Jeudi 21 octobre 2010 à 8:10

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Les deux fonctions suivantes des lobes frontaux, la capacité d'initiative et d’autonomie, et I’attention, concernent la relation de l'homme avec l'espace.
    La première lui confère la capacité de déclencher une suite de gestes pour faire une tâche donnée, pour mener aune action.


    Pensons d’abord à des gestes et des décisions simples.
    Les neurobiologistes distinguent deux sortes de mouvements à cet égard: d'une part, ceux qui sont hétéro-déterminés (c'est la réaction d'un sujet qui obéit à une consigne telle que « lorsque la lampe rouge s'allumera, vous prendrez avec votre main droite, le cube qui est posé sur la table devant vous ! ») et, d'autre part, les mouvements auto-déterminés (« quand vous le déciderez, prenez le cube ! »).
    Dans le premier cas, les lobes frontaux sont inactifs. Les personnes aux lobes frontaux lésés restent capables de produire de tels mouvements en réaction à des injonctions.
    Au contraire, dans le second cas, les lobes frontaux sont les premières zones du cerveau à devenir actives ; ce sont eux qui déclenchent le mouvement. Tout se passe comme si, dans cette partie de notre cerveau, existait une interface entre l'espace psychique de représentation (le fait de se représenter un cube, une décision, un mouvement), et les neurones qui commandent la longue chaîne de centres nerveux, permettant de saisir l'objet en question, (allant des aires motrices corticales aux moto- neurones de la moelle épinière responsables de la contraction des différents muscles).

    La réflexion sur nous mêmes après la planification et avant l’action :
Une équipe de chercheurs dirigée par le Pr. Geraint Rees de l'University College London suggère que le cortex préfrontal est le meneur dans les réflexios que nous pouvons faire sur nous mêmes : l’introspection et la confiance en soi.
    Les chercheurs ont posé à des sujets des questions difficiles de sorte que les participants n'étaient jamais complètement sûrs de donner la bonne réponse et ils leur ont demandé ensuite d’évaluer leur réponse. Ils supposaient que les personnes meilleures pour l'introspection seraient plus sûres d'elles après avoir fait le choix correct et moins sûres lorsque leur choix n'était pas le bon. Effectivement, l'expérience a montré que la capacité à prendre des décisions était la même pour tous les participants mais que la différence semblait se situer dans la connaissance des participants de leurs capacités à prendre des décisions.
    Les chercheurs ont confirmé que leur capacité introspective peut énormément varier d’une personne à l’autre. En comparant les images IRM du cerveau de chaque participant, ils ont pu repérer une corrélation entre la capacité d'introspection et la structure d'une petite zone du cortex préfrontal antérieur droit.

    Les malades qui ont des troubles du cerveau frontal ont souvent une incapacité de décision
.En fait ils ont le plus souvent également une incapacité de planification qui entraînerait l’impossibilité de prendre des décisions dont on n’a pas les éléments.
    L’initiative est intimement liée à la préparation des décisions d’une part et à la motivation d’autre part.
    Les études actuelles semblent montrer que la motivation de même que la conscience sont régulées par le cerveau émotionnel et en particulier le cortex cingulaire. Mais celui-ci est en liaison étroite avec le cerveau frontal et  la motivation ne pourra se trduire en initaitives d’actions que par son intermédiaire.
    Le problème de l’acquisition de l’autonomie, essentiel pour le passage de l’adolescence à l’âge adulte, est donc un problème complexe relevant à la fois du cerveau émotionnel et du cortex frontal, et bien entendu de l’éducation et de l’instruction.

    Je vous ai parlé plusieurs fois des préférences cérébrales de décision, qui privilégiaient soit des critères de choix logiques objectifs, soit des critères de valeurs et de goûts, plus subjectifs mais plus altruistes.
    Malheureusement il n’y a guère de liaison entre psychologues et neurobiologistes dans ce domaine, et si nos connaissances sur le cerveau permennet d’expliquer des processus élémentaires, elles ne permettent pas d’epliquer des comportements.
    Je pense simplement qu’il sdoit exister un certain équilibre dans le rôle du cortex frontal qui raisonne et décide, et celui du cerveau émotionnel, qui l’influence au niveau des émotions et de la motivation et qui peut aussi entraîner certaines modification voire des blocages lors de la “redescente des ordres”.
    Les liaisons de ce domaines sont principalement faites par des circuits neuronaux utilisant la dopamine comme neurotransmetteur.
    Il est probable que les personnes de préférence cérébrale L ont plutôt une prédominance du cortex frontal alors que celles de préférence V ont une prédominence du cerveau émotionnel.

Mercredi 20 octobre 2010 à 8:28

Photos, photos comiques

    Un petit intermède pour vous reposer des articles sur le cortex frontal lol
    Je ne sais pas si vous avez déjà utilisé une vieille machine à écrire mécanique
     A coté d'un ordi, ce n'était pas de la tarte et à la fin de chaque ligne, il fallait ramener le chariot au début de la ligne suivante d'un geste presque automatique (comme l'auguste geste du semeur de Millet !).
    Si vous n'avez jamais vu cela, peut être ne goûterez vous pas la petite vidéo suivante que m'a envoyée une de mes filles.




