Mercredi 31 octobre 2012 à 7:26

Biologie, santé.

             Certain(e)s de mes correspondant(e)s, sachant que le laboratoire dont j'étais responsable autrefois, quand j'étais jeune ingénieur, faisait des études biologiques sur des animaux, me demandent ce que je pense sur l'étude sur les OGM, qui défraye actuellement la chronique scientifique et des médias.
            Donner un avis pertinent sur une étude dont on ne connaît pas tous les détails n'est pas possible, et je ne peux que consulter ce qui a été publié.
            Je ne me prononcerai donc pas sur la validité de l'étude.
            Mais je vais essayer de vous expliquer dans l'article d'aujourd'hui quel était le but de l'étude, et certaines précautions qu'il faut respecter quand on fait de telles recherches, et demain, de vous résumer les conditions et les résultats de l'étude, tels que les décrit la publication et de certaines précautions qu'il faut respecter quand on fait de telles recherches,.
 
            L'étude , menée par Gilles-Eric Séralini, de l'université de Caen, et publiée le 19 septembre dans la revue "Food and Chemical Technology", avait plusieurs objectifs, et c'est ce qui en a compliqué la réalisation.
            Cette étude s'intéressait au maïs NK603, commercialisé par la firme américaine Monsanto, génétiquement modifié pour résister au Roundup, l'un des herbicides les plus utilisés dans le monde, et dont on se sert aux USA, pour tuer les mauvaises herbes qui poussent dans les champs de maïs et l'étude était effectuée sur des rats mâles et femelles.
            Mais non seulement on étudiait les effets de l'ingestion de ce maïs OGM, mais aussi les effets délétères du Roundup seul, et ceux du maïs que l'on aurait quand même traité au Roundup.
            Se donner autant d'objectifs a obligé à diminuer le nombre de rats dans chaque groupe, ce qui a suscité quelques critiques.
            La revue qui a publié l'étude est très sérieuse et ne publie pas n'importe quoi. Elle vérifie la qualité de la publication avant de la diffuser.
            Mais il est certain qu'une publication ne résume que l'essentiel et, pour connaître vraiment ce qui a été fait, il faudrait pourvoir accéder aux cahiers de laboratoire.
 
            Quelques explications sur le Roundup, sur la modification génétique du maïs et sur les essais sur animaux.
 
            Le Roundup est une marque d'herbicides de la compagnie américaine Monsanto, dont l'agent actif est le "glyphosate". C'est un herbicide non-sélectif, commercialisé depuis 1975, qui agit sur la partie aérienne de la plante et non sur les racines, utilisé en épandage notamment. Il a l'avantage de permettre de planter dans la terre peu après le traitement,  mais c'est un produit irritant et toxique pour l'homme.

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          Pour qu'il n'attaque pas les plantes de culture, la firme Monsanto a modifié génétiquement des semences, notamment le maïs et le soja.
            Le glyphosate (pour ceux qui sont fanas-chimie le N-(phosphonométhyl)glycine, voir les formules ci contre), est un inhibiteur d'enzyme, et notamment d'une enzyme appelée EPSP, qui est un agent très important de la croissance des plantes.
            Cette enzyme catalyse la biosynthèse d'acides aminés aromatiques dans les plantes et les bactéries, qui sont indispensables pour la synthèses des protéines qui vont être ensuite à la base des divers tissus de la plante. SI cette enzyme n'est pas présente, la plante meurt.
 
            Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant (micro-organisme, végétal, animal) ayant subi une modification non naturelle de ses caractéristiques génétiques initiales, par ajout, suppression ou remplacement d’au moins un gène.
Plus succinctement, on appelle OGM tout organisme hébergeant un ou plusieurs gènes provenant d’une espèce à laquelle il n’appartient pas.
            C'est donc un organisme dont on a modifié certains ADN, ce qui modifie ensuite ses acides aminés et ses protéines.
 
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            Pour modifier un organisme, on doit repérer d'abord le gène dont on veut modifier la fonction (c’est-à-dire le processus biologique dans lequel est impliquée la protéine codée par ce gène). Voyons comment on va modifier le maïs pour en faire un OGM
            Le principe est ensuite le suivant : isoler le gène, le détruire in vitro en partie pour qu'il n'ait pas les caractéristiques néfastes de la bactérie, et réintroduire ce gène détruit à la place du gène normal dans l'organisme que l'on veut modifier.
            La manipulation du gène in vitro nécessite un certain nombre d’étapes, et pour chacune d’elles, il faudra obtenir des grandes quantités du gène manipulé. Pour cela, à chaque étape, le gène est introduit dans des cellules bactériennes. Les bactérie utilisées se multipliant environ toutes les 1/2 heure, une grande quantité de bactéries (et donc de l'ADN manipulé) peut être obtenu après une nuit de culture des bactéries, dans lesquelles a été introduit l’ADN en question.
            Ces bactéries sont elles mêmes des OGM puisqu’elles hébergent de l’ADN qui ne leurs appartient pas (ici de l’ADN provenant du maïs). De même, le maïs dont le gène normal a été remplacé par le gène détruit est bien un OGM puisque nous avons modifié son patrimoine génétique de façon non naturelle.           
            Le maïs (ou le soja) au Roundup est un maïs, dont le gène qui détient le secret de fabrication de l’EPSPS a été modifié de telle sorte que le glyphosate ne puisse plus se fixer sur la protéine EPSPS, et ainsi ne puisse plus exercer son effet inhibiteur sur cette enzyme.
            Il est donc protégé contre l'effet destructeur du Roundup, que l'on peut utiliser contre les mauvaises herbes du champ, sans le détruire.

