Mercredi 10 novembre 2010 à 8:16

Sculpture, musées, peinture

C'est aujourd'hui mercredi et je pars en Bretagne pour fermer la maison pour l'hiver

L'autoroute d'abord, puis arrêt au CourtePaille de Rennes pour déjeuner et se reposer
Du pâté ou des rillettes, un bon steak-frites bien de chez nous, et un délicieux café liégeois pas trop sucré. De l'eau pour arroser tout cela, conduite oblige.
Arrivée à Saint Colomban, ouvrir la maison, déchargement, courses et mise en route du chauffage. Coup de balai et d'aspirateur, faire le lit....

Deux jours pour mettre le jardin en état et quelques menues réparations; aider mon fils à hiverner son bateau.
Samedi un petit tour à la ville voisine.
Et dimanche retour en région parisienne.

Mais je n'oublie pas mes fidèles lecteurs qui viennent tous les jours sur mon blog. Alors j'ai programmé des articles pendant mon absence. Vous continuerez à en avoir un chaque jour.
Et aujourd'hui je vais mettre des photos de ce que je pourrais voir en Bretagne.


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Ce pourrait être ce transport insolite, mais je crois qu'il faut truquer la photo.
Je n'ai pas encore vu de tortue si petite ou d'escargot (même breton) aussi gros























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Je pourrais avoir un cochon nain apprivoisé, mais mes petites filles n'ont pas de telles pantoufles "cochonnes"





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Et je doute que le chat de ma fille fasse une telle rencontre : les biches ici ne quittent pas la forêt. Dommage !





Mardi 9 novembre 2010 à 8:45

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

Une image (un peu artistique), des principaux faisceaux de connexions entre neurones dans le cerveau humain.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/Artneuroscience.jpg

    J’avais illustré  un de mes précédents articles sur le cortex frontal par une image comparant le cerveau de l’homme à ceux des animaux.
    Cela m’a valu quelques mails de questions et d’étonnement car mes correspondant(e)s croyaient que le bébé humain avait un cerveau définitif quant aux neurones qu’il contenait
    C’est vrai, mais la fonctionanlité du cerveau ne tient pas qu’aux neurones..
    Je vais donc essayer d’y répondre dans cet article


    Contrairement à celui de ses cousins primates, le cerveau du petit d'homme se développe encore beaucoup après la naissance pendant une vingtaine d’années..

    Sur l'arbre de l'évolution, hommes et singes ont pris des chemins qui ont divergé il y a 25 millions d'années environ. Ce qui explique qu'ils soient assez différents aujourd'hui. Mais à quoi tient cette différence, et comment s'est-elle constituée ?

    En comparant le cerveau de macaques, de bébés et d'humains adultes, Jason Hill et ses collègues de l'Université de Washington ont constaté que le cerveau d'un bébé ressemble en partie à celui d'un macaque, et que c'est dans les mois et les années suivant la naissance que des zones typiquement «humaines», permettant l’abstraction ou le langage, voient leur développement se faire et s'accélérer.
    Le cortex voit sa surface tripler chez l'homme entre la naissance et l'âge adulte, et cette extension de surface donne lieu à des plis, les "sillons", dont la profondeur révèle le degré de maturité du cerveau.
    Les zones du cerveau central et même la plupart du cerveau émotionnel sont à leur stade quasi définitif à la naissance au plan des neurones et des connexions. Il le faut pour permettre la vie de l’enfant.
    Ces chercheurs ont constaté que, même au niveau du cortex certaines zones sont pratiquement matures à la naissance, tels le cortex visuel ou le cortex auditif, qui donnent accès aux perceptions sensorielles, de même que la plupart des centres qui régissent nos mouvement et contrôlent l’état de nos muscles.et de nos membres..
    En revanche, d'autres zones ayant la capacité d'associer différentes modalités sensorielles, telles que le cortex frontai, temporal latéral, ou pariétal, sont encore immatures et mettront plusieurs années à se développer.
    Ce sont donc les régions cérébrales les plus typiquement humaines, plus étendues dans notre espèce que chez le singe, qui se développent le plus tardivement.

Comment l'expliquer ?

     Le triplement de volume du cortex cérébral chez l'homme ne résulte pas d'une multiplication des neurones, dont le nombre est pratiquement acquis à la naissance, mais de l'extension des prolongements des neurones (dendrites et  axones), de la formation et de l’accroissement du nombre des synapses, , ou de la myélinisation : formation d’une gaine graisseiuse isolante autour des axones qui assure une vitesse de  transmission des informations beaucoup plus élevée.
    Or les régions qui se développent le plus entre l'enfance et l'âge adulte sont immatures à la naissance selon ces critères : le cortex frontal, par exemple, a une densité synaptique très éloignée de son maximum, alors que le cortex auditif et le cortex visuel présentent déjà entre 50 et 100 pour cent de leur densité synaptique définitive. Les ramifications dendritiques dans ces régions sont déjà similaires à celles de l'adulte.
 
    On observe que le potentiel de croissance des zones « humaines » est immense : les arborisations des dendrites occupent dès la naissance un espace double de ce qui est observé dans les zones sensorielles primaires, mais cette proportion ne fait qu'augmenter pour atteindre dans le cortex frontal six fois l'étendue des arborisations dendritiques dans le cortex visuel.
   
