Mardi 22 mars 2011 à 8:27

Energie, nucléaire, économies

     J’écoutais vendredi dernier le commentateur “spécialiste” du journal télévisé de France 3, qui parlait des incidents nucléaires au Japon en commentant des photos, et malheureusement il y avait une bêtise par phrase.
    Que l’on ne connaisse pas un sujet est normal. C’est aussi mon cas pour de nombreuses questions, mais alors je m’abstiens de donner mon avis sur ce que je ne sais pas, encore moins dans un lieu où je toucherais beaucoup de monde.
    J’admettrais volontiers également qu’on fasse des erreurs sur des questions pointues et difficiles. ou sur celles sur lesquelles on manque de renseignements. Mais là il s’agissait d’erreurs grossières sur des principes de physique élémentaire ou sur des questions simples concernant la radioactivité.
    Au moins aurait il pu se faire conseiller !!

    La plupart des erreurs que j’entends proviennent de quelques confusions
        - on confond irradiation et contamination, rayonnement et produit radioactif.
        - on confond donc irradiation externe et interne.
        - il y a confusion entre  mSv et μSv (un facteur mille).
        - on traite de la même façon les produits de fission solides et l’Iode qui est gazeuse.
        - on ne parle pas de la dilution atmosphérique.
        - détecter des rayonnements et des produits radioactifs ne veut pas dire qu’il y a danger : tout dépend de la quantité.!

   
   
Le danger d’irradiation :

    J’entendais dire que, du fait de la destruction du toit du bâtiment des réacteurs, il y avait danger d’irradiation : c’est absurde.
    Il faut des épaisseurs importantes de béton ou de matériaux pour arrêter ou atténuer la propagation de rayonnements X et gamma.
    Ce qui servait d’écran est l’eau qui entourait les gaînes contenant des produits de fission.
    En l’absence d’eau et de murs épais de béton, le débit de dose autour du coeur des réacteurs est énorme, même si l’enceinte est étanche. Les rayonnements gamma traversent les murs et n'ont pas besoin de passer par des trous !!!

    Le débit de dose des rayonnement gamma décroit comme le carré de la distance (la surface de la sphère, puisque c’est un rayonnement par cm2). De plus il y a une absorption exponentielle par l’air. Les obstacles rencontrés l’atténuent.
    Il peut donc y avoir au voisinage des coeurs des débits de dose considérables, très dangereux pour ceux qui sont à proximité, mais à 1km il n’y a presque plus rien et à 10 km plus rien du tout.
    Le danger dû au rayonnement au Japon est donc très important pour les sauveteurs qui essaient d’agir sur les réacteurs et non négligeable aux abords de la centrale. Les hélicoptères qui venaient à 100 m au dessus des réacteurs étaient dans une zone très dangereuse.
    Lors des interventions à Tchernobyl, 134 des intervenants ont été irradiés à des doses supérieures à 1000 mSv et ont subi un syndrome de radio-exposition aiguë (maladie des rayons). Vingt-huit d’entre eux sont décédés en 1986..

    Par contre il n’y a pas de danger d’irradiation pour la population tant qu’il n’y aura pas des sols contaminés de façon importante.
    Mais il est certain que l'objectif à viser doit toujours être l'irradiation la plus faible possible.

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Le danger de contamination externe.

    Lors de l’accident de Tchernobyl une partie des produits de fission des barres de combustible avait été dispersée dans un nuage de poussières, avec de la vapeur d’eau et de la fumée issue du graphite du modérateur qui a brûlé. Ces particules s’étaient ensuite déposées sur le sol, et il y avait donc des débits de dose non négligeables.
    Cependant, malgré une évacuation tardive, les irradiations on été limitées à, en général, quelques dizaines de mSV et les plus fortes vers 500 mSv et on n’a constaté aucun syndrome et aucun décès dans la population, dûs à l'irradiation.
    Quelques brûlures de la peau ont été provoquées par des contaminations des vêtements et de la peau, sous l’effet des rayonnements béta (électrons) émis par les produits de fission. Cela aurait pu être évité par une détection et une décontamination.
    En définitive le danger d’irradiation dû à l’exposition en zones contaminées est certes à prendre en compte, mais si on pratique suffisamment tôt une évacuation de certaines zones et une éventuelle décontamination des habits et de la peau, le risque paraît extrêmement limité

Le danger de contamination  interne.

    Cela n’est pas le cas pour une éventuelle contamination interne due à l’ingestion de produits radioactifs par les voies respiratoires et digestives, produits qui peuvent alors se fixer sur des organes sensibles du corps et l’irradier pendant des périodes longues à des doses importantes.
    Le risque encouru n’est pas alors le mal des rayons et la mort, mais les cancers des organes atteints.

    Les deux principaux radio-éléments dangereux sont l’Iode 131 et le césium 137 (et à un beaucoup moindre titre le strontium 90).
     Dans les différents cas il a été possible de mesurer approximativement  la contamination ambiante et d’évaluer approximativement (et de mesurer sur certaines personnes dans des scanners spéciaux) la quantité de radio-éléments absorbés, et on peut alors évaluer la dose réçue au niveau des organes sensibles sur de longues périodes (20 ans par exemple).
    La contamination peut être mesurée par la quantité de radio-éléments en béquerels Bq. Le béquerel est une unité qui correspond à une quantité de radio-éléments extrêmement faible.    

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    L’Iode 131

    L’iode 131 est un produit radioactif cristallin mais qui se sublime facilement et donc est émis sous forme gazeuse dans le nuage.
    Sa période est de 7 jours environ, à l’issue de laquelle son activité est divisée par 2. Au bout de 10 semaines elle est divisée par 1000.
    Par contre, du fait de sa courte période, les rayonnements gamma émis correspondent à des débits de dose assez importants et irradient la thyroïde, sur laquelle l’iode se fixe.
    Les calculs montrent que l’ingestion de 1 Bq au niveau de la thyroïde ne donne qu’une dose en 20 ans de 0,4 μSv. Pour qu’il y ait danger, il faut inhaler des centaines de milliers de béquerels d’iode 131 gazeuse
   
    On estime que la plupart des “liquidateurs” qui ont travaillé sur les réacteurs à Tchernobyl ont reçu, en 20 ans (1986/2006) au niveau de leur thyroïde plus de 100 mSV, les résidants des zones très contaminées plus de 50 mSv , ceux des zones moins contaminées entre 10 et 20 et les personnes évacuées environ 30. Ces doses ont été reçues essentiellement dans les premiers jours après l’accident. (source OMS)
    Les enfants ayant bu du lait contaminé ont reçu entre 140 et 2700 mSV.
    A noter que le rayonnement naturel pendant cette période délivre sur 20 ans une quarantaine de mSv.
    Les autorités sanitaires avaient estimé au départ que le nombre de cancers de la thyroïde risquait d’augmenter d’environ 4 000 cas.
    Chez les adultes il semble que ce pronostic ait été très surévalué et on a constaté très peu de ces cancers. Par contre chez les enfants de moins de 15 ans au moment de l’accident, on a constaté de l’ordre de 2000 cancers, toutefois bénins qui ont pu être guéris à 95%.
    Des mesures concernant le lait et la distribution de pastilles d’iode aurait permis d’éviter la plupart d’entre eux.