Deux correspondantes m'ont demandé comment cette dame avait pu agir ainsi.

C'est simple cette personne a laissé son cervelet gérer les automatismes, et n'a pas fait "réfléchir" son cortex frontal !

Excusez la pub qui vient ensuite sur le petit film. Cow m'oblige à passe par Daily Motion pour publier la séquence et je ne sais comment éliminer ces pubs (bien qu'étant sur premium!)

Mardi 19 octobre 2010 à 8:31

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Une troisième fonction d’action sur le temps des lobes frontaux donne à notre cerveau la capacité de se représenter l’avenir, de former un projet ou de construire un programme d'action et de vérifier son exécution.
    Avec l’aide de la flexibilité mentale, il s’agit de sortir des sensations du présent, de l’impulsivité et de la logique de l’immédiat et de l’urgence, et de se projeter dans l’avenir pour imaginer un projet, permettre l’action et en contrôler les résultats.
    Il semble toutefois que cette faculté ne vienne pas de la taille de notre cortex frontal, mais viendraient davantage, de qualité de la coopération avec d'autres régions particulières du cortex et d'une inter-connectivité plus riche entre le cortex préfrontal et le reste du cerveau.
    Il est probable que la quantité de connexions et la vitesse de transmission due à une bonne myélinisation interviennent dans ce processus.

    Le cortex frontal intervient très tôt dans notre vie pour organiser et planifier nos actions.
    Lorsque nous apprenons à marcher, ou lorsque nous avons à exécuter un mouvement inhabituel, la partie avant du lobe frontal intervient.
    Elle est informée par plusieurs autres régions du cortex de la situation dans laquelle se trouve l’individu et notamment de la position de ses membres et de l’état de ses muscles. Ce «capitaine» transmet ensuite ses ordres à l’aire motrice qui se trouve sur le haut du crâne  où
se fait le choix d’un ensemble de muscles à contracter pour réaliser le mouvement. Ces «lieutenants» transmettent ensuite leurs ordres aux «exécutants» du cortex moteur primaire qui vont activer des muscles ou des groupes de muscles précis par l’entremise de centres nerveux du tronc cérébral et des motoneurones de la moelle épinière.
    Mais le cervelet est informé de ces ordres et peu à peu il prendra le relais pour coordonner les mouvements habituels. Le lobe frontal a joué le rôle de professeur. Le cervelet a appris les automatismes.

     Mais l’intervention de notre cortex frontal est de tious les instants quand il s’agit de prévoir une action+

    Comme dans toute bonne planification, il faut d’abord savoir ce que l’on veut obtenir, c’est à dire le but  ou les objectifs de l’opération.
    Le cortex préfrontal va disposer des mémoires de travail qui servent à court terme à conserver des informations le temps nécessaire à leur utilisation.  Cette mémoire relais composée de deux zones, l’une pour les éléments syntaxiques à base de mots, l’autre pour les images et les représentations, permet alors de conserver en mémoire les divers objectifs pendant qu’on examine l’un d’entre eux.
Elle permet ainsi, comme dans un ordinateur, un processus multitâches.

    Le deuxième type d’opération est de lister les actions ou les éléments qui y contribuent., de définir leur enchaînement et d’établir les priorités.
    Le cortex préfrontal organise notre pensée, dans un processus qui est partiellement inconscient, seuls les éléments principaux venant à notre conscience.
    En fait il va travailler exactement comme on a dû vous apprendre à concevoir une dissertation.
    Il se centre sur un sujet, va rechercher en mémoire des idées en vrac, les classe et les organise, puis il fait un plan (d’action), fait des choix et organise ensuite le détail de la solution retenue.
    Et pour faire ses choix il va essayer de mesurer leurs conséquences.
    Pour cela il se fait aider d’une part en cherchant en mémoire toutes les circonstances qui ressemblent à celle étudiée, mais d’autre part en demandant l’aide du cerveau émotionnel. En quelque sorte, il lui envoie successivement les diverses hypothèses d’actions et il demande l’avis de divers centres, dont notamment les centres amygdaliens, qui sont à l’origine des craintes, du stress et de la peur.
    Il va ainsi se faire une idée des répercussions heureuses ou malheureuses de ses propositions d’actions.

    Notre cerveau frontal agit donc en matière de planifiaction comme le chef d’une équipe : il sélectionne des objectifs, émet des hypothèses d’actions qu’il essaie d’analyser, puis consulte les membres de son équipe et ayant fait la synthèse des avis et des risques, il décide ce qu’il juge être la meilleure solution;
    Puis il contrôle l’exécution des actions et rectifie éventuellement les dérives.