    Ces régions qui connaissent le plus fort développement après la naissance sont aussi celles qui restent peu développées tout au long de la vie du singe : ce sont les régions frontale, temporale latérale, et pariétale, impliquées dans des fonctions cognitives supérieures comme le langage, la planification ou la motricité fine.
    Chez l'être humain, les zones assurant ces fonctions restent immatures jusqu'à la naissance, ce qui présente quelques avantages : le cerveau du bébé reste d'une taille modeste qui permet l'accouchement ; il est toutefois doté des facultés essentielles pour survivre (voir, entendre, goûter, etc.), et de celles qui assureront l'acquisition ultérieure des facultés complexes, telles que le langage, la sociabilité, la manipulation précise des objets.

     Il faut quelques mois pour faire un cerveau de singe, deux décennies pour celui d'un homme.


   
Nota : Bien que ma photo sur ce blog soit celle d’un petit ouistiti à lunettes, je crois que je suis un spécimen rare de “macaque à cerveau humain”.
    Cela ne m’a pas empêché de me faire traiter un jour de “sale macaque” pour avoir fait un peu d’humour, comme le relatait mon article du 30 septembre 2007 et j’avais donné une explication de la démarche de notre cerveau lisant un tel SMS dans un article du 25 novembre 2007.

Lundi 8 novembre 2010 à 7:53

Oiseaux

Pour changer un peu et vous reposer des articles sérieux, quelques photos d'animaux, toujours celles envoyées par une correspondante que je remercie.

De nouveau quelques oiseaux, mais cette fois ci, en liberté dans nos campagnes et jardins

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Un beau pinson







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Un gentil rouge-gorge comme ceux qui viennent me voir quand je travaille dans mon jardin de Bretagne





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Un martin pêcheur au beau plumage, qui vient de pêcher un poisson. J'en ai vu d'aussi beaux dans une réserve dans des étangs à Séné dans le Morbihan












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Et cette belle chouette toute éblouïe par la lumière du jour.

Un de mes camarades avait recueilli et soigné une telle chouette accidentée et il l'avait apprivoisée. Le soir il la promenait sur son épaule et elle se laissait caresser. C'est extrêmement doux comme plumage.


Dimanche 7 novembre 2010 à 9:16

Eveil, sommeil, rêves

J’ai lu une information qui m’a laissé perplexe. Je vous la résume:

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/sommeilQI.jpgUn enfant dort beaucoup plus qu’un adulte et ce d’autant plus qu’il est petit.
    Les enfants ont besoin de sommeil, mais dans des proportions variables. Un enfant qui ne dort pas 12 heures par nuit n'est pas forcément handicapé pour autant !
     Une étude statistique a montré que les enfants qui dorment moins que les autres ont généralement les quotients intellectuels les plus élevés. En moyenne, un enfant gagnerait six points de QI par heure de sommeil en moins.
    Les psys qui ont fait l’étude pensent que les plus intelligents se fatiguent moins à l'école pendant la journée, et ont moins besoin de dormir.
    Mais ne croyez pas pour autant qu’en vous forçant à moins dormir vous deviendrez plus intelligent !!!
    J’avoue être un peu sceptique. Le QI n’est pas toute l’intelligence et l'étude a été réalisée sur un nombre assez faible d'enfants.
    Disons que chacun suit son développement à son rythme et le sommeil est un besoin physiologique qui s'adapte à chaque enfant.

    J’ai lu aussi une étude plus sérieuse sur la “profondeur” du sommeil.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/sommeil.jpg    Certaines personnes se réveillent au moindre bruit; d'autres continuent à dormir même dans les environnements les plus bruyants.: moteurs, sonne- ries de téléphone, claquements de portes....  Comment font-elles ?
    Jefferey Ellenbogen et ses collègues de l'Université de Boston ont montré que leur cerveau présente une activité électrique particulière pendant le sommeil.
    Vous trouverez dans ce blog des articles sur les diverses phases de sommeil. Je vous ai également expliqué que le thalamus rasselmblait toutes les perceptions de nos sens, faisait un tri et transmettait celles qui étaient pertinentes à notre cortex frontal, qui va alors analyser ces sensations.
    Il y a donc des voies nerveuses importantes entre ces deux parties du cerveau, que l’on appelle les faisceaux thalamo-corticaux.
    La différence entre personnes sensibles et indifférentes au bruit se manifeste lors de la seconde phase du sommeil profond, qui commence environ 15 minutes après que vous vous endormiez
    Lors de cette phase dépourvue de rêves, le cerveau est le siège d'oscillations électriques rapides, dont la fréquence peut être plus ou moins élevée selon les individus.
    Ces oscillations reflètent une activité spontanée “endogêne” des voies nerveuses reliant le cortex cérébral au thalamus, c’est à dire qu’elles ne correspondent pas à des stimuli externes.
    J. Ellenbogen et ses collègues ont constaté que les personnes ayant les fréquences les plus élevées dans ces faisceaux thalamo-corticaux pendant cette phase du sommeil sont les plus résistantes à toutes sortes de bruits
    Cette fréquence élevée semble empêcher toute transmission d’une information extérieure du thalamus au cortex de sorte que le sujet devient imperméable aux stimuli sonores extérieurs, alors qu’une fréquence moindre laisse passer certains de ces signaux, qui peuvent alors entraîner l’éveil du dormeur...
    La fréquence ainsi constatée est une caractéristique très stable chez un individu, et devient ainsi un bio-marqueur de la force du sommeil.
    On sait par ailleurs qu'elle diminue avec l'âge, tout comme la profondeur du sommeil ; qu'elle est partiellement héréditaire puisque les jumeaux ont des fréquences identiques, et que les personnes dotées des plus hautes fréquences ont aussi les meilleures capacités de consolidation des souvenirs pendant le sommeil.

