Vendredi 30 novembre 2012 à 8:44

Sciences et techniques

Je vous ai expliqué hier ce qu'était le "mur du son"
Ce terme a une origine historique et non scientifique, car lorsque les aviateurs  ont commencé à s'approcher de cette limite, ils ont remarqué des phénomènes d'instabilité et un durcissement des commandes de l'avion qui rendaient l'approche de cette limite particulièrement difficile, au point que les aviateurs avaient fini par l'appeler le mur du son. Lorsque Chuck Yeager a franchi cet obstacle à bord du Bell XS1, le terme est quand même resté pour donner une description imagée d'une augmentation brutale de la résistance.
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/180pxCharlesYeagerphotoportraitheadonshouldersleftside.jpgLe premier avion qui a franchi le mur du son est en effet un avion expérimental américain, le Bell XS1. (les avions X sont des prototypes d'essais).
Comme on n'avait pas d'élément d'études aérodynamiques (les souffleries n'étaient pas assez puissantes et surtout il n'y avait pas d'ordinateurs pour faire calculs et simulations), on lui a donné une forme de balle de fusil, et comme les réacteurs n'étaient pas assez puissants, on lui a mis un moteur de fusée alimentée par de l'acide éthyle et de l'oxygène liquide.
Comme son autonomie n'était que de 2,5 minutes, il était placé sous le ventre d'une superforteresse qui le larguait à 6000 m d'altitude.
Après 26 vols d'essais subsonique, le 14 octobre 1947, à 10h51, il atteint Mach 1,01 (1297 km/h) pendant une minute environ. Dans les vols suivants, l'appareil atteindra des vitesses plus élevés et notamment en 1954, Mach 2,5 à 22 000 m d'altitude, mais l'appareil devient incontrôlable et manque de s'écraser au sol après une chute vertigineuse.
Le phénomène n'avait rien d'aérodynamique et était une réaction de mécanique classique, lorsqu'à très grande vitesse, on fait un virage serré avec un véhicule dont les masses ne sont pas uniformément réparties autour de l'axe de rotation, les forces centrifuges engendrées par les différences de poids tendant alors à faire pivoter le système sur un axe de rotation perpendiculaire à l'axe initial et donc à mettre l'appareil en brutal piqué.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/x1081.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/3107094584acc8c94ba8.jpg


Les versions successives de cet avion seront ensuite bardées de capteurs de pression et température pour mieux connaître les phénomènes physiques aux grandes vitesses.
5 jours après un autre prototype américain , le North American Sabre XP86 atteindra Mach 1, 02, piloté par Georges Welch.
 
Vous remarquerez que le Bell XS1 avait comme les avions de l'époque des ailes perpendiculaires au fuselage.
Il est vite apparu que cette configuration était mauvaise pour un vol trans- et supersonique. Les avions militaires modernes ont donc des ailes en flèche ou en Delta.
Par ailleurs il est apparu que si l'on restreignait le diamètre du fuselage derrière les ailes, le cône de Mach était atténué.
Par ailleurs, pour avoir une meilleure résistance, un poids plus léger et aussi pour résister aux températures d'échauffement en vol de longue durée à ces vitesses (le nez d'un Concorde atteignait 120 d°C), des matériaux autres que l'aluminium sont employés : titane, et surtout matériaux composites en fibres de carbone.
            Le premier avion français militaire à franchir le mur du son fut le Mirage II en 1954.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/x43.jpg
          Les avions à réaction militaires des divers pays volent actuellement à Mach2 environ, mais un avion américain, le X43 A, a dépassé Mach 10 (11 000 km/h) en 2004. C'est un avion sans pilote, doté d'un statoréacteur, mesurant 3,65 m de long, 0,65 de haut et 1,5 m d'envergure.
            Le statoréacteur fonctionne sur le même principe qu'un réacteur, mais sans pièce mobile, en fait c'est la forme de la prise d'air qui remplace la turbine de compression : le flux d'air entre à la vitesse supersonique, est compressé et passe dans le moteur où de l'hydrogène est injecté dans le flux d'air et s'enflamme en réagissant avec l'oxygène de l'air; l'expansion rapide des gaz chauds engendre la poussée.
            Un statoréacteur a besoin d'atteindre une certaine vitesse pour s'auto-alimenter, et le X43 décolle, attaché au bout du nez d'une fusée , elle même attachée sous une superforteresse B52. Cet avion largue la fusée à 13 000 mètres et la fusée Pégasus emmène le X43 à 29 000 mètres et le largue à la vitesse de Mach 7. Le prototype a atteint mach10 pendant un vol de 12 secondes, puis il est descendu en vol libre et a plongé dans l'océan.
            C'est une étude de la NASA sur les vitesses hypersoniques et aussi sur l'utilisation éventuelles de statoréacteurs au décollage de fusées.

Un avion en vol supersonique et la visualisation, par condensation de la vapeur d'eau, du cône de Mach qu'il provoque.
Ce sont les bords d'attaque des ailes qui provoquent la perturbation.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/5257781296ad9046413.jpg
           Comme je l'ai dit hier, le cône de Mach accompagne l'avion tant qu'il est supersonique et qu'il y a de l'air. Mais s'il n'y a plus d'air les réacteurs ne fonctionnent plus et seules les fusées peuvent voler.
           Les avions militaires actuels volent au maximum vers 14 000 à 18 000 mètres, et les avions civils vers 12 000. Le C oncorde volait un peu plus haut
: 16 000 à 18 000 mètres. Seuls les avions américains d'observation genre U2 volent vers 28 000 m. Le cône de Mach se forme à ces altitudes, et lorsqu'il atteint le sol, même s'il est atténué, il s'entend.
         Mais pour que cela ne fasse pas repérer les U2 le constructeur a étudié des formes très bizarres (fuselage et ailes), qui suppriment presque complètement le cône de Mach et des revêtements qui à la fois minimisent les turbulences et surtout rendent l'avion presque invisible aux radars.