   
Les trois fonctions temporelles des lobes frontaux agissent en synergie.    
Par exemple, la réalisation d'un projet nécessite tout à la fois d'accéder à un espace de représentation et de simulation mentale où sont amenées d'anciennes perceptions sensorielles ; de pouvoir se dégager de la répétition et de ce qui a été une solution pertinente, mais dans un autre contexte; enfin, de se représenter l'écoulement du temps à venir.
    Par la mobilisation de ces trois fonctionnalités, il devient possible à l’homme de cesser de subir le temps et d'obtenir un peu (mais un peu seulement) de prise sur lui.


    
Demain je ferai une petite pause photographique et je reprendrai après-demain la suite de l'examen des tâches de notre cotex frontal.

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Lundi 18 octobre 2010 à 8:09

Notre cerveau : intelligence; langage

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    La seconde grande fonction de nos lobes frontaux permet d’échapper à la répétition, d’apprendre et d’innover : c’est la flexibilité mentale.
    Il s'agit de la capacité d'abandonner une règle, une manière de résoudre un problème, une représentation ou un comportement, pertinents à un moment
donné, mais qui ne correspondent plus aux exigences d'une situation nouvelle.


    Apprendre consiste dans de nombreux cas à changer de système de représentation.
    J’ai fait un article sur les conceptions de Piaget sur le développement de l’enfant et ses principes d’assimilation et d’accommodation,  selon lesquels l’enfant doit pouvoir se séparer d'anciennes représentations pour les faire évoluer face au problème à résoudre.   
    Chacun d’entre nous dispose de l'équipement nécessaire pour apprendre tout au long de sa vies, ses lobes frontaux lui donnant des capacités de flexibilité mentale.
    Il peut toutefois exister des blocages en situation d'apprentissage. car la flexibilité mentale peut présenter des difficultés, l'attachement affectif à des idées et la nécessité de se remettre en question peuvent être parfois stressants.
    L’éducation scientifique a l’avantage d’apprendre à nos lobes frontaux un certain scepticisme, à remettre en question des idées préalables, à réfléchir de façon moins dogmatique et à se dégager de l'emprise des certitudes.

    Le cortex préfrontal intervient avant l’action pour la préparer et pour en examiner les prémices, pour prendre en considération les différents ôints de vue d’une même réalité et les conséquences possibles. C’est un “superviseur” qui contrôle, régule, gère les conflits qui peuvent se produire entre diverses parties du cerveau, notamment émotionnel, qui élaborent  des schémas d’actions différents face à une même situation.
    Les chercheurs différencient son action en un facteur de flexibilité spontanée, défini comme l’aptitude à produire un grand nombre
d’idées dans une situation donnée, généralement peu structurées, et un facteur de flexibilité adaptative, qui est la capacité à changer d’attitude lorsque la situation l’exige.

    Plus la situation est incertaine, avec une certaine indétermination et plus le cortex préfrontal sera amené à jouer le rôle d’arbitre.
   Les chercheurs citent notamment les capacités suivantes du cortex préfrontal :
        - possibilité de nous détacher du milieu extérieur et des expériences intérieures et antérieures;
        - possibilité de passer d'un aspect d'une situation à un autre
        - capacité de distinguer l'essentiel dans un ensemble tout en gardant la possibilité d'analyser et synthétiser les différentes parties.
        - possibilité de dégager les éléments communs et former des concepts hiérarchiques organisés
        - possibilité de verbaliser les séquences d'actions à accomplir par soi-même
   
    Nos lobes frontaux vont jouer un rôle fondamental dans ce qui est imagination et créativité
en associant la représentation et la flexibilité mentales.
    La créativité repose, avant toute chose, sur la capacité à changer de point de vue. Cest l'aptitude à aborder un objet ou une idée sous des angles différents ; c'est aussi la capacité à se dégager d'une idée initiale pour explorer de nouvelles pistes. C'est la capacité de combiner des éléments d'inspiration empruntés à des domaines variés et distants.
    Contrairement à ce que beaucoup croient, les inventeurs, les artistes créent très rarement “ex nihilo”. Ils partent de données de leur mémoire et les associent autrement que ce que l’on fait habituellement, les complètent avec leurs vues personnelles.
    Et remarquons au passage car cela me servira dans des articles futurs sur l’enseignement, que pour être créatif, il faut au départ avoir beaucoup d’idées et donc avoir mis en mémoire des informations pour pouvoir s’en servir ensuite.
    L’imagination et la créativité sans connaissances acquises resteront pauvres.!

    En définitive c’est la flexibilité mentale du cortex préfrontal qui va nous permettre de sélectionner les bonnes informations mémorisée ou pertinentes extérieures, d’élaborer des règle et de donner des élément pour définir yune stratégie d’action, mais aussi d’élaborer des idées nouvelles, en associant la représentation mentale et la flexibilité.