    Les journalistes font actuellement beaucoup de bruit parce qu'on a trouvé de l'iode dans les épinards et dans l'eau autour de la centrale et des traces dans l'eau du robinet à Tokio. Certes c'est anormal et cela prouve que de l'iode radioactif est sorti des centrales, mais relativisons.
    Dans un examen médical de la thyroïde, une scintigraphie qui n'a jamais perturbé la santé des personnes, on injecte dans l'iode un million de béquerels environ.
   Au voisinage de la centrale du Japon, on annonçait hier 15 000 bq par kg d'épinard et 77 bq par litre d'eau. Il faudrait manger environ une centaine de kg d'épinard et boire 15 000 litres d'eau pour atteindre l'équivalent d'une scintigraphie à la thyroïde (une partie de liode est rejetée). A Tokio les mesures faisaient étaut de 15 bq par m3 d'eau c'est à dire 15 millibéquerels par litre : des traces sans importance !!
    Quant à ce qui arrivera en France après dilution je ne sais même pas si on pourra le mesurer tellement ce sera faible !!
   

    Le Césium 137

    C’est un élément qui émet des électrons béta et des rayonnements gamma, avec une période de 30 ans. Il irradie donc peu mais ne disparait pratiquement pas au plan nucléaire,
mais il est éliminé de l’organisme avec une période de 100 jours.
    Le césium est un homologue du potassium et suit le même processus biologique et participe donc à des processus de régulation osmotique au niveau des cellules et intervient dans la biochimie des enzymes et des protéines. Il se répartit surtout dans les muscles
    Il semble qu’il faille de très fortes doses pour que des effets biologiques soient constatés, lesquels sont assez divers et il est difficile de les imputer avec certitude à ce radio-élément : insuffisance médullaire et atteinte du système immunitaire, toxicité sur le foie et affections rénales, défauts de la minéralisation osseuse, troubles neurologiques, pathologies cardio-vasculaires, cancers.
    Ces actions nocives semblent davantage dues au rôle chimique du césium qu’à sa radioactivité.
    En fait il n’a pas été possible d’imputer avec certitude parmi les victimes de Tchernobyl, des pathologies à la contamination par le césium 137, ce qui ne démontre pas qu’il n’y en a pas eu, mais qu’il n’y a pas eu d’augmentation très importante comme pour l’iode 131

 
   En définitive, certes l’accident japonais est grave, mais l’espèce d’affolement du monde entier (et beaucoup moins des japonais), me paraît exagéré.
    Actuellement les chiffres de contamination que j’ai pu trouver, et que j'ai comparé au million de béquerels reçu lors d'une scintigraphie d'analyse médicale,, font état de contaminations faibles, et ce n’est guère inquiétant, même si évidemment c’est anormal et que cela prouve que certains éléments des coeurs ont fondu..
    Dans l’immédiat, vis à vis de la population, les autorités japonaises ont fait ce qui était nécessaire : évacuer les abords de la centrale et avoir en réserve des pastilles d’iode au cas où ce serait nécessaire par la suite et interdire la consommation des épinards et légumes cultivés au voisinage de la centrale, bien que leur contamination ne soit pas très forte..
    Au plan nucléaire, ce qui me soucie, c’est l’irradiation sur les pompiers et les électriciens qui combattent sur le site.
    Et au plan général l’approvisionnement en nourriture et le logement de tous les malheureux, qui ont tout perdu avec le tsunami, alors qu’il neige et fait froid au Japon.


   

Lundi 21 mars 2011 à 8:44

Energie, nucléaire, économies

Je pense que c’est très difficile de ne pas avoir peur du nucléaire, car on manque totalement d’information sur ses dangers et sur la compréhension des phénomènes.
    J’avoue ne pas comprendre qu’une nation comme la France qui est engagée fortement dans la production d’électricité nucléaire, n’ait pas mis au programme de SVT (et/ou de physique) des cours sur les rayonnements nucléaires, leurs effets, les réacteurs et des notions élémentaires de compréhension.
    On ne peux à mon avis, ne pas être effrayé et lutter contre un danger, que si l’on sait en quoi il consiste.

    Je vais donc essayer de vous donner une information, certes très succinte puisqu’en deux articles seulement, sur l’irradiation et la contamination, en pensant évidemment aux événements actuels (mais c’est plus général)

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    Aujourd’hui je parlerai de l’irradiation “externe”, par des sources extérieures à notre corps, que ce soit une source ponctuelle (une source industrielle ou médicale, un appareil X de radiographie ou gamma de radiothérapie, ou une zone où le sol est contaminé par des produits de fission).

    Je vous ai expliqué que les effets des rayonnements pouvaient se caractériser par la dose de rayonnement reçue par le corps, exprimée en sieverts. (Sv, ou ses sous-multiples mSv - le millième - et μSv - le millionième.)
    Elle caractérise la quantité d’énergie cédée dans les divers organes de notre corps par les rayonnements ionisants et donc l’ionisation produite qui peut perturber les cellules, voire les tuer.

    Au niveau chimique, les rayonnements ionisants vont créer des ionisations et des ruptures de molécules et l’on va donc avoir des ions et des “radicaux libres” qui favoriseront des recombinaisons chimiques différentes de l’état initial.
    On observe notamment des oxydations qui vont perturber la chimie cellulaire.
    Au niveau des acides nucléiques, les rayonnements peuvent “casser les barreaux de l’échelle” ADN (les bases puriques - voir mes articles sur l’ADN) et provoquer ainsi des perturbations de la production des protéines, des mutations au niveau des cellules (effets cancérigènes ou génétiques pour l’espèce).
    Au niveau des chromosomes, il peut y avoir rupture d’un chromosome dans le noyau d’une cellule, ce qui en général empêche la cellule de se reproduire. Il en résulte que les organes les plus sensibles sont ceux dont les cellules se reproduisent souvent : les organes générateurs des cellules du sang (organes hématopoïétiques de la moelle des os principalement ou ganglions lymphatiques), les muqueuses  : peau et système gastro-intestinal.
    Aux doses très élevées, les ionisations tuent tous types de cellules et l’atteinte du cerveau est primordiale.

    Voici ensuite une évaluation sommaire des syndromes constatés lors d’une “irradiation aigüe” c’est à dire se produisant sur une courte durée (quelques jours)
    Pour que cela vous facilite la comparaison avec des chiffres que donne la presse sur les accidents au Japon , j’exprimerai les doses en millisieverts (1000 mSv = 1 SV) : d est la dose reçue sur tout le corps.

10 mSv < d <100mSv : on peut, si on fait une culture de cellules du sang et qu’on examine un grand nombre de cellules, voir des anomalies chromosomiques.
Elle n’ont pas d’influence sur la santé.

100 mSv < d < 500 mSv : on peut, si on dispose d’une numération sanguine avant et après l’irradiation, constater une diminution des nombres de globules rouges, globules blancs et de plaquettes. Ces anomalies disparaissent au bout de quelques semaines.

500 mSv < d < 6.000 mSv : les personnes vont être d’autant plus malades que la dose est élevée. Apparition de vomissements et de diarrhées, dues à l’irritation du système gastro-intestinal, d’une diminution des globules rouges d’où manque d’oxygénation des cellules et donc anémie, diminution des globules blancs et donc sensibilité plus grande à toutes les maladies microbienne.
    On pourra voir apparaître des décès au bout de quelques semaines après l’irradiation, à partir d’environ 2 500 mSv .
    Autour de 4 500 mSv, la moitié des personnes irradiée à cette dose risquent de mourir
    La survie au dessus de 6000 mSv est exceptionelle.

