Très souvent certaines de mes correspondantes stressées et anxieuses se plaignent de vertiges, surtout le matin au réveil.
            Y a t'il donc un lien entre l'équilibre physique, et notamment le sens de l'équilibre et le ressenti émotionnel et notamment le stress et l'anxiété?
 
            Examinons d'abord comment nous conservons notre équilibre et comment il peut être perturbé physiquement.
 
            Plusieurs systèmes sensoriels permettent l'orientation spatiale (statique ou dynamique) et contrôlent la posture, l'équilibre et la locomotion. Ce sont le système visuel, le système vestibulaire de l'oreille interne (pour la perception du mouvement et de l'orientation) et les centres sur le dessus du cerveau derrière les centres sensoriels et moteurs qui contrôlent ce que l'on appelle la proprioception, c'est à dire les informations provenant des muscles et des articulations.
            Ces données nous informent, d'une part, de nos changements de posture (par exemple la position d'un membre par rapport au tronc) et, d'autre part, de nos changements de position dans l'environnement (la position de mon pied par rapport au mur ou à un pied de table).
 
            Le système vestibulaire de l'oreille interne (voir schéma ci dessous), a trois fonctions principales :
                        - le maintien de la posture,
                        - la coordination des mouvements des yeux et de la tête,
                        - la perception du mouvement et de l'orientation dans l'espace

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            Il est composé de trois canaux semi-circulaires (le canal horizontal, le vertical antérieur et le postérieur) et d'organes dits "otolithiques" (l'utricule et le saccule).
            (A noter que la cochlée, que l'on voit sur le schéma, ne participe pas à cette fonction mais est destinée à l'analyse des sons en mesurant leur fréquence, qui se traduit en musique par les notes - voir mon article du 20 avril 2008).
            Ces différents capteurs détectent les accélérations linéaires et angulaires de l'organisme et de la tête, et les transmettent au cerveau via Ie nerf vestibulaire.
            Les canaux et les organes otolithiques sont tapissés de plaques de tissus, les "macules", constituées de cellules sensorielles ciliées reposant sur des cellules de soutien. Les cellules sensorielles ont un long cil, qui rentre dans une membrane gélatineuse parsemée de cristaux de carbonate de calcium, nommés "otolithes" (d'où le nom d'organe otolithique).
            Quand la tête amorce ou termine un mouvement, le liquide baignant les organes otolithiques (l'endolymphe) courbe les cils.
            Dans I'utricule, la macule est horizontale et les cils sont verticaux lorsque la tête est droite; ils détecteront les mouvements dans le plan horizontal'
            Dans le saccule, la macule est presque verticale et les cils se fichent horizontalement dans la membrane otolithique. La macule sacculaire réagit surtout aux mouvements verticaux.
            Le fléchissement des cils stimule les cellules sensorielles qui transmettent leur excitation aux fibres nerveuses du nerf vestibulaire. Le cerveau peut alors analyser ces informations vestibulaires et les intégrer aux autres données sensorielles.
            Quand le corps bouge ou se penche, la tête suit le mouvement et l'oreille interne détecte donc aussi les mouvements de tout le corps.
 
            Par ailleurs les yeux et le système d'interprétation de la vue situé à l'arrière du cerveau fournit en permanence des images au cerveau, qui nous renseignent sur la position du corps par rapport à l'environnement et sur les mouvements relatifs correspondants (de notre corps ou de l'environnement s'il est mouvant.
            Dans une faible proportion l'oreille nous fournit aussi des indications sur la localisation des sons provenant de l'environnement.
            Enfin les centres de proprioception fournissent des informations sur la position et l'état de contraction des muscles, notamment quand nous bougeons ou que l'environnement bouge.
            En particulier la pression sous les divers endroits de la plante des pieds, varie, sous l'effet du poids du corps, lorsque nous bougeons, ou lorsque nous sommes debout sur une plate forme qui bouge. C'est vrai aussi pour nos cellules sensitives des fesses et du dos, lorsque nous sommes assis dans un véhicule en marche ou dans un bateau ou un avion qui s'incline.
 
            Tous ces signaux neuronaux sont transmis au cervelet, qui en examine la cohérence, car quand nous avons fait notre apprentissage de nos mouvements, de la marche, puis de la conduite de véhicules, éventuellement d'acrobaties diverses, les signaux correspondants ont été mémorisés.
 
            Mais on peut rencontrer des cas d'anomalies, de contradiction d'incohérence entre les divers signaux.
            C'est le cas lorsque nous sommes dans la cabine d'un bateau soumis à de forts mouvements sous l'effet du vent et des vagues.
            Notre vue est limitée à la paroi de la cabine, qui est proche et ne bouge pas énormément.
            Par contre notre oreille interne détecte des mouvements importants du cors, donc des accélérations liées aux mouvements du bateau. Notre corps est en déséquilibre par rapport à sa station verticale normale, ce qu'il corrige habituellement grâce à l'interprétation que fait le cervelet des signaux de la vue et de l'oreille interne, qui habituellement sont corrélés.
            Mais là il y a contradiction, et le cervelet va plus ou moins bien gérer la situation selon les individus. Les personnes vont ressentir désorientation, déséquilibres et réflexes inappropriés, qui s'ils persistent vont réagir sur l'hypothalamus et le système sympathique, entraînant vertiges, pâleur, sueurs, nausées, vomissements...)
            Si les personnes peuvent regarder au loin l'horizon extérieur, alors les signaux vestibulaires et visuels sont plus cohérents et ces symptômes de déséquilibre ne se produisent pas.

            Dans mon prochain article, je parlerai des liens avec le psychique.
           

Dimanche 10 mars 2013 à 12:15

Histoires drôles


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               Quelques autres perles de cancres : Physique-chimie, et Histoire

          
 
- Quand on ne veut pas être reconnu, on voyage en coquelicot.   (-là j'ai pensé à "naphtaline !)
 
- Le métier des fonctionnaires consiste à fonctionner.
 
- Les hommes qui ont plusieurs femmes sont des polygones
 
 - Une bouteille d'eau explose s'il gèle car, sous l'effet du froid, l'eau devient un explosif.
 
- Le passage de l'état solide à l'état liquide est la niquéfaction.
 
- Quand on a un corps et qu'on le lâche, il se casse la gueule.
 
- Un kilo de Mercure pèse pratiquement une tonne.
 
- Le cheval- vapeur est la force d'un cheval qui traîne sur un kilomètre un litre d'eau bouillante.
 
- Un avion dépasse le mur du son quand l'arrière va plus vite que l'avant.
 
- Les atomes se déplacent dans le liquide grâce à leur queue en forme de fouet.
 
- La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c'est le contraire.
 
- Le gaz sulfurique sent très mauvais. On n'a jamais entendu une odeur pareille.
 
- Pour rendre l'eau potable, il faut y ajouter de l'alcool à 90°.
 
- L'acier est un métal plus résistant que le bois.
 
- Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
 
- Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
 
- Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
 
- Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.
 
 
 
HISTOIRE
 
- Les avions lançaient des espadrilles contre l'ennemi.
 
- A la fin, les hommes commençaient à en avoir marre d'être tués.
 
- Le 11 novembre, tous les morts de la guerre fêtent la victoire.
 
- Sur les champs de bataille, on voit les tombes de ceux qui sont tombés, c'est pourquoi on les appelle des pierres tombales.
 
 
JEANNE D'ARC
 
- Son nom vient du fait qu'elle tirait à l'arc plus vite que son ombre.
 
- On l'appelait "La Pucelle" car elle était vierge depuis son enfance.
 
- Jeanne détestait les Anglais à qui elle reprochait de l'avoir brûlée vive.
 
 
 
MOYEN AGE
 
- Les paysans étaient obligés de jeûner à chaque repas.
 
- La famine était un grave problème pour ceux qui n'avaient rien à manger.
 
- Au Moyen Age, la bonne santé n'avait pas encore été inventée.
 
- La mortalité infantile était très élevée sauf chez les vieillards.
 
 

Samedi 9 mars 2013 à 8:33

Politique, économie, religion.

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Je vais à nouveau résumer un article du Courrier International, ainsi qu'un article très pertinent , traduit de l'arabe, et que m'a indiqué notre chevrette bien aimée canadienne, à l'adresse suivante :  http://www.tchadactuel.com/?p=8345
 
            Je vous parlais hier du Mali. Ce pays a des frontières avec 7 autres pays africains et le
Niger voisin, un autre pays à l'équilibre précaire, a des frontières avec 5 autres pays.
            Selon "Africa Confidential", les prochaines cibles des islamistes seraient la Mauritanie, avec ses abondantes ressources minérales, puis le Niger, qui possède de l'uranium et du pétrole.
 
            Mais la conséquence la plus grave serait la déstabilisation du Nigeria au sud-est, qui doit prendre le relais de l'Afrique du Sud en tant que première économie africaine et principal foumisseur étranger de pétrole des Etats-Unis.
            Le Nigeria a déjà son propre mouvement d'insurgés islamistes, Boko Haram, qui dispose d'environ 5 000 hommes - voir la carte de l'article d'hier), qui a été armé et entraîné par Aqmi. En 2010, Boko Haram a commis un attentat à la bombe contre les locaux de I'ONU à Abuja, Ia capitale, dans le centre du pays, et lancé des assauts contre des églises et des édifrces gouvernementaux dans des villes du Nord. Mais il n'a pas encore attaqué le Sud, majoritairement chrétien. Il pourrait être à l'origine de l'enlèvement des 7 personnes de la famille française, bien que le lieu de l'enlèvement soit éloigné de ses camps de base et que cet acte n'ait pas été revendiqué.
            Le bruit court que les groupes islamistes se battent entre eux, ce qui expliquerait que les attaques aient surtout été effectuées dans des secteurs musulmans. La majeure partie de cette région d'Afrique adhère traditionnellement à un islam soufiste, qui tolère des pratiques locales et notamment le fétichisme, considérées comme blasphématoires par l'islam wahhabite, plus rigoureux.
 
            Le Tchad semblait en retrait des différents mouvements intégristesmais il a compris qu'il n'était guère à I'abri de la menace, d'autant plus que certains de ses ressortissants, à tort ou à raison, ont été expulsés du Nigeria pour collusion avec Boko Haram.
            Toutes les conditions semblent donc réunies pour que le Tchad se retrouve dans le club peu enviable des pays affectés ou à risque.
            Pendant de longues années, le président du Tchad, Idriss Déby, Musulman, fils d'un berger de l'ethnie Zaghawa, a concentré ses efforts pour faire face aux multiples rébellions, mais il a conclu un accord avec Omar El-Béchir, président du Soudan, dont le pays servait de base arrière aux rebelles tchadiens. Il essaie donc maintenant de faire face aux islamistes des pays voisins.
            Pendant longtemps les monarchies du Golfe ont considéré le Tchad comme le pays du Sahel africain le plus ouvert et le plus propice à la propagation des théories réformistes prônées par les salafistes C’est ainsi que Deby a été un des promoteurs de Boko Haram nigérian, il a été aussi l’intermédiaire entre les financeurs et les groupes djihadistes du Sahel africain en mettant des armes et des téléphones satellitaires à leur disposition ou en fermant les yeux sur le passage des narcotrafiquants par un sanctuaire bien rodé au nord du Tchad.
            Mais le Tchad reste un pays d'Islam modéré et le président Deby n'est pas très religieux, et il est en train de combattre ces mêmes djihadistes qu'il avait soutenu, ce qui n'est pas apprécié par les monarchies du Golfe, qui maintenant s'appuieraient plutôt sur le Soudan..
 
            Le Soudan est dirigé par Omar El-Béchir, ancien général, qui a servi autrefois contre Israël dans l'armée égyptienne, a mené un coup d'état contre le Premier Ministre en 1989 et est président de la république depuis 1993, allié à un islamiste El Tourabi, qu'il a emprisonné en 1999.
            Il est accusé de crime de guerre, crime contre l'humanité et génocide dans le cadre de la guerre civile au Darfour et un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui.
            Les pouvoirs politiques économiques et financiers, ainsi que la majorité des terres agricoles, sont concentrés entre les mains d'une "élite arabe", les Shimalis, ne représentant que 20% de la population, mais qui pratique une politique de ségrégation vis à vis des populations noires musulmanes tet des chrétiens du sud du pays.
           Le 30/6/2005, le président Omar el-Béchir, pour fêter le 16e anniversaire de son arrivée au pouvoir par un coup d'État, libère tous les prisonniers politiques soudanais, y compris el-Tourabi qui a repris une certaine influence dans le pays.
            Par ailleurs, le Soudan, est un pays en faillite économiquement, financièrement et politiquement, soutenu en perfusion par les monarchies du Golfe.
            Le Soudan abrite des combattants djihadistes (opposants tchadiens issus du Darfour) qui n’ont pas pu regagner le Mali et il pourrait être un pion dans une tentative de déstabilisation du Tchad.

http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages5/soudan.jpg                          Boko Haram est au Nigéria voisin (voir carte de l'article d'hier)
 
            Enfin il ne faut pas oublier, tout à l'est la Somalie, pays corrompu, tombé aux mains aux main des islamistes en 2006, puis repris après une intervention de l'armée éthiopienne, mais en proie ensuite à une guerre civile permanente, malgré l'élection d'un islamiste Sharif Ahmed à la tête du pays en 2009. Le sud du pays est aux mains de rebelles islamistes radicaux.
            En 2011 le Kenya est intervenu dans cette région aux cotés de l'armée somalienne et le sud est en partie libéré.. Mais des attentats, enlèvements et une guerre sourde continuent dans ce pays.          
 
           

Vendredi 8 mars 2013 à 7:23

Politique, économie, religion.

            Après mes articles sur l'Islam, j'ai reçu quelques questions. On m'a demandé aussi de faire des articles analogues sur l'Afrique Noire.
            Cette première synthèse est celle d'articles du "Courrier International" au début de l'intervention au Mali.

            D'abord qu'est ce les "salafistes". Ce n'est pas une autre religion de l'islam, mais plus une "philosophie religieuse".

            Le salafisme est une doctrine qui voit l'avenir de l'humanité dans le passé, car elle prône que nous devons calquer notre vie sur celle des "solaf" (les ancêtres vertueux).
           
Contrairement à nous qui voyons l'avenir constamment en évolution, avec l'apport de la science et du progrès, mais évidemment sur la base de ce que nos ancêtres ont construit, les salafistes estiment que te modèle à suivre est achevé et derrière nous. 
           L'avenir pour eux est donc une régression, un retour au passé et les ociidentaux sont des ennemis qu'il faut détruire.

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            Quelle est l'origine du salafisme au Mali et plus généralement en Afrique.

            Depuis que le peuple malien a renversé la dictature en place, en1992, le Mali a connu une relative démocratie; il survivait grâce à l'aide occidentale et à l'exploitation de l'or et du coton, et il s'en sortait mieux que beaucoup de ses voisins.
             Mais, profitant de l'aide, son gouvernement est devenu suffisant, corrompu et a négligé tout développement notamment au Nord pauvre du pays.
            En 2012, un jeune capitaine, Amadou Haya Sanogo, voyant le mécontentement de la population, s'est emparé du pouvoir. mais a dû toutefois le partager avec un président et un premier ministre civils et accepter de préparer le pays à un retour à la démocratie.un acteur puissant.
            Ensuite, le nord du pays a servi de refuge à des rebelles salafistes chassés d'Algérie à la fin des années 1990 et a été la cible de groupes islamistes armés, mobilisés et flnancés par des fondamentalistes saoudiens et par le Quatar.

            Le gouvernement malien a perdu le contrôle de ses territoires du Nord depuis 2003, quand un mouvement lié à Al Qaïda (le GSPC) a installé sa base dans d'anciennes mines de sel gemme, dans le Sahara, à 750 km au nord de Tombouctou.
            Ce mouvement était une réplique d'un mouvement similaire, implanté depuis 1997 dans les montagnes de Kabylie, en Algérie, émanation des GIA (Groupes islamiques armés, qui ont tenu un rôle important dans la guerre civile algérienne des années 1990, qui a fait entre150 000 et 200 000 morts.
            La branche sahélienne, dirigée par Mokhtar Belmokhtar, (dont on dit qu'il a été récement tué ?) s'est rapidement intégrée au réseau de contre-bande qui s'étend sur tout le Sahara, exploitant ces liens pour financer et fournir des armes à son organisation mère du nord de l'Algérie.
            En fait l'Algérie n'a rien fait pour éliminer le groupe et a au contraire écarté d'autres puissances, notamment la France et les Etats-Unis, tout en affichant sa volonté de coopérer, sans doute pour ménager les touaregs qui occupaient le Sahara.
            Dès lors le GSPC-Aqmi constitue une menace pour les états limitrophes, en particulier pour la Mauritanie et Ie Niger,où la France détient d'importants intérêts dans les mines d'uranium, et le Mali, état plutôt fragile, alors qu' il n'a jamais véritablement représenté un danger pour l'Algérie, jusqu'à l'attentat de janvier 2013 sur une base pétrolière.

            Le GSPC-Aqmi n'a cessé de développer ses activités, criminelles et politiques, et il a profité de la crise lybienne, car, alors que tout le monde pensait que les groupes extrémistes d'Afrique du Nord se précipiteraient en Libye pour participer à la guerre contre Kadafi, les seuls qui se sont effectivement engagés, sous la houlette du GSPC-Aqmi, cherchaient bien davantage à faire sortir des armes et des véhicules du pays, pour armer les groupes sahariens.
            Le GSPC-Aqmi a ensuite profité de la rébellion touareg contre le gouvernement central malien et de l'annexion du nord du Mali, dont les Touaregs ont proclamé en avril 2012 l'indépendance sous le nom d' Azawad, Le GSPC-Aqmi souhaitait profiter de l'affaiblissement du gouvernement malien pour créer le noyau d'un émirat islamiste et a peu à peu chassé les touaregs de la région conquise.
            Mais le GSPC-Aqmi, dirigé essentiellement par les émirs algériens, s'est vu dépassé par deux autres groupes : Ansar Dine (les défenseurs de la religion), proche des Touaregs, et le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), essentiellement composé de Mauritaniens et de Maliens.

            Ansar Dine et le Mujao ont repris les principales ülles du nord du Mali, notamment Tombouctou et Gao, et ont imposé leur charia, contraignant les populations à se plier à leur culture et détruisant les inestimables mausolées arabes et leurs trésors culturels.
            Conscient d'avoir perdu la haute main sur le Sud, le GSPC, implanté dans le nord de l'Algérie, a tenté de favoriser un regroupement des mouvements islamistes au Sahel et l'Algérie, qui utilisait ces organisations pour renforcer indirectement la sécurité à ses frontières, s'est  décidée soudain à éradiquer le terrorisme sahélien.
            Pendant ce temps, Ansar Dine et le Mujao ont progressé vers le sud, comptant s'approprier tout le Mali, ce qui serait sans doute arrivé, sans l'intervention de la France, puis des autres nations africaines..

            La carte en début d'article, tirée également du Courrier international, montre les forces en présence dans cette partie de l'Afrique, les effectifs des armées nationales des divers pays et les bases françaises.
            A noter la présence d'un groupe salafiste très important dans les montagnes du nord du Niger. BOKO HARAM, dirigé par un Nigériian, Abubakar Shekau, qui est probablement à l'origine de l'enlèvement de la famille française.

            Demain je me poserai la question : qu'arrivera t'il après le Mali.?


Nota : si vous n'arrivez pas à lire les textes de la photo, sortez la sur le bureau de votre ordinateur et mettez la plein écran.

Jeudi 7 mars 2013 à 10:00

Histoires drôles

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Il y a longtemps que je n'ai pas publié de perles de collégiens.
On m'en a envoyé une série, qui, paraît il, sont authentiques.
J'avoue que j'en doute un peu

En voici d'abord dans le domaine SVT :

 

 


 
- Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son.
- Pour faire des œufs, la poule doit être fermentée par un coq.
- L'artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière.
- Le chien, en remuant de la queue, exprime ses sentiments, comme l'homme.
- Le tissu tissé autour de notre corps est le tissu tissulaire.
- Le tissu cellulaire est le tissu que les prisonniers fabriquent dans leur cellule.
- Le fessier est un organe en forme de coussin qui sert à s'asseoir.
- C'est dans les chromosomes qu'on trouve le jeune homme (génome).
- Quand on a mal en haut du derrière c'est qu'on a un long bagot. 
- Les ambidextres sont des gens qui ont dix doigts à chaque mains.
- L'os de l'épaule s'appelle la canicule.
- C'est dans les testicules que se développent les supermatozoïdes.
- La femme a un sexe pareil que l'homme, mais rentrés à l'intérieur.
- Quand une femme n'a plus de règles, c'est la mésopotamie.
- L'alcool est mauvais pour la circulation. Les ivrognes ont souvent des accidents de voitures.
 - Pour aider les enfants à aller aux toilettes, on leur met des suppositoires de nitroglycérines.
 - La plus contagieuse des maladies est la vermicelle.
- Quand on a plus de dents, on ne peut mâcher que des potages.
- L'opération à coeur ouvert, c'est quand on ouvre la poitrine de la tête aux pieds.
- A l'école le médecin est venu pour le vaccin anti-titanic.
- Dans les écoles, les médecins vaccinent contre le BCBG.
- Quand on est amoureux de sa mère, c'est le complexe d'Adipeux.

Mercredi 6 mars 2013 à 8:03

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

Parmi les personnes que je connais ou avec lesquelles je corresponds, certaines font preuve de beaucoup de curiosité intellectuelle, d'autres au contraire, ne s'intéressent qu'à ce qui les concernent directement, par exemple la spécialité qu'elles étudient. C'est dommage car être curieux est un avantage pour réussir.
 
            Une étude de |'Université de Pasaneva en Californie, montre que la curiosité stimule la mémoire et l'attention.
            Des étudiants ayant répondu à des questions / réponses de culture générale, tandis qu'on observait l'activité de leur cerveau ont permis de voir que le noyau caudé, un centre à la forme recourbée au centre du cerveau, s'active au maximum lorsqu'on est face à une situation ambigüe, quand on a des connaissances sur le sujet, mais pas assez pour donner la réponse et qu'on hésite.
            On constate alors que la réponse est très bien mémorisée.
            Le noyau caudé introduit une dimension de plaisir dans l'apprentissage (en provoquant une production de dopamine), mais il a besoin de se trouver dans un certain équilibre : il faut avoir quelques connaissances pour aborder la question, mais également ne pas être un expert afin de ne pas tout savoir.

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            Pour optimiser le pouvoir de mémorisation des élèves d'une classe, il faudrait poser des questions qui sont légèrement au dessus de leur niveau de connaissances, mais pas trop.
            Le rôle de l'enseignant serait d'évaluer le degré d'incertitude suscité par ses questions, afin que l'élève n'ait l'impression ni de connaître la réponse ni d'en être totalement éloigné. C'est à ce moment que le noyau caudé s'active le plus et que la mémorisation est optimale.
 
            Les instituteurs n'avaient pas autrefois un mastère, mais seulement le bac et les professeurs de collège n'avaient qu'une simple licence comme la L3 d'aujourd'hui, mais on leur faisait suivre deux ans de pédagogie dans les écoles normales, et ils savaient enseigner. On leur apprenait cela, même si à l'époque le noyau caudé était fort peu connu.
            ils répétaient le cours de plusieurs façons, sachant chaque fois quels étaient les élèves cibles. Ils aidaient les moins favorisés, mais pour que les élèves plus doués ne s'ennuient pas et ne deviennent pas paresseux, on leur donnait des exercices plus difficiles, on les faisaient aider les moins bons en leur faisant expliquer les exercices, et parfois, le professeur appellait même les meilleurs au tableau pour faire une partie du cours à sa place, les habituant ainsi à expliquer, mais créant ainsi une diversion qui favorisait l'attention des autres élèves.
 
            Je me souviens aussi que les cours étaient cordonnés. Dans les classes de 6ème à 4ème, le prof d'histoire faisait certains cours d'histoire romaine associé aux versions que nous faisons en latin, le prof de maths nous faisait apprendre au préalable les notions dont nous avions besoin en physique, et les profs de SVT (sciences naturelles à l'époque) et de physique-chimie se coordonnaient pour que leurs cours soient complémentaires.
            Et dans les petites classes de CM1 et CM2, nous avions des cours pratiques de "leçons de choses" où l'on nous apprenait le fonctionnement des balances de Roberval et romaine (et sans le dire, les leviers et le moment d'une force), le thermomètre et les notions de fusion, de sublimation et d'agitation thermique des molécules (on partait d'expériences sur la glace et l'eau bouillante), le baromètre et la pression atmosphérique conséquence de l'agitation des molécules d'air sous l'effet de la chaleur, les vases communicants et les mesures simples de niveau et on mesurait la hauteur d'un arbre avec un décamètre et un piquet, (en appliquant, sans le dire, les règles des triangles semblables; on nous montrait aussi la tension et l'intensité aux bornes d'une prise de courant et les précautions à prendre pour éviter court-circuit et électrocution..
            Tout cela piquait notre curiosité et on était avide d'apprendre et personne ne s'ennuyait en classe.
            Mais évidemment nous n'avions ni téléphone portable, ni ordinateur, ni internet.
            Et certains d'entre nous doivent à leur instituteur de leur avoir éveillé leur curiosité intellectuelle, qui leur a permis, plus tard, de devenir ingénieur.
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             Une de mes correspondantes m'a posé des questions sur la synesthésie.
            Comme c'est quelque chose d'assez mystérieux et que la plupart d'entre vous n'en n'ont probablement jamais entendu parler, je vais faire un article sur ce sujet que j'avais déjà abordé à propos des hallucinations (pour le différencier de celles-ci), le13 février 2009.
 
            La synesthésie est une correspondance, précise et stable à travers le temps, entre les représentations provenant de plusieurs sens (ou des caractéristiques différentes d'un même sens, par exemple forme et couleur pour la vue).
            Une personne atteinte de synesthésie est appelée synesthète
            Les personnes concernées ne s'aperçoivent généralement que tard dans leur vie, de cette particularité alors qu’une telle caractéristique de mélange de sensations est assez répandue (quelques % de la population).
            Elle a été découverte en 1812 par le médecin Georges Sachs, mais na été étudiée par les psychologue qu'à partir de 1982 et plus récemment par les neurobiologistes.           
 
            L'exemple le plus courant est la vision de lettres ou de chiffres en couleur, alors qu'ils sont écrits en noir et avec une couleur différente attribuée aux divers chiffres ou lettre. (par exemple le 1 est vu rouge, le 2 bleu, le 3 vert, le 4 mauve etc...).
C'est ce que l'on appelle la synesthésie "graphèmes-couleurs".
C'est une correspondance personnelle; un autre synesthète aura une correspondance différente.
 
            Mais il en existe bien d'autres formes :
                        - par exemple, des notes de musique sont associées à des couleurs, spécifiques à chaque personne concernée;                        
                        - des lettres, des phonèmes ou des mots à des sensations gustatives ou des odeurs;
                        - des suites de nombres peuvent prendre des formes particulières dans l'espace,  toujours les mêmes (par exemple en arc de cercle);
                        - dans certains cas rares des mots ou des sensations du toucher sont associées à des émotions ou des sentiments
            On a trouvé des cas bizarres : une personne dont la rétine anormale ne pouvait voir certaines couleurs, les voyait néanmoins quand elle lisait certaines lettres, preuve que l'oeil n'était pas en cause, mais la région du cerveau qui distingue les couleurs à l'arrière de la tête (zone V4 de l'aire d'interprétation visuelle, qui mesure les proportions de rouge, de bleu et de vert, trois types de neurones de la rétine étant habituellement sensibles à ces couleurs).
            Les estimations de la proportion de synesthètes ont grandement varié, allant de 1 synesthète sur 20 personnes (Galton, 1883) à un rapport aussi peu élevé que 1/25.000 (Cytowic, 1989). La plus large étude réalisée suggère une prévalence de 1/2000 au moins (Baron-cohen et al., 1996),
            Aujourd'hui on pense que le phénomène est beaucoup plus courant pour la synesthésie "graphème-couleur" qui pourrait atteindre 1%. et peut être plus.
 
            Il ne semble pas que cette particularité soit héréditaire au sens habituel.
Certes certaines familles comportent plusieurs synesthètes, mais pas forcément de la même catégorie, que cette particularité saute parfois plusieurs générations et on connaît des jumeaux homozygotes dont l'un est synesthète et pas l'autre.
            On penche actuellement une cause initiale épigénétique, pour des gènes qui seraient présents chez de de nombreuses personnes, mais qui ne seraient activées que par un gène de l'ADN silencieux, sous l'effet d'une cause inconnue, au début de la gestation de l'enfant ou dans la prime enfance.
 