Dimanche 17 octobre 2010 à 8:28

Notre cerveau : intelligence; langage

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    La première fonction des lobes frontaux est l'évocation de ce qui n'est pas présent réellement à l’instant : c'est la capacité de représentation mentale.  La possibilité d’avoir des perceptions sensorielles en l'absence de  stimulus des sens venant de l’extérieur, est, en effet, la condition nécessaire pour disposer de représentations durables du monde, de soi et des autres.
    On peut ainsi évoquer un visage, un objet, un lieu.
    On croirait que sur un petit écran devant nos yeux, nou pouvons projeter des images sur cet « espace psychique privé », nous pouvons ramener d'anciennes perceptions  visuelles qui ont été mises en mémoire.. Il en est de même pour les autres sens : auditif, olfactif, tactile ou gustatif, mais les évocations sont moins faciles à repérer spatialement.
     Avec nos lobes frontaux, nous voyons sans les yeux, entendons sans les oreilles... comme dans les rêves.
    En  réalité c’est plus complexe que cela : les lobes frontaux dirigent commandent, demandent : c’est notre volonté. Mais les stimulus viennent ensuite de notre mémoire répartie en beaucoup d’endroits du cerveau, et par exemple pour une image, va en envoyer les éléments sur les divers centres qui habituellement traitent les images réelles transmises par nos yeux et ces centres vont la traiter comme s’il s’agissait d’une image réelle externe et en envoyer les éléments interprétatifs aux lobes frontaux qui “voient” donc l’image virtuelle, comme la réalité.

    Cette capacité de notre cortex frontal est en fait un “espace de simulation”.
Lorsque vous vous réveillez la nuit et que vous êtes “torturé” par un exercice de géométrie ou de physique, vous arrivez à penser aux figures que vous avez tracées, au dispositif expérimental de vos travaux pratiques. Vous pouvez faire évoluer, construire ces images et parfois, si vous avez l’esprit plus clair et dispos, trouver la solution.
    Quand on vous demande parmi diverses figures quelles sont les deux semblables, vous les faites mentalement  tourner une à une dans l’espace, pour essayer de les superposer aux autres, ce qui n’est possible que si elles sont identiques.
    Essayez le test suivant (mon grand père m’a enseigné ainsi ce qu’était un cylindre quand j’avais 5 ans) :
“ Ferme les yeux. Imagine un rectangle plus large que haut. Une ligne horizontale qui passe par les milieux des deux cotés droite et gauche. Tu vas imaginer que c’est un axe comme celui des roues de ta bicyclette;
    Tu imagines que le rectangle commence à tourner. Accélère.... plus vite, plus vite! Que vois tu ?”
    “Un tuyau !”

    Le stade suivant est de se représenter mentalement une scène..
C’est sans doute difficile au petit enfant, mais peu à peu à force de voir des images, de puiser dans sa propre mémoire des souvenirs de scènes passées, puis lorsqu’il sait parler, les associer à des mots, à des descriptions orales ou écrites, l’enfant s’habitue à ce type de représentation et c’est la base même de l’apprentissage scolaire.
    L’image mentale et les mots se supportent mutuellement chacun aidant à évoquer l’autre.
    Que nous apporterait le lecture d’un roman ou d’un ouvrage philosophique si nous n’avions pas la possibilité d’imaginer la scène dont on lit la description ousi nous n’avions pas la représentation mentale des propos de l’auteur lorsqu’il emploie une métaphore.
    C’est la capacité de notre cortex frontal d’interpréter ce que nous lisons et d’aller chercher dans la mémoire les représentations appropriées.
   

    Là il ne s’agit que d’images mentales, mais la véritable capacité du cerveau préfrontal c’est de pouvoir se projeter sur l’avenir et de prévoi
r les conséquences de nos actes pour mieux ensuite passer à l’action.
    Mais ce domaine est plus complexe et nous en reparlerons à propos de la planification et de la maîtrise des émotions.

    La capacité de représentation mentale est donc à la base de l'utilisation des souvenirs de notre mémoire et de notre imagination.
C’est donc un outil indispensable à tout apprentissage, éducation ou instruction et au développement de notre intelligence.

Samedi 16 octobre 2010 à 8:19

Notre cerveau : intelligence; langage

    A la suite de certains de mes articles sur le cerveau, j’ai reçu des mails me demandant si je pourrais expliciter davantage comment le cerveau “réfléchit”.   
    D’autre part je lis actuellement des articles et études concernant le développement de l’apprentissage et de l’intelligence des enfants et les problèmes d’enseignement et d’apprentissage des connaissances.
    Je ferai sans doute des articles à ce sujet, mais ils supposent qu’on sache un peu ce que font dans le cerveau, les cortex frontal et préfrontal.
    C’est donc de cette question que je vais vous parler dans les prochains articles.


    Les lobes frontaux sont en effet la plaque tournante de la perception du temps et de l’espace, de la naissance des idées, de la réflexion et de la planification, de la maîtrise des projets et des émotions et donc la clé de tout apprentissage, notamment scolaire.

