Samedi 30 juin 2012 à 8:06

Sculpture, musées, peinture

ntermède aujourd'hui.

Je vous avais montré des artistes vivants, transformés en statues.
Aujourd'hui ce sera différent : des personnages, sculptures en sable.

Elles proviennent de l'île du Prince Edouard, au Canada
.

http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive22-copie-3.jpg

http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive02-copie-2.jpg


http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive05-copie-2.jpg








http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive18-copie-6.jpg


 








http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive24-copie-4.jpg

 














































http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive26-copie-3.jpg

Vendredi 29 juin 2012 à 8:18

Drogue, alcool, addictions

            Pour mémoriser des informations que ce soit pendant un temps court ou plus long, nous faisons appel à notre mémoire de travail.
            L'un des effets les plus importants du cannabis et de son composé actif, le tétrahydrocannabinol ou THC, consiste à perturber cette mémoire de travail.
            De taille limitée, c'est elle qui nous permet de retenir, sélectionner et manipuler une information, pendant une courte période de temps, de quelques secondes à une minute, afin d'accomplir des actions de compréhension, de raisonnement ou d'apprentissage, et de retenir provisoirement les éléments que nous consoliderons ensuite.
            Elle est à l'œuvre dans nos tâches quotidiennes telles qu'entretenir une discussion, lire et comprendre un texte, faire une opération mathématique ou bien nous repérer dans l'espace.
            De nombreuses études sur des rats ont permis de comprendre le mécanisme d'action du THC.
 
            Les principales cibles du THC dans l'organisme avaient été découvertes au début des années 1990 : ce sont les récepteurs aux cannabinoïdes (substances analogues au cannabis produites naturellement par l'organisme), dont les récepteurs de type 1 (CB1) sont très abondants dans le cerveau.
            De nombreux récepteurs CB1 se trouvent sur les neurones et en 2009, on a montré que
l'activation des récepteurs CB1 empêche la libération de certains neurotransmetteurs,comme Ie glutamate et le GABA.
            Des études récentes montrent que les récepteurs CB1 sont également présents au niveau des "astrocytes". cellules très abondantes dans le cerveau; et qui établissent notamment des jonctions avec les vaisseaux sanguins du cerveau, constituant ainsi une interface avec le reste du corps. Ces cellules astrocytes ont longtemps été considérées uniquement comme des cellules de soutien parce qu'elles renforcent la cohésion du tissus, mais aussi assurent l'apport en énergie nécessaire à l'activité des neurones, l'évacuation des déchets, ainsi que la protection du cerveau en cas de dommage.
            Mais on a établi aujourd'hui que les astrocytes sont capables également de moduler l'activité des neurones en libérant des molécules appelées "gliotransmetteurs", analogues aux neurotransmetteurs des neurones
            Cette action entre les astrocytes et les neurones est indispensable à l'efficacité des connexions neuronales ainsi qu'au bon fonctionnement de la mémoire.
 
            Les expérimentateurs ont pu réaliser des "souris mutantes" se développant normalement, dont les unes n'avaient plus, dans l'hippocampe de leur cerveau, que des récepteurs CB1 sur les astrocytes et les autres que des récepteurs CB1 sur leurs neurones.
            Dans le premier cas, le THC perturbait la mémoire alors qu'il n'y avait pas de perturbation dans le second cas.
            C'est donc les récepteurs CB1 des astrocytes que perturbe le cannabis et pas ceux des neurones.
            Une injection de cannabis perturbe le fonctionnement de l'hippocampe et des mémoires de travail pendant plusieurs heures, par l'intermédiaire de leurs astrocytes.
            Le mécanisme d'action a été élucidé (voir le schéma ci dessous) : le THC se fixant sur les récepteurs CB1 des astrocytes, entraîne la libération de glutamate, qui va se fixer sur les récepteurs de glutamate des neurones, ce qui diminue la force d connexion entre neurones (ici 1 et 2), au niveau des synapses, et perturbe donc le fonctionnement de l'apprentissage et de la mémorisation qui repose sur cette connexion.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/memoireastrocyte.jpg
 