          
         Quelques mots sur Baumgartner.
         C'est effectivement plus un exploit sportif que scientifique.
         Mais cependant c'est un enseignement pour une éjection dans l'espace en cas d'accident, et son scaphandre est intéressant.
         En ce qui concerne le passage du mur du son, Baumgartner, en chute libre, soumis à des instabilités comme un avion, différentes car il n'avait pas d'ailes, mais qui l'on fait tourner sur lui même et c'était dangereux par les accélérations subies.
         Pour ce qui est de l'échauffement, en supersonique il n'a pas beaucoup dépassé Mach1 et pendant peu de temps puis il a ralenti doucement. Compte tenu de la température extérieure très basse en haute altitude, il n'y a guère eu d'échauffement.

Jeudi 29 novembre 2012 à 8:13

Sciences et techniques

A la suite de mon article sur l'exploit de Baumgartner, j'ai reçu plusieurs mails me demandant d'expliquer le "mur du son", le "bang" et ce qui se passait sur l'avion. On m'a posé également des questions sur la température en altitude et l'échauffement à la rentrée dans l'atmosphère.
            Je vais essayer d'exposer cela le plus simplement possibles, sans faire appel aux maths. (les figures sont empruntées à un cours de la société Dassault).
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/aviondecollage.jpg            Supposons d'abord l'avion arrêté saur la piste, réacteurs en marche. Le "bruit " du réacteur est en fait une onde de pression : les molécules d'air s'agitant sur de petits trajets sous l'effet des vibrations du moteur, créent cette surpression, qui se déplace progressivement dans tout l'espace à vitesse constante : la vitesse du son dans l'air; l'onde est sphérique, mais nous voyons sur la figure une coupe verticale et donc des cercles. Chacun correspond au son émis à des instants successifs. (figure 1)
            Si l'avion vient d'allumer son réacteur, nous n'entendrons le bruit que lorsque cette onde nous atteindra et ceci dans un même temps que nous soyons devant, derrière ou sur le coté.
            L'onde n'est pas la même chose que le vent. Si vous voulez vous représenter le phénomène : vous envoyez un caillou dans l'eau : il provoque une perturbation en soulevant un peu l'eau qui retombe, mais transmet le mouvement à l'eau voisine. Ainsi vous voyez des cercles dont le rayon grandit et qui donnent l'illusion d'un déplacement de l'eau, mais l'eau reste au même endroit et ce que vous voyez ce sont les mouvements successifs, décalés dans le temps, qui produisent ce phénomène de propagation d'une onde, c'est à dire d'une perturbation.
            Une onde plane : la "ola" dans le stade : les spectateurs ne se déplacent pas, il se lèvent et se rasseyent, mais vous avez l'impression d'un mouvement qui se propage sur les gradins.
           
 
            Maintenant l'avion vole, mais à vitesse subsonique.
            Non seulement son réacteur fait du bruit, mais l'avion qui écarte les molécules d'air pour passer crée une perturbation à son niveau, qui va se propager à la vitesse du son dans l'air. En fait c'est la vitesse de propagation de toute onde de perturbation dans l'air et on l'a appelé vitesse du son parce que le son est une perturbation courante, mais c'est un cas parmi d'autres.
            Entre la sphère la plus grande et les suivantes correspondant à des émissions ultérieures de son, l'avion a avancé et donc il émet le son d'un point un peu plus à gauche : les sphères ont leurs centres décalés dans le sens du déplacement et cela d'autant plus que l'avion va vite. (figure 2).
            Si vous êtes devant l'avion les émissions successives dans le temps du son vous atteindrons plus vite que si vous êtes derrière lui.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/ondemurduson.jpg            L'avion atteint la vitesse du son, (à la pression a basse altitude et à la température de 15 d°C elle est de 340 m/s soit 1224 km/h (on appelle cette vitesse Mach1).
          Sur l'avant le son ne va pas plus vite que lui et reste en quelque sorte "planté devant lui". Toutes les sphères sont tangentes devant le nez de l'avion.
            On a appelé ce plan tangent (en pointillé sur la figure 3) le "mur du son", mais ce n'est pas vraiment un mur et cette appellation est malheureuse.
            Au niveau de ce plan, les pressions des perturbations se renforcent et on a des mouvements beaucoup plus importants et assez anarchiques des molécules d'air, les diverses ondes se renforçant par addition.
            L'avion ne se cassera pas le nez sur ce mur, mais il subit des perturbations dans sa pénétration dans l'air et sa portance et est secoué et ralenti. L'avion vibre énormément et il peut même y avoir une inversion des gouvernes pendant un bref instant.
            Au voisinage de la vitesse du son, le pilotage devient plus difficile et si on n'a pas un excédent de puissance, on ne peut plus accélérer.
            Jusqu'en 1947 les avions n'étaient pas assez puissants et donc les ilotes ne pouvaient franchir cette vitesse et avaient peur de ces perturbations inconnues à l'époque au plan aérodynamique. C'est pour cela qu'ils avaient l'impression de se heurter à un "mur" infranchissable.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/ondesupersonique.jpg            Supposons que nous soyons maintenant au de la de la vitesse du son et donc dans un avion supersonique. Il va plus vite que les ondes de perturbation qu'il a émises. (figure 4).
            Les centres des cercles précédents vont maintenant être décalés vers l'arrière de l'avion.
            On peut montrer mathématiquement que ces cercles ont tous des points d'intersection où les perturbations s'ajoutent. Les lignes bleues joignent ces points (la figure n'est pas très bien faite).
            Dans l'espace, c'est un cône ayant pour sommet l'avion, ce cône étant les points communs des sphères successives. Ce cône se déplace avec l'avion et il matérialise la propagation des ondes de perturbation
            Sur ce cône, le passage des ondes successives crée une forte perturbation et donc une discontinuité pression quand on est au voisinage du cône, les molécules d'air devant le cône ayant une agitation normale car elle ne sont pas encore atteintes par la perturbation, et étant beaucoup plus agitées derrière le cône; La pression y est donc brutalement beaucoup plus forte : on appelle cela une "onde de choc".
           