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            On sait que le Roundup a une toxicité certaine et sa biodégradabilité est sans doute limitée.
         En janvier 2007, la société Monsanto a été condamnée par le tribunal correctionnel de Lyon pour publicité mensongère et l'avait été, quelques années auparavant, aux États-Unis. Depuis, il n'est plus possible pour Monsanto d'indiquer que le Roundup est un produit sans risques pour l'environnement, car il est connu que ses produits de dégradation s'accumulent en cas d'usage excessif, dans les nappes phréatiques.
 
         Par contre les maïs OGM étaient réputés inoffensifs, après avoir mené des études sur des rats pendant six, mois, à l'issue desquelles les résultats avaient été satisfaisants et les commissions agro-alimentaires avaient autorisé son utilisation comme nourriture pour des mammifères dont l'homme.
 
         L'étude de Gilles Séralini est un pavé dans la mare, et a donc fait grand bruit, mais il faut évidemment expliquer pourquoi ces diverses études ont des résultats contradictoires et savoir où est la vérité.
         Demain je parlerai de cette étude.

Mardi 30 octobre 2012 à 7:52

Paysages

Parmi les jardins Butchart au Canada, le jardin italien :

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Lundi 29 octobre 2012 à 7:47

Biologie, santé.

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             L'une des caractéristiques du "syndrome du spectre autistique" est la grande variation des niveaux observés qui est source de complexité dans la présentation de ces pathologies ; en effet il existe toutes les possibilités entre les autismes de "haut niveau", qui ont des résultats remarquables, parfois meilleurs que les non-autistes et les formes avec un retard sévère, sans compter des déficiences énormes dues à une malformation cérébrale que l'on assimile abusivement à de l'autisme, dans les institutions chargées d'accueillir les handicapés mentaux.
            Chez les autistes "intelligents" les particularités de la
communication dominent la symptomatologie; elles ne se voient alors
pas toujours facilement dans la vie quotidienne. Certains d’entre
eux développent même des capacitésexceptionnelles dans des domaines bien particuliers et restreints comme la mémorisation, les perceptions visuo-spatiales ou musicales.
            Le syndrome d’Asperger (c'est le nom du psychiatre qui l'a étudié le premier),est une forme particulière d'autisme correspondant à des sujets avec un passé d’autisme infantile précoce plus ou moins prononcé, mais ayant accédé au langage oral et écrit, sans anomalies et manies motrices, mais qui peuvent rester maladroits, et qui souffrent surtout d’anomalies du contact social très particulières : isolement, incompréhension des émotions et des intentions de l’autre. Ils ont aussi souvent associés à des centres d'intérêt restreints, mais parfois aussi à un intérêt démesuré pour un domaine précis ou une compétences spécialement développée. Les différences avec l’autisme typique concernent surtout le langage qui est souvent d'excellent niveau, et un QI proche de la moyenne.
            Le syndrome affecte 8 garçons pour une fille.
 
            Les qualités d'une personne Asperger sont les suivantes :
- Perfectionnisme et sensibilité aux détails
- Grand respect des règles


- Une pensée analytique


- Une autre forme d'intelligence


- Une logique indéniable


- Une très bonne mémoire
- Une objectivité et honnêteté sans faille.
(noter toutefois qu"'une personne de préférences cérébrales I S L a des caractéristiques voisines de celles-ci.).
 
 
            Par contre ses difficultés seront :
- Des difficultés pour saisir la signification profonde de ce qu'on leur dit, surtout dans les domaines de l'abstrait et des sentiments.
- La difficulté à comprendre les intentions des autres, à se mettre à leur place.
- Une certaine incompréhension de l'humour et de l'ironie.
- Ils ne comprennent pas les conventions sociales, agissent à contresens, et leurs attitudes bizarres, obsessions et fixations sont souvent mal interprétées.           
- Du fait de l'altération des interactions sociales, á cause de leurs difficultés de décodage, ils ont de la difficulté à comprendre les règles sociales, si bien qu'ils se trouvent isolés. Ils ont par conséquent des difficultés à se faire des amis malgré leur désir de nouer des contacts et de rencontrer des gens.
- Ils ont tendance à être frustrés par l'incapacité à entrer dans les critères de "normalité". Un isolement social s'en suit accompagné d’intolérance, d’opposition et d’hostilité.
Ils sont gravement perturbés par tout changement et toute modification de leurs habitudes ou de leur environnement. Une vie routinière et structurée leur convient.
            On ne trouve pas grand chose dans la littérature sur des études particulières de ces personnes au plan neurologique.
            Il semble qu'elles soient moins douées que les autres autistes au plan visuospatial, mais par contre beaucoup plus à l'aise dans les tests de langage et obtiennent donc des notes de QI moyennes ou même plus élevées.
            Leur mode de raisonnement semble être verbal alors que celui des autres autistes est plutôt de nature perceptive.
 
