Mardi 13 mars 2012 à 8:40

Biologie, santé.

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     Je vous ai parlé du fonctionnement de notre attention du plan cérébral pour vous montrer combien le phénomène dans notre cerveau était complexe.
    Mais je voudrais aussi vous montrer combien il est modifiable et sensible à nos apprentissage et à nos habitudes.

    En effet de nombreux laboratoires ont étudié aux USA l'effet de la télévision sur l'attention des enfants.

    Tout était parti d'un bon sentiment : le Président Lyndon Johnson en 1964, a lancé des campagnes contre la pauvreté et en particulier, il pensait que la télévision qui était installée dans 95% des foyers américains, permettrait de réduire les inégalités sociales.
    Grâce à des programmes adaptés on allait pouvoir enrichir sensiblement l'environnement des enfants en matière de langage, de culture et de savoir et cela de façon égalitaire, même si les parents ne pouvaient autant y contribuer pour tous les enfants.
    Entre autres, une émission de 60 minutes "Sésame Street", était censée préparer les enfants de 3 à 5 ans à mieux assimiler ensuite les enseignements du cours préparatoire. (elle a été transposée en France en 1974 sous le nom "bonjour Sésame").

    Avant d'enseigner quelque chose à l'enfant, il faut être capable d'attirer, puis de maintenir son attention. Des recherches furent donc engagées afin de déterminer les formats audiovisuels les mieux adaptés à cet objectif.
    Trois actions principales furent identifiées comme favorables :
        - narration d'histoires courtes rapidement enchaînées;
        - un rythme narratif soutenu à l'intérieur de chaque séquence;
        - la présence à intervalles réguliers d'éléments sonores ou visuels saillants (nommés "clinchers" par les américains).
    Grâce à ces « recettes », il était désormais possible de river le jeune spectateur à l'écran en "scotchant" son attention.
    Au passage je trouve que ce n'était guère nouveau, car en 1953, j'ai appris dans une école d'ingénieurs comment faire un exposé ou une conférence, et on me donnait exactement les mêmes recettes, même si mes "histoires" étaient du domaine scientifique et s'adressaient à des adultes.
    La BBC refusa initialement de diffuser Sesame Street pour des raisons éthiques, le programme ayant été jugé "dangereux" , par la responsable de l'unité "jeunesse" du groupe d'information, mais aujourd'hui, ces manipulations sont largement utilisées dans les programmes commerciaux, notamment publicitaires.

    La BBC ne se trompait pas, une exposition prolongée et habituelle de l'enfant à ce type de stimulation est dangereuse.
    L'enfant a en effet deux façons différentes de faire attention, qui ne mobilisent pas les centres cérébraux - notamment le cortex frontal et les mémoires de travail, de la même façon :
        - un mode automatique et exogène dans lequel c'est le monde extérieur qui vient stimuler mécaniquement l'attention en dehors de tout effort conscient.
        - un mode endogène et volontaire où le sujet dirige sciemment et maintient son attention sur un élément pertinent de l'environnement.
    Les formats audiovisuels rapides aboutissent à hypertrophier le premier de ces systèmes, au détriment du second.
    De plus, en étant soumis à des séquences narratives audiovisuelles rapides, différentes, et brèves, le cerveau apprend à modifier continuellement la focalisation de son effort de compréhension et de ses engagements intellectuels.
    Bien pire, en se trouvant confronté à une cascade ininterrompue de stimulus audiovisuels accrocheurs, l'esprit prend l'habitude de compter sur les sollicitations perceptives externes pour relancer sa vigilance et maintenir son intérêt: il devient incapable de maintenir son attention par lui-même.
    D'autres facteurs perturbateurs interviennent également comme le manque de sommeil, sommeil qui en libérant le cerveau et la mémoire de données superflues et également par une réparation chimique, vient redonner du tonus au système attentionnel et mémoriel.

    Les chercheurs ont montré sur un groupe de 540 très jeunes enfants de 1 à 3 ans que les soumettre quotidiennement à des émissions pour bébés non violentes (genre les "razmoket"), augmente d'environ 75%, les chances de voir apparaître chez ces enfants, des troubles de l'attention, dès 5 ans. Les émissions ayant une composante violente multiplient ce risque par 2,2. Une étude analogue a donné des chiffres voisins pour des enfants d'une dizaine d'années et a montré qu'un élève présentant des troubles de l'attention à l'adolescence, a quatre fois plus de risques de se retrouver ensuite en échec scolaire.
    Plus grave encore des études ont montré que si un poste de télévision reste allumé près d'un enfant qui joue, mais ne regarde pas particulièrement l'émission, néanmoins il est attiré par cette perturbation et chaque coup d'oeil vers l'écran entraîne l'abandon du jeu en cours et de tels enfants changent de jouet plus souvent, imaginent des jeux moins compliqués, jouent moins longtemps et sont moins concentrés quand ils jouent. Or pour un très jeune enfant le jeu a une fonction d'apprentissage importante.
    Dans certains cas une évolution négative du QI a été constatée.

    Depuis quelques années, les chercheurs ont aussi commencé à s'intéresser à la question des jeux vidéo. Bien que différentes, ces deux activités partagent plusieurs points communs: les formats sont rapides, l'attention est sollicitée de l'extérieur et elles ont un impact négatif sur le sommeil. On constate un parallélisme net entre les effets de la télévision et des jeux vidéo sur l'attention.
    L'usage combiné des deux distractions pendant deux heures par jour chez de jeunes enfants et chez des adolescents aboutit à des risques de troubles de l'attention encore plus graves que ceux que je citais plus haut.
    Il explique probablement en partie l'augmentation importante de l'échec scolaire, même dans des familles où l'impossibilité des parents à aider leurs enfants dans leur scolarité de peut être invoqué.
    Une étude menée dans les écoles américaines a en particulier montré que les élèves repérés comme les moins attentifs, étaient les plus consommateurs de télévision et de jeux sur ordinateur.

