Mardi 10 août 2010 à 9:48

Zoologie, botanique, évolution

    Je vous dirai quelques mots aujourd’hui de l’anatomie d’une huître et de sa reproduction, plutôt originale.

    L'huître a un corps mou, contenu dans deux valves (coquilles) : c'est un mollusque bivalve.
    Le manteau est ce fin voile de chair au contact de la coquille,qui assure sa croissance et son développement . Il contribue aussi à la fabrication de la nacre qui en recouvre l'intérieur.
     La charnière commande l'ouverture de l'huître tandis que le muscle adducteur la maintient fermée.
     Les branchies ont deux rôles bien distincts : la respiration et l'apport des matières nutritives jusqu'à la bouche de l'huître.
     Si une huître est bien ouverte, il arrive qu'on voie encore battre le coeur de l'huître qui se situe juste au-dessus du muscle adducteur. Le sang de l'huître est incolore.

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    Les huîtres sont des organismes pouvant filtrer de 1 à 16l d’eau par heure en régime normal.
    Dans une cavité s’ouvrant sur le milieu extérieur abritant les branchies et l’anus, des cils vibratiles créent un courant d’eau assez faible (de l’ordre de 4cm/min) qui passe sur les branchies. Les particules contenues dans l’eau sont alors triées selon leur taille, le tissu branchial recouvert de mucus constituant un véritable système de grilles. Les particules de taille supérieure à 10 µm sont englobées de mucus et rejetées. Les parcelles alimentaires retenues sont ensuite transportées par action ciliaire jusqu’à la bouche, qui se présente comme une fente terminale formée de deux lèvres soudées et terminée par quatre palpes
    Au niveau de ces palpes s’effectue un second tri selon la taille et la présence d’ornementations sur les particules. Puis ils amènent les particules à l’œsophage court, à paroi ciliée et recouverte de mucus, conduisant à son tour les particules vers l’estomac, lieu d’un nouveau tri selon la valeur nutritive cette fois.     Dans l’estomac une tige entraînée par des cils vibratile à 890 tours par minute, effectue un broyage mécanique, aidée par des grains de sable et une attaque enzymatique transforme le bol alimentaire en « soupe nutritive »
    Les déchets de cette digestion passent dans l’intestin, sont englobés dans du mucus et sont rejetés sous forme de fécès.
    Le trajet complet d’un aliment dans le tube digestif d’une huître dure de 80 à 150 min.(comme une machine à laver lol)
    Les huîtres se nourrissent de phytoplancton* en suspension dans la colonne d’eau. Elles peuvent filtrer en 24 heures à travers leur cavité palléale une masse d’eau correspondant à plus de 1500 fois le poids de la nourriture retenue.
    Elles sont également de très bon bioaccumulateurs de polluants et de métaux lourds, qu’elles stockent dans leur glande digestive à de fortes concentrations,  ce qui peut poser un problème sanitaire lorsqu’elles sont consommées par les hommes qui ingèrent alors le polluant.
    En outre les branchies recueillent l’oxygène de l’eau nécessaire à la respiration de l’huître (quelques milligrames d’oxygène par heure).

    Les huîtres ont une reproduction originale.
    En effet elles se sont soudées à leur support étant toutes jeunes grâce à une sorte de cimant, y fixant leur valve  la plus bombée , la valve plate servant de couvercle. Dans ces conditions, pas question de rencontres amoureuses.
    Pour pouvoir se reproduire une huître doit donc expulser ses cellules sexuelles dans l’eau, en synchronisme avec ses voisines.

    Comment faire pour que l’on soit certain qu’il y ait des mollusques mâles et femelles dans les environs : chez les huîtres plates on change tout simplement de sexe et même plusieurs fois dans sa vie si c’est nécessaire. !
    L’équilibre filles/garçons est commandé par des phéromones que l’eau propage. La petite huître plate commence par être mâle, puis arrivée à maturité elle devient femelle et émet des phéromones qui vont empêcher trop de collègues de jouer aux transsexuels. Le message est maintenu tant qu’il y a suffisament de femelles, mais si la proportion diminue, celle des phéromones également et de nouveaux mâles changeront de sexe. A l’inverse si les mâles sont en extinction, des femelles redeviendront mâles.
    Ce serait vraiment drôle s’il en était ainsi chez les humains lol.
    L’huitre femelle plate aspire les spermatozoïde dans l’eau et incube les oeufs, envahie par leurs glandes sexuelles gonflées à bloc  et qui forment un sac laiteux blanchâtre entre mai et août

    Les huîtres creuses sont moins fofoles. Les sexes sont séparés toutefois la même huître peut être une année mâle et l'année d'après femelle. la température et la salinité de l’eau provoque l’expulsion des spermatozoïdes et des ovules et la fécondation a lieu dans l’eau.
    Cette fécondation donne lieu à des larves et l'huître creuse est en quelques sortes vivipare.
    Une huître peut produire jusqu’à plusieurs millions de larves qui 24 heures après leur éclosion commencent à produire leur coquille. et cherchent un support où se fixer. Mais beaucoup sont la proie de prédateurs et seules quelques dizaines arriveront à mâturité.

   
Dans le prochain article, je vous parlerai de l’amour débridé des “crépidules” et du plus long zizi du monde, celui des balanes.
    Ames trop prudes s’abstenir lol

   
   

Lundi 9 août 2010 à 9:42

Zoologie, botanique, évolution

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    Je suis en vacances dans un petit village au bord de l’océan, qui s’appelle Saint Colomban, entre Carnac et Plouharnel, dans ce que l’on appelle “l’anse du Pô” qui est un lieu connu d’ostréiculture.
    De nombreux ostréiculteurs transportent les huîtres sur des bateaux plats comme celui que l’on voit sur cette photo et des parcs à huîtres sont implantés dans toute la baie.

