dire souvent : "il ne me reste plus que tant de temps à vivre", et de se demander ce que je devrais faire durant cette période.
    C’est d’ailleurs une question relativement philosophique, même si, comme le dit Monochrome, les philosophes ont horreur de parler de la mort. Je me rappelle les discussions en classe de philo sur la liberté et la prédestination.
    Si tout était écrit, si nous n’avions aucune action aucune liberté quant à notre vie, quel en serait l’intérêt.?
    L’intérêt c’est justement de ne rien savoir sur ce qui arrivera, d’essayer de rêver, de voir ce qui est réalisable dans ses rêves, de faire des projets et de se donner les moyens de les réaliser, puis de travailler à leur réalisation et de se battre contre l’adversité.
  
  Vivre ce n’est pas penser à la mort, c’est penser à ce que l’on va faire et agir, nos actions impliquant évidemment les autres personnes et notamment notre famille et ceux qu’on aime.

Jeudi 12 août 2010 à 8:44

Libertés et règles

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    Je lisais récemment un compte-rendu d’études d’Antonio Damasio, neurobiologiste italien connu qui travaille à l’université d’Iowa sur un “cas de conscience théorique” qu’il proposait à des personnes volontaires.

    « Vous êtes avec quelqu'un que vous ne connaissez pas au-dessus d'un pont qui enjambe une voie ferrée. Derrière un tournant de la voie ferrée, vous apercevez une voiture bloquée sur la voie, avec plusieurs occupants a son bord et vous voyez le train approcher. Vous avez une seule solution pour forcer le train a s'arrêter : pousser votre voisin par dessus la barrière du pont et créer un accident qui bloquera la circulation.Que faites-vous? »
    Certes la situation est peu vraisemblable et je ne suis pas certain que la solution serait efficace.
    Mais supposons comme le demande Damiano qu’elle le soit.
    Doit-on sacrifier la vie d'un innocent pour en sauver plusieurs autres ?
    Voilà le type de questions auxquelles on soumet les sujets quand on veut étudier comment ils réagissent face a des dilemmes moraux.
    La plupart des sujets interrogés sont incapables de sacrifier la personne présente a leur coté. 

    Dans une variante de ce dilemme, ils ont la possibilité de détourner le train, en actionnant un aiguillage, vers une voie de garage., mais, sur cette voie, se trouve précisément la personne qui, dans I'autre version, était à coté d'eux sur le pont.
    Dans ce cas, la plupart acceptent d'actionner I'aiguillage.

    Dans les deux cas le point de vue est le même : plusieurs vies valent mieux qu'une, et toutes les personnes nous sont inconnues
    Cette expérience montre que nous pouvons faire le choix moral de sacrifier une personne au profit de plusieurs autres, tant que I'on reste dans une approche rationnelle, une logique froide, presque instrumentale où l’empathie n’intervient pas, mais où on “applique une règle”.
    Mais la présence réelle d’une personne, d’une logique « chaude» et donc une approche émotionnelle rend impossible cette façon d'envisager la situation, et les volontaires sont incapables de précipiter leur voisin sur la voie, même en pensant que sinon, ce sont plusieurs personnes qui seront sacrifiées.
    Damasio a également montré que, chez des personnes dont une zone du cortex préfrontal est lésée a cause de la rupture d'un vaisseau sanguin, zone qui relie les émotions ressenties aux choix que l' on fait, cette zone, n'étant plus active, seule I'approche “froide” est envisagée.
    Cette expérience met en lumière l’influence de nos émotions sur nos choix et notamment le lien émotionnel avec d’autres personnes analogues à nous.

Mercredi 11 août 2010 à 8:48

Zoologie, botanique, évolution

Nous connaissons presque tous, au moins de nom, la “crépidule”, ce drôle de coquillage gastéropode qui se fixe sur les coquilles des huîtres, celles des coquilles St-Jacques, et même sur les coques de bateaux
    Importée par inadvertance des Etats-Unis, elle a trouvé des conditions climatiques favorables à son épanouissement dans les eaux européennes;  elle vit dans des eaux situées près de la surface mais elle peut vivre également un certain temps en zones découvrantes.