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/ondechoc-copie-1.jpg            Supposons maintenant un homme sur terre : il voit l'avion supersonique passer et , oh surprise ne l'entend pas, puisque les ondes sonores ne l'ont pas atteint. Puis le cône de l'onde de choc (on l'appelle cône de Mach) passe sur ses oreilles dont les tympans sont brutalement soumis à une pression très forte : il entend comme un coup de canon le "bang" du passage de l'avion.
            Après le passage de cette onde de choc; la pression devient normale mais il entend alors le bruit normal de l'avion.

            Les journalistes disent souvent une bêtise croyant que le "bang " en se produit qu'au passage du mur du son par l'avion : c'est faux
            Le bang suit partout l'avion s'il est supersonique et à lieu après son passage quand l'onde de choc atteint la surface du sol.
            On entendait sur les premiers avions supersoniques un double bang, mais souvent très proches et pas toujours faciles à distinguer. Le premier correspond à l'onde de choc issue du nez de l'avion et surtout du bord d'attaque des ailes, le second est formé sur l'empennage. Dans les avions modernes, la section de l'avion est ajustée de manière qu'il n'y ait pas de discontinuité de la section globale de l'avion, ce qui se traduit notamment par un pincement du fuselage à la jonction avec les ailes. À cause de cette forme générale, l'onde de choc à grande distance est à présent unique.
   http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/FA18Hornetbreakingsoundbarrier287July199929.jpg                    
            Quant à l'avion qui évolue à une vitesse supersonique il est dans un milieu calme et sans perturbation et son pilotage redevient facile.
Il ne subira à nouveau des perturbations qu'en ralentissant et en passant à nouveau la vitesse critique du son, pour devenir subsonique.
            Mais au passage d'une onde de choc se produit un refroidissement et si l'atmosphère est saturée d'eau, celle-ci se condense en un nuage.
            On voit ainsi se matérialiser sur la figure ci contre, le cône de Mach provoqué par les ailes de cet avion supersonique. On voit un deuxième petit cône provoqué par l'excroissance du cocpick.
 


           
          
            La meilleure connaissance de l'aérodynamique a permis de comprendre ces phénomènes.
            Une meilleure technologie a également permis d'adapter les structures et les formes des aéronefs à ce passage du mur du son.
            Je vous dirai quelques mots de cette évolution demain, et je reviendrai quelques instants sur l'exploit de Baumgartner
 
 
 
 

Mercredi 28 novembre 2012 à 8:16

Divers

J'ai trouvé des images d'un mobil-home particulièrement impressionnant, alors j'ai eu envie de vous les montrer entre deux articles plus sérieux. Mais je ne connais pas son prix !!!

     D'abord le garage de la voiture, puis le poste de conduite, presque comme celui d'un avion de tourisme.
     Derrière le poste de conduite, en regardant vers l'avant, le salon, puis en regardant vers l'arrière la salle à manger à droite et la cuisine à gauche.
     Puis un bureau télévision qui peut éventuellement servir de chambre d'appoint (un lit rabattable); enfin la chambre et en bout de camion la salle de bain qui paraît immense, en raison de la glace sur la paroi du fond.
http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive03.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive07.jpg

http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive09-copie-5.jpg




http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive10-copie-2.jpg










http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive14-copie-2.jpg




http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive08-copie-1.jpg







http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive12-copie-4.jpg






http://lancien.cowblog.fr/images/images/Diapositive16-copie-2.jpg

Mardi 27 novembre 2012 à 8:00

Notre cerveau : intelligence; langage

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images1-copie-8.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images3-copie-2.jpg















                 Qu'est-ce que la crédulité ? C'est prendre pour vraies des informations manifestement contre-intuitives : par exemple, le fait de croire que des extra-terrestres viennent régulièrement sur terre enlever des humains. Il y a des gens qui croient ces histoires. Pourquoi?
                Comment des croyances manifestement irrationnelles, voire délirantes, peuvent-elles ne pas être arrêtées par le filtrage de notre cerveau.
                Fabrice Clément, chercheur en sciences cognitives à l'université de Neuchatel, a écrit des articles intéressants sur ce sujet.
 
             La plupart des croyances qui nous sont transmises par autrui (rumeurs, informations, nouvelles...) sont soumises à deux filtres mentaux : l'un cognitif, l'autre émotionnel.
               Le filtre cognitif, que l'on pourrait appeler le "sens critique" ou simplement le "bon sens", cherche à établir si une information est crédible ou non au regard de l'expérience et de la culture de chacun. Face à une information absurde ou contre-intuitive, (un vaisseau martien atterrit dans mon jardin !), nous exerçons spontanément ce filtre cognitif.
          Evidemment ce filtre est donc plus ou moins performant selon l'éducation et l'instruction que nous avons reçue, mais aussi suivant notre personnalité (avons nous une préférence cérébrale de décision "logique"?), et aussi selon l'expérience que nous a apportée la vie.
              La défaillance de ce filtre peut se manifester de deux façons :
                 - La première apparaît comme une acceptation non critique de choses ou de possibilités invérifiables. Ces croyances invérifiables appartiennent le plus souvent aux religions ou à un corps de doctrines et de rites pratiqués en groupe, sous une autorité hiérarchisée. C'est le cas de l'adhésion aux doctrines de sectes.
               - La deuxième manifestation de la crédulité, consiste en une acceptation non critique de choses ou de possibilités vérifiables, ce qui relève d'une confiance naïve et paresseuse. Une analyse logique et scientifique correcte devrait les éliminer; encore faut il avoir les connaissances suffisantes.
 
          Quant au filtre émotionnel, il trie ce qui est désirable ou non. Car pour qu'une information soit acceptée, il ne suffit pas qu'elle paraisse vraie ou fausse, il faut aussi qu'elle ne perturbe pas trop l'équilibre psychique
            Le filtre émotionnel tient compte de nos désirs, de nos sentiments, de nos valeurs morales et religieuses.
Si nous désirons fortement quelque chose, toute information qui nous porte à croire que ce désir va être exaucé, apparaît comme bienvenue, et nous avons davantage tendance à la croire. Tout l'art des astrologues et cartomanciens est fondé sur cette tendance, leur problème étant de nous faire avouer nos désirs profonds, sans que nous nous en rendions compte.
            Des personnes ayant une grande curiosité intellectuelle et une éducation sentimentale, morale et religieuse poussée, peuvent trouver dans des doctrines ou croyances très discutables - comme l'astrologie par exemple - un élément qui les passionne et les rassure, ne sachant plus ce qui relève de la croyance non fondée et de la raison, tout en ayant l'illusion d'accéder à des niveaux de compréhension supérieurs.

