Dimanche 31 octobre 2010 à 7:59

Anecdotes

 
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    Il y a des jours où j’ai des “crises en thèmes”, surtout à la Toussaint où on ne voit que cela au journal télévisé.
    Trouver des sujets n’est pas difficile, ce qui l’est plus, c’est d’écrire quelque chose dessus!!

    Alors aujourd’hui ma correspondante philosophe, qui malgré ses études littéraires a une logique digne d’une matheuse, m’a fait remarquer que son PC avait des hallucinations car il y avait sur mon blog un article qui datait de janvier 1970. Ouah !

    Ne lisant en général sur mon blog que l’article du jour pour voir si j’ai laissé passer des fautes de frappe, je n’avais pas vu cela et sur le moment je me suis dit “quel bateau me monte t’elle ?” (Eh oui c'est le départ de la Route du Rhum !)
    Mais non c’est incroyable, mais vrai. Allez donc voir ci contre à gauche !!
    Et  lorsqu’on veut le lire, cow affiche gentiment “aucun contenu à afficher”.
    Je devrais faire une réclamation.

    Je suis alors allé sur mon blog voir la fenêtre de gestion et la liste des articles et j’ai trié 1970 et il m’a répondu qu’il ne trouvait aucun article à cette date.
     Alors grands moyens, j’ai été à la dernière page 67de ma liste et là, je l’ai trouvé cet article publié le 1er janvier 1970 à 1heure du matin et qui s’appelle “article sans coquille, et miracle, j’ai pu l’ouvrir et le lire, et je ne suis pas mort foudroyé pour avoir fait cette imprudence !
    En fait c’est un article que j’avais publié le 6 septembre 2010 et puis ce jour là j’ai cliqué sur le petit bouton pour le remanier, car je voulais changer le titre et corriger une faute que je n’avais pas vue.
    Par quel miracle l’ancienne version s’est elle retrouvée conservée au 1/1/70 ? mystère des bogues et sur cow, il y en a quelques uns. lol

    Mais je suis très déçu de le contenu de cet article !
    Pensez donc :1970 il n’y avait pas encore ni micro-ordinateur, ni internet et la plupart de mes correspondant(e)s n’étaient pas né(e)s.!
    Alors je me suis dit : ça y est c’est un message inter-galactique, un petit homme vert qui m’envoie un mail et comme il a mis 40 ans pour arriver, alors à 300 000 km/s il est loin mon correspondant ! (j’ai la flemme, vous calculerez vous même!).
     Et puis je me rappelle : le premier janvier 1970, on m'a téléphoné, il s'appelait Titi, il n'était pas jaune mais vert, et sur son ordinateur, j'ai ouvert mon premier blog "La voix de la Terre", qui a été publié pendant des années sur Mars. Quel beau rêve !

    J’ai eu une autre idée : une heure du matin le premier janvier nous avions dû fêter le réveillon et  envoyer des coups de fils à des amis. Alors l’un d’entre eux a oublié de me répondre et ces derniers temps il a dû réparer son oubli. Qui cela peut il bien être? Hélas je n’ai pas récupéré un ami oublié depuis 40 ans !

    A l’époque je n’avais pas de micro-ordinateur (j’ai eu mon premier Apple2 en 1980), mais j’avais dans mon bureau un clavier d’accès à un gros ordinateur du labo. Alors j’ai peut être écrit quelque chose et par miracle une connexion a eu lieu dernièrement avec mon micro.
    J’étais attendri que mon gros ordinateur d’autrefois m’ait ainsi retrouvé, mais je me suis renseigné : le pauvre a été mis à la casse !! Et “l’au delà des ordinateurs”, je ne sais pas si on peut le contacter en faisant tourner les claviers.?

    Et puis j’ai eu un éclair de lucidité :
    La détermination très précise du temps est aujourd'hui facile grâce aux pulsations plus ou moins régulières des horloges à quartz que l'on trouve dans tous les bidules électronique de notre époque.
    Mais dans un micro-ordinateur il faut pouvoir disposer d'une origine temporelle dès que l'on utilise un système où il faut gérer des dates d'une manière ou d'une autre. Et c'est là que commencent les problèmes, quelle date choisir pour cette origine et si possible la même pour tous les ordinateurs qui correspondent entre eux dans le même système.? La naissance du Christ, celle de Mahomet ou de Moïse (vous voyez je ménage mes lecteurs religieux !), la date de la première dent de Stève Jobs, la première fois que Bill Gates a grugé un client, mais pourquoi  le 1er janvier 1970, date à laquelle aucun microordinateur ne fonctionnait encore. ?
    Et je me suis souvenu que dans le système Unix de mon mac c’est  cette date qui est l’origine des temps (comme dans tous les systèmes Unix d’ailleurs).
    Alors voilà cette date si prometteuse, ce n’est qu’un malentendu entre cow qui utilise d’horribles PC et mon destrier macintosh au grand coeur !
    Comme j’avais supprimé la première version de mon article, cow a dû le renvoyer aux calendes grecques, mais mon mac sérieux et précis ne comprend que l’Unix et il l’a donc classé à l’origine des temps de l’ère micro-informatique : le premier janvier 1970 .

    Maintenant que ma muse philosophe et moi sommes rassurés, nous ne sommes fous ni l’un ni l’autre, je reprendrai demain mes articles sur “apprendre à l’école”

Samedi 30 octobre 2010 à 9:01

Enseignement, école, fac

  
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   Aujourd’hui, je voudrais voir comment la mémoire contribue à nous rendre intelligents et à la réussite scolaire.

    Les études neuro-psychologique montrent que l’enfant dispose dès sa naissance des outils pour acquérir des connaissances. 

    Évidemment, tous les enfants n'ont pas les mêmes capacités de mémorisation. 
    Les vrais jumeaux obtiennent des résultats plus proches que les faux jumeaux dans les tests de mémorisation. Le patrimoine génétique détermine ainsi en partie la capacité d'un enfant à assimiler des connaissances. 
    Mais la partie génétique, pour employer une analogie avec l'informatique, n’est que le “disque dur” du cerveau. Il peut avoir une capacité énorme et n'être jamais rempli, faute de transmission, d'éducation, de formation et d'apprentissage. La plupart des enfants ont un disque dur suffisant pour apprendre énormément de choses. C'est donc l'environnement qui va être décisif.
    La mémoire ne se développe que si on l’entraîne ! 