            Ces études sur les modes de communication entre neurones et sur les protéines qui forment les récepteurs sensibles aux neurotransmetteurs, permettent de comprendre peu à peu comment fonctionne le cerveau et dans ce cas, la mémoire.
            Il semblerait qu'une enzyme permettrait de garder l'efficacité de la liaison entre neurones qui constituent le souvenir.
            L'inhibition du fonctionnement de cette enzyme, même plusieurs ji-ours après la consolidation des souvenirs en entraînerait l'effacement. Cette enzyme assurerait grâce à son action sur la synthèse de certanes protéines, la permanence du renouvellement de certains récepteurs dans les synapses, assurant ainsi la permanence de la liaison.
            L'entretien de notre mémoire serait donc un mécanisme dynamique.
             Peut être déboucherons nous un jour sur un traitement de la maladie d'Alzeimer.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/fumergeneriquecannabis.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/cannabis01022011194840.jpg
 

Jeudi 28 juin 2012 à 8:17

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/10348383480272.jpg http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/cannabis.jpg









       
  J'ai connu un jeune garçon (ne cherchez pas à savoir qui c'est, il n'est pas sur cowblog), qui avait fait de bonnes études secondaires, obtenant la mention "très bien" au bac S.
         Ses parents habitant en province, il avait été admis comme pensionnaire dans une prépa de maths d'un lycée parisien, pour préparer les grandes écoles scientifiques.
         Son premier trimestre était prometteur et pourtant ce n'était pas facile.
         Les meilleurs élèves se retrouvent en compétition à Paris, et le régime est rude.
12 heures de maths et 8 heures de physique chimie par semaine, quelques autres matières (français, langues..), un cours qu'il faut savoir parfaitement,
car les concours portent uniquement sur des problèmes et des exercices et on ne peut les faire si on ne connaît pas parfaitement le cours. Beaucoup d’exercices à faire chez soi, car il faut s'exercer à ce qui sera demandé à l'écrit comme à l'oral, et chaque semaine, une interrogation de maths et une de physique-chimie de 3/4 d’heure chacune, avec cours et exos (on appelle cela les “colles”), qui préfigurent les interrogations des oraux.
 
            Mais ensuite il s'est laissé entraîner par des camarades à fumer de temps à autre du cannabis, puis de plus en plus souvent, et il a fini par fumer un ou deux joints par jour.
            Au troisième trimestre tout s'est dégradé tout à coup : il n'arrivait plus à mémoriser le cours, et, ne le connaissant plus suffisamment, il séchait sur les exercices.
            Stressé il n'en fumait que plus, mais cela ne lui enlevait pas durablement son stress et il était de plus en plus incapable de travailler efficacement.
Même rappeler ce qu'il avait déjà appris et ce qu'il savait les trimestres précédents, devenait difficile.
          
  Et il oubliait même des rendez vous ou les heures des colles, s'il ne le notait pas.
            Sa moyenne s'est dégradée et il n'a pas été admis en "taupe *", qui permet de préparer les concours des grandes écoles, mais dans une taupe lui permettant néanmoins de passer les concours d'écoles plus faciles.
            Mais il n'était pas sûr de réussir à suivre !
 
            L'éloignement de ses camarades, un sursaut de lucidité, lui ont fait arrêter peu à peu de fumer du cannabis pendant les vacances.
            La mémoire est redevenue plus fiable peu à peu, mais il lui a fallu rattraper le retard de tout ce qu'il n'avait pas appris le dernier trimestre précédent.
            Il lui a fallu trois à quatre mois de plus pour récupérer totalement.
            Mais s'il avait continué pendant des années, non seulement ses études auraient été gâchées, mais il risquait que l'atteinte de sa mémoire ne soit plus totalement réversible.
            Je vous expliquerai demain l'action du cannabis sur la mémoire.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/ado00192845g.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/faujour00192853m.jpg

Mercredi 27 juin 2012 à 7:34

Sculpture, musées, peinture

Dernier intermède sur les statues vivantes : des stues "blanches" puis des compositions parfois un peu effrayantes.

http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive18-copie-5.jpg

http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive27-copie-2.jpg





http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive19-copie-4.jpg








http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive26-copie-2.jpg






http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive20-copie-3.jpg
















http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive08-copie-2.jpg
http://lancien.cowblog.fr/images/oiseaux/1001536.jpg     Je l'ai souvent dit : un souvenir c'est un lien entre des groupes de neurones.
         Si je me rappelle un petit rouge-gorge sur la branche d'un de mes arbres en Bretagne, c'est que, lorsque j'évoque ce souvenir, je rappelle les informations qui sont associés à des groupes de neurones : l'image des pins, le fait que c'est mon jardin, le mot pin, l'image de la branche, l'image de l'animal, associée aux mots oiseau et rouge-gorge, la couleur rouge orange de son plumage, le son "tit tit tit" de son chant, la période où j'ai pris cette photo ....
         Au départ ce sont des perceptions d'images, de sons... par nos sens qui viennent dans notre mémoire de travail. Le cortex frontal qui est averti de ces sensations s'y intéresse ou pas. Là si je veux prendre une photo de mon rouge-gorge, il s'y intéresse forcément pendant un moment. Sinon il ne s'en préoccupe guère et laisse faire l'hippocampe qui va traiter l'information et éventuellement l'associer à d'autres déjà en mémoire.
 
