Lundi 21 octobre 2013 à 7:53

Drogue, alcool, addictions

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      Pour finir provisoirement avec les addictions et les drogues, je voudrais parler d’un autre phénomène que je comprends mal :  celle du «binge drinking»  (certains l’appellent la «biture express», qui consiste à boire des quantités énormes d’alcool en peu de temps, qui vous laissent souvent ivre mort et causent parfois des comas éthyliques). Ces excès ne sont pas pris en compte dans la statistique sur l’alcoolisme et ne sont pas une véritable addiction, mais plutôt un phénomène de société.
   
    J’avoue que c’est un comportement que je n’arrive pas à comprendre.
    Je ne vois pas l’intérêt, ni le plaisir, qu’apporte le fait d’être complètement ivre, et ceci en groupe : pour moi c’est un comportement  moutonnier et immature.
    Je comprends que quelqu’un qui a de gros chagrins se saoule pour oublier. Toutefois, cela ne résout rien car une fois le phénomène passé, la raison du chagrin est toujours là, le chagrin aussi et en plus les conséquences physique de la biture sont désagréables.
    Je comprends que quelqu’un d’inexpérimenté se laisse entraîner un jour pour faire comme tout le monde et soit ivre car il n’a pas su maîtriser à temps la quantité d’alcool.
    Mais se saouler ainsi sans raison, uniquement par jeu et par bravade devant les copains me paraît vraiment comme une absence de réflexion et d’intelligence. Une sorte d’acceptation de l’esclavage vis à vis de l’opinion des copains, et une sorte de harcèlement moral.   
    Cette coutume serait uniquement le fait de gens grossiers ou peu intelligents, j’y trouverais au moins une cause, mais j’ai vu des gens très intelligents s’adonner à ce jeu idiot.

    J’ai l’impression que certains jeunes ne seront jamais adultes et restent des ados irresponsables.
    Je ne comprends pas comment un être intelligent peut accepter d’être ramené ainsi à l’état de bête, de légume, sans intelligence, sans volonté et à la merci de n’importe quoi.
Certains ont l’air d’en être fiers, moi j’en serais mort de honte, de me montrer aussi dégradé et je me sentirais coupable vis à vis de moi même, de ma qualité d’humain.
    Mais c’est vrai qu’on ne cultive plus la mémoire, et qu’ils ne se souviennent de rien après leur beuverie.
    Quelle fierté éprouver à se montrer ainsi minable ?
    Je me souviens d’un camarade, élève d’une grande école et supposé intelligent, qui avait trop bu dans une soirée, mais était encore très conscient et, pour se remettre en forme, plongeait la tête dans la cuvette des wc et se tirait la chasse d’eau pour se rafraichir les idées. L’image de cette personne pour laquelle j’avais beaucoup d’estime, se montrant ainsi dans un état pitoyable d’impuissance, m’a profondément marqué et m’a protégé toute ma vie, contre tout excès d’alcool même léger.
    Une autre image plus récente : celle d’une voiture qui, à la sorite d’une boite de nuit, est allée s’écraser contre un arbre, et les quatre jeunes occupants, qui avaient dû trop boire, étaient dans un état affreux, et deux d’entre eux ne sont jamais revenus à la vie, et un troisième est paralysé.

    Je n’ai pas trouvé dans les revues ou dans les compte rendus d’études que je lis, d’explication concernant la motivation de ces jeunes. Donc je reste sur ma soif de comprendre.
    Par contre j’ai trouvé de nombreux articles sur les inconvénients de cette pratique.
    Le plus courant est certainement les accidents de la circulation avec un conducteur en état d’ivresse.  Les bagarres, paris idiots et accidents qui peuvent en résulter.
    Pour ceux qui ont vraiment trop abusé, le coma éthylique qui peut entraîner la mort.
    Mais des études récentes mettent en lumière des effets à moyen terme, surtout quand cette pratique touche des adolescents.
    Des modifications de la substance grise (les neurones) et de la substance blanche (les axones entourés de myéline) ont été perçus par IRM.

    L’usage répété de ces pratiques semble réduire le fonctionnement de l’hippocampe d’une part, qui est l’intermédiaire presque obligé de la mémoire, tant à l’acquisition qu’à la restitution du souvenir, ainsi que du cortex préfrontal, à la base de toute prévision, réflexion et organisation.
    Il semble que des perturbations soit produites dans la communication entrele cortex et le cerveau émotionnel, ainsi que dans le fonctionnement du système de récompense.
    Le «binge drinking» serait ainsi un élément déclencheur possible de l’expression des gênes prédisposant à l’addiction à l’alcool et favoriserait ainsi l’apparition de cette addiction.

    Je crains que le développement à outrance des médias et l’attirance des réseaux sociaux n’ai développé tellement la volonté d’appartenance à un groupe, et la peur d’en être exclu, que certains sont devenus totalement inconscients des dangers qu’ils courent et de l’impression de déchéance que l’on ressent quand on n’est plus maître de sa volonté et de ses actions.
    Je pense que je comprends mal leurs raisons, car j’avais moi même ce sentiment d’appartenance à un groupe (d’étudiants, d’une école d’ingénieurs par exemple) ou à une équipe (dans le travail), mais que ce sentiment ressemblait plus à celui d’appartenance à une famille et obligeait à garder un comportement qui donne une bonne image, à soi même comme aux autres, de soi-même et du groupe.