6000 mSv < d < 20.000 mSv : les personnes vont mourir d’une atteinte des muquauses gastro-intestinales; elles ne sont plus aptes à transmettre les nutriments. Les blessures et le manque de plaquettes entraînent des saignements et une invasion microbienne que les globules blancs, moins nombreux,  ne peuvent arrêter.
La mort survient en quelques jours

d> 20 000 mSv : Les cellules nerveuses du cerveau sont atteintes et la mort survient rapidement après un coma dans l’heure qui suit l’irradiaiton.

    Il faut attirer l’attention sur le fait que si l’irradiation ne concerne pas tout le corps et notamment les organes sensibles, seul l’organe atteint est concerné. Dans le traitement des tumeurs, on irradie la seule tumeur à plus de 100 000 mSv, mais avec des irradiations faibles pour les autres organes.
    Si une irradiation chronique est étalée sur des mois, il y a une certaine réparation qui intervient et les doses provoquant les syndromes ci-dessus sont plus élevées.

    Enfin il faut prendre en compte les modifications génétiques des cellules, qui notamment peuvent induire des leucémies en cas d’irradiation de tout le corps ou des cancers d’un organe en cas d’irradiation de cet organe.
    C’est la dose totale reçue depuis le début de l’irradiation, quelle qu’en soit la durée, qui doit être prise en compte, car c’est le nombre total de mutations du matériel génétique qui compte.
    Par exemple, pour un travailleur dans une centrale, on comptabilise les doses reçues depuis qu’il a commencé à travailler, jusqu’à sa retraite.

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     Dans ce domaine on ne peut parler que statistiques : les études montrent que la probabilité de développer un cancer n’est plus grande que la probabilité naturelle, que si l’on a reçu une dose totale supérieure à 2 000 millisieverts.
    On ne peut pas démontrer  qu’une dose plus faible peut engendrer un cancer car sur les populations étudiées (Hiroshima et Nagasaki, Tchernobyl, des irradiations thérapeutiques,...), on ne voit pas d’anomalie statistique par rapport à l’apparition de cancers naturels. On ne peut pas démontrer non plus que cela n’en produit pas (l'extrapolation n'est pas possible !
    Quant aux études sur des animaux, le passage à l’homme est extrêmement difficile et ne permet pas de trancher ce problème.

  
    En ce qui concerne le risque de modifications génétiques transmissibles à l’espèce, il ne serait important que si toute une population était irradiée très fortement (risque de la même mutation chez les deux parents).
    Aucune étude n’est possible chez l’homme, mais on sait seulement que des populations vivant dans des zônes granitiques ou en altitude recoivent au cours de leurs vies environ 200 mSv et ne sont pas anormales pour autant.

    Enfin il faut signaler que le suivi des personnes qui sont intervenues sur le réacteur de Tchernobyl et ont été irradiées assez fortement, semble montrer une mortalité plus élevée que la normale (c’est à dire une espérance de vie moindre) pour des doses supérieures à 500 mSV . Mais ce résultat est très incertain car il s’agit d’une polpulation restreinte dont on ne connaît pas l’espérance de vie spécifique normale et la comparaison se fait avec des populations non irradiées qui ne sont pas statistiquement identiques.

    Ce que je viens de vous exposer est très simplifié et évidemment les études d’effets biologiques sont très complexes et concernent les effets de diverses sortes de rayonnements et les divers organes de notre corps.
    Mon but était de vous donner des repères utiles en matière de doses d’irradiation et des effets biologiques correspondants.
    En résumé on voit qu’une “maladie somatique” c’est à dire à court terme due à l’irradiation n’est vraiment grave qu’à partir de 500 mSv et que les risques de cancer et d’effets à long terme ne sont pas important avant des doses encore plus élevées.
    Il faut savoir qu’en Bretagne par exemple les populations qui vivent dans des lieux très granitiques peuvent recevoir des doses allant jusqu’à 8 mSv par an, et dans certaines parties du monde en altitude jusqu'à 10 à 20 mSv par an, (due en particulier au gaz radon issu du radium), sans  que l’on constate pour cela des anomalies dans ces populations.
     Ce n'est pas pour cela qu'il faut laisser les gens recevoir de telles doses. Moins on en reçoit, mieux cela vaut. Mais il ne faut pas s'affoler non plus.
   
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  Ces considérations nous permettrons de voir, dans le prochain article, de façon plus pratique, les risques dans le cas d’accidents tels que celui qui s’est produit actuellement au Japon.



Lundi 21 mars 2011 à 7:58

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   Hier soir, alerté par quelques commentaires étonnés, je me suis aperçu que j'avais oublié de mettre "non publié" sur un article que j'avais préparé pour le 1er avril.
    Je l'ai évidemment retiré de ce blog.

    Certes je le republierai, car beaucoup ne l'ont pas vu heureusement, mais comme ceux et celles qui l'ont lu se sentiraient brimé(e)s, je publierai aussi le premier avril, un article plus sérieux à leur intention.

    Dans une petite heure, vous trouverez l'article prévu sur le danger des rayonnements nucléaires, le temps que je l'écrive.

Dimanche 20 mars 2011 à 8:21

Photos, photos comiques

Une petite pause pour vous reposer. Ce dimanche j'ai pas mal d'occupations et je dois aller voter.
    Voilà donc la suite des photos de statues originales : quelques  femmes :

http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/damechapeauBruxelles.jpg











Une dame qui revient du marché de Bruxelles










http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/dametexas.jpg







Celle-ci devait être très fatiguée (au Texas)









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Son ombrelle l'abrite t'elle vraiment du soleil?
A Minsk, il est peut être rare !











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D'habitude, c'est plutôt le papa qui joue à ce jeu là !
(Salt Lake City)

Samedi 19 mars 2011 à 8:03

Energie, nucléaire, économies

Je n’ai pas de renseignements particuliers sur l’accident japonais autres que ceux des médias, alors ce que je vais dire n’est pas certain.
    Ce qui est certain c’est que les centrales sont étudiées et calculées pour résister aux tremblements de terre, et cela ne présente pas de difficulté particulière, car ce sont de très gros “blocs” de béton, d’une hauteur faible et fortement renforcés.
    Les centrales japonaises avaient parfaitement résisté au tremblement de terre qui avait seulement (et heureusement) arrêté les réacteurs en faisant baisser les barres de contrôle.
    Le problème a été le tsunami d’une importance totalement imprévue et d’une force inouïe comme on a pu le voir sur les images télévisées.

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     Ces centrales étaient en bord de mer, très proches et elles étaient protégées
de vagues éventuelles par une digue de 5m de hauteur.
    Mais celle qui est arrivée faisait 20 mètres de haut !!
    Quand on voit les photos de celles qui n’ont pas d’incident, il ne semble pas que les bâtiments des réacteurs aient beaucoup souffert de cette vague, encore que s’il y a des fissures, on ne peut les voir à la télévision.
    Par contre je crois que le refroidissement des réacteurs était assuré par un pompage
d’eau de mer dans un grand bassin à l’air libre devant les centrales, qui servait ensuite à refroidir le condenseur de vapeur.
    Je suppose que le tsunami a détruit les conduites de pompage et peut être une partie des pompes et a peut être comblé en partie les entrées d'eau du bassin. Il semblerait aussi qu’il ait détruit les groupes électrogènes de secours et privé la centrale d’électricité.
    L’eau faisant défaut les réacteurs n’ont plus eu que l’eau encore très chaude de leur enceinte et plus de moyen pour la refroidir.
    Dès lors cette eau a de plus en plus chauffé et a fini par se transformer en vapeur et une partie a dû être évacuée à l’extérieur de l’enceinte des réacteurs, ainsi que de l’hydrogène qui s’était formé, pour éviter des explosions.
    Le rejet initial était spectaculaire et a fait peur mais il n’était pratiquement pas contaminé. Par contre les explosions suivantes ont endommagé  (voire fait effondrer) la deuxième enceinte de confinement sur au moins deux réacteurs.