    Voici enfin une étude qui m’a amusé. J’espère qu’elle ne vous perturbera pas !
    Où disposer son lit dans une chambre à coucher ?

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/croco.jpg    D'après Matthias Spörle et Jennifer Stich, (rien à voir avec le héros de dessins animés qu'imite une de mes correspondantes !) de l'Université de Munich, ce genre de question obéit à des impératifs de survie hérités de la préhistoire.
    Nos ancêtres préhistoriques devaient trouver pour dormir, un endroit sûr à l'abri des prédateurs, le moins visible possible, mais offrant un point de vue  sur les accès au lieu. pour pouvoir les surveiller.
     En conséquence, dans notre société, un individu “normalement constitué” devrait avoir tendance à disposer son lit le plus loin possible de la porte, légèrement décalé du côté où elle s'ouvre pour détecter l'arrivée d'un intrus avant d'être lui- même découvert.
    Les psychologues ont élaboré une expérience où des sujets avaient le choix de disposer un lit à leur convenance dans une pièce de dimensions moyennes comportant une table, une chaise, un placard, le lit et une porte.
    La majorité des 138 participants ont disposé le lit au fond de la pièce, loin de la porte, non pas dans l'axe de cette dernière, mais plutôt du côté vers lequel s'ouvre le battant, de façon à ce qu'une personne entrante ne voie pas le dormeur mais que ce dernier soit  immédiatement prévenu de son arrivée.
    C'est cette configuration qui optimise les chances de survie d'un Homo sapiens en cas d'irruption d'un agresseur, en réduisant ses temps de réaction !

    Mes gentilles correspondantes, ne faites pas trop de bruit en bougeant votre lit ce soir ! lol

    Mon lit est effectivement placé à l’opposé de la porte, mais je l’ai mis ainsi pour ne pas avoir sur le lit, l’air qui passe par la porte que je ne ferme pas pour des raisons de renouvellement de l’air. Et cela permet de mieux circuler quand je rentre dans la chambre.
    Je ne dois pas être un homo sapiens !

Samedi 6 novembre 2010 à 8:59

Actualité

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    Vous avez sûrement entendu parler de Paul le Poulpe.
    C’était cette pieuvre qui en Allemagne avait “prédit” les résultats des championnats du monde de football.
    Il était devenu une attraction et un sujet de réflexion pour les parieurs du monde entier.
    Malheureusement, les poulpes ont une durée de vie moyenne de trois ans et l’animal est mort le 26 octobre 2009, le championnat l’avait fatigué et tout le monde avait été choqué qu’il n’ait pas prédit sa propre mort !
    Il paraît qu’il avait laissé une inscription dans le sable de son aquarium : “Homard m’a tué !”.
    Il a été incinéré et un monument a été érigé à sa gloire. (cela fait oublier la crise économique et le chômage!)
    Cocorico, j’avais appris alors que ce poulpe, bien qu’hébergé outre Rhin, était français d’origine, qu’il avait rapporté beaucoup d’argent à ceux qui le manageaient, mais pas un rond au pêcheur qui l’avait élevé à l’origine à Montpellier.
    De nombreux parieurs ont suivi ses prédictions pendant le Mondial et il leur aurait fait remporter près de 600.000 euros supplémentaires.
    Il faut constater qu’en ce moment, le business du pari a le vent en poulpe.
Une ligne de vêtement à son effigie et des applications pour smartphones ont déjà été lancées et un documentaire à sa gloire devrait sortir au début de l'année 2011
    D’après TheGuardian, il paraît même que certains illuminés pensent que Paul le Poulpe est toujours vivant et bien portant, qu’il aurait été recueilli par Michael Jackson qui le nourrit au sein d’une tribu amazonienne, relayé dans ses soins affectueux par Elvis Presley et Marilyn Monroe.
    Vous doutiez vous de cela  ?

    Mais soyez tranquilles, la relève de Paul le Poulpe est assurée par un spécimen venu tout droit de Montpellier, et qui porte le même nom que son illustre prédécesseur : “Paul le poulpe junior”.
    La question que tout le monde se pose désormais est de savoir si ce dernier sera à la hauteur de son illustre prédécesseur.
    Tanja Munzig, porte-parole de l'aquarium d'Oberhausen, a avoué que "Pour l'instant, personne ne sait si le nouveau Paul aura le même don divinatoire que son prédécesseur".

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    Mais comment faisait-il pour prédire aussi juste ?

    Facile, Paul le poulpe avait une carotte. Ou plutôt une moule décoquillée. C'était son pêché mignon.
    Avant les rencontres, le céphalopode était confronté à deux récipients transparents marqués des drapeaux des nations participantes. Le poulpe devait alors arracher l'un des couvercles pour s'emparer de sa friandise. Paul le poulpe a quasiment toujours choisi le drapeau du futur vainqueur, à deux exceptions près.
    Bien sûr, il était assisté d’un expert footballistique qui mettait une moule au bon endroit et les octopus ont le nez fin et des tentacules adroites (voir mes articles sur ces bêtes extraordinaires).
    Alors comme Paul Junior n’est qu’un bébé poulpe de quelques semaines, il a le temps de faire son apprentissage

    
Peut être que dans son nouveau gouvernement Sarkozy va embaucher un nouveau conseiller octopus !.