    Une particularité de l’être humain réside dans la possibilité qu'il a de prendre, en partie, les « commandes » de lui-même. C'est possible pour la motricité des jambes vers l'âge de un an. Parfois, la commande est mixte : c'est le cas pour la respiration, qui fonctionne en grande partie sur un mode automatique, mais peut aussi être contrôlée volontairement, par exemple avant de plonger en apnée, ou lors d'exercices de relaxation.

    C'est la conscience (au sens “être conscient de”) qui fait l'objet de l'éducation et de tout apprentissage ou réflexion.
    La structure nerveuse, qui offre la possibilité de « prendre conscience », est principalement nos lobes frontaux.

    Ces aires du cerveau font partie des structures nerveuses apparues le plus récemment, dans l'évolution des vertébrés. Ce sont également celles dont la maturation s'achève en dernier puisque la fin de la myélinisation des fibres nerveuses des lobes frontaux humains a lieu vers l'âge de 15-16 ans, voire parfois plus tard (je rappelle que la myélinisation est la formation autour des fibres nerveuses d’une gaîne graisseuse isolante, qui accroît de façon importante la vitesse de transmission de l’influx nerveux, et donc la capacité de traiter les données).
    Le volume des lobes frontaux augmente au cours de cette croissance pour constituer chez l'homme presque un tiers de la totalité du cortex, record absolu chez les primates.

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    Il a fallu 500 millions d'années à l'évolution des vertébrés pour produire des “Homo habilis” capables de créer des outils avec un cerveau d'environ 500 centimètres cubes, comparable à celui de nos plus proches cousins les chimpanzés avec qui nous partageons 98,4 % de notre information génétique.
    Mais il a fallu seulement trois à quatre millions d'années pour tripler ce volume cérébral et atteindre celui de “l'Homo sapiens” il y a un peu plus de 60 000 ans. Ce triplement est essentiellement dû au développement du néocortex et en particulier des lobes frontaux comme le montre la figure ci dessus :.
   
    Que font les lobes frontaux ?
    Ils remplissent six grandes fonctions, qui peuvent aussi être considérées comme six grands « pouvoirs potentiels» donnés à l’homme sur le temps, l'espace, la réflexion et l'affectivité.
    Trois de ces fonctions - capacité de représentation, flexibilité mentale et planification, donnent  une prise sur le temps, sur la prévision de l’avenir et des conséquences de ses actes, que seul l’homme est vraiment capable d’appréhender.
    Deux autres, attention et initiative, lui confèrent un pouvoir sur l'espace et sur l’action.        
    La dernière, la modulation émotionnelle, permet de réguler son niveau d'émotivité pour tirer le meilleur parti des situations .
    Nous verrons dans les prochains articles en quoi consistent ces six grandes fonctions.

Vendredi 15 octobre 2010 à 8:15

Oiseaux

     Cela fait longtemps que je n'avais pas publié de photos sur mon blog.
     C'est une récréation pour mes lecteurs et puis c'est plus rapide quand j'ai peu de temps pour faire un article.
     Une de mes filles m'a envoyé des photos d'animaux avec leurs petits et elles sont assez jolies, et les bébés sont mignons.
     Alors nous allons les partager de temps en temps.


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  Maman pivert donne la becquée à ses oisillons :







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     Maman cane fait du transport en commun.










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     Maman oie prend ses bébés sous son aile;








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    Maman cygne apprend à voler à son petit ado.








Jeudi 14 octobre 2010 à 8:10

Sciences et techniques

    Nous continuons aujourd’hui la visite de la manufacture de porcelaine de Sèvres.
    Nous avons vu comment on réalisait les objets à partir de la pâte de kaolin, et maintenant nous allons voir comment on l’émaille et on la décore.


        L’émaillage :
    L’émail transparent et sans couleur est composé de feldspath et de quartz et préparé à Sèvres. Il est appliqué en faible épaisseur par immersion rapide de chaque pièce dans le bain d’émail, constitué des matières premières pures en suspension dans l’eau.
    La composition du bain varie selon la pâte et la pièce à réaliser et on la vérifie constamment par pesée. Pour l’assiette, elle est de 1,365 kg/litre d’eau.
    Le geste du poseur d’émail varie selon les pièces ; ainsi une assiette à émailler ne repose que sur trois doigts de la main et le technicien la plonge d’un geste ample et rapide (voir la photo). La démonstration faite relève de l’adresse d’un prestidigitateur.
     Après 48 h de séchage à l’air, la retouche est effectuée sur un mandrin en plâtre en rotation, en trois étapes successives : suppression des gouttes, des traces de doigts et autres bavures, égalisation de la surface, et désémaillage des talons (sur lesquels repose une pièce). qui sont polis après la cuisson qui suit l’émaillage, en four à 1 380° C, en atmosphère réductrice.
     L’atelier de tri-polissage sélectionne les pièces cuites, en écartant celles qui ont le moindre défaut, avant les étapes de la décoration.