    Actuellement il semble que les niveaux de radioactivité (débit de dose de rayonnement gamma) soient très élevés autour de la centrale. C’est tout à fait normal et ce n’est pas en soi alarmant. C’est simplement que l’eau n’étant plus autour du coeur des réacteurs, n’arrête plus ces rayonnements gamma.
    C’est très dangereux pour ceux qui travaillent sur la centrale, mais pas pour la population car c’est très limité en distance (décroissance proportionnelle au carré de la distance, comme pour tout rayonnement dans l’espace).
    Ce qui est alarmant c’est l’absence d’eau car cela peut entraîner une fusion du coeur et il est probable que certains des coeurs aient souffert et que certains barreaux soient en partie fondus.
    On manque de chiffres pour pouvoir se rendre compte du problème. Cela dit si la radioactivité à Tokio a simplement un peu augmenté par rapport à la radioactivité naturelle, cela ne présente aucun danger et montre que pour le moment les rejets doivent être faibles.
    Enfin une des piscine de stockage était aussi à cours d’eau et il est difficile de savoir si les incidents sont dûs aux barres entreposées dans cette piscine ou au coeur du réacteur 4, lui même, dont on a dit qu’il était dans la piscine pour des raisons de maintenance, mais je ne sais si c’est vrai.

    On a très peu de chiffres actuellement, sauf quelques publications fantaisistes et manifestement aberrante sur internet, citant la présence de Césium 137, alors qu’aucun chiffre officiel n’en fait état.
    La seule information que j’ai trouvée de valable étaient des relevés à la centrale d’Onagawa, à 120 km de l’accident, qui a enregistré le passage d’un petit nuage radioactif, le 13 mars vers 2h du matin (local) avec des taux de radioactivité passagers maximaux très faibles (20 microsieverts / heure).
    Depuis des relevés en divers endroits semblent compris entre 0,1 et 2 μSV/h (dans les zones granitiques en Bretagne on peut avoir en permanence 0,3μSV/h et donc la population reçoit une dose de plus de 2,5 mSv par an et n’en souffre pas).

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    Il est donc difficile de donner un diagnostic en l’absence de chiffres sur les débits de dose d’une part et surtout sur une analyse quand aux quantités des divers radio-éléments présents dans l’atmosphère au voisinage de la centrale. (savoir s’il y a autre chose que de l’iode ?)
    Si je crains pour la vie de certaines des personnes qui travaillent à la sauvegarde de la centrale, je suis peu inquiet pour la population , du moins dans l’état actuel des informations.
    Le danger le plus important qui serait celui de l’iode 131 ne paraît pas très préoccupant pour le moment, et le sera de moins en moins car la période de ce radio-élément est de 7 jours et donc la radioactivité est divisée par deux toutes les semaines.
    Nos médias ne parlent que de cet  accident nucléaire depuis une semaine parce que, puisque nous avons aussi des réacteurs mais que nous ne sommes pas en zone très sismique, cela fait davantage peur aux français.
    Les victimes du tsunami en sont presque oubliées, de même que le sort des insurgés en Lybie ou de la Côte d’Ivoire, qui se font massacrer. Je le regrette.
    Personnellement je suis beaucoup plus inquiet pour les victimes du tsunami, qui ont perdu une partie de leur famille et tous leurs biens, qui ont froid et manquent de nourriture, que pour le risque radioactif sur la population japonaise, compte tenu de l’évacuation qui a été faite autour de la centrale.
    Je ne pense pas qu’on puisse oublier qu’il y a plus de dix mille victimes du tsunami !


    Je ne sais pas si vous avez vu une image de “avant et après le tsunami” dans un village, le port de Yuriage à 3 km de la centrale. On se rend compte de l’horreur de la catastrophe causée par la mer.    (Photo ci dessous à voir sur
http://www.liberation.fr/seisme-japon-mars-2011-avant-apres.html ).
ou bien visitez le site signalé par Maud, qui publie des photos remarquables, mais combien effrayantes, des dégâts causés par la vague.
http://www.boston.com/bigpicture/2011/03/japan_earthquake_aftermath.html

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/Photosavantaprestsunamijaponnais.jpg

    Après une pause demain, je vous parlerai un peu plus lundi, d’irradiation et de contamination.

Nota : je rajoute cette information : l'autorité de sureté nucléaire (ASN) vient de publier ce matin 19 sur
http://www.asn.fr/index.php/Site-de-l-ASN-Special-Japon/Chronologie-des-faits
une explication de l'accident de la centrale japonaise très simple et clair avec des schémas remarquables qui font bien comprendre les phénomènes.

Vendredi 18 mars 2011 à 8:09

Energie, nucléaire, économies

Pour comprendre l’accident catastrophique du Japon, il faut comprendre un minimum comment fonctionne un réacteur nucléaire, c’est ce que je vais essayer de faire aujourd’hui.
   

     La plupart d’entre vous ont dû apprendre en classe que la fission nucléaire est obtenue en bombardant avec des neutrons de l’Uranium 235 ou du Plutonium 239, qui se cassent alors en deux atomes plus légers qui sont des “produits de fission”, en produisant beaucoup d’énergie et.des rayonnements nucléaires dont en particulier des neutrons, qui peuvent participer à ré-engendrer des fissions.           
    Dans une bombe atomique, la réaction est extrêmement violente et peut créer des dégâts considérables, mais cette “explosion” n’est possible qu’en utilisant de l’Uranium 235 presque pur (à plus de 95%) qui est relativement peu stable et en créant des configurations particulières.
    Dans la nature il n’existe qu’un minerai d’uranium 238 ne comportant que 0,7 % d’uranium 235. L’uranium 238 n’est pas fissile et il faut donc l’enrichir sur des installations de centrifugeage.que ce soit pour une utilisation militaire ou pacifique.
    Dans un réacteur nucléaire, la réaction n’est pas explosive car le mélange utilisé contient en général de l’ordre de 5% seulement d’U 235
    Un réacteur nucléaire ne peut donc en aucun cas exploser comme une bombe atomique.