Vendredi 5 novembre 2010 à 8:03

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Nous tenons tous à nos opinions. Certains plus que d’autres et surtout celui qui est tolérant écoute les autres, défend certes ses opinions, mais s’il se rend compte qu’il a tort, il ne s’entête pas et change d’opinion ou en tout cas la modifie.
    Tout le monde n’est pas tolérant et  parfois les opinions sont si fortes qu'elles nous font perdre toute raison et le savoir-vivre recommande de ne pas aborder les sujets de politique et de religion à table de peur de soulever des polémiques.
    Alors, si vous avez eu le malheur de vous brouiller avec vos meilleurs amis à cause d'un différend sur une question politique, vous serez sans doute content d'apprendre que c'est à cause de la  « réduction neurale d'amorçage».
    Vous ne savez sans doute pas ce qui se cache derrière cette appellation barbare, alors je vais essayer de vous l’expliquer.

    Le neurobioloqiste Gagon Wig et son équipe, de l'Université de Hanovre, aux Etats-Unis, ont mis en évidence ce phénomène en montrant à des volontaires une série d'images d'objets, de paysages, d'animaux ou d'outils qu'ils devaient classer le plus rapidement possible dans deux catégories: « êtres vivants » et « objets inanimés ».
    Après quelques répétitions, ils ont constaté que les sujets classent plus rapidement les images  dans l'une ou l'autre des deux catégories et qu’en même temps l’activité du cortex frontal gauche diminuait fortement.
    Cette diminution est due au fait que le cerveau dépense de moins en moins d'énergie pour faire fonctionner les connexions neuronales entre l'image observée et Ie choix de la catégorie où le sujet doit ranger l'image.
    Au début de l'exercice, relier une image à une catégorie met en marche des millions de neurones et nécessite une intense activation, notamment du cortex frontal. Puis, progressivement, seules les connexions les plus efficaces     sont conservées. Il en résulte une réduction d'activité et une économie d'énergie pour le cerveau.

    Comment peut-on appliquer ces résultats aux opinions que l'on se forge sur tel ou tel sujet ?
    Prenons l'exemple d'une opinion sur le thème du réchauffement climatique et soumettons-le au protocole expérimental précédent. On demande au sujet de classer des images telles qu'une bombe à aérosol, une automobile, une vache et une poubelle dons deux catégories : « Participe au réchauffement climatique » et « Ne participe pas au réchauffement climatique. »
    Initialement, le classement est un peu hésitant, mais il devient progressivement de plus en plus rapide. Le cerveau du sujet s'active de moins en moins, ce qui reflète une diminution de l'effort et une économie d'énergie face au problème à résoudre. Ainsi, plus Ia personne prend l'habitude de considérer que tel ou tel facteur contribue au réchauffement climatique, moins son cerveau produit d'effort et plus ce classement devient automatique.
    Ces expériences montrent que l'opinion permet au cerveau de fonctionner en mode « économie d'énergie ».

    Si nous tenons tant à nos opinions, c’est qu’elles nous évitent d'avoir à mener une réflexion consommatrice d'énergie, elles sont reposantes car elles mobilisent moins notre cortex frontal..
    Pour modifier une opinion, il faut remodeler ses connexions cérébrales, activer intensément le lobe  frontal gauche et dépenser beaucoup de glucose et notre cerveau répugne à cela.                
    Ces travaux montrent nos oplnions sous un jour nouveau : celui de mécanismes et d’automatismes de la pensée.                
    En sélectionnant des circuits économiques, le cerveau rend peu probable la circulation de l'information dans d'autres circuits.
    Reposante et peu coûteuse, l'opinion représente en quelque sorte pour cette raison, une restriction de la liberté de penser.                
    Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir d’opinions, mais qu’il faut savoir les remettre en question., quitte à se fatiguer un peu

    Et cela me rappelle le conseil suivant que j’avais trouvé sur le blog d’une de mes lectrices et que j’avais beaucoup apprécié :
    "Quand tu regardes une chose, une personne, dans une direction, quand tout le monde regarde par là, n'hésite pas à te retourner, cherche un autre point de vue, cherche à voir et à montrer autre chose."

Jeudi 4 novembre 2010 à 7:54

Oiseaux

Une de mes correspondantes m'a envoyé des photos d'oiseau des îles et leurs couleurs me plaisent

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J'avoue que ces deux là, je n'en connais pas l'identité. Et vous?
Mais ils ont une bien jolie robe




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La couleur bleu-clair des plumes de ces perroquets est assez extraordinaire






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Et ces plumes vert tendre et jaune sont aussi assez jolies




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Quant à ces perruches de toutes les couleurs serrées les unes contre les autres, on dirait des pelotes de laine.







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Et celle-ci a l'air de bien aimer "son" chat.!






Mercredi 3 novembre 2010 à 8:05

Notre cerveau : intelligence; langage

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    A la suite de mon article sur la lecture, j’ai eu plusieurs questions sur la façon d’apprendre à lire aux enfants, deux questions sur les méthodes de “lecture rapide” et cette question plus précise de Alyane : ”La vitesse de lecture joue-t-elle un rôle dans la facilité des acquisitions?”

    Je vais essayer de répondre à ces questions en expliquant comment on peut acquérir une plus grande vitesse de lecture et comment je l’ai fait moi-même quand j’avais une trentaine d’année, avec l’aide d’une collègue psychologue qui faisait de l’orientation professionnelle et s’intéressait à l’enseignement de la lecture.