            Certains chercheurs et des personnes atteintes du syndrome d'Asperger ont mis l'accent sur le fait de considérer le syndrome d'Asperger comme une différence, plutôt que comme un handicap qu'il faut traiter ou guérir. Les limitations handicapantes, socialement en particulier, sont associées à une singularité qui se révèle parfois être une compétence exceptionnelle.
 
            Je n'ai pas connu personnellement de personnes atteintes du syndrome d'Asperger, mais j'ai souvent été amené à correspondre avec des personne fortement ISL (voir mes articles sur les préférences cérébrales) et certains de leurs comportements étaient voisins.
Je pense qu'avec un peu d'habitude et d'habileté en communication, on doit pouvoir aider des autistes Asperger pour diminuer leur isolement et se sentir plus intégrés dans la société.

Dimanche 28 octobre 2012 à 8:31

Biologie, santé.

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            Pour terminer sur l'autisme, je voudrais aborder deux aspects : aujourd'hui, les interactions sociales de l'autisme, et demain, un cas particulier d'autisme, le syndrome d'Asperger.
 
            Ce que l'on appelle le" retrait autistique traduit une incapacité à développer des relations interpersonnelles, un manque de réactivité aux autres, ou d’intérêt pour eux. L’enfant autiste établit rarement le contact, paraissant même l’éviter, le refuser : il ne regarde pas en face, mais jette de brefs regards périphériques, ou bien le regard est vide, transparent. Le contact oculaire pour communiquer un intérêt ou attirer l’attention n’est pas utilisé. L’enfant peut être agacé, inquiet, lorsqu’il est sollicité.
 
            Dans les années 1980, le Britannique Simon Baron-Cohen et ses collègues ont émis l'hypothèse que les autistes auraient des troubles la capacité à attribuer à autrui des pensées. (Ils avaient baptisé cette capacité du nom pompeux de "théorie de l'esprit).
            L'impossibilité de se représenter les pensées des autres permettait d'expliquer des symptômes apparemment très différents, tels que les difficultés des autistes à comprendre les intentions du langage (par exemple, ils ne sont pas sensibles à l'humour et l'ironie), ou le fait qu'ils ne savent pas "faire semblant" et bien mentir.
            Plusieurs situations expérimentales ont montré que les autistes devinent moins bien les pensées des autres que la moyenne et certains neurobiologistes pensent à une certaine déficience au niveau des "neurones miroir" qui nous permettent de nous mettre à la place des autres par imitation. (voir mon article du 28 octobre 2009).
 
            Les interactions sociales de l'autiste ont certaines particularités caractéristiques :
 
            Les interactions sociales mettent en jeu des processus perceptifs spécialisés qui nous informent sur des caractéristiques telles que l'identité, les émotions, les comportements adoptés par nos partenaires, et notamment les expressiosn de leurs visages.
            Les études montrent plusieurs points :
                        - les autistes reconnaissent les visages par leurs détails. En particulier ils ont des performances meilleures que les non autistes, si on leur présente un visage à l'envers, ou si on modifie des distances ou proportions caractéristiques.
                        - leur mémoire des visages, ainsi que le traitement de la région des yeux, semble moins efficace, pour des raisons encore inconnues.
                        - les régions cérébrales impliquées dans la reconnaissance des expressions faciales et la détection des mouvements vivants s'activent en général moins chez les autistes que chez les non-autistes.
                        - on constate des différences dans l'activité électrique ou métabolique du cerveau lors des mouvements des yeux des différences entre autistes et non-autistes.
            Mais on ignore si ces faibles activations cérébrales sont une cause ou une conséquence des particularités sociales des autistes.
 
            Le manque d'intérêt pour l'environnement social est l'un des signes les plus précoces de l'autisme. Alors qu'au cours du développement typique,les bébés sont fascinés par les visages et les voix, les bébés futurs autistes regardent moins les yeux, davantage la bouche et la périphérie des visages. Ils fixent plus le décor et leur attention est davantage attirée par les aspects sensoriels de l'environnement (textures, couleurs, mélodies) que par ses aspects sociaux (sourires, regards).
            Les autistes suivent moins la direction du regard de leurs interlocuteurs.
            Les autistes savent que le regard montre ce que la personne voit, et face à un visage faisant une saccade oculaire, (un cligenment des yeux), les réactions du cerveau chez les autistes et les non-autistes semblent similaires. Par contre, chez les non-autistes, l'activation diftre selon que le regard présenté est dirigé vers un objet, ou un être vivant, ou dans le vide. (c'est à dire la direction du regard d'autrui). Cette différence n'apparaît pas chez les autistes.
 