 
            La synesthésie n'est pas une maladie physique, ni une, ni une anomalie psychique.
            C'est purement physique et à "la construction". du cerveau.
            Le phénomène est inconscient (on n'a pas prise dessus par la volonté), et il est stable et ne s'aggrave pas, ni ne diminue.
            Malheureusement on ne peut pas y faire grand chose et cela ne se soigne pas, si ce n'est faire accepter par la personne cette légère gêne.
.
            Quand le cerveau se forme antre le 2ème et le 3ème mois de grossesse, les dendrites et les axones des neurones poussent, sous l'effet de facteurs de croissance et ils sont guidés sur un substrat de cellules autres (astrocytes notamment), par des marqueurs chimiques.
            Ces marqueurs mènent les axones au voisinage des centres avec lesquels le centre auquel appartient le neurone doit être en contact (ce centre pouvant être un groupe de neurone appartenant à un centre plus important).
            Mais c'est au voisinage seulement (quelques microns) qu'un signal chimique arrête la croissance de l'axone et les jonctions finales (synapses), entre axones et dendrites, se font au hasard. C'est pourquoi les cerveaux de deux jumeaux même homozygotes (ADN identiques) ne sont pas tout à fait les mêmes.
            On pense que dans le cas de la synesthésie, certaines jonctions, qui n'existent pas habituellement entre certains centres, se sont faites, du fait probablement d'une anomalie initiale au niveau des facteurs de croissance et des marqueurs qui guident le développement des axones;.           
            Par la suite et jusqu'à la naissance et même par la suite au cours de l'apprentissage de la première année, de très nombreuses synapses, voire certains neurones vont disparaître.
            En effet la nature a pour règle de faire des jonctions en surplus et celles utiles qui servent souvent restent et se renforcent et les autres disparaissent.
            Normalement les jonctions entre centres différents des sens n'ont pas d'utilité sauf certaines (par exemple un son qui va diriger la vue sur un objet), mais celles là passent en général par des relais, tel le thalamus et les centres amygdalien et le cortex frontal.
            Celles qui, du fait du hasard se seraient formées disparaissent, faute d'emploi.
            Il est possible également que dans le cas habituel, les jonctions inadéquates entre centres des sensations sont éliminées, et qu'elles ne le soient pas toutes dans le cas des synesthètes. Mais on ne sait pas pourquoi.
 
            La possibilité de liaisons parasites s'explique facilement dans le cas de la la synesthésie "graphèmes-couleurs", les deux zones des centres de reconnaissance des caractères (lettres, chiffres...), et des centres V4 de la vue reconnaissant les couleurs, étant très voisines (voir le schéma).
            Pour l'ouïe et les odeurs, les zones ne sont pas trop éloignées.
            Dans les cas plus complexes, on pense qu'il y a des relais compliqués au niveau du cerveau émotionnel ou avec le centre de Geschwind, qui est responsable de la mémoire des mots (mémoire sémantique).

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Lundi 4 mars 2013 à 8:00

Histoires drôles

On m'a envoyé cette petite histoire qui m'a fait sourire, alors je vous la retransmets comme intermède. 

Si vous voulez la goûter respectez l'ordre des photos.

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Dimanche 3 mars 2013 à 8:02

Scarification, suicide

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Certaines de mes correspondantes ont eu le malheur d'avoir parmi leur proches qu'elles aimaient, quelqu'un qui s'est suicidé.
            Elles culpabilisent alors de ne pas avoir assez aidé cette personne, de ne pas avoir su empêcher son acte.
 
Je voudrais d'abord remarquer que ce n'est pas spécifique du suicide.
            Quand nous avons perdu une personne que nous aimions beaucoup, et même si nous ne pouvions avoir aucune action sur sa maladie ou sur l'accident qui l'a emportée, nous nous reprochons toujours de ne pas avoir su faire plus, de ne pas avoir été là au bon moment, alors que le destin en a décidé autrement.
            Même si ce n'est pas logique et rationnel, c'est un regret courant et naturel. Aider ceux qu'on aime est heureusement quelque chose d'instinctif chez l'homme.
            Le problème essentiel n'est pas que nous n'ayons pas ce regret, mais qu'il ne dure pas trop longtemps, car il peut alors fortement perturber notre vie et c'est ce que je constate chez certaines de mes correspondantes.
 
Ce sentiment de culpabilité est donc naturel, mais il faut que vous essayez de lutter contre lui.
        Si votre ami(e) vous avait appelé(e) à l'aide lorsqu'elle a eu des intentions suicidaires, et que vous n'ayez pas pu l'en empêcher, je comprends que ce soit très difficile à accepter. Cependant même dans ce cas, vous ne devez pas vous faire de reproches. C'est extrêmement difficile de trouver les paroles efficaces et de l'empêcher de passer à l'acte, si on n'est pas près de la personne géographiquement et physiquement, car le seul moyen vraiment efficace estt alors de l'empêcher matériellement d'agir. (Il m'est arrivé un jour d'envoyer les pompiers chez une jeune que j'avais peur de ne pas avoir convaincue).
        A distance on n'a que la parole et ce que l'on dit, provient de son propre mode de réflexion ou de sentiments, ou de ceux qui résultent des conversations que l'on avait habituellement avec la personne.
 
Seulement la personne n'est pas dans son état normal : comme je vous l'ai expliqué, elle ne raisonne plus normalement. Alors que vous n'ayez pas su trouver les mots qu'il fallait dire, n'est pas une faute de votre part.
        Il aurait fallu que vous raisonniez comme celui ou celle que vous vouliez empêcher d'agir et cette personne était dans un instant de folie, et vous ne partagiez pas cette folie !
        De plus, c'était pour vous la première fois où cela arrivait et quand on n'a pas l'expérience d'une telle situation, on a tendance à s'affoler soi même et à ne pas savoir que faire d'efficace.
        Mais dans les cas que je connais, la personne qui voulait disparaître n'a pas appelé et elle est passée à l'acte seule, sans essayer de se raccrocher aux gens qu'elle aimait. C'est injuste, inhumain, mais il ne faut pas lui en vouloir, elle ne savait plus ce qu'elle faisait, son cerveau tournait à vide; elle se sentait seule, désespérée, inutile, et ne voulait pas, ne pouvait plus se souvenir de ceux qui vivaient, de ceux qu'elle aimait, sinon elle ne se serait pas suicidée.
 
Il arrive parfois que ce soit en réalité un accident, une overdose non voulue, une potentialisation de médicaments entre eux ou de somnifères par l'alcool. Vous n'y êtes pour rien et la personne non plus, sinon elle se serait abstenue.
            Souvent c'est une personne sous l'effet de la boisson de la drogue, ou de médicaments qui a alors fait un geste désespéré. Dans ce cas, vous ne pouviez rien faire. Même sur place, le seul moyen d'arrêter une personne complètement inconsciente de ses actes, c'est de l'attacher ou de l'assommer.
        Même lorsque la personne n'était pas sous une telle emprise, le désespoir, comme je vous l'ai décrit dans mes précédents articles, associé à la fatigue, à l'isolement de la nuit, aboutit à un état dépressif tel, que la personne est presque aussi inconsciente de ses actes et surtout de leurs conséquences, que si elle était sous l'emprise d'un stupéfiant. La personne oublie ses espoirs, ses liens, ceux qu'elle aime, et n'a plus qu'une idée en tête, mettre fin à son tourment, et la mort lui apparaît comme la seule issue possible, même si cette issue est en réalité fallacieuse.
       Comme je vous l'ai dit, ces “overdoses de tristesse” sont comme des coup de folie : comme l'on dit vulgairement, la personne “pète un câble”, en fait, tous les câbles qui la retiennent à la vie.
 
Vous me direz que vous auriez dû prévoir cela et aider la personne avant qu'elle n'en arrive là, que vous n'avez pas vu la gravité de la situation.
        C'est encore un raisonnement fallacieux.
        Si c'était possible de prévoir ainsi, mais on arriverait presque toujours à intervenir à temps et il n'y aurait pas ou très peu de suicides.
        En fait un “coup de folie”, cela ne se prévoit pas. Il est probablement dû à des modifications de concentration dans le sang, des neurotransmetteurs dans le cerveau, et cela ne se voit pas tant c'est brutal.
        Une personne qui se suicide n'est évidemment pas joyeuse et sans problème avant son acte, mais elle paraît, la plupart du temps, dans un état normal, ou en tout cas, pas plus alarmant qu'en temps normal.
        Rien en général ne laisse prévoir son geste, sauf si elle veut faire cette tentative pour attirer l'attention des autres, toutefois, dans ce cas, elle ne veut pas en général mettre fin à ses jours, mais seulement faire peur en tentant de le faire.
 
        Alors je m'adresse à celles qui ont ainsi le remord lancinant de ne pas avoir pu aider un être cher.
        Je ne vous demande pas d'oublier cette personne que vous aimiez, je sais que c'est impossible.
        Mais essayez plutôt de vous rappeler les instants heureux passés avec elle, ceux où elle était joyeuse et où vous avez passé de bons moments ensemble.
        Dites vous qu'elle vous aimait comme vous l'aimiez, que si elle était encore en vie, elle souhaiterait que vous soyez heureuse et que vous oubliiez son acte
        Dites vous qu'elle souhaiterait que vous continuiez à vivre, que vous n'ayez pas ces regrets et ces remords, qu'elle ne soit pas pour vous une source de culpabilité.
        Vous devez pouvoir vivre sans elle, puisque cette personne ne peut plus revenir près de vous, et elle serait très fâchée de vous empoisonner ainsi la vie.
        Il faut prendre sur vous, non pas de l'oublier, mais de tourner la page.

Samedi 2 mars 2013 à 7:56

Scarification, suicide

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             Il m'est arrivé plusieurs fois de me trouver sur internet, face à une jeune qui m'avait appelé à l'aide, parce qu'elle voulait prendre des médicaments pour quitter la vie et qui tout à coup avait eu peur de son geste.
            Je crois qu'en définitive, si elle m'avait appelé c'est qu'elle ne voulait pas mourir, mais on n'est jamais certain de cela, on n'est pas rassuré, on a peur de ne pas savoir trouver les mots qu'il faut, et on a peur de ne pas réussir.
       Alors peut être puis-je faire quelques remarques, pour le cas où vous vous trouveriez un jour embarqué(e)s dans une telle galère, mais je ne suis pas psy, ce ne sont donc que des observations personnelles.
            Pour faciliter mon texte, je l'écrirai au féminin, mais rien ne changerait si c'était un garçon qui vous demandait de l'aide.
 
Tout d'abord, comment dialoguer ?
            Les mails sont lents; il faut attendre la réponse de l'autre et pendant qu'il écrit, il peut se passer bien des choses dans sa tête..Il faut essayer de faire de tout petits mails pour qu'il y ait un échange rapide analogue à MSN.
            MSN ou un autre chat, c'est mieux, parce que cela va plus vite; il y a un contact immédiat on peut réagir. Mais il est commode d'écrire sur un traitement de texte un “projet de réponse” pendant que l'autre tape son texte pour ne pas perdre de temps et faire ensuite des copier-coller sur la fenêtre MSN. On arrive ainsi à faire presque une “conversation”.
            Ecrire est bénéfique pour celle qui a des intentions de suicide, cela l'oblige à réfléchir, mais en sera t'elle capable, car écrire demande un bon fonctionnement du cortex ?.
             téléphone portable, c'est finalement la meilleure solution, car c'est rapide et on écoute non seulement les paroles, mais aussi les intonations de la voix. Seulement attention, on peut corriger avant d'envoyer un texte, mais on ne corrige pas la parole, alors il faut réfléchir avant de parler!! Ne pas dire de bêtises !!
 
D'abord essayez vous même de rester calme, de ne pas paraître effrayé(e), oubliez surtout vos convictions, votre propre peur de la mort, vos préoccupations à vous.
            Ce n'est pas de vos problèmes, de vos pensées qu'il s'agit, mais de celles de la personne qui est en face de vous et qui vous a appelé(e) et a donc confiance en vous..
            On ne vous demande pas votre avis : on vous demande d'aider celle qui vous appelle.
            Bien sûr il faut arriver à la convaincre, mais on n'est, ni en train de faire un devoir de philo, ni dans une réunion politique, ni en train de discuter avec des copains.  A priori vous ne savez pas comment vous y arriverez, et il va falloir que vous trouviez comment vous allez vous y prendre.
            Vous êtes malheureusement condamnée à improviser, en fonction de ce que l'on vous dira.
 
Une recommandation importante, ne la jugez pas, ne lui dites surtout pas que c'est mal ce qu'elle veut faire. Vous n'êtes pas là pour faire de la morale, mais pour essayer de diminuer une souffrance.
            Ne vous laissez surtout pas embarquer dans une discussion pour savoir si se suicider est lâche ou courageux, si c'est bien ou mal au plan moral ou religieux. Quelle importance ? Croyez vous que cela diminuera sa souffrance ?
            Et quoiqu'elle vous dise, même si vous trouvez idiotes et exagérées les raisons qu'elle vous donne de son envie de mourir, ne doutez pas de sa souffrance.
            Cette souffrance est peut être démesurée par rapport à ses causes, mais elle est réelle, et pour en arriver à désirer mourir, son désespoir sur le moment est grand. Certes il n'est peut être que passager, il passerait peut être rapidement, mais si elle passait à l'acte avant, ce serait trop tard.
 
La première chose à faire, même si vous la connaissez déjà, c'est de l'écouter, même si son langage est un peu incohérent (et plus il l'est plus la situation est critique).
Il faut arriver à savoir ce qui lui arrive, à écouter sa souffrance pour la comprendre et la mesurer.
            Quand vous ne comprenez pas, essayez de poser des questions, doucement, clairement, sans s'énerver, sans l'énerver aussi. Essayez surtout de lui montrer que son histoire vous intéresse, que vous êtes son ami(e), que sa souffrance, vous la faites vôtre.
            Ce n'est que lorsqu'on a bien compris cette souffrance, ses causes et leur importance relative, que l'on pourra vraiment faire quelque chose.
 
Dans un tel moment la personne a besoin d'affectivité de se sentir aidée, épaulée, d'avoir confiance en vous.
            Il faut donc d'abord essayer de la rassurer sur le plan affectif, lui dire qu'on est là, qu'elle peut s'appuyer sur vous, que l'on va essayer de comprendre et de partager sa souffrance, de l'aider à la surmonter, que son état actuel est passager, que cela va aller mieux maintenant que vous êtes là, près d'elle, que l'on peut s'en sortir, que d'autres l'ont déjà fait et qu'elle n'est plus seule pour le faire.
    Et ne croyez pas que parler du suicide avec quelqu'un qui a envie de se suicider augmente cette envie : votre interlocutrice a, au contraire, besoin d'en parler, de “vider son sac”, de partager sa douleur. C'est pour cela qu'elle vous appelé(e).
 
Une chose très importante est de savoir alors si la personne raisonne encore et si des arguments logiques peuvent encore la toucher, ou si elle est en plein délire sentimental, si elle est submergée par sa tristesse et dans ce cas, les arguments raisonnables et logiques n'ont plus de poids.
            Cela vous le verrez à la façon dont elle vous fera part de sa souffrance et des raisons, si son discours est raisonnable et sensé ou au contraire, si il n'est fait que de sensations affectives, de plaintes, de désespoir.
            Car là il va falloir décider de la façon dont vous allez essayer de la convaincre.
            Si elle est  encore en état de raisonner, vous pourrez faire appel à son intelligence, à la logique, à des arguments rationnels. Mais sachez que ces arguments, s'ils sont efficaces avec des personnes qui ont simplement des idées morbides, par contre si la personne est au bord du gouffre, elle ne raisonne plus, et ils sont inefficaces.
   
Alors que faire avec quelqu'un qui, désespérée a perdu tous ses repères rationnels?
            On ne peut plus agir qu'au niveau des sentiments et le but immédiat c'est de forcer le cerveau de la personne à oublier quelques secondes son désespoir pour revenir à la raison : rétablir le contact entre le cerveau émotionnel et le cortex. Et là il faut improviser en fonction de ce qu'elle vous dit.
            L'une de mes correspondante m'a montré qu'elle avait très peur de la mort et j'ai essayé d'augmenter cette peur à tel point que son cerveau tout à coup a réagi “n'en rajoute plus”, est revenu dans le rationnel et on a pu discuter.
            Je connaissais bien une autre de mes interlocutrices depuis quelques mois et elle m'avait confié ses espoir, ses projets futurs qui lui tenaient à cœur et on en avait beaucoup discuté.  Je le lui ai rappelé ces projets que je l'avais aidée à construire, et je lui ai dit qu'elle ne pouvait abandonner, faire cela ni à elle, ni à moi. Et on s'est remis à parler de ces projets, de façon affective d'abord, rationnelle ensuite et l'envie d'un avenir est revenue.
 
            Il n'y a pas de recette miracle, il faut faire au mieux, et si l'on a trop peur de ne pas réussir, appeler quelqu'un d'autre à l'aide.
 
 

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