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    Ils aiment montrer leur travail et l’été de nombreuses visites sont organisées pour les touristes, au cours desquelles on explique ce qu’est “l’élevage des huîtres”.
    Le naissain (les oeufs fécondés) est capté sur des supports en brique, bois ou fer, jusqu’à ce que l’on obtienne de toutes petites huïtres que l’on peut décoller de leur support et mettre dans de petites poches, des filets en plastique qui laissent passer l’eau, que l’on pose ensuite sur des tables scellées dans le sable, faites de cornières de fer, comme le montre cette photo.
    Les huîtres grossissent et sont changées régulièrement de poche. Elles n’atteignent une grosseur “comestible” qu’au bout d’au moins 3 ans, les grosses huîtres que l’on mange ayant 5 ans.

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    Mais habitués à manger de la viande ou du poisson issus d’animaux morts, nous oublions quand nous mangeons un mollusque, une moule ou une huître crue, que ce sont des animaux vivants, avec un petit coeur qui bat, des sens des sensations et des besoins et également une vie sexuelle.
    J’en parlerai dans le prochain article;

    Je connais quelqu’un qui aimait manger des huîtres, mais qui n’avait pas envisagé cela et un jour, en mettant du citron dans la coquille, cette personne a vu l’huître se rétracter. Elle a découvert qu’elle était vivante et n’a plus voulu en manger de sa vie, craignant de devenir anthropophage !!
    J’ai connu également il y a une quarantaine d’années, un ambassadeur des USA, qui avait horreur de manger des huîtres. Il avait inventé une histoire qu’il racontait en société pour se justifier. Il prétendait que son ouïe était plus sensible que celle des autres hommes et qu’il entendait les ultra-sons et que lorsqu’on mangeait ces pauvres bêtes, il était horrifié par les cris qu’elles poussaient.
    Et ensuite pendant quelques dizaines de secondes, la conversation tombait et des gens crédules écoutaient pour voir, en vain, s’ils entendraient crier les huïtres !
    Cela dit je comprends l’ambassadeur américain. J’ai mangé avec beaucoup de mal, des huîtres américaines (crassostrea virginata) à la Nouvelle Orléans. Outre qu’elles n’étaient  pas salées, car élevées à l’embouchure du Mississipi, et beaucoup trop grosses, en outre, les américains qui ont une phobie des microbes, mettaient dans chacune une goutte d’eau de javel pour les désinfecter.
    Des huîtres au chlore : une horreur !! Je leur laisserai volontiers leur virginité.!

    Au commencement était l’huître plate, la “belon”. (“ostrea edulis”ce qui veut dire comestible !). C’était celle que consommaient les Romains, des années avant notre ère et que l’on a consommé jusqu’en 1867. dans toute la France et en Europe du Nord. Elle était d’ailleurs consommée bien avant par les Chinois, qui ont dû transmettre cette coutume aux Perses puis aux Grecs et aux Romains.
    Cette année là les ostréiculteurs ne pouvant fournir la demande firent venir des huîtres creuses du Portugal (les portugaises : crassostrea angulata, à la coquille tourmentée et anguleuse) et un navire eut une avarie dans l’estuaire de la Gironde et sa cargaison d’huître, devenue impropre à la consommation, fut jetée à la mer.
    Les huître portugaises qui filtrent pour  se nourrir de plancton, 5 litres/heure d’eau de mer contre 1l/h pour les belons, se multiplièrent plus vite et envahirent peu à peu la région.
    Scandale chez les amateurs qui n’estimaient que l’huître plate, la seule française. Mais celle ci fut victime d’une épidémie virale. L’huître portugaise creuse qui y avait résisté, remplaça dans la région la belon et le chauvinisme fut oublié.
    Les ostréiculteurs diversifièrent alors sa culture, notamment dans la dernière phase où l’on fait dégorger l’huître en bassin et on vit apparaître diverses sous-catégories d’huîtres creuses plus ou moins “vertes” : Marennes, Spéciales....
    C’est à cette époque que l’on vit apparaître l’expression argotique  “avoir les portugaises ensablées” (c’est à dire être un peu sourd), car les huîtres creuses avaient une forme ressemblant à une oreille.

    Mais en 1965 un autre virus attaqua les branchies de l’huître creuse et les ostréiculteurs acclimatèrent alors une autre souche, l’huître “japonaise” en fait importée à l’origine du Canada (crassostrea gigas).

    A la suite de l’été très chaud de 2006 une bactérie s’est développé et plus récemment un virus en 2008, qui engendrent une mortalité anormale des jeunes huîtres creuses. D’après l’Ifremer, c’est l’hiver doux et le printemps pluvieux 2008 qui a permis une croissance plus forte des alguesau milieu desquelles se nourrissent les huîtres, qui a entaîné une croissance trop rapide de celles-ci et leur fragilisation. On a compté jusqu’à 8 milliards d’huîtres mortes.
    Pas étonnant que le prix des huîtres ait augmenté !!

    Mais si vous voulez savoir ce que dit un breton facécieux sur les huîtres :

"L'huître est un animal très renfermé difficile à apprivoiser.
L'huître portugaise ne parle pas le français, L'huître spéciale est très spéciale, L'huître sabot de cheval s'enfuit au galop, L'huître de claire est la plus fine. La japonaise a les yeux bridés. Mais seule la belon est vraiment bretonne
Les  huîtres vivent en tribus de 12 individus, elles se réunissent pour les fêtes de fin d'année dans des huttes appelées  bourriches.
À la différence de l'homme, l'huître n'a pas de tête,  pas de tronc et pas de membres.
L'huître, comme tous les mollusques, a un corps mou qui est protégé par une coquille. L'huître plate est ainsi appelée  parce qu'elle n'a pas de poitrine.
Quand  l'huître est totalement en confiance, elle ne craint pas de s'ouvrir à vous de ses problèmes. Profitez-en pour la gober, puis séparez la coquille en deux, posez les deux  parties sur vos oreilles : vous vous endormirez en entendant le  bruit de la mer."