    Jusque vers les années 1970, on croyait que l'intelligence était assimilable au raisonnement, et l'on valorisait à outrance les mathématiques selon le postulat que, mieux on raisonne, plus vite on acquiert des connaissances. 
    Les méthodes correspondantes n’ont pas été efficaces puis le psychologue américain Allan Collins et son collègue informaticien Ross Quillian ont découvert notre “mémoire sémantique”  (j’en ai parlé dans un article).
    Ils observent que les connaissances sont classées dans notre esprit de façon hiérarchique, selon des arborescences, un peu comme dans un ordinateur,.
    L'intelligence ne fonctionne pas à partir de rien, mais à partir d'un réseau de connaissances que l'on classe à mesure qu'on les apprend. 

    En étudiant les résultats scolaires d’élèves les psychologues ont montré que, plus les connaissances fondées sur des vocabulaires du programme étaient étendues, plus les résultats scolaires étaient bons, y compris en mathématiques, alors que l'inverse n'est pas vrai
    Ils pensent que le raisonnement pur comptait pour 25 pour cent dans la réussite scolaire globale et la mémoire, pour 50 pour cent. La quantité de connaissances mémorisées est deux fois plus importante pour la réussite scolaire que le raisonnement: car la logique pure ne permet pas de déduire toutes les informations. 

    Je vous rappelle quelques notions sur la mémoire que j’ai développées dans d’autres articles : 

    Nos sens envoient les informations vers le thalamus qui fait un premier tri et transmet ce qu’il juge pertinent dans des mémoires de travail temporaires qui les gardent quelques secondes pour que le cortex frontal puisse les traiter : une mémoire pour les mots, l'autre pour les images, toutes deux à capacités limitées)
    Le cortex frontal fait mémoriser certaines de ces sensations dans la mémoire “épisodique” (ou chronologique) qui stocke en quelque sorte l’histoire de notre vie.
    Par ailleurs nous avons une mémoire dite "lexicale" qui est celle des mots, du vocabulaire et elle classe les mots en fonction de leur signification, (par exemple les couleurs), de la nature des objets représentés (par exemple les outils), et établit des liaisons logiques (par exemple tout ce qui se rapporte à une personne donnée, à un type d’événement...)
    Mais les chercheurs qui essayaient de créer des logiciels de traduction automatique d’une langue à l’autre, se sont aperçu que le même mot avait souvent de nombreux sens et que le seul moyen de trancher était le contexte de la phrase.
    Ils ont ainsi découvert que nous avions “une mémoire du sens des mots que l’on appelle la “mémoire sémantique”. Elle inclut la mémoire lexicale, mais suppose que le classement des mots est fait de façon hiérarchique, les catégories étant emboitées les unes dans les autres du détail et du particulier au plus général, sous forme d’une arborescence.
    
    Lorsqu’on veut se rémémorer une information on peut y accéder directement, les connexions se faisant entre des informations déjà en mémoire dans le cerveau : si on demande  quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV? , le cerveau a déjà stocké le mot “blanc” dans les couleurs et donc il saura répondre immédiatement.
    Si l’on demande par contre “ce cheval a t’il un estomac” ?, la réponse n’est pas automatique car estomac est peut être codé dans notre mémoire lexicale, mais pas lié hiérarchiquement au cheval.  Le réseau de connaissances va être activé pour trouver que le cheval est un mammifère, lequel mange et devrait avoir un estomac. C’est une “déduction” et les chercheurs appellent cette démarche une “inférence”.
    Comme le montre cet exemple, ce n’est pas une question de logique, de mathématiques, ou d’intelligence, mais une question de connaissances :  cheval= mammifère  mammifère= nourriture = estomac.
    Ces connaissances on les acquiert par l’instruction ou par l’expérience, c’et à dire au départ une perception, emmagasinée dans la mémoire épisodique, et dont le cerveau extrait des données pour former les réseaux de connaissances de la mémoire sémantique.
    On ne nait pas avec une mémoire sémantique, il faut  “construire ces connaissances à partir du vocabulaire (mémoire lexicale) et des expériences (mémoire épisodique). 
    La mémoire sémantique chez l'enfant est fabriquée à partir de l'abstraction de plusieurs épisodes. 
    Un exemple : si le premier épisode « canari » pour un enfant est souvent Titi, il va aussi enregistrer d'autres épisodes ultérieurement, un canari vu dans un livre, un canari dans une animalerie, un autre dans un documentaire.
    Finalement, des mécanismes cérébraux d'abstraction (cerveau frontal) vont extraire les points communs de tous ces épisodes pour constituer le “concept générique de canari”. 
    Les définitions des adultes et des enfants diffèrent... Un adulte tend à évoquer un canari de façon générique en déclinant des propriétés générales : « C'est un oiseau, petit et jaune » tandis qu'un enfant répond plus souvent en décrivant un épisode : « C'est Titi »...
    La mémorisation est donc nécessaire aux raisonnements par inférence, mais elle participe à la création du sens, au sein de la mémoire sémantique. 


    Il faut donc au départ que notre cerveau se forge une mémoire lexicale, ce qui est plutôt du domaine de l'apprentissage par cœur. Par contre pour apprendre le sens des choses et construire sa mémoire sémantique, il faut  multiplier les épisodes et les expériences.
    Un cours n’est donc qu’un “gros” épisode” et il faut de nombreux exercices derrière  écrits, ou audiovisuels pour conforter notre mémoire sémantique, alors que la tendance dans l’enseignement a été de minimiser les exercices, par rapport à autrefois.

    
N'opposons surtout pas l'apprentissage par cœur à la compréhension. L’un et l'autre sont indispensables et complémentaires : l'apprentissage par cœur est le moteur de la mémoire lexicale, tandis que les expériences sont le moteur de la mémoire sémantique. 

Vendredi 29 octobre 2010 à 8:57

Animaux

Wanted : Je rajoute un mot avant de publier.
Grâce à Hecate, j'ai découvert un nouveau blog que je trouve intéressant : celui du "magicien". http://magicien.cowblog.fr/
Mais c'est dommage, on ne peut laisser de commentaires, ni contacter l'auteur, ni laisser de tag.
Je trouve que la qualité de ses articles valent la peine qu'on lui dise ce qu'on en pense.
Peut être n'est ce qu'un oubli que le magicien peut corriger.?

Un petit intermède entre deux articles plus sérieux, avec des photos de bébés animaux et de leurs parents :

    Quelques animaux domestiques (encore que, hélas, je n'ai jamais vu la tête d'une girafe à ma fenêtre, même en Bretagne !) :

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Un mignon petit chevreau et sa maman chèvre, de profil comme sur une médaille de récompense de la qualité de fromages. 
(Nota : la photo n'a pas été prise au Canada)



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Maman jument fait faire de l'exercice à son poulain dans les champs






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et cette autre maman cheval a un petit, différent d'elle par la robe



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Ce bisou de maman girafe est, je trouve, assez adorable.
(tout le monde n'a pas un long cou !)
Mais c'est peut être une toilette avec un "gant-langue"







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Enfin six petits cochons à la tétée. 