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        La décoration.
    La décoration est faite avec des pinceaux, à main levée. C’est un travail encore plus artistique que technique.
    La photo ci-dessus est celle d’une assiette des services d’apparat de la Présidence de la République.
    Le peintre dispose d’un modèle de référence et de couleurs livrées par le laboratoire, oxydes en suspension dans des liquides organiques.
    Le peintre redessine la composition à l’échelle, vérifie les couleurs et centre le décor à l’aide du poncif, papier transparent, où le tracé est reproduit, piqué et transféré sur l’assiette à l’aide du fusain.
    En général deux cuissons entre 800 et 900 d°C sont nécesaires; après la première cuisson, la composition est repeinte, afin de renforcer les tons et d’affiner les nuances et les détails.
    Le peintre est un véritable artiste et passe plusieurs dizaines d’heures sur chaque pièce. L’une des difficultés réside dans la différence des couleurs avant et après cuisson.

    Ensuite, l’or en relief, pur à 24 carats et préparé dans le laboratoire, est peint par le fileur-doreur, goutte d’or après goutte d’or. L’assiette cuit de nouveau à 820° C.
    Le célèbre bleu de Sèvres est un oxyde de cobalt, mélangé aux essences de térébenthine pour permettre la pose, en trois couches avec séchages intermédiaires. Etalée avec un pinceau large, la couche de bleu est répartie uniformément avec la brosse en poils de blaireau (opération  dite “putoisage”).
    Il faut trois couches successives de bleu pour avoir la célèbre couleur dans toute son intensité.
     Le bleu est cuit d’abord à 980° C pour brûler les essences), puis à 1 360° C en atmosphère oxydante.

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        La mise en valeur de l’or :

    L’or des décors sort mat du four : il est poli à l’atelier de “brunissage”, afin de révéler sa brillance, avec des pierres d’agate et d’hématite sur des supports de bois. L’aspect moins brillant de l’or à certain endroits pour donner des impressions de relief ou mettre en valeur les parties brillantes, est obtenu avec le sable de Nemours, puis l’outil en fibres de verre liées sur un support de bois.
Ce travail, d’une minutie extrème, fait sur les pièces terminées, ne supporte aucune erreur et est effectué uniquement pas des femmes d’une grande habileté.

        
  Les fours.
    Les fours utilisés maintenant sont électriques ou au gaz. Mais il existe d’anciens fours en briques encore utilisés pour cuire de très grandes pièces. dont la visite est spectaculaire.

http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages3/410pxFourpoterieSevres.jpg    Les grands fours en briques se composent d'un corps cylindrique séparé en 3 niveaux, et font environ 2m de diamètre et 7m de haut
    Le four possède quatre foyers pour bien répartir la chaleur, alimentés par des casiers d’environ 1M au cube, (les alandiers), remplis de bûches de 73 cm de long.. Le bois utilisé pour chauffer les fours est exclusivement du bois de bouleau. Sa combustion forte et rapide est uniforme, sa flamme est longue et il dégage peu de cendres. Ce bois est le seul capable de porter le four aux températures recherchées (petit feu vers 800 °C, grand feu vers 1 300 °C).
   Une cuisson nécessite 25 stères de bois qui seront brulées en 48 heures avec une technique précise de montée en température. Le four met ensuite entre quinze et vingt jours pour refroidir.   
  Une centaine de pièces sont cuites en même temps, en fonction de leur taille et de leur encombrement.


http://lancien.cowblog.fr/images/Objetsdivers/linterieurfourabois276187.jpg  Les pièces à cuire sont chargées dans des enceintes constituées de “rondelles” circulaires en brique, empilées les unes sur les autres et scellées.
  Un système de “fusibles” qui fondent successivement, assez étonnant mais précis permet de contrôler la montée en température.
  La cuisson est arrêtée lorsque la température est atteinte ; les foyers sont bouchés, car aucun appel d’air ne doit rentrer à l’intérieur ; le four refroidit naturellement ;  Le mur qui obstrue la porte est démantelé pour le défournement deux à trois semaines plus tard.
 

Mercredi 13 octobre 2010 à 8:13

Sciences et techniques

     Commençons la visite des ateliers de la Manufacture de Porcelaines de Sèvres.
   
        La préparation de la “pâte” à “l’atelier du moulin” :