    Pendant longtemps l’homme n’a connu que la “tradition orale”, mais les informations étaient mal transmises et peu à peu déformées.   
    Puis, pendant des siècles, le livre, d’abord manuscrit, puis, après Gutemberg, imprimé, a constitué le seul moyen d’enregistrement, de conservation et de transmission de la connaissance.
    Mais, depuis quelques dizaines d’années, la radio, le CD, le DVD, le film et Internet remplissent le même office : ils nous transmettent les messages sous une forme plus facile et plus séduisante que ne le faisait l’austère imprimé. En effet, il est plus reposant d’écouter un journaliste que de lire un quotidien. Nous prenons plus de d’intérêt à la vision d’un documentaire télévisé qu’à la lecture d’un livre sur le même sujet.
    Or, à la surprise générale, et contrairement aux prévisions émises il y a quelques décennies par les spécialistes, la production de textes imprimés n’a pas baissé face à cette redoutable concurrence.
    La raison de cette supériorité du texte sur le langage sonore est simple : on lit beaucoup plus vite qu’on ne parle.
    Tandis que l’auditeur d’un conférencier, d’un disque, de la radio, le spectateur d’un film, d’une émission de télévision, perçoivent le message à la vitesse d’articulation orale du « speaker » à un rythme moyen de 150 mots à la minute, un lecteur  lit entre 300 et 500 mots par minute.

    Peut on lire plus vite ?
    On peut vraiment augmenter sa vitesse de lecture de 30 à 50%, mais il faut savoir parfaitement lire et avoir déjà beaucoup lu, avoir une bonne mémoire et  avoir un cerveau préfrontal presque totalement mature (donc disons plutôt étudiant qu’élève)
   
Les méthodes de lecture rapide sont à proscrire totalement pour un enfant qui ne sait pas encore parfaitement lire, car on risque de perturber considérablement de façon durable sa façon de lire.

    Les méthodes sérieuses de lecture rapide comportent en effet cinq types d’entraînement :
        - d’abord apprendre à se concentrer au maximum.
        - éliminer la subvocalisation.
        - élargir physiologiquement son champ de lecture et maîtriser les saccades de ses yeux.
        - apprendre à repérer les termes importants.
        - apprendre à résumer et retenir l’essentiel d’une lecture,
méthodes qui ne sont pas à la portée d’un enfant et empêchent au contraire le bon apprentissage initial de la lecture.

    Contrairement à ce que l’on croit, la lecture rapide demande une attention plus grande que la lecture habituelle, et il faut se concentrer et demander un effort beaucoup plus grand à notre cortex frontal. On se fatigue donc plus vite et on ne peut pas lire ainsi tout un roman : ce type de lecture est réservé à des documents peu volumineux et des temps de lecture séparés par des temps de repos entre les documents lus.
    Il faut apprendre à se concentrer au maximum et surtout à maintenir sa concentration. C’est une question de volonté et de fatigue.

    La subvocalisation est le phénomène consistant à prononcer mentalement les mots lus lors d'une lecture silencieuse c'est-à-dire que la lecture devient un discours intérieur.. Elle est inutile et ralentit beaucoup la lecture sans améliorer la compréhension car le cerveau n'a pas besoin d'« entendre » le mot pour en comprendre le sens.
    Mais contrairement à ce que l’on dit ce n’est pas un défaut. Elle est nécessaire au moment de l’apprentissage de la lecture, de la même façon que lorsque, sachant écrire à la main, vous apprenez à taper de vos dix doigts sur le clavier : au début vous épelez les mots pour chercher les touches et ce n’est que lorsque vous vous serez débarrassé de cette habitude que vous taperez vite en anticipant mentalement sur votre frappe, comme vous le faisiez sur votre écriture.
    On arrive avec l’habitude à se forcer à ne pas subvocaliser, mais on constate alors que les erreurs de compréhension et de mémorisation sont alors plus nombreuses.

    On sait aujourd'hui que I'œil d’un enfant ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
    Un adulte peut augmenter ce champ de vision  en déplaçant un carton muni d’une fenêtre devant le texte, cette fenêtre étant agrandie progressivement à deux puis trois mots au cours de l’apprentissage, de même qu’on augmente la vitesse de déplacement de la fenêtre et que l’on diminue ainsi les temps de pause.
    On peut ainsi augmenter le champ de vision des mots et la vitesse de parcours du texte, mais ceci n’est possible qu’à une distance assez précise du document qui dépend de votre vision.