    Comment fonctionne le “coeur du réacteur” où se produit la fission :
   

    Le mélange uranium 235, uranium 238 (et parfois Plutonium dans les combustibles dits “MOX”), est placé dans des gaînes sous forme de longues barres, qui sont disposées de façon régulière dans un support et l’ensemble est appelé “coeur” du réacteur et est placé dans une enceinte étanche très solide.
    Dans les réacteurs des générations actuelles de tous les pays, l’uranium 235 va subir la fission, s’il est soumis à des neutrons peu énergétiques dits “neutrons lents”, et il émet alors des neutrons très énergiques dits “rapides” , qui sont beaucoup moins aptes à provoquer de nouvelles fissions et des rayonnements gammas (c’est pour cela qu’on met du béton autour du coeur pour les absorber) et de l’énergie sous forme de chaleur.
 http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/N6Schema03A.jpg       Pour que la réaction s’entretienne, il faut que l’on ralentisse les neutrons rapides produits, en neutrons lents pour qu’à chaque neutron lent absorbé par le phénomène de fission, on récupère  un neutron lent à partir des neutrons rapides émis. Si on récupère moins d’un neutron, la réaction s’éteint, si on en récupère plus d’un, elle s’emballe.
    Il faut donc d’une part ralentir les neutrons, d’autre part les absorber plus ou moins afin de conserver cet équilibre de un pour un, et enfin récupérer la chaleur produite pour en faire de l’électricité.
    Le pilotage est très complexe, mais nous pouvons en avoir une image simplifiée d’un système de barres absorbant les neutrons, barres qui s’enfoncent plus ou moins entre les barreaux de combustible. (voir schéma).
    Si les barres sont totalement enfoncées (soit volontairement, soit qu’elles retombent par gravité en cas d’incident), la réaction nucléaire est totalement arrêtée faute de neutrons.

     Les filières de réacteurs nucléaires :

    Par contre le ralentisseur de neutrons (que l’on appelle “modérateur” ) et le fluide caloporteur qui va emmener la chaleur pour en faire de la vapeur et faire tourner des turbines accouplées à des alternateurs de production d’électricité, sont différentes selon plusieurs filières utilisées par les divers pays.
    On peut ramener ces filières à trois types
        - celui où le modérateur est du graphite et le fluide caloporteur de l’eau bouillante. Environ 3,5% des réacteurs, les réacteurs russes notamment et ceux de Tchernobyl
        - celui où le modérateur et le caloporteur sont de l’eau bouillante.
C’est la filière américaine et environ 23 % des réacteurs dont les réacteurs japonais.
        - celui où le modérateur est de l’eau sous pression et le caloporteur de l’eau. C’est la filière française et 67% environ des réacteurs

    Je vais décrire maintenant un réacteur français et un réacteur japonais pour que vous voyez les différences principales.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/pwr.jpg

    Dans les réacteurs français, le coeur est  enfermé dans une enceinte étanche extrêmement solide dans laquelle il y a de l’eau sous pression qui circule ensuite dans un échangeur qui est le générateur de vapeur, à partir d’eau non pressurisée, mais qui ne touche jamais le coeur radioactif.
    Le tout est mis dans une deuxième enceinte de confinement très solide. Dans le nouveau réacteur ERP, il y a même une troisième enceinte de confinement.
    La vapeur issue du générateur est envoyée sur les turbines, et est ensuite refroidie par un troisième circuit d’eau et l’eau condensée est envoyée sur le générateur de vapeur.
    Dans ce système, l’eau de refroidissement du coeur est en circuit fermé et ne sort pas de l’enceinte de confinement et si une contamination accidentelle se produisait lors d’une rupture d’une gaine de combustible, seul ce circuit serait pollué et peut être décontaminé.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/RTEmagicClesreacteursaeaubouillante8799hdtxdam205079a7503.jpg

    Dans les réacteurs japonais, le coeur est aussi enfermé dans une enceinte étanche, mais le fluide est de l’eau bouillante et donc au sommet de l’enceinte de la vapeur est produite et va faire tourner les turbines, puis est refroidie par un condenseur qui la retransforme en eau. Il semble, d’après ce que j’ai pu comprendre que le refroidissement du condenseur était alimenté en eau de mer, la mer évitant d’avoir des tours de refroidissement.
    Une deuxième enceinte de confinement est également présente.
    Par contre, si une contamination de l’eau se produit, celle ci contamine aussi le système de turbines et par ailleurs la vapeur  contaminée sort de l’enceinte étanche.de confinement.
    Au plan de la sécurité le système est déficient.

    L’importance du refroidissement du coeur

    Quand le réacteur fonctionne, il produit beaucoup de chaleur et donc le circuit caloporteur le refroidit en produisant de l’électricité.
    Mais quand le réacteur est à l’arrêt, il faut aussi le refroidir, pourquoi?
    En effet il n’y a plus de réaction de fission productrice de chaleur.
    Mais au fur et à mesure que le réacteur produit de l’électricité, l’uranium 235 se transforme en produits de fission qui sont des éléments instables radioactifs, qui émettent des rayonnements gamma et surtout des rayonnements béta (électrons).
    Les rayonnements gamma sont absorbés par l’eau et le béton qui entourent le coeur du réacteur, mais les rayonnements béta sont absorbés par les gaînes en se transformant en rayonnement X et en chaleur.
    La quantité de chaleur dégagée par ces produits de fission dans les gaînes est très importante et peut au moment de l’arrêt, atteindre 5% de l’énergie thermique du réacteur en marche.
    Elle diminue ensuite avec la radioactivité, mais elle nécessite de refroidir le coeur du réacteur pendant une dizaine de jours après l’arrêt.
    Faute de ce refroidissement le coeur du réacteur risque de fondre et donc de libérer des produits de fission dans l’enceinte qui entoure le coeur et si celle ci n’était plus étanche dans l’enceinte de confinement.
   
    L’entretien et le vieillissement du coeur :


    Donc l’uranium 235 se transforme peu à peu en produits de fissions (plus quelques autres éléments, mais qui ne changent pas le problème).

    La teneur en uranium fissile baisse donc et au bout d’une certaine période, la teneur est insuffisante pour un bon rendement du réacteur.
    En outre le phénomène dans le coeur est  plus complexe que ce que j’explique, et la consommation en combustible n’est pas homogène et donc certains barreaux se consomment plus vite que d’autres.
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/Piscinedestockagecombustiblelarge.jpg
    Il faut donc remplacer les barreaux de combustible usagés.
    Par ailleurs il faut pouvoir entretenir et réviser périodiquement les éléments autres que le coeur.
  
    On dispose donc dans l’enceinte d’une “piscine”, cuve profonde remplie d’eau, dans laquelle on stocke provisoirement le coeur pendant une révision et pour quelques mois ou quelques années, les barreaux usagés en attendant que le taux de radioactivité ait décru et qu’on puisse les transporter, dans des châteaux de plomb, jusqu’à une usine de retraitement du combustible et de fabrication de nouveaux barreaux;
    Cette piscine de stockage doit être refroidie également car les rayonnement béta des produits de fission sont également absorbés par les gaînes des barreau et les échauffent fortement.

    Le problème essentiel des japonais actuellement, c'est donc d'amener de l'eau d'une part pour éviter les surchauffes des combustibles et la production de vapeur plus ou moins contaminée qui pourrait s'échapper, et surtout la fusion des barreaux de combustible. De plus si le niveau d'eau est rétabli autour des coeurs et combustibles, les rayonnements gamma seront absorbés et il sera possible de s'approcher davantage pour rétablir l'électricité et les tuyauteries.

    Le danger de l’hydrogène :

    Les rayonnements nucléaires provoquent la radiolyse de l’eau en hydrogène et oxygène. Dans le réacteur en marche l’eau qui circule dissout les deux gaz qui se recombinent en eau.
    Dans un réacteur à l’arrêt, les rayonnement continuent de provenir des produits de fission présents dans les barres de combustibles et si la circulation d’eau n’existe plus l’hydrogène peut se retrouver dans l’atmosphère des enceintes de confinement et constituer un risque d’explosion.