Lundi 12 mars 2012 à 8:05

Qui suis-je

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             Deux de mes nouveaux correspondant(e)s m'ont demandé pourquoi j'écrivais tous les jours un article et comment je trouvais les sujets correspondants.
            C'est vrai qu'après des articles sur les dangers de l'ordinateur, on peut dire qu'écrire un article tous les jours sur cow est une espèce d'addiction !!
            Alors je veux bien donner quelques explications, pourquoi pas!
 
            D'abord ne voyez pas l'activité d'une vieille personne, comme vous voyez la vôtre, vous, les jeunes.!
            Je vais bientôt avoir 80 ans, je suis en retraite et même si j'ai de multiples occupations bénévoles, je n'ai plus un emploi du temps rigoureux.
            Je n'ai pas des tonnes de copains, je ne vais ni sur Facebook ni sur MSN ou si peu, uniquement pour discuter quelquefois avec mes petits enfants, mais la plupart du temps je les vois directement. Je ne sais pas écrire de SMS et je me sers peu du téléphone, car si c'est pour tomber sur un répondeur, autant envoyer un mail.
            Je regarde volontiers la télé après le dîner le soir, mais dans la journée cela ne me dit rien.
            Mais par ailleurs je me sers d'un micro-ordinateur depuis 1980, alors c'est pour moi un outil et je tape plus vite sur un clavier que je n'écris; je n'ai donc plus qu'un minimum de papier - stylo - crayon et tout est sur mon Mac et ses disques durs.
            Certes je ne suis pas tout le temps devant lui, d'une part parce que étant le syndic bénévole des immeubles où j'habite, organisant par ailleurs, des conférences et des visites techniques pour plusieurs associations, et faisant des conférences moi-même, je suis aussi à l'extérieur de mon bureau.
            Je lis aussi pas mal de revues scientifiques et quelques bouquins.
            Mais je passe quand même en moyenne plusieurs heures par jour devant mon micro, mais comme je les aurais passées autrefois devant un papier, à écrire, ou dans une bibliothèque, à consulter des ouvrages.
            Tout ce que j'écris pour mon travail passe par Word ou autres traitements de textes, tableurs et logiciels de présentation, et Google et une cinquantaine de sites de recherche que je visite régulièrement sont pour moi un moyen de faire de la doc quand j'en ai besoin.
            Alors écrire un article chaque jour, c'est pour moi moins d'une demi-heure qui s'inscrit dans mes autres occupations pas très différentes quand je cherche des renseignements sur un sujet ou que j'écris un compte rendu de visite ou de conférence pour le site d'une de mes associations.
            Voilà le contexte un peu particulier de mes occupations.
 
            Alors pourquoi un article par jour.
            Pour moi ce n'est que la partie émergente de l'iceberg. Ce que j'aime dans cowblog où je suis depuis six ans, ce sont les contacts avec mes correspondant(e)s, dont je connais certain(e)s de longue date. J'ai beaucoup de visites tous les jours, peu de commentaires, mais des mails, qui me demandent des choses diverses.
            Certain(e)s m'ont fait part de leurs problèmes et j'ai essayé de les aider à les résoudre et il naît de cela un certain lien amical. D'autres s'intéressent à mes explications et posent des questions de toutes sortes (y compris scolaires et cela m'arrive d'aider dans ce domaine notamment sur les TPE). Certains enfin s'amusent de mes articles d'intermèdes et m'envoient des suggestions.
            Alors c'est vrai je suis un peu accro, pas au fait d'écrire un article, pas au fait en soi d'avoir un blog, mais aux relations sociales que cela m'apporte, à garder ainsi un contact avec les jeunes et des moins jeunes aussi, à l'aide que je peux apporter pour résoudre quelques problèmes, pour redonner confiance à certains et ainsi me sentir encore un peu utile à quelque chose, malgré mon âge.
            Et si je déplore comme beaucoup le départ de certains cowbloggeurs vers d'autres cieux, certains d'entre eux, malgré leur départ, continuent à me lire et à m'écrire et cela me fait chaud au coeur.
 
            Comment trouver un sujet d'article par jour ?
            C'est beaucoup facile qu'on ne croît pour moi.
            D'abord je lis pas mal de revues scientifiques (La Recherche, Pour la science, Sciences..), je vais sur des sites qui publient des résultats de recherches, notamment sur le cerveau (par exemple l'Université Mc Gill où étudie la chevrette bien connue de cow, les labos de Normale Sup, de l'Ecole Polytechnique ou du CEA...) et je suis en contact avec divers services de recherche ou des hôpitaux des armées. Je lis aussi un peu la presse. Les conférences et visites que j'organise me mettent en contact avec des spécialistes de certains sujets. Et j'adore essayer d'expliquer simplement les phénomènes et les théories un peu compliquées. lol
            Alors quand je vois une question qui me semble pouvoir intéresser les lecteurs de cow, j'en fais un ou plusieurs articles, parfois à l'avance quand je rédige un compte rendu sur le même sujet.
            Souvent une question d'actualité, un événement, des paroles ou des actes m'interpellent et j'ai alors envie de m'exprimer, de donner mon avis, comme vous le faites sur vos blogs.
            Enfin et surtout, mes correspondant(e)s me posent pas mal de questions. Si elles on un caractère personnel, j'y réponds directement par mail, mais si c'est général et peut intéresser d'autres lecteurs, je fais alors un article.
            Beaucoup d'articles voient ainsi le jour pour répondre à des questions posées à la suite de précédents articles. (C'est le cas pour celui-ci !).
            Enfin pour les intermèdes qui sont des photos, histoires, séquences animées tirées le plus souvent d'internet, mes enfants et petits enfants m'envoient certaines et des correspondant(e)s m'approvisionnent aussi, et là, je fais juste du tri et j'ajoute mes commentaires.
            Il m'arrive aussi de publier des photos que j'ai prises, notamment sur la Bretagne ou la Dordogne, la Corrèze et le Lot, ou sur les animaux de la famille.
           Ma photo sur le blog est celle d'un petit ouistiti à lunette; c'est vrai que je n'aime pas trop parler de moi, mais mes correspondants ont mon adresse électronique et ils peuvent me trouver sur facebook.
 