    Mais ceci ne suffit pas et vous risquez de ne pas bien assimiler ce que vous lisez et il faut un entraînement complémentaire cognitif pour faire travailler davantage et mieux votre cerveau frontal.
    Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à long terme peuvent durer des semaines, voire toute une vie (si on les rappelle régulièrement). Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à court terme (les mémoires “tampon” dont se sert le cortex frontal), ne durent qu’au plus quelques secondes si un effort n’est pas fait pour se les rappeler (par exemple par répétition).
    Il y a trois états possibles d’une connaissance : un état de non-acquisition; un état d’acquisition instable (stockage en mémoire tampon); un état d’acquisition stabilisé (stockage en mémoire à long terme). Des expériences ont montré que l’utilisation d’une méthode qui choisit selon certainscritères les items à réétudier optimisait l’efficacité des études.
    La lecture rapide va de pair avec une bonne mémoire, d’une part à court terme et d’autre part une bonne transformation en un souvenir à moyen terme.
    Un lecteur qui ne peut conserver en « mémoire immédiate” tous les mots d’une phrase, trébuche mentalement, revient en arrière : il lit donc plus lentement et retient mal.
    Il arrive à l’oeil du bon lecteur et aux mécanismes mentaux qui le commandent, d’anticiper certains des mots des phrases qu’il lit et donc de les lire plus vite. De même notre cerveau préfrontal fait des prévisions par exemple celle de la signification du mot. (soit « venir » soit « apparaître » pour le mot « venir ») ou la nature syntaxique du mot (substantif, verbe, adjectif...) ou son genre (masculin, féminin).
    Ce n’est plus la lecture proprement dite qui va plus vite, mais le mécanisme de reconnaissance et de compréhension dans le cortex frontal et les centres associés de la mémorisation des mots (centres de Wernicke et de Geschwind, dont j’ai déjà parlé dans des articles sur la parole).
    On peut donc d’une part faire des exercices pour améliorer sa mémoire à court terme et la transformation des données en mémoire à moyen terme et d’autre part des exercices qui font reconnaitre dans le texte qu’on lit, sujet, verbes, complément et adjectifs, prépositions ou adverbes importants (par exemple les négations !), en négligeant en quelque sorte les autres mots.
    Un bon entraînement consiste également à résumer des textes en en sortant les idées principales.
    Ainsi, la recherche de “mots signaux” dans une page et la sélection des parties essentielles permettent au lecteur de démultiplier sa vitesse de lecture, en augmentant la vitesse de traitement de notre cortex frontal et des centres associés, notamment de la mémoire des mots.

    J’ai fait il y a 50 ans un tel apprentissage de lecture rapide et je peux vous certifier que l’on augmente sa vitesse de lecture de façon notable, mais sur des textes courts et au détriment de la compréhension des nuances et des détails.
    Mais cela permet par exemple de gagner un temps précieux sur la lecture du courrier.
    Vous vous rappelez les lettres que vous avez lues, les sujets et en gros ce qu’elles disaient.
    Mais si l’une d’elle est très importante et comporte des points particuliers, en général vous la mettez de coté pour la relire à vitesse normale, en pesant tous les termes.
    C’est vrai également pour un contrat, pour un article scientifique. Cela vous permet d’en parcourir vite les pages et de cocher certains paragraphes importants, que vous viendrez relire ensuite, pour mieux en saisir les nuances.
    Je ne conseille pas à mes correspondantes littéraires de lire ainsi les livres nécessaires à leurs études, ni aux étudiant(e)s de prépa ou de médecine de lire leurs cours pour les apprendre en lecture rapide
 
   La lecture rapide n’est qu’un survol de reconnaissance d’un texte.

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Mardi 2 novembre 2010 à 7:59

Enseignement, école, fac

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     Quand je discute avec des professeurs, ceux ci me disent que leur principal problème est que les élèves ne font pas attention et pensent à toute autre chose qu’écouter le cours.
    Et que même s’ils font attention, celle-ci ne dure pas.
    Quand je donne des cours à mes petits enfants, je constate aussi que j’ai beaucoup plus de mal à conserver leur attention qu’avec mes enfants il y a 35 ou 40 ans (à des âges et sur des sujets similaires).
    Et il suffit qu’un défaut d’attention fréquent s’installe pour que les résultats scolaires basculent !
    Beaucoup d'enfants sont décrits comme «inattentifs», tant par leurs parents que par leurs enseignants: 30 pour cent de filles et 50 pour cent de garçons d'âge scolaire.
    Alors je me pose la question : qu’est ce qui a changé? Est ce une question d’attention ou de motivation.?
    J’aimerais avoir votre avis.

    Que disent les neuro-biologistes?

    L’attention est principalement le fait des lobes frontaux du cerveau et ils ne sont pas encore matures chez les jeunes. De plus la fatigue intervient plus vite.
    Les enfants ne sont pas faits comme les adultes et ont leurs propres rythmes dont on ne tient pas assez compte.
    Schématiquement, l'attention augmente au fil de la matinée, puis baisse avant le repas. On note une dégradation après le repas de midi, puis l'attention remonte en milieu d'après-midi.
    Le professeur de psychologie à l'Université de Tours, François Testu, a établi ces variations et a proposé de ne pas démarrer les activités nécessitant une attention soutenue tout de suite après l'arrivée des élèves à l'école, ni juste après le repas. Or cette proposition a été mal comprise par le ministre Luc Chatel qui proposait une grande matinée d'activités intellectuelles.... mais sa matinée allait jusqu'à 13 heures !
    Il faut aussi savoir que chez l'enfant, une attention très soutenue ne dure que 10 minutes. Et une attention modérée, tout au plus 1 heure 40.
    Les connaissances sur les rythmes des enfants ne sont pas encore suffisamment intégrées dans la conception des programmes et des emplois du temps. Ce n’est pas d’ailleurs facile car l’élaboration des emplois du temps d’un collège ou d’un lycée est un vrai casse-tête.

    En fait pour obtenir l’attention en classe, Claire Lecomte Lambert, professeur de psychologie de l’éducation et chercheur à l’université de Lille, met en avant quatre objectifs :

    - Eveiller l’attention de l’enfant, c’est à dire la mettre en route le matin.
Pour que le niveau de vigilance soit satisfaisant, il faut que les paramètres physiologiques de l’éveil du corps soient atteints et stabilisés (activité du cerveau, toonus musculaire, rythmes cardiaque et respiratoire, température et sécrétions hormonales.).
    Il faut réclamer l’attention et essayer que les enfants et les jeunes sachent reconnaître s’ils sont ou non concentrés.