    Savez vous la chose extraordinaire suivante quant aux tendances génétiques.
   
    Si vous aviez numéroté les cochons avec un chiffre tracé au pinceau sur leur dos au fur et à mesure qu'ils sortaient en naissant du ventre de leur mère, vous seriez étonné(e)s de toujours avoir devant vous les six petits cochons en train de téter, dans l'ordre 1, 2, 3, 4, 5, 6.
Un atavisme génétique les pousse à choisir la tétine de leur mère dans l'ordre de leur naissance, (ils s'y accrochent dès qu'ils naissent), ils l'imprègnent probablement de leur odeur propre et donc reviennent toujours ensuite téter à cette tétine et se retrouvent ainsi, dans l'ordre de leur naissance.

Jeudi 28 octobre 2010 à 8:07

Enseignement, école, fac

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    Il m’arrive souvent de faire des cours de maths, physique chimie à mes petits enfants, et j’ai souvent aidé certaines de mes correspondantes de cow en sciences ou pour trouver des idées pour des devoirs de français ou de philo.
    Je parle avec presque tous ceux qui m'écrivent régulièrement de leurs problèmes scolaires (collège, lycée, fac, prépa...) et donc souvent de la réussite ou de l’échec dans ce domaine et de leurs causes.
  
    Je viens de lire quelques études de chercheurs faites sur quelques milliers d’élèves, et cela m’a donné envie d’en parler sur ce blog.

    Dans ces études on a recherché quels sont les ingrédients de la réussite scolaire dans le primaire et le secondaire.

    On s'aperçoit alors que c'est la mémoire des connaissances quî joue le rôle principal dans cette réussite. C’est donc, la capacité d'apprentissage, le fait de savoir aborder une leçon, de mémoriser son contenu, de se constituer un bagage de connaissances.
    Apprendre la littérature, l’histoire, la géographie, les SVT, apprendre les règles d'orthographe, les règles et formules mathématiques ou de physique...etc, cela peut servir, mais surtout cela exerce notre mémoire et notre capacité d’apprentissage.
    L’ intelligence entre aussi en ligne de compte, et parmi les composantes de l'intelligence, la capacité d'abstraction.
    La motivation est aussi essentielle, mais ce n’est pas un problème uniquement scolaire, mais une donnée sociologique et familiale. Elle conditionne la curiosité intellectuelle, l’effort et le plaisir d’apprendre.


     Toutes les études montrent que c'est en premier lieu la lecture qui sert de passeport pour la connaissance :  les élèves maîtrisant la lecture sont à la fois plus à l'aise en cours, moins stressés, moins inhibés, et plus curieux d'absorber de nouvelles connaissances.
    Le savoir appelle le savoir. Par un phénomène de boule de neige, l'élève qui saît lire et qui comprend ce qu'il lit, veut en savoir plus sur ce qu'il découvre, et trouve des réponses dans les livres, voire sur Internet : il n’y a pas de connaîssance sans lecture.
    Ma grand mère m’avait appris très tôt à lire et à comprendre ce que je lisais. Elle m’a donné le goût de lire et cela m’a aidé toute ma vie.

    Il y a eu une polémique quant à la méthode d'apprentissage de la lecture à utiliser.
    La neurobiologie montre que  l'idée selon laquelle à partir de la seule forme d'un mot, il est possible d'accéder à son sens (c'était le postulat de la méthode globale) est fausse. Il faut passer par l'étape de décodage des phonèmes, c’est à dire l'approche syllabique, durant les stades précoces de l'apprentissage.
    On sait aujourd'hui que I'œil ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
    Mais il faut ajouter par la suite des exercices de compréhension mettant en relation des mots et un sens, et la méthode globale constitue finalement ce qui se met en place naturellement chez un lecteur plus ou moins expert qui est passé par la méthode syllabique pour acquérir les éléments initiaux du déchiffrage des mots.
    ll faut aussi faire fonctionner la mémoire sémantique de l'élève, sa mémoire du sens; il faut lui apprendre le sens des mots rencontrés, et établir une relation entre ces mots et des images (j'en parlerai dans un prochain article).
    Vous vous rappelez peut être ce que j’ai dit sur les préférences de perception S et G. Il faut apprendre aux S à être plus globaux (schémas, synthèses) et aux G à être davantage S (observation, analyse).

    La connaissance passe donc en grande partie par la lecture (y compris en fac) . Comment alors en développer le goût.?
    Pour développer ses aptitudes de lecteur, la méthode est très simple : il faut lire. C'est en lisant et en s’intéressant à ce qu’on lit qu'on devient lecteur.
    Or le niveau de lecture des petits Français baisse à peu près régulièrement depuis 20 ans. On ignore la raison exacte de cette tendance, mais nous vivons de plus en plus dans une culture de l'image et  le contact avec les écrans (télévision, jeux, internet) diminue globalement le temps passé au contact de l'écrit.
    Si la pratique de la culture orale (téléphone, SMS, langage phonétique) se renforce, les compétences de lecture ne pourront pas augmenter. Il faut se rendre compte qu'en 1950, quand un enfant voulait communiquer avec un proche à distance, il devait écrire (c’était mon cas). Aujourd'hui, cette communication passe par la parole ou la phonétique SMS.
    Les parents ont leur rôle à jouer en incitant leurs enfants à lire, car le plus souvent ils ont tous un goût pour lire à partir de quatre ou cinq ans, avant même de connaître vraiment la lecture : l’important est que le fil de l'intérêt ne se rompe pas, qu’il soit toujours bienvenu.