Dimanche 20 octobre 2013 à 8:35

Drogue, alcool, addictions

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     Avec les drogues, il faut bien séparer deux choses : l’addiction qui est un trouble psycho-physiologique, qui nous empêche de ne pas succomber à un désir donné, et la dépendance qui est le trouble physiologique (et parfois le stress psychique) qui survient quand nous manquons d’une substance, correspondant à cette addiction.

    L’addiction est une perte de contrôle du fonctionnement de notre cerveau et principalement du système de récompense que nous avons décrit avant hier.

    L’addiction peut concerner des substances (drogues diverses), ou des comportement : le jeux, le sexe, l’usage extrême d’internet  ou du téléphone portable.
    Je connais même quelques personnes qui ont presque une addiction à la nutella, mais je pense qu’on peut plus facilement en guérir lol.
    A la limite, l’anorexie et la boulimie sont des phénomènes addictifs, car le système de récompense est aussi en cause, mais il existe en général des causes psychologiques plus profondes.

    Nous ne sommes pas tous égaux devant les addictions, car l’hérédité et l’environnement d’éducation interviennent beaucoup. L’âge auquel on commence à succomber à l’addiction est très important dans le cas de substances chimiques, car le cerveau d’adolescent est beaucoup plus sensible, le cortex frontal notamment n’est pas totalement mature, et de jeunes adolescents qui ont pris l’habitude de fumer du tabac ou du cannabis, risquent fort d’avoir ensuite des séquelles et d’avoir par la suite, une addiction beaucoup plus sévère.

    On n’a pas isolé des «gênes des addictions», même si pour celle à l’alcool, on connait de nombreux gènes en cause.
    Mais il est incontestable que une prédisposition génétique existe et l’on peut constater que la difficulté à surmonter ses désirs et bloquer ses pulsions, se retrouve d’un parent à certains de ses enfants. Il est probable que c’est un phénomène épigénétique, des gènes prédisposant au phénomène, mais ceux-ci ne se manifestant qu’à la suite de phénomènes environnementaux.
    On peut d’ailleurs expliquer en partie la différence entre individus plus ou moins prédisposés aux addictions : c’est une question de plasticité du cerveau.
    Des chercheurs l’ont montré en étudiant les récepteurs du noyau accumbens au glutamate, un neurotransmetteur particulier. On a vu avant hier le rôle du noyau accumbens dans le circuit de récompense, où il entraînait la présence de dopamine. L’action du glutamate peut provoquer cette réaction dopaminergique.
    Ces chercheurs ont montré que le glutamate (en vert sur le schéma), agissait sur deux types de récepteurs, dénommés AMPA en vert et NMDA en bleu. (ces initiales sont celles des produits chimiques auxquels sont sensibles ces récepteurs, je vous fais grâce de ces appellations barbares; les curieux pourront les trouver sur internet.)

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    Les deux schémas ci-dessous montrent les réactions d’un consommateur sans addiction et celui qui est soumis à l’addiction;
La première image montre les molécules de glutamate agissant sur le récepteur AMPA.
Si la synapse subit une certaine stimulation «LTD», le glutamate est aussi absorbé par les récepteurs NMDA et cette absorption entraîne un recul vers l’intérieur des récepteurs AMPA, de telle sorte que la synapse devient moins sensible au glutamate.
    Au contraire, chez le rat qui est en addiction, cette stimulation LTD est inefficace et si le niveau de glutamate augmente, il n’y a pas régulation de la stimulation qui augmente aussi.
    Les synapses de la personne en addiction ont perdu de leur plasticité et de leur pouvoir de régulation.

    On pense que face à une drogue, une personne non prédisposée génétiquement a une réaction du premier type ci dessus et la drogue entraîne une régulation de ses propres effets. La personne a moins de chances de devenir addicte.
    Au contraire, chez une personne prédisposée, la réaction est du deuxième type : les synapse peu plastiques n’ont pas suffisamment de pouvoir de régulation. La personne  a donc des réactions plus importantes et s’habitue à la production de dopamine qui lui procure une certaine satisfaction. Mais il lui faut peu à peu davantage de produit et davantage de dopamine pour produire la même satisfaction et l’addiction s’installe.

