Dimanche 10 juin 2012 à 8:14

Contraception, condition féminine

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            Je lisais il y a quelques jours un nouveau blog :   http://reveuse-a-la-recherche-de-nuage.cowblog.fr/ et j'y ai trouvé cette phrase :
"Une majorité de personnes sont né(e)s en JUIN et bin c'est déjà beaucoup !!".
            Quand on a reçu une instruction scientifique et qu'on est resté des années durant dans la technique, on devient un affreux sceptique ! Alors bien sûr, je me suis demandé si c'était vrai.
 
            Je me suis alors rendu compte que je ne m'étais jamais posé la question de la fréquence des naissances au cours des mois de l'année, et que je n'en n'avais pas la moindre idée. Alors j'ai été chercher sur internet et voici ce que j'ai trouvé, notamment dans des articles de "Population et société" :
 
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            Les naissances ne sont pas réparties de façon homogène tout au long de l’année. Elles sont plus nombreuses à certaines périodes qu’à d’autres. Ce phénomène a toujours existé, mais a évolué avec le temps. Voyons d'abord ce qui se passait il y a longtemps, du temps des rois de France.
 
            Au XVII èmesiècle en France, les naissances étaient plus nombreuses entre janvier et avril et moins fréquentes entre mai et décembre. Il naissait presque deux fois plus d’enfants en mars qu’en juin. Pour expliquer le phénomène, le graphique décale de neuf mois sur une seconde échelle en abscisse, afin d'examiner les mois de la conception des enfants.
            On constate sur le graphique deux "creux" de naissances, en décembre et juin, correspondant à des conceptions en mars et en septembre et un "pic" en mars-avril correspondant à une conception en mai-juin.
            Les sociologues pensent que le premier minimum est du au carême chrétien, période durant laquelle les relations sexuelles étaient proscrites par l’Église de même que les mariages (lesquels étaient également interdits pendant la période de l'Avent précédent Noël), et le second aux migrations saisonnières au moment des grands travaux des champs, entraînant alors indisponibilité et séparation des conjoints.
            A l'inverse le pic de mai-juin correspond à un nombre beaucoup plus grand de mariages pendant ces mois, car à cette époque, le mariage marque souvent le début des relations sexuelles entre les nouveaux conjoints. et la contraception n'existait pas.
            Il faut aussi savoir, que jusqu'au XIX ème siècle, la médecine et surtout l'aseptie étant peu développées, la mortalité infantile était énorme, et il était courant qu'une femme ait 6 à 10 enfants, dont moins de la moitié arrivaient à l'âge adulte.
 
            Jusqu'au XIXèmesiècle, les naissances ont continué de varier selon le mois de l’année, avec toujours un pic en février-mars et un creux en fin d’année. Mais l’amplitude des variations s’est considérablement réduite, le rapport entre le mois ayant le plus de naissances et celui en ayant le moins diminuant de 1,8 à 1,2 , ce qui est une énorme variation.
            Cette évolution conduit à écarter les explications faisant appel à la température ou au renouveau de la nature au printemps, dans la mesure où les conditions climatiques n’ont pas connu de profonds changements.
            Le moindre suivi des règles religieuses et la diminution de la part des paysans dans la population active au cours des siècles ont certainement joué un rôle dans l’affaiblissement du mouvement saisonnier.
 
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            Enfin on constate une évolution très différente depuis 1970 et la loi Neuwirth, (1967), la contraception permettant de choisir le moment d'une grossesse, et l'IVG de limiter les grossesses indésirables et la "révolution" de mai 68 ayant amené une évolution considérable des moeurs.
            Les fluctuations ont encore diminué, et dans les années 70, les naissances sont plus nombreuses en mai-juin et minimales en automne et en hiver. Cela correspond à des conceptions durant les vacances d'été. Il semble aussi que l'utilisation de la contraception permettant de programmer en partie les naissances, il semble que les femmes préfèrent un accouchement au printemps et faire suivre le congé maternité des congés annuels d'été.
            Depuis les années 70, les fluctuations ont encore diminué, et le pic des naissances s’est progressivement déplacé de mai à septembre. Cette évolution reste en partie sans explication, car les enquêtes faites auprès des couples confirmant la préférence pour une naissance au printemps. Peut être les couples ignorent ils qu’une grossesse n'intervient pas en général dès le premier mois après l’arrêt de la contraception et qu’il leur faut souvent plusieurs mois pour concevoir (la probabilité qu’une femme ayant des rapports non protégés conçoive au cours d’un cycle n’est en effet que d’environ 20 % à 25 %). Cette hypothèse paraît confirmée par l’observation des mois durant lesquels les couples cessent d’utiliser une contraception : ils sont proportionnellement plus nombreux à le faire en juillet ou en août, occasionnant davantage de naissances à l’automne (et non au printemps) en raison de ce délai pour concevoir.
 
 
            Ces articles sur les naissances parlent également de l'influence des guerres et des IVG. J'en parlerai demain. 