    Demain je vous parlerai de l’anatomie d’une huître et de sa reproduction.

Dimanche 8 août 2010 à 9:07

Notre personnalité

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    Je vous ai parlé hier des tests de comportement en général, qui peuvent être utilisés indépendemment du poste pour lequel on recrute le candidat.
    Dans les grosses et moyennes entreprises sérieuses, on essaie en général de recruter un candidat pour un poste donné.
    Les tests généraux ne sont pas négligés pour autant car on cherche à recruter la meilleure personne, mais on se préoccupe cependant que son profil soit susceptible de convenir pour le poste auquel on la destine.
    Il faut donc savoir d’abord quelles sont les exigences du poste.

    Pour cela le plus souvent la Direction des Relations Humaines dispose en général d’un catalogue d’aptitudes qui pourrait être exigées et elle va d’abord voir le titulaire du poste et son supérieur hiérarchique et avec ces deux personnes, sélectionne les aptitudes nécessaires au titulaire du poste.
    Puis elle va, avec ces deux personnes évaluer le niveau minimal nécessaire pour tenir correctement le poste.
    Elle va ensuite poser les mêmes questions d’évaluation à des collaborateurs en relation avec le poste.
    Bien entendu les avis ne sont pas toujours les mêmes et la DRH met au point un tableau comme celui ci-dessous.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Poste.jpg

    La DRH, après discussion retient alors un profil d’exigence du poste représenté par la ligne brisée verticale et c’est lui qui servira pour les embauches ou pour les mutations intérieures dans ce poste.

    Comment cela se passe t’il ensuite au niveau du candidat.?
    En général la personne qui recrutedispose pour chaque aptitude requise de plusieurs questions du genre “que feriez vous dans telle situation ?” et qui permettent, en fonction des réponses de situer le niveau du candidat.
    Dans certain cas cette “mise en situation” se fait même sous forme d’un exercice écrit dans lequel on remet un petit dossier au cabdidat lui exposant une situationpratique et lui demandant de répondre à des questions et/ou de résoudre un problème (par exemple on demandera à une assistante d’ingénieur de mettre sur pied des réunions entre des cadres de direction dans des situationscompliquées d’emplois du temps très chargés.)

    Cette démarche paraît plus susceptible à première vue que la précédente de simples tests de comportement pour permettre de recruter le candidat adéquat.
    Il ne faut pas se faire trop d’illusions. Toutes ces évaluations ne sont pas d’une grande précision et par exemple la liste des aptitudes nécessaire au poste demande pour être établie correctement, d’une part un travail préalable de définition très précis (la même signification et le même vocabulaire pour tous !), et d’autre part un travail important d’analyse avec les personnes qui connaissent le poste.
    Par ailleurs les questions que l’on pose au candidat sont plus ou moins pertinentes, plus ou moins bien adaptées à la reconnaissance de l’aptitude correspondante et peuvent être comprises différemment par les candidats.
    Enfin on ne recrute pas forcément quelqu’un pour un poste donné, mais l’entreprise peut espérer le garder ensuite dans des postes hiérarchiquement plus élevés, lorsqu’il aura fait ses preuves dans ce premier poste.
    C’est pourquoi les tests de comportement ont aussi leur importance.

    Le problème principal est que toute cette démarche est onéreuse car elle demande du temps de cadres de la DRH et de la hiérarchie.
    Beaucoup d’entreprises ne la pratiquent donc pas pour des raisons financières et se contentent de tests succints, plus ou moins valables, quelquefois même aberrants comme la graphologie, et d’un entretien rapide par une personne peu qualifiée et finalement le candidat est jugé sur des critères très contestables, quand ce n’est pas “à la gueule du client” !!

    Il est très difficile de donner des conseils à quelqu’un qui va passer un tel entretien. Cela dépend aussi beaucoup de sa formation et de sa personnalité et du poste qu’elle sollicite.
    Le seul conseil général est le suivant
:
    Si au lieu de vous poser des questions précise on vous demande de vous exprimer, ne vous démontez pas : ne passez pas trop de temps à énumérer vos diplômes et vos études, car cela figure sur votre CV et a été lu.
    L’important c’est de montrer pourquoi le poste vous intéresse, que vous êtes consciencieux et travailleur, que vous avez envie de vous “défoncer” pour tenir correctement ce poste, et que vous avez des qualités sur le plan de la communication, de la compréhension et de la réactivité.
    Mais aussi que vous ne vous intéressez pas qu’au poste, mais aussi à l’entreprise elle même, à ce qu’elle fait et aux “métiers” qu’elle exige, à la formation qu'elle donne.
    Ne vous démontez pas si on vous pose des questions bizarre qui n’ont en apparence aucune relation avec l’emploi en cause. C’est souvent pour voir si vous vous démontez ou pas, et pour voir aussi si vous avez des sujets d’intérêt, un certain dynamisme, une certaine “passion”.

   
Quand personnellement je devais choisir entre plusieurs candidats que m’envoyaient en dernier ressort la DRH, j’ai toujours préféré, comme Montaigne,  une “tête bien faite” plutot qu’une “tête bien pleine”. Cependant il faut un niveau minimal de connaissance pour tenir un postequ’il soit technique, litterraire, artistique, financier ou commercial.