         Comment est traitée l'information?

         Les images du rouge-gorge et de l'environnement sont d'abord perçues par notre rétine, et les flux de signaux sont transmis à l'arrière du cerveau (le lobe occipital) où ils vont être traités par différents groupes de neurones qui vont analyser les formes, les textures, les intensités de lumière, les couleurs, les mouvements.

         Les informations sont alors rassemblées dans deux centres l'un que j'appellerai le "où", qui va mémoriser et situer l'environnement (ici les pins et les relier à la situation géographique "mon jardin de Bretagne") et le "quoi" qui va mémoriser les objets et leur nature (ici une image qui représente un oiseau, plus précisément un rouge-gorge, voire "mon" rouge-gorge, si je reconnais celui qui vient se percher sur le guidon de ma tondeuse à gazon).
         Ces centres sont en liaison avec des centres proches de l'hippocampe, le cortex "parahippocalmpique" qui reçoit les images du "où" et le cortex "périrhinal" qui reçoit les images du "quoi".
         Ne retenez pas ces noms barbares, mais seulement que l'hippocampe va alors associer ensemble ces information et y rajouter éventuellement des sensations autres, venant du Thalamus qui synchronise toutes nos sensations et qui peut envoyer le son du cri de l'oiseau, ou, dans d'autre cas, des sensations tactiles, ou de goût.
         Toutes ces associations sont renforcées de façon à constituer un souvenir provisoire, et il est alors transmis, via des mémoires de travail, au cortex frontal qui va s'y intéresser ou non.
         S'il ne s'y intéresse pas l'hippocampe conservera provisoirement les souvenirs, mais si c'est un souvenir classé "intéressant", il décidera qu'il faut renforcer alors les liaisons correspondantes entre neurones.
         On ne sait pas quel est le phénomène biochimique qui décide du sort des souvenirs; probablement une action de renforcement ou de diminution de liaisons entre certains neurones de l'hippocampe, sous l'effet de ceux du cortex frontal.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/memoireLTP.jpg

         La potentialisation à long terme.
 
         Révise tes leçons avant de dormir si tu veux la retenir mieux.
         Ce conseil de mes grands-parents est aujourd'hui vérifié par la neurobiologie, de nombreuses études ayant montré que la mémoire, certes n'enregistrait pas ce qu'on nous disait pendant notre sommeil, mais renforçait le souvenir de ce qu'on avait mis provisoirement en mémoire à court terme la veille, et ceci d'autant plus que l'activité de l'hippocampe était importante pendant notre sommeil.
         Pendant le sommeil "profond', on constate, dans le cerveau et notamment l'hippocampe, des oscillations à basse fréquence (1 à 5 hertz), et des bouffées d'activité de fréquence très élevée (200 hertz), appelées "ripples".
         Il semble que l'hippocampe répète les activités d'apprentissage de la journée pendant ces bouffées à fréquence rapide, en renforçant les liaisons neuronales correspondant aux souvenirs à conserver.
         Si on supprime ces "ripples" (chez des rats), on supprime cette consolidation d'un apprentissage.
         De plus pendant le sommeil paradoxal, ce phénomène estencore plus important, l'ensemble des actions d'apprentissage étant rejouées y compris dans les centres d'interprétation des sensations notamment visuelles, renforçant ainsi toute la chaîne des liaisons neuronales de constitution du souvenir. (voir aussi mes articles des 17 au 22 décembre 2011, du premier juin 2011, du 29 mars 2009, et du 6 au 12 mai 2008).

 
         L'oubli.        
 