     Demain nous parlerons de l'accident japonais.


Jeudi 17 mars 2011 à 9:00

Energie, nucléaire, économies

Une bêtise en matière d'information : la légende de la photo ci-dessous parue dans le Nouvel Obs.
"Mesure de l'exposition aux radiations d'un garçon de un an à Nihonmatsu, dans le nord du Japon. (Sipa/AP Photo/Asahi Shimbun, Toru Nakata)"

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/1610878.jpg


     Plusieurs de mes correspondant(e)s me demandent ce que je pense de la catastrophe nucléaire du Japon.
    Je suis assez embarrassé pour vous répondre car je n’ai pas les éléments d’information qui permettent de donner un avis pertinent. Je ne fais que, comme vous, lire les écrits et voir les journaux télévisés.
    Alors je vais essayer quand même de vous donner quelques éléments particuliers aujourd’hui, puis dans les articles suivants vous donner quelques élément techniques généraux sur le danger nucléaire et sur le problème des centrales japonaises, car dans ces domaines, on entend beaucoup de choses bien contradictoires et souvent erronées.

    Les journalistes sont malheureusement souvent incompétents et ne résistent pas au plaisir de publier du sensationnel, sans aucunement ni demander conseil, ni même vérifier si leur information est véridique.
    Les journalistes japonais n’échappent pas à cette tendance et le gouvernement japonais est par ailleurs avare de renseignements, qui d’ailleurs seraient souvent difficiles à interpréter pour des non-spécialistes.
`
    Je vous donne un exemple d’absurdité, c’est la légende de cette photographie “Mesure de l'exposition aux radiations d'un garçon de un an” .
    L’exposition aux radiations, c’est la dose reçue par un individu s’il a été dans une zone où il y avait une source radioactive qui aurait pu l’irradier..
    D’abord actuellement, cela n’est possible que dans les centrales ou en leur voisinage immédiat et il est évident qu’on n’y trouvera pas d’enfant de un an.
    Ensuite ce qu’il faut savoir c’est qu’on ne peut mesurer la dose reçue “sur” l’individu. La seule façon de la mesurer est de doter avant l’irradiation la personne d’un dosimètre que l’on lit après.
    Ce qu’on nous montre ici c’est un photomultiplicateur, qui est un appareil muni d’une couche sensible aux particules chargées (électrons béta, particules alpha) émises par des produits radioactifs, qui émet ensuite des impulsions lumineuses que l’on peut compter et mesurer. On peut ainsi savoir si les objets (ou la peau d’une personne) ont été contaminés par des produits radioactifs, quelle est l’importance de cette contamination, et si on a l’équipement de mesure correspondant, quelle est la nature des produits en question (identifiée par l’énergie des rayonnements émis)
    Donc ici on mesure éventuellement si ce jeune garçon est contaminé par des produits radioactifs qui se seraient déposés sur sa peau.
    Je pense d’ailleurs qu’avant cela on aurait regardé ses vêtements, ses chaussures, car si ces derniers ne présentaient aucune contamination il est peu probable que la peau soit contaminée.
    En plus, des techniciens sérieux n’auraient jamais fait cette mesure en faisant prendre l’enfant dans les bras d’une femme, qui pourrait être alors contaminée par transfert et qui n’a pas de vêtement de protection sur elle, alors que celui qui fait la mesure en est muni et pourrait, lui, s’en passer (des gants et un masque anti-poussières aurait suffi), amis l’habiller ainsi, cela fait plus dramatique. On aurait dans un cas réel mis l’enfant sur une table d’examen recouverte d’un plastique.
    Bref ceci est une image faite pour être photographiée par les journalistes et n’a rien d’objectif, ce qui ne veut pas dire que l’on n’a pas fait de telles mesures dans certains cas précis pour des personnes à proximité des centrales, mais sûrement pas ainsi. Mais ce mignon bébé nous fait fondre nos coeurs.
    Je n’appelle pas cela de l’information digne de ce nom ! Cela me rappelle la guerre en Irak où les journalistes annonçaient que les avions irakiens avaient fui à l’étranger, et comme ils n’en n’avaient pas d’image, montraient des F16 américains à la place des migs irakiens
    Les journalistes considèrent que les gens étant incompétents, on peut leur faire avaler n’importe quoi !!!

    Dans ce premier article je voudrais appeler l’attention sur des points généraux que je développerai ensuite dans d’autres articles  :

    Face à un accident radioactif (que ce soit une centrale ou dans un laboratoire ou un hôpital qui manipule des radioéléments, vous êtes face à quatre dangers possibles :
   
    1. - Il existe une “source radioactive ponctuelle” (réacteur ou source ponctuelle en labo, appareil de rayons X, appareil de radiothérapie...) qui émet des rayonnements ionisants.
    Ces rayonnements (X, gamma, électrons, neutrons) peuvent se propager dans l’air, (comme la lumière), pénétrer dans votre corps et donc y irradier des organes sensibles. (je vous expliquerai plus précisément dans un futur article).
    2. - Si des produits radioactifs se répandent sur le sol ou sur une surface dans un laboratoire, (produits issus d’un coeur de centrale nucléaire ou poudre ou liquide contenu dans un récipient...), ils constituent non plus une source ponctuelle, mais une source étendue qui émet des rayonnements ionisants et si l’on se trouve au dessus de cette surface, on peut de la même façon être irradié par ces rayonnements

    (1) et (2) constituent ce qu’on appelle le “danger d’irradiation”.
    On le caractérise par la dose de rayonnement que l’on a reçue sur tout le corps ou si seulement une partie du corps est irradiée, (radiothérapie), au niveau de cet organe: cette dose est exprimée en “sieverts” (Sv)
    Je vous expliquerai ce que c’est dans un autre article, ainsi que succinctement les effets des aryonnements sur le corps humain.
    On mesure cette dose avec des dosimètres (émulsions photographiques, dosimètres solides...)
    Pour prévoir la dose que l’on risque de recevoir on peut mesurer instantanément ce que l’on appelle le “débit de dose” en Sv / heure.
    Ainsi, si  vous vous trouvez dans une zone où il y a un débit de dose de 10 millisieverts par heure, si vous y restez une heure vous recevrez une dose de 10 millisieverts, et si vous y restez 6 minutes une dose de 1 millisievert.
    C’est très important pour évaluer le risque d’une irradiation, la protection que peut offrir un écran, une habitation et de savoir quelle conduite à tenir pour minimiser le risque d’irradiation.
    Toute personne chargée de radioprotection dispose d’appareils permettant de mesurer ce facteur.

    3.) - Si des produits radioactifs son t dispersés dans l’air sous forme de poussière ou d’aérosol, où s’ils sont déposés ensuite sur le sol, vous risquez par retombée ou par frottement , de contaminer votre peau ou vos vêtements.
    Votre peau, voire votre corps risqueront d’être irradiés par ces produits déposés sur votre peau qu’il faut donc enlever et stocker à un endroit où ils seront inoffensifs.
    4.) - Si vous avez des produits radioactifs sur vos mains et que vous portez vos mains à votre bouche, si des produits sont en suspension dans l’air ou s’il y a des produits gazeux (comme l’iode 131), vous risquez d’ingérer ces produits radioactifs (par la respiration ou les voies digestives), et qu’ils se fixent dans votre corps, sur certains organes qu’ils irradient alors fortement car ils sont “au contact”.
   