Samedi 7 août 2010 à 8:34

Notre personnalité

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/entretien.jpg    Vous m’avez demandé de vous parler des entretiens de recrutement car beaucoup d’entre vous vont en subir et se demandent comment cela se passe.

    Je ne suis pas devin (cela n’existe pas), et les entretiens sont tellement différents d’une entreprise à l’autre que cela peut être très divers et on ne peut donner de règle générale.
    Je me contenterai donc de vous exposer les différentes méthodes qui sont pratiquées dans ce domaine, et de vous donner mon avis sur elles.
    Aujourd’hui je vous parlerai surtout des tests à l’embauche et dans le prochain  article je vous parlerai de l’évaluation du poste à pourvoir et des entretiens.

    D’abord la mode était à un moment donné d’étudier la personnalité des gens, mais ce mot est ambigu.
    En fait il y a des tests destinés à approcher la personnalité et des tests qui sont plutôt le reflet du comportement dans certaines situations.

    Les tests destinés à vraiment évaluer la personnalité, sont extrèmement difficiles à interpréter et en général les psys ne sont pas suffisament formés pour cela.
    Leur précision est assez mauvaise, et par ailleurs les résultats ne seraient que de peu d’utilité pour une entreprise, car il est à peu près impossible d’établir une corrélation valable entre la personnalité de l’individu et la tenue du poste pour lequel on veut le recruter.
    Il y a un certain nombre de tests qui n’ont aucune valeur dans ce domaine.
C’est le cas de la graphologie dont j’ai déjà parlé dans un article sur ce blog.
    D’autres tests  - (comme le Rorschach, une interprétation de taches d’encre aux formes bizarres) - sont valables mais pour une utilisation dans le cas de troubles mentaux.
    Personnellement j’avais interdit dans l’entreprise où j’étais, d’utiliser de tels tests qui ne peuvent que donner des résultats aberrants pour un recrutement en entreprise..

    Les tests qui peuvent être utilisés sont des “tests de comportement” dans des situations données. Ils se réfèrent en général à des théories psychologiques expérimentales et ont fait l’objet d’étalonnages statistiques sur des populations de plusieurs milliers de personnes.
    En France les plus utilisés sont le Sosie, le Papi et le Golden.
    Aux USA il y a de nombreuses batteries de tests, mais beaucoup proviennent du big-five, théorie sur laquelle je viens de faire des articles.

    Pour vous donner une idée de ce que l’on teste, voici deux exemples.

    Le Sosie que des collaboratrices psys pratiquaient, permet de “mesurer” (statistiquement et pas au sens scientifique du terme), 20 types de comportements, autour de quatre dimensions.
    • Personnelle :
        - affirmation personnelle
        - image de soi
        - sens des responsabilités
        - puissance de travail et dynamisme
        - contrôle des émotions
    • Aspirations :
        - recherche de statut
        - goût du changement
        - accomplissement de soi
        - intérêt pour les autres
        - autonomie
    • Travail :
        - curiosité intellectuelle
        - organisation
        - sens pratique
        - prudence et prise de risques.
    • Echanges :
        - sociabilité
        - capacité à diriger
        - acceptation des autres
        - recherche d'approbation
        - discipline

    Le “Papi” permet de tester 7 comportements :
        - le respect de la hiérarchie;
        - le contrôle de ses émotions;
        -le dynamisme et la capacité de travail;
        - le charisme et le niveau d’autorité;
        - l’organisation des tâches et du travail;
        - l’orientation et le style de travail
        - la sociabilité et l’aptitude à la commuication.
       
    On peut utiliser aussi sous forme de tests le MBTI qui prend en compte certaines préférences cérébrales : je ferai d’autres articles à ce sujet.

    Ces tests donnent des résultats intéressants mais il faut savoir que leur “valeur prédictive “n’est pas absolue.
    En principe, meilleurs sont les résultats aux tests, meilleure deuvrait être la réussite du candidat dans l’entreprise qui l’a embauché.
    C’est vrai en moyenne comme le montre le graphique ci dessous, mais il y a des exceptions :
    - les candidatts aux rond verts ont, pour l’un encore plus mal réussi que ne le laissait prévoir un test faible et l’autre bien mieux encore que l’on ne pensait après un test réussi.
    - inversement les candidats des ronds bleus ont pour le premier bien réussi malgré un test médiocre et le second peu réussi malgré un test très bon.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/resulttests-copie-1.jpg

    Tous ces tests sont donc intéressants car ils donnent des indications assez bonnes sur le comportement général des candidats, mais ils ne sont pas infaillibles. une grande différence de résultats entre deux candidats peut être significative en moyenne, mais de faibles différences ne doivent pas être déterminantes.

  
  Demain je parlerai de l’évaluation des postes et des “tests de mise en situation”.

Vendredi 6 août 2010 à 8:38

Notre personnalité

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    Mon article récent sur la théorie américaine de la personnalité du “big five” m’a valu plusieurs commentaires et mails.
    Des correspondantes m’ont demandé d’un part des précisons sur les “sous-ensembles des 5 traits de personnalité, et d’autres m’ont demandé de reprendre les explications sur les préférences cérébrales, plus complètes que le big five. On m’a demandé aussi des explications sur les recrutements.
    Je vais répondre aujourd’hui à la première question.

    Pour les préférences cérébrales, je vais réfléchir à reprendre mes explications sous un jour plus pratique vous permettant de trouver vos propres préférences, étant entendu que je serai prêt à répondre à toute question personnelle. Mais cela donnera lieu à pas mal d’articles et donc je glisserai d’autres sujets entre pour ceux qui ne seraient pas intéressés.
    J’essaierai de vous donner mon opinion sur la façon dont se passent les recrutements.