    L’orthographe est le garant de l'écrit. Les linguistes vous expliquent que l'orthographe d'un mot renferme son étymologie, son sens, et le contexte historique de son apparition.
    C’est le support de la communication, qui doit saisir les nuances pour éviter les malentendus.
    Certes me direz vous, je peux comprendre le sens de phrases où il y a des fautes d'orthographe et moi même il m'arrive de ne pas voir des fautes de frappe que j'ai commises. C’est vrai, mais essayer d’éviter des fautes, c’est montrer qu’on attache de l’importance à ce qu’on écrit, c’est respecter le lecteur, c’est montrer que l’on a essayé d’apprendre la langue française en classe (et donc probablement les autres matières).
    Il ne faut donc pas s’étonner si les entreprises qui ont trop de candidats, mettent à la poubelle les lettres qui comportent beaucoup de fautes d’orthographe.
    Je suis parfois horrifié des expressions que je vois utiliser, qui ont “glissé “ de leur sens initial ou qui sont employées à tort, et notamment quand j’entends au journal télévisé parler d’ “au jour d’aujourd’hui”, de faire quelque chose en un “tour de main” (au lieu d’un tournemain), de “fier comme un bar tabac” (au lieu d’Artaban), de “mal en pire”, ou des “calandres grecques” (au lieu de calendes), ou se faire remonter la ceinture (évidemment on ne porte plus de bretelles)!!
    Par contre je trouve que les bloggeurs de cow écrivent un français au dessus de la moyenne et avec peu de fautes en général. C’est assez rare pour le souligner. Et certaines de mes correspondantes (et pas seulement les littéraires) ont même un style et  une expression tout à fait excellents.
    Par contre, ne parlons pas de notre ministre de l’Intérieur qui dans une discussion a parlé des “empreintes génitales” au lieu de génétiques, ni de madame Rachida Dati, qui a parlé de fellation au lieu d’inflation ! lol (Tube a montré évidemment cela évidemment avec joie)
  Nos ministres sont fatigués et peut être obsédés.... comme Freud !

    Dans les prochains articles, je parlerai de la mémoire et de la mémorisation, puis de la motivation d’apprendre, enfin de l’attention.
    Mais aussi d’une autre clé de la réussite : le travail, car sans un minimum, on n’arrive à rien.

Mercredi 27 octobre 2010 à 8:22

Enseignement, école, fac

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    Puisque nous avons vu ensemble ce que faisait notre cortex frontal, avant d’aborder les problèmes d’enseignement, je voudrais évoquer la participation de ces centres aux actions d’apprentissage, et notamment à l’étude en classe
.
    Je résume d’abord ses fonctions pour ceux qui n'ont pas lu ou ont un peu oublié mes articles à ce sujet
    Je vous ai dit que nos lobes frontaux  remplissaient le rôle d’une cabine de pilotage qui permet au pilote d'établir le “plan de vol” de l'apprentissage, d'éviter les changements de direction intempestifs, et de fixer des objectifs et notre attention sur les actions à mener, tout en maîtrisant nos émotions et nos pulsions.
    C’est la flexibilité mentale du cortex préfrontal qui va nous permettre de sélectionner les bonnes informations mémorisée ou extérieures, d’élaborer des règles et de donner des éléments pour définir une stratégie d’action, mais aussi de trouv          er des idées nouvelles, en associant la représentation mentale et la flexibilité.
    Notre cerveau frontal agit  en matière de planification comme le chef d’une équipe : il sélectionne des objectifs, émet des hypothèses d’actions qu’il essaie d’analyser, puis consulte les membres de son équipe et ayant fait la synthèse des avis et des risques, il décide ce qu’il juge être la meilleure solution;
    Puis il focalise notre attention sur chaque action et contrôle l’exécution des actions et rectifie éventuellement les dérives.
    Enfin il nous évite de succomber à de trop violentes émotions et de succomber à nos pulsions en modérant l’action de notre cerveau émotionnel.


    Voyons maintenant les conséquences sur le comportement des élèves à l’école.

    La capacité de représentation est une chose essentielle à développer.  Sans elle nous ne pouvons rien imaginer, nous restons prisonniers de nos sensations. Elle nous permet d’imaginer les choses autrement, d’imaginer ce que serait notre chambre ou notre séjour si on changeait les meubles de place, de faire un puzzle, d’imaginer le montage d’un meuble en lisant la notice, et de trouver des solutions à bien des problèmes.
    Je connais un gymnaste de haut niveau qui avant de faire son passage ferme les yeux, se concentre et répète dans sa tête tous les mouvements qu’il va être amené à faire..
    L’apprentissage de cette capacité se fait en mathématiques par la géométrie, mais aussi en français en imaginant les scènes décrites par les écrivains, ou en histoire en imaginant le passé, comment vivaient nos ancètres.
   
    La flexibilité mentale est aussi une qualité importante pour sortir des sentiers battus, pour ne pas rester sur des clichés, pour ne pas croire n’importe quoi, de ce qu’on veut nous faire croire.
    Là ce sont surtout les lectures des auteurs qui nous apprennent les diverses opinions que l’on peut avoir des problèmes humains, mais le “doute” du scientifique vis à vis des phénomènes tant qu’il n’en a pas une explication satisfaisante, est aussi  formateur. Les dissertations qui nous obligent à voir les divers aspects des problèmes sont des exercices essentiels.
    L’apprentissage de cette flexibilité est difficile car il faut abandonner ses certitudes.
    Sur le plan émotionnel, il faut faire prendre conscience à l'élève de sa propre peur de se tromper, pour qu’il puisse s'en libérer. Sur le plan cognitif, on peut demander aux élèves de préciser leur pensée, de faire des hypothèses, de se tromper, recommencer, tâtonner, utiliser les erreurs comme des informations utiles. De cette façon, l'abandon des idées préalables n'est plus vécu comme une angoisse, mais comme un moyen de progresser.

    Nous utilisons la planification dans toutes nos tâches quotidiennes. Son apprentissage est dont indispensable.
    Cette planification, nous l’apprenons par la logique des sciences mais aussi chaque fois que nous rassemblons des idées, et que nous faisons le plan d’un exposé écrit ou oral.
    On ne fait plus malheureusement ce que les professeurs nous faisiaent faire jadis, où ils nous prenaient individuellement pour faire le point chaque trimestre, pour avoir une vison claire de ce qu’on savait faire et de ce qu’on avait appris, des progrès faits et des efforts à faire encore On savait ainsi d’où l’on partait et où on arrivait, on avait une idée des compétences acquises et le professeur nous aidait pour réfléchir à notre orientation future, avant d’en parler à nos parents. Il n’y avait pas de “psy d’orientation”, mais les professeurs étaient bien plus compétents pour cela car ils nous connaissaient bien et discutaient de nos goûts et compétences et non de nos tendances freudiennes;

    L’enfant, l’adolescent, le jeune doivent apprendre à s’autodéterminer, à avoir de plus en plus d’autonomie. Cela s’apprend aussi.
    Quand je fais réviser des maths ou de la physique à mes petits enfants, je ne leur dis pas “fais les exercices n de la page p". C’est une injonction externe qui ne laisse pas d’initiative.   
    Je leur dis quand je pense qu’ils ont compris la leçon : choisis trois exercices pour vérifier que tu as compris et essaie d’inventer seul une méthode personnelle mnémotechnique pour te rappeler les formules. Et je vérifie ensuite et j’explique s’ils se sont trompés. Je leur demande aussi d’expliquer quel raisonnement ils ont suivi. En fait l'élève devrait être plus actif que le professeur et celui-ci devrait être un guide, mais on ne fait pas avec 30 élèves ce que l'on peut faire avec un seul.

    Les jeunes aujourd’hui ne savent pas faire suffisamment attention pendant assez de temps. Sans doute cela est dû à la dispersion des activités et des moyens dont ils disposent (notamment dans le domaine multimédia), et l'élève peut ne pas être attentif à ce que l'enseignant lui propose : envie de distraction, attitude de refus ou de confrontation, besoin de sensations immédiates. ...
    C’est au fond un problème de motivation.
        - La motivation par sécurisation, à l'origine du plaisir lors de la réalisation de tâches maîtrisées, ou lorsque l'élève reçoit de l'affection ou de la reconnaissance ;    
        - La motivation d'innovation qui procure du plaisir lorsque l'élève se sent progresser, ou en phase de découverte.
        - La motivation d'addiction, foncièrement négative, qui pousse l'élève à satisfaire des jugements qui ont été émis sur lui (il rate son devoir de mathématiques, car il a toujours entendu dire qu’il était mauvais en mathématiques, ou il cherche à avoir une bonne note en français, car on lui a dit qu’jl est excellent en français).
    Le problème est d’arriver à activer l’une des deux premières motivations.
    En fait c’est un travail de longue haleine d’intéresser les élèves à ce qu’ils apprennent et d’arriver à peu à peu leur faire acquérir une curiosité intellectuelle.
    C’était probablement plus facile pour les professeurs autrefois. Ils étaient sans doute mieux formés à cela pédagogiquement. mais ils n’avaient pas tous les moyens audiovisuels dont on dispose aujourd’hui, mais leurs élèves étaient plus réceptifs et respectueux.
    Surtout ils nous forçaient à participer par leurs questions, ce qui n’est plus du tout le cas dans les classes de mes petits enfants.
    Mais la motivation et la curiosité intellectuelle sont aussi une conséquence de l’éducation familiale et  il est certain que les parents sont beaucoup moins disponibles qu’autrefois et que l’école ne peut tout faire.

    La maîtrise de l’état émotionnel est plus difficile à cultiver et c’est effectivement un  problème plus personnel et familial.
    Mais savoir apprécier son état de "débordement émotionnel" serait cependant utile, car l’apprentissage est compromis si l’on n’est pas soi-même.
    Apprendre c’est être dans une attitude favorable, contrôler ses actes et ses pensées, être dans une certaine empathie avec le professeur.
    Il est certain que les enseignants ne sont pas des psys, mais loin de supprimer tous les cours de pédagogie, comme le fait le ministre actuel, leur donner des notions de psychologie et de fonctionnement du cerveau, leur permettant de déceler les états anormalement émotifs de certains élèves à un moment donné, leur donneraient sûrement des éléments intéressants d’action.

Mardi 26 octobre 2010 à 8:58

Enseignement, école, fac

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    Je lis actuellement des articles de chercheurs en neurobiologie, sur l’apprentissage des enfants et donc l’instruction et cela me fait réfléchir à ce sujet qui m’a toujours intéressé en tant que parent puis grand-parent.

    Il m’arrive aussi souvent d’aider des jeunes dans leur travail scolaire et je suis étonné des questions qu’ils se posent sur l’utilité de l’enseignement, qui sont parfois voisines des questions suivantes :
    A quoi cela sert il d’apprendre l’orthographe quand on peut parfaitement se comprendre dans la jeune génération avec le langage SMS qui ne demande aucun effort de mémorisation car il n’engendre aucune contrainte.?
    A quoi cela sert il de savoir que Charlemagne n’est pas le père de Louis XiV et le grand père de Napoléon? Savoir que Louis XVI est mort sur l’échafaud ne lui fera pas retrouver sa tête !
    Est ce utile de connaître qui sont Montaigne, Montesquieu, Ronsard, Pascal, Racine, Corneille, Molière, Musset , Vigny ou Victor Hugo.... et ce qu’ils ont écrit. Ils sont morts depuis longtemps et leurs pensées sont démodées et ne nous feront pas comprendre le monde moderne.
    A t’on besoin de savoir qui sont Bach, Vivaldi, Mozart ou Beethoven quand on n’aime que le rock ou le rap?
    Si les tables de multiplication et les proportions multiples (autrefois on appelait cela la “règle de trois”) sont utiles dans la vie courante, tout le monde ne se sert pas des triangles isométriques (on disait autrefois “semblables”) ou du théorème de Thalès et que dire des fonctions exponentielle et logarithme !
    C’est tout juste si certains ne me disent pas qu’avec les CD et DVD, le téléphone et la télévision, on pourrait se passer d’apprendre à lire et écrire.
Mais ce qui est quand même ennuyeux c’est qu’on ne pourrait plus parler facilement sur MSN ou facebook et ce serait plus difficile de se servir d’un micro-ordinateur.!
    Je pense que ces réflexions sont certes provocatrices, mais je pense que cependant, elles montrent qu’apprendre n’intéresse pas certains d’entre vous.
    J’aimerais réfléchir un peu à cela.


    Je crois d’abord qu’on sous estime l’utilisation dans la vie courante de ce qu’on a appris à l’école
    Il m’arrive d’aider dans ses démarches quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire et je peux vous certifier que sa vie est aussi compliquée pour elle que si elle était unijambiste ou manchote.
    Des notions simples de physique comme les unités mécaniques et électriques, les lois d’ohm, la pesanteur, les mouvements linéaires ou circulaires servent souvent quand vous bricolez, quand vous circulez, quand vous payez votre facture d’électricité...On nous montre assez souvent à la télé ou dans des magazines, des courbes en coordonnées logarithmiques et ce serait mieux de les comprendre.
    Quant aux hommes de l’histoire, aux écrivains, aux  artistes, connaître un minimum sur eux nous évitera de paraître ignare, si certaines personnes en parlent ou si on lit un article sur ces personnes.
    L’orthographe pourrait être simplifiée certes, mais écrire correctement en français permet d’en saisir les nuances et la précision du langage, et de mieux saisir la pensée des autres et se faire comprendre, de même qu’avoir un bon vocabulaire est indispensable dans ce but.
    Je m’en rends bien compte quand je vais à l’étranger ou quand je lis un article scientifique compliqué en anglais, car je ne maîtrise pas assez la langue, et la signification avec les nuances ou même la démarche très précise et détaillée de la pensée m’échappent, par manque de vocabulaire.

    Mais apprendre des connaissances n’est pa sle but majeur des études.
    La neurobiologie nous montre aujourd’hui qu’un enfant ne naît pas intelligent. Certes il a un certain potentiel inné, mais ce potentiel reste vain s’il ne le cultive pas. Un enfant qui ne reçoit ni éducation, ni instruction reste beaucoup moins évolué qu’un simple animal de compagnie, comme l’ont montré des cas extrêmes d’enfants perdus pendant des années dans les forêts et élevés par des loups.
    C’est l’apprentissage en famille et en classe qui développe l’intelligence, notre mémoire et nos capacités de relations sociales et de communication.
    Les études de neurologie montent que l’intelligence n’est pas une simple question de compréhension, logique et de mathématiques, comme pourraient le faire croire les tests de QI. La plupart des chercheurs disent que l’intelligence d’une personne c’est 50% de mémoire, (professeurs l’hippocampe et le thalamus, mais répartie dans tous le cerveau), 25% de réflexion et organisation (nos lobes frontaux dont je viens de parler dans mes précédents articles) et 25% d’émotions et de relations sociales (notre cerveau émotionnel), cet ensemble supposant en permlanence la prise d’informations grâce aux perceptions de nos sens, mais aussi grâce à la communication avec autrui.
    Et la mémoire, c’est avant tout l’acquisition de connaissances ! Mais pas uniquement pour elles même, mais pour la formation des aptitudes de nos centres cérébraux et notamment  les former à raisonner et à connaître et maîtriser nos émotions.

    En fait l’étude non seulement développe notre savoir et notre intelligence, mais également nous donne des habitudes qui nous seront indispensables toute notre vie :
    - l’habitude de l’effort et du travail;
    - une certaine curiosité intellectuelle qui nous permettra de nous intéresser aux choses, aux êtres et de comprendre les phénomènes de notre environnement;
    - en contrepartie, un certain scepticisme qui nous évitera de nous comporter comme un mouton et de gober n’importe quelle assertion;
    - le moyen de nous comprendre et de comprendre les autres et notre environnement;
    - l’utilisation d’outils (langage, image, expression, ...) et de connaissances communes, qui nous rapprocheront de nos semblables et nous permettront de communiquer.

    Malheureusement on n’apprend plus ces notions aux jeunes d’aujourd’hui, à aimer l’école et à supporter ses contraintes et ils passent souvent des heures chaque jour, à utiliser sans grande utilité, les moyens modernes multimédia, alors que ce sont des outils extraordinaires qui pourraient les aider à apprendre et à développer leur potentiel.
    Je suis effaré de récentes décisions politiques qui suppriment l’enseignement de la pédagogie pour les jeunes professeurs et par ailleurs j’entends ou je lis des absurdités sur les méthodes d’enseignement, car les personnes (haut placées !) qui les disent ou les journalistes qui les écrivent, n’ont aucune notion sur le fonctionnement de leur propre cerveau.
    Je pense parler dans de prochains articles de ce que la neurobiologie peut en partie apporter à l’enseignement.

Lundi 25 octobre 2010 à 7:59

Animaux

   Une de mes correspondantes a eu la gentillesse de m'adresser des photos d'animaux qui m'ont beaucoup plu et je vais en publier quelques unes et je m'en servirai dans des articles ultérieurs.

    Aujourd'hui il s'agira de lapins domestiques : un blanc nain, un noir et un gris, plus grand mais sauteur émérite


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    Celui là je le trouve adorable
 mais bien sûr la demoiselle aussi : je ne veux pas de jaloux





























 Voici lapin noir et lapin gris


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Mais lapin gris est un grand sauteur de haies, jugez en vous mêmes :

Dimanche 24 octobre 2010 à 9:20

Politique, économie, religion.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/retraites2.jpg

    Plusieurs correspondant(e)s me demandent de parler à nouveau des retraites.

    Mais l’un d’entre eux, choqué par mon propos un peu leste sur l’UMP, me traite de “gauchiste”, ce qui m’a beaucoup amusé.
    Je n’aime pas parler de moi parce que cela n’a guère d’intérêt dans ce blog, mais je vais faire une exception. En fait les 15 dernières années avant ma retraite, j’avais la responsabilité d’une quinzaine d’établissements industriels qui comportaient entre 500 et 2000 personnes chacun et faisaient études et fabrications de grosse industrie.
    Mais c’était l’époque où les entreprises étaient souvent dirigées par des ingénieurs, qui savaient ce qu’étaient les ateliers et le travail des techniciens et ouvriers. Ils savaient certes que l’entreprise devait être rentable, mais ils considéraient aussi qu’elle doit fournir des emplois aux hommes et que ce sont eux qui font la qualité du travail et ont droit aussi à un peu de satisfactions et de bonheur..
    Aujourd’hui ces mêmes entreprises ont bien changé, ce sont des financiers qui les dirigent, qui veulent faire le maximum de profit et pour lesquels les hommes ne sont que des pions sans âme.
    Alors on pourrait dire que je suis “un patron de gauche” et je ne renie pas cette appellation, bien que je ne pourrai jamais appartenir à un parti politique quel qu’il soit, car j’ai horreur qu’on me dise ce que je dois penser et faire, et si j’étais député, je serais prêt à voter des lois de droite comme de gauche si je les trouve justes et à voter contre, quelque soit leur origine, si elles ne me satisfont pas.
    C’est justement ce manque de liberté qui ne me plaît pas à l’UMP actuel et qui me faisait dire méchamment que ce parti ressemble à un mauvais cassoulet : une petite saucisse qui fait le dictateur, un peu de poulet à l’Intérieur car les sauces “manif et manouche” sont réputées mauvaises, et beaucoup de fayots autour, qui ne savent dire que oui et admirer.
    Laissons là cette polémique stérile et parlons des retraites.

    Comme la plupart des gens je pense qu’une réforme des régimes de retraite est indispensable. L’espérance de vie a considérablement augmenté en 50 ans et donc les durées pendant lesquelles on paie les retraites sont plus longues et il y a donc un déséquilibre évident.
    Le déséquilibre est accentué (comme pour le déficit de la sécu), par le fait que le chômage limite les cotisations versées aux seuls actifs.
    Que l’âge de la retraite soit reculé ne me choque pas, mais il faut alors examiner le cas de tous ceux qui ont un travail pénible.
    Je crois qu’il faudrait examiner la solution aussi de l’augmentation des cotisations, salariales mais aussi patronales, et sans doute augmenter le nombre d’annuités requises, mais en laissant partir
sans condition d’âge, ceux qui les ont obtenues  (ils ont versé leur dû).
    Et on devrait présenter un bilan précis des recettes et dépenses ce que je n’ai pas encore vu faire de façon claire.