         A l'inverse les ondes lentes diminueraient les connexions entre les neurones des souvenirs inutiles. Il semblerait que la sécrétion d'insuline, qui augmente pendant la nuit serait à l'origine de ce processus de dépression à long terme des souvenirs et apprentissages, comme l'ont montré des essais en laboratoire.
         De même un processus analogue intervient lors du sommeil paradoxal, pour éliminer les souvenirs superflus ou jugés nuisibles, et l'ensemble du cerveau émotionnel serait associé à cette tâche ainsi que les centres sensoriels.
         En cas de micro-réveils, cette activité donne naissance à nos rêves par interférence avec un cortex frontal pas encore bien "réveillé" (voir mes articles sur l'interprétation des rêves du 25 au 29 janvier 2010).
         Tout ce processus suppose que l'hippocampe "étiquetterait" tous les neurones correspondant à un même souvenir pour les réactiver pendant le sommeil.
 
         Et par la suite :
 
         On constate que les souvenirs que nous nous remémorons périodiquement sont renforcés et plus stables et que au contraire, ceux qui ne nous servent pas (par exemple les numéros de téléphones ou noms de personnes correspondants à un ancien travail ou poste qui a changé), diminuent de précision puis tombent dans l'oubli
 
         L'oubli est nécessaire à la mémoire
 
car il évite un encombrement en libérant de la place et surtout permet ensuite une meilleure accessibilité aux souvenirs, moins nombreux.
 
         Après un article de récréation artistique, je regarderai l'effet du cannabis sur notre mémoire.
http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/dinosaures.jpg

         J'ai souvent des questions de mes correspondant(e)s sur la mémoire. C'est effectivement quelque chose de tellement important pour nous que nous souhaiterions mieux la connaître.
         J'ai déjà fait de nombreux articles que vous retrouverez dans la catégorie "notre cerveau, mémoire, inconscient" de ce blog.
         Une de mes affirmations vous a choqué lorsque je disais que nos souvenirs n'étaient pas fiables et se transformaient dans le temps.
Je vais revenir sur ce problème.
 
         Notre mémoire n'est pas celle d'un disque dur d'ordinateur: elle n'enregistre pas les informations avec exactitude.
         Nos souvenirs font l'objet d'une reconstruction mentale, qui se fait largement à notre insu.
         Cette reconstruction obéit à deux principes complémentaires : celui de vraisemblance qui demande que le souvenir reflète au mieux la réalité vécue, et celui de cohérence, qui implique que ce souvenir n'entre pas en contradiction avec nous-mêmes et ce que nous savons du monde qui nous entoure. Le travail de la mémoire vise à maintenir l'équilibre entre ces deux demandes contradictoires.
         C'est pour cela que deux individus ne gardent pas le même souvenir d'une même scène qu'ils ont vue l'un à coté de l'autre.
         Et la "prouesse" de la mémoire n'est pas tellement le fait d'enregistrer ce qui se passe, mais de le rendre cohérent avec nous mêmes.
         C'est d'ailleurs ce qui permet à notre cerveau de nous projeter dans l'avenir, (ou dans un autre contexte) à partir d'éléments mémorisés.
         C'est ce qui nous permet aussi d'être inventifs en rapprochant de façon inattendue des éléments qui étaient présents dans notre mémoire, mais qui n'avaient pas de lien entre eux.
 
         Je reparlerai dans les prochains articles de l'encodage des souvenirs, mais j'ai déjà écrit sur ce blog que la mémorisation était basée sur un lien de communication plus grand entre des neurones, et qu'inversement l'oubli était l'affaiblissement de ce lien.
         On verra demain que ce lien est modifié pendant notre sommeil et qu'il est renforcé chaque fois que nous évoquons le souvenir.
         Mais à chaque évocation, à chaque rappel il se reconstruit, et le cerveau peut y rajouter (ou en enlever des éléments) et donc le modifier.
 
         Le premier élément est le contexte du moment où nous avons perçu les éléments qui constitueront le souvenir.
         Bien entendu notre personnalité et nos capacités influent de façon générale : quelqu'un qui est naturellement un bon observateur enregistrera les faits et les images de façon plus précise que quelqu'un qui perçoit globalement une scène avec moins de détails.
         J'ai déjà écrit que le contexte émotionnel et sentimental influait beaucoup sur la solidité de l'encodage du souvenir et sur son contenu plus ou moins détaillé.
          Nous nous souvenons de façon très durable et détaillée de certaines scènes qui nous ont marquées émotionnellement et sentimentalement, de certaines paroles dites par des êtres chers... et à l'inverse, nous avons du mal à nous souvenir d'éléments traumatisants, qui sans doute ne sont pas oubliés, mais dont l'évocation qui consiste en un lien entre les neurones qui ont enregistré l'événement, l'hippocampe et ensuite le cortex frontal sont bloqués par des neurones de notre cerveau émotionnel.
 