    Aujourd’hui je me contenterai de vous donner des éléments sur les sous ensembles des cinq traits de personnalité du big-five (voir mon article du 29 juillet 2010).

    Quelques sous-ensembles qui sont souvent utilisés aux USA lors d’entretiens d’embauche. La traduction française déforme un peu la signification des mots.
    Je n’ai jamais utilisé ces notions que je trouve trop succintes et restrictives utilisées seules, mais je m’en susi servi pour étendre la notion de préférences cérébrales au dela des théories de Jung, de mesdames Myers et Briggs (MBTI) et de Plutchik.

    DIMENSION 1: EXTRAVERSION
    Extraverslon haute                  Extraversion basse
        Bavard                                            Silencieux
        Franc, Ouvert                                 Dissimu/é
        Aventureux                                     Prudent
        Sociable                                          Solitaire
 
    DIMENSION 2 : CARACTERE AGRÉABLE
        Agréable                                         Peu agréable
        Bon caractere                                 Irritable           
        Non jaloux                                      Jaloux
        Doux, gentil                                     Impétueux
        Coopératif                                        Négatif

    DIMENSION 3: CARACTERE CONSCIENCIEUX
        Consclencleux                                 Peu consclencleux
        Méticuleux, ordonné                       Négligent
        Responsable                                    Peu fiable
        Scrupuleux                                        Inconstant
        Persévérant                                       Non persévérant


    
DIMENSION 4: STABILITÉ ÉMOTlONNELLE
    Stabilité émotlonnelie haute     Stabillté émotionnelie basse                     
        Pondéré                                             Nerveux, tendu
        Calme                                                Anxieux        
        Posé                                                   Prompt a s'emballer
        Non hypocondriaque                      Hypocondriaque
                                                                     (se croít atteint de toutes les maladies)

    DIMENSION 5: CURIOSITE INTELLECTUELLE; CULTURE
            Cultivé                                                     Peu cultivé
        Sensible aux sciences et aux arts     Insensible aux sciences et aux arts
        Intellectuel                                                     Irréfléchi
        Cultivé, raffiné                                               Frustre, grossier
        Imaginatif                                                       Routinier, simple

         Dans les prochains articles je parlerai des tests et entretiens d'embauche, car cela a l'air de tracasser certain(e)s d'entre vous
 

Jeudi 5 août 2010 à 8:44

Vivre sa vie


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    J’ai lu dans un magazine que la plupart des gens considéraient les personnes âgées comme vivant seules, plutôt renfermées et acariâtres, que 65% des étudiants en psychologie pensaient que ces personnes vivaient isolées du monde et que 64% des étudiants en médecine croyaient que les personnes de plus de 65 ans étaient davantage dépressives que les plus jeunes.

    Cela m’a étonné car les personnes d’un ceratin âge que je rencontre, me semblent pour la plupart actives et heureuses et bien insérées dans leur environnement , du moins si elles sont en bonne santé.
    J’ai donc recherché quelques statistiques et j’ai constaté qu’il y avait peu de dépressions chez les plus de 65 ans (beaucoup moins que chez les jeunes), que beaucoup avaient une vie active, bien remplie et qu’en moyenne elles s’estimaient plus heureuses que des adultes plus jeunes.
    J’avoue que ces erreurs psychologiques m’ont étonné et il faudra que je recherche dans les magazines s’ils y a d’autres erreurs analogues.

    Certain(e)s de mes correspondant(e)s me parlent aussi de la mort et me demandent si j’y pense souvent et si je l’appréhende.
    Pourquoi penser à la mort alors qu’il y a tellement de choses à faire dans sa vie.
    J’avoue que je n’ai guère le temps d’y penser et pourtant je sais que j’ai peu de chances d’avoir encore beaucoup plus de dix ans à vivre. Mais alors autant en profiter et faire le maximum de choses intéressantes et utiles.
    Pourquoi penser à “sa” mort puisqu’après on ne sera plus là pour la regretter. Ce sont ceux qui restent qui pleureront, pas moi !
    La seule chose, je ne tiens pas à savoir quand cela aura lieu et je préfèrerais ne pas trop souffrir. Mourir en dormant et ne pas se réveiller un matin, voilà l’idéal.
    C’est déjà bien assez pénible en voyant mourir ceux qui vous sont proches pour ne pas de se compliquer la vie en pensant à sa propre mort. Cela ne changera rien à votre mort et cela empoisonnera votre vioe; Alors ! On a mieux à faire en imaginant comment on va vivre et en faisant en sorte que cela se réalise.

    Une de mes correspondante m’a demandé si je connaissais la théorie sur la mort de la psychiatre Elisabeth Kübler Ross.
    J’avoue que je l’igorais et j’ai donc été me renseigner dans mes livres et revues.
    Cette psychiatre d'origine suisse a postulé dans les années 1960 que les personnes qui vont mourir passent inéluctablement par cinq stades psychologiques : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'accep- tation. Selon elle, quand on se sent sur le point de mourir, on commence par le nier. Puis vient la colère quand on réalise que c'est la réalité. Ensuite, on formule des vœux - on marchande - pour retarder l'heure de la mort. Puis vient la tristesse quand on ne peut plus refuser l'évidence. Il faut alors accepter son sort avec sérénité.
    Cette théorie a eu du succès au point qu’elle a été enseignée dans les écoles de médecine américaines..
    Pourtant, la théorie d'E. Kübler-Ross ne repose sur aucun fondement scientifique. Diverses études ont montré que tous les mourants ne passent pas par ces différents stades, ou que les stades peuvent être inversés. Par ailleurs, d'après le psychologue George Bonanno, de l'Université Columbia, et ses collègues, un grand nombre de personnes ne sont pas déprimées après la perte d'un être cher, même s'il s'agit du conjoint ou d'un membre de la famille.
    Les stades d'E. Kübler-Ross sont séduisants parce qu’ils donnent l'impression que la mort, qui est un événement inéluctable que nous ne contrôlons pas, est prédictible et l’idée que l'expérience de la mort puisse être résumée en une série de stades bien définis rassure. Mais c'est oublier que le cheminement vers la mort, comme la vie elle- même, diffère d'un individu à l'autre.
    Mais il est déjà assez difficile de s’occuper de vivre ce que l’on veut et de parvenir à ce que l’on souhaite, alors pourquoi se préoccuper de sa mort sur laquelle on a pratiquement pas d’action.?