    La pâte destinée à faire la porcelaine est un mélange d’argiles.
Au XVIème siècle la porcelaine était faite en Italie à partir de marnes et était une porcelaine “tendre” rayable, alors que la porcelaine chinoise, dure, était faite à partir de kaolin.
    Ceux d’entre vous qui en première ont fait de la géologie, ont peut être appris que parmi les roches, il y avait le feldspath, qui est un silicate double d’aluminium et de sodium, de potassium ou de calcium et la kaolinite qui est un silicate d’aluminium hydraté (Al2 Si2 O5 (OH)4).
    La pâte à porcelaine est faite à partir d’un produit voisin, le kaolin (ou plus exectement les kaolins, car il y en a de compositions légèrement différentes), qui sont des argiles blanches qui résultent de l’altération du felspath et qui sont proches de la kaolinite, mais avec certaines impuretés et les “belles porcelaines” sont faites à partir d’un kaolin très pur.et notamment sans fer ou oxydes de fer.
    Le mot est dérivé du mot chinois “Gaoling”, signifiant Collines Hautes, et qui désigne une carrière de kaolin, située dans la province de Jiangxi, en Chine.
    Sachez aussi que le kaolin est utilisé en médecine pour le traitement de certains troubles digestifs.
    C’est une argile moins plastique que d’autres, à haut point de fusion (1800 d°C) et pour abaisser son point de fusion et la rendre plus plastique, on va la mélanger à du felspath et du quartz, ce qui en outre, donnera une pâte qui après cuisson est relativement translucide et sonore.
    Les poudres de kaolin sont préparées au laboratoire de la manufacture par broyage. Vous voyez ci dessous le “moulin” qui broie le felspath et le quartz..
    Après l'étape du broyage, le kaolin est rajouté à la poudre obtenue, composée de quartz et de feldspath, et cet ensemble est  mélangé avec de l'eau de pluie, (exempte de minéraux), puis revient à l'état solide après essorage.
    Toujours à l'atelier du moulin, la “marcheuse” pétrit et homogénéise la pâte pendant plusieurs heures. Deux techniciens coupent et mélangent régulièrement la pâte de cette guimauve géante.

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           Les moules :

    Trois ateliers moulent et usinent le plâtre pour fabriquer les “modèles” qui servent à réaliser les moules. Ces modèles sont représentatifs de la pièce et sont réalisés à partir d’un dessin technique.  .   
    Deux prises d’empreintes successives sont nécessaires par exemple, pour obtenir le moule qui sert à la reproduction d’assiettes en porcelaine.
    La première empreinte, concave (en creux) est faite à partir du modèle; la deuxième, convexe et réplique exacte du modèle, est faite à partir de la précédente Cette empreinte sert à la mise en forme de l’intéreiur de l’assiette.
    D’autres moules permettent de fabriquer des objets de formes très diverses qui doivent ensuite être usinés.
    La mise en forme se fait ensuite de plusieurs façons selon les objets à fabriquer. :

          Le calibrage d’une assiette :
    La mise en forme d’une assiette demande trois postes de travail successifs sur des supports en rotation, c’est l’opération de “calibrage”.
    Sur le premier poste, le “calibreur” centre et homogénéise une balle de pâte qu’il aplatit en une croûte d’épaisseur régulière avec un couteau en acier.
    Cette ébauche est retournée sur le deuxième poste et placée au dessus du moule en rotation. Le calibreur imprime la croûte sur le moule en rotation, à l’aide d’éponges naturelles humidifiées  avec un mouvement régulier et spécifique, afin d’obtenir la partie intérieure de l’assiette.
    L’assiette sur son moule est transférée sur le troisième poste.
Muni d’un calibre en acier fabriqué sur place, conforme au dessin initial, le technicien fait descendre à la main le calibre sur la croûte en rotation, et façonne ainsi l’épaisseur et le profil extérieur de l’assiette
    Dans le cas d’un moule à reliefs profonds, l’impression à la mailloche est réalisée sur le moule fixe par des coups réguliers dans un ordre déterminé. Les reliefs ne peuvent pas être retouchés.
    Après deux séchages successifs, l’assiette séchée est retouchée par le calibreur sur le tour: la surface est polie à l’abrasif et à la filasse et chaque bord linéaire est tourné ; les bords lobés sont découpés et polis à la main un à un.
    Les premières marques d’atelier sont gravées, car chaque pièce est ainsi repérée, avec la marque de celui qui a éxécuté chacune des opérations..
     Après façonnage, les assiettes cuisent à 980° C dans un four dit de dégourdi. Cette température, peu élevée pour la porcelaine, permet à la pièce de conserver sa porosité, nécessaire à l’émaillage, dont nous parlerons demain.

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          Le tournage :
    Dans un autre atelier, des pièces aux formes plus complexes sont fabriquées sur un tour en rotation en deux étapes successives, à partir du dessin d’exécution réalisé par le dessinateur d’épures.
          • Ebauchage.
    La pâte, sous la forme d’une balle, est travaillée pour être homogénéisée, puis elle est transformée en ébauche, forme massive mais précise en diamètre et en hauteur par rapport au dessin, grandeurs que l’on vérifie avec des instruments spéciaux.
          • Tournage.
    Après séchage à l’air, l’ébauche est emboîtée sur un support appelé mandrin, en pâte séchée tournée, de dimensions et formes différentes selon les pièces
    La pièce est taillée dans la masse à l’aide des “tournassins”, outils en acier munis de manches en bois,  tenus à la main par le technicien, au besoin en appuyant sa main sur une barre de bois.
    Des couches fines sont enlevées progressivement avec des contrôles successifs avec des calibres et ce travail très méticuleux et demandant une grande dextérité, permet la réalisation de formes étonnantes.
    La finition est faite avec les “profils”, gabarits en acier affûtés sur place sur une meule et ajustés au dessin, qui permettent d’enlever de très fines couches en donnant à la pièce le profil définitif.
    Ces deux opérations sont réalisées sur la même pièce par le même tourneur.
    Puis la pièce et son support subissent une première cuisson qui s’accompagne d’un retrait important de la porcelaine, laquelle diminue de grandeur de façon très apparente.