    - Diriger l’attention sur un objet et en particulier l’enseignement du professeur en faisant abstraction de tout ce qui peut distraire.
    Il faut arriver d’abord à ce que les lobes frontaux ne soient pas inhibés par des émotions et donc essayer d’éviter tout climat émotionnel, que les jeunes ne sauraient maîtriser..
    Difficile de se concentrer quand, durant le cours de mathématiques, on pense au dernier disque acheté, au film que l'on verra samedi, à la télévision que l'on a regardé trop tard la veille, ou encore à la faim qui commence à se faire sentir. Dans ces conditions, les identités remarquables sont difficiles à mémoriser lol.
    Dans les écoles d’ingénieurs autrefois, comme dans les écoles normales d’instituteurs et professeurs, on avait des cours de “communication” ou de “pédagogie”, où l’on apprenait comment faire passer un message, par l’oral d’abord, mais aussi en se servant de supports, qui à l’époque, n’étaient que des tableaux noirs ou blancs ou des tableaux de feutres pour mettre des petits cartons de couleur, annotés..
    Aujourd’hui les logiciels genre Powerpoint nous donnent des possibilités infiniment meilleures surtout en matière d’images éventuellement animées..
    On apprenait à se servir des intonations de voix ou du questionnement, ldes intermèdes qui pouvaiuent réveiller l’auditoire, à se servir des lettres, des couleurs et des images.
    Mais les programmes ayant été  augmentés on a souvent supprimé ces cours et c’est aujourd’hui une vrai lacune.

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    - Savoir ne pas surcharger celui qui écoute au plan cognitif.
    On apprenait aussi à ménager les efforts des auditeurs en combinant le discours et la projection ou l’écrit au tableau, pour qu’ils se complètent et se relaient, mais ne fassent pas double emploi, à ne pas attirer l’attention sur plusieurs points à la fois, mais à la concentrer sur l’information que l’on voulait faire passer.
    Répéter certaines explications de façon différente pour mieux faire comprendre, exposer les faits et l’analyse (pour les personnes de préférence de perception S) et aussi les schémas et théories et les synthèses (pour les personnes de préférence de perception G).
    Et se rappeler qu’il est  difficile pour les élèves ou auditeurs de faire plusieurs choses à la fois.
    Je me rappelle les premières dictées que me faisait ma grand mère, j’avais du mal à écouter sa voix qui dictait, comprendre le texte, écrire, réfléchir à l’orthographe des mots et donc lire ce que j’écrivais. C’était faire cinq tâches en même temps.
    Dans les classes supérieures où l’on n’a pas de cours écrit et où on prend des notes, c’est encore plus complexe, car on ne réfléchit plus simplement au sens des mots dictés, mais à comprendre ce que dit le professeur et à faire une synthèse de ce qui est essentiel , c’est à dire de ce que l’on doit noter.
    Quand je fais une conférence, pour ne pas mobiliser ainsi sur la prise de notes l’attention des auditeurs, je leur demande d’écrire sur la feuille de présence leur adresse électronique, pour que je leur envoie le diaporama de mon exposé, y compris les notes jointes à chaque diapo, qui m’aident dans mes explications et mon exposé. Ils peuvent ainsi se concentrer sur l’écoute.

    - Maintenir l’attention dans le temps.
    C’est certes une question de méthodes d’expression comme je l’ai dit précédemment, mais il faut aussi apprendre à observer l’auditoire, tout en faisant son exposé.
    Essayer de voir si les auditeurs ont compris une explication difficile et les in citer à poser alors des questions, déceler la fatigue générale ou l’inattention chez certains et les réveiller par des anecdotes ou des questions.
    Là encore cela s’apprend.

    Je voudrais par exemple attirer l’attention sur les distraits car il faut savoir reconnaître les “distraits dissipés” dont l'attention est incapable de se fixer avec stabilité, passant sans cesse d'une idée à l'autre, et les « distraits absorbés », ceux qui sont absorbés par une idée, indifférents à ce qui les entoure, offrant peu de prises aux événements extérieurs.   
    Seuls les distraits dissipés gênent et il faut apprendre à les calmer.ou à les sortir de leurs rêves.
    Les “distraits absorbés”, parce que très attentifs, paraissent précisément incapables d'attention : ils restent attentifs à leur objet de réflexion, si bien que le professeur a du mal à mobiliser leur attention sur autre chose, si cet objet n’est pas le cours
    On les accuse à tort, d'être “dans la lune” parce qu'ils focalisent leur regard sur un point précis pour éviter toute distraction extérieure. Il n'est pas rare que la personne qui regarde obstinément le plafond, cherche à éviter les distractions, car c'est le seul moyen pour elle d'écouter
    Lorsqu'on intervient auprès d'elles, c'est pour leur demander de faire attention, et c'est une erreur car elles font attention.
    La difficulté est de savoir si elles rêvent à quelque chose qui les absorbe ou si elles écoutent le cours où la conférence.
     C’est notamment vrai pour les jeunes et surtout les enfants car nous avons tendance à croire qu'un enfant qui se concentre doit ressembler à un adulte qui le plus souvent, regarde la projection, le conférencier ou le professeur
    Aujourd'hui, la psychologie et les neurosciences nous montrent que les enfants ne ressemblent pas toujours aux adultes' même lorsqu'ils effectuent des tâches similaires, et les adultes n'en tiennent pas assez compte.
   

Lundi 1er novembre 2010 à 7:50

Enseignement, école, fac


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    Le gros problème semble être encore plus aujourd’hui qu’hier, celui des enfants à qui l'on n'arrive pas à donner le goût de l'apprentissage et de la connaissance. Comment les motiver ?