    Finalement l’addiction s’installe quand le sujet ne peut s’empêcher de recourir à l’action correspondante, que la consommation devient régulière, et que l’organisation et le déroulement de la vie du sujet finit par dépendre de cette consommation, qui également, éloigne le sujet des occupations qui l’intéressaient et des désirs correspondants.
    A ce stade, il y a dérèglement (physiologique) du système de récompense et une certaine dépendance psychologique (s’abstenir est stressant, donc on ne s’abstient pas).
    Ce stress peut entraîner des réaction physiologiques, mais ce n’est pas une dépendance physique.
    Certains produits comme l’alcool, la nicotine du tabac, les opiacés (opium, héroïne), mais aussi les barbituriques et des tranquillisants comme les benzodiazépines, provoquent une dépendance physique qui s’ajoute à la dépendance psychologique : en l’absence du produit, des manifestation physiques de manque apparaissent, parfois très violentes. Ces manifestations proviennet en général du fait que la présence presque permanent d’une certaine concentration de produit actif, perturbe la production de produits régulateurs que notre corps sécrète naturellement. (par exemple les endorphines ou la sérotonine). Lors qu’on arrête la drogue, ces produits régulateurs ne sont plus produits et il faut plusieurs jours pour les voir réapparaître. D’où des réactions violentes physiologiques.

    On parle souvent de drogue douce et dure. Une drogue ne pourrait être «douce» que si elle ne produisait qu’une faible dépendance psychique, qu’elle ne produise pas de dépendance physique et qu’elle ne soit pas toxique physiologiquement, ni à court terme (overdose), ni à long terme (mais là un problème, cela dépend du niveau de consommation).
    En fait toute addiction est nuisible : le cannabis, même à faible dose unique sans avoir d’addiction entraîne des accidents de conduite de machine, l’addiction au jeu est catastrophique financièrement, l’addiction à internet fait négliger les études ...
    Physiologiquement le cannabis a peu d’action nuisible sur le corps à faible dose, mais en addiction, il peut avoir des effets sur la mémoire et l’attention, voire sur le cortex frontal des adolescents. Il est plus cancérigène que le tabac
    La cocaïne et l’ecstasy, qui entraînent peu de dépendance et d’addiction, ont des effets toxiques important à long terme par destruction de neurones.
    Le tabac, les opiacés (héroÏne), l’alcool et divers produits entraînent une forte dépendance physiologique et sont toxiques.
    La plupart des produits sont des drogues «dures» et les drogues dites «douces» (comme le cannabis) ne le sont qu’à très faible consommation.

    La majorité des usagers ne se droguent pas pour se détruire, mais pour éprouver du plaisir et stimuler leur système de récompense.
    On peut commencer à prendre des drogues par curiosité ou par ennui, pour éprouver des sensations fortes, transgresser un interdit, frimer auprès des copains ou ne pas s’exclure en refusant un rituel, fréquenter des milieux marginaux, et le plus souvent échapper aux problèmes de l'existence, ou même pour être à la mode.
    Ce n'est que dans un deuxième temps, que vont apparaître les conséquences négatives de l'usage. Loin d'être une expérience limitée à des groupes particuliers, l'usage de drogues se répand dans toute la société, et les images d'exclusion et d'autodestruction,
associées quand j’étais jeune, à l'usage de drogue, cèdent peu à peu la place à une
image d'inclusion, qui associe drogue et culte de la performance  :être en forme, travailler,
vivre vite, jouir de l'existence....
    Il en résulte une consommation importante de cannabis d’anxiolytiques, considérés comme inoffensifs, alors qu’ils sont très dangereux si on en consomme beaucoup et longtemps et ce d’autant plus que l’on est jeune.

Samedi 19 octobre 2013 à 8:34

Architecture

  Quand j'étais étudiant je passais pas mal de temps à la bibliothèque Sainte Geneviève, place du Panthéon à Paris.

          C'était un lieu austère destiné au travail et il a peu changé. Maintenant avec le web, et éventuellement Google, c'est plus facile, mais il faut se débrouiller seul : personne de compétent pour vous guider.

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           Voici quelques autres bibliothèques, certaines de travail, d'autres de prestige.


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La bibliothèque publique de New York.











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La bibliothèque d'Ottawa au Canada










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La bibliothèque Victoria à Londres.









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Celle du Congrès aux USA









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La bibliothèque Joanina au Portugal


















La bibliothèque du British Museum











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La bibliothèque nationale de Prague








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Celle du monastère de Wimblingen











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Et la superbe bibliothèque du Vatican.




 

Vendredi 18 octobre 2013 à 9:02

Drogue, alcool, addictions

  Toute addiction est une perte de contrôle de notre cerveau, car les drogues le dérèglent, notamment ce que l’on appelle le «circuit de récompense», qui est également le circuit qui nous permet tout apprentissage.