    En faisant ces recherches documentaires, j'ai trouvé un article sur une étude de Paul Maciejewski de l'université du Connecticut sur la successions des états psychologiques d'une personne qui vient de subir un deuil. D'après cette équipe, elle passerait par des états successifs qui ressemblent fort aux précédents, d'abord incrédulité et incompréhension, déni de la mort, puis phase de mélancolie, nostalgie et chgrin, puis un sentiment de colère et d'injustice, une période de dépession et d'appathie et enfin l'acceptation.
    D'autres équipes ont fait des études analogues, et il apparaît là aussi que chaque cas est particulier et que si ces étapes existent, elles ne sont pas toujours vécues dans cet ordre et par ailleurs ne sont pas forcément toutes vécues.
    La mort ne se laisse pas mettre en schémas.

Mercredi 4 août 2010 à 9:39

Notre cerveau : émotions

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    Je connais plusieurs personnes qui ne peuvent voir une goutte de sang sans s’évanouir. J’ai même connu une étudiante en médecine qui a eu beaucoup de difficulté à s’en affranchir et une élève infirmière qui a dû faire d’autres études, et pourtant elle a essayé de se raisonner maintes fois.
     Ceux qui résistent se moquent d'eux, affirmant qu'ils sont trop douillets pour devenir médecin ou infirmière.. Mais le problème est ailleurs : certaines personnes, sans aucune sensiblerie, s'évanouissent instantanément à la vue du sang ou de blessures.
    Une personne sur dix environ en a fait l'expérience au moins une fois dans sa vie. Pendant longtemps, les médecins ont considéré de tels évanouissements comme des crises d'hystérie. Au cours de ce type de crises, tout se passe comme si la personne qui en est vicime, tentait d'échapper à une situation inconfortable. par un réflexe de perte de conscience. Et pourtant, la personne est en bonne santé et il est impossible d'y déceler la moindre cause. organique: l'électroencéphalogramme est normal, le pouls et la pression artérielle sont à peine plus élevés que la normale; et selon l'électrocardiogramme, le cœur bat normalement.
    La cause des évanouissements à la vue du sang serait elle purement psychique ?

    Des recherches récentes suggèrent que non.
De toute évidence, de- mécanismes physiologiques en sont la cause.
    Les premiers indices ont été obtenus en observant les réactions de ces personnes à des prises de sang, car elles s'y évanouissent souvent et on a sur place les moyens d'étudier le phénomène en direct : leur pouls est à peine perceptible, ou du moins très faible et lent, et leur tension artérielle est en général extrêmement basse, (inférieure à 6/3 alors que la pression artérielle normale d'un adulte sain est de l’ordre de12/8 - centimètres de mercure) 
    Tous les signes semblent indiquer une défaillance circulatoire massive.
    Dès que le patient revient à lui, la pression artérielle et la fréquence cardiaque redeviennent normales, et il peut se lever quelques minutes après. Ce type d'évanouissement est un malaise analogue à une syncope.

    Je vous ai décrit dans un article ancien le système nerveux végétatif qui comprte deux réseaux commandés par l’hypothalamus et le tronc cérébral : le système parasympathique et le système orthosympatique (on ne mentionne pas en général le préfixe ortho).
    Une partie de ce réseau régule le coeur et la circulation du sang.
    La partie du système parasympathique qui innerve le coeur,parasympathique, encore nommé nerf vague, ralentit la fréquence cardiaque, alors que le nerf sympathique l'accélère en stimulant le muscle cardiaque, ce qui augmente la tension artérielle et l'irrigation des organes. En outre, le nerf sympathique rétrécit les artères de petit diamètre, ce qui augmente encore la tension artérielle.

    Dans des expériences réalisées sur des animaux, les biologistes ont découvert que le nerf vague est suractivé lors des syncopes provoquées par des pertes de sang, ce qui explique le ralentissement du pouls, pouvant aller jusqu'à l'arrêt cardiaque.
    La syncope résultante ressemble beaucoup aux évanouissements humains, sycopes appelées “malaise vagal” : le pouls est à peine perceptible et la tension artérielle est extrêmement basse :  le nerf vague inhibe l'activité cardiaque.
    Lorsqu’il y a une hémorragie, un mécanisùme complexe de protection intervient : la zone médiane de la moelle épinière est activée quand la tension artérielle de la région thoracique baisse rapidement, notamment lorsque la perte de sang atteint 30% du volume de sang , c’est à dire de l’orde de 1,5 à 2 litres. Le grosses veines et artères peuvent encore compenser alors la perte et maintiennent la pression artérielle
    En revanche, la tension artérielle dans les vaisseaux du réservoir thoracique diminue, ce que détectent des petits senseurs situés dans le coeur et les artères pulmonaires. Ces « barorécepteurs” sensibles aux basses pressions informent la moelle épinière de l'événement, laquelle estime que plus la pressi on dans est basse, plus le saignemeni est important. Si la valeur descend au-dessous d’un seuil critique, la moelle provoque le ralentissement spectaculaire du pouls et la baisse de la pression artérielle. (on appelle cela un collapsus circulatoire).
    Les médecins ont constaté par ailleurs que lors d’accidents entraînant une hémorragie important la technique habituelle de transfuser du sang faisait souvent plus de mal que de bien :  la perfusion augmente la pression artérielle dans les vaisseaux lésés, ce qui augmente la fuite de sang par la biessure, mais de plus la pression élevée au niveau de la rupture de l'artère empêche le sang de coaguler, ce qui bloquerait l'hémorragie.
    Un collapsus circulatoire commandé par le cerveau offre au contraire une dernière chance d'arrêter l'hémorragie: en réduisant la pression artérielle, il réduit la fuite de sang par la blessure et. augmente la probabilité de coagulation du sang sur le site de la blessure. Puisque la survie de l'organisme est en jeu, les avantages même minimes, d'un tel mécanisme d'urgence, auraient suffîsamment favorisé les organismes menacés pour que ce mécanisme soit sélectionné par l'évolution.