            Un autre aspect de nos interactions sociales est l'attention que nous portons à notre réputation.
            Nous sommes prêts à beaucoup d'efforts pour elle. Ainsi, nous essayons de nous montrer sous un jour favorable en mettant en avant nos succès plutôt que nos échecs, ou encore nous faisons preuve de modestie ou de flatterie selon la situation.
            Les autistes n'attachent pas beaucoup d'importance à ces problèmes : ils semblent peu doués pour pratiquer hypocrisie comme flatterie et ils ont tendance à conserver le même comportement, qu'ils soient observés ou non.
            Il est difficile d'interpréter ces résultats comme une simple insensibilité à la présence ou à l'absence d'un témoin. Les autistes ont plaisir à montrer leurs talents à quelqu'un plutôt que de les exercer seuls. Ils réussissent mieux certaines tâches fastidieuses en présence d'un observateur.
            On ne peut donc pas interpréter la baisse de l'hypocrisie chez les autistes comme le résultat d'une insensibilité générale à la présence d'autrui. On ignore si les autistes ne sont pas hypocrites et ne flattent pas leurs interlocuteurs parce qu'ils ne veulent pas ou ne savent pas le faire.
            On a tendance à beaucoup critiquer le comportement social des autistes, mais leur irréductible probité, l'indifférence à leur propre réputation, une grande indépendance, voire une certaine naïveté, ont pu, bien avant que la psychiatrie ne s'intéresse à eux, conduire à considérer certains autistes comme des modèles moraux.
            Ce n'est pas nier ou banaliser le handicap dramatique et les souffrances associés à l'autisme que de rappeler que le comportement social normal gagnerait par certains aspects, à être plus autistique.            

Samedi 27 octobre 2012 à 8:43

Paysages

Suite des photos des jardins Butchart.

Aujourd'hui, le jardin japonais :

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Vendredi 26 octobre 2012 à 8:12

Biologie, santé.

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              On dit souvent que les autistes ne sont pas intelligents, notamment parce qu'ils rencontrent souvent des difficultés dans l'apprentissage du langage et que un autiste sur dix ne parle pas ou très peu.
Pourtant, certains enfants autistes font des apprentissages surprenants, voire spectaculaires, alors même que leur intelligence mesurée par le QI leur attribue une déficience intellectuelle : certains apprennent à lire par eux-mêmes vers deux ans, à utiliser un ordinateur pour communiquer, à mémoriser de grandes quantités d'information, à monter et démonter des composants électroniques ou à décomposer un nombre en facteurs premiers.
On sait aujourd'hui que le développement cognitif des autistes diffère en termes de langage, de perception, de mémoire. Or ces capacités sont précisément ce que mesurent les tests QI d'intelligence, ce qui explique pourquoi les diverses mesures d'intelligence donnent des résultats erronés pour mesurer les capacités d'apprentissage des autistes.
 
J'ai dit hier que les performances des autistes étaient souvent égales, et même parfois supérieures à celles des non autistes, mais qu'ils mais utilisaient des régions cérébrales différentes pour réussir la tâche.
 
Le cas du langage illustre à lui seul la différence autistique, dans sa richesse et sa singularité. Le langage autistique pose d'ailleurs une énigme aux neuroscientifiques.
Certains autistes ne parlent pas ou quasiment pas, alors que d'autres parlent un langage d'une perfection syntaxique exemplaire et ne font aucune faute d'orthographe. Certains autistes ne parlent pas ou peu jusqu'à l'âge de quatre ans, (au lieu de 2 chez un enfant non autiste), puis développent un langage lait de répétitions plus ou moins reliées au contexte, et finissent par parler tard, de façon correcte, mais particulière, ou en présentant des anomalies de langage.
Autre fait étonnant : certains des autistes les plus marqués, pendant la période où ils ne peuvent communiquer par le langage, présentent souvent une hyperlexie, c'est-à-dire une avance de plusieurs années sur les autres enfants pour le déchiffrage des mots écrits et la lecture. Cette capacité est associée à une recherche assidue de matériel écrit, alors que ces enfants ne communiquent pas par le langage et ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Toutefois, ces mêmes enfants finiront le plus souvent par parler, lire et écrire correctement.
Ainsi, les autistes acquièrent le langage d'une façon singulière, mais qui peut être efficace, et qui défie les lois du développement habituel des enfants.
C'est pourquoi  le professeur Mottron, de l'Université de Montréal, recommande, dans la prise en charge des enfants autistes, de suivre leurs modes d'apprentissage particuliers (par exemple, les exposer précocement à l'écrit) plutôt que de leur faire suivre un parcours de développement mentalal normal, à l'école avec les autres enfants, ce qui est à la fois douloureux pour eux, peu efficace et n'améliore pas leur qualité de vie.
 