            Je suis conscient que, avec tous ses articles (bientôt 2.000), mon blog est trop volumineux. Alors pour faciliter la consultation, je retrie régulièrement les articles en décomposant les anciennes classifications en nouvelles rubriques et je reprends parfois certains sujets en les actualisant.
            Mais je n'ai pas encore résolu d'en supprimer car je reçois parfois des mails de jeunes qui pour leur travail sont venus consulter d'anciens articles et me demandent si je peux leur donner de la doc complémentaire, ce que je fais volontiers.
            Alors c'est vrai que je suis un peu accroc aux correspondances que j'entretiens sur cowblog et aux réflexions que cela me fait faire. C'est peut être grâce à vous que mon cerveau n'est pas encore trop rouillé.

 

Dimanche 11 mars 2012 à 8:30

Histoires drôles

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/plastique.jpg                                                          Chirurgie esthétique



          J'ai beaucoup travaillé avec des médecins, des pharmaciens et des vétérinaires; alors je ne déteste pas les histoires qu'ils racontent sur leur métier, quelquefois un peu méchantes et souvent exagérées.
          Mais n'y voyez pas une critique, je suis très admiratif du travail des médecins et des infirmières. Je veux seulement vous faire sourire.


                 
Affiche à l'entrée d'un hôpital :
 "Soyez aimable avec le personnel, il ne se trouve pas aussi facilement que les malades."

                  Un docteur à son patient :

  - Vous êtes atteint d'une maladie très rare. Je vais vous mettre en isolation, avec un régime de pizzas et de crêpes.
  -Et cela va me guérir de ma maladie ?
  -Non, mais ce sont les seuls aliments que l'on puisse glisser sous la porte

                  Visites :
Une chambre d'hôpital est un endroit où les amis du malade viennent lui parler de leurs bobos. 

                   

                 Réflexions d'un malade à l'hôpital
  - Les gens qui disent que le temps guérit tous les maux n'ont jamais attendu longtemps dans la salle d'attente d'un hôpital.
  - On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller.  
  - Si le travail, c'est la santé, le Monde a besoin de soins intensifs.

       

                 Dialogue à la radio :
Le professeur montre une radiographie à une étudiante en médecine.
 "Il suffit d'un simple coup d'œil sur ce cliché pour voir que le patient a une jambe plus courte que l'autre, ce qui explique qu'il boîte.
Que feriez-vous dans un cas pareil ?
"Je crois, que je boiterais aussi", répondit l'étudiante.

       

               Psychanalyse :
Le psychiatre :
"Je ne connais pas votre problème. Peut-être serait-il bon que vous commenciez par le commencement."


Le patient : 
"Parfait. Eh bien! Au commencement, j’ai Créé le ciel et la terre..."

       
                 Outre mer :
Une infirmière d'un hôpital des Antilles se précipite, affolée dans le bureau du médecin-chef :
- "Docteu, Docteu, dehô, il y a un malade avec beaucoup de boutons pâtout.  C'est gave, Docteu ?
- « Impétigo ! »
- "Non, non, Docteu, reprend l'infirmière, c'est pas un petit gwo, C'est un gwand maigue."

                  Maternité :
Affiché dans une salle d'attente d'une maternité :
"Les cinq premières minutes de vie sont les plus dangereuses."
Et quelqu'un a gribouillé dessous :  "Les cinq dernières aussi."

                 Progrès :
La médecine est devenue redoutablement efficace. Par exemple :
Un rhume soigné dure une semaine;
un rhume non soigné dure sept jours.



Samedi 10 mars 2012 à 8:34

Notre cerveau : intelligence; langage

  L'attention est une fonction cognitive complexe qui est primordiale dans le comportement humain.
             La plupart des activités cérébrales demandent une forte concentration, aussi bien pour la mémorisation d'une information, la compréhension d'un texte, que la recherche d'une chose donnée.         

            A chaque instant, un nombre plus ou moins important d’informations de notre environnement se présente à nos sens. Or, il est impossible de traiter en détail toutes ces informations simultanément. C’est l’attention sélective qui va permettre de sélectionner parmi toutes ces informations, celles à traiter prioritairement, en fonction de leur pertinence pour l’action ou par rapport à nos attentes. Elle permet de se focaliser sur un élément en particulier en se coupant mentalement des autres éléments non pertinents, sans qu’il soit nécessaire pour autant de s’isoler physiquement. Elle est donc indispensable à l’action et au fonctionnement cognitif en général.
            Par exemple en lisant cet article, votre cerveau a choisi de ne tenir compte presque uniquement des informations visuelles de la lecture et d'ignorer les messages relatifs à la sensation de vos vêtements sur votre peau ou de la position de vos jambes. Par contre, le simple fait d'avoir mentionné cela, vous a fait prendre conscience de la texture de votre linge et de la position de vos jambes. Vous y avez fait "attention".

            Quand on cherche des articles sur les recherches concernant l'attention, on trouve de nombreux articles sur l'influence des techniques multimédia sur l'attention des jeunes ou sur leur manque d'attention à l'école, sur les difficultés de concentration des malades Alzheimer, mais très peu d'articles sur le mécanisme cérébral de l'attention.
            Je vais essayer d'en dire quelques mots, mais c'est un mécanisme très complexe et par conséquent mal connu encore.

            Le chef d'orchestre de vos capacités d'attention, c'est votre cortex préfrontal à l'avant de votre cerveau. C'est lui qui assure la supervision attentionnelle, c'est-à-dire qu'il détermine quelle information doit être considérée comme primordiale et quelles ressources cognitives doivent être allouées pour en faire l'analyse, tout en inhibant les éléments de distraction qui surviennent.
          Je vous ai montré dans mon article du 3 juin 2010 que notre cortex frontal était plus performant s'il ne traitait qu'une seule tâche et ne pouvait guère traiter plus de deux tâches à la fois et, si vous lui demandez d'accomplir simultanément deux tâches qui requièrent un haut niveau de supervision attentionnelle, alors votre performance pour chacune de ces deux tâches diminuera de moitié.             
        Faire attention, c'est donc ne pas se disperser, ne pas faire plusieurs choses à la fois et ne pas sauter du coq à l'âne
        Les gens que l’on admire pour leurs capacités « multitâches » sont plutôt des gens hautement performants qui effectuent chacune des tâches l’une après l’autre, très rapidement et efficacement.