    Je rappelle ce qu’est ce circuit, qui fait partie du cerveau émotionnel.
(nota : les schémas sont tirés de la revue "la Recherche" et réalisés par l'infographiste Sylvie Dessert)
    Notre cerveau reçoit des stimuli associés à des satisfactions, notamment physiologiques, ces stimuli qui sont en provenance soit de nos sens, via le thalamus et l’amygdale, soit de notre corps lui même via l’hypothalamus.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/circuitrecompense.jpg    © Sylvie Dessert

     Un petit centre, l’aire tegmentale ventrale (ATV, voir schéma ci-dessous), va envoyer des influx nerveux, au travers de synapses fonctionnant avec un neurotransmetteur particulier (en bleu) : la dopamine, notamment à trois autres centres.
    - d’abord le «noyau accumbens», qui va évaluer la motivation de l’action et la valeur du plaisir qu’elle a apporté.
    - l’amygdale (ou centres amygdaliens), qui va évaluer le caractère hédonique ou non de l’action et les risques qui en découlent. SI elle considère que c’est une action qui apporte du plaisir sans risque exagéré, l’amygdale laissera faire, mais si elle pense le contraire,elle enverra au noyau accumbens, un influx nerveux inhibiteur (neurotransmetteur le GABA), qui paralysera son action.
    - le cortex préfrontal, le «patron»qui peut aussi prendre une décision réfléchie.
    - s’il a reçu le feu vert, le noyau accumbens diffuse alors un influx nerveux de «récompense» dans les neurones du cerveau qui sont liés à des synapses à dopamine.
    - le cortex préfrontal, s’il le juge nécessaire peut ensuite modérer cette action, grâce à l’émission d’influx nerveux utilisant un autre neurotransmetteur : le glutamate (en violet). J’en expliquerai l’action dans un prochain article, pour essayer de comprendre pourquoi certaines personnes succombent à des addictions.
    - le noyau accumbens peut de son coté, modérer les remontées des informations en provenance de l’hypothalamus en le bloquant partiellement grâce au GABA. (en vert).

    Les diverses drogues vont dérégler le mécanisme de ce circuit de récompense, en agissant à divers niveaux (voir schéma ci-dessous) :

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/drogues.jpg© Sylvie Dessert


    La nicotine agit directement sur les neurones à dopamine du noyau accumbens, sans passer par l’ATV. Elle se fixe que des récepteur à acétylcholine de ces neurones et excite donc la production de dopamine directement.

    L’opium et l’héroïne inhibent les neurones utilisant le GABA qui sont chargés de limiter l’action de ceux du noyau accumbens. Ceux ci émettent donc davantage de dopamine, puisque leur action n’est plus freinée.

    La cocaîne agit autrement en bloquant l’élimination et le recyclage de la dopamine, qui, alors s’accumule dans les synapses, faisant un effet beaucoup plus important.

    Le cannabis contient un agent actif, le tétrahydrocannabinol. (THC) dont l’action n’est pas limitée au système de récompense.
    L'organisme humain produit lui même des cannabinoïdes utiles qui agissent en activant un récepteur porté par les neurones (récepteur CB1) du cerveau; (il existe aussi des récepteurs CB2 qui sont présents sur les cellules immunitaires); ces récepteurs CB1 peuvent ensuite agir sur les neurones dopaminergiques. Cette interaction des deux systèmes explique en partie les propriétés euphorisantes du cannabis
    Les récepteurs CB1 sont présents en quantité très importante dans différentes structures du système limbique et jouent ainsi un rôle majeur dans la régulation des émotions et le cannabis diminue l'attention (action sur le cortex cingulaire).
    Les troubles de la mémoire et cognitifs, qui se produisent après consommation chronique de cannabis pourraient être liés à la présence de récepteurs CB1 dans le cortex et surtout dans l'hippocampe, structure cérébrale essentielle dans les processus de mémorisation. La présence de récepteur dans le thalamus, relais des informations sensorielles, est probablement en rapport avec la modification des perceptions sensorielles qu’éprouvent les usagers de cannabis. On trouve également beaucoup de récepteurs CB1 dans le cervelet, structure jouant un rôle important dans le comportement moteur et l’équilibre.


    L’action de l’alcool est encore autre (voir schéma ci-dessous) :
    En l’absence d’alcool l’ATV envoie au noyau accumbens des influx nerveux utilisant le GABA comme neurotransmetteur, influx qui apportent une inhibition et empêche une utilisation intempestive de dopamine.
    En présence d’alcool, celui ci agit sur des neurones qui entraînet la production au niveau des synapses d’endorphines, qui inhibent les neurones gabaergiques et donc n’empêchent plus la production dans les synapses de dopamine.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/alcool.jpg© Sylvie Dessert


    Donc, toutes ces drogues (mais aussi d’autres addictions comme celle aux jeux), entraînent une production accrue de dopamine dans les synapses du système de récompense, et cette production entraîne un sentiment de plaisir.
    Mais si cette action se répète trop souvent et que l’individu est relativement prédisposé, le système de récompense pourra alors se dérégler et exigera de plus en plus la production de davantage de dopamine pour éprouver le même plaisir. C’est le phénomène d’addiction dont nous parlerons après demain.

Jeudi 17 octobre 2013 à 8:09

Drogue, alcool, addictions

  Mes articles des 8 et 9 octobre, sur les adolescents, ont été beaucoup lus et m’ont valu beaucoup de mails qui me demandent d’autres articles sur l’adolescence et aussi, sur les addictions fréquentes chez les adolescents (mais qui hélas, sont aussi le propre d’adultes).
    Je vais essayer de répondre à ces demandes, mais peu à peu, d’une part parce que je ne veux pas saturer mes lecteurs avec un sujet unique s’étendant sur beaucoup d’articles (tous ne s’y intéressent peut être pas), et d’autre part parce que je veux vérifier certaines de mes données et au besoin en trouver d’autres, et cela prend du temps, d’autant plus que j’ai, en ce moment, pas mal d’occupations.
    Aujourd’hui je vous donnerai simplement des informations statistiques sur les addictions et leurs dangers, tirées du baromètre sante et de diverses enquêtes et publiées par la revue «La Recherche».

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    En France, les substances ayant des effets néfastes sur notre cerveau et notre santé, sont le tabac, l’alcool et le cannabis.
    La figure ci dessus, à gauche, représente les variation de la consommation par les français de 18 à 64 ans, entre 2005 et 2010. Les critères étaient les suivants : fumer quotidiennement, boire au moins trois verres d’alcool par semaine, et fumer du cannabis au moins 10 fois par mois.
    Il est étonnant de constater que malgré la loi Evin et l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés,la proportion de fumeurs augmente. Il semble que les nouvelles recrues soient surtout des femmes et des jeunes.
    La baisse de la consommation d’alcool est trompeuse car elle dépend du critère choisi. Chez les jeunes en particulier une mode absurde est apparue : celle du «binge drinking»  (certains l’appellent la «biture express», qui consiste à boire des quantités énormes d’alcool en peu de temps, qui vous laissent souvent ivre mort et causent parfois des comas éthyliques). Ces excès ne sont pas pris en compte dans la statistique.
    La consommation de cannabis semble stable, mais la statistique n’inclut pas les jeunes de 14 à 18 ans. Une enquête semble montrer que chez les jeunes de 14/15 ans le pourcentage de fumeurs de cannabis soit passé de 4 à 8 % entre 2000 et 2011
    Le graphique ci dessus à droite, montre malheureusement que la France est l’un des pays les plus touchés par ce fléau.


    Si l’on s’intéresse plus particulièrement aux jeunes, une statistique de 2011 (Escapad OFTD) concerne les jeunes français de 17 ans. On constate une progression de l’alcool et du tabac, mais une légère baisse du cannabis.

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    Enfin une étude Bourgain a essayé en 2012 de quantifié la dangerosité des drogues, en évaluant les coûts d’achats et sanitaires, la dépendance, les dommages physiologiques et sociaux. C’est le graphique ci dessous.
    L’alcool est en tête, puis les drogues dures, et tabac et cannabis à égalité.
    Mais les jeux d’argents ont été aussi introduits parce que développés par internet.

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    En fait l’addiction est une perte de contrôle de notre cerveau, car les drogues le dérèglent.
    J’avais fait plusieurs articles sur ce que l’on appelle le «circuit de récompense» de notre cerveau, dont le dérèglement est à l’origine des addictions, mais je referai demain un article sur ce sujet, en le présentant différemment, et en me servant cette fois des schémas publiés sur le journal «La Recherche»


Mercredi 16 octobre 2013 à 8:00

Architecture

Je ne sais pas si vous avez visité le "Palais Bénédictine" à Fécamp, en Normandie. Cela vaut la peine. Je l'ai visité il y a une vingtaine d'années et malheureusement les photos que j'ai sont argentiques. Celles que je publie ici, proviennent d'internet car ayant l'avantage d'être déjà numérisées.
         Ce "palais", bien qu'il fasse penser au palais de Cluny, à Paris, ne date que du 19ème siècle. C'est un mélange bizarre de style néogothique et renaissance, d'art et d'industrie, abritant un musée qui regroupe des collections des 14, 15 et 16ème siècles, peintures, ferronneries, émaux, et objets provenant de l'ancienne abbaye des moines de Fécamp.
         Mais dans ce palais, il y a également une usine, celle de la fabrication de la liqueur Bénédictine, qui a fait la fortune d'Alexandre Prosper Legrand, créateur de cette liqueur à partir d'une vieille recette d'un moine bénédictin, pour lequel ce palais a été construit par l'architecte Camille Albert, en 1888, mais avec une restauration quatre ans plus tard, suite à un incendie.
         D'abord quelques vues extérieures :

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Trois photos de la "salle des abbés" et de superbes voutes intérieures :

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Enfin deux images de la distillerie qui produit la bénédictine :

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Mardi 15 octobre 2013 à 8:48

Inné et acquis

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    Les jumeaux, du fait de leur patrimoine génétique presque identique (voir l’article d’hier), sont des témoins extrêmement intéressants pour étudier l’influence de la génétique, c’est à dire de l’inné et de l’acquit chez l’homme.
    Des essais sur animaux, souris notamment, permettent aussi certaines observations;
    L’anthropologue anglais Francis Galton, au 19ème siècle, (qui était un cousin de Darwin), a particulièrement étudié des groupes de jumeaux, très semblables, moyennement semblables et dissemblables, bien que la plupart aient été élevés ensemble, Binet au début du 20ème siècle a poursuivi ces études, et elles sont maintenant très développées et plus techniques, grâce aux tests ADN et de biochimie.
    Les études sur les jumeaux concernent aujourd’hui plus d’un million et demi de personnes.

