Mercredi 29 février 2012 à 8:13

Politique, économie, religion.

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            On me demande ce que je pense de l'affaire de la viande "halal" qui a fait l'objet d'une polémique entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. Je voudrais d'abord rappeler ce qu'est à l'origine le rite "halal".

            "Halal" désigne ce qui est autorisé par le Coran, qui interdit de manger une bête morte, blessée ou assommée. Pour faciliter l'application de ce précepte, les animaux doivent donc être saignés vivants. C'est en fait une précaution sanitaire, car au septième siècle, il n'y avait pas de frigidaire pour conserver la viande  et dans les pays du sud, il fait chaud et la viande s'avarie vite.
           D'ailleurs pour la même raison c'est aussi une coutume juive (casher).
            Evidemment les prêtres, pour faire respecter la règle ont rajouté des aspects religieux : on doit réciter des prières tandis que la tête de la bête abattue doit être tournée vers la Mecque.
            Il est certain que de nos jours, la prescription d'hygiène n'aurait pas lieu d'être, car il y a les chambres froides, mais c'est resté une coutume religieuse musulmane.
            Certains abattoirs ont reçu l'autorisation de pratiquer ce type d'abattage, car au plan sanitaire, il vaut mieux que les bêtes soient abattues dans des locaux spécialisés que chez des particuliers, qui veulent pratiquer leur religion.

            Cela dit il s'agit bien d'une polémique politique.
           
Au plan des faits il semble bien :
                 - que les cinq abattoirs de l'Ile de France abattent toute leur viande selon le rite Halal.
                - que leur production est faible par rapport à la consommation globale de l'Ile de France qui "importe" de province une grande partie de sa consommation.
                 - que néanmoins il semble qu'en France on abatte 32% des bêtes selon le rite halal, alors que la consommation pour des raisons religieuse n'est que de 7% au maximum.
                 - que la traçabilité n'est pas bonne car il n'y a pas de contrôle autre que celui des abattoirs eux mêmes, et seule une partie de la viande en cause est étiquetée "halal". Mais les abattoirs ont intérêt à utiliser ce procédé moins cher, car, passer d'un procédé à un autre, implique des procédures coûteuses de nettoyage.
                - finalement ce que l'on reproche surtout, c'est que toute la viande abattue selon ce rite ne soit pas étiquetée et donc déclarée comme telle chez le boucher, pour que le consommateur puisse choisir (s'il en a la possibilité car le boucher ne vend pas forcément de la viande conventionnelle).

             Au plan sanitaire il ne semble pas y avoir de problème important si l'abattage est fait dans de bonnes conditions, la bête étant immobilisée et ne risquant pas de souiller ensuite la viande.
            Par ailleurs les contrôles sanitaires sont les mêmes pour tous les types de viande.
            Mais ce n'est pas non plus une viande de meilleure qualité; Les grandes surfaces la vantent car elle est moins chère et donc plus concurrentielle.
            Sauf pour ceux qui ont des raisons religieuses, le problème de la viande halal n'est donc comme d'habitude qu'une histoire de gros sous.

             A titre personnel, et au plan culinaire, j'avoue que pourvu qu'elle soit saine et goûteuse, je me moque que la viande soit halal ou non.
Je préférerais que les politiques s'occupent davantage de lutter contre le chômage que de perdre du temps sur ce problème.

            J'ai par contre une certaine réticence qui me vient de mon enfance. A cette époque, les paysans des Pyrénées abattaient les cochons en les saignant vivant car ils recueillaient le sang pour faire du boudin.
            Et j'ai le souvenir de ces pauvres bêtes qui poussaient pendant dix minutes des cris déchirants de plus en plus faibles au fur et à mesure qu'elles se vidaient de leur sang. Cette agonie atroce me scandalisait et me fait encore frémir.
           J'avoue que je préférerais qu'on assomme les bêtes avant de les saigner pour ne pas les faire souffrir.

           Mais après tout, on n'oblige pas les pécheurs à attraper les poissons avec un nœud coulant plutôt qu'avec un hameçon !!
Dommage, la pêche serait moins monotone. Voilà un projet de loi qui devrait plaire à Sarkozy, lui qui veut avoir une idée tous les jours (et on vérifie plus tard si c'est pertinent, quand on a le temps !!).