    Quand j’étais gosse, certains instituteurs donnaient des coups de règle sur les doigts quand on ne faisait pas attention ou que l’on chahutait et cela faisait mal ! Je ne pense pas que les sanctions régulières soient  une méthode efficace de motivation aujourd'hui.

     Dans les années 1980, deux psychologues américains, Edward Deci et Richard Ryan, ont découvert qu'il existe deux sortes de motivation :
         - la motivation “intrinsèque” liée au plaisir de pratiquer une activité (on fait quelque chose qui nous plaît, qu'il s'agisse d'écrire, de jouer, de s'intéresser à un sujet donné, ou de faire de la musique ou du dessin) ;
         -  la motivation “extrinsèque”, qui est liée aux récompenses externes que l'on peut vous attribuer si vous pratiquez l'activité avec succès, ou aux punitions qui peuvent en découler si vous la pratiquez en échouant.
    L’idéal est d'être mû par une motivation intrinsèque. Sitôt que l'on donne une récompense à des gens qui s'adonnent initialement à une activité en raison d'une motivation extrinsèque, (ils en tirent un profit matériel, une récompense), on s'aperçoit qu'ils deviennent dépendants de ces gratifications externes (bonbons, bons points, cadeaux, argent...) et qu’ils perdent le plaisir lié à l'activité elle-même, qu'ils s’habituent à cette récompense et qu'en l'absence de récompense, l'activité en elle-même ne les intéresse plus.
    La motivation vient en partie de la stimulation dans le cerveau des centres du plaisir qui vont libérer de la dopamine.
    La motivation extrinsèque n'est pas mauvaise en soi, mais la motivation intrinsèque engendre plaisir et persévérance et est donc plus efficace.

    Comment stimuler la motivation intrinsèque?   
 
    Selon ces psychologues, la motivation intrinsèque repose sur deux grands facteurs qui sont le sentiment de compétence perçu et le sentiment d'autodétermination (la liberté chère aux adolescents).
    L'enfant doit se sentir bon et capable dans ce qu’il fait, et il doit sentir qu’il a choisi lui même de faire cette activité.
    Pour augmenter le sentiment de compétence perçu, les parents doivent encourager l'enfant et le valoriser et souligner ses progrès ; se montrer heureux, voire admiratifs, lorsqu'il montre le résultat de son travail avec enthousiasme.
    Il faut  demander de temps en temps à l'enfant ce qui lui plaît, ce qu'il voudrait faire comme activité, quelles sont ses matières préférées, etc. Cela permet d'éviter d'aller trop à l'encontre du sentiment d'autodétermination.

    Mais évidemment, si on laissait les enfants choisir, beaucoup préféreraient jouer à la playstation, plutôt que lire.
    Il est évident qu'il faut bien, à un moment ou un autre, forcer un peu l'enfant à s'engager dans de nouvelles activités.  et comme pour tout projet, l’essentiel est qu'il adhère, plus ou moins vite, à cette activité qu'on veut lui faire découvrir.
    Les parents ne sont pas obligés de poser un livre sur la table et de donner l’ordre de lire, mais emmener l'enfant dans une librairie, dans une bibliothèque municipale, lui montrer les couvertures des ouvrages, lui en mettre en main, lui demander lequel il voudrait lire, est une incitation bien mieux acceptée. Il faut qu'à un moment donné, l'enfant ait l'impression que la démarche vient de lui.
    De plus les moyens multimédia permettent de faire lire de multiples informations et apprendre à un jeune à utiliser un moteur de recherche documentaire (Google par exemple) peut stimuler sa curiosité et son envie de connaissances.
    Et parfois une récompense peut être utile pour donner “un coup de pouce”, mais il ne faut pas habitiuer l’enfant à ce type d’incitation.
    Cela vaut pour de jeunes enfants, car c’est lorsqu’ils sont encore dans le primaire qu’il faut leur donner le goût de la lecture. Ensuite ce sera beaucoup plus difficile s’ils ne l’ont pas déjà acquis
.

    Dans les classes du collège et du lycée une grande partie de la motivation est du ressort des professeurs. 
Lorsque j'en discute avec les jeunes, ils trouvent en général qu'on ne leur montre pas à quoi sert ce qu'ils apprennent, qu'il n'y a pas d'exercices pratiques mettant en jeu les connaissances, pour certains même qu'il n'y a à peu près pas d'exercices pour appliquer le cours. En fac, le gros problème semble être le fait d'être laissé face à soi-même sans que le professeur ne vous connaisse et sans obligation de travailler autre que les partiels de fin de trimestre ou semestre.
  Je constate aussi que quand j'étais élève (il y a 65 à 70 ans !), les professeurs nous apprenaient des méthodes pour travailler (ils étaient même intéressés quand on en trouvait soi-même des différentes). Aujourd'hui cela ne semble plus de mode et c'est dommage.
  Je sais pour le ressentir moi-même qu'il y a un grand décalage entre les générations d'il y a plus de 20 ans et les jeunes actuels et je crains que les professeurs n'aient pas trouvé le moyen d'intéresser leurs élèves à leur cours. Les énormes différences de niveau des élèves dans une classe ne doivent pas non plus faciliter les choses.
    Ce que je constate aussi bien parmi mes correspondant(e)s du lycée que de fac, c'est que ceux qui ont de bons résultats sont ceux qui sont intéressés par les cours qu'ils suivent et l'enseignement qu'ils reçoivent.

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