Mercredi 2 janvier 2013 à 12:45

      Il m’est souvent arrivé de lire de petits articles qui présentaient des illusions d’optique, ou des dessins originaux que l’on pouvait interpréter de façons diverses.
     Je vous montre ci dessous une photo, sur laquelle, vous pouvez voir, tantôt un vase ancien couleur crème, tantôt deux silhouettes noires de visages de profil, de personnes qui se regardent.

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2/vase.jpg

    Cette perception incertaine nous trouble toujours.
    J’ai lu récemment une explication qui m’a intéressée, et j’ai pensé que certains d’entre vous aimeraient peut être la connaître.

    En fait si vous faites plusieurs fois l’essai de cette vision, en regardant l'image une vingtaine de secondes, vous vous apercevrez que spontanément, vous voyez alternativement ces deux types de figures et que chaque image persiste quelques secondes (entre 5 et 7), mais que une fois que vous avez compris le processus, vous pouvez accélérer le passage de l’une à l’autre, mais dans de faibles proportions seulement
    Cette alternance des perceptions résulte d'un basculement de I'activité des neurones lors de la première étape de traitement des informations visuelles, en provenance de l’oeil et transportée par le nerf optique, dans I’aire visuelle primaire, nommée V1 du cortex cérébral d’interprétation de la vision, situé à l’arrière de notre crâne.

    Lauri Parkkonnen et ses collègues de l’université d’Helsinki ont éclairé les pixels des deux parties de l’image à des fréquences d’illumination différentes, les visages à 15 hertz et le vase à 12 hertz, ce qui ne change pas la perception précédemment décrite.
    Ils ont alors fait regarder ces images par des personnes dans un scanner d’imagerie cérébrale permettante de suivre la fréquence d’activation des neurones du cerveau. Ils ont alors constaté que les neurones du cortex visuel primaire s'activaient à 12 hertz pendant environ cinq secondes, signe que Ie cortex traitait les informations en provenance du vase, puis à 15 hertz pendant cinq secondes à nouveau, ce qui indiquait qu'il traitait les signaux correspondant aux deux visages.
    Selon les auteurs de cette étude, le cortex visuel primaire change d’activité périodiquement sous I'influence d’autres zones de traitement des informations visuelles dites aires secondaires, lesquelles empêchent ainsi la perception de rester bloquée sur un mode unique d’interprétation.

    Cette modularité est essentielle pour explorer les différentes possibilités de I’environnement visuel, et pour pouvoir communiquer avec ses semblables : que se passerait-il en effet, si notre cortex visuel était incapable d'alterner entre deux types de
perception ? Les uns verraient seulement le vase, les autres seulement les visages, et nous serions incapables de communiquer à autrui une même réalité.

    Demain je vous donnerai une idée de ce que sont ces centres de notre cerveau qui interprètent les perceptions issues des rétines de nos yeux.

Mercredi 2 janvier 2013 à 8:14

Zoologie, botanique, évolution

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/Singeentraindelire.jpg http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/singe.jpg














             Le laboratoire de Psychologie cognitive de l'université d'Aix-Marseille vient de montrer que des singes peuvent faire la différence entre des suites de lettres sans signification et des mots qui en ont une.
            Certes il ne s'agissait pas de leur apprendre à écrire un roman, ni à concourir au Goncourt, mais simplement de classer des suites de lettres en deux catégories : mots connus et suite de lettres dans signification.
            Les singes de cette "classe littéraire" ont réussi leur examen. Ils étaient 3à, habitués à utiliser les claviers d'ordinateur.
            Les chercheurs avaient retenu des mots de 4 lettres du langage courant et créé des "non mots" assemblages de lettres sans signification. Certains correspondaient à des associations de lettres qui se rencontrent peu dans la langue courante, d'autres étaient plus proches des mots réels et la difficulté était donc plus grande.
            L'expérience a duré plusieurs mois, et a compris des centaines de présentations de 50 mots et 50 non-mots différents, dans un ordre aléatoire et le singe devait appuyer sur un cercle si c'était un mot et sur une croix si c'était un non mot. Il recevait une récompense si c'était un mot qu'il avait reconnu.
            Au début de l'expérience les scores étaient très faibles, mais en fin d'expérience le taux de réussite atteignait 80 %. et on considérait alors que le mot correspondant était "appris".
            Les babouins étaient plus doués et le nombre de mots appris a atteint de 81 à 308 selon les individus, mots qu'ils reconnaissaient grâce aux lettres correspondantes (donc l'orthographe), mais dont évidemment ils ne connaissaient pas la signification.
            Les erreurs étaient plus fréquentes avec les non-mots proches de mots réels (kang et bang par exemple), ce qui montre bien que la reconnaissance se faisait par l'apprentissage de la succession de lettres.
 
 
            A quoi cela sert il me direz vous ? A connaître les bases neuronales de la lecture.
            Deux thèses en effet s'affrontaient :
                        - Selon une thèse des es années 1980, la capacité à reconnaître des mots écrits dériverait de la parole. Pour un enfant, apprendre l'orthographe consisterait à associer les lettres écrites aux sons du langage pratiqué depuis plusieurs années. Cette théorie s'appuie notamment sur le fait que dans la grande majorité des langues, les symboles de l'écriture correspondent systématiquement aux sons.
                        - Selon une autre hypothèse datant de 2000, la lecture serait essentiellement un processus visuel indépendant de la parole.
            Il existerait une zone du cerveau dont la fonction spécifique serait de traiter la forme visuelle des mots écrits, et l'enfant apprendrait l'orthographe et la lecture des mots en repérant la régularité avec laquelle certains groupes de lettres se suivent ou ne se suivent pas dans les mots.
            Pour savoir si savoir si ces régularités suffisent à développer un sens de l'orthographe ou s'il faut connaître les sons associés aux lettres. Pour le savoir, et départager ainsi les deux hypothèses, il fallait mener une expérience avec des individus qui ne maîtrisent pas Ie langage humain, et les babouins étaient de bons candidats, car leur système visuel est très semblable au nôtre, leur cerveau est proche de celui de l'homme, et on peut facilement leur apprendre à se servir d'un clavier et d'un écran d'ordinateur.
            On peut même "faire parler" des chimpanzés (voir mon article du 21/3/2008).
 
            Quant aux centres de reconnaissance des mots et des lettres, il est situé dans le cerveau temporal gauche. Un premier centre reconnaît les lettres d'après leur forme, mais sait associer la lettre à diverses formes : minuscule, majuscule, italique, écriture à la main....
            Alors que habituellement les images et leur symétrique ne sont pas différenciées, ce centre sait le faire et distingue un b d'un d.
            Chez le jeune enfant c'est un centre qui sert à la reconnaissance des visages, et lors de l'apprentissage de la lecture, une partie de ce centre se transforme en reconnaissance des lettres.
            Un autre centre proche des centres de Wernicke, (reconnaissance de la parole), analyse la structure des lettres adjacentes et il va chercher dans le centre de Geschwind le mot correspondant, et se met en liaison avec tous les attendus présents en mémoire concernant ce mot : exemple "canari, c'est un oiseau, jaune, qui chante, certains s'appellent TITI etc....(voir mes articles du 8 août 2007 sur la nature de ces centres).
            L'expérience sur les babouins montre que probablement ces centres de reconnaissance des lettres et des mots peuvent fonctionner même si on n'a pas appris à parler, mais évidemment le sens des mots vous échappe, bien que l'on puisse concevoir un apprentissage où l'écrit serait appris avant la parole. C'est d'ailleurs ce qui arrive à certains autistes.

           Mais je crois que je vais remplacer le correcteur orthographique de Word, qui m'agace, par un babouin, ou mieux une babouine.!

Mardi 1er janvier 2013 à 8:58

Politique, économie, religion.

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          Nous sommes aujourd'hui le premier janvier, alors quelques mots d'abord sur le calendrier romain, que nous utilisons toujours :
            Les Romains utilisèrent successivement trois calendriers :
http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/RomulusAugustus.jpg                        - D'abord, le calendrier dit romuléen, attribué à Romulus, fondateur de Rome : les Romains prenaient comme origine de la datation des années, la date de la fondation de Rome, le 21 avril 753 avant Jésus Christ, selon le récit de l'historien latin Tite-Live (récit que je me souviens avoir traduit du latin, en 4ème, il y a bien longtemps en 1943 !).
            En fait ils ont copié le calendrier étrusque.
            Le calendrier romuléen comptait dix mois, chacun ayant soit 30 ou 31 jours, ce qui donnait une année de 304 jours, commençant au mois de mars et se terminant au mois de décembre. Chaque mois étant divisé en trois périodes de 10 jours: les calendes, les ides et les nones.
  http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/220pxNumaPompilius.jpg                      - Puis, le calendrier dit pompilien, attribué à Numa Pompilius, le deuxième roi de Rome, qui réforma vers -680, le calendrier précédent auquel on ajouta 50 jours. Les 354  jours de l'année, furent alors répartis sur douze mois, avec la création de ceux de janvier et février, placés après décembre. À l'exception de février, les mois ne comptaient alors que des nombres impairs de jours car les nombres pairs étaient considérés comme néfastes. On joutait également tous les deux ans, un 13e mois dit "intercalaire", comptant 22 ou 23 jours.
 http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/images-copie-6.jpg                       - Enfin, le calendrier julien, résultant des réformes introduites par le premier consul Jules César, comportant douze mois de 30 ou 31 jours (à l'exception toujours de février qui comptait 29 jours). Il fut institué en -46 avant Jésus Christ.
         En l’honneur de Jules César, il fut décidé de donner son nom à un des douze mois de l’année. Les premiers mois de l’année étant en l’honneur de divinités (Janus, Mars etc...), c’est le septième mois de l’année qui fut nommé Julius (Juillet en français). Ce mois comporte naturellement 31 jours, l’alternance 30/31 étant respectée.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/mma051.jpg           Auguste, devient ensuite le premier empereur romain. Pour lui rendre hommage, un mois lui est également consacré : Augustus (le mois d’août en français). Et pour mettre les deux illustres hommes sur un pied d’égalité, (on se croirait à l'UMP !), il est décidé de faire une entorse à l’alternance de la longueur des mois et de leur donner à tous deux 31 jours…
            Ce décalage entraîna aussi la non alternance des 30 et 31 sur les mois de décembre et janvier et, comme l'on rajoutait ainsi 1 jour, le mois de février passa à 28 jours pour rétablir la durée annuelle de 365 jours. Mais les Romains et avant eux les astronomes arabes, avaient calculé que la durée de révolution de la terre autour du soleil dure en fait 365,25 jours et ils rajoutèrent donc un 29 ème jour tous les 4 ans au mois de février.

           http://lancien.cowblog.fr/images/Images2/220pxPopeGregoryXIII.jpgMais les astronomes ont fait des progrès quant à la détermination de l'heure exacte du solstice d'hiver et ils calculèrent alors que la durée annuelle était de 365,242 jours. Lorsque le pape Grégoire XIII se rendit compte en 1582, que l'on avait ainsi pris du retard par rapport au jour présumé (et probablement faux) de la naissance de Jésus Christ, il fit supprimer dix jours du calendrier pour le rattraper. Par ailleurs une règle supplémentaire fut adoptée pour les années bissextiles qui auraient lieu tous les 4 ans,  à l'exception des années séculaires qui ne sont bissextiles que si leur millésime est divisible par 400.
         On considéra donc par la suite, comme années communes (années de 365 jours) les millésimes qui sont multiples de 100 sans être multiples de 400. Ainsi 1600 et 2000 furent bissextiles, mais pas 1700, 1800, 1900 qui furent communes.
         En appliquant cette règle, on arrive à une année de 365,242 5 jours au lieu de 365,242 19 jours soit un excès de 3 jours en 10 000 ans, mais en fait le mouvement de la terre autour du soleil ralentit de 0,5 seconde par siècle, il n'est pas prévu d'autre correction. Dormons tranquilles !!!
 
         La fête du nouvel an trouve donc son origine à Rome. La nuit précédant le premier janvier, les Romains faisaient un long repas qui leur permettait d’attendre l’arrivée de la nouvelle année. Selon la tradition, plus le nombre de plats servis au cours de ce repas était grand, plus l’année serait prospère et abondante. Cette tradition s'est ensuite étendue au rythme de la colonisation romaine.

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        Bonne Année
 à tous, lectrices et lecteurs :
     santé, amours, joies et réussite.

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