    (3) et (4) constituent le “danger de contamination” externe et interne
     On va l’évaluer en deux temps : d’abord il faudra évaluer la quantité de produits radioactifs déposés sur des surfaces, en béquerels/ cm2 ou par m3    Ensuite il faudra évaluer quelle est l’irradiation que provoquera cette contamination au niveau des organes sensibles, ceci sur des périodes plus ou moins longue, suivant la durée de présence du produit dans la corps humain.
    Cette dose sera évaluée en sieverts.
    Je vous parlerai du danger de contamination dans un autre article.

    Donc face à un accident nucléaire, deux dangers principaux :
    - irradiation externe du corps par des sources radioactives : le coeur du réacteur si on est  dans la centrale, ou des poroduits radioactifs envoyés dans l’atmosphère et retombées du le sol
    Les doses reçues sont mesurées en Sv et prévues si on connait le débit de dose en Sv / unité de temps.
    - Contamination par les produits déposés sur le sol ou en suspension dans l’air (ou à fortiori par des produits gazeux), et ingestion ensuite par les poumons ou les voies digestives; ce qui provoquera une irradiation interne de certains organes.
    La quantité de produits radioactifs est évaluée en becquerel par cm2 pour une surface, par m3 dans l’air. Des calculs permettent de remonter aux dose que l’on recevrait pendant une durée donnée, avant élimination des produits.


    Pour évaluer le danger il faut disposer de chiffres exacts concernant l’irradiation et la contamination, chiffres dont on ne dispose guère actuellement.

    Demain je comparerai les filières françaises et japonaises de réacteurs et après demain j'essaierai d'expliquer l'accident japonais, puis après une journée de pause-photo, dimanche, je vous parlerai dans trois articles des risques encourus.

Mercredi 16 mars 2011 à 8:10

Photos, photos comiques

Un peu de repos aujourd'hui avec des photographies que l'on m'a envoyées de "statues" originales et je vais y consacrer plusieurs articles en intermèdes :

Voici par exemple des leçons d'anatomie lol
http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages2/Poucedefense.jpg













Un pouce à La Défense à Paris

http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages3/mainUruguay.jpg


















Des mains en Uruguay
et en Italie

http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages3/mainsItalie.jpg















http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/jambesJapon.jpg


















des jambes au Japon,





http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages2/enceintemanhattan.jpg















et une écorchée enceinte assez horrible, visible aux USA, à Manhattan.!




Mardi 15 mars 2011 à 8:33

Notre personnalité

Certaines d’entre vous m’ont demandé une comparaison entre l’énnéagramme et les préférences cérébrales et pourquoi je préférais ces dernières.
    Cette comparaison peut être faire de plusieurs points de vue.

    D’abord au plan de l’origine et de l’emploi.


    Je vous ai exposé l’origine de l’ennéagramme, qui n’est pas au départ une construction de psychologue, jusqu’aux travaux de madame  Helen Palmer.
    Il n’y a jamais eu d’enquête statistique et donc la fiabilité et l’exactitude de la théorie n’a jamais été démontrée.
    Néanmoins de nombreux coachs et formateurs en entreprise l’utilisent et quelques thérapeutes, pour permettre aux personnes de mieux se connaître elles mêmes, et pour les éclairer sur l’origine de conflits et leur résolution.

    Pour les préférences cérébrales, c’est plus complexe car j’y ai mélangé plusieurs outils d’origines différentes pour les adapter soit à l’examen des aptitudes de chercheurs d’emploi de niveau d’instruction assez bas, soit aux problèmes de mes correspondantes dans leur environnement familial, scolaire ou sentimental.
    Une partie de ces notions provient des travaux du psychiatre CG Jung, au début du 20ème siècle, qui sont décrits dans son livre “Les types psychologiques”. (1920), et qui ont été complété en 1942 par deux psychologues américaines mesdames Myers et Briggs
    Leurs travaux ont abouti à une théorie connue sous le nom de MBTI (Myers-Briggs types indicator), et à un questionnaire qui a été testé et étalonné sur des millions de personnes. Il a beaucoup été utilisé aux USA, par les conseiller conjugaux pour analyser les personnalités dans les ménages, puis ensuite en entreprise pour la formation des cadres. Je l’ai moi-même utilisé dans cet environnement. Le MBTI concerne les 4 préférences E/I; S/G; L/V et J/P
    Par la suite j’y ai adjoint  4 autres préférences cérébrales, mais celles ci n’on fait l’objet d’aucune vérification statistique : il s’agit de la perception émotionnelle immédiate, issue de travaux de Plutchik, et de notions tirées d’autres études et notamment du big-five, pour les préférences optimisme/pessimisme, tolérance et influençabilité.
    Cet ensemble m’a permis souvent de mieux expliquer la nature et l’origine de problèmes rencontrés par mes correspondant(e)s.

    Au plan de l’appréhension des personnalités :

    L’énnéagramme ne distingue que les 9 types “entiers” pris un par un et ensuite une combinaison éventuelle mal définie de 3 d’entre eux.
    Ceci explique que l’on a du mal à trouver un type qui satisfasse totalement à ce que l’on pense être.
   
    Les préférences cérébrales ne sont qu’un des composants de la personnalité et j’utilise 8 préférences ayant chacune deux attitudes antagonistes et qui de plus, peuvent se détailler en 4 ou 5 sous préférences chacune.
Le type est composé de l’assemblage de ces préférence de chacune d’entre elles mais aussi de l’influence des unes par rapport aux autres.
    Il y a donc une variété beaucoup plus grande et surtout une analyse des composants de la personnalité qui permet de l’étudier dans le détail.
    C’est beaucoup plus précis et plus facile d’emploi.

    Y a t’il des liens entre les deux (énéagramme et préférences cérébrales)?

    Officiellement aucun.
    On peut rapprocher cependant certaines notions.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/eneagperso.jpg


    Par exemple la dualité de centres émotionnel / mental, rappelle la préférence Logique / valeurs, mais celle ci était limitée aux décisions.
    On pourrait emmettre des hypothèses sur les préférences cérébrales des divers types de l’énnéagramme.
    L’énnéatype 1 pourrait être par exemple “, “S” (rigueur, froideur apparente); “V”  (intégrité, souci de perfection); “P” (difficulté de décision), mais ce n’est pas obligatoire.
    L’énnéatype 2 pourrait être par exemple “E” (besoin de l’autre et de sa reconnaissance), “V”  (altruisme); “S” (vit dans le présent) et influençable ( souci de l’opinion d’autrui).
    L’énnéatype 3 pourrait être “J” (maîtrise des chose, esprit de décision), “E”  (relationnel); “S” (focalisé sur la tâche).
    L’énnéatype 4 pourrait être “G”  et “V” (imaginatif, amour du beau, écoute), “A”  (sensibilité); “P” (ne va pas au bout des projets).
    L’énnéatype 5 pourrait être “S” (faculté d’analyse, connaissance et précision), “I”  (timide, effacé, dans ses pensées); “J” (organisateur, autonomie, planification) et “L” (décision sur la base de la logique, comprendre les choses)..
    L’énnéatype 6 pourrait être “V” (loyauté, recherche du compromis),  “pessimiste”  (manque de confiance en lui);; “P” (findécision).
    L’énnéatype 7 pourrait être “optimiste” (joie et optimisme, bon vivant), “E”  (relationnel); “P” (peu de décisions et de réalisation des plans).
    L’énnéatype 8 pourrait être “L” (se bat pour la justice), “E”  (leadership); “J” (organisateur); “L” (binaire, peu sentimantal.
.    L’énnéatype 9 pourrait être “V” (paix, harmonie, médiation), “E”  (relationnel); “P” (peu actif), peu influençable (inertie).
    Mais ce ne sont que des suppositions probables, mais qui ne doivent pas toujours être vraies.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Shemaglobalpref09jpg.jpg

    J'espère que je n'ai pas été trop compliqué. La personnalité, bien qu'elle soit notre propre être est quelque chose de tellement complexe qu'il est difficile d'en parler simplement. C'est l'objet de la citation de Pascal en haut de mon blog.