            Toutefois il faut que nous soyons éveillé pour que le cerveau frontal soit actif et que par ailleurs le Thalamus coordonne les informations de nos sens (voir mes articles du 15 décembre 2007 et du 7 août 2011). Il n'est donc pas étonnant que la fatigue et la veille diminuent nos capacités attentionnelles.

           L'attention, c'est également mobiliser nos sens, les orienter vers une cible (par exemple regarder ce que vous lisez), et mobiliser les centres du cerveau qui interprètent les données correspondantes.
 

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/visionprolongee.jpg            Nous ne portons finalement attention, à un moment donné, qu’à une infime partie de notre environnement et nous négligeons tout le reste, qui cependant est quand même enregistré pendant un certain temps dans notre inconscient.
            Dans cette mobilisation de nos sens les centres du sommet du cerveau qui contrôlent les mouvements sont mis en jeu, notamment le "champ oculo-moteur", qui oriente notre regard..
           Lorsque nous observons une scène, les neurones des aires visuelles sont activés, mais leur activité est éphémère car la vision est en quelque sorte effacée pour faire place à la suivante. Quand nous voulons faire attention à un objet des neurones voisins du "gyrus fusiforme" sont activés et ils gardent l'information visuelle suffisamment de temps pour que nous puissions l'analyser.

 

          

           Mais les centres du cerveau émotionnel sont aussi mobilisés.   

          
L'hippocampe et les centres du cerveau temporal, ainsi que toutes les zones qui gèrent nos informations mémorisées sont aussi très concernées car l'attention fait en permanence appel à la mémoire.

            L'attention est particulièrement mobilisée lorsque l'information à traiter est nouvelle, c'est-à-dire qu'elle n'a pas d'équivalent en mémoire, alors qu'une information connue ou familière (comme par exemple l'emplacement des meubles dans notre maison ou le bruit du réfrigérateur), n'attire plus l'œil ou l'ouïe.
            L'attention ne se portera sur une information familière que si elle diffère du contexte habituel, ou si nous recherchons volontairement un objet dans l'environnement.
            Notre (pré)nom, entendu dans des contextes divers (dans la rue, au restaurant, au travail....) captera aussi immédiatement notre attention, même si cette information nous est extrêmement familière. Depuis le plus jeune âge, nous sommes en effet conditionnés à réagir à notre (pré)nom.

            Les centres d'apprentissages et les neurones à dopaminesont aussi concernés, car pour apprendre ils doivent mobiliser l'attention .

            Pour vous donner une idée de la complexité de ces phénomènes, j'analyserai de façon simplifiée ce qui se passe si nous cherchons un objet que nous avons perdu au bord d'une rivière.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/attention.jpg            Dans le paysage, le cerveau repère les objets qui attirent son attention (par exemple, des cerises mûres ou l'eau de la rivière). Cette « carte de saillance" élaborée par le "colliculus supérieur", le "sillon intrapariétal" et le champ oculomoteur (en violet), définit les probabilités que l'attention soit attirée par tel ou tel objet.

            Mais, pour retrouver l'objet égaré dans les herbes, le cortex préfrontal renforce l'importance de lo zone herbeuse dons la carte de saillance du sillon intrapariétal et rend également plus sensible à cette zone les neurones de l'aire visuelle (flèche 1).

            Mais si, dans les herbes apparaît une forme évoquant un serpent, comme je ne suis pas Kaa,  je ne suis pas très tranquille et l'amygdale alerte le champ oculomoteur pour détourner le regard vers lo zone à risque (flèche 2) et elle agit aussi sur l'aire visuelle, afin que l'analyse de l'objet détecté soit plus précise, ce qui permettra de savoir si c'est réellement un serpent ou un bout de bois mort : le détecteur de danger est activé (flèche 3).

 

         Lorsque nous portons notre attention vers ce qui nous entoure, certaines régions du cerveau s’activent : c’est le réseau de l’attention, dont je viens de parler un peu. Mais d’autres régions interrompent dans le même temps leur activité, comme si elles gênaient d’ordinaire l’orientation de l’attention vers le monde extérieur. Ces régions forment un réseau appelé communément « réseau par défaut », parce qu’il a longtemps semblé s’activer quand le cerveau n’a rien de particulier à faire.

            Lorsque nous cherchons un objet autour de nous,  les neurones de ce réseau par défaut interrompent leur activité. Mais cette interruption ne dure que le temps strictement nécessaire à la recherche : aussitôt l’objet trouvé, et en un dixième de seconde à peine, le réseau par défaut reprend son activité comme avant. Et si parfois notre réseau par défaut ne se désactive pas suffisamment, nous mettons plus de temps pour trouver l’objet.

            Ce réseau touche beaucoup de centres du cerveau, mais notamment le cortex pariétal moteur (qui est chargé aussi du contrôle des mouvements très précis) et du cortex préfrontal médian (qui est impliqué dans le contrôle de nos états émotionnels et l'imagination de ce que pense autrui).

            Le cerveau a donc horreur du "vide intellectuel" et ne reste jamais sans rien faire, pas même pendant un dixième de seconde.

Vendredi 9 mars 2012 à 8:37

Adolescence

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      La télévision met elle les ados sous influence?
      Je lisais récemment dans un article de recherche de psychologie sociale, cette statistique qui m'intéressait d'autant plus quelle faisait référence à des périodes que j'ai connues.
      Il y a 60 ans, les ados ne citaient pas de personne connue qu'ils admiraient et prenaient pour modèle. Ils regardaient leurs parents et leurs professeurs vivre et essayaient de les imiter. C'était l'après guerre, la télé n'existait pas et on allait peu au cinéma. Il y avait beaucoup de travail à faire si l'on voulait avoir un métier, mais par contre le chômage n'existait pas et donc la motivation au travail était certaine, car c'était le moyen de réussir.
      Il y a 15 ans, sur 6000 jeunes de 10 à 18 ans interrogés en Allemagne, seuls 20% citaient une personne connue, star, personnage de série ou sportif, et cette proportion en 2003 était passée à 60%.
      L'institut de technologie d'Orlando, aux USA,  a étudié de phénomène "d'idolâtrie" et il constate que cette adoration pour une idole a peu d'effets négatifs. Ses chercheurs pensent que c'est un moyen pour les ados de s'éloigner émotionnellement des parents et d'acquérir une certaine distance émotionnelle.
     Est ce certain ? Et la télévision n' incite t'elle les ados qu'à de bonnes actions ?
Certains parents craignent que les enfants et les ados reproduisent ce qu'ils ont vu à la télévision, bon ou mauvais? Ont ils raison?