 

Samedi 9 juin 2012 à 8:05

Animaux

Cet intermède ne sera pas consacré aux chats, mais à des animaux divers en situation inhabituelle.

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Ce chien n'a vraiment pas envie de se baigner !













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Celui ci a une curieuse écharpe :






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Certains jours on est fatigué.

Heureusement, il y a de bonnes âmes !












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On se brosse les dents après chaque repas :

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Transport en commun de singes par brouette :




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Donnez des miettes aux petits moineaux !




Vendredi 8 juin 2012 à 8:13

Sciences et techniques

   Je vous ai décrit succinctement hier l'automatisation de la ligne 1 du métro parisien.

           Mais les voyageurs ne voient que les rames en service, les stations et les tunnels
Nous avons d'une part visité le PCC et d'autre part l'atelier de première maintenance, installé dans l'ancienne boucle de retournement qui existait à la station "Porte Maillot", avant prolongement des voies vers la Défense.
            L'équipement vidéo du PCC est remarquable et permet une surveillance permanente de la ligne, (plusieurs centaines de caméras sur les quais et dans les rames), avec des liaisons téléphoniques avec les personnels dans les stations et les points de stockage de rames à l'arrêt en attente et éventuellement les voyageurs en cas d'incidents sur les quais ou dans les rames. (l'opérateur affiche l'image de la caméra qu'il choisit, et on peut afficher sur le grand écran incurvé, une trentaine d'images à la fois.
            Un autre  immense écran sous les images vidéo, visualise la situation de chaque rame sur la ligne en temps réel., et les ordinateurs donnent toutes les informations de trafic.

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            La visite de la boucle de stockage et d'entretien nous a permis de voir tout le coté du métro habituellement sous le quai, ignoré des voyageurs, et comme la rame était sur une fosse d'en voir également le dessous. La quantité de tubes pneumatiques ou hydrauliques et de câbles électrique est impressionnante.
 
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           Aspects financiers et caractéristiques techniques :
 
               L'usager ne se rend pas bien compte de l'importance du coût d'une telle automatisation et modernisation du métro , alors voici quelques chiffres.
             L'investissement de rénovation et automatisation de la ligne a été d'environ 700 M€ :
            Chaque rame coûte de l'ordre de 9,7 M€ soit un investissement de 480 M€, mais 49 rames suffisent au lieu de 54 avant automatisation.
            L'installation de 974 portes palières (18 par quai) de 1m80 de haut, a coûté 44 M€.
            Mais l'économie de la suppression des conducteurs est importante et les rames récupérées MP 89 avec conducteur, vont remplacer de vieilles rames de la ligne 4 et sont remplacées progressivement par les nouvelles rames MP 05 sans conducteur. L'amortissement de l'investissement sera d'une dizaine d'années.
            La rame MP 05 de six voitures a une longueur de 90 m, 2,45 m de large, 3,50 m de haut.
            - 144 places assises et 72 strapontins + 578 voyageurs debout (à 4 voyageurs par m2 ... il y en a plus aux heures de pointes !! ).
            - 2 moteurs asynchrones par motrice (les 4 du milieu), soit 8 X 300 kW
            - vitesse de pointe 80km/h (au delà échauffement trop grand des pneus).
            - l'atmosphère interne est réfrigérée par circulation d'air refroidi dans le toit.
            - Les deux voitures extrêmes de la rame, non motrices, comportent un poste de conduite sous armoire, pour permettre d'éventuelles manœuvres avec conducteur en situation exceptionnelle ou à l'entretien. (voir la photo de gauche ci-dessous)
 
 
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Jeudi 7 juin 2012 à 8:18

Sciences et techniques

La ligne 14 était une nouvelle ligne créée de toute pièce, alors que la ligne n°1 est l'une des plus vieilles lignes du métro parisien.
Le succès de l'opération "météor, tant sur le plan technique que commercial auprès du public, a montré à la direction de la RATP que cette conception pouvait servir de modèle pour la modernisation peu à peu des lignes du métro parisien.
            En 2002, le président de la RATP décide de lancer l'automatisation de la ligne 1 (Défense, Château de Vincennes) et il nomme chef de Projet, Gérald Churchil, directeur de la ligne 14.
 