          Le moulage et le reparage :
    L’atelier de moulage-reparage est chargé depuis le XVIIIe siècle, de fabriquer le Biscuit de Sèvres, qui désigne les sculptures volontairement laissées sans émail et sans décor peint, donc blanches et mates.
    La pâte à porcelaine, plus liquide, appelée “barbotine”, est étendue en couches, puis pressée à la main dans les moules à pièces. Chaque moule, en deux parties, représente un élément de la sculpture.
    Les opérations après démoulage sont réalisées sur la pâte maintenue humide) : on remodèle les bords qui vont être assemblés à l’aide d’une barbotine épaissie de collage, le modèle en plâtre servant de référence.
    L’assemblage est très minutieux : une fleur pétale après pétale, le feuillage feuille après feuille etc.   
    Le “reparage”  (parer à nouveau) est le remodelage des surfaces, afin d’accentuer les détails et de conférer éclat et finesse à l’ensemble. C’est une véritable sculpture.
    Après façonnage et séchage, le biscuit de Sèvres cuit une seule fois en four  à 1 300° C
    Après cuisson, les biscuits sont polis à l’atelier de polissage.

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      Demain nous verrons comment les porcelaines sont émaillées et décorées.

Mardi 12 octobre 2010 à 8:07

Sciences et techniques

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     J’ai eu l’occasion de visiter, avec un groupe d’ingénieurs, la Manufacture Nationale de Porcelaines de Sèvres, mais pas l’habituelle visite du musée ouvert au public, certes très intéressante sur le plan artistique, mais celle, plus technique, des ateliers qui fabriquent les objets en porcelaine.
    J’ai pensé que vous raconter ce que j’ai vu pourrait intéresser certain(e)s de mes correspondant(e)s.
    Aujourd’hui je ferai un bref historique de ce qu’est cette manufacture et ensuite je décrirai les ateliers en deux autres articles.


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    Du temps des rois, la porcelaine était très prisée par les nobles, mais elle était importée principalement de Chine et accessoirement de Saxe.
    On pense que les chinois fabriquaient de la porcelaine depuis le premier siècle de notre ère.
    Pour mettre fin à cette suprématie, des études techniques sont lancées et un atelier de “porcelaine tendre” est fondé en 1740, à Vincennes dans une tour du château royal, sous le règne de Louis XV et l’influence de Madame de Pompadour, la favorite du roi, femme d’une intelligence remarquable qui a fait beaucoup pour les arts et les sciences.
     En 1751, la manufacture veut affirmer sa personnalité et les pièces sculptées d’une grande finesse, (en général de petites statues de personnages), sont fabriquées délibérément en “biscuit”, porcelaine blanche sans émail et sans décor, afin de la différencier de la production polychrome de la Manufacture de Meissen, en Saxe.
    En 1756 la Manufacture, trop à l’étroit à Vincennes, est transférée à Sèvres dans un bâtiment construit à l'initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue, qui abrite aujourd’hui des services de l’Éducation nationale.
    La manufacture est rattachée à la Couronne en 1759. De 1800 à 1847, elle prend son ampleur et sa renommée internationale sous la direction d'Alexandre Brongniart, nommé par Claude Berthollet.
    En 1875, la manufacture est déplacée dans des bâtiments spécialement construits par l'État français, en bordure du parc de Saint-Cloud. C'est toujours dans ces lieux, classés Monument historique, que la production se poursuit, largement orientée aujourd'hui vers la création contemporaine.
    Une évolution technique fondamentale est la découverte par deux chercheurs de la Manufacture, Pierre-Joseph Macquer et Robert Millot, près de Limoges, du premier gisement français de kaolin, élément indispensable de la véritable porcelaine, dite porcelaine dure, commercialisée dès 1770.
    Actuellement, les sources de kaolin. se sont diversifiées.
    L’émaillage appliqué sur la pâte de kaolin après cuisson est constitué d’un mélange de feldspath et de quartz (des verres), en proportions variables selon les qualités que l’on veut obtenir.
    La Manufacture recrute, chaque année, des élèves qu’elle forme aux métiers exercés dans ses ateliers, très manuels et artistiques. La formation est assurée comme au temps du compagnonnage par un technicien chevronné qui transmet à son élève les tours de mains ancestraux.
    Il faut 7 à 8 ans pour faire un bon technicien dans ce domaine.
    Les ateliers utilisent environ 150 techniciens.
   
Demain je vous parlerai des moules, du tournage et de la réalisation des pièces brutes, et et après demain de l’émaillage et de la décoration.

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     A gauche une oeuvre sculptée en "biscuit" non verni
    et ci dessus un sucrier richement orné.

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lancien

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