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    En effet, comme le montre la photo, à l’intérieur de la coquille une cloison calcaire supporte le pied (ventouse) de l’animal, ses organes se situant en dessous de la cloison et, en cas d’absence prolongée d’eau de mer, la chambre renfermant les organes devient étanche et peut ainsi retenir un volume d’eau suffisant pour permettre à l’animal de survivre.
    Sédentaires, elles se nourrissent en recueillant les organismes planctoniques du courant. Elles les filtrent alors grâce à un filet muqueux, puis les font tomber dans une gouttière spéciale jusqu'à la bouche, où le plancton arrive moulé en petits cylindres. Les ferments servant à la digestion sont soudés dans l'estomac en un bâton qui se raccourcit lors de l'absorption de nourriture, mais se reconstitue ensuite.

    Les crépidules ont reçu le nom de “crépidula fornicata”, car elles organisent entre elles de véritables partouzes ! lol
    Montées et accrochées les unes aux autres, les crépidules forment des amas compacts, accidentés et en apparence sans ordre ni symétrie, construits aux hasards des rencontres.
    En réalité il y a cependant un certain ordonnancement : à la base de grosses femelles, au sommet de l’empilement un mâle plus petit, et sous lui des intermédiaires en train de changer de sexe, car les crépidules sont des transsexuelles.

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    Jeunes les crépidules sont libres et de sexe mâle. Mais elles ne restent pas longtemps seules. Un coquillage qui grandit devient alors femelle, fondatrice d’une “réunion”, émettant des phéromones qui vont attirer des larves et de jeunes petits mâles, et l’empilement commence.
    Si le mâle qui se trouve en haut de l’empilement se fait monter dessus par un collègue, il accepte, pas contrariant du tout, de se transformer en femelle.
    Comment les petits mâles du dessus peuvent ils atteindre les femelles en dessous ou en bas du tas.?
    Monsieur Crépidule a un organe très particulier (je ne sais si je dois l’appeler pénis !) beaucoup plus long que son propriétaire, qui, pour éviter des déplacements fatigants à son propriétaire, fera le trajet lui même, et une fois le travail terminé se résorbera de lui même car monsieur deviendra madame !
    Donc une crépidule peut avoir des enfants en tant que père, puis en tant que mère.

    J’ai été déçu, je croyais que monsieur Linné avait baptisé les crépidules “fornicata” à causes de leurs moeurs spéciales, mais il n’en n’était rien car il n’a étudié que des coquilles séparées.et ce nom viendrait du latin “fornix” qui désigne des voûtes, des arcades, ceci par allusion aux formes de leurs coquilles. Il parait qu’ensuite les arcades romaine abritaient des lunapars, d’où la signification de “forniquer”.   

    Mais les crépidules ne détiennent pas le record de longueur de zizi. Celui-ci est attribué à un autre bête marine la “balane”. qui ressemble à un coquillage mais est en réalité un crustacé, et qui vit dans l’eau de mer très peu profonde.
    En forme de cône tronqué il mesure à sa base de l’ordre de 3 à 5 cm et  ses parois sont formées de plaques se terminant en pointe et formant une sorte de petit cratère comme sur un volcan.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/balanusperforatuswb01300x200.jpg

    L'opercule  qui ferme l'orifice supérieur est enfoncé à l'intérieur du cône formé par ces plaques, et est constitué de deux paires de petites plaques mobiles qui s'écartent pour laisser passer de petits tentacules  plumeux qui permettent à la balane d'attraper sa nourriture.
    En cas de danger ou d’absence d’eau, l'opercule se ferme hermétiquement.
    La balane commune  vit en général en groupe, fixée aux rochers ou sur les structures immergées telles les coques de bateau.
    Les balanes, attirés par des phéromones passent donc leur vie accrochées à leur support et se rassemblent en gratte-ciels si elles n’ont que peu de place, ou s’étalent si la place ne leur est pas comptée.
    Les balanes sont hermaohrodites et pourraient se féconder eux mêmes, mais c’est plus amusant à plusieurs et meilleur pour le mélange des gênes.
    Alors quand on ne peut pas se déplacer, on envoie ses organes sexuels en mission, et le balane envoie un pénis d’une longueur de plus de dix fois son corps, qui va explorer les alentours à la recherche d’une partenaire.

    J’espère que je ne vous ai pas trop choqué(e)s par ces propos un peu lestes.

 

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lancien

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