            La ligne 1 a été choisie d'une part parce que sa fréquentation est liée au tourisme (Marais; Louvre, Champs Elysées), aux événements sportifs et aux concerts, et d'autre part parce qu'elle dessert la Défense. Il en résulte que le trafic, contrairement aux autres lignes est dense à toute heure et même le week-end, ce qui complique sa gestion des conducteurs. De plus, elle doit faire face à des surcharges aléatoires dues à l'encombrement de la ligne A du RER. L'automatisation crée une beaucoup plus grande souplesse, adaptabilité et réactivité. De plus elle permet de transporter plus de personnes avec le même nombre de rames et la ligne 1 est l'une des plus surchargée. (750 000 par jour).
            La différence avec la ligne 14, est que l'infrastructure de cette dernière avait été bâtie en vue de cette automatisation, alors que la ligne 1 est une ligne existante, dont il n'est pas question de revoir le gros œuvre des tunnels et stations.
            Par ailleurs une énorme contrainte, les travaux doivent être faits sans arrêter l'exploitation de la ligne, ce qui est une gageure.
            Il a donc fallu faire une étude préalable de faisabilité qui est lancée en 2002, laquelle aboutit fin 2003 à une conclusion positive, mais qui souligne la difficulté principale : l'implantation des portes de quai, car ceux-ci n'ont pas été prévus pour en supporter le poids et beaucoup de stations sont en courbe, ce qui entraîne des espaces vides à la jonction des portes (qui sont linéaires), dangereux si leur profondeur est supérieure à 15 cm.
           Ci dessous à gauche, les portes palières en cours de montage à la station Franklin Rosevelt, après surélévation du quai. A droite, la station Bastille en courbe ce qui entraîne de grosses difficultés d'implantation des portes palières
           
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            Il faut à la fois changer la signalisation et les équipements de voie, tester la signalisation, rehausser les quais, implanter les portes de quai, traiter les lacunes entre la rame et le quai, installer un réseau de transmission radio pour transmettre les informations aux ordinateurs et on ne dispose chaque nuit, que d'environ 3 heures de travail réel (dernière rame à 1h30 et première rame à 5h30). Une nouvelle rame est conçue, spécifique de cette ligne.
            Les premiers marchés sont passés en 2005, les premiers travaux en 2007, la pose de façades de quais spéciales (pour permettre les stations en courbe) commence fin 2008 et se terminera en avril 2011. Le PCC entre en essais en mai 2010.
            Les nouvelles rames sont testées sur le circuit expérimental de Valenciennes; elles bénéficient d'une meilleure traction leur permettant des accélérations plus rapides
            Les huit premières navettes automatiques entrent en service le 3/11/2011, il y en a actuellement une vingtaine sur 49 et la ligne devrait être entièrement automatisée fin 2012.
           
            Le design intérieur des rames est tout nouveau, et les stations ont été réaménagées surtout au plan de la décoration.
            La distance entre rames est actuellement de 100 secondes, mais passera à 80 secondes aux heures de pointe quand l'automatisation sera complète. Elle est ajustée en permanence depuis le PCC en fonction du nombre de voyageurs entrant sur la ligne.
 
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           Ci dessus à gauche,l'intérieur du métro MP05.
          A droite, le PCC : en haut les écrans vidéo de surveillance et au dessous le schéma animé du trafic sur la ligne 1.

         Lors de la création de la ligne 14, celle ci étant nouvelle, il avait fallu embaucher pour assurer son exploitation.
         Dans le cas de la ligne 1 au contraire, le problème des conducteurs dont l'emploi était supprimé, se posait évidemment et a été traité de façon exemplaire, sans donner lieu à un quelconque mouvement social.
         
Une négociation a eu lieu pour réussir cette reconversion des 260 conducteurs, qui ont été reversés sur d'autres lignes, formés pour servir le PCC ou reconvertis dans le commercial, au contact des voyageurs de la ligne. Pour la plupart, ce changement a été l'occasion d'une amélioration de leur emploi.

        Demain nous examinerons des aspects inhabituels pour l'usager du métro, qui ne voit que la partie "roulante" des lignes.

Mercredi 6 juin 2012 à 9:05

Chats

  Un intermède entre des articles sur le métro parisien.
     Vous savez que j'aime les chats, alors après la famille chats-écureuil, voici d'autres images.
     Ce n'est plus un écureuil mais un poussin que maman chat a adopté :

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Mais ce qu'il y a de plus important pour un chat, c'est quand même de manger :

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et même un médicament peut être trouvé bon.




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On peut rêver au supermarché






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Mais quelquefois goûter aussi aux nourritures artistiques.

Mardi 5 juin 2012 à 8:15

Sciences et techniques

Nous avons parlé hier des lignes de métro semi automatisées. Voyons maintenant la création de la première ligne entièrement automatique, sans conducteur, la ligne 14, dite "Météor"

            Une ancienne ligne 14 avait fusionné avec la ligne 13 en 1976.
            En 1989 la RATP a décidé de créer une ligne 14, entièrement automatique, de Saint Lazare à la Bibliothèque François Mitterand, le "MÉTro-Est-Ouest-Rapide" (METEOR).

 http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/fevrierdetailtunnelier.jpg           Des travaux préparatoires ont lieux jusqu'en 93 puis un tunnelier spécifique va creuser les tunnels. (voir la photo ci contre)
La ligne fonctionne entre Madeleine et La Bibliothèque depuis octobre 1998, puis est prolongée jusqu'à St Lazare fin 2004 et vers Olympiades mi 2007.
Dans le tunnel, un équipement spécifique est mis en place pour contrôler le déplacement des rames, mais c'est surtout les stations qui vont différer de celles du métro classique.
            Il ne faut pas en effet que les voyageurs puissent risquer un accident à l'arrivée et au départ du train, puisqu'il n'y a plus de conducteur pour les surveiller.

            Cette ligne est entièrement automatisée, les métros s'arrêtant et démarrant sans conducteur pour surveiller les quais et la manœuvre, tout le trafic et la surveillance se faisant à partir d'un PCC central et des ordinateurs situés dans ce PCC et dans les rames.
            La vitesse moyenne (arrêts compris), sur cette ligne est de 35 km/h au lieu de 25.
            La croissance et le succès de la ligne sont spectaculaires : le trafic quotidien atteint 240 000 voyageurs quotidiens en octobre 2003, et plus de 500 000 actuellement
            Le prolongement est décidé de Saint Lazare à la Mairie de Saint Ouen, en passant la longueur des rames de 6 à 8 voitures et devrait être effectif en 2017.

 http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/220pxLigne14Chatelet1.jpg           Bien entendu les rames de la ligne 14 restent automatiques, comme sur les autres lignes, mais il n'y a plus de conducteur pour vérifier ce qui se passe coté voyageurs et ouvrir, fermer les portes des wagons et faire partir le métro.
            Il faut donc un système de sécurité sur le quai et des portes de quai sont conçues pour équiper les stations dans des stations où l'on a évité les quais en courbe.
            Il y a donc une porte de quai en face de chaque porte de métro, et leurs ouvertures sont coordonnées.
            Mais cela nécessite qu'elles soient en face les unes des autres et la précision de 1,50 m à l'arrêt ne convient plus : un système est mis en place pour arriver à une précision d'arrêt de quelques centimètres.
Un système de surveillance par camera est aussi mis en place, ainsi que des système prévenant tout coincement dans les portes au départ.



http://lancien.cowblog.fr/images/images/7304pccphoto.jpg            Le système de tapis électronique est perfectionné et si les ordinateurs de bord continuent à garantir l'espacement et la conduite des rames, la surveillance est centralisée dans un PCC qui possède l'entier contrôle de la ligne, grâce à un système informatique élaboré et de très nombreuses caméras qui peuvent être consultées du poste central.
            Le système d'information et de communication avec les voyageurs dans la rame est totalement modernisé et conçu pour permettre l'absence de ce conducteur, chef de train.

            Météor étant une nouvelle ligne, n'a pas entraîné de suppression de postes de conducteurs et a créé de nouveaux emplois et donc n'a pas entraîné de problèmes sociaux.
            Le succès de cette opération, tant sur le plan technique que commercial auprès du public, a montré à la direction de la RATP que cette conception pouvait servir de modèle pour la modernisation peu à peu des lignes du métro parisien.

         Alors si vous venez à Paris et que vous preniez la ligne 14 (ou la n°1), montez à l'avant de la voiture de tête : c'est impressionnant de voir le métro sans conducteur et surtout on voit tous les tunnels, les stations et avec un peu d'imagination, vous croirez que c'est vous qui pilotez la rame !

Lundi 4 juin 2012 à 8:13

Sciences et techniques

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           Le métro parisien (la RATP), fait actuellement un effort important pour automatiser les lignes qui transportent le plus de voyageurs quotidiennement, car l'automatisation permet d'accroître la fréquence des rames et donc de transporter plus de personnes.
           Une première ligne automatisée avait été créée de toutes pièces du percement des tunnels à la mise en place de toute l'infrastructure. Cela a duré plusieurs années.
           Dans un deuxième temps la RATP a lancé l'automatisation d'une ancienne ligne, la ligne 1, qui transporte 750 000 usagers par jour.
Mais en fait c'est plus difficile, car on ne peut modifier les tunnels et les stations.
           J'ai eu la chance de visiter ce chantier, guidé par l'ingénieur responsable de ce grand projet. Je vais essayer de vous le décrire en trois articles.
           Aujourd'hui, je vous parlerai du métro de Paris en général et demain de l'automatisation de la première ligne créée de toutes pièces : la ligne 14.

           Nous verrons les jours suivants les problèmes de la ligne n° 1.

           La RATP ou Régie Autonome des Transports Parisiens fut crée le 1er janvier 1949, reprenant sous sa direction l’ensemble des transports en communs de la région parisienne. C'est un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), qui emploie près de 45 000 personnes (dont 2600 conducteurs de métro et 700 conducteurs de RER).
            Son activité est coordonnée par le STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France) qui est l’administration nommée par l’Etat pour gérer l’ensemble des transports de la région parisienne, sous l'autorité du Préfet d’Ile-de-France.
            La RATP gère actuellement le réseau de métro parisien composée de 16 lignes mais également deux lignes de RER, trois lignes de tramways, plus de 300 lignes de bus circulant dans la capitale et sa banlieue proche et enfin le funiculaire de Montmartre.
            Chaque ligne de métro, composée principalement de deux voies allant d’un terminus à un autre en desservant un certain nombre de stations. est presque autonome, possédant un matériel roulant spécifique, un atelier de maintenance ainsi qu’une fosse de révision, placés de part et d’autre de chacune d’elles. A chaque extrémité se trouve un terminus, en cul-de-sac ou en boucle selon la ligne, permettant le changement de voie de la rame.
Chaque ligne possède son propre personnel : conducteurs, agents de maintenance, agents de manœuvre, agents de station, agents d’entretien et l'encadrement correspondant, sous l'autorité d'un directeur de ligne.
 