Lundi 14 mars 2011 à 8:02

Notre personnalité

J’ai eu peu de réactions à mes articles sur l’Analyse transactionnelle, davantage sur la PNL qui semble plus connue de mes correspondant(e)s, dont certaines s’étaient émuesde mes critiques et j’y ai répondu.
    Par contre j’ai reçu pas mal d’e-mails concernant l’énnéagramme, qui était peu connu et qui semble vous avoir intéressé  par son aspect “personnalité”.
    Vous me posez diverses questions et je vais essayer d’y répondre en essayant de ne pas être trop fumeux.


    D’abord vous me demandez qui est “l’inventeur” de l’énnéagramme.
http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Gurdjieff.jpg    Certains disent que c’est une très vieille méthode originaire de l’Asie centrale, mais rien n’est moins sûr et beaucoup pensent que cette théorie a été inventée en 1916 par Georges Gurdjieff, né en Arménie en 1877, (sa photo ci-contre), qui a parcouru le monde oriental, avant de mourir à Neuilly en 1949. C’est une sorte de mage, connu dans le monde de l’ésotérisme.
    Un philosophe russe de la même époque (1878 - 1947) Piotr Ouspenski a fait connaître les travaux de Gudjieff dans un livre paru en 1949 et certains de ses disciples auraient précisé la théorie.
     Le psychologue bolivien Oscar Ichazo a vulgarisé. le premier,  l’ennéagramme à partir des années 1950, et, en octobre 1969, à l'institut de psychologie appliquée de Santiago du Chili, il a donné des conférences sur l’ennéagramme comme un moyen d’approche de la personnalité.
    Cette méthode a ensuite été très à la mode aux USA dans le milieu catholique à la suite du livre d’un prêtre, le père O’Leary et dans les milieux d’extrème gauche, grâce à Helen Palmer, psychologue comportementaliste, qui a ensuite développé son utilisation en entreprise.

    Vous me demandez ensuite s’il y a des questionnaires permettant de se situer par rapport aux neuf énnéatypes :
    Non,
les partisans de cette technique n’ont jamais voulu élaborer un tel questionnaire, qui doit être adapté à chaque langue et surtout étalonné statistiquement sur des milliers de personnes. (C'est très cher).
    En fait l’énéagramme n’a pas de bases scientifiques psychologiques ou neurobiologiques.

    Comment savoir quel est son type ? : uniquement par réflexion sur ses orientations et comparaison aux neufs énnéatypes.
    L’inconvénient que je vois dans l’ennéagramme et qui vous est apparu dès que vous avez essayé de voir quel était votre type, c’est que ceux-ci sont assez ciblés et  que l’on ne se retrouve pas tout à fait dans un type, mais qu’on se retrouve aussi dans d’autres.
    Ce problème n’a pas échappé aux concepteurs de l’énnéagramme et ils ont trouvé parade et explications, mais c’est un peu compliqué.

    Les énnéalystes pensent que l’on a de façon innée, un certain type, lié au fait que l’on a un centre préféré (instinctif, émotionnel ou mental) et une orientation  (externe, interne ou interne/externe).
    De notre naissance à la fin de notre adolescence, nous exprimons principalement un des types de l'Ennéagramme, appelé type de base.
    Au fur et à mesure que nous avançons en âge, nous acquérons de l'expérience et notre personnalité devient plus complexe. Nous évoluons alors vers d’autres typpes (il qualifient cela du doux nom “d’ailes”.
     À l'adolescence ou vers le début de l'âge adulte, nous développons une première aile, ou aile principale, dont les caractéristiques s'ajoutent à celle de notre type. À mi-vie, parfois plus tôt, nous pouvons acquérir la deuxième aile, dite aile secondaire.
    Ainsi, le fonctionnement normal de notre personnalité s'explique par un mélange des composantes de ces deux ou trois types. Selon les gens et les circonstances, l'influence de la ou des ailes peut être forte ou quasi inexistante mais reste toujours inférieure à celle du type de base.

    Par ailleurs une hiérarchie des centres intervient :
    Nous avons de façon innée, un centre préféré.

    Nous allons ensuite développer un centre secondaire, dit aussi de support, qui est utilisé pour satisfaire les objectifs du centre préféré.
    Enfin le troisième centre est “réprimé” : son utilisation est négligée par rapport aux deux autres centres ; elle est perçue comme difficile, ou dangereuse, ou source potentielle de souffrance.
    Réprimer le centre instinctif, c'est notamment être peu orienté vers l'action et avoir une tendance au retrait, à l'observation et/ou à la réflexion.
    Réprimer le centre émotionnel, c'est principalement exprimer peu ses émotions et ne pas trop prendre en compte les facteurs humains pour atteindre ses buts.
    Réprimer le centre mental, c'est avant tout être un peu confus à propos du futur, ne pas toujours avoir une vision globale des choses et tourner son attention vers les détails et/ou vers les réactions des autres.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/repression.jpg

    Nous  constatons des moments où  notre comportement est profondément différent de ce qu'il est d'habitude, des moments de violente colère où nos propos dépassent notre pensée.ou à l’inverse, des moments où on est amoureux et où on a l'impression que tout nous est possible dans la joie.
    L’énnéagrame pense que ces attitudes viennent de notre centre réprimé et l’appellent “désintégration” ou “intégration”
    La désintégration est le mécanisme par lequel, sous l'effet d'un stress négatif, un type est de plus en plus sous l'emprise de sa compulsion (de son défaut). Dans un premier temps, la personne manifeste les aspects les plus négatifs de son type. Ensuite, elle y ajoute les défauts du type dit de “désintégration qui correspond au centre “réprimé” avec la même préférence (externe, externe/interne ou interne).
    L'intégration se produit quand un type se sent en sécurité et se libère de sa compulsion. Dans un premier temps, la personne manifeste les aspects les plus positifs de son type. Ensuite, elle y ajoute les qualités du type dit “d’intégration, qui correspond au centre secondaire non réprimé.
    L’étoile de l’énnéagramme permet de visualiser ces phénomènes
    Ainsi par exemple pour le type 8, (centre instinctif extérieur aura pour type de désintégration soit le 2 si le centre réprimé est le centre émotionnel, soit le 5, si c’est le centre mental; le type d’intégration soit le 5 si le centre réprimé est le centre émotionnl, soit le 2, si c’est le centre mental .(suivre les lignes).

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/eneagperso.jpg

   
Vous m’avez demandé aussi une comparaison entre l’énnéagramme et les préférences cérébrales.
    J’essaierai de vous répondre demain.

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lancien

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