      Certes beaucoup ados commencent à boire de l'alcool ou à fumer sous l'influence de leur entourage, notamment des camarades de leur âge, mais des études menées au New Hampshire ont montré que les ados qui avaient vu beaucoup de héros de films fumer, devenaient des fumeurs, deux fois plus souvent que les ados ayant peu vu les films en cause.
      Des expériences ont eu lieu également, toujours probantes, entre la projection de films qui montraient des scènes en rapport avec des stéréotypes courants ,véhiculés par les médias et l'opinion, et les réponses à des questionnaires portant sur ces stéréotypes. La vision préalable de films augmentait de façon importante les réponses positives, par rapport au groupe témoin qui ne les avait pas vus.
      Mais certaines conséquences sont relativement bénéfiques : il semble que les ados qui regardent souvent la télévision soient plus tolérants vis à vis des autres, probablement parce qu'ils prennent conscience de la multitude des réactions possibles, face à une même situation.
      Ces études ont montré en particulier que si les personnages des scènes projetées ont des attitudes positives, souriants, heureux de vivre, ils sont plus facilement pris comme modèle et leurs comportements sont davantage acceptés et suivis. Nous sommes certes conscients que les personnes à l'écran sont des personnages fabriqués pour les besoins du scénario, mais nous réagissons comme s'ils étaient des personnes réelles, et les limites entre réalité et fiction devient floues.

      De nombreuses études ont été menées, notamment aux USA quant à l'influence des films violents.
      Elles ont toutes montré que la vision répétée de tels films accroissait nettement les tendances des jeunes, voire des adultes à être violents.
      L'explication semble être l'habituation à ces scènes, qui ensuite rend le passage à l'acte plus anodin, de la même façon que le chirurgien (heureusement pour lui et son calme au cours de l'opération , devient au cours de ses études, mains sensible à la souffrance du malade sur la table d'opération.

      Une étude menée en 2001 sur 1600 jeunes les a classées en quatre catégories, vis à vis de leurs réactions face aux médias et notamment la télévision :
           - la première catégorie de jeunes regarde peu, voire pas du tout la télévision :elle est
qualifiée de catégorie orientée vers l'éducation.
           - la deuxième catégorie, dite « orientée vers la consommation », regarde souvent la télévision,
mais passe surtout beaucoup de temps devant l'ordinateur et utilise les médias comme distraction.        
           - le troisième type de jeunes, dit « orienté vers la communication », utilise surtout des médias comme Internet pour discuter et regarde plutôt les films entre amis.
           - enfin la quatrième catégorie est celle des jeunes gens qui regardent très souvent la télévision sans aucun esprit critique.
Selon K.P Treumann, l'appartenance aux différents groupes est déterminée par le sexe, l'âge et l'environnement social.

     L'environnement du jeune spectateur est essentiel. L'influence des modèles médiatiques n'est sans doute pas directe, car les jeunes ne regardent pas la télévision comme s'ils étaient coupés des autres et du monde extérieur : ils n'imitent pas n'importe quel héros télévisé mais après des discussions entre amis, les jeunes se feraient leur propre avis d"après ces échanges d'idées.
     Les adultes et notamment les parents, ne doivent pas s'interdire de critiquer ou de rejeter certains modèles, leurs réactions pouvant aussi aider les adolescents à progresser dans la construction de leurs valeurs et de leur vision du monde.
     Pendant la puberté, les prises de distance vis-à-vis des parents représentent une étape cruciale du développement des ados, et il n'est pas étonnant que les modèles médiatiques venant contredire ce que disent les parents exercent alors une certaine fascination des adolescents.

Jeudi 8 mars 2012 à 7:57

Photos, photos comiques

Dernières images de trompe-l'œil, celles faites sur des maison pour les rendre un peu moins délabrées . Jugez en vous-mêmes !

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Mercredi 7 mars 2012 à 8:10

Vivre sa vie

http://lancien.cowblog.fr/images/images/images2-copie-1.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/envoisms.jpg



















   Je traitais hier de notre mémoire et de notre raisonnement, je voudrais voir aujourd'hui l'évolution de notre comportement, de nos habitudes, apportées par les moyens modernes de communication : internet, téléphone portable, télévision, tablettes, ordinateurs.

    D'abord notre évolution dans nos rapports sociaux.
    Il est certain que moi-même qui suis plus proche du dinosaure que des jeunes d'aujourd'hui, certes je me sers d'un micro-ordinateur depuis 1980, et crayons, stylos et papiers ne me servent plus que rarement, mais internet n'était rien pour moi il y a 7 ans, et maintenant mon mail, mon blog et mes correspondant(e)s font partie de ma vie. Mais par contre je ne vais sur facebook que lorsque mes petits-enfants sont à l'étranger et que je ne peux les joindre autrement (mais bientôt Skipe, ou autre, m'en dispensera).
    Mais pour les jeunes de moins de 25 ans, c'est bien pire : ils ont grandi connectés et réel et virtuel se confondent : Facebook, MSN, Google, SMS et smartphones sont beaucoup plus indispensables que le crayon ou la fourchette.
    Ils sont parfois devenus bien narcissiques : leurs "profils" sont mis en valeur comme dans un "press-book", les textes sont réfléchis pour attirer, les photos "anodines" ont en fait été soigneusement choisies, et l'environnement ne doit retenir de chaque personne que ce qu'elle veut paraître : une "Persona" démesurée comme constaterait CG. Jung. Et l'exhibitionismes des blogs ou de facebook et parfois étonnant.

    Mais l'information sur "l'autre" est aussi une caractéristique que l'on croyait réservée au marketing, alors qu'elle devient une habitude.
    Chacun cède à la tentation de chercher sur Google ou Facebook le profil du moindre interlocuteur, pour avoir sa "fiche" dans un coin de l'ordinateur et on recherche ses antécédents, on scrute ses photos.
    Ce type d' enquête est devenue une habitude partout, jusque dans le monde du travail : consulter les profils personnels avant d engager un candidat, s'est généralisé, alors que cela m'apparaît plutôt répréhensible.
    Un jeune ingénieur me disait qu'un candidat qui n'était pas sur facbook apparaissait comme rétrograde et pas motivé, et que par contre d'autres ingénieurs se sont vu reprocher par l'entreprise leurs fréquentation ou leurs paroles sur facebook. La frontière entre le public et le privé est désormais si floue que personne de la respecte et je parlais récemment dans un article, du harcèlement sur internet.
    Je connais des jeunes qui vont dans des réunions politiques, devant des cinémas ou à proximité de concerts, sans participer aux manifestations, uniquement pour pouvoir mettre sur facebook ou autre, les photos d'eux et de leurs copains à ces endroits. Ils sont à la fois paparazzi et le principal sujet de leurs "reportages".
    Il faut absolument avoir "plein d'amis" sur les réseaux sociaux (130 en moyenne paraît il sur facebook !!) et en regardant ce nombre vous avez de fortes chances de savoir quel est le degré d'extraversion de la personne.

    Le problème est que l'on constate que ces attitudes déforment assez le comportement : d'abord l'égocentrisme : il faut paraître, être aimé et être suivi. Donc ne pas contrarier, ne pas aborder les sujets qui peuvent faire polémique.
    Il faut parler de soi, de concerts de musique (pas classique, ce n'est pas branché), peut être de dessin, à la rigueur de lecture, (mais on vous traitera d'intellectuel(le) ce qui est presque une injure de nos jours - voir ce que dit Sarkozy qui traite avec mépris Hollande "d'élite" !!).
    C'est une quête de popularité qui finalement n'est pas étonnante. Les jeunes, et même les plus anciens, cherchent une appartenance au groupe : cela fait partie des besoins qu'explicite Maslow dans sa pyramide et  ce sont surtout les moyens médiatiques pour y parvenir, qui se sont multipliés
    Le problème c'est que cela devient une mode et paradoxalement cela développe à la fois l'égocentrisme et le comportement moutonnier, aux dépends de la créativité  et de l'indépendance d'esprit. Les politiques le savent bien et nous prennent dans leurs discours, pour des imbéciles. Croyez vous par exemple que Sarkozy va abandonner les riches pour devenir le père du peuple ?

    L'autre conséquence assez dommageable est le temps que cela prend : zapper en permanence sur internet d'un sujet à un autre, sur facebook ou MSN d'un copain à un autre, réagir au moindre SMS, ou aux mails incessants en entreprise, accapare l'attention et nous habitue à sauter du coq à l'âne sans approfondir aucun sujet. Il n'y a plus de temps pour étudier, et je constate quand j'aide un jeune dans ses études, que l'attention et la concentration ne durent guère plus de 20 minutes.
    Du coup on a tendance à n'aborder un travail qu'au dernier moment, quand on ne peut plus reculer. Mais alors où est le temps de la réflexion ?
    Et encore je n'ai pas parlé des jeux sur internet; c'est plutôt un problème d'ado, mais les conséquences sont analogues.

    Loin de moi l'idée qu'internet, le portable, la télé, sont la source de tous les maux. Ils nous apportent un accès extraordinaire aux informations et développent notre sens des relations humaines.
    Mais il faudrait que nous apprenions à en limiter l'usage et à nous en servir.
    Je connais quelques personnes parmi les jeunes qui savent faire une recherche de documentation sur internet, mais leur nombre me paraît faible.
    Je connais peu de jeunes qui font passer leurs études avant internet, MSN, facebook et les SMS. Ceux là d'ailleurs sont pour la plupart, entrés dans les écoles d'ingénieurs ou ont un mastère littéraire, ou s'ils en sont encore au bac, ont de fortes chances d'avoir une mention TB et de réussir ensuite dans l'enseignement supérieur..
    Le développement des techniques nouvelles est une chose extraordinaire, pleine de promesses, mais comme toute chose nouvelle, elle est capable du meilleur comme du pire et il faut apprendre à s'en servir raisonnablement

Mardi 6 mars 2012 à 8:22

Vivre sa vie

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       J'ai fait hier un premier article sur les dangers de l'ordinateur pour notre cerveau par les habitudes qu'il nous donnait.
       Je vais poursuivre ce sujet.

      Nous confions aujourd'hui nos données à notre micro et donc nous ne nous efforçons plus de les retenir dans notre mémoire. Allons nous voir nos capacités mémorielles diminuer ?
     Et la mémoire est une partie importante de l'intelligence. Allons nous cesser de raisonner ?

    Ce n'est pas aussi simple que cela.
    
    En effet ce n'est pas parce qu'on a moins besoin de stocker de l'information que la mémoire s'atrophie.
    Par contre si on ne l'exerce plus, là elle va nettement dégénérer.
    Quant à la résolution d'un problème, elle nécessite que l'on ait de l'information, mais si on est capable d'en trouver plus sur internet, cela n'en sera que mieux.
    Par contre l'expertise, l'intuition, nécessitent que l'on sache un minimum de choses, donc qu'on les ait retenues.
    Enfin il y a aussi une question de délais car il est parfois plus rapide de savoir quelque chose en mémoire, que d'aller le rechercher, on ne sait trop où.
    Cela ne concerne d'ailleurs pas que les faits, mais aussi les méthodes. Devant les rayons d'un super marché il est plus simple de savoir faire un peu de calcul mental et de connaître sa table de multiplication, que de chercher sa calculette.
    
    Il est certain qu'on nous faisait apprendre autrefois, sur le plan scientifique, des choses, totalement inutiles maintenant qu'on a accès à des bases de données : des valeurs de constantes avec des décimales nombreuses (e, ∏ √2 ou de 3, des températures de fusion ou de sublimation, des valeurs de contraintes, les chiffres de productions diverses de pays....), des méthodes de résolution manuelles ou à la table de log (par exemple des équations différentielles). Tout cela se fait avec l'aide de la machine aujourd'hui. Mémoriser tout cela est inutile, mais il faut quand même comprendre ce qu'elle fait, cette machine !!
    Par ailleurs certaines formules sont indissociables de la compréhension de certaines méthodes ou phénomènes (vitesse, accélération, inertie, moment...).
    Je cite des données scientifiques, mais dans le domaine littéraire, les choses ne sont guère différentes.
    Il est donc toujours nécessaire d'exercer sa mémoire et d'apprendre par cœur un minimum indispensable pour comprendre et travailler vite. On ne peut pas raisonner sans une base minimale, sinon, on passerait tout son temps à rechercher les informations et non à les traiter. De plus des liens se créent entre les informations que nous apprenons, qui sont une forme d'intuition personnelle, car dans le web, les liens sont créés par d'autres, et ne nous sont pas propres.

    En fait, pour la plupart des données, notre mémoire est organisée comme les banques de données de façon logique et hiérarchique. Les connaissances sont organisées du contenant aux divers niveaux de contenus, avec des liens entre les items qui ont un rapport entre eux. Notre cortex frontal émet des requêtes et des centres du temporal et l'hippocampe aiguillent vers les données correspondantes.
    Cela résulte d'une longue évolution de notre cerveau et donc cette façon de mémoriser ne changera éventuellement que très lentement (des milliers d'années).
    Par contre nos méthodes de recherche changent.
    
    Quand nous allons sur Google, certes nous pouvons parcourir un arbre hiérarchique de données, mais la recherche par mots clés ouvre un large éventail et donc un enchaînement d'idées différent. C'est plus créatif et surtout on peut avoir accès à de très nombreuses données en peu de temps et sans se déplacer.
    Mais ce savoir en éventail semble plus difficile à exploiter, car plus difficile à mobiliser dans un contexte donné, notamment, lorsqu'il faut faire des choix.
    Le processus de décision du cerveau est extrêmement complexe. Il va
chercher des règles, des anticipations, dans la mémoire profonde et hiérarchique et demande au cerveau émotionnel de faire des simulations, des avis d'anticipation.. C'est une forme de raisonnement qui permet de construire les étapes pour prendre
une décision apportant un bénéfice à long terme.
    La mémoire associative d'internet ne favorise pas forcément le raisonnement.
    Nous sommes donc confrontés à une nouvelle façon de se représenter le monde, moins analytique.


    Ce n'est pas une modification biologique, qui ne s'opère que sur une durée beaucoup plus importante : le cerveau des jeunes générations ressemble au nôtre, mais les habitudes changent et c'est son utilisation qui évolue.
    Ce n'est pas parce que nous disposons de plus d'informations que nous en traiterons davantage car, comme je vous l'avais montré le 3 juin 2010, le cerveau n'est pas multitâches, les mémoires tampons ayant un volume limité (cinq à dix données) et le cortex frontal ne pouvant contrôler que deux tâches à la fois.

    Mais ce qui change énormément nos méthodes c'est que cette multitude d'informations et de moyens à notre disposition, nous fait sauter de l'une à l'autre, comme on zappe sur la télévision et ne consacrant que beaucoup moins de temps et ne voyant les choses que superficiellement, on ne les traite pas plus qu'on ne voit un film en zappant.
    Je traiterai de ce sujet demain, en même temps que celui de l'influence des réseaux sociaux.

Lundi 5 mars 2012 à 8:03

Vivre sa vie

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     Dans mon article du 3 juin 2010 je vous avais parlé d'études menées par Etienne Koechlin et Sylvain Charron, du Laboratoire de neurosciences cognitives de l'INSERM, à l'École normale supérieure à Paris, qui ont montré que le cerveau n'est en mesure de coordonner que deux tâches simultanées au plus. D'après l'Université de l'Utah, seul s 2% des individus sont multitâches et limitées à 3 ou 4.
    Les lobes frontaux, à l'avant du cerveau sont les principaux acteurs de la planification des tâches, se partagent le travail et se suppléent mutuellement, mais dès qu'ils ont trois tâches à coordonner en même temps ils commencent à être débordés.
    Ce laboratoire de l'Ecole de la rue d'Ulm fait aussi des recherches sur les effets d'internet sur notre comportement et sur notre cerveau.

    L'avènement de l'ordinateur et surtout du micro ordinateur a bouleversé notre vie. J'en sais quelque chose j'ai utilisé de gros ordinateurs dans les années 70 et j'ai un micro depuis 1980, et maintenant j'aurais plus de mal à m'en passer que la télévision ou le téléphone.
    Certes au départ le micro a remplacé peu à peu la machine à écrire, puis le papier et le crayon, notamment par sa facilité de corrections et pour peu qu'on ait appris à taper vite, on n'écrit plus à la main que pour signer, faire un mot croisé et quelques lettres personnelles qu'on ne veut pas remplacer par des mails.
    Puis on s'est servi du micro-ordinateur pour aider notre mémoire : numéros de téléphone, adresses, rendez-vous, tout ce qu'on confiait à des fiches en carton, car les facilités de classement de tri et de recherche étaient bien supérieurs.
    Autre évolution, certes on se servait des gros ordinateurs pour faire les calculs lourds, pour stocker des données comptables ou scientifiques, et dans des centres spécialisés pour emmagasiner nos connaissances, mais ce n'était pas facile de les interroger, il fallait connaître un langage de requête, avaoir des autorisations d'accès.... 
    Le micro-ordinateur a balayé tout cela et chacun peut s'en servir comme d'une mémoire et lui confier tout ce qu'il veut avoir sous la main.
    Puis sont venus internet et les moteurs de recherche tel Google ou les banques de données genre Wikipédia. Dès lors on peut accéder à toutes sortes d'informations, il suffit de savoir chercher et d'avoir le temps de lire.
    Personnellement, je m'en sers plusieurs fois par jour.
    Mais l'autre révolution c'est l'intercommunication entre personnes : adresses électroniques, mails, MSN, Facebook et Twitter, les blogs, bref une société nouvelle, partagée par le micro-ordinateur et le téléphone portable, et maintenant la tablette graphique intermédiaire.
    J'avais créé en 1988 un "intranet" dans mon entreprise et cela avait déjà pas mal bouleversé son fonctionnement, mais ce n'est rien à coté de ce que l'on connaît depuis 15 ans.

    Mais comme dans toute révolution, il y a des conséquences bénéfiques, mais aussi des effets pervers, et l'usage du micro-ordinateur et d'internet n'en n'est pas exempt.
    Non seulement nos comportements sont modifiés mais cela influence notre façon de penser et en définitive notre cerveau.


    On constate d'abord l'influence de cette communication et des réseaux sociaux sur notre comportement social et notre façon de voir l'autre. Cela se superpose avec l'action des médias, déjà importante grâce à la télévision, mais dont les possibilités d'action sont décuplées.

    Mais on peut se demander si, à force de confier nos données aux ordinateurs, nous allons garder nos capacités de mémoire. Et la mémoire c'est la moitié de l'intelligence. Déjà en classe on n'apprend plus rien par coeur puisqu'on trouve tout sur le net ou dans la mémoire de son micro et de son téléphone.
    Les enfants savent à peine les tables de multiplication et le ministre de l'Education Nationale ne sait même pas répondre à une question de proportions multiples, à laquelle un enfant de CM2 aurait répondu autrefois en 5 secondes.

    Surtout internet, si nous n'y prenons garde, nous empêche de travailler, nous prend trop de temps, nous fait sauter du coq à l'âne, nous faisant traiter plusieurs tâches à la fois, alors que nous ne pouvons en traiter efficacement que deux.
    D'où un déficit d'attention et de concentration dont nous prenons l'habitude.
    Internet n'est pas seul en cause dans ce domaine : télé, radio, la publicité, le téléphone portable que certains laissent allumé même la nuit, ...
    Selon le British Institute of Psychiatry, les travailleurs distraits par des courriels, des appels téléphoniques et par les conversations sur leur ordinateur, voient leur performance intellectuelle plus affectée que des fumeurs de cannabis, et le QI des forcenés du net serait en chute libre.

    Bien entendu, l'évolution actuelle a des cotés positifs et on peut lutter contre ces défauts.
    C'est de ces questions dont je voudrais parler dans mes prochains articles.


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Dimanche 4 mars 2012 à 8:08

Histoires drôles

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       François Hollande veut sanctionner les banquiers.
       Quant au petit Nicolas, il pense que nous, les imbéciles, on va croire qu'après s'être augmenté de 140%, il veut raboter les hauts salaires des PDG des multinationales, et qu'il va bouffer du banquier pour nous faire plaisir. Le pauvre se sent sans voix parmi les riches et maintenant il veut être près du peuple !
    
Alors, haro sur la banque. Un de mes fils m'a envoyé ce petit récit, certes inventé, mais qui m'a bien fait sourire. Alors, à votre tour !

                 Courrier d'une vieille dame à sa banque !

                     Cher Monsieur,

      Je vous écris pour vous remercier d'avoir refusé le chèque qui m'aurait permis de payer le plombier le mois dernier.
      Selon mes calculs, trois nano-secondes se sont écoulées entre la présentation du chèque et l'arrivée sur mon compte des fonds nécessaires à son paiement. Je fais référence, évidemment, au dépôt mensuel automatique de ma pension, une procédure qui, je dois l'admettre, n'a cours que depuis 26 ans.
      Il me faut d'ailleurs vous féliciter d'avoir saisi cette fugace occasion et débité mon compte des 30 euros de frais pour le désagrément causé à votre banque.
      Ma gratitude est d'autant plus grande que cet incident m'a incitée à revoir la gestion de mes finances - après tout, je n'ai QUE ÇA à faire.

      A partir d'aujourd'hui, je passerai dix (10) fois par jour au guichet de votre agence (nous sommes voisins) et notamment à 11H50 et 16H50 pour retirer 2 EUR ; je déposerai aussi des espèces (1 EUR) et demanderai un reçu.
     Je paierai TOUS mes achats (même ma baguette de pain) par chèque.
     A ce propos, veuillez m'envoyer immédiatement cent (100) chéquiers.
     Comme il m'arrive d'OUBLIER de signer certains chèques ou de noter des montants chiffres et lettres différents, je vous demanderai de faire très attention puisqu'il s'agirait d'une faute de votre part. Bien entendu, je préviendrai mes commerçants et leur demanderai de faire une copie de mes chèques, avant de les porter.
     Je vais interrompre TOUS mes prélèvements automatiques, je paierai par chèque.
     TOUS mes courriers seront déposés à votre banque et adressés au directeur avec la mention "CONFIDENTIEL NE PAS OUVRIR".
     Je compte changer tous les mois ma signature légale : avec tous ces vols de chéquiers on n'est jamais assez prudent.
 
     Dorénavant, si vous me téléphonez, vous entendrez " appuyez sur la touche étoile de votre téléphone" Vous devrez choisir la langue 1, 2, 3 ou 4 (eh oui, à 86 ans je parle 4 langues) Une fois la langue sélectionnée, vous devrez :
           - taper 1 pour prendre rendez-vous avec moi
           - taper 2 pour toute question concernant un retard de paiement
           - taper 3 pour me laisser un message
           - taper 4 pour me parler
           - taper 5 pour retourner au menu principal et tout recommencer
     ENFIN, avant de me parler, vous entendrez une belle musique, chantée par moi (pas de droit SACEM) que vous connaissez sûrement et qui s'intitule : "Le petit bonhomme en mousse".
     Je vous souhaite une heureuse nouvelle année, et vous dis donc A DEMAIN.
               Respectueusement,
 Mme M.I.

 

Moralité : faut pas faire ch..les vieux !
 

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lancien

sortir de la tristesse

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