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            Les rames circulent à la vitesse moyenne de 25 km/h, arrêts en station pris en compte. La vitesse maximale est de l’ordre de 70 km/h. La vitesse d’une rame est optimisée afin de minimiser la consommation d’énergie en accélérant au départ de la station et en y arrivant en roue libre, limitant ainsi le freinage.
Les rames sont espacées de manière régulière. La contrainte technique de sécurité impose un écart de 100 secondes au minimum entre deux trains successifs., mais sur les lignes très fréquentées, la RATP cherche à diminuer ce temps aux heures de pointe à environ 80 secondes.
            Le nombre de rames par ligne est fonction directement de sa longueur, optimisé de manière à respecter la régularité souhaitée. Certaines rames ne fonctionnent qu'aux heures de pointe. Le coût d'une rame est très élevé et donc leur utilisation optimale est un facteur économique important.
 
            Chaque ligne est équipée d’un système de pilotage automatique permettant la régulation automatique de la vitesse du train selon les portions de lignes, appelées "cantons", (qui sont de longueurs inégales), ainsi que le respect automatique de la signalisation. Le conducteur n’est lors sollicité que pour la commande des portes ainsi que pour le départ, ou en cas de problème.
            Un « tapis » est présent sur la voie, constitué d’un faisceau de câbles qui transmettent des impulsions magnétiques à deux capteurs placés sous l'avant des motrices du train. Le courant induit, amplifié, commande les équipements de traction et de freinage du train. L'arrêt en station est ainsi obtenu avec une précision de 1,50 mètre.
            Un poste Central de Contrôle (PCC) situé 21 boulevard Bourdon, surveille l'ensemble des lignes 2 à 12, les PCC des lignes 4 et 13 ayant été délocalisés sur ces lignes. Ces PCC n'ont pas de contrôle direct de la circulation, ils passent par un contact téléphonique avec les conducteurs.
            Les lignes 14 et 1 entièrement automatisées sont différentes car elles possèdent un PCC ultramoderne, qui non seulement surveille ce qui se passe sur les quais et même, en cas de besoin, dans un train, mais ils gèrent le trafic de la ligne supervisé par des ordinateurs, puisqu'il n'y a plus de conducteur dans le train.
            Un chef de régulation et plusieurs agents sont présent dans ces PCC pendant toutes les heures de trafic des rames et une personne pendant le temps d'arrêt, la nuit, car des ouvriers d'entretien sont alors présent sur la ligne.

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            Le réseau électrique de traction de la RATP est alimenté à partir de 7 Postes Haute Tension (PHT : 3 en 225kV et 4 en 63kV), qui convertissent le courant alternatif du réseau EDF en 15kV triphasé. 125 Postes de Redressement (PR). abaissent le courant 15kV alternatif reçu et le « redressent » en courant de 750V continu. Deux PR consécutifs sont alimentés par deux PHT différents afin d’éviter un arrêt simultané du redressement en cas de panne d’un PHT. les PR en amont et aval d'un PR en panne, peuvent subvenir à la perte de charge par une surproduction momentanée. Il y a donc extrêmement peu de pannes de courant.
            Le réseau "éclairage – force" composé de 523 Postes Eclairage Force (PEF) alimente les installations et équipements électriques des tunnels et station du métro ainsi que les ateliers et bâtiments administratifs. Des groupes électrogènes sont prévus en cas de panne d’un PEF.
            L’ensemble des installations électriques de la RATP est commandé et contrôlé à distance par le Poste de Commande de l’Energie (PCE).
            Le coût de cette énergie étant élevé, tout est fait pour minimiser la consommation des rames et de l'infrastructure.

Demain nous verrons l'automatisation de la ligne 14 "Météor".

Nota : la station du métro aérien est Sèvre-Lecourbe sur la ligne 6.

Dimanche 3 juin 2012 à 8:19

Chats

  Intermède ce dimanche : une de mes filles m'a envoyé ces images sur une maman chat qui adopte un bébé écureuil en plus de sa portée de chatons.
          Je vous laisse apprécier ces images touchantes.
          La mère allaite le petit écureuil et surveille les jeux de ses chatons et de son enfant adoptif.

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Samedi 2 juin 2012 à 8:29

Biologie, santé.

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            Je vous parlais hier de la gestion des risques et des apparences trompeuses de certaines statistiques, véhiculées par les médias en quête de sensationnel.
            L'ignorance et l'incertitude entretiennent la rumeur et les craintes irrationnelles.             Il est difficile de se faire une opinion quand on n'a pas de certitude, quand on n'a pas de réponse
précise aux questions que l'on se pose, et qu'on lit des informations contradictoires, notamment dans ce qui touche à notre santé.
            C'est le cas des effets sanitaires des champs électromagnétiques qui préoccupe le public du fait de la proximité et de l'omniprésence des sources d'exposition à ces champs.
            Ces craintes sont-elles justifiées ou non?
 
            Avant de parler de la wi-fi et des téléphones portables, examinons un problème bien plus ancien : les lignes à haute tension.
            De nombreuses personnes à la campagne, habitent en effet à proximité de telles lignes, qui produisent des champs magnétiques importants à des fréquences basses (environ 50 hertz).
            Certes des champs électriques peuvent produire dans notre corps des courants
très intenses qui pourarient provoquer des contractions musculaires incontrôlables ou des troubles du rythme cardiaque.
            Mais de tels effets ne peuvent apparaître pour les intensités des champs auxquels nous sommes exposés dans la vie quotidienne.
            Pour des intensités plus faibles, mais toujours beaucoup plus importantes que les intensités usuelles, ces courants peuvent déclencher l'apparition de taches lumineuses dans le champ visuel, mais, là encore, de telles intensités ne sont pas celles auxquelles on peut être exposé en conditions normales, à proximité d'une ligne à haute tension.
            On peut déduire des nombreuses études scientifiques disponibles que ces champs magnétiques ne provoquent pas de cancers chez les animaux de laboratoire, et n'ont pas de conséquences sur la santé des adultes, mais qu'il existe une très faible augmentation du risque de leucémie infantile chez les enfants qui sont exposés, sur le long terme, à des champs magnétiques dont l'intensité est comparable à celle qui existe à proximité des lignes à haute tension.
            Les études ont montré que le risque de leucémie chez l'enfant est statistiquement corrélé à l'exposition aux champs magnétiques de très basses fréquences, à partir d'une intensité d'exposition de l'ordre de 0,4 microtesla, valeur retrouvée, par exemple, dans les habitations très proches des lignes à haute tension. Mais, si l'on a trouvé une corrélation entre ces deux données, on n'a pu mettre en évidence aucun lien de causalité: on n'a pas pu montrer que ce sont les lignes à haute tension qui expliquent l'augmentation du risque de leucémie chez l'enfant extrêmement faible (un cas de leucémie infantile supplémentaire par an dans une population de 35 millions de personnes.
            Beaucoup d'autres facteurs sont connus ou soupçonnés de favoriser la survenue d'une leucémie chez l'enfant, par exemple les radiations ionisantes, certaines infections, les pesticides, l'exposition à divers agents chimiques, ou encore des facteurs de prédisposition génétique.
            Aucun autre effet n'a été trouvé, et cette augmentation infime des leucémies infantiles n'existe probablement pas, mais on ne peut pas l'affirmer non plus.

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            Venons en aux téléphones portables et à la wi-fi et aux antennes-relais.
            Cette exposition aux fréquences radio engendre une certaine inquiétude, surtout si l'exposition est imposée et non volontaire, entretenue par des rapports scientifiques dont les contenus sont mal restitués, controversés et discutables, tout autant que par des témoignages alarmistes et des discussions sans fin dans les médias.
            En effet de nombreuses études font état de la propriété des radio-fréquences (comme des micro-ondes de votre four), d' induire des effets thermiques dans un organisme exposé à
des intensités de champ importantes.
            Ces effets thermiques expliquent la plupart des effets biologiques recensés, qui résultent de l'augmentation de la température locale des tissus soumis à "l'effet micro-ondes" : la molécule d'eau est polaire, c'est-à-dire que ses charges électriques sont inégalement réparties, formant un dipôle, qui, à haute fréquence d'un four à micro-ondes, ne peut suivre les oscillations imposées par le champ extérieur. Les frottements entre les molécules (dus aux liaisons hydrogène, entraînent un échauffement de l'eau. (et nos tissus sont formées environ au 3/4, d'eau)
            Divers mécanismes biochimiques en sont perturbés. Ils y a donc dans votre four micro-onde des sécurités pour vous empêcher d'exposer un membre, et il n'est pas recommandé d'y faire sécher votre chat !!
 
            Mais les antennes émettrices et toutes les autres sources d'émission de radio- ou de télécommunication (Wi-Fi, par exemple), n'exposent qu'à des intensités trop faibles pour causer le moindre échauffement thermique.
            Si on connaît les effets biologiques d'intensités suffisamment fortes pour entraîner des effets thermiques sur des cellules ou sur des animaux, on ne peut pas extrapoler ces résultats aux expositions non thermiques auxquelles nous sommes confrontés au quotidien.
            Pourtant, ce pas est souvent franchi, généralement par ignorance.
            En ce qui conceme les champs électro-magnétiques de la téIéphonie mobile, seuls les effets non thermiques, possibles mais très controversés, sont donc à prendre en considération.
            Plusieurs centaines d'études effectuées jusqu'à présent et publiées dans des revues scientifiques de qualité montre que le bilan global est très nettement en faveur d'une absence d'effets.
            Ces études ont porté sur le matériel génétique, Ia fonction immunitaire, l'expression des gènes et la production des protéines, les voies de signalisation dans les cellules, l'oxydation et lamort programmée des cellules. Sur l'animal on a recherché les conséquences sur la durée de vie, le poids corporel ou l'apparition d'une maladie, notamment d'un cancer, ainsi que sur les
effets possibles des champs électromagnétiques sur la barrière hémato-encéphalique (un filtre très sélectif qui protège le cerveau contre d'éventuels agents pathogènes contenus dans le sang).
            Toutefois, étant donné que l'introduction de la téléphonie mobile est relativement récente, et que le cancer et les tumeurs bénignes du cerveau sont des maladies qui se développent très lentement, il est trop tôt pour conclure quant aux effets à long terme.
            Seules des études portant sur une vingtaine d'années ou plus permettront de clore définitivement ce débat.
            C'est pourquoi il a été recommandé d'éviter pour les jeunes enfants, une exposition prolongée aux téléphones portables, dans l'éventualité d'un éventuel cancer du cerveau, mais qui, en aucun cas ne résulterait d'échauffement qui sont inexistants.
 
            Parmi les études réalisées sur des sujets humains, beaucoup ont porté sur l'hypersensibilité aux champs électromagnétiques, certaines personnes se plaignent de
symptômes non spécifiques qu'elles attribuent à une exposition aux champs électromagnétiques, et qui apparaissent à des niveaux d'exposition qui ne causent
aucune réaction chez la majorité des gens.
            Dans certains cas, les personnes sont tellement affectées, qu'elles s'isolent, sont contraintes de cesser de travailler et changent leur mode de vie. D'autres personnes rapportent des symptômes moins graves variés : maux de tête, vertiges, accélération du rythme cardiaque, troubles intestinaux, fatigue, picotements .....
            Malgré un grand nombre d'études en laboratoire ou en milieu contrôlé, cette hypersensibilité n'est toujours pas établie. La plupart des études sont négatives et ne permettent donc pas d'établir un lien causal, direct, entre les plaintes et l'exposition aux champs électromagnétiques.
            Dans certains cas il existe un effet placebo manifeste, c'est-à-dire que ces personnes se sentent malades, parce qu'elles sont persuadées de la nocivité des champs auxquels elles sont exposées.

       
  En définitive il semble bien que téléphones portables, antennes et à fortiori la wi-fi, soient sans danger. Les effets thermiques dont les médias se régalent, ne peuvent avoir lieu aux niveaux de champs correspondants. Mais on ne peut avoir de certitude absolue en ce qui concerne d'éventuels cancers du cerveau, dûs à des effets non thermiques inconnus, car les temps de latence sont de 15 à 20 ans et l'utilisation massive des téléphones portable est récente.

C'est ce qui a motivé les recommandation de limitation d'usage très prolongé (des heures) avec le téléphone près de l'oreille de jeunes enfants.

Vendredi 1er juin 2012 à 8:45

Biologie, santé.

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            Trois de mes correspondant(e)s m'ont demandé à nouveau ce que je pensais des risques  de nocivité des téléphones portables.
            J'avais traité en partie ce problème le 24 juillet 2011 et du principe de précaution le 20 avril 2012, mais je sais que ce n'est pas facile de trouver un article parmi les 1900 que comporte mon blog.
            Alors je vais reprendre la question, un peu différemment, en traitant aujourd'hui de l'utilisation des statistiques face au risque et demain, je reparlerai des téléphones et de la wi-fi.
 
            Nos gouvernements ont des réactions curieuses, surtout depuis dix ans, pour prendre les décisions concernant leurs concitoyens.
            Quand une question bien concrète se présente, comme les retraites, que la réforme est certes nécessaire et qu'il faut se décider, alors ils croient tout savoir, ne font aucune concertation, n'écoutent personne et évidemment, ils se plantent.
            Mais quand le problème est celui d'un risque peu certain et diffus, auquel ils ne comprennent rien, et auquel les scientifiques ne savent pas répondre de façon sûre, alors là ils tiennent compte de l'opinion publique, pourtant saisie d'une peur irraisonnée et peu logique, et appliquent le principe de précaution, au lieu d'essayer d'étudier les faits et d'informer la population, et évidemment, ils se plantent à nouveau.
            Mais nos politiques n'ont pas l'air de comprendre les statistiques, bien que ce soit au programme de l'ENA.
 
            Je rappellerai tout d'abord qu'il faut se méfier de nos réflexes intuitifs en matière de statistiques et également de toute affirmation dans ce domaine qui n'est pas accompagnée de chiffres interprétables et des conditions de l'étude.
            Vous avez une chance sur deux de tirer pile ou face avec une pièce de monnaie (à deux faces bien sûr !). Et donc vous vous attendez sur une série de tirages à avoir autant de piles que de faces. C'est vrai si le nombre de tirages est très grand.
            Mais vous pouvez avoir six fois de suite "pile", bien que ce soit d'une faible probabilité
Et j'entends souvent dire : maintenant je suis sûr qu'on va enfin avoir "face" car c'est très probable. Eh bien non, vous n'avez toujours qu'une chance sur deux car les tirages sont indépendants !
            Mais je vois aussi à l'aéroport des gens inquiets parce qu'il n'y a pas eu d'accident depuis longtemps ou d'autres qui sont plus rassurés parce qu'il y a eu la veille un accident et que donc cela a très peu de chances de se reproduire. Ce sont aussi des erreurs d'intuition dues à l'interprétation intuitive que nous faisons de la très faible probabilité des accidents d'avion.
 
            Autre incompréhension, les calculs mathématiques de corrélation.
            Quand la statistique montre une forte corrélation entre deux phénomènes, ce n'est qu'un calcul mathématique qui signifie qu'il y a un lien entre les deux phénomènes, mais il peut être très lointain ! Rien n'indique que l'un est la cause de l'autre.
            Je cite toujours l'exemple de la corrélation entre la mortalité des vieillards et les dépenses de chauffage; il ne faudrait pas en déduire que pour empêcher les vieillards de mourir, il ne faut pas les chauffer ! Sans doute simplement les périodes de fort chauffage sont des périodes de froid pendant lesquelles les personnes âgées sont plus facilement malades.
            Pour établir qu'un phénomène est la cause de l'autre, en plus de la corrélation mathématique, il faut une explication scientifique ou au moins rationnelle du mécanisme de la cause à l'effet.
 
            Autre incompréhension : les risques faibles, surtout s'ils sont confrontés à des risques naturels ou provenant d'autres causes.
            Si on vous dit qu'il y a une chance sur 10 millions que vous ayez telle maladie, cela fera dire à certain qu'il ne faut pas s'en soucier, et d'autres auront peur car cela veut dire que sur terre il y à 700 personnes qui ont cette maladie et cela pourrait être vous.
            En fait il faudrait connaître les conditions exactes épidémiologiques, car peut être certaines précautions permettraient d'éliminer la maladie, ou de voir que vous êtes dans un environnement qui rend pratiquement nul le risque encouru.
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            J'ai déjà cité l'erreur que l'on fait dans l'évaluation des risques de cancer en fonction d'une quantité ou d'une dose, en extrapolant des droites de régression au dessous de la probabilité naturelle de cancers.
            En fait au dessus de ce chiffre on n'a pas plus de chance d'avoir un cancer que si on n'était pas soumis au phénomène. Je pense que pour être clair vis à vis de la population qui ne peut rentrer dans les détails des études, on ne devrait mentionner que la différence entre les deux probabilités, nulle quand on atteint la probabilité de cancers naturels.


 


            Les deux notions les plus difficiles à admettre, c'est qu'en statistiques, on ne peut jamais montrer que le risque est zéro (il y a toujours un nombre plus petit que n'importe quel nombre), et que d'autre part la valeur statistique n'est qu'un calcul moyen et que la réalité peut s'en écarter dans certaines circonstances spécifiques. Et pour les personnes atteintes, le risque est devenu la réalité à 100%.
            Je prends un exemple : vous êtes loin de tout cours d'eau, de toute conduite importante d'eau et donc le risque d'inondation de votre maison est très faible. Mais il n'est pas nul car des orages où il tombe en une heure 1OO litres par m2, cela arrive exceptionnellement.
            Mais si votre maison est sur une hauteur, ou si elle comporte un rez de chaussée surélevé, le risque est moindre.
            Par contre, sauf si vous êtes imprudent dans un zoo, le risque, en France, de vous faire mordre par un lion est pratiquement nul (sauf si vus êtes dompteur).
 
            Enfin je suis étonné du manque de logique avec lequel on compare les risques.
Beaucoup de personnes ont très peur des voyages en avion alors qu'ils utilisent voiture ou moto couramment. Or le taux de mortalité pour 100 millions de passagers X kilomètres est de 16 pour les motos, 0,8 pour les voitures, 0,08 pour les autocars et 0,1 pour l'aviation civile.
            On s'inquiète pour des risques très faibles alors que la mortalité est principalement due aux cancers (160 000 en 2009 sur 535 000 décès au total) et accidents de circulation sanguine (145 000); on parle beaucoup des 4000 morts sur la route, mais peu des 10 000 suicides et des 17 000 personnes atteintes de troubles mentaux (statistiques 2009). Et la même année 2009 il n'y a eu que 10 700 morts de maladies infectieuses et parasitaires, y compris le sida.
            On a peur du nucléaire quand les accidents corporels sur les 50 dernières années sont ridiculement faibles en comparaison de ceux de l'industrie, et la pollution négligeable à coté de celle des usines chimiques.
 
            Finalement, il n'y a qu'une seule chose de certaine : nous mourrons tous un jour ! Soyons patients lol.

            Demain je parlerai des risques d'utilisation des téléphones portables.

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