            Il peut exister des formes de crédulité que l'on pourrait qualifier d'inversées, marquées par un scepticisme exacerbé : toute information contredisant ce qui était admis jusqu'ici est rejetée par le filtre cognitif.
            Certains milieux culturels, qualifiés parfois de traditionalistes ou conservateurs, tendent à favoriser cette forme d'attitudes marquées notamment par le rejet de concepts rationnels. Un exemple courant aux USA est le rejet de la théorie de l'évolution par un certain nombre de croyants, de quelque religion que ce soit (les créationnistes).
            Dans certains cas, le scepticisme repose sur une attitude plus radicale, indépendante de toute croyance préalable. Ce sont alors les "cultures du soupçon", ou le scepticisme généralisé est encouragé et transmis chez les plus jeunes. C'est le cas des informations en provenance des gouvernements, qui sont souvent accueillies avec scepticisme par la population, prompte à soupçonner "qu'on lui cache quelque chose".
 
             Le psychologue américain Robert Cialdini a montré que, bien que notre cerveau soit équipé de certains mécanismes fondamentaux destinés à vérifier la cohérence des informations communiquées, par autrui, notre esprit n'a pas les moyens d'être exhaustif, et qu'il utilise par conséquent de nombreux raccourcis cognitifs pour se forger une opinion, ce qui n'est pas sans inconvénient.
            En cas d'incertitude, on a tendance à former ses croyances en se référant à ce qui semble être admis par le plus grand nombre de personnes ; plus on a l'impression qu'une croyance est partagée, plus elle a des chances d'être acceptée par le système cognitif.
            Si cette stratégie se révèle satisfaisante dans de nombreuses situations, elle peut bien entendu également conduire à adhérer à des idées fausses, notamment lorsque ce mécanisme est mis à profit par des personnes mal intentionnées.
            Le tri effectué est loin d'être imperméable à toute forme d'informations erronées, car d'une part il est indispensable que ce filtrage soit une évaluation automatique et très rapide, et d'autre part l'évaluation logique doit aussi se préoccuper des conséquences émotionnelles que les informations reçues auraient sur l'organisme.
            Et comme le filtre émotionnel a également son mot à dire, ils entrent tous deux en compétition.
 
            Alors comment procède un manipulateur pour nous faire croire à ses arguments ?
            D'abord, il essaie d'avoir des arguments qui soient vraisemblables au plan de la logique ou des connaissances moyennes des individus ou de leurs habitudes.
            Ainsi dans les arnaques sur internet pour vous extorquer des renseignements sur votre messagerie ou vos comptes bancaires, on vous envoie un message avec des en-têtes qui sont exactement celles de l'organisme qui est censé vous demander les renseignements. Il vous faudrait un examen de plusieurs minutes avec les deux modèles sur votre écran, pour déceler de petites différences.
            Ensuite il s'adresse à votre émotivité ou aux conséquences possible de votre émotivité en vous promettant soit un cadeau "vous n'allez pas le croire, vous êtes le millième gagnant...", soit il va vous faire peur "pour que vous puissiez continuer à vous servir de votre compte, vous devez...." et vous vous imaginez privé(e) de votre carte bleue.
            Ainsi, l'art des manipulateurs consiste à formuler leurs thèses de façon à ce qu'elles soient évaluées positivement par les mécanismes du filtre cognitif  en leur donnant une tournure apparemment logique, en faisant miroiter les conséquences émotionnelles positives de leurs propositions, ou en utilisant éventuellement des complices afin de susciter un effet de consensus, tout en tenant un discours clairement articulé qui procure une satisfaction intellectuelle.
            A l'inverse, on croit peu aux prédictions funestes, car elles procurent des émotions négatives, sauf lorsque le danger est imminent et que la réaction de survie paraît essentielle. Dans ce cas, nos centres amygdaliens s'emparent du problème, et le filtre cognitif est court-circuité, car la nécessité d'agir rapidement l'emporte, er la crédulité devient totale.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images5.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/Unknown-copie-6.jpg

Lundi 26 novembre 2012 à 7:54

Notre cerveau : intelligence; langage

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images6.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images4-copie-1.jpg
http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images-copie-14.jpg

             Je suis toujours étonné de la capacité des humains à croire n'importe quoi. On pourrait croire que cela résulte d'une insuffisance d'intelligence ou d'une éducation et instruction trop sommaires : c'est en partie vrai. Mais des gens intelligents et instruits gobent aussi des tas de balivernes.
            On peut aussi dire que les jeunes n'ayant pas en mémoire assez d'expérience de la vie sont plus crédules : c'est en partie vrai aussi, mais le nombre d'arnaques auxquelles succombent des adultes est impressionnant.
            C'est même étonnant : alors que le niveau moyen d'instruction a régulièrement augmenté depuis cent ans, ce que l'on appelle "le bon sens" semble s'être dégradé. Mon grand père, qui était paysan et n'avait que son certificat d'études, n'aurait jamais cru le dixième de ce qu'avalent sans sourciller la plupart des adultes aujourd'hui.
            Qu'est-ce qui provoque cet effondrement des capacités de jugement?
            La psychologie n'en est qu'à ses débuts, quand elle cherche à expliquer ce qui nous fait croire une information ou en douter, et les études sur le sujet sont rares.
 
            Les informations pouvant susciter une forte crédulité sont celles pour lesquelles le cerveau humain est placé face à une affirmation dont il ne peut vérifier rapidement la véracité, car il lui faudrait mener une enquête personnelle longue et laborieuse. 0r la rapidité de décision est un paramètre essentiel dans la façon dont nous forgeons nos convictions           
            De plus l'esprit critique a tendance à s'affaiblir si une affirmation est reprise par beaucoup de personnes', si par exemple on trouve cette affirmation sur plusieurs sites du Web. En outre, i on trouve agréable de se faire le relais de telles rumeurs, ce qui constitue, pour Ie cerveau, une "incitation à croire".
            Le but des études menées serait d'identifier et de décrire les états neurophysiologiques qui sous-tendent nos croyances, ainsi que les mécanismes qui, chez un individu et dans les relations entre individus, règlent leur dynamique. Par "croyance", on entend une représentation tenue pour vraie par un individu, représentations qui jouent un rôle crucial puisqu'elles modulent continuellement nos raisonnements et nos comportements..
            Ce que les psychologues appellent donc des "croyances" peuvent avoir trois grandes origines :
                        - percevoir (voir, sentir, goûter, etc.) une information qui ne nous était pas encore connue.
                        - déduire d'un raisonnement une conclusion à laquelle nous n'avions pas encore pensé.
                        - recevoir d'une autre personne, une proposition qui nous apprend quelque chose de nouveau.
            Chacun de ces mécanismes est susceptible de provoquer de fausses croyances.
            Nos sens, les premiers, peuvent nous tromper et on peut être conduit à admettre la conclusion d'un raisonnement faux parce que l'on a été victime d'un biais de raisonnement.
            Mais il ne s'agit pas vraiment de crédulité.
            Les cas les plus marquants de crédulité apparaissent par l'intermédiaire de ce qui nous est communiqué : autrui, mais surtout les médias, et puis évidemment tous ceux qui cherchent à vous arnaquer, notamment sur internet..
            Dans les cas où il s'est "fait avoir", le crédule ressent une forme de honte, qui indique que, contrairement aux sensations erronées ou aux biais de raisonnement qui, d'une certaine façon, nous dépassent, la crédulité est associée à une forme de responsabilité : si le crédule s'en veut, c'est qu'il sent rétrospectivement qu'il y était pour quelque chose, qu'il a bien voulu croire ce qui lui était conté.           
 
            Nous sommes naturellement entraînés à croire ce qu'on nous dit.
            La communication comporte autant d'avantages que d'inconvénients, du point de vue de l'acquisition de croyances fiables et utiles. Du côté des avantages, il est indéniable que Ie langage a permis aux humains d'emmagasiner des idées pertinentes et des techniques utiles. Les enfants ont intérêt à acquérir cette culture assez rapidement afin de s'intégrer à leur groupe d'appartenance et de profiter des "bons trucs" qui leur ont été socialement transmis. Il est donc important d'être en mesure de croire ce que l'on nous transmet ainsi par apprentissage.
            Mais en fait, très tôt, un enfant apprend à se méfier des informations qu'il reçoit.
            Dès 2 ans, ils rejettent ce que disent des personnes qui donnent des noms erronés aux objets familiers. Vers 3 ans, ils ne suivent pas aveuglément un informateur apparemment fiable s'il contredit ce qu'ils ont pu percevoir par eux-mêmes. Par contre, ils leur est difficile de se remémorer la façon dont ils ont acquis une information, et oublient même qu'ils ont pu posséder une croyance différente dans le passé.
            Si, globalement, les recherches en sciences cognitives montrent que notre cerveau possède certains mécanismes fondamentaux pour vérifier la cohérence des informations que nous recevons, elles insistent sur le fait que notre esprit n'a pas les moyens ni surtout le temps nécessaires pour être exhaustif, et qu'il utilise par conséquent de nombreux "raccourcis cognitifs" pour se forger une opinion, lesquels ne sont pas toujours dénués de risques d'erreurs.
            Ce sera le sujet de mon article de demain : pourquoi sommes nous crédules ?

Dimanche 25 novembre 2012 à 8:13

Sciences et techniques

Dernier inter-articles sur les avions : les petits avions de tourisme.

http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive06.jpg








Celui là est un planeur, le Fauvel AV 36; ce qui est étonnant c'est qu'il n'a pas de très grandes ailes.









http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive19.jpg




Celui là a d'immenses ailes, mais il a un réacteur sur le dos.
C'est un avion de la compagnie Virgin Atlantic, pour transporter des hommes d'affaires.




http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive20.jpg







Lui est à hélice; il a une tête de canard.







http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive23.jpg






Une toute petite "bécane" avec une hélice à l'arrière, mis il me plait bien !






http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive37.jpg








C'est un avion "bricolé", avec deux moteurs de tondeuse à gazon.
Juste la place pour le pilote !








http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive41.jpg







Ce petit réacteur est mignon, avec sa tête de poisson en train de gober du plancton.







http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive45.jpg





Cet avion à hélice a une allure originale







http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive35.jpg






Mais la palme de l'originalité, c'est à celui là que je la donne. 
Je me demande qui a pu imaginer ce "bidulle".

Samedi 24 novembre 2012 à 8:35

Stress, dépression, médicaments

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2/images-copie-1.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Images2/Unknown.jpg
















              Il m'arrive assez souvent de discuter avec des jeunes qui ont des problèmes au lycée en fac ou au travail, et souffrent de stress et d'anxiété, avec parfois des conséquences gênantes.
            J'ai remarqué que le plus souvent stress et anxiété sont, pour eux, la même chose, et c'est vrai qu'en apparence les conséquences sont voisines.
 
            Mais ce sont deux phénomènes différents au plan physiologique, et j'aimerais le préciser, en parlant des réactions du système nerveux et du système endocrinien (les hormones), qui ont lieu dans les deux cas, mais de façon différente.
 
            Le stress est une réaction physiologique qui dans un premier temps permet de s'adapter face à une agression externe plus ou moins grande, qu'elle soit un traumatisme physique ou psychique, thermique ou sociale.
            Il peut y avoir trois phases successives ou pas :
                        - une phase d'alerte où l'organisme est prévenu de l'agression et mobilise ses défenses. C'est le cortex préfrontal qui constate un conflit à l'intérieur du cerveau émotionnel qui déclenche l'alarme, (voir mon article du 18 novembre 2012), et en cas de danger immédiat ce sont les centres amygdaliens qui réagissent directement.
                        - une phase d'adaptation et de résistance à l'agent stressant, où les réactions de l'organisme et de l'individu vont atténuer et surmonter le traumatisme et le stress va diminuer.
                        - une phase d'épuisement si l'agent stressant est trop fort et trop durable pour l'organisme qui ne plus y faire face. Dans ce cas la situation s'aggrave et l'on peut aboutir à la dépression.
            En fait le stress a une issue favorable si tout s'arrête à la phase 2 et défavorable si le traumatisme reprend en phase 3.
 
            Dans la première phase c'est le système nerveux qui réagit le premier. Ce sont principalement les centres amygdaliens qui vont se mobiliser et qui par l'intermédiaire du neurotransmetteur adrénaline, vont alerter l'hypothalamus qui, agissant sur le système sympathique, va mobiliser les défenses et préparer l'organisme au combat ou à la fuite : augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle, du rythme respiratoire, sudation ....
            Puis l'hypothalamus excite les glandes surrénales (situées au dessus du rein), qui vont sécréter de l'adrénaline dans leur partie médiane (médullosurrénale), puis dans la partie périphérique (corticosurrénale) le "cortisol" que l'on appelle l'hormone du stress.
 
            Dans la deuxième phase le cortisol va "calmer le jeu" dans le cerveau. Il va d'une part faire préparer par le cerveau émotionnel les réactions de défense (résistance, fuite...) mais ensuite il prépare l'organisme à un retour à la normale, par rétroaction sur l'hypothalamus.
            Les réactions physiologiques s'atténuent, la production d'adrénaline diminue.
            Si le stress ne se prolonge pas, tout rentre dans l'ordre.
 
            Si par contre le stress continue et surtout s'amplifie, le cortisol , qui continue à être sécrété s'accumule et provoque des réactions du système nerveux.
            Les premières actions se font au niveau du système émotionnel et les idées négatives "tournent en rond" dans le cerveau émotionnel comme le montre le circuit de Papez (c'est une représentation simplifiée d'un phénomène très complexe; voir mon article du 13 juillet 2007).
            Puis des actions néfastes sont possibles au niveau de l'hippocampe et donc de la mémoire. Parallèlement des anomalies de sécrétion de dopamine et de sérotonine modifient l'humeur et perturbe le système de récompense, de telle sorte que volonté et motivation baissent considérablement.
            Par la suite le cerveau émotionnel ne transmets plus normalement les informations au cortex préfrontal (voir l'article du 19 octobre 2012) et le cerveau n'arrive plus à anticiper et à raisonner logiquement.
            On entre en dépression.
           
            L'anxiété est un phénomène différent. En présence d'un danger (ou d'un trauamtisme), nos centres amygdaliens produisent le sentiment de peur. Plus cette peur est grande, plus elle va impressionner le cerveau et notamment ancrer des souvenirs dans la mémoire.
            Quand le danger disparaît, la peur ne cesse pas forcément car le cerveau continue à croire que le danger va revenir et à anticiper ses conséquences. On ne parle alors plus de peur, mais d'anxiété ou d'angoisse.
 
            L'anxiété est donc une réaction cérébrale, anticipant un danger ou un risque de traumatisme, qui n'existe pas ou pas encore.
            L'anxiété peut être utile car elle stimule la mémoire pour éviter des dangers, mais permanente et forte elle a comme le stress des conséquences néfastes.
            Elle peut conduire à des dépressions, des phobies ou des comportements compulsifs.
            Contrairement au stress elle est un phénomène purement cérébral dont les deux principaux acteurs initiaux antagonistes sont les centres amygdaliens et le cortex préfrontal.
            La sérotonine qui agit sur l'humeur, la noradrénaline qui est un excitateur, la dopamine et le circuit de récompense et surtout le gaba, qui diminue l'activité des neurones (il favorise l'action d'ions Cl- qui diminuent les influx nerveux), sont les principaux neurotransmetteurs en jeu. La plupart des anxiolytiques qui diminuent l'anxiété agissent en augmentant l'action du GABA.
 
            Tout le monde connaît une forme bénigne et passagère d'anxiété : le trac. Mais il y a malheureusement des cas plus sérieux.
            En 2011, une enquête européenne a révélé que plus de 14% des européens souffraient de troubles anxieux. (15% aux USA).
            D'après les différentes études 2,1 % souffrent de troubles paniques, 4,8% d'agoraphobie (la peur de ne pas pouvoir échapper à une situation ou de ne pas être secouru en cas par exemple de crise physiologique). D'autres manifestations existent comme la phobie sociale qui fait éviter toute manifestation en société, les troubles obsessionnels compulsifs qui résultent de souffrances dues à des obsessions, et qui peuvent se traduire par des gestes ou actions compulsifs.
            Le ressenti commun est un sentiment de malaise, de tension interne, de peur de l'avenir.
Les pensées s'orientent vers des scénarios catastrophes, la peur du regard des autre, l'impression d'être agressé ou menacé, en général sans véritable raison.
            Le sujet peut ressentir des bouffées de chaleur, une sensation d'étouffement, des nausées, des tremblements, des douleurs musculaires ou des fourmillements, des bourdonnements d'oreille etc...
            D'autres symptômes sont psychiques. Certaines personnes, au bord de la dépression à la suite d'anxiété ont l'impression d'être étrangers à leur corps ou à leur environnement, de se voir en spectateurs (Ce n'est pas alors une maladie de dépersonnalisation).
            A des stades plus graves on peut aboutir à une difficulté à réfléchir, une agressivité, une hyper-agitation, une hypersensibilité émotionnelle.
            Lorsque l'on est au stade dépressif, il y a perte de motivation et de volonté, même celle de guérir.
 
            Les troubles anxieux, comme le stress, peuvent être graves, mais on sait les traiter.
           Outre la prise temporaire de médicament pour soulager la personne, ou certains exercices physiques simples tels la relaxation, ou le contrôle de la respiration et de ses pensées, il faut d'abord essayer d'éclairer sa situation avec une opinion extérieure, objective et logique, afin de lui faire "voir autrement"  la représentation de son angoisse et de mieux la comprendre, et d'identifier les divers facteurs de stress pour les combattre ou les accepter.
            Un éclairage sur sa personnalité peut l'aider à mieux contrôler ses émotion et améliorer sa confiance en soi.
            Au plan des médicaments, les cours de médecine indiquent en général que les anxiolytiques ne doivent pas être prescrits plus de 12 semaines et que s'il faut recourir à un traitement de fond pour  réguler les quantités de sérotonine dans le cerveau, on peut prescrire des antidépresseurs, pour une durée brève, de six mois à un an.

           Je ferai, le mois prochain, des articles sur le contrôle des émotions.

Vendredi 23 novembre 2012 à 8:15

Actualité

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Saut.png
         
            Plusieurs d'entre vous m'ont posé des questions sur le vol stratosphérique de Felix Baumgartner, que vous avez vu sur la télévision ou sur des films d'actualité.
           
            Felix Baumgartner a 43 ans; c'est un ancien parachutiste de l'armée autrichienne.
Il a effectué son premier saut en parachute à 16 ans et c'est devenu un spécialiste des sauts en chute libre. Il a sauté de divers ponts, tours et gratte-ciel.
 
            Le 14 octobre 2012, il a battu le record d'altitude de montée en ballon et de hauteur de chute libre.
            Il était enfermé dans une capsule accrochée à un ballon en polyéthylène, gonflé à l'hélium haut d'une centaine de mètres à basse altitude et de 180 mètre à haute altitude. Il est ainsi monté à 39.045 mètres d'altitude, et s'est alors largué.
            Il était enfermé dans une combinaison étanche, pressurisée et chauffée.
            Elle était équipée d'un récepteur GPS et d'une centrale inertielle permettant de mesurer sa vitesse et son orientation, ainsi que d'un appareil de transmission pour permettre à la Fédérayion aéronautique internationale de valider les records.
                 
                  Le ballon a mis 2h30 à monter à 39 000 mètres et par contre F Baumgartner a fait une chute libre de 36 530 mètres en 4 minutes et 19 secondes. Il a ouvert son parachute à 2 500 mètres (il avait alors une vitesse d'environ 200 km/h), et a mis 5 minutes avant de se poser au sol, suspendu à son aile volante.
                  Diverses caméras ont filmé sa chute et vous pouvez voir le film sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xubvsu_felix-baumgartner-sauteur-de-l-extreme_sport
            Au cours de sa chute libre, il a franchi le mur du son (ce qui n'était jamais arrivé à un homme en chute libre), et a atteint la vitesse d'environ 1 343 km/h, ce qui correspondait à Mach 1,24 (le mur du son est atteint à Mach 1)., au bout d'environ 45 secondes après son largage.
            En fait la vitesse du son dépend de la température et de la pression. A la pression normale, à basse altitude et à 15 d°C, la vitesse du son dans l'air est de 1224 km/h soit 340 m/s. Mon grand père m'avait appris quand j'étais petit à calculer la distance en mètres d'un orage en comptant le nombre de secondes qui séparait l'éclair du tonnerre et en multipliant par 340.
            Dans l'eau de mer la vitesse du son est plus grande (1500 m/s environ).
            De même dans les solides : 2400 m/s dans du plastique PVC, 3 100 dans le béton, 5 300 dans le verre et de l'ordre de 5 700 dans l'acier.
            En haute altitude la vitesse du son dans l'air diminue, en raison de la diminution du nombre de molécules d'air par unité de volume et abaissement de la température
            A 4000 m (le mont Blanc) elle est de 325 m/s pour une température de -11 d°C
            A 12 000 m (les avions de ligne) elle n'est plus que de 295 m/s pour une température de - 63 d°C.
            A l'altitude à laquelle F Baumgartner a atteint sa vitesse maximale, elle n'était que de soit 1083 km/h, soit 300 m/s. il y avait moins d'air qu'à 12 000 m, mais la température est plus élevée.
 
            Lors des sauts en parachute à des altitudes plus faibles, certes le corps du parachutiste est soumis à la même accélération de la pesanteur (9,8 m/s), mais sa vitesse ne s'accroît pas autant car l'air le freine et en général il n'atteint que des vitesses de 200 à 250 km/h.
            Si Baumgartner a atteint une aussi grande vitesse, c'est qu'à très haute altitude l'air le freinait beaucoup moins.
            Il portait deux parachutes "aile", l'un principal et l'autre de secours dont il ne s'est pas servi. On ne les ouvre qu'au dessous de 270 km/h pour des raisons de résistance et aussi de secousse endossée par l'individu. L'ouverture du parachute principal est faite à la main, mais il existe une sécurité qui l'ouvre à 600 mètres pour le cas où le parachutiste se serait évanouÏ.
            L'ensemble pèse une trentaine de kilos.
            La combinaison d'astronaute du parachutiste a joué un rôle essentiel de protection vis à vis des conditions extérieures, en particulier la faible pression atmosphérique, l’absence d’oxygène et la température très basse pendant la chute libre. Il avait avec lui deux bouteilles d'oxygène lui permettant de respirer 10 minutes.
 
            La descente n'était pas de tout repos. Quand un avion vole, son aile le porte et le stabilise. Si toutefois son incidence devient trop forte par rapport au "vent apparent" dû à la vitesse, l'écoulement devient turbulent, la portance s'effondre et l'avion décroche.
            Mais l'homme n'a pas d'ailes. et donc la situation aérodynamique d'E Baumgartner pendant la chute libre n'était pas très stable.
            Le moment critique est celui de la phase transsonique, à des vitesses un peu avant et après le mur du son. À partir de Mach 0,95, il n'a pas encore dépassé la vitesse du son, mais les écoulements de l'air autour de son corps sont très instables, avec des zones où ces écoulements sont déjà supersoniques et d'autres non, ce qui crée des instabilités que même le meilleur spécialiste de la chute libre serait incapable de contrôler. F Baumgartner est parti dans une vrille assez impressionnante, pendant laquelle il a toutefois réussi à ne pas perdre connaissance, malgré l'accélération due à ses rotations rapides.
            Pendant le départ en vrille il ne faut surtout pas tenter de corriger le mouvement, car cela risquerait plutôt d'amplifier le phénomène. Baumgartner est au contraire resté immobile, en position légèrement cambrée avec les bras en arrière, en attendant que la pression de l'air devienne assez forte pour ralentir sa chute et lui permettre de se stabiliser.
            Il possédait un petit parachute ralentisseur, qui agit comme une ancre flottante en mer,  pour le sortir d'affaire si la situation était devenue trop critique, mais il ne l'a pas utilisé; cela aurait fait rater son record de vitesse.
 