Une étude a été réalisée par ce professeur, sur plus de 1 000 enfants autistes de tous âges et de tous niveaux, afin de mieux comprendre comment les autistes traitent l'information et le dialogue,
Elle a montré que leur univers mental est profondément différent de celui des personnes "normales" (au sens "dans la norme", si tant est qu'on puisse faire de ce dernier groupe un ensemble homogène).
La place de l'imagination semble fondamentalement différente.
L'univers mental des autistes paraît donner une importance plus grande au maniement des environnements où le sujet humain est absent, alors que l'imagination "normale" tend à mettre en scène l'individu dans une sorte de " film" dont il est le héros, le centre. De même, les attentes, les émotions et le langage paraissent moins déformer la perception de la réalité, qui serait ainsi perçue et mémorisée de manière plus conforme à la réalité.
Cependant les autistes ont une créativité, qui s'exerce dans les arts aussi bien que dans les sciences, mais cette "imagination plus véridique" orienterait spontanément Ies autistes vers ce qui est structuré, par exemple l'écriture ou la musique plutôt que vers le langage oral, et permettrait de mémoriser des correspondances terme à terme entre des structures et favoriserait ainsi la créativité, l'activité scientifique et le réalisme dans l'art.
Certains autistes ont une mémoire étonnante de la chronologie des faits historiques, d'autres une "oreille absolue" remarquable (la reconnaissance des notes dans référence d'un diapason).
 
Actuellement on a tendance à associer différence (par exemple, les signes d'autisme) et déficit, alors que,  "être plus autiste" ne signifie pas forcément "être moins adapté".
Les sociétés avancées ont une faible tolérance à l'égard de la différence.
On mesure la réussite d'une technique de prise en charge à sa capacité à faire disparaître des signes d'autisme, et non à sa capacité de faire progresser Il'adaptation et les techniques d'intervention précoce les plus élaborées ont une action à peu près nulle sur l'adaptation.
 Alors que l'on accepte la différence pour un mongolien ou la surdité non appareillable, persiste pour l'autisme l'illusion que nous pouvons - et surtout devons - réduire cette différence.
Le harcèlement scolaire reste ainsi la difficulté majeure des autistes intégrés dans le système scolaire normal et le monde du travail ne s'est pas non plus adapté à leurs particularités.
La demande de s'adapter à un monde majoritaire, fondée sur une logique du plus grand nombre est une logique intolérante ou éiectoraliste, et ne devrait pas concerner les différences neurobiologiques qui existent dans la famille humaine.

Jeudi 25 octobre 2012 à 8:11

Biologie, santé.

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Le Professeur Laurent Mottron, titulaire de la chaire de neurosciences cognitives à l'Université de Montréal, et spécialiste de l'autisme, a publié des articles remarquablement intéressants où il essaie de montrer que, dans de nombreux cas, l'autisme n'est pas vraiment une maladie mentale, qui résulterait d'un dysfonctionnement du cerveau.
Il pense que certes il existe des autistes profonds, dont le cerveau a subi une dégénérescence, mais qu'il ne s'agit pas alors de véritables autistes et qu'il faudrait appeler autrement ce syndrome.
Mais pour les autres il estime que le cerveau des autistes n'est pas déficient, mais qu'il fonctionne différemment de celui des non-autistes. (et que d'ailleurs il y a des gradations dans ces différences, chez les autistes, comme chez ceux qui en sont pas déclarés tels.
Il montre notamment qu'on n'a pas étudié de façon efficace l'autisme au plan psychologique, car on a élevé jusqu'à présent les autistes avec les mêmes méthodes que les non autistes, ce qui a empêché le développement de leurs potentiels. En particulier les tests de QI sont basés sur des statistiques à partir d'enquêtes sur des non autistes, et ils ne sont pas adaptés à un fonctionnement différent du cerveau.
Trouver un QI faible aux jeunes autistes est normal de ce fait, mais ne veut pas dire qu'ils ne sont pas intelligents. Ils ont une forme d'intelligence différente à laquelle il faudrait s'adapter pour les voir se développer de façon efficace.
 
La matière grise (les corps des neurones) et la substance blanche (les dendrites et les axones myélinisés pour les isoler et accélérer la vitesse de l'influx nerveux), sont différents chez les autistes
Les neurones sont plus petits et plus nombreux. Dans certaines régions du cerveau, on en dénombre 60% de plus ! Les "minicolonnes" de neurones sont plus rapprochées.
A l'inverse les axones sont moins nombreux, et donc il y a moins de communication entre les régions du cerveau. Le corps calleux qui est le faisceau de fibres nerveuses qui fait communiquer les hémisphères droit et gauche et contient des centaines de millions d'axones, est en moyenne, 15% plus petit chez les autistes.
En étudiant le synchronisme d'activité de certaines régions, on constate que, pour une tâche donnée qui exige la communication entre deux régions du cerveau, celle-ci est moins synchrone chez les autistes, et tout particulièrement s'il s'agit de deux régions homologues des deux hémisphères.
Cette différence se manifeste dès deux ou trois ans dans les centres du langage.
Par contre, la connexion locale intérieure à un centre est plus importante.
Malgré ces différences les autistes réussissent aussi bien que les non-autistes, certaines tâches nécessitant une communication importante entre centres éloignés. Il ne s'agit donc pas d'une communication déficiente, mais d'une communication différente.
D'après Kamila et Henry Markram, de l'École polytechnique de Lausanne, cette hyperconnectivité neuronale locale accompagnée d'une excitabilité excessive de certains sous-ensembles de neurones produirait localement un traitement et un stockage excessifs de l'information.
En raison d'une faible connectivité entre ces circuits locaux et le cortex frontal, cette hyperexcitabilité serait amplifiée, et le cortex frontal n'exercerait pas le contrôle et la régulation des activités cognitives qu'il assure normalement.
Il existe également des différences de spécialisation fonctionnelle des aires cérébrales: par exemple, certains autistes ont des capacités visuelles exceptionnelles, et les autistes en général réussissent mieux les tâches visuo-spatiales (par exemple faire tourner mentalement une forme ou reproduire une figure). Ces capacités reposent sur une redistribution des rôles des régions cérébrales.
On constate chez les autistes, une augmentation de l'activité des zones du cerveau (à l'arrière du crâne), responsables de la perception visuelle, et plus spécifiquement du gyrus fusiforme, essentiel à la reconnaissance des visages et des objets.
De nombreux autistes présentent une imagerie mentale performante, et ils réussissent bien les tests de "matrices de Raven", (si vous voulez vous amuser avec ce type de test d'intelligence par association d'images, consultez le site www.zebrascrossing.net ), mais si le même réseau cérébral du raisonnement, incluant des portions des lobes pariétaux et frontaux, est activé chez les personnes autistes et non autistes, leur activité diffère.
Les non-autistes utilisent pour les problèmes faciles des aires que les autistes mobilisent aussi pour les raisonnements complexes, qu'ils réussissent pourtant aussi bien et plus rapidement que les non-autistes.
Le raisonnement autistique serait caractérisé par une plus grande utilisation des processus perceptifs (la reconnaissance de détails et des structures visuelles, le maintien en mémoire de travail de l'information visuelle, l'élaboration et la manipulation d'images mentales) et des représentations visuospatiales

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La différence qui semble avoir le plus de conséquences entre autistes et non autistes, semble être le fonctionnement du cortex préfrontal.
Chez un enfant non autiste (à gauche sur la figure), l'information sensorielle est relayée vers I'amygdale et le cortex préfrontal. Ces deux aires sont connectées, les interactions se faisant dans les deux sens. Chez l'enfant autiste (à droite),la connectivité entre le cortex préfrontal et I'amygdale est insuffisante.
               Dès lors, certaines réactions face à des stimulus, même anodins, sont excessives et inappropriées. L'amygdale, qui traite les émotions, serait surstimulée : les sujets ressentent comme menaçants des stimulus anodins de I'environnement, et cherchent, à les éviter.
Le schéma ci dessous montre les problèmes engendrés au niveau du cortex péfrontal et de ses communications avec les autres centres du cerveau.:

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             En définitive la plupart des aires cérébrales, chez l'autiste, font leur travail, même si celui-ci est fait différemment. Une prise en charge précoce et adaptée permettrait de développer leurs capacités et qu'ils trouvent une place dans la société, mais la scolarisation normale n'est pas une solution efficace, car les méthodes d'apprentissage ne sont pas adaptées à leur mode de fonctionnement.
Demain je parlerai de l'intelligence et de l'imagination des autistes.
 

Mercredi 24 octobre 2012 à 8:12

Paysages

En intermède, pour vous reposer des articles sur l'Autisme, un peu difficiles à lire, des photos fleuries de jardins.
"The Butchart Gardens est un ensemble de jardins d'exposition florale à Brentwood Bay, en Colombie-Britannique, au Canada, sur l'Ile de Vancouver.
C'est un lieu touristique internationalement connu qui reçoit plus d'un million de visiteurs chaque année.

Comme j'ai beaucoup de photos agréable, je ferai sans doute 3 intermèdes avec elles.
Aujourd'hui, ce sera la partie "Sunken garden" :

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Mardi 23 octobre 2012 à 7:47

Biologie, santé.

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              J'ai parlé hier de l'autisme en général; j'essaierai aujourd'hui de connaître ses causes initiales.
 
Les causes de l’autisme ne sont pas à ce jour totalement élucidées.
 
L'hypothèse des années 50, selon laquelle de mauvaises relations entre les parents et leurs enfants pouvaient en être responsables a été abandonnée et est remplacée par un faisceau d’explications d’ordre génétique, biochimique, immunologique et traumatiques.
L'action suspectée du mercure contenu dans certains vaccins (utilisant un conservateur le "thiomersal", a également été rejetée.
 
           D'après de nouvelles recherches publiées dans la revue Nature du 9 juin 2010, (analyse du génome entier de 1 000 personnes présentant des troubles liés à l'autisme, et de 1 300 personnes témoins), des mutations affectant certains gènes pourraient influencer la survenue de l'autisme. Les résultats mettent en évidence des insertions et des suppressions de très courtes séquences d'information génétique chez les personnes autistes.
             Mais on n'a pas mis en évidence des anomalies génétiques communes à toutes les personnes atteintes d'autisme, ce qui n'a rien d'étonnant étant donné la multitude de manifestations différentes de ce que l'on appelle maintenant le "spectre autistique.
Parmi les modifications, on trouve souvent celles des gènes qui codent le développement des synapses, et d'autre part une mauvaise duplication du chromosome 15, qui devrait être constitué d'une moitié venant du père et une moitié venant de la mère et qui comporte, chez les autistes, des séquences supplémentaires.
          Certaines modifications pourraient être épigénétiques et ne se produire que à la suite de traumatismes ou d'événements particuliers, entraînant l'expression de ces gênes présents chez certains enfants.
          Des chercheurs de Melbourne auraient mis au point en 2012, un test portant sur 237 marqueurs génétiques de 146 gènes impliqués dans les troubles autistiques : soit ces derniers contribuaient au développement des TSA; soit, au contraire, ils en protégeaient, ce test mesurant à la fois les marqueurs "protecteurs" et les marqueurs "inductifs".
Ce test, essayé sur des "populations témoins" s'est révélé exact sur 71,7 % des individus de type européen et 56,4 % des cas seulement sur les personnes chinoises.
D'après le Journal of Neuroscience, des chercheurs anglais auraient mis au point en 2010 une méthode de diagnostic par imagerie (IRM) de l'autisme chez les adultes, dont la fiabilité dépasserait 90 %. Les recherches se poursuivent pour l'étendre aux enfants.
 
Une hypothèse formulée par certains chercheurs est  une anomalie de formation "in utero", due à  une "masculinisation" du cerveau, liée à une action de la testostérone et du chromosome Y. Ces différentes actions inhiberaient les potentiels de communication (échanges visuels et parole), qui se traduirait par l'enferment dans son monde de l'autiste, l'action nocive des hormones pouvant se déclencher dès le stade foetal (lorsqu'elles sont secrétées par la mère) ou plus tard lors du développement de l'enfant. Si cette hypothèse se confirmait, il serait alors possible de dépister un excès d'hormones mâles lors de la grossesse, voire de traiter l'enfant.
 
          Récemment, l'équipe d'Eric.Courchesne, de l'université de Californie, a trouvé un nombre de cellules neuronales supérieur de 67 % à la normale, dans le cortex préfrontal de sept garçons autistes.
Selon ces neurobiologistes, on remarque souvent chez les autistes un faible périmètre crânien à la naissance, suivi par une augmentation brusque et excessive de ce périmètre pendant la première année de la vie; ce serait une défaillance des processus impliqués dans la régulation de la production ou l'élimination normale (l'élagage) des neurones durant la fin de la grossesse et la toute petite enfance, qui aboutirait à une surabondance des neurones corticaux.
          Ces derniers sont fabriqués avant la naissance, ce qui suggère que les troubles autistiques serait à l'origine in utero comme on l'a dit précédemment. utero.
 
            On constate donc qu'on connaît mal les causes initiales de l'autisme, ce qui n'a rien d'étonnant vu les cas très différents que recouvre cette appellation.
            Les conceptions, de l’autisme ont considérablement évolué. Il est maintenant admis qu’il répond à des facteurs
de développement neurologiques avec des troubles cognitifs spécifiques, et que la génétique joue un rôle clef dans la pathogénie.
            La recherche s’efforce d’établir les correspondances entre les différentes approches, ainsi que les liens entre facteurs physiologiques neurologique et aspects comportementaux des troubles autistiques.
            En particulier la neurobiologie a identifié des anomalies au niveau du fonctionnement physiologique du cerveau et c'est ce dont je vous parlerai après-demain, après un intermède, demain , de photos d'un superbe jardin fleuri.
            En effet l'autisme, qui apparaît dans les livres de médecine comme une "maladie", est certes un handicap qui peut être très sévère, mais ne correspond pas à une déficience du cerveau, comme dans les maladies mentales, mais en fait à un fonctionnement différent, inadapté aux habitude du monde actuel, et qui isole l'enfant dans un monde à part : le sien. Le problème n'est donc pas de soigner une maladie, mais d'adapter l'éducation et l'environnement aux spécificités de fonctionnement du cerveau autiste, pour lui permettre de s'adapter en partie à notre monde.

Lundi 22 octobre 2012 à 8:04

Biologie, santé.

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               Quand on lit les revues médicales ou de recherche dans le domaine du cerveau, on a l'impression que l'autisme est une maladie en constante augmentation.
J'ai même lu que qu'un enfant sur 150 était atteint. Cela paraît effrayant, mais je faisais il y a quelques semaines un article sur les anomalies mentales, et il semble que l'on a tendance à exagérer les diagnostics, chacun ayant ses petits problèmes, à commencer d'ailleurs par les psys.
Mais effectivement, quand les méthodes de détection précoce ont fait des progrès (30% de détection supplémentaire depuis 1990), et il est normal que le nombre de malades soit en augmentation. Il y aurait en France, plus de 100 000 autistes.
Si l'on entend parfois parler d'autisme dans les médias ou au cinéma, difficile pourtant de connaître réellement tout ce que cache cette maladie. Et même quand on lit des revues sérieuses, on a l'impression que ce terme est utilisé dans des cas très différents, comme le terme de "surdoué".
D'ailleurs maintenant on parle de "maladies du spectre autistique".
 
On m'a demandé de faire des articles sur l'autisme. Alors j'ai remis à jour mes informations et je vais essayer de répondre à votre demande.
 
Quelles sont les causes de ce trouble du développement ? Qui sont les autistes ?
 
Le pédopsychiatre américain Léo Kanner fut le premier à donner, en 1943, un nom à l’autisme, en observant à la Harriet Lane Children's Home, onze enfants (huit garçons et trois filles) dont il décrit des caractéristiques communes. La plus frappante est l'incapacité de ces enfants à développer une quelconque sociabilité ou à établir une communication avec leur entourage.
Les premiers signes de l’autisme apparaissent avant l'âge de 3 ans. Dans 70 % des cas les enfants présentent un "retard de développement mental" (on verra plus tard que ce n'est pas certain), avec un QI inférieur à 70.
              Par ailleurs, 30 % d’entre eux environ sont sujets à l'épilepsie.
           Les enfants souffrant d’autisme éprouvent des difficultés à acquérir l’usage de la parole, qui apparaît parfois "désorganisée", ne permettant un échange verbal cohérent. Les autistes reproduisent des comportements répétitifs avec leur corps comme l’agitation des mains, des mouvements de balancier et des manies. Ils adoptent des habitudes routinières et répugnent aux changements qui perturbent leur univers.
Certains d'entre eux présentent souvent des crises d’angoisse, des troubles du sommeil ou de l'alimentation. Ils peuvent être pris de colères et avoir des attitudes agressives, y compris envers eux-mêmes. Toute tentative "d’intrusion" conduit à une crise.
L'autisme touche plus fréquemment les garçons que les filles (3 ou 4 pour une. Il peut se poursuivre à l'adolescence puis à l'âge adulte.
Mais de nombreux cas, baptisés aussi autismes sont beaucoup moins graves. J'en parlerai dans un autre article.
 
              La maladie apparaît tôt dans l’enfance, avant 3 ans.
             Les signes de l’autisme sont extrêmement variables d’un individu à l'autre : c’est globalement un enfant avec qui on ne peut pas entrer en contact, qui est dans sa bulle, qui semble indifférent au monde extérieur, qui ne parle pas ou mal, répétant inlassablement les mêmes gestes : tourner la tête, bouger les mains, se balancer... Ce sont des enfants anxieux; ils ont une grande difficulté à se représenter leur corps dans l’espace.
Certains enfants ont un retard mental important, d’autres ont une intelligence normale, ou même parfois supérieure à la normale. Mais tout dépend aussi comment on les éduque.
 
               Il n'existe pas une mais plusieurs maladies, en fonction de la gravité. Quelle que soit l'atteinte, on peut distinguer trois types de problèmes :
                        Des troubles de la communication : le langage est embrouillé et souvent, l'autiste répète en écho ce qu'il entend. De plus, les codes de la communication non verbale (gestes, regards…) sont mal maîtrisés.
                        Des troubles du comportement : l'autiste répète régulièrement les mêmes mouvements. Il pratique constamment la même activité avec les mêmes objets et manque d'intérêt pour d'autres loisirs.
                        Des troubles des relations sociales : l'autiste ne participe pas aux activités de groupe spontanément. Il est indifférent aux autres.
            Le problème est que les premiers signes de l'autisme se déclarent lentement, de manière subtile au cours de la première année de vie.
Quelques signaux peuvent alerter les parents :
     - Aucun babillage ou gestes pour communiquer avant un an ;
     - Aucun mot avant l'âge de 18 mois ;
     - Aucune phrase de deux mots de manière spontanée avant deux ans ;
     - Une perte soudaine de capacités de langage ou une désocialisation brutale.
             D'autres indices plus discrets peuvent également être évocateurs : peu de sourires en réponse à ceux qu'on lui fait, pratiquement pas de réponse au prénom.
             Mais l'enfant n'est pas forcément autiste, mais il faut le faire examiner par un spécialiste.
 
         Un déficit de l'attention est fréquemment mentionné comme pathologie associée à l'autisme (autour de 50 %) de même que des troubles du sommeil.
L'anxiété et la dépression sont fréquents chez les adultes autistes sans retard mental; un risque existe également à l'adolescence lors de la prise de conscience difficile de la différence avec les autres pendant cette période critique du développement de la personnalité.
 
 
Je vous ai présenté l'autisme comme une maladie car c'est ce qu'on lit couramment dans les cours de médecine. 
Pourtant j'ai lu des articles de neurobiologistes qui posent la question, du moins pour des autistes légers ou moyennement atteints : sont ils vraiment malades.?
 
J'essaierai demain de parler des causes initiales de l'autisme, puis après un article d'intermède de montrer les différences biologiques de fonctionnement de leur cerveau, puis de faire un article sur l'intelligence des autistes.
Enfin je terminerai par deux articles sur leur comportement social et sur un cas particulier : l'autisme d'Asperger.

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