    Pour autant, comment expliquer qu'’un tel mécanisme salutaire se déclenche parfois à la vue du sang d'un autre?
    On suppose que les centres visuels informant la moelle d'un saignement sont uniquement. sensibles à l'information « Il y a du sang », sans inclure le paramètre « C'est mon sang » ou « C'esi le sang d'un autre ».
    Qu'il s'agisse de son propre sang ou de celui. d'un autre (tout comme d'une petite ou d'une grande quantité de sang), le cerveau, en urgence, ne prend initialement pas la peine d'évaluer ces paramètres.
    Peut- être ce mécanisme est-il devenu trop sensible chez certaines personnes, entraînant un collapsus circulatoire dès les premières gouttes de sang, les chances de survie étant meilleures lorsque le saignement est interrompu très rapidement.
    Ainsi, la réaction doit commencer dès les premiers signes d'une blessure.       
    Chez certaines personnes, le détecteur du sang est tellement sensible qu'il réagit même aux blessures des autres. Mais heureusement, la plupart supportent la vue de quelques gouttes de sang sans s'évanouir.
    Chez certaines personnes également, un autre facteur entraîne des évanouissements comparables : le fait de rester longtemps debout. (malaise dans une file d'attente, d'un soldat au garde à vous...)
    Or les personnes sujettes aux malaises vagaux s'évanouissent souvent à la vue du sang, ce qui confirme l'hypothèse d'un réflexe vagal dans ce cas.

    J’espère que j’ai ainsi répondu à la question de certaines de mes correspondantes qui pensaient que cette réaction avait une origine
psychique.

Mardi 3 août 2010 à 8:44

Libertés et règles

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    Certaines de mes correspondantes lorsqu’elles sont contrariées ou de mauvaise humeur , passent leurs nerfs sur leur entourage.
    Enfin aucune ne s’est encore vengée en s’en prenant à moi.
    Mais certaines se “fritent” avec leurs parents ou avec leur petit ami.
    Et pourtant les querelles d’amoureux sont des choses totalement inutiles car la personne qui s’en prend à l’autre, a envie d’améliorer la situation, et elle aboutit à l’inverse : l’aggraver, car au bout de quelques temps, les querelles lassent.

    Mais c’est vrai que chacun de nous, quand il est agacé aime se défouler sur quelqu’un ou quelque chose.
    La marche et le vélo ont un avantage décisif sur la voiture et les transports en commun. Quand on est en retard, on se dépêche, et l'effort physique que cela demande apporte une diversion bienvenue : mieux vaut s'essouffler que s'énerver.        
    En revanche, aucune dépense phusique ne fait accélérer une voiture ou un bus. Celui ou celle qui est en retard n'a que ses ongles à ronger pour passer ses nerfs.
    Si l’on marche, on ne va quand même pas se taper dessus !
    Quant au vélo, il résiste assez bien aux chocs et si vous tapez du poing sur le guidon vous vous ferez mal.
    Naguère, quand une bonne vieille bagnole tombait en panne, on pouvait se défouler en donnant un coup de pied dedans. En général, on se faisait plus mal qu'autre chose mais, au moins, on risquait peu d'aggraver la panne. Parfois, même, miracle, le coup de pied était compris de l'engin, qui se décidait à repartir.
    Maintenant qu’elles sont électroniques et informatisées, vous pouvez toujours taper dedans, elle ne repartira pas
    Et si vous êtes en retard dans un bus, je ne vous conseille pas de taper sur le chauffeur !

    Hélas aujourd’hui, on ne peut plus rien faire pour se défouler face à une petite merveille électronique en panne. Le circuits d'un ordinateur ou d'un téléphone n'ont guère de chances de survivre indemnes au mouvement d'humeur de l'homme qui, exaspéré par un bogue, jette tout par terre.

    Une mesure de santé publique s'impose donc.
    Je suggère
que, pour obtenir l'autorisation d'être mis dans le commerce, les objets technologiques soient munis d'un « défouloir », c'est- à-dire un appendice vierge de toute électronique, en caoutchouc durci, ayant comme fonction, unique mais essentielle, de recevoir sans se casser les coups que lui porte l'utilisateur, furieux d’un mauvais fonctionnement.
    Et je suggère à certains “petits amis de mes correspondantes” de se munir d’un tel défouloir qu’ils pourraient tendre à leur chérie en colère pour qu’elle passe sa rogne, et si c’est un “défoulement psychologique par voie de reproches”, de surtout éviter de répondre et d’être totalement sourd à toute remarque qui n’est pas intelligente.
    Le conseil vaut aussi pour mes correspondantes qui ont un petit ami exaspérant, jaloux, susceptible et coléreux (eh oui, cela existe !)

Lundi 2 août 2010 à 8:52

Relations avec nos parents, famille

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       Un problème important actuel est le lien entre générations, entre enfants, parents et grands-parents, qui semble beaucoup plus relâché qu'autrefois.
     J'ai été très sensible à ce phénomène il y a six ans, quand j'ai créé mon premier blog. J'avais un avantage sur beaucoup de grands parents, je m'étais déjà servi de gros ordinateursdepuis 1965 er de micros depuis 1980 et j'avais découvert la messagerie intranet dns l'entreprise en 1988 et internet en 1993.
     Mais lorsque j'ai été spour la première fois sur des blogs de jeunes qui véhiculaient beaucoup de préoccupations et de pensées tristes, même parfois désespérées, j'ai eu l'impression de débarquer en pays inconnu et de me sentir exclu !
     Au hasard des commentaires puis de mails, je me suis aperçu qu'en virtuel, l'âge intervenait moins et qu'à condition de se garder de juger, la barrière de l'autorité parentale responsable n'intervenait plus comme au sein d'une famille, et que le vieux singe, qui avait craint en créant son blog de passer pour un vieux c.. , pouvait finalement trouver sa place parmi les jeunes et même se rendre utile.

     Alors d'où vient le fossé parents-enfants à propos du net?
     Certes le fossé existe sans le Net, et résulte du conflit qui existe entre le souhait de liberté et le besoin de sécurité des ados au sein de la famille, que j'évoquais dans l'article précédent, ainsi que du fait que les sont investis de l'autorité et que les études plus longues et le chômage prolongent l'attente de l'autonomie complète du jeune.
    Le fossé a été accru par le fait que les deux parents travaillent le plus souvent maintenant et que les conditions de travail leur laisse peu de temps pour s'occuper de leurs enfants qui se considèrent un peu comme abandonnés. L'éloignement géographique des grands-parents y contribue également.
     Il vient aussi du fait que les jeunes passent beaucoup de temps sur le web ou d'autres moyens multimédias,, et que par ailleurs, ayant beaucoup plus de possibilités d'activités extra-scolaires qu'autrefois, ils ne s'intéressent plus autant à leurs études et ont moins de temps à conscrer aux parents et partagent de moins en moins leurs activités sportives ou culturelles, comme on le faisait autrefois.

     La méfiance des parents pour internet (et parfois leur ignorance sur ce moyen de communication), aggrave l'incompréhension.
     Bien sûr les parents craignent la rencontre d'un pervers ou d'un pédophile. Certes le risque existe mais il est moins fréquent qu'on ne le croit, aucun(e) de mes correspondant(e)s de Tchatche ou de Cow ne m'a signalé de cas et les jeunes me paraissent conscients du danger et font attention.
     Le risque qui me paraît plus important est la "contagion d'idées tristes", voire morbides, au contact de personnes malheureuses ou dépressives, voire de manipulateurs vicieux qui prennet plaisir à susciter stress et inquiétude ou à véhiculer des idées fantastiques, glorifiant les catastrophes, le sang et la mort.
     J'ai connu ainsi quelques blogs "soi disant gothiques", qui m'ont paru dangereux pour des ados sensibles et impressionnables.
     Il y a en effet un certain risque, si l'on est en permanence dans le virtuel, de se déconnecter du réel, de se faire une vie "rêvée" dans un monde imaginaire où l'on se trouve heureux, qui devient alors une "prison de verre dont on a perdu la clé".
     Il ne faudrait aller sur le net que bien portant psychiquement, ce qui n'est pas le cas de tous les adolescents.
     Ces risques sont réels mais peu fréquents et les parents qui diabolisent internet en raison de ses dangers, ne font que se couper davantage de leurs enfants.

    Les parents ont tendance à regarder les pratiques culturelles de leurs adolescents avec une condescendance amusée : faire de la guitare électrique, danser le rock ou s'adonner aux jeux de rôles ou discuter sur MSN : « Ça finira bien par lui passer. »
    Pourtant il ne faut pas croire que l'adolescent féru des nouvelles tech- nologies s'adonne à un passe-temps provisoire avant d'entrer dans la « vraie vie ». Il est déjà de plain-pied dans ce que beaucoup de parents perçoivent avec inquiétude comme le monde de demain, un monde dont ils se sentent exclus.  Alors beaucoup d'entre eux sont tentés de penser que ce qu'il y fait est malsain ou dangereux.
    C'est pourquoi, si nous voulons lutter contre le risque de fracture générationnelle, il nous faut partir du point de vue exactement opposé. Ce que les adolescents font sur Internet vaut la peine d'être connu parce que c'est intéressant et que nous gagnerons à nous en rapprocher. Et pour cultiver cette attitude, le mieux est de toujours nous rappeler que les espaces virtuels ne modifient pas fondamentalement l'adolescence: ce sont les mêmes angoisses, les mêmes déceptions et les mêmes espérances que par le passé, et aussi les mêmes attentes vis-à-vis des parents.
    Car ces nouveaux territoires sont aussi pour eux des espaces de construction de leur personnalité pour lesquels ils ont envie d'une reconnaissance des adultes, même s'ils ne l'explicitent que rarement. Tout, sur Internet, est seulement « habillé » autrement.
    En revanche, ces espaces donnent aux émotions et aux représentations des ados un écho qui est méconnu.. Sur Internet, tout message est certain de trouver un interlocuteur qui le confirme. Cela donne aux messages joyeux une ampleur jubilatoire, et aux malheureux une profondeur dramatique.

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lancien

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