    Mais ce n’est pas le contenu de la loi qui me choque le plus, mais c’est la façon de la mettre sur pied.
    Toute personne qui a dirigé une équipe sait que pour obtenir son adhésion à un projet, il faut l’expliquer, le discuter, le négocier et que chacun y trouve son compte tout en faisant des concessions : c’est ce qu’on appelle une négociation “gagnant-gagnant”. Toute négociation où il y a un perdant est vouée à l’échec et donc au passage en force et aux conflits.
    Le gouvernement actuel et notre président sont d’une ignorance “crasse” à ce sujet.
    Vouloir imposer arbitrairement une loi sans tenir compte une seconde de l’opinion des autres ne pouvait que conduire à la situation actuelle, et les syndicats ne pouvant se faire entendre n’avaient pas d’autre issue provisoire que l’épreuve de force.
    L’opinion publique ne s’y trompe pas quand on voit qu’elle soutient à 70 % les grévistes.

    Je ne comprends donc pas la position de  “surdité” de l’UMP et c’est pour cela que je la critiquais méchamment, mais je ne comprends pas plus la position de l’opposition.
    Je comprends qu’au départ elle soutienne le mouvement, mais à partir du moment où le gouvernement s’obstine comme un âne, on est dans l’impasse et rester ainsi aussi dans l’obstination inverse et déclarer que si l’on parvient au pouvoir, on ramènera la retraite à 60 ans est irresponsable; c’est de la démagogie à la petite semaine.
    J’aurais été le chef de l’opposition, j’inciterais maintenant à la fin du conflit et je rassemblerai au vu de tous, syndicats, patronat et députés de gauche, mais aussi ceux du centre et de l’UMP qui oseraient venir (en subissant les foudres de Sarkozy) et je les mettrais tous autour d’une table pour étudier pendant un an un projet de réforme des retraites, qui examine toutes les solutions possibles pour en sortir avec des bilans financiers précis, et, une fois un compromis obtenu, j’expliquerai cela ensuite de façon claire à la population en vue des élections de 2012, en disant que c'est ce que j'appliquerai si j'étais élu à la place de Sarkozy.
    Je crois que les français apprécieraient une politique constructive et responsable. qui essaie de résoudre les problèmes, de faire des réformes, mais en essayant de tenir compte de l’opinion de tous, qu’on ne peut bien sûr satisfaire totalement, mais au moins on peut alors expliquer pourquoi on doit faire des compromis.

    Quand j’avais la responsabilité de mes établissements j’ai toujours trouvé en face de moi des syndicalistes intelligents et responsables. Ils savaient qu’ils ne pouvaient tout obtenir et comprenaient les contraintes, mais dans une discussion honnête où on les écoutait et où l’on tenait compte de leur avis, ils savaient eux aussi faire les concessions indispensables et on a toujours ainsi évité les conflits.
    Nos dirigeants actuels sont de mauvais meneurs d’hommes, car on n’obtient jamais rien en méprisant son adversaire et en refusant la concertation.   

Samedi 23 octobre 2010 à 8:30

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Dernière caractéristique essentielle des lobes frontaux: ils sont étroitement connectés aux structures nerveuses associées à la genèse des émotions qui se trouvent essentiellement dans le cerveau “émotionnel”.
    Mais il s'agit d'une double commande, car si les lobes frontaux peuvent inhiber le fonctionnement du cerveau affectif et émotionnel, l'inverse est également vrai et en général il existe un équilibre entre les deux entités, avec probablement, une prédominence du cerveau émotionnel et altruiste pour les extravertis et décideurs selons leurs goûts et valeurs, et du cortex frontal pour ceux de préférences introverti ou décision logique.
    Notre liberté d'action et de pensée réside dans la possibilité de ne pas obéir à l'impulsivité. Cela suppose d'avoir le choix entre se laisser aller à un débordement émotionnel ou, au contraire, le moduler ou même l'inhiber selon nos projets.

    Quand le « pilote » lobes frontaux donne son accord au cerveau émotionnel et autorise le débordement émotionnel, agréable ou désagréable, à s'installer, ce dernier entraîne en retour une inhibition fonctionnelle temporaire des lobes frontaux et donc la perte de contrôle sur le temps et sur l'espace. C’est ce qui explique par exemple les  “crises de larmes”.
    Dans la cabine de pilotage, le pilote qui veut conserver ce statut doit rester en contact avec ses émotions, ses sources de motivations et ses sentiments, bref avec ce qui le motive, lui donne de l'énergie ou l'en prive. Être vivant, c'est être traversé par toutes sortes d'émotions généralement peu durables allant de la détresse aux sommets de l'euphorie et du plaisir.
    La « bonne santé psychologique » consiste à pouvoir rester conscient des mouvements s'opérant entre ces extrêmes.
    En outre, il est d'autant plus important d'être en contact avec ses émotions que de leur intensité dépend notre perception du monde. En effet, dès lors que l'intensité des émotions (agréables ou désagréables) augmente, les lobes frontaux commencent à être inhibés, suscitant un sentiment de perte de contrôle.         Le monde intérieur et la réalité extérieure se mélangent et, comme au cinéma lorsqu'on est « pris » par le film, le sujet a tendance à projeter ses émotions et ses sentiments sur le monde extérieur. Ce sont des émotions réelles, mais qui ne sont pas forcément en relation avec la réalité.
    C’est quelque chose que je rencontre tous les jours avec les jeunes qui m’écrivent et se sentent malheureux.
    En revanche, les émotions moins intenses n'inhibent pas les lobes frontaux. Ceux-ci, associés à d'autres structures cérébrales comme le cortex prémoteur où siègent les neurones miroirs, (voir mon article à ce sujet), ont la capacité de réfléchir la réalité extérieure. Il en résulte une sensibilité à autrui, à ses émotions et ses modes de pensée (en prenant garde de ne pas les confondre avec les siens propres).
Cela suppose de vérifier que l'on n'est pas soi-même dans un état de débordement émotionnel.

    Je discute assez souvent avec des personnes qui, pour des raisons diverses (dysfonctionnement familial, violence ou déception affective), est en situation de souffrance. Cette souffrance, qu'elle se manifeste par un repli sur soi ou une hyperactivité, correspond à un bouillonnement émotionnel se traduisant par une inhibition plus ou moins chronique des lobes frontaux.
    Dans ce cas, cette personne peut avoir du mal à se représenter ce qu'on lui demande, à changer de représentation ou de comportement, à esquisser des projets, à se prendre en main, rester attentive et contrôler ses émotions dans la mesure où elle tolère mal la frustration.
    On peut recon- naître dans ces six symptômes le déficit, heureusement réversible, des lobes frontaux., correspondant aux six fonctions que nous avons vues ensemble.
     Il ne servirait donc à rien de lui en vouloir (ou de s'en vouloir) : cet élève n'est pas en état d'apprendre et les enseignants ne sont pas des psychologues mandatés pour conduire des psychothérapies.
    Il faut alors essayer de rassurer la personne, qu’elle se sente écoutée, comprise et non jugée, en sécurité et accepté
    Il devient alors possible dans la discussion de repérer des moments ou des sujets pour lesquels ses lobes frontaux sont en quelque sorte débloqués et il est alors possible de leur redonner le commandement sur son cerveau émotionnel.

    
Pour conclure, gardons des lobes frontaux l'image d'une cabine de pilotage qui permet au pilote d'établir le plan de vol de l'apprentissage, d'éviter les changements de direction intempestifs, et de fixer des objectifs et notre attention sur les actions à mener, tout en maîtrisant nos émotions et nos pulsions.

Vendredi 22 octobre 2010 à 8:40

Notre cerveau : intelligence; langage

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/distraction.jpg

    Nous avons vu que notre cerveau frontal était capable de planifier un projet en accédant à un espace de représentation et de simulation mentale où sont amenées d'anciennes perceptions sensorielles, en  se dégageant de la répétition et de ce qui a été une solution pertinente, mais dans un autre contexte; enfin, en se représentant l'écoulement du temps à venir.
    Puis il peut ensuite prendre décisions et initiatives pour le réaliser.
    Encore faut il que la personne soit capable de diriger et de maintenir durablement son attention lors de la formation et de la réalisation du projet.
    Cette quatrième capacité du lobe frontal est nécessaire pour la réalisation de nos décisions et de nos actes en conformité avec les intentions et la programmation qui a été faite.

    Pour qu’il y ait attention, il faut d’abord qu’il y ait conscience. Il est évident que quelqu’un endormi ne peut faire attention à un problème à résoudre.
    Les centres cérébraux impliqués dans la conscience, centres du tronc cérébral, du cerveau central, l’hypothalamus, l’hippocampe, le cortex cingulaire, sont donc impliqués aussi dans l’attention.
    Mais cela ne suffit pas, l’attention suppose la concentration et cela dans la durée.
    L'attention est une fonction cognitive complexe.
    Elle correspond à un processus de sélection d'un événement extérieur (son, image, odeur, toucher...) ou intérieur (pensée) et du maintien de ce dernier à un certain niveau de conscience, ceci se traduisant à la fois par des images et des mots.

    Notre degré d'attention est fortement conditionné par les changements survenant dans notre environnement :
un coup de feu ou de tonnerre captera toute notre attention automatiquement. On parle d'état d'alerte et cette alerte nous permet de maintenir un certain niveau de “vigilance”. .
    Le cortex frontal est alors peu concerné. Ce sont les centres amygdaliens qui d’éclencheront l’alerte et provoqueont les premières réactions instantannées de défense. Le cortex frontal sera alerté ensuite.

    Le cortex frontal intervient lorsque l’attention est volontaire.
    Cette attention sélective intervient lorsque nous voulons traiter une question et qu'il nous est impossible de traiter simultanément toute l'information qui se présente à nous : une analyse successive des informations est donc nécessaire.
    Ce type d'attention opère dès lors que nous avons un choix à effectuer pour la sélection d'une information répondant à nos attentes dans des circonstances données.
    Seule l'information sélectionnée est examinée. L'attention sélective permet donc de se focaliser sur un point en se coupant mentalement de l'environnement, sans devoir pour autant s'isoler physiquement.
    Si l'on est à la recherche de champignons en forêt, l'attention sélective se focalise sur le sol, les autres informations de la scène étant ignorées.
   
    L'attention peut également être partagée :
    Dans notre quotidien, où nous avons souvent à réaliser plusieurs choses simultanément, comme lorsque nous tenons une conversation tout en conduisant.
    L'attention, ainsi partagée entre de nombreuses informations, requiert plus de ressources.
    Mais si l’un des problèmes devient prépondérant l’attention se focalise sur lui et abandonne l’autre : toute la mémoire à court terme de transfert lui est consacrée.
    L'interaction entre les deux fonctions cognitives “attention” et “mémoire” est trés grande. L'attention est particulièrement mobilisée lorsque l'information à traiter est nouvelle, c'est-à-dire qu'elle n'a pas d'équivalent en mémoire.
    Effectivement, une information connue ou familière (comme par exemple l'emplacement des meubles dans notre maison), n'attire plus l'oeil.
    L'attention se portera sur une information familière  seulement si elle diffère du contexte habituel (dans notre exemple, un élément aurait été déplacé) ou si nous recherchons volontairement un objet dans l'environnement.
    Notons que notre (pré)nom, entendu dans des contextes divers (dans la rue, au restaurant...) captera aussi immédiatement notre attention, même si cette information nous est extrêmement familière. Depuis le plus jeune âge, nous sommes en effet conditionnés à réagir à notre (pré)nom.

    Les mécanismes de l’attention sont mal connus. Ils mettent en jeu de nombreux centres du cerveau.
    Il semble que le cortex frontal soit le chef d’orchestre qui demande l’attention pour travailler.
    Et si nous faisons preuve de l’inverse, la distraction, c’est que nous n’avons pas voulu nous concentrer sur le sujet.
    Pour une raison donnée (peut être influencé par un désir du cerveau émotionnel), notre cortex frontal n’a pas eu la volonté de dire qu’il fallait faire attention.

  
  Des chercheurs pensent actuellement que le mécanisme prioncipal de l’attention est la communication entre le cortex frontal, le thalamus pour les sensations et l’hippocampe pour la mémoire et que l’attention serait un déclencheur de l’action et se déplacerait ainsi d’une action à la suivante.

   
La capacité d'autodétermination et celle d'endurance attentionnelle, toutes deux reposant en partie sur l’action des lobes frontaux, confèrent à l’homme une prise sur l'espace extérieur : la première permet de déclencher des actions selon des intentions, et la seconde de se repérer dans l'espace en identifiant parmi les innombrables informations qui nous parviennent de nos sens ou que le cortex frontal demande à notre mémoire, celles qui sont pertinentes.
    Demain nous verrons la dernière mission du cortex frontal : la régulation émotionnelle.

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lancien

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