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                Je ne pratique pas Twitter et très peu Facebook, sauf pour avoir des nouvelles parfois de mes petits enfants, lorsqu’ils ne sont pas en France, ou de certain(e)s de mes correspondant(e)s. Je préfère en général les mails ou le téléphone, skipe quand c’est possible et que l’image apporte quelque chose.
Mais je m’intéresse à ces moyens de communication qui sont de véritables phénomènes de société. Il est certain qu’ils bouleversent nos habitudes, et il suffit de se rappeler la polémique lancée par le twitt un peu maladroit de Valérie Trierweiler, alors que un mail ou une conversation téléphonique disant la même chose aurait été complètement inapercus.
Un fait ne peut être contesté : la plateforme de microblogging, créée en 2006, est devenue un phénomène social et médiatique incontournable.
 
Les commentaires et affirmations de certains psychologues m’amusent en particulier, quand ils sont trop tranchés et nous prédisent des catastrophes.
Récemment, le magazine Newsweek titrait : « Le Web nous rend-il fou ? » et «  panique, dépression, psychose, comment l'addiction en ligne altère notre cerveau. »
Le Point écrivait qu'une « étude anglaise révèle les conséquences néfastes des réseaux sociaux sur notre santé », ceux-ci nous rendant apparemment plus anxieux.
En effet, la psychologue anglaise Susan Greenfield prévoit l'émergence imminente d'une « génération d'hyperactifs imbus d'eux-mêmes et dotés des capacités attentionnelles d'un hanneton ».
On lit souvent que les réseaux sociaux relèveraient du narcissisme pur et simple, et une épidémie planétaire de maladies psychiatriques est annoncée : il y aurait des risques de trouver des liens entre les réseaux sociaux et la psychose, l'anxiété, l'addiction, l'hyperactivité ou la dépression, maladies à l'évidence plus graves.
Cela dit, comme malheureusement trop souvent, on confond des corrélations avec des liens de causes à effets, ce qui est très différents.
Ce n’est pas la même chose si les réseaux sociaux sont nocifs et rendent malades, ou si des personnes atteintes de maladies mentales ont davantage tendance à aller sur les réseaux sociaux pour y chercher un réconfort.
 
Les réseaux sociaux permettent de parler de soi-même, de ses opinions, ses désirs ses problèmes, son devenir, d'être remarqué ou contacté par d'autres. On compte le nombre d’amis ou de correspondants.
Twitter a de grandes qualités : les contenus sont en libre accès, couts (ils sont limités à 140 caractères), les contacts sont simples et directs, et le tout se passe à une vitesse et une échelle inégalables. Mais à quoi cela sert il ?
Bien sûr pour les stars, les politiques, les commerçants, cela a un impact promotionnel sans égal.
Mais pour le commun des mortels, la plupart des messages sont du genre « j’ai mangé des frites à midi », « j’ai réussi à faire cuire la tête de veau », oi « il y a une mouche verte sur l’étal du poissonnier du supermarché » !
Penser que sa vie personnelle a quelque chose de passionnant pour autrui, (en dehors de ses proches), se sentir l’égal des stars, rechercher l'attention des autres à tout prix, pratiquer exhibitionnisme et voyeurisme, cultiver l’impulsivité et la superficialité dans les relations, tout cela évoque le narcissisme.
C’est ce que dit Bruce McKinney et ses collègues, de l'Université de Wilmington en Caroline du Nord, mais il s’agit d’une corrélation relativement faible et ce n’est lié ni au nombre de suiveurs du site, ni au nombre de suivis par l’auteur.
Mais ces études ont été faites essentiellement sur des étudiants nord-américains (représentativité ?) et le concept de narcissisme n’est pas très précis.
Les études distinguent trois sortes de narcissiques :
                - le « grandiose », en général extraverti, ayant une haute estime de soi, arrogant et égocentrique;
- le « vulnérable », plutôt lié au besoin d'être aimé et reconnu par autrui, à une hypersensibilité à la critique et à l’opinion d’autrui et à une certaine détresse émotionnelle ;
- enfin, l'« agressif », porté sur la colère, et caractérisé par le manque d'empathie et la psychopathie.
            On se trouve parfois à la limite de la pathologie.
            Le narcissisme et son augmentation dans notre monde moderne ne date pas de Twitter.
En 1979, l'historien américain Christopher Lasch publiait « La Culture du narcissisme », et la question était soulevée par Oscar Wilde en 1890, dans son « Portrait de Dorian Gray », et des chercheurs pensent avoir montré que les personnes nées entre 1970 et 1990, la « génération moi », sont plus narcissiques que leurs aînés.
            Mais il est probable que les réseaux sociaux favorisent l’expression des narcissiques, notamment stars et politiques, dont c’est le métier qui l’impose, personnes qui servent souvent de modèles.
 
Le seul fait nouveau est que l’expression de soi de la plupart des gens était ignorée, alors qu’elle s’étale maintenant sur des supports uniques, à la portée de tous. C’est un champ d’étude extrêmement intéressant pour les psychologues.
               Mais est si différent du téléphone portable. Je prends très souvent le RER et le métro parisien et souvent des personnes en face de moi, racontent au téléphone leur vie la plus intime, et suffisamment fort pour qu'on ne puisse pas l'ignorer. J'avoue que cela me surprend toujours.