Mardi 28 février 2012 à 8:21

Notre cerveau : intelligence; langage

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/Raven.jpg           A la suite de mon dernier article sur l'intelligence, vous me demandez quels sont les sous-tests de QI.
           Il y a de multiples tests dans ce domaine, certains n'étant guère valides.

            Le test le plus connus et qui semble le meilleur pour les enfants, est le test de Wechsler, qui est appelé WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children).
            La dernière version de 2005 comporte 10 à 15 sous-tests et la cotation se fait à partir de quatre "indices". Le test est fait pour des jeunes de 6 à 16 ans et la population de référence est une distribution de Gauss de moyenne 100 et d'écart type 15.
           Voici les principaux sous-tests :

            - Indice de Compréhension Verbale (ICV)

                         • test "Information" : ce sont des questions de connaissances générales acquises dans le milieu familial ou socio-culturel ou à l'école (à quel continent appartient le Canada?).
           Ce test met en jeu les repères qui organisent notre intelligence du monde.
           Il renvoie à la curiosité intellectuelle et à l'attention du monde socio-culturel. Il indique aussi l'investissement de la scolarité, l'adaptation scolaire et sociale, l'expression verbale.
                         • test "similitudes" : on recherche dans une liste les éléments communs ou les propriétés communes (qui a t'il de commun entre un chien et un chat?).
Il porte sur les références catégorielles, la capacité du sujet à conceptualiser. Il permet d'apprécier si le sujet se concentre sur l'essentiel ou sur le détail. Il permet de voir la capacité à classer les objets dans des catégories.
            Ce test est indépendant du milieu familial et de la scolarisation.
                        • test "vocabulaire" : signification de mots. (que signifie le mot invalidant ?)
             Il permet d'éprouver au mieux si l'enfant a des difficultés de langage et quel est son niveau de compréhension de la langue.
             Test sensible au milieu culturel et scolaire
                       • test "compréhension" : Compréhension de situations sociales, de la vie quotidienne. (pourquoi les rues sont elles numérotées dans l'ordre croissant?). Fait appel au jugement et au bon sens.
                        • test "raisonnement verbal" : trouver l'intrus dans une liste de mots.
C'est à la fois un test de vocabulaire, de compréhension et de logique.

            - Indice de Raisonnement Perceptif (IRP)

                         • test "arrangement d'images" : remettre de l'ordre dans un ensemble d'iamges mélanfgées afin de raconter une histoire.
            Test d'anticipation, capacité de prévoir et de concevoir un plan. Capacité du sujet à se situer dans le temps et dans l'espace.
Test témoignant de l'adaptation aux autres.
                        • test "complément d'images" : indiquer la partie manquante d'un dessin incomplet.
            Test qui renseigne sur la capacité de se représenter l'objet dans sa totalité.
                        • test "cubes" : reproduire à l'aide de cubes un motif géométrique en deux couleurs.
            Epreuve de coordination visio-motrice, sensible à l'organisation spatio-temporelle.  
                       • test des "matrices progressives de Raven : on doit compléter une suite de quatre images avec un objet pris dans une série de six objets (voir le dessin au début de l'article).

            - Indice de Mémoire de Travail (IMT)

                        • test "mémoire des chiffres" : mémorisation de chiffres dans une liste.

            Très sensible à la fatigue, à l'instabilité, à l'affectivité et à l'émotivité.

                        • test "arithmétique" : questions simples de calcul ( si 10 objets coûtent 22 €, combien coûtent 15 objet - question très simple à laquelle notre ministre de l'Education Nationale a donné la réponse absurde 16,5; certains enfants de six ans y répondent rapidement sans se tromper)

            Test étroitement lié aux performances scolaires.

            Test anxiogène (rapidité, vitesse), sensible à l'émotivité.


            - Indice de Vitesse de Traitement (IVT)

 

                        • test "Codes et symboles" : en utilisant un code fourni dans l'énoncé, associer des symboles à des nombres ou à des formes.

                        • test "Labyrinthes" : sortir le plus rapidement possible d'un labyrinthe simple.

            Ce sont deux tests d'apprentissage, sensible à l'émotivité, l'instabilité et aux troubles graphomoteurs
 

            Que mesure t'on dans ces tests ?

Les capacités intellectuelles dans  similitudes, arithmétique, cubes, vocabulaire

Les capacités de représentation mentale dans arithmétique, cubes, assemblage d'objets, mémoire des chiffres

L'adaptation sociale dans arrangement d'images, compréhension.

L'adaptation à la réalité dans complément d'images, arrangement d'images

L'image du corps et le schéma corporel (physiologique donné par le cerveau) dans complément d'images, cubes, assemblage d'objets

          

 Nota : Vous trouverez sûrement de tels tests dans des revues diverses, mais ils ne sont pas étalonnés et leurs résultats sont douteux. En fait l'interprétation doit être faite par des personnes ayant reçu une formation appropriée et ayant un minimum de connaissances en psychologie.


Lundi 27 février 2012 à 8:03

Photos, photos comiques

Certains peintres sont doués pour faire des trompe-l'œil. En voici quelques images en intermède.

J'aime beaucoip la dernière, un véritable tableau.


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Dimanche 26 février 2012 à 8:37

Notre cerveau : intelligence; langage

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            J'ai fait en janvier 2010 des articles sur l'intelligence et le QI que j'avais complétés par un article du 11 septembre 2011.
            J'ai reçu quelques mails de questions, surtout à propos du QI et vous me parlez aussi du "facteur G". Vous vous interrogez aussi sur la part génétique et la part acquise. Vous me demandez aussi quels sont les endroits du cerveau qui contribuent à l'intelligence.
            Ce sont effectivement des problèmes complexes et je vais essayer d'y répondre au moins en partie, principalement à partir de publications faite par l'Ecole Normale Supérieure de Paris (Institut d'étude de la cognition).

            Lorsqu'on observe les personnes et qu'on se demande si elles sont intelligentes, on constate que les capacités et les talents peuvent être multiples; celui qui excelle dans le maniement du langage peut utiliser moins bien le raisonnement abstrait, alors que tel autre brillant en mathématiques est incapable de gérer sa vie au quotidien.
            Cependant les psychologues considèrent qu'il existe une "intelligence générale", car les données recueillies depuis un siècle sur les tests d'intelligence, un test complet comportant en général plusieurs « sous-tests », montrent que, quels que soient le nombre et la variété des sous-tests utilisés, les performances des individus à tous ces tests sont liées (on dit qu'elles sont corrélées), c'est à dire que les individus qui ont de bons scores à quelques tests réussissent à tous les autres, et inversement.
            Des analyses statistiques plus poussées ont montré qu'un facteur statistique unique pouvait expliquer la majeure partie des différences individuelles de performances. C'est cela qu'on appelle le "facteur G", le QI étant au départ une construction d'Alfred Binet sur le développement de l'intelligence des enfants autour de 10 ans, qui s'est ensuite généralisée, notamment aux adultes.
            Cela dit les nombreux tests qu'on trouve un peu partout, ne reposent pas forcément sur une étude statistique valable et donc sont critiquables.

            Cette notion d'intelligence générale est souvent critiquée  : d'une part, les tests d'intelligence ne mesurent qu'une partie des capacités intellectuelles utiles et, d'autre part, le QI ou le facteur G ne semblent être que des indices statistiques sans réalité biologique.
            Il est exact que le QI ne mesure qu'une partie de nos capacités intellectuelles.
            Parmi les compétences de raisonnement, il tient très peu compte les capacités de planification, d'adaptation ou encore d'inhibition (se retenir d'agir ou de parler par exemple dont j'ai en partie parlé dans mon précédent article), qui jouent pourtant un rôle important dans la vie quotidienne.
            Plus grave encore il néglige totalement les capacités de communication et de relations sociales. Aucune place n'est faite à l'expression et la maîtrise des sentiments et des émotions.
            Howard Gardner, de l'Université Harvard aux États-Unis, a proposé la notion d'intelligences multiples dont j'ai parlé dans mon article du 11/9/2011, et un test notamment complète le QI : le quotient émotionnel, QE.
           Le QI n'est donc pas inutile et sans validité : il a ses limites et ses défauts.

           La notion de facteur G repose donc sur le fait qu'en général celui qui a de bons résultats à un des sous-tests de mesure du QI, a aussi de bons résultats aux autres sous-tests et inversement.
           On peut d'ailleurs expliquer cette corrélation entre les sous-tests : bien que les différents sous-tests semblent chacun mesurer une capacité intellectuelle donnée, en fait chaque test fait appel à de multiples capacités cognitives du cerveau, qui sont utilisées dans des proportions différentes pour chaque test.

            Par exemple le test d'assemblage de formes spatiales pour réaliser des figures ou des objets demande des capacités visuo-spatiales, d'analyse, d'imagination, de coordination visuo-motrice, d'adresse manuelle si c'est un test en vraie grandeur, de rapidité, de décision, d'attention....
           Certaines facultés agissent sur les scores de tous les tests : attention, concentration, observation, compréhension du test....

            L'esprit humain est formé d'un grand nombre de fonctions cognitives, mais aucune n'a vraiment un centre unique du cerveau qui la représente, car c'est le cerveau tout entier qui y participe.
            Certes le cortex frontal et préfrontal a une part prépondérante, puisque c'est lui le chef d'orchestre, mais de très nombreux centres participent à la mémorisation, l'attention et la concentration sont des phénomènes complexes et mal connus, les centres du langages sont mieux connus, mais participent à de nombreux raisonnements et calculs, nos sens sont indispensables pour prendre de l'information, et tout le cerveau émotionnel participe à la vie sociale et à nos sentiments.
            De plus des phénomènes plus généraux comme la myélinisation des fibres nerveuses qui augmente considérablement la vitesse des transferts d'influx nerveux, accroît sensiblement les performances cérébrales.
            C'est donc tout le cerveau qui participe à l'intelligence.

            Les études faites par des chercheurs sur des familles et notamment des jumeaux semble montrer que la part d'innéité est de l'ordre de 50%. Ce n'est pas seulement l'hérédité, mais l'arrangement des neurones au moment de la formation du cerveau dont la dernière étape est en partie due au hasard des connexions ultimes entre axones et dendrites.
            Mais en fait ce chiffre est très fallacieux, car l'innéité ne crée pas un cerveau intelligent. Elle donne une potentialité de le devenir. S'il n'y a pas apprentissage du bébé, éducation de l'enfant, instruction de l'adolescent, perfectionnement et expérience de l'adulte, il n'y a pas d'intelligence.
            Un cerveau qui aurait reçu des possibilités extraordinaires d'intelligence, ne donneraient pas un être intelligent si on ne lui apprend pas à parler, à lire et écrire, si on ne forme pas sa mémoire, et si on le laisse former seul son expérience.
            J'aurais tendance à faire cette réflexion absurde : L'intelligence, c'est 50% d'inné (une potentialité) et 100% d'acquis par la suite.
C'est dans cet acquis qu'on peut trouver 50% d'inné.

 

Samedi 25 février 2012 à 8:08

Notre cerveau : intelligence; langage

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           On dit souvent que 7 ans chez un enfant c'est l'âge de raison !! Je pense que cela nous fait sourire

            Pourtant il se passe entre six et huit ans un événement important dans le cerveau des enfants : le développement des "centres de l'inhibition". Toutefois il semble que ce phénomène intervienne plus tôt lorsque l'enfant apprend déjà à lire et à compter.
 
            Un stade important dans le développement de l'enfant est en effet le moment où il acquiert vraiment la notion de nombre.
            Le bébé possède déjà des capacités numériques. Il évalue grossièrement l'importance d'un groupe d'objets. Mais il fait des erreurs de nombre car il applique alors des stratégies de résolutions de problèmes acquises pour des problèmes différents et il n'a pas encore la possibilité d'éliminer des réponses automatiques.
Par exemple, si on lui présente le même nombre de jetons sur deux lignes, dont l'une est nettement plus longue que l'autre, il répondra aussitôt qu'il y a plus de jetons dans cette rangée.
           
            Soixante enfants de 5 à 10 ans ont été soumis à ce test, alors qu'ils étaient dans un appareillage d'IRM du cerveau (photo ci-dessous).
            Il est apparu que les enfants commençaient par utiliser la correspondance visuelle entre longueur d'une suite d'objets et leur nombre, et que ceux qui répondaient de façon erronée n'avaient pas inhibé cette première impression.
            Ceux qui répondaient de façon exacte inhibaient la première intention de réponse, grâce à une activation de centres situés dans le cortex frontal, (sur le haut du front), à la limite du cortex pariétal (sur le dessus de la tête).
Cette zone d'inhibition est proche de celles de commande de la prononciation des mots.
            Ce réseau a été étudié et il est actif dans les capacités numériques, mais aussi dans le choix de stratégies de raisonnement, notamment en inhibant ou autorisant des information à être transmises à la mémoire de travail, puis au cortex frontal qui dirige nos raisonnements.

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            Il semblerait donc que, pour être plus performant dans les tâches logico-mathématiques, l'enfant doit habituer son cerveau à inhiber certaines réponses automatiques, et que cet apprentissage se fait au moment où il apprend à lire et à compter, ce qui paraît logique, car il apprend de nouvelles possibilités de stratégies beaucoup plus performantes que ses intuitions anciennes.
 
            On peut dès lors imaginer qu'au-delà des apprentissages logico-mathématiques, la pédagogie à l'école puisse développer cette capacité à changer rapidement de stratégie de raisonnement et à mobiliser des réseaux neuronaux différents pour résoudre la même tâche, ce qui a déjà été testé avec succès au Canada, dès I'école maternelle, par Adèle Diamond, de l'université de Colombie-Britannique, sous forme d'exercices de contrôle comportemental et cognitif.
 
           
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           Un autre aspect de l'évolution de l'enfant lorsqu'il apprend à lire, est la reconnaissance des lettres.
           Très curieusement c'est un centre à l'arrière et en bas du cerveau, qui chez le jeune enfant fait partie des centres qui ont pour mission la reconnaissance des objets et des visages. Au moment où quelqu'un apprend à lire (même un adulte), une partie de ces centres évoluent pour se spécialiser dans la reconnaissance des lettres de l'alphabet et des chiffres.
            Mais au début il y a un petit problème, car ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet.
Par exemple sur l'image ci contre le vélo et le triangle.
            Or ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi).
            Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
            Ce sont les mêmes centres du cerveau frontal qui doivent remplir cette fonction d'inhibition.
 

Vendredi 24 février 2012 à 8:09

Photos, photos comiques

Petit intermède pour admirer l'imagination de ceux qui s'amusent à tagger des panneaux de signalisation routière :
(Maud me signale un panneau réel, qui prévient les usagers au Canada de la présence de nids de poules suite au gel/dégel. Pour ceux qui ne lisent pas les commentaires, je l'ai ajouté après ceux que j'avais montré dans cet article le mieux c'est que la poule a pondu un œuf au fond de l'ornière !!)

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Jeudi 23 février 2012 à 8:01

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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            J'ai lu dans le journal "La Recherche", un article qui rend compte d'une découverte japonaise assez originale.

            Les odeurs (agréables ?) de  nos aliments avant une sieste peut (peut-être car les essais ont été faits sur la souris), préserver nos neurones du bulbe olfactif.

            Malheureusement, les neurones ne se reproduisent pratiquement pas à l'âge adulte, sauf ceux du bulbe olfactif, qui interprète dans notre cerveau, les odeurs que nous sentons avec notre nez.
            De nouveaux neurones apparaissent en permanence dans ce centre nerveux de notre cerveau, et on sait que la moitié de ces nouveaux neurones disparaissent deux semaines après avoir intégré les circuits nerveux et que ces neurones éliminés sont remplacés par de nouvelles cellules nerveuses, dont la moitié disparaît à son tour.
            Jusqu'à présent on pensait que les cellules qui disparaissaient étaient génétiquement prédisposées à mourir.

            Takeshi Yokoyama et son équipe de l'université de Tokyo ont montré que la réalité était très différente, du moins pour des souris. Ils viennent de montrer que c'est l'environnement de la cellule, le contexte dans lequel elle est produite, qui fait qu'elle meurt ou pas.
            Le repas et le sommeil joueraient un rôle majeur dans ce processus. En comptant les neurones dans des coupes cytologiques de bulbe olfactif de souris à différentes heures de la journée, ils ont montré que le processus de mort cellulaire se déroulait pendant le sommeil qui suit un repas.
            Il semblerait que la sélection des neurones destinés à mourir, aurait lieu sous l'effet d'une hormone sécrétée pendant le sommeil, d'un peptide fabriqué après l'ingestion de nourriture, ou sécrété par les centres nerveux lors du rêve, pendant le sommeil paradoxal.
            Il semblerait même que les neurones qui survivraient, seraient ceux sélectionnés par les odeurs émises durant le repas précédant le sommeil.
            Lorsqu'une molécule odorante se fixe sur son récepteur, dans le nez, l'influx nerveux qui parvient jusqu'au bulbe olfactif, "marquerait" les nouveaux neurones qui s'y trouvent et qui réceptionnent ce signal électrique, et ils seraient alors protégés, d'une façon qui n'a pas encore été identifiée. Lors du sommeil paradoxal qui suit le repas, ils sont les seuls à échapper à la mort.

            De plus ces nouvelles cellules qui viennent de naître, sont hyper-réactives : elles discriminent très bien les différentes odeurs, les reconnaissent et assurent une très bonne mémorisation de l'information ainsi perçue, alors que cette propriété se perd très vite, en moyenne quatre semaines après la naissance des nouveaux neurones du bulbe olfactif.

            Moralité (pas sérieuse !) : mangez des mets agréables avant de faire une sieste, vous sentirez mieux après puisque moins de neurones du bulbe olfactif seront éliminés et qu'ils seront tout jeunes et beaucoup plus sensibles. lol

Mercredi 22 février 2012 à 8:17

Biologie, santé.

J'ai lu dans "La Recherche", un article qui m'a paru intéressant car il donne une information originale peu connue.

            On sait assez bien par quels mécanismes les antibiotiques agissent sur les bactéries pour les détruire ou au moins les empêcher de proliférer. Ils libèrent ce que l'on appelle des "radicaux libres", qui sont des molécules dans lesquelles un ou plusieurs atomes ont une liaison chimique qui n'est pas utilisée (un électron périphérique qui n'est pas apparié), et donc libre et qui va donc réagir facilement.
Ces radicaux libres produisent en particulier des oxydations, lesquelles vont casser l'ADN des bactéries et donc les empêcher de se reproduire.

Par contre on connaît très mal les mécanismes par lesquels les bactéries résistent aux antibiotiques.

            On sait aussi depuis des siècles que les bactéries rejettent du sulfure d'hydrogène SH2, mais on croyait que c'était un simple résidu de leur métabolisme.
             Une équipe de New-York a eu l'idée que cette production avait peut être une incidence sur leur résistance aux antibiotiques.
            Une étude a été menée sur quatre types de bactéries courantes : Esterischia Coli, le colibacille bien connu; les redoutables staphylocoques dorés; des pseudomonas qui sont à l'origine d'infections nosocomiales; et enfin le célèbre bacille du charbon (l'anthrax).
            Elles ont montré que la résistance de ces bactéries était effectivement liée à la production de sulfure d'hydrogène.
            Ils ont inactivé les gènes qui codaient les protéines responsables par la suite, de la production de ce gaz, et les bactéries se sont alors montrées beaucoup plus sensibles aux antibiotiques.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/SH2bacteries.jpg

            Le sulfure d'hydrogène SH2 peut avoir une activité anti-oxydante et donc empêcher les antibiotiques de casser l'ADN des bactéries.
            D'après l'Institut Pasteur et les chercheurs américains, cet effet est une propriété générale de probablement toutes les bactéries.
            Si on trouve un moyen simple d'empêcher les bactéries de produire du sulfure d'hydrogène, on pourrait décupler l'efficacité actuelle des antibiotiques.
             Un espoir et un sujet de recherche intéressant au moment où la recherche de nouveaux antibiotiques marque le pas.

             Cela dit, je suis toujours effaré du nombre de personnes, pourtant intelligentes et cultivées, qui, parce qu'elles se sentent mieux,  arrêtent trop tôt un traitement antibiotique qui devrait durer six à huit jours, et risquent ainsi de le rendre inefficace et de rendre la bactérie résistante.
            Les mêmes d'ailleurs, ayant conservé le reste de médicament dans leur armoire à pharmacie, utilisent ce reliquat lors d'un gros rhume ou d'un début de grippe, ce qui est tout à fait inefficace, puisqu'il s'agit de virus, et risque de rendre d'autres bactéries biorésistantes.
            En matière d'antibiotique il faut toujours respecter les ordonnances médicale sur la durée de traitement (sauf évidemment réaction secondaire ou aggravation mais il faut alors reconsulter le médecin), et ne jamais faire soi-même d'automédication, vis à vis de soi ou d'autrui. (sauf si vous êtes médecin bien sûr !!).

 

Mardi 21 février 2012 à 8:42

Divers

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/1001951.jpg
 Intermède particulier aujourd'hui.

J'ai horreur des chaînes, vous savez ces documents qu'on doit transmettre à au moins dix personnes, sous peine d'être excommunié !

Mais j'en ai reçu une qui m'a amusé, alors plutôt que de transmettre bêtement son document, je le publie comme cela vous le verrez tous et toutes si vous lisez mon blog.

        L'emploi du pronom indéfini...

    « Il était une fois quatre individus qu'on appelait :
    Tout le monde - Quelqu'un - Chacun - et  Personne..
    Il y avait un important travail à faire, 
    Et on a demandé à Tout le monde de le faire.
    Tout le monde était persuadé que Quelqu'un le ferait. 
    Chacun pouvait l'avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit. 
   Quelqu'un se fâcha car c'était le travail de Tout le monde ! 
   Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
    Et Personne ne doutait que Quelqu'un le ferait 
    En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun 
   Parce que Personne n'avait fait ce que Quelqu'un aurait pu faire. »
   
                      MORALITÉ  

     Sans vouloir le reprocher à Tout le monde,
     Il serait bon que Chacun
     Fasse ce qu'il doit sans nourrir l'espoir
    Que Quelqu'un le fera à sa place 
    Car l'expérience montre que
    Là où on attend Quelqu'un
    Généralement on ne trouve Personne ! 

                   CONCLUSION 

     Je vais le transférer à  tout le monde afin que chacun 
     puisse l'envoyer à quelqu'un sans oublier personne


     J'espère que cela va inspirer un poème à notre troubadour musicien préféré de cow, Emmanuel. (Autres rimes et Jazz bien connu de nous tous).

   
Par ailleurs "Purkinje" ne m'ayant laissé aucune adresse, et le système de recherche des correspondants sur cow étant toujours aussi peu performant, je n'ai pu le retrouver et je lui ai répondu sur l'article où il m'avait laissé un commentaire.

Lundi 20 février 2012 à 8:17

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

             Notre système visuel et son interprétation par le cerveau sont relativement bien connus.
Il faudra que je fasse quelques articles à ce sujet, mais ce n'est pas simple à expliquer.

            En particulier, si l'on examine au scanner le fonctionnement de la première couche de neurones qui fait l'interprétation première de notre vision, on s'aperçoit que les neurones en fonctionnement reproduisent l'image que voit nos yeux.
            Le schéma ci dessous reproduit l'expérience faite sur un singe auquel on montre le dessin d'une grille. On voit au scanner l'image reproduite en bas à gauche, qui est celle de l'activité des neurones situés dans le petit cercle rouge, dans le cerveau du singe (aires visuelles de premier niveau).


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/singeoeil.jpg

           Jack Gallant, de l'Université de Berkeley aux USA a publié en septembre 2011, les résultats d'une recherche au cours de laquelle il a filmé les images du scanner, observant des neurones des aires visuelles humaines, et mesurant les flux sanguins, c'est à dire l'activité des neurones, sur trois personnes qui visualisaient des films.
         Ces données, enregistrées par un ordinateur, permettent ensuite de relier les images entre elles en fonction de l'activité cérébrale, et de reconstruire par un traitement informatique, des images des extraits visionnés..
            Certes la représentation de nos perceptions est encore très floue et ressemble plus aux peintures de Londres dans la brume de Turner qu'à un film HD.
            "La méthode permet pour l'instant simplement de reproduire notre système visuel basique, écrit Jack Gallant. Des formes, des contours, de gros objets...".
           
Vous trouverez à l'adresse suivante un film de cette expérience :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=nsjDnYxJ0bo
dont j'extrais ci dessous deux images. 

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/neuronesvisuels.jpg

              Mais on peut espérer qu'avec les progrès des scanners, cette technique s'améliorera quant à la netteté de l'image.
             Si la vidéo cérébrale nette n'est peut-être pas pour aujourd'hui, il s'agit néanmoins d'un pas important vers la reconstruction de l'imagerie cérébrale interne du cerveau.           

            Cette réussite pourrait, à terme, nous permettre de voir des images dans notre tête, qu'il s'agisse de rêves ou simplement de films projetés par notre esprit, c'est à dire les images que, en l'absence de toute vision nous nous représentons dans notre cerveau, à l'aide des mêmes centres visuels.
           L'avancée pourrait notamment s'avérer déterminante pour comprendre les victimes d'attaques cérébrales, les personnes plongées dans le coma ou atteintes de maladies neuro-dégénératives qui empêchent de s'exprimer.

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