Lundi 2 mai 2011 à 8:13

Actualité

    Un article un peu inhabituel, mais c’était hier le 1er mai, la fête du muguet, mais aussi la fête du travail.
    L’atmosphère n’était pas à la fête :le pouvoir d'achat, le chômage et les suppressions de postes dans la fonction publique, l’état lamentable dans lequel les réformes erronées du gouvernement ont mis notre enseignement, et nos hôpitaux, l’absence de toute mesure efficace contre le chômage, et la course au profit laissent un goût amer. Finalement ce gouvernement aura fait beaucoup de vent médiatique et peu de réalisations utiles, en rendant la crise responsable de ses erreurs, et tout le monde ou presque aspire à un changement réel.
    Mais c’est un lieu commun et ce n’est pas l’objet de mon article.
    Il y a un mois j’avais reçu quelques mails de correspondantes qui me connaissent un peu pour avoir correspondu ensemble et qui me demandaient  :
“toi qui a fait partie de la direction d’une entreprise, aursis tu pu licencier trois ingénieurs à tort comme cela a été le cas chez Renault.. Est on ainsi dans une grande entreprise, à la merci de son employeur ? “

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    C’est de cela dont je voudrais parler aujourd’hui.

    Depuis 30 ans les entreprises ont beaucoup évolué, surtout les grandes entreprises multinationales ou ayant une envergure mondiale.
    Elles étaient autrefois surtout dirigées par des ingénieurs, aujourd’hui elle le sont par des financiers. C’est très différent.

    Cela ne veut pas dire que les dirigeants des années 80 n’avaient pas de souci de rentabilité : l’entreprise ne devait pas perdre d’argent et devait rapporter une rémunération correcte de l’argent que l’on avait investi. Mais ce n’était pas la course au profit maximal en négligeant pour cela tout le reste et en sacrifiant l’humain et le long terme.
    Pour les dirigeants de cette époque l’entreprise avait deux buts : produire des richesses et donner du travail dans des conditions correctes aux gens qu’elle emploie; ce deuxième objectif est le plus souvent oublié aujourd’hui.
    Les ingénieurs avaient au moins une qualité, même s’ils étaient un peu moins calés en finances et en commerce international que les dirigeants d’aujourd’hui : ils s’intéressaient aux aspects techniques et aux conditions de production, à la qualité des produits, mais aussi à la vie dans l’entreprise et des hommes et femmes qui y travaillaient.
Ils avaient conscience que ce sont les ouvriers, employés, techniciens et cadres qui font le travail sans lequel l’entreprise ne fonctionnerait pas, ne pourrait rien vendre. On se préoccupait donc des conditions de travail et on demandait aux services “RH” d’être davantage un service de “relations humaines” plutôt que de “ressources humaines”.
    Depuis cette époque la finance a pris le dessus et seule la rentabilité compte et depuis les années 2000 et encore plus depuis 5 ans, c'est l'époque des ambitions démesurées, de la rentabilité à tous crins, du profit maximal des actionnaires, d'une révolution culturelle qui veut aller trop vite, trop loin et fixe des objectifs démesurés sans se soucier de ceux qui vont être en charge de faire le travail.
    Alors pour ne parler que d’entreprises purement françaises, c’est la vague des mutations et du rendement chez France Télécom, de la transformation de la Poste en “Banque Postale” et de l’étranglement de son service traditionnel, et chez Renault, lorsqu'il a pris les rênes du constructeur, Carlos Ghosn avait coupé le budget des ressources humaines de 30 %.
    C’est aussi les suicides dont on a beaucoup parlé et récemment un management catastrophique qui a, sans sourciller, licencié de façon injustifiée trois de ses cadres, créant un sentiment de défiance énorme à l'intérieur de l'entreprise.
    Certes la direction de Renault présente l'affaire comme une escroquerie à son encontre, mais c'est évacuer un peu vite sa responsabilité et la façon  tout à fait anormale dont elle a mené cette affaire.
    Autrefois, l’Etat étant un actionnaire important, toute l’équipe de direction  (y compris le PDG et le RH), auraient été virés pour une faute aussi grossière, qui peut être qualifiée de négligence et d’incompétence.

    Je ne connais ps le dossier et les dessous de l’affaire, et donc je ne peux juger des circonstances et des faits exacts, mais, dans les entreprises actuelles, on pense trop que le dialogue social se résume à celui avec les organisations représentatives et on a supprimé tout l’encadrement intermédiaire pour faire des économies, la mode étant d’imiter les américains (Sarkozy notamment étant un grand admirateur des USA de Bush !)
    Le dialogue humain dans les grandes entreprises a aujourd’hui disparu et notamment recours au dialogue avant les décisions. Tout comme Sarkozy, le patron se croit omniscient et infaillible.   
    Dans le passé le chef d’entreprise surtout s’il avait plusieurs usines ou établissements d’études, avait recours, en plus du dialogue social avec les syndicats, à d’autres réseaux de communication avec le personnel.
    D’une part il essayait d’entretenir quelques relations directes avec les délégués syndicaux, en dehors des réunions officielles qui font toujours l’objet d’une certaine surenchère et d’un certain “cinéma” de part et d’autre.
    Ensuite il avait un contact régulier avec son directeur des relations humaines et ceux de ses établissements qui disposaient d’employés en contact permanent avec le personnel.
    Surtout il y avait une hiérarchie, les directeurs d’établissements mais aussi le directeur technique et tout l’encadrement et entre les cadres et les ouvriers toute la maîtrise aujourd’hui supprimée, mais qui, dépositaire en outre d’un savoir faire technique, était au contact direct du personnel et donc au fait des problèmes et des difficultés. Un des rôles de la hiérarchie était de faire monter et descendre l’information, non seulement sur les problèmes techniques, mais aussi sur ceux des hommes et des femmes de l’entreprise.
    Enfin dans les établissements importants des grandes entreprises, il y avait souvent un médecin du travail ou au minimum une infirmière, et eux aussi étaient à l’écoute du personnel et faisaient part de leurs doléances à la direction, ce qui permettait de remédier à ce qui fonctionnait mal.

    Aujourd’hui, tous ces canaux d’information ont presque disparu et on aboutit aux aberrations comme celles de France Télécom ou de Renault
    Le licenciement des trois ingénieurs, loin d'être un incident de parcours, cette défaillance est le révélateur d'un malaise plus profond, fruit d'un mode de gestion qui a démontré ses limites. Organisation du travail, méthodes d'évaluation des salariés, liberté d'expression dans l'entreprise, gouvernance : la liste des réformes qu’il faudrait faire s'annonce longue et fastidieuse.

   
Je pense quand même que certaines entreprises françaises ont compris que négliger ainsi son personnel diminuait son rendement et aboutissait à une qualité et un climat néfaste à l’entreprise, la qualité ne concernant pas uniquement les objets que l’on fabrique, mais aussi la vie dans l’entreprise.
    L’avenir nous dirasi elles ont tiré les enseignements de leurs erreurs..

Dimanche 1er mai 2011 à 8:15

Animaux

    C'est dimanche et le premier mai : on ne travaille pas et il faut que je cueille un bouquet de muguet de mon petit jardin suspendu.

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    Alors quelques photos d'animaux.

    On dit que les chiens aiment à courir après le gibier mais j'ai trouvé des photos qui montrent que des chiens et des biches font bon ménage :


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Mais les chats aussi se montrent conciliants et la curiosité semble partagée :

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