            La capsule est redescendue avec un parachute, et le ballon, vidé de la plupart de son hélium est descendu doucement. Le polyéthylène du ballon n'a que 32 microns d'épaisseur, mais sa surface dépasse 120 000 m2.
 
            Le parachutiste Félix Baumgartner a atteint ses objectifs principaux, après cinq ans de préparation. Son exploit a mobilisé une équipe de 300 personnes à Roswell, dont 70 ingénieurs, scientifiques et physiciens.
            Il a été financé par la marque de boisson Red Bull à coup de millions de dollars. Un ballon d’hélium coûte 200 000 dollars. La combinaison spéciale est revenue à 250 000 dollars. Le coût de la capsule n’est pas connu. L’ensemble était équipé de 15 appareils de capture d’images (vidéo et photo).           

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/FelixBaumgartnerAtterissage.png

Jeudi 22 novembre 2012 à 7:30

Sciences et techniques

Aujourd'hui en interarticles, des photos de gros avions originaux avec en général un emploi spécial.

http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive07.jpg









Un biplan, comme autrefois, mais avec un réacteur sur le toit. Je n'ai pas pu savoir à quoi il sert !!




http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive29.jpg



Celui là, il transporte un énorme radar météo sur son dos. 
Pas la peine d'être aussi fin de lignes pour se charger ainsi !


http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive32.jpg


Ci contre et ci-dessous à l'atterrissage, les gros avions d'Airbus Industrie, qui transportent des morceaux d'Airbus, d'Allemagne et d'Angleterre à Toulouse, pour assemblage.
On dirait des mérous !



http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive42.jpg

















http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive39.jpg




Un avion italien de lutte contre l'incendie : l'équivalent des canadairs.
Lui, il porte l'eau sur son dos. Cela doit être affreux au plan aérodynamique et pilotage.








http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive47.jpg






Encore un avion au gros ventre, sans doute pour porter des éléments de fusées.







http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive53.jpg




Avion très bizarre avec une aile de mouette, le "Prothéus" est destiné à des vols à haute altitude, jusqu'à 20 000 mètres, pour des liaisons de télécommunication.





http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/Diapositive55.jpg





Ceci enfin, n'est pas un avion, mais un dirigeable moderne !

Mercredi 21 novembre 2012 à 8:31

Actualité

 http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/PechdeBugarach6.jpg

 

            La bêtise humaine est parfois affligeante.
            Les médias se font l'écho de ceux qui, après avoir cru à la fin du monde le 12/12/12, croient maintenant en une date tirée de je ne sais quelle prédiction Maya, annonçant de grand cataclysmes pour le 21 décembre et selon laquelle les grottes du pic de Bugarach dans le département de l'Aude, près de Carcassonne, seraient un lieu d'asile et qu'un vaisseau (spatial ?) viendrait recueillir les survivants.
            C'est absurde.
            Les cataclysmes locaux peuvent effectivement arriver parfois hélas, le plus souvent sans préavis important : tremblement de terre, tsunami, déluge et inondation, éruption volcanique....
            Les cataclysmes planétaires ne sont guère envisageables : la guerre nucléaire généralisée semble peu probable, et la collision de la Terre avec un gros astéroïde est prévisible grâce aux calculs astronomiques, et il n'y a pas péril actuellement.
            Il est quand même regrettable qu'il y ait toujours des imbéciles, et notamment des sectes, pour fourrer des idées aussi bêtes dans la tête des gens crédules et que malheureusement il en résulte souvent des victimes. Internet, par sa mondialisation participe à la diffusion de ces peurs idiotes, et je lisais un article de Wikipedia, qui se faisait une joie de nous informer sur toutes les croyances catastrophiques, mais aurait pu les réfuter un peu plus résolument et scientifiquement.
            Il y a même une chaîne Syfi qui a décidé de se dédier à l’Apocalypse jusqu’au 21 décembre !!!
            Le préfet de l'Aude a du interdire le périmètre du mont et de ses grottes fin décembre et de mettre gendarmes et spéléologues sur le pied de guerre, pour repousser les adeptes de ces absurdités, mais aussi la nuée de journalistes et de touristes attendus pour l'événement.
            On pourrait parfois croire que ce sont les chambres de commerce qui lancent ces bruits pour attirer la clientèle.
            Il est étonnant de constater combien notre civilisation a peur de tout et est mercantile, quand on voit le commerce de ce que certains appellent le "survivalisme" (manuels de survie, abris, armes, rations alimentaires...) sans parler du principe de précaution employé à tort et à travers, au point d'annihiler tout progrès.
            Je sais bien que notre civilisation, orientée vers la production et la vente de produits, a inventé le marketing et l’exploite dans tous les domaines possibles (politique, artistique, économique, religieux …) et, bien sûr, dès qu’une opportunité se présente, essaie d’en tirer du profit en vendant n'importe quoi, y compris ce qui est de mauvaise qualité ou absurde.
            Enfin nous seront plus tranquilles ensuite car à partir de 2013, les triplets de dates ne seront plus possibles jusqu'en 2101 et la je peux me risquer à une prédiction astrologique certaine : je ne serai plus de ce monde à cette date !
 
            En tout cas cette fin du monde m'a valu un plaisir, celui de contempler quelques photos du pic Bugarah, que je ne connaissais pas, et qui m'ont paru attrayantes et que je vous livre ci dessous.

http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/PechdeBugarach2.jpg







     
http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/bugarach.jpg

 
















http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/PechdeBugarach3.jpg

















http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/photohotelphp.jpg












http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/Unknown.jpg











http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/images.jpg
















http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages4/PechdeBugarach5.jpg

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast