Jeudi 11 octobre 2012 à 8:21

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

Comme tout influx nerveux, les informations de douleur passent par des synapses entre axone de divers neurones et dendrite du neurone suivant, et un neuromédiateur chimique contrôle le passage de cet influx nerveux.
 
            Mais voyons d'abord d'où partent les informations?
 
            Les capteurs de douleur sont des terminaisons nerveuses libres c'est-à-dire les extrémités d'axones très arborisées, dépourvues de myéline, qui se trouvent dans tous les tissus et organes, sauf le cerveau.
            Ces "nocicepteurs" peuvent être activés par toutes sortes de stimuli qui peuvent potentiellement altérer les tissus, et pas seulement des stimulations mécaniques comme les pinçures, les piqûres ou les morsures. Des températures extrêmes, des chocs électriques, un manque d'oxygène, des expositions à des substances toxiques, peuvent également les activer. Si certains nocicepteurs sont plus sensibles à un type de stimulus qu'à un autre, la plupart peuvent répondre à plus d'un type de stimulus.
            Quelle que soit sa nature, le stimulus doit aussi atteindre une certaine intensité pour pouvoir activer les nocicepteurs, qui codent donc l'intensité des stimulations douloureuses en modulant leur réponse selon l'intensité du stimulus.
            Ces stimulations peuvent être directes, comme dans le cas des fortes pressions mécaniques qui déforment les membranes et déclenchent des influx nerveux. C'est par exemple la punaise qui nous pique le pied, mais sans percer la peau. Mais si la punaise perce la peau et endommage les tissus, les cellules altérées vont libérer localement certaines substances chimiques qui vont, de manière indirecte, stimuler aussi les nocicepteurs.
            En cas de stimulations fortes ou répétées, les nocicepteurs vont subir une sensibilisation, qui va abaisser le seuil de réponse, augmentant le nombre d'influx nerveux et la sensation douloureuse ainsi produite.
 
 http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/i03mdou1a.jpg           À chacune des synapses, le long de cette voie de la douleur, plusieurs neurotransmetteurs permettent la transmission du message nociceptif. Les substances identifiées à ce jour se répartissent en deux grands groupes principaux : les neurotransmetteurs classiques de transmission des influx nerveux dont j'ai souvent parlé dans mes articles et les "neuropeptides", très grosses protéines formées de plusieurs acides aminés.
            Parmi les classiques, surtout le glutamate, mais aussi l'aspartate et la sérrotonine (qui régule aussi l'humeur); quant aux neuropeptides, ils sont une vingtaine, mais le plus important est la "substance P", qui participe aussi à la régulation de l'humeur et del'anxiété dans le cerveau.
            La substance P entraîne des flux nerveux "lents" , correspondant à des douleurs lancinantes, alors que le glutamate engendre des influx rapides, consécutifs à des douleurs aigues et les signaux empruntent des fibres nerveuses différente.
            La figure ci dessous montre les réactions complexes au niveau des nocicepteurs; à noter que l'inflammation au niveau des tissus nous oblige à penser à les préserver, mais aussi nous immobilise partiellement ce qui les protège aussi.
            Certains nocicepteurs ne réagissent pas aux stimuli habituels, mais seulement aux substances chimiques produites lors d'inflammation et d'enflure.

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            Les molécules anti-douleur.
 
            L'opium était sans doute déjà connu des Sumériens, environ 3 000 ans av. J.-C. comme ayant des vertus "dormitives" et analgésiques.http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/i03mdou2d.jpg
            Ce n'est qu'en 1925 que la structure moléculaire complexe de la morphine est décrite par le chimiste britannique Robert Robinson, et à partir de 1952, il est possible de synthétiser chimiquement la morphine ou ses dérivés. Cette synthèse chimique donnera naissance à des composés dont la structure est proche de la morphine, (codéine par exemple), mais dont les effets diffèrent quelque peu.
            Mais notre organisme produit des opiacés endogènes, que l'on désigne sous l'appellation d'endorphines et qui sont de petites protéines (ou peptides).
            Elles agissent aussi au niveau de l'éveil, du stress, et du circuit de récompense.
            Parmi ces substances, les plus connues sont les "enképhalines".
 
            Ces diverses substances sont piégées par des récepteurs au niveau des synapses et ils peuvent soit induire un certain blocage, soit engendre un influx nerveux sur un neurone engendrant un signal négatif de blocage ou de diminution du signal induits par les neurones de la voie ascendante de la douleur.
 
 
            Les récepteurs des neurones qui détectent la douleur.
 
            Les nocicepteurs ont leurs propres récepteurs qui déclenchent leurs signaux nerveux.
Ce sont, dans la paroi des cellules, de grosses protéines qui laissent passer certaines substances au travers de "canaux ioniques". (cylindres rouges ou bleus sur la figure)
 
            On distingue trois grandes catégories, comme le montre ce schéma donné par l'université Mc' Gill de Montréal :
            - Les protéines de la famille ENaC/DEG agiraient comme transducteurs mécaniques.
            - Les canaux TRP (de "Transient Receptor Potential", en anglais) sont sensibles à des stimuli nociceptifs de différentes natures. Ce sont en quelque sorte des "généralistes" qui laissent entrer du calcium et du sodium dans le nocicepteur, et qui sont sensibles à la capsaïcine, créée dans les tissus par créé par les protons extracellulaires (l'acidité) et la chaleur.
            - À l'opposé, des récepteurs comme les ASIC (pour "Acid-Sensing Ion Channels", en anglais) sont des "spécialistes" qui ne répondent qu'à un seul type de stimulus, en l'occurrence les protons extracellulaires. Ceux-ci sont relâchés avec le contenu des cellules lésées ou encore produits par les muscles trop sollicités, par exemple acide lactique.
 
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            La compréhension du mode d'action de ces différents récepteurs intimement associés à la nociception est essentielle pour ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques. En effet, les antidouleurs déjà existants comme les opiacés et les anti-inflammatoires non stéroïdiens agissent également sur des récepteurs en dehors des voies de la douleur, produisant des effets secondaires indésirables, notamment une accoutumance.
 
            Les protéines extraites du venin du mamba agiraient directement sur les voies montantes de la douleur, en bloquant les récepteurs ASIC, et donc n'auraient pas les inconvénients précités.
 
            J'espère que ce petit cours de chimie biologique n'a pas été trop pénible.
            Maintenant que vous savez ce que sont les ASIC, vous savez pourquoi le venin de mamba pourrait être efficace contre la douleur.

Mercredi 10 octobre 2012 à 8:57

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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Quand je me donne un coup de marteau sur un de mes doigts en bricolant, j'ai tout de suite une sensation de douleur , qui pour moi provient du doigt, mais ce n'est pas le doigt qui a mal mais moi !
            Les nerfs sensitifs de mon doigt transmettent d’abord leurs influx nerveux à la moelle épinière qui les transmet à son tour au cerveau. Et c’est l’activité nerveuse de certaines régions du cerveau qui va alors me faire ressentir de la douleur à cet endroit précis., puis me faire crier de gros mots, et frotter mon doigt jusqu'à ce que la douleur disparaisse.
Sans doute aurai je ensuite un "bleu", mais c'est alors un phénomène sanguin.
            Quelles sont ces régions du cerveau et comment collaborent-elles pour nous faire ressentir les nombreux aspects de la douleur (localisation, intensité, choc, coupure ou brûlure, aspect psychologique....).
            C'est en fait assez compliqué (il n’y a pas de "centre de la douleur" unique dont la seule activité pourrait rendre compte de toutes les facettes de la douleur et donc, aucune lobotomie d’une région particulière du cerveau ne ferait disparaître complètement la douleur), et je vais être obligé de beaucoup simplifier, en partant du schéma ci dessous, emprunté à l'université Mc'Gill de Montréal, que jai un peu complété.
            Les centres du cerveau qui participent à ces sensations sont reliés entre eux par un réseau que les chercheurs appellent "le réseau de la douleur".
 
            Nous avons dit que le signal nerveux de douleur remontait la colonne vertébrale dans les nerfs qui suivent la moelle épinière, et ils arrivent à l'entrée du cerveau, dans la partie intermédiaire entre la moelle et le cerveau que l'on appelle le "tronc cérébral", et plus particulièrement dans ce qu'on appelle la "formation réticulée".
            L’activation de la formation réticulée contribue aux réactions d’éveil et de vigilance associées à la douleur. Ses neurones peuvent agir sur le rythme cardiaque, la pression artérielle, la respiration et d'autres fonctions vitales que la douleur peut affecter. C’est aussi la formation réticulée qui fait qu’une douleur peut passer inaperçue si notre attention est focalisée sur une tâche captivante.
            Les voies ascendantes de la douleur vont ensuite dans le grand relais sensoriel qu’est le thalamus et notamment dans un petit centre dont nous n'utiliseront que l'abréviation, le VPL (ce n'est pas le carburant pour voitures, mais le "noyau ventral postlatéral").
            Ce noyau VPL est relié au cortex somato-sensoriel qui voit arriver toutes les sensations de toucher venant du corps (d'ailleurs par l'intermédiaire du VPL), et donc il y a alors localisation de la douleur.
            La partie médiane du thalamus est ensuite reliée au cortex moteur (en avant du somatosensoriel, mais non représenté) qui va participer à l'élaboration des réactions motrices liées à la douleur. (nous éloigner par exemple un membre de la zone dangereuse).
          Les noyaux intralaminaires du thalamus situés tout près de la région médiane, vont envoyer des connexions vers le cerveau émotionnel, notamment les noyaux amygdaliens et les cortex insulaire et cingulaire antérieur. Il est donc impliqué dans la composante émotionnelle désagréable de la douleur et à la réponse comportementale destinée à l’amoindrir.
            Puis environ 300 ms après tout ce circuit, l'information arrive au "patron", le cortex frontal, avec tous les éléments concernant l'interprétation de la douleur. Il va prendre à son tour des décisions qu'il enverra aux régions du cerveau concernées (par exemple frotter mon doigt ou lui mettre de la glace dessus.
            Le cortex préfrontal est impliqué dans la conservation de l’attention, mais aussi dans l'apprentissage des sensations de douleur, et donc dans le développement d’un sentiment négatif associé à ces situations, ainsi qu'au maintien temporaire d’idées, d’informations ou de pensées en vue d’un contrôle cognitif, afin de jouer un rôle dans l’anticipation d’un soulagement.
         D’autres structures sous-corticales contribuent à différents phénomènes associés à la douleur, notamment l’envoi d'informations nociceptives à la structure régulatrice végétative qu’est l’hypothalamus et aux centres amygdaliens, qui seront à l'origine de l’augmentation de la sécrétion des hormones de stress et de l’activation du système sympathique provoquant des réactions au niveau du coeur, de la circulation sanguine notamment....
            Les mêmes projections, en activant le striatum, favoriseront les réponses motrices d’alarme en grande partie automatiques déclenchées par une stimulation douloureuse.
 
            Nous avons parlé du chemin "ascendant" de la douleur; il existe aussi un chemin "descendant", qui commande des "portes", qui, tout au long des voies ascendantes de la douleur, peuvent se fermer pour rendre plus difficile le passage de l'influx nociceptif. Le même degré d'activité d'un signal de la douleur ne va donc pas conduire à la perception de la même intensité douloureuse selon le degré d'ouverture de ces portes situées au niveau des principaux relais des voies de la douleur.
            Il existe trois niveaux de contrôle exerçant ce rôle de filtre biologique pouvant réduire le passage de l'influx douloureux :
            On distingue trois types de contrôle exerçant ce rôle de filtre biologique pouvant réduire le passage de l'influx douloureux :
                         - des contrôles situés dans la moelle épinière d'origine périphériue
                         - des contrôles déclenchés par la douleur montante au niveau du bulbe rachidien et du tronc cérébral; 

                         - des contrôles centraux, dont le cortex préfrontal est l'un des principaux acteurs.
            Le contrôle est exercé par des neurones qui reçoivent des influx qui leur font émettre un influx négatif, qui va bloquer ou diminuer le signal des neurones qui transportent l'information montante de la douleur.

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            Les synapses de tous ces neurones permettent la transmission du signal douloureux ou de son blocage et à leur niveau interviennent des neurotransmetteurs chimiques.
 
            Nous en parlerons dans l'article de demain.

Mardi 9 octobre 2012 à 8:48

Paysages

En intermède la suite des châteaux : deux régions qui me tiennent à coeur : la Bretagne et les départements environnant la Dordogne, toutes deux riches en châteaux anciens.
           Des photos de Tonquedec, Fort Lalatte, (22 : Côtes d'Armor chef lieu Saint Brieuc), Nantes, Trecresson (56 Morbihan, chef lieu Vannes), et  Lanquais (24 Dordogne, chef lieu Périgueux), Salignac, Beynac, Cahors (46, Lot), Bonaguil (47 Lot et Garonne, chef lieu Agen).

Demain je continuerai mes articles sur la douleur.

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Lundi 8 octobre 2012 à 7:49

Biologie, santé.

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            Vous me demandez pourquoi le venin de Mamba pourrait remplacer la morphine dans le traitement des fortes douleurs.
            Ce n'est pas facile à expliquer et je ne susi pas un chercheur en biologie. Je n'ai donc que des données partielles sur la question.
            Aujourd'hui je vais juste mentionner l'événement.
            Puis, après un interlude demain, je ferai quelques articles dur la douleur, comment cette "impression" fonctionne et le rôle de certaines protéines. On pourra alors avancer des hypothèses sur les effets du venin de ce "mignon" petit serpent dont la morsure est mortelle le plus souvent pour l'homme.
 
            Le mamba noir (Dendroaspis polylepis polylepis),est un serpent africain redoutable. Son venin contient des neurotoxiques très puissants et quelques gouttes peuvent tuer un homme si on les injecte dans son sang.
            Sinon il est assez joli comme le montre la photo;
 
 
            La presse qui est évidemment à la recherche de sensationnel a trouvé là de beaux titres : " Le venin du serpent mamba noir: un remède miracle contre la douleur ?".
            En fait il est un peu tôt pour crier au miracle : on n'en n'est qu'à la phase recherche sur des souris. Il y a encore bien des étapes à franchir avant l'application médicale à l'homme, notamment sur l'étude de son efficacité et des effets secondaires possibles.
            Depuis la fin des années 1990, les scientifiques ont mis en évidence l'existence d'une famille de protéines, les "ASIC", impliquées dans la sensation de la douleur, essentiellement présentes dans la membrane des neurones. Ce sont des récepteurs, sensibles aux ions acides (H+), résultat de dégradation de cellules, qui engendrent la douleur, en permettant le signal nerveux correspondant. Nous verrons dans les prochains articles, comment la douleur apparaît.
            Le rôle des ASIC et surtout les substances capables de bloquer leur action, constituent donc des pistes privilégiées pour trouver de nouveaux traitements anti-douleur.
 
            Sylvie Diochot et Anne Baron, de l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (CNRS/Université de Nice-Sophia Antipolis), ont étudié le venin du mamba noir, en ont analysé les composants, et ont isolé deux peptides, des protéines courtes, qui sont capables, (quand on les injecte à des souris),  de supprimer la sensation de douleur en inhibant certains ASIC.
            Selon l'étude, ces "mambalgines" présentent beaucoup moins d'effets indésirables que les opiacés: aucun signe de dépression respiratoire n'a été constaté chez les souris testées, avec un phénomène d'accoutumance bien inférieur à celui de la morphine.
            Eric Lingueglia, l’un des chercheurs ayant participé à l’étude, parue dans la revue "Nature", précise que « la première chose à faire avant tout est de s’assurer que les résultats seront les mêmes chez l’Homme », mais néanmoins, cette recherche constitue une avancée dans le développement de nouveaux an.
 
            Nota : je ne vous conseille pas de chercher en Afrique des mambas noirs pour lutter contre les névralgies; allez plutôt voir les serpents de notre ami KAA, c'est plus agréable, reposant et moins dangereux !!

Dimanche 7 octobre 2012 à 7:45

Biologie, santé.

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             J'ai lu dans la revue "Nature", un article bizarre qui m'a étonné : des non scientifiques, en jouant à une jeu sur ordinateur, "Foldit on fait des découvertes importantes : en particulier des joueurs ne connaissant rien en chimie et en biologie ont élucidé la structure géométrique d'une enzyme liée au sida. (une enzyme est une protéine ayant une action catalytique en biochimie).
 
            Ce jeu a quand même été conçu par des universitaires .
 
 http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/150pxAminoAcidballsvg.png           J'avais fait des articles sur l'ADN et les acides aminés qui sont les briques" permettant de faire des protéines. J'avais expliqué comment ces acides, qui ont des structures voisines et ne sont qu'au nombre de 22, sont à la base de toutes les protéines (il existe quelques autres acides aminés, mais ils n'entrent pas dans la constitution des protéines).
            Une protéine peut être formée de dizaine, voire de centaines d'acides aminés, la séquence de ces acides aminés dans les protéines étant déterminée par les gènes à travers le code génétique et donc par l'ADN. (voir mes articles, début juillet 2010).
            On sait depuis longtemps déterminer cette séquence, mais cela ne suffit pas pour comprendre les interactions d'une protéine avec les autres molécules et donc sa fonction. En effet, lors de sa formation, la protéine ne reste pas linéaire, mais se replie dans l'espace, pour acquérir une structure en trois dimensions, et c'est principalement
cette structure qui conditionne la fonction de la protéine.
            On sait déterminer cette structure mais à l'aide de techniques complexes, longues et coûteuses de diffraction sous rayons X et la recherche ne peut donc que progresser lentement, si l'on s'en tien à cette analyse physique.
 
            Alors les chercheurs ont établi un modèle mathématique, logiciel chargé de prédire l formation des protéines.
            On connaît dans la chaîne, l'emplacement de chacun des acides aminés et des atomes qui le constituent, et on peut donc déterminer comment ils interagissent entre eux et comment les acides aminés vont se placer les uns par rapport aux autres.
            En fonction des distances antre atomes, on sait calculer les forces fortes de covalence, qui attachent les uns aux autres les atomes, puis les forces plus faibles d'interaction plus lointaine. C'est un calcul de mécanique dans lequel la molécule stable est celle qui aboutit à l'énergie totale d'interaction la plus faible. (de la même façon qu'un corps pesant tombe toujours au point le plus bas d'une surface sur laquelle il se déplace - c'est le principe de Carnot d'énergie potentielle minimale, pour ceux ou celles qui ont fait un peu de physique).
            Déterminer le minimum d'énergie de l'une d'elles, la position idéale pour chaque acide aminé, demande d'énormes ressources de calcul : chaque atome se déplace dans un espace à trois dimensions, et le champ de force est donc une équation dans un espace à plusieurs milliers de dimensions pour une protéine moyenne. Aucun gros calculateur ne sait faire cela !
            Le programme "Rosetta", qui est implanté sur la plate-forme ouverte de calcul en réseau de Berkeley, qui utilise les ressources d'un très grand nombre de micro-ordinateurs personnels, de taille modeste. N'importe quel internaute peut télécharger et installer le logiciel. Celui-ci se met alors en route chaque fois que l'ordinateur n'est pas utilisé par son propriétaire.

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            Mais les hypothèses à explorer étaient tellement nombreuses que le calcul n'avançait que très lentement (c'est comme si l'on voulait trouver la solution d'un jeu d'échec en explorant tous les coups possibles).
            Alors les chercheurs ont eu une idée : un jeu où les joueurs replieraient eux même les protéines pour obtenir le plus grand score liée à une énergie minimal. C'est un jeu compliqué car replier une partie déforme l'autre et donc le résultat n'est pas forcément celui escompté.
            On peut ainsi éliminer le recherche de nombreuses solutions pour partir des solutions optimales trouvées par les joueurs
            Dans un premier temps, les scientifiques ont fait reconstituer la structure de protéines connues et ils ont constaté un énorme gain de temps. Cette période a permis aux joueurs d'acquérir une certaine expérience du jeu et de savoir "plier des protéines".
            Ils se sont alors passionnés pour le jeu et se sont même associés par équipes pour mettre leurs compétences en commun.
 
            Comment ces joueurs peuvent-ils donc résoudre un tel problème aussi bien, voire mieux, que la communauté scientifique  et plus vite que l'ordinateur, qui explore trop de possibilités?
            C'est la faculté de raisonner en sortant du cadre prédéfini de raisonnement propre à l'être humain, celle que nous utilisons pour résoudre des puzzles, visualiser des structures dans l'espace, ou reconnaître des motifs, qui permet le succès du jeu..
            .Les gens ont des capacités de raisonnement dans l'espace intuitives bien supérieures à celle des ordinateurs. C'est donc l'intuition humaine, utilisée grâce à l'interface graphique du jeu, qui est à la base de la réussite et surtout la diversité des approches innovantes d'un grand nombre de joueurs (environ 240 000) rend plus probable la résolution du problème.

Si cela vous intéresse vous pouvez lire l'article de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Foldit

Samedi 6 octobre 2012 à 9:29

Paysages

         Je suis en retard aujourd'hui pou publier. Je m'occupe des immeubles où j'habite, et en ce moment nous avons des travaux dans la rue où débouche le parking sous l'immeuble. Ils refond les conduites d'eau, de gaz, d'électricité et les égouts et donc trottoirs et revêtement par la suite. Cela dure depuis mai et nous en avons jusqu'en décembre. Les problèmes d'utilisation des voitures sont fréquents (on oublie de nous prévenir que l'entrée du parking sera condamnée pendant une demi journée ou que les ordures ne seront pas ramassées) et les résidants sont excédés. J'avais rendez vous tôt ce main avec des représentants de la mairie, le chef de chantier et les responsables du ramassage des ordures, pour essayer de  nous entendre sur une gêne minimale.
         Heureusement, le chef de chantier, bien que simple ouvrier, est plus intelligent que les responsables de travaux de la mairie, entêtés et imbus de leur autorité, qui voudraient imposer que pendant plus de six mois, personne ne puisse sortir ou entrer sa voiture du parking, entre 8h du matin et 18h !
         Et dans nos immeubles, il y a quatre commerçants et deux cabinets paramédicaux où exercent plusieurs praticiens, sans parler des livraisons ou visites aux particuliers. Bref la séance a été rude. C'est étonnant comme le pouvoir rend les gens qui le détiennent, méprisants vis à vis des problèmes des autres !

        Beaucoup de ceux ou celles qui me lisent aiment certainement les châteaux forts, qui font toujours rêver les enfants.

        Une de mes filles m'a envoyé une présentation qui en publiait des images, alors je vous montre les plus belles.

       Je commence par l'Aveyron (12 chef lieu Rodez) : photos de Belcastel, La Brousse, Estaing, Bousquet), deux photos de la cité de Carcassonne et le château de Puilourens, également dans l'Aude :


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Vendredi 5 octobre 2012 à 9:06

Biologie, santé.

 
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             Les médecins ont l'art de trouver des noms barbares à des phénomènes courants.
            Ainsi ils appellent le hoquet " myoclonie phrénoglottique".
         C'est un phénomène qui a touché la plupart d'entre nous, surtout quand nous étions jeunes, et on a du mal à s'en débarrasser. Mes correspondantes m'en parlent parfois, parce que cela les agace.
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         Qu'est ce que le hoquet ?
            C'est un phénomène réflexe respiratoire, incontrôlable et involontaire, qui entraîne une succession de contraction des muscles de la respiration qui nous font inspirer et par contre un blocage des muscles expiratoires, suivis ensuite d'un resserrement circulaire de la glotte.
            L'air a du mal à circuler dans la trachée et fait virer les cordes vocales, produisant le bruit caractéristique du hoquet, tandis que nous ressentons une gêne respiratoire, plus ou moins grande selon l'ampleur du phénomène.
            "myo", origine du grec est le muscle, "clonie" (klonos : agiter) est la secousse involontaire,, "phreno" est le diaphragme (principal muscle respiratoire) et "glottique" relatif à la glotte : voilà l'explication du terme barbare.
            Les hoquets que je connais durent quelques minutes, mais il semble que certains peuvent durer plusieurs jours, voire être presque permanents et nécessitent alors un traitement.
 
 
            Pourquoi le hoquet ?
On connaît la raison physiologique terminale : le hoquet est du  à une irritation des nerfs afférents ou efférents ou des centres relais nerveux de la moelle épinière, contrôlant le fonctionnement des muscles respiratoires et notamment le diaphragme.
Par contre la cause de cette irritation peut être variable et le plus souvent n'est jamais retrouvée.
Lors des crises prolongées, une cause est parfois mise en évidence et est très variable :
                        Stimulation des nerfs afférents : déglutition de substances chaudes ou irritantes 
                        Epanchement dans la plèvre (la muqueuse qui entoure le poumon), pneumonie 
                        Insuffisance rénale ;
                        Alcoolisme ;
                        Grossesse ;
                        Interventions chirurgicales sur l'abdomen ;
                        Affections abdominales : estomac, oesophage, intestin, pancréas, foie, vésicule biliaire...
                        Tumeurs entraînant une stimulation des centres nerveux du bulbe....
 
            Que faire pour inhiber le hoquet.?
 
            Médicalement, on sait que l'augmentation de dioxyde de carbone (CO2) dans le sang artériel, inhibe le hoquet. C'est d'ailleurs pour cela qu'il cesse naturellement, le ralentissement de la respiration entraînant une légère hausse de son taux.
         Dans des cas graves des médicaments sont utilisés, en général des calmants nerveux.
         Les kinés savent appuyer avec leurs doigts, sur les nerfs du diaphragme, en arrière des articulations du sternum et des clavicules.
         Mais de nombreux moyens simples, qui ne réussissent pas toujours, peuvent être utilisés, certains ayant pour but d'augmenter la concentration pulmonaire en CO2 :
                        Apnée prolongée : suspendre la respiration le plus longtemps possible ;
                        Hyperventilation (mouvements respiratoires profonds et rapides) dans un sac en papier (sous surveillance) ;
                        Boire un verre d'eau rapidement ;
                        Avaler du pain sec ou de la glace pilée, du vinaigre sur un sucre ;
                        Traction sur la langue ; (j'ai jamais essayé !!)
                        Compression prudente des globes oculaires ;
                        Pression sur les artères radiales au pouls.

         La "Sucette anti-hoquet" :
 
            Vinaigre, cidre, sucre. Voilà, si l'on en croit la jeune Américaine de 13 ans, Mallory Kierrman, le cocktail imparable pour stopper le hoquet. Sujette à des crises chroniques, elle s'est amusée à tester dans sa cuisine les diverses astuces contre le hoquet qui courent à travers le monde. Les ingrédients les plus efficaces trouvés, elle les a rassemblés au sein d'une sucette baptisée "Hiccupops". En sur-stimulant les nerfs buccaux qui participent  au réflexe respiratoire, la sucette met fin aux contractions incontrôlables.
            En bonne américaine soucieuse de gagner du fric, Mallory commercialisera prochainement son produit grâce à l'aide d'une équipe d'étudiants de MBA qui lui sont entièrement dévoués. Seul problème, le goût du bonbon doit être amélioré !

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Jeudi 4 octobre 2012 à 7:45

Zoologie, botanique, évolution

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            Aujourd'hui, je suis morose, il pleut sans arrêt en région parisienne.
            D'habitude l'été en Bretagne, nous avons droit à quelques assauts des moustiques et on est obligé d'utiliser des diffuseurs électriques pour les éloigner. Cette année, il n'a pas fait chaud en juillet et les larves n'ont pas dû éclore, car même en août les incursions de ces insectes étaient fort rares.
            Je me pose donc de temps à autre des questions sur ces bestioles et j'ai été intéressé par un article de David Hu et son thésard Andrew Dickerson du Georgia Institute of Technology, (Atlanta, États-Unis), qui pensent que certes voler sous la pluie n'est pas agréable pour un oiseau, mais est plus que périlleux pour un moustique; l'insecte volant à quelque 3 km/h, pour une envergure de moins de 10 mm, ne fait pas le poids devant une goutte d'eau 50 fois plus importante, ce qui équivaut à plusieurs tonnes qui s'écraseraient sur un homme.
            Pourtant, le moustique s'en sort bien, tant qu'il n'est pas trop proche du sol. Comment?
 
            Cette équipe, spécialisée en ingénierie mécanique, a décidé de comprendre comment le moustique se débrouillait sous la pluie et a filmé les moustiques avec un appareillage vidéo à haute fréquence pour percer le mystère de la survie du moustique. Les images sont d'après eux, impressionnantes, quand les moustiques subissent les gouttes d'eau.
            Pour mener l'expérience, une cage en plastique a été construite. Faite d'un acrylique de type plexiglas, la boîte était recouverte d'une fine grille retenant les moustiques, mais capable de faire passer des gouttes d'eau. 6 moustiques se sont baladés pendant que l'équipe leur faisait subir une douche calibrée et mesurée. Les 6 moustiques sont sortis indemnes de cette expérience, la SPA n'aura pas à protester !!
 
            Dans de pareilles circonstances, les moustiques pour s'en sortir ont deux atouts : leur robuste exosquelette et un poids hyper léger.
            Les moustiques ne résisteraient pas s'ils se laissent juste aller lors de l'impact. Si vous vous laissiez aller devant une voiture, le résultat serait dramatique, de la même façon si moustique ne faisait rien il se retrouverait écrasé au sol, abattu par la première goutte de pluie.
            Les chercheurs ont observé que les gouttes percutaient plus souvent les ailes et les pattes que le corps du moustique. Dans ce cas, l'eau glisse sur ces membres très hydrophobes; L'insecte tangue ou tourne sur lui-même selon le point d'impact, puis reprend sa route en une dizaine de millisecondes'
            En revanche, quand une goutte percute le corps du moustique, l'insecte, solidaire de la goutte, adopte sa trajectoire pendant quelques millisecondes, tombant ainsi de 5 à 20 fois sa taille, puis se libère et reprend son vol.
            La goutte est peu freinée dans sa course et à peine déformée : l'insecte est si léger que la quantité de mouvement de la goutte est peu diminuée.
            Le moustique est donc un fan de l'aïkido,, comme certaines de mes correspondantes : sa meilleure défense est l'évitement en harmonie de l'attaque de la goutte d'eau. Par contre il ne bouscule pas son adversaire, contrairement ce qu'on enseigne à mes correspondantes lol.
           
            Les chercheurs qui ont fait ces expériences, sont des spécialistes de la mécanique et ce qui les intéressait dans ce projet est la robustesse d'un tel engin. Les résultats de cette étude pourront être réutilisés pour l'amélioration des vrais micros robots aériens, comme les quadricoptères, dont je vous ai parlés dans mon article du 31 mars 2012
 

Mercredi 3 octobre 2012 à 8:35

Divers

En intermède deux "informations" :

La première m'a été envoyée par une de mes filles et m'a amusée, alors j'espère vous faire sourire avec elle :


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La seconde est une mise en garde du Ministère
du Budget et des Finances


 Cela est bon à savoir, l'arnaque va venir en France
               2 euros = 0,40 euro ?
 
    ATTENTION VERIFIEZ BIEN VOTRE MONNAIE
 
           Depuis le 1er janvier la Turquie a une nouvelle monnaie, la "nouvelle lire turque" (Yeni Turk Lirasi), qui remplace l'ancienne lire hyper dévaluée, à laquelle on a enlevé pas moins de six zéros.
           Lorsqu'on regarde la nouvelle pièce de 1 lire, on s'aperçoit aussitôt qu'elle ressemble étrangement à la pièce de 2 euro. Si on compare ces deux pièces, on constate qu'elles ont exactement la même apparence (un anneau de nickel entourant la partie centrale en cuivre) et quasiment la même dimension.
          De même, le côté face comporte, comme beaucoup d'euro, une tête (il s'agit ici d'Ataturk, comme les euro nous montrent le roi d'Espagne, le roi des Belges, Dante, etc. ).

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           La seule différence est qu'à la place du 2 de deux euro, il y a un 1. Et encore peut-on remarquer que ce 1 est graphiquement très proche du 1 de la pièce de 1 euro. Cette pièce d'une lire turque est donc une habile contrefaçon juridiquement inattaquable de la pièce de deux euro. Or elle vaut 0,4 euro (en Europe, en réalité, elle ne vaut rien du tout).
Elle permet donc de rendre la monnaie, dans toute la zone euro, en faisant de substantiels bénéfices.
          Pour l'heure, soyez prudents, vérifiez que lorsqu'on vous rend bien des pièces de deux euros, qu'il ne s'agit pas de pièces d'une lire turque, car elles ont commencé à circuler.

Mardi 2 octobre 2012 à 8:57

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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            Malheureusement il semble bien que l'utilisation d'internet puisse devenir une addiction, sous des formes diverses, et qui a une influence sur les réactions de notre cerveau.
            Certes il ne faut pas y voir une maladie; il n'y a pas de dépendance physiologique comme dans le cas de l'alcool, du tabac ou des drogues, mais une dépendance psychologique, une habitude envahissante. On pourrait presque en dire autant de la télévision ou du téléphone portable.
 
             En fait l'étude est très difficile, car si des drogues modifient le fonctionnement des neuromédiateurs (notamment dopamine et sérotonine), on peut le démontrer sur les animaux, à défaut d'expérimentation sur l'homme, mais on n'a pas réussi à apprendre aux animaux à se servir d'internet ! lol
            Les psychiatres ont essayé de définir des caractéristiques d'une addiction (en particulier pour l'addiction au jeu d'argent), mais pour internet les critères de sevrage et de rechute ne sont pas clair. Les critères comportementaux ne comprenant ni sevrage, ni rechute, ne font pas l'unanimité des psychiatres.
            Les médecins ont un avis différent car ils considèrent, qu'il y a addiction, à partir du moment où quelqu'un souhaite réduire ou cesser une conduite et n'y arrive pas, et des demandes dans ce sens existent en nombre concernant internet et le jeu sur ordinateur.
            Une controverse existe aussi car beaucoup de psychiatres pensent que toute addiction est la conséquence de troubles psychiques préexistants.
            Mais l'une des raisons de l'hésitation à reconnaître l'existence d'addiction à internet, est la crainte de voir les sociétés pharmaceutiques vouloir vendre des médicaments plus ou moins actifs et plus ou moins dangereux, pour soigner cette addiction !
 
            Peut-on parler d'addiction chez les adolescents qui restent des heures devant leur ordinateur et négligent ainsi leur vie sociale, familiale et scolaire ?
            L'Académie nationale de
médecine dans un rapport de mars 2012 pense que non.
            Les adolescents n ont pas encore acquis le contrôle de leurs impulsions, ce sont des comportements transitoires et dès qu'on leur propose autre chose de plus intéressant, ils décrochent.Malheureusement on n'a pas su non plus leur trouver quelque chose d'intéressant à étudier à l'école !
 
            Cependant des études montrent que de nombreuses zones cérébrales seraient modifiées par l'usage abusif d'lnternet.
            La matière grise (le corps des cellules neuronales, (en bleu) perd en densité ou en volume notamment dans le cortex préfrontal dorsolatéral, (multitâches) le cortex orbito-frontal (décision, processus de récompense), et le cervelet, (automatisation), impliqués dans le contrôle cognitif et moteur; et dans le cortex cingulaire, impliqué dans la motivation et l'attention, l'état émotionnel et le rappel des souvenirs épisodiques (ceux de notre vie).
            La matière blanche (représentative de Ia connectivité cérébrale) s'appauvrirait au centre du cerveau (en rose).
            Ces résultats sont préliminaires : ils résultent de quelques études incluant une vingtaine de patients chacune, et ils pourraient être associés à d'autres pathologies (anxiété, dépression, prise d'alcool ou de drogue) ou au manque de sommeil.

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            Par contre la pratique intensive des jeux vidéo (six à neuf heures par semaine), si elle a comme inconvénient d'être très nocive pour les études, semble avoir certaines conséquences bénéfiques : développement de l'acuité visuelle, meilleure répartition dans l'espace de l'attention, reconnaissance plus rapide des objets, et meilleure mémoire à court terme.
            Ces améliorations sont provisoires et durent quelques mois si on arrête de jouer.
            Et il est difficile d'arrêter cette envie de jouer, et c'est en cela que l'on peut dire que cela ressemble à une addiction.
 

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lancien

sortir de la tristesse

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