    Les tests ont montré que l’intelligence est le critère sur lequel les jumeaux se ressemblent le plus.surtout s’ils ont eu une éducation commune.
    Les américains ont fait des études à partir de la théorie du BIG FIVE, qui teste 5 grands traits de personnalité (voir mes articles des 29 juillet et 6 août 2010), à savoir :
    - l’extraversion / introversion : tire t’on sa motivation des autres ou de soi même.
    - l’amabilité : tendance à être (ou non), sociable, altruiste, agréable, conciliant, généreux.
    - l’esprit consciencieux : degré d’organisation, de ponctualité, de contrôle des événements, d’obstination et de motivation.
    - l’ouverture d’esprit : curiosité intellectuelle, créativité, désir d’expériences nouvelles, tolérance aux idées des autres.
    - la stabilité émotionnelle : vulnérabilité au stress, humeurs positives et négatives,  remords et regrets, souffrances psychologiques.
    Ils ont trouvé que l’extraversion/introversion et l’ouverture d’esprit étaient les traits qui se ressemblaient le plus même si les jumeaux ont été séparés assez tôt, et donc la partie innée la plus commune, mais avec une corrélation beaucoup moindre que pour l’intelligence.     Ensuite par ordre décroissant, la stabilité émotionnelle, l’esprit consciencieux et l’amabilité.
    Par ailleurs, plus les jumeaux avaient été élevés ou avaient même vécus longtemps ensemble, et plus leurs traits psychologiques se ressemblaient, ce qui montre l’influence importante de l’éducation et de l’environnement.

    Un point important pour les jumeaux est leur relation psychologique réciproque.
Il est nécessaire pour chacun de se comparer en permanence à autrui et c’est très important (trop même aujourd’hui) chez les adolescents.
    Les jumeaux sont dans une situation particulière, car, d’une part le jumeau est pour l’autre le principal élément de comparaison, mais également quand ils ses comparent aux autres c’est le couple qui est face à autrui, comme s’il n’était qu’une seule personne.

    Mais il arrive que, sur certains jumeaux,I'on observe des destins d’adultes très différents, avec des traits psychologiques parfois opposés ou même des évolutions de santé très différentes.
    Les événements de la vie et notamment de la petite enfance, et notamment le stresse et les traumatismes,  laissent une trace sur I'ADN nucléaire, sous forme de modifications biochimiques qui modulent la façon dont les gènes sont exprimés.
Ces marques épigénétiques peuvent influencer le métabolisme, mais aussi certains comportements sociaux, I'humeur et Ia mémoire.
    Le mode de vie, les conditions environnementales et les apprentissages ont donc probablement aussi un impact sur I'ADN, dont l’évolution réagit ensuite sur la personne et la personnalité.
    L’exposition à certains produits chimiques peut aussi être en cause.
    Mais si l’on a surtout étudié les effets du stress, d’une éducation difficile, de traumatismes, voire de génocides, par les effets négatifs qu’ils peuvent provoquer, il faut aussi examiner les effets d’impacts positifs, par exemple d’une vie amoureuse. Pour le moment ces études d’épigénétique débutent.

    Finalement bien qu’ayant au départ des patrimoines génétiques très voisins, certes les jumeaux ont beaucoup de ressemblances, mais les modifications épigénétique de l’ADN font que leurs gènes peuvent peu à peu s’exprimer différemment et que si une même éducation les rapproche plutôt, les aléas de la vie et leur environnement peut au contraire les faire évoluer différemment.
   
Ils sont évidemment une matière expérimentale extraordinaire pour les chercheurs, mais c’est aussi un sujet d’étonnement pour les personnes à leur contact.
    J’ai connu, quand j'étais jeune, un professeur de biologie qui avait 7 enfants, deux fois des vrais jumeaux et de «faux triplé». C’était une famille assez remarquable et originale.
    Evidemment, les élèves ne pouvaient s’empêcher de faire des plaisanteries de mauvais goût quand le professeur leur parlait de la reproduction des lapins et des mouches. 


Lundi 14 octobre 2013 à 7:58

Inné et acquis

Deux jumeaux m’ont demandé des renseignements sur les différences et les identités chez les vrais jumeaux, et notamment sur leur cerveau.
    Je vais essayer de traiter ce problème le plus simplement possible, en deux articles.

    Vous savez qu’il y a des vrais et des faux jumeaux.
    Pour les faux jumeaux dont nous ne parlerons plus ensuite, contrairement à la normale, deux ovules (de la mère) sont devenus matures en même temps (quelques jours max) et ont été fécondés par deux spermatozoïdes différents. Les deux œufs (on dit qu’ils sont dizygotes), vont donc se développer en même temps, et bien qu’ils soient dans des sacs vitellins différents, l’accouchement de l’un va entraîner celui de l’autre.
    Les faux jumeaux n’ont de commun que leur mère, éventuellement leur père, et la période de leur naissance (à un ou deux jours près). Mais il sont aussi différents que deux, frères, deux sœurs ou un frère et une sœur nés à des dates éloignées.
    Leur patrimoine génétique est différent (ils n’ont que 50% des gênes en commun), et ils peuvent ne pas se ressembler du tout.
    Les vrais jumeaux au contraire, sont issus d’un seul ovule et d’un seul spermatozoïde et donc d’un seul œuf (on dit qu’ils sont monozygotes), l’œuf s’étant divisé en deux œufs distincts lors les premières divisions cellulaires; ces jumeaux ont donc un patrimoine génétique identique, du moins en ce qui concerne l’ADN initial issus de l’ovule et du spermatozoïde.
    Lorsque la division en deux œufs se fait dans les trois premiers jours, les sac vitellins et les placentas sont différents pour chaque fœtus. Lorsqu’elle se fait dans les 5 à 7jours, le placenta est commun aux deux jumeaux et donc leur sang peuvent en partie se mélanger.
    Il y a en moyenne dans le monde une proportion de jumeaux de 3,5 à 5 pour 1000 naissance, mais cette proportion est très variable d’une ethnie à l’autre et si, dans les pays occidentaux, la proportion est d’environ 13/1000, elle peut atteindre 45/1000 au Nigéria.


http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/genome1.jpg    Une petite précision, avant de continuer. Savez vous ce qu’est une mitochondrie ?
C’est une structure très bizarre dans nos cellules (et toutes les cellules qui possèdent des noyaux). Leur taille peut varier de 0.5 à 10 microns, et on peut en trouver plusieurs milliers dans certaines de nos cellules. Dans les temps préhistoriques très reculés, elles étaient des organismes unicellulaires distincts et autonomes (comme les bactéries), jusqu’à ce qu’une cellule décide d’absorber une mitochondrie, et se mette à vivre en symbiose avec elle. Elles peuvent fusionner entre elles et se dupliquent en même temps que les cellules.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/images-copie-10.jpg    Les mitochondries jouent un rôle important au olan cellulaire, notamment en étant le sièges de transformations chimiques sur des produits phosphorés qui servent de combustible énergétique pour les cellules (en particulier l’adénosine triphosphate, ATP).
    Elles ont par ailleurs d’autres rôles de régulateurs de certains composants dans la cellule (voir le schéma ci-contre.


    Mais une des autres originalités de ces organismes, qui ressemblent eux mêmes à des cellules, c’est d’avoir un ADN propre, différent de celui des cellules où elles habitent, et donc différent de celui de l’individu.
    Ce petit ADN, circulaire de 37 gènes seulement, va coder des ARN et environ 13 protéines. (L’ADN humain normal compte environ 25 000 gènes)
    Lorsqu’un spermatozoïde féconde une ovule, il lui donne une partie de ses mitochondries, mais en très petit nombre et l’ADN des mitochondries de l’œuf est surtout celui de celles de la mère, ce qui permet d’étudier des filiations lointaines.
   

    Revenons à nos jumeaux . Lors de la première division de l’œuf initial en deux œufs, les mitochondries sont réparties Les deux œufs qui vont donner naissance aux jumeaux n’ont pas forcément le même patrimoine de mitochondries. On a pu montrer sur des souris que cela entrainait des différences de capacités, notamment d’apprentissage.
    Nous avons donc déjà une petite différence entre jumeaux.
    Une deuxième différence peut provenir du processus qui mène de l’ADN, aux acides aminés et aux protéines (voir mes articles des 4,5,6 juillet 2010 ).
Il se peut que lors de ces transformations la scission de l’ADN se fasse différemment parfois dans les deux œufs et donc aboutisse à des protéines différentes.
    II y a aussi dans l’ADN, des séquences silencieuses (voir mes articles des 13 et 14 janvier 2012), et des circonstances diverses peuvent faire s’exprimer un gère resté jusque là inactif. Il n’est pas évident que le même processus se passe chez les deux jumeaux et il arrivent souvent qu’au cours de leur vie les gènes de deux jumeaux s’expriment différemment.
    Enfin un autre facteur joue dans la formation du cerveau. Les axones des neurones progressent vers des zones qui dépendent de la nature du centre cérébral à venir, guidés par des marqueurs chimique. Mais la jonction ultime avec les dendrites voisines se fait au hasard. Les jumeaux n’ont donc pas tout à fait le même cerveau, d’autant plus que jusquà environ 7 ans presque 30% des synapses sont éliminées faute de servir suffisamment. Même si les jumeaux ont une éducation presque semblable, cette élimination ne sera pas parfaitement identique.

    Les jumeaux sont donc deux êtres qui se ressemblent beaucoup, surtout s’ils ont été élevés ensemble, mais ils ont cependant de petites différences, physiques et psychiques, immédiates et aussi potentielles.
    En définitive, malgré un patrimoine génétique commun et qui le reste, les jumeaux ont des différences à la naissance, et surtout peuvent avoir une expression des gènes ultérieure différente.
 Nous en parlerons demain.

Dimanche 13 octobre 2013 à 8:10

Photos, photos comiques

          Suite, en intermède, des photos trompe l'œi, trouvées sur le magazine l'Internaute.

http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/1812072lagranderoueavant.jpg




















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http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/1812911cherijairetrecilesparents.jpg























http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/1809298lamarieelaplusgrandedumonde.jpg













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http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/1812898tetedelama.jpg









http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques2/1812205lartducamouflage.jpg












Samedi 12 octobre 2013 à 8:20

Notre cerveau : émotions

     Mes correspondant(e)s me parlent souvent de leurs «émotions» et il est souvent difficile de se mettre d’accord sur le vocabulaire. La confusion émotion - sentiments est fréquente.
    J’ai pensé qu’il était peut être utile de préciser ce qu’étaient les émotions, car ce n’est pas si simple que cela et même les neuropsychologues ont du mal à donner des définitions claires. Un chercheur connu portugais Antonio Damasio, professeur de neurologie aux USA a écrit plusieurs livres passionnants à ce sujet. On trouve aussi des articles intéressants écrits par le Laboratoire des mécanismes cognitifs de l’université de Lyon et par le professeur David Sander, du Laboratoire d’étude de l’émotion de l’université de Genève.

    L’émotion est considérée aujourd’hui comme un phénomène complexe se développant dans tout le cerveau (et pas seulement le cerveau émotionnel, même si celui-ci a une part prépondérante), ce phénomène ayant cinq aspects différents, qui interviennet successivement, mais coexistent, à la suite d’un événement extérieur (le plus souvent, mais ce peut être aussi un événement intérieur, une pensée...), qui est le déclencheur de l’émotion.
    Le schéma ci-dessous décrit le phénomène :

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/IMG.jpg

    Pour simplifier, nous prendrons un événement extérieur, qui est détecté par nos sens, principalement la vue et l’ouïe.
    Cette sensation, avant d’être consciente est transmise aux centres amygdaliens, qui, en relation avec l’hippocampe qui actionne la mémoire, fait une première évaluation du danger, avant de rendre compte au patron, le cortex frontal, qui lui va faire une analyse rationnelle.
    Il y a donc une évaluation de la situation, qui va déterminer la nature et l’intensité de la réaction émotionnelle.

    Il y a très, vite, car ce sont les centres amygdaliens qui les provoquent, par le canal du système nerveux sympathique, des réactions physiologiques  : modification du rythme cardiaque, de la tension sanguine, mobilisation des réserve d’énergie, préparation des muscles à agir..
    C’est une réaction corporelle de préparation à l’action.

    Il y a alors une réaction de certains centres du cerveaux émotionnel, notamment les cortex insulaire et cingulaire et du cortex préfrontal, qui engendre une attention sur le phénomène en cause et une certaine motivation pour réagir à l’évènement.
    Cette motivation va engendrer éventuellement des actions, suite à l’événement.

    Une réaction particulière rapide est l’action sur les muscles, ceux de la face notamment, et sur la voix.
    L’émotion peut engendrer des gestes, des expressions faciales, des manifestations vocale (le cri de surprise, de douleur..), le ventre qui se contracte, le manque d’air, le coeur qui se serre.
    C’est une expression engendrée par l’émotion et dont les centres amygdaliens sont les principaux instigateurs, à l’origine.

    Le cortex préfrontal est évidemment mis au courant de ce qui se passe et décide certaines actions notamment vis à vis de l’environnement, actions de sauvegarde, mais aussi actions éventuelles de communications.
    C’est une prise de conscience de son état émotionnel qui amène éventuellement à le verbaliser et en général à essayer de le contrôler.
    C’est à ce stade que l’on peut parler de sentiment.

    L’émotion est donc un phénomène dynamique complexe, provoqué par un événement extérieur ou interne, qui déclenche le processus émotionnel.
    Dans les quelques fractions de seconde, ce sont surtout les centres amygdaliens qui entrent en action, pour pouvoir faire face à un éventuel danger, mais peu à peu, de nombreux centres du cerveau vont participer au processus, mettant en jeu notamment de nombreux transmetteurs chimiques.
    Le sentiment est la prise de conscience de ces émotions, et «les sentiments» sont finalement le résultat latent d’émotions ayant traits à des émotions de nature voisine (aimer quelqu’un par exemple).
    Par contre il ne faut pas confondre ce stade passager d’émotion avec un état prolongé, dont l’origine événementielle est diffuse et multiple, que le langage courant appelle les «états d’âme» ou «l’humeur»et qui résulte en général de l’action plus ou moins anormale de neurotransmetteurs, en particulier la sérotonine, qui engendrent des réactions d’autres centres nerveux, et éventuellement du corps (les crises de larmes par exemple..), qui peuvent être des émotions passagères.
    Il faut aussi être conscient que ce processus qui met en jeu de nombreux centres du cerveau va dépendre de leur état et des influences, notamment de la mémoire ou de certains mécanismes de transmission (comme notamment les blocages suite à traumatisme). Un même événement peut donc engendrer des émotions différentes suivant le moment où ils se produisent et selon les individus.

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lancien

sortir de la tristesse

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