         Ensuite nous évoquons de temps à autre ce souvenir et cette évocation devrait le renforcer; c'est vrai de façon globale. Mais nous n'évoquons pas le souvenir avec les mêmes détails avec les mêmes intensités que lors de l'enregistrement initial, parce que notre mentalité a changé, parce que nous ne nous intéressons pas aux mêmes choses, parce que nous avions une raison particulière pour cette évocation, qui nous fait rappeler de façon plus précise certains détails et en négliger d'autres.
         Le souvenir ne se renforce donc pas uniformément et il se transforme peu à peu.
 
         Enfin nous complétons le souvenir, ou nous l'amputons.
         A l'origine, par souci de cohérence avec nous même, nous n'acceptons pas dans ce souvenir certains élément qui ne nous semblent pas logiques ou vraisemblable, voire certains qui sont contraires à nos convictions, à nos sentiments.
         Demandez à plusieurs personnes, qui ont suivi une discussion de plusieurs hommes politiques, de vous raconter leur souvenir. Vous serez étonné des différences et si vous les analysez, vous verrez que c'est en cohérence avec les opinions de chacun des spectateurs.
         Mais par la suite nous complétons le souvenir.
         J'ai de nombreux souvenirs de mon enfance dont une partie non négligeable résulte de récits de mes parents, de photographie que j'ai vues.
         Il n'est pas exclu que dans certains cas, nos désirs, nos problèmes aient influé et que certains éléments de nos souvenirs soient de la pure fiction, des suggestions de notre cerveau.
         De même le cortex frontal qui réfléchit et vérifie les cohérences, peut trouver que le lien logique entre certains éléments du souvenir est douteux. Alors il y réfléchit, trouve une solution de continuité cohérente. Il est possible qu'au bout d'un certain temps elle soit incluse comme un élément appartenant au souvenir.
         De la même façon il peut s'enrichir de connaissances acquises par la suite, après le souvenir, et concernant un de ses éléments matériels ou humain, parce que vous avez compris après coup, certaines motivations, certaines causes, le lien entre certains éléments et vous intégrez ces explications au souvenir.
 
         Je me souviens de ce que disait un neurobiologiste : "nos souvenirs sont reconstruits de la même façon qu'un anthropologue construit tout ce que nous savons sur les hommes préhistoriques ou sur les dinosaures".

Dimanche 24 juin 2012 à 9:10

Sculpture, musées, peinture

Un intermède de statues vivantes un peu différentes : des scènes de la vie courante.

http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive17-copie-3.jpg



http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive31.jpg









http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive29-copie-2.jpg





http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive25-copie-1.jpg





http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive03-copie-3.jpg








http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive22-copie-2.jpg

Samedi 23 juin 2012 à 7:54

Enseignement, école, fac


            Dernier sujet du bac qui m'aurait bien plu, car il est tellement imprécis et vague qu'on peut discuter sur bien des choses.
 
                                    "Peut-il exister des désirs naturels?"
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Chiens/images.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/desirbd.jpg
















           
                    Alors au départ, un petit effort de vocabulaire !
 
            Le "désir" c'est une notion ambigüe.
            Au départ c'est le regret d'une absence, un manque, une absence (desiderare latin).
            C'est le fait de vouloir quelque chose, le besoin de satisfaire une envie.
            Cela peut concerner un besoin naturel, un bien matériel, mais aussi quelque chose d'abstrait : le désir du pouvoir par exemple.
            Ce peut être un simple souhait, voire un ordre : "je désire que vous fassiez telle chose" ou une volonté "j'ai le désir de...".
            Ce peut être une aspiration très intellectuelle : le désir de vérité, le désir de réaliser une oeuvre d'art, de jouer de la musique.....
            Ou bien des désirs psychologiques très généraux : le désirs de rapports sociaux et d'appartenance à un groupe
            Mais aussi un penchant, une inclination.
            Bien entendu il y a aussi la signification particulière d'ordre sexuel : l'attirance pour un être, le plus souvent du sexe opposé.
            Le désir est tantôt considéré positivement puisque l'on considère l'objet désiré comme source de plaisir ou de contentement, voire de bonheur et tantôt considéré négativement comme un manque, une source de souffrance, une forme d'insatisfaction.
            Bref le désir c'est la base de beaucoup de nos émotions.

            Que veut dire "naturel "?
            C'est assez discutable. On pourrait penser "conforme à la nature", c'est à dire à notre corps, à la physiologie. On a plutôt tendance à les appeler des "besoins" : respirer, manger, boire....
            Plus largement, ceux qui sont constitutifs de la nature humaine
            Peut être est ce plus facile de définir les désirs non naturels : tous ceux créés psychologiquement et socialement, par notre vie avec les autres et au milieu de tous les attributs de notre société : médias, modes, opinion des autres, jalousie, conduite moutonnière, fantasmes, voire anomalies comportementales (cleptomanie par exemple).
            Soyons aussi conscient que si les désirs peuvent être "naturels", leur réalisation dépend de notre environnement et n'est pas naturelle.
 
            Si j'avais eu à faire un devoir de philo, je crois que j'aurais fait d'abord un historique du bonheur et du désir : Epicure, les stoïciens, l'ataraxie, le "manque" chez Platon, le puritanisme de Pascal et des Jansénistes, la diabolisation des désirs par les religions et surtout les prêtres, "le désir veut conquérir" d'Hegel, la volonté de puissance de Nietzsche, la libido de Freud, et la société moderne de consommation, avec les médias et la publicité et puis les explications des neurobiologistes : les centres de récompense de notre cerveau et la dopamine. (voir mes articles à ce sujet). Et j'en oublie beaucoup parmi les innombrables théories qu'on nous ingurgitait en philo..
 
            Mais je pense qu'une approche du désir, autre que la philo, peut être montrée sur la pyramide de Maslow (voir mon article du 26 mai 2007).
http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/3419232.png
            A la base de la pyramide on trouve les  besoins de maintien de la vie (respiration, alimentation,  élimination, maintien de la température, repos et  sommeil, activité musculaire et neurologique, contact  corporel, vie sexuelle). Ce sont les "désirs naturels".
    Ces besoins sont fondamentaux. et prioritaires. Ils sont valables pour tout être humain, de la naissance à la mort.
    Les besoins physiologiques sont les besoins dont la  satisfaction est importante ou nécessaire pour la  survie et généralement, une personne cherche à  satisfaire ses besoins physiologiques avant tous les autres
    Un manque, une privation aura obligatoirement un impact sur les autres besoins, car la construction des étages supérieurs est alors impossible.
    À mesure qu'une personne croît et se  développe, elle est de plus en plus en mesure de  satisfaire ses besoins physiologiques; toutefois les enfants, les jeunes, les personnes  âgées, les pauvres, les malades et les  handicapés dépendent souvent des autres (au moins financièrement), pour  satisfaire leurs besoins physiologiques fondamentaux (ce qui leur pose problème).
            Le deuxième étage est constitué par les besoins  matériels et psychologiques de sécurité (protection  physique et psychologique, emploi, stabilité familiale  et professionnelle), de propriété (avoir des  choses et des lieux à soi) et de maîtrise de l'environnement (pouvoir  sur ce qui nous entoure).
            Le troisième étage est représenté  par les besoins sociaux : d'affectivité (être  accepté tel que l'on est, recevoir et donner amour et  tendresse, avoir des amis et un réseau de communication  satisfaisant), d'estime de la part des autres (être  reconnu comme ayant de la valeur) et d'appartenance (acceptation des autres avec leurs différences, appartenance à un groupe).
            Le quatrième étage est le besoin  d'estime de soi-même et de considération des autres: sentiment d'être utile  et d'avoir de la valeur, point de départ de l'acceptation de soi et du développement de  l'indépendance. Besoin de liberté et de responsabilité qui concrétise l'estime des autres et de soi.
    C'est un besoin de développement, mais aussi de conservation de son identité et de son autonomie. Les aspirations à la connaissance, à la formation, au développement de carrière en font partie.
            Au sommet de la pyramide, la  réalisation de soi (accroître ses connaissances, développer ses valeurs, résoudre des problèmes compliqués, innover,  créer de l'utile et du beau, avoir une vie  intérieure)
    On pourrait résumer cette attente par :  "deviens qui tu es ".
    Mais elle explique l'attachement des personnes aux valeurs religieuses, morales, à des tâches sociales ou humanitaires ....
 
            Si on voulait simplifier le vocabulaire, on pourrait dire que les besoins sont des manques naturels et les désirs des manques sociaux.
            Le besoin serait à la fois plus « nécessaire » et plus « naturel », alors que le désir relèverait du fantasme artificiel et superflu ; de sorte que les besoins seraient les mêmes pour tous les hommes, tandis que les désirs seraient différents pour chacun.           
            Mais à la limite, sans désirs nous serions des animaux. (encore que mon chien avait des désirs sociaux : sa laisse et son coussin pour dormir, le chocolat, les jeux de balles....)

Vendredi 22 juin 2012 à 7:55

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/303232639613ZTHnxzNd.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/lechatinternetea59bcopie1.jpg



















            L'avant dernier sujet de philo du bac général 2012 qui m'a fait réfléchir est :

 
                                    "Avons-nous le devoir de chercher la vérité?"
           
            L'énoncé, pour une fois; ne pose guère de problème.
 
            "Avoir le devoir", c'est clair, il ne s'agit pas des devoirs de vacances, mais du devoir moral ou intellectuel, de l'obligation vis à vis des autres et de la société.
            Toute une tradition fait de la vérité un devoir : la plupart des religions et le christianisme en particulier considèrent que tout mensonge, y compris celui par omission, est un pêché.
 
            La "vérité" c'est ce qui est vrai, avéré. Pas d'ambiguïté non plus, si ce n'est que : la vérité existe t'elle dans tous les cas?
 
            " Nous", bien sûr c'est vous ou moi, mais justement cette recherche de vérité est elle souhaitable pour tout le monde sans exception, ou davantage pour certains.
           
Finalement le problème, c'est de savoir s'il y a une vérité et cette obligation de la rechercher est elle nécessaire pour tous, en toutes choses, dans toutes les circonstances ?
 
            Enfin on pourrait aussi se poser la question : en admettant qu'on l'ait trouvée, faut il la révéler ensuite ? N'oublions pas l'adage "toute vérité n'est pas bonne à dire".
 
            Prenons le cas le plus simple, celui des sciences : connaître c'est savoir !
            Par principe les sciences doivent être "exactes" et rechercher la réalité des choses, des explications des phénomènes qui nous entourent, pour les comprendre et les prévoir. Le scientifique a donc le devoir de rechercher la vérité avec honnêteté intellectuelle et sans "tordre" les faits et les résultats pour les faire coïncider avec ses hypothèses.
            Bien sûr, me direz vous, il y a les sciences "approximatives" : la            médecine, la psychologie, les sciences humaines.... Mais le chercheur a la même obligation, mais sa tâche est lus difficile et sa vérité restera plus approximative et contestable.
            Il y a de toutes façons des incertitudes dans tout résultat scientifique, que l'on peut évaluer par un calcul d'erreur, mais lui même approximatif. Les hypothèses que l'on fait ne sont pas toujours justes, les instruments et mesures inexactes, des artefacts se glissent dans les protocoles d'essai.
            La "vérité scientifique" n'est que la vérité de l'instant; elle évolue ensuite au fur et à mesure que nos connaissances avancent, en général par confirmation des principales hypothèses et ajout de compléments, mais parfois par révision complète des conclusions initiales.
           
            Un deuxième cas est intéressant, celui des magistrats, des policiers, dont le métier est de faire appliquer des lois, des règlements, des règles, mais aussi de protéger les citoyens.
            Il est évident que leur métier comporte l'obligation professionnelle et morale de rechercher la vérité, "toute la vérité, rien que la vérité", selon la formule consacrée des témoignages. Ce n'est pas toujours facile, il y a des bavures, des erreurs, mais il faut reconnaître que sur le nombre énorme de cas, elles sont peu nombreuses.
            L'indépendance de la justice vis à vis du pouvoir, et notamment du juge d'instruction, est un garant de cette vérité.
 
            Plus généralement il y a le cas de toutes les enquêtes de toutes sortes : épidémiologiques, d'effets des médicaments, d'opinion, sondages divers...
            Théoriquement le devoir des enquêteurs est de récolter ce qui est censé être la vérité qui résulte d'une étude statistique en général, à partir de la récolte de données, qui elles ne sont pas forcément exactes, surtout si elles sont subjectives, comme les opinions.
            Il faut reconnaître par contre, que la plupart de ces études sont commandées par un commanditaire qui les finance, avec un but souvent intéressé et lucratif, et que les enquêteurs ont souvent pour souci de satisfaire d'abord leur client et les entorses à la vérité sont fréquentes.
            Beaucoup de résultats sont également faussés par l'ignorance des lois statistiques et des dangers de l'extrapolation aux limites. Les médias, à la recherche de sensationnel, répandent largement ces fausses conclusions.
            C'est d'ailleurs une constatation regrettable : ceux dont le métier est l'information n'ont pas le souci de vérification de leurs sources et de diffuser que des informations avérées , car cela prend du temps et l'information risquerait d'être diffusée par d'autres, avant eux.
 
            Quant aux politiques, n'en parlons pas, la "langue de bois" est tellement l'habitude qu'on ne les croit même plus quand ils disent pour une fois la vérité.
 
            Cas délicat celui des croyances religieuses et des préceptes moraux;
            Là le problème est "y a t'il une vérité".
            J'ai eu des camarades catholiques, israélites, musulmans et je discutais religion. Si l'on fait abstraction des intégristes, des pratiques associées à certains rites, et des inventions de ceux qui, assoiffés de pouvoir, prennent la religion comme un instrument de soumission, j'ai été étonné de la ressemblance de ces trois religions, et finalement il n'y a pas de vérité en la matière, seulement une "foi" et l'acceptation de mystères.
            Quant à la morale, au Bien et au Mal, est ce une vérité universelle qui s'impose à tous.
Malgré les dires des religions, malgré les pensées des philosophes qui le défendent (comme Kant par exemple qui défend entre autre l'universalité du devoir de vérité), quand on compare ce que pensent les personnes, on est plus proche de l'hypothèse de Freud (pour une fois où je susi d'accord avec lui !!), selon laquelle chacun a sa notion de la morale, certes issue des préceptes généraux, mais qu'il a adaptés et adoptés : c'est le "surmoi".
            Un autre cas intéressant, celui de l'Art. Y a t'il une vérité dans ce domaine. J'en doute et certaines oeuvres peuvent avoir une valeur artistique pour certains tout en étant des nullités pour d'autres. La valeur marchande de certaines oeuvres étonne et la spéculation est souvent basée sur la crédulité de gogos. Mais surtout la sensibilité artistique est propre à chacun et très subjective, car basée sur l'émotion.
 
            Reste tous les cas que je n'ai pas abordés et notamment ceux de la vie de tous les jours.
Faut il se mêler de ce qui ne nous regarde pas et chercher la vérité des affaires d'autrui ?
            Bien sûr il y a des cas où cela peut sauver quelqu'un, le cas des femmes ou des enfants battus ou maltraités, des harcèlement en entreprise, des méfaits préjudiciables à certains dont on connaîtrait les auteurs.
            Mais faut il cherche à savoir si le mari de sa voisine la trompe et en plus le lui dire ?
           
            Effectivement une question se pose : même en admettant que l'on ait le devoir de rechercher la vérité, une fois connue, faut il la révéler aux autres.
            C'est le cas des philosophes, qui par principe sont à la recherche de la vérité intellectuelle et cela pour l'enseigner, pour la faire connaître, pour la discuter aussi.
            Certains philosophes comme Kant ou Sartre refusent non seulement le droit de mentir, mais même le droit de se taire. J'avoue que je trouve leur position insoutenable. Les impératifs catégoriques" de Kant m'apparaissent comme une utopie, comme une "déification" de l'humanité, qui nie la valeur de l'homme. On a connu cela depuis dans les états totalitaires et les dictatures.
 
            Pour moi, la valeur reste l'homme et le respect qu'on lui doit. Il faut mettre l'homme au-dessus de la vérité.

            Le proverbe dit que "toute vérité n'est pas bonne à dire", mais surtout la vérité "n'est pas toujours bonne à entendre".
            Dire la vérité au mourant qui la réclame et qui est capable de la supporter, c'est sans aucun doute l'aider à mourir dans la lucidité et dans la paix. Mais le médecin se tait par compassion et charité humaine, envers celui qui ne veut pas savoir,
            Même si une règle est juste, elle ne sera équitable qu'à la condition de savoir l'adapter aux cas particuliers. Aristote disait qu'il faut distinguer le juste de l'équitable.

 http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/laveritesurlestelephonesportablesetlespopcorns.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/1274veriteenfants.gif

Jeudi 21 juin 2012 à 8:04

Sculpture, musées, peinture

   Un deuxième intermède sur les "statues vivantes" .
     Je vous laisse les admirer.

http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive30-copie-2.jpg



http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive24-copie-3.jpg





http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive21-copie-3.jpg






http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive05-copie-1.jpg







http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive07-copie-1.jpg





http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Diapositive01.jpg

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast