http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/images1-copie-4.jpg http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/images-copie-8.jpg

 












           Les études biologiques sur des animaux ne sont pas simples, parce que leur organisme est très complexe - même s'il l'est moins que celui des hommes, - que de nombreuses causes étrangères à ce que l'on recherche peuvent intervenir et fausser les résultats, et que par ailleurs il faut donc faire des études statistiques pour avoir une certitude, qui n'est d'ailleurs jamais totale.
            Enfin le problème est ensuite d'extrapoler les résultats obtenus sur animaux, à l'homme, ce qui n'est pas évident non plus.
            Les animaux les plus utilisés sont les rats, éventuellement des cobayes, hamsters ou lapins, mais avant de faire des essais cliniques de médicaments sur l'homme, on fait souvent des essais sur gros mammifère, en général le porc, voire des chiens, et très souvent sur les singes.
 
            Le rat est un mammifère d'environ 20 à 30 cm de long pour un poids de 300 à 600 grammes.
Il possède un génome à double brin ADN, de 2,5 milliards de paires de bases partagées en 21  chromosomes. Il atteint sa maturité sexuelle au bout d’une quarantaine de jours et après une gestation d'environ trois semaines. Une femelle peut ainsi donner naissance à 60 petits par an, soit 1.000 descendants en une seule année.
Le rat est connu pour son intelligence. Il est capable de modifier son comportement pour échapper aux pièges et trouver de la nourriture.
            Il ne faut pas croire que l'on va prendre pour les essais, de gros rats d'égout !
            Ce que les chercheurs appellent les rats de laboratoire (les souris de laboratoire sont plutôt les laborantines ! lol), sont des espèces soigneusement élevées et sélectionnées.
            Il existe un grand nombre de souches ou de lignées, de différentes caractéristiques et de différents pelages, mais beaucoup des rats de laboratoires sont blancs, mais des "rattus norvegicus" bruns sont également souvent utilisés..
            Le gros problème est celui des maladies parasites et donc de tous les microbes et autres produits néfastes que les rats pourraient ingérer et d'autre part les anomalies ou les simples différences génétiques des spécimens que l'on utilisera.
            Les éleveurs et les laboratoires développent donc des "lignées" qui sont rigoureusement sélectionnées de façon à avoir un matériel génétique le plus homogène, et d'autre part ils sont élevés dans une hygiène rigoureuse et dans une atmosphère la moins contaminée passible.
            Leur nourriture est sélectionnée et leur santé est très surveillée.
            Un rat de laboratoire, qui n'a pas été utilisé pour une expérience peut donc vivre 3 ans sans la moindre maladie.
             C'est un animal assez gentil, qui s'habitue bien à l'homme et peut même être affectueux, mais il prend assez facilement peur et griffe et surtout mord.
            Un rat de laboratoire revient donc très cher, compte tenu des précautions prises pour l'élever.

Ci-dessous des rats de souches "Wistar", "Sprague Dawley", et "Holzmann"
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetation-1/Holtzman.jpg http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetation-1/wistar.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Vegetation-1/sprague.jpg
            Il y a de très nombreuses souches qui ont chacune des caractéristiques particulières adaptées à chaque type de recherche. Voici quelques exemples :
            La plus répandue est la souche "Wistar" (consanguine albinos) qui est élevée depuis 1906. Une variété dérivée, depuis 1925, est la souche Sprague Dawley, qui a été utilisée par Monsanto et par G.E. Seralini, pour leurs expériences. De même la souche Holtzmann dérivée de cette dernière est utilisée pour l'étude des malformations congénitales (tératologie)), la neurologie, l'oncologie et la reproduction.
            Les rats "LongEvans sont noirs et blancs. Les rats Zucker , qui sont bruns,ont été élevés pour être un modèle génétique dans la recherche sur l'obésité et l'hypertension. Le rat "nu" gris "Hairless" est destiné surtout à des études des systèmes immunitaires.
            Pour vous amuser (mais c'est vrai), la souche Lister ( rat blanc avec un capuchon noir, remarquée pour sa docilité et sa bonne éducation, est cependant sujettes aux crises d'adolescence et de pouvoir et est utilisée pour les études sur le comportement et la psychologie.


Ci-dessous des rats de souches "Zucker", "Hairless", et "Lister"
  http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetation-1/lister.jpg
http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetation-1/zucker.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Vegetation-1/Hairless.jpg

 
            Venons en à l'étude de G.E Séralini.
            Environ 200 rats de la souche Sprague-Dawley ont été répartis en plusieurs groupes d'essais :
                        - un groupe contrôle, qui n'a rien subi (la vie de château lol);
                        - trois groupes nourris avec diverses concentrations de maÏs OGM Monsanto NK603, non mélangé à du Roundup;
                        - trois groupes similaires aux précédents, mais dont le mais avait été traité avec l'herbicide;
                        - trois groupes au régime alimentaire sans OGM, mais dont l'eau contenait du RounduP à des concentrations variables'
            Au total,20 grouPes (10 pour chaque sexe) de dix animaux ont été testés pendant deux ans; le sang des rats a été prélevé toutes Ies trois semaines environ afin qu'y soient mesurés 31 paramètres. Au terme de l'expérience, tous les organes des animaux ont été examinés selon divers procédés.
            Les mâles et les femelles du groupe contrôle ont vécu en moyenne 624 et 701 jours, ces durées de vie ayant servi de base pour tester la mortalité des autres groupes.
 
            Dans le groupe contrôle, 30 % des mâles et 20 % des femelles sont morts avant cet âge. Ces chiffres atteignent 50 et 70 % chez les rats nourris avec I'OGM.
            Chez les femelles, la plupart des morts étaient dues à des tumeurs des glandes mammaires ou de l'hypophyse et chez les mâles, dufoie et des reins. Les tumeurs étaient deux à trois fois Plus fréquentes chez les rats testés que dans le groupe contrôle. Le nombre et la taille des tumeurs n'étaient pas proportionnels à la dose ingérée, ce qui tpourrait résulter d'un effet de seuil.
            Les auteurs concluent que le glyphosate, le principe actif du Roundup, est toxique à des teneurs bien inférieures à cel1es acceptées par les autorités sanitaires. De plus, Ia consommation du maïs OGM NK603 seul aurait les mêmes effets délétères sur le foie, les reins, les glandes mammaires et l'hypophyse.
            L'avantage de l'étude est d'avoir duré deux ans alors que celles antérieures n'avaient duré que six mois, ce qui n'avait peut être pas donné aux cancers le temps de se développer.
 
            Plusieurs critiques ont été faites :
            - le choix de la souche de rats qui est assez sensible aux cancers, mais ceux de la thyroïde et non des glandes mammaires. Et c'était celle utilisée par Monsanto.
            - le nombre de rats par groupe est faible et dix rats est plutôt insuffisant pour une bo,nne statistique. Mais les études antérieures avaient utilisé des effectifs totaux analogues mais moins de groupes et donc des effectifs statistiques plus importants.
            C'est effectivement une critique assez valable,car au plan statistique les effectifs sont faibles.
            - la critique la plusimportante est le type de communication utilisé, très médiatique, mais les journalistes ne devaient pas solliciter d'avis extérieur. C'est ce qui a indisposé certains chercheurs, qui ont accusé GE Séralini de faire de la "pub" pour sa publication.
                        - autre critique, l'étude est financée par la CRIIGEN, organisme qui ne cache pas seon hostilité aux OGM
 
 
            Personnellement j'ai l'impression que l'étude est sérieuse, mais qu'elle heurte des intérêts financiers certains, un groupe comme Monsanto étant tout puissant.
 
            Mais pour se prononcer vraiment, (et je ne suis pas sûr que j'en aurais la compétence), il faudrait disposer de beaucoup plus de renseignements et avoir presque accès aux cahiers de laboratoire des chercheurs.
            Le gouvernement a renvoyé les plaignants dos à dos, en réclamant de part et d'autre des études complémentaires de durée 2 ans.