Mardi 11 mars 2014 à 8:16

Psychologie, comportement

  Dans les discussions avec mes correspondant(e)s, j’ai toujours été conscient d’une difficulté : différencier les sentiments, les émotions et les « états d’âme », et pour cela je crois qu’il faut bien les définir, et voir quelle est leur action respective.
    Sentiments et émotions font partie intégrante de la vie humaine en réaction à ce qui se passe dans l’environnement et en particulier nos contacts avec les autres. Ils sont toujours présents et accompagnent toutes nos actions même si nous n’en avons pas conscience.
    Les états d’âme font aussi partie de notre vie, mais de sont plutôt des réactions internes de notre cerveau.

    L’émotion est une réponse de notre cerveau (notamment de notre cerveau émotionnel, mais pas seulement), à un événement extérieur, à quelque chose qui nous arrive. Nous ressentons tout à coup quelque chose de très fort qui nous envahit pendant un moment, et parfois nous submerge.
    Sauf si on nous injecte certains produits dans le cerveau, il n’y a pas d’émotion sans un stimuli, un déclencheur externe, même si par exemple nous ne somme pas content d’une de nos actions, c’est par rapport aux conséquences externes de cette action que se situe l’émotion.
    L’émotion est forte, presque instantanée, relativement brève, et provoque en général une réaction de notre part. Elle se situe au niveau physique avant tout, car elle est caractérisée par la prise de conscience d’un ensemble de réactions physiologiques de notre corps (par exemple, augmentation du rythme cardiaque, transpiration, faiblesse ou contractions musculaires …).
http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/plutchik2D.png    Les émotions radicalisent et simplifient notre conception des événements, même si elles restent foncièrement subjectives. Par les réactions qu’elles produisent, ce sont des « agitateurs sociaux » qui modifient notre relation aux autres et au monde.
    Beaucoup de psychobiologistes on essayé de les caractériser et j’ai fait déjà plusieurs articles à ce sujet (27/10/2009 et 23/1/2013 notamment).
    Parmi eux, l’américain Plutchik est l’un des plus connus, avec sa « roue des émotions primaires et secondaires » dont je reproduis ci contre une des nombreuses illustrations.
    Dans l’article de 2013, j’ai rendu compte d’études qui avaient été faites pour essayer de mieux comprendre les mécanismes cérébraux correspondants, mais, même si on peut mettre en lumière l’importance prépondérante de certains centres, en fait tout le cerveau participe plus ou moins aux émotions.

    Les sentiments sont quelque chose de durable et de précis (même si notre conscience n’en est pas totale), qui résultent en générale des émotions ressenties, mais qui en restent la composante durable, après intervention des fonctions cognitives intelligentes. Ils impliquent une appréciation que l’on retrouve dans l’expression « avoir le sentiment de ».
    Ce sont en quelque sorte la partie durable de nos émotions qui provoquent des réactions semi-permanentes vis à vis des personnes ou de l’environnement. Ils gèrent nos émotions, nos pensées, nos actions, nos paroles.
    On aime ou on apprécie quelqu’un ou quelque chose; on éprouve de l’affection, de l’amour ou de la passion, de la jalousie, de la compassion, de la pitié pour quelqu’un.
    Ils sont plus au niveau conceptuel des idées, des jugements qu’à celui des réactions physiques. C’est en quelque sorte le passage de l’émotion à la pensée.
    Il peut y avoir mélange entre sentiment et émotion, quand la part physique est importante : c’est le cas de l’attirance par exemple.

    Les états d’âme sont différents, car ce sont plutôt des « états internes », qui peuvent même être « autoproduits » par notre cerveau. On en a conscience par l’introspection.
    Ils sont aussi une conséquence de nos émotions, et des événements extérieurs, mais ils sont moins intenses, plus durables et plus flous. Ils sont faibles et discrets, mais ont de la ténacité, et donc sont influents autant que les sentiments, mais de façon plus inconsciente et sournoise, avec un impact plus global que les émotions.
    Ils compliquent notre perception des événement avec un flou subjectif, mais représentent souvent aussi une perception plus complexe et subtile. Plus que nos rapports avec autrui, ce sont des « agitateurs interne », qui modifient nos rapports internes et notre vision du monde.
    Les émotions nous poussent plutôt vers l’action extérieure rapide et violente, alors que les états d’âme sollicitent notre réflexion intérieure et nous incitent souvent à changer, mais lentement.
    Les états d'âme peuvent exister durablement dans le sillage des émotions fortes, comme une traîne (l’état de béatitude dans lequel nous sommes après une grande joie ou de tristesse après une grande déception) . Mais ils peuvent aussi préparer  Ie terrain qui facilitera les émotions ultérieures : la morosité facilitant les coups de cafard et de tristesse, le ressentiment préparant les flambées de colère, la panique explosant après l’anxiété….
    Les états d’âme occupent plus notre vie que les émotions : nous passons plus de temps à être agacés qu’en colère.
    Il y a des multitudes d’états d’âme que le plupart des gens les confondent avec les sentiments. Vous trouverez, par exemple, une liste de « 744 sentiments », répertoriés par Jean-Philippe Faure!, dont la presque totalité sont des états d’âme.
    Les psychologues ont essayé de copier sur la roue des émotions de Plutchik, en partant de certaines d’entre elles, cinq émotions vives, comme le montre le schéma ci-dessous. Les états d’âme puisent leur énergie dans les émotions et se diffusent ensuite comme des ondes.    A la jonction des émotions, des états d’âme mixtes.
    Au plan cérébral les états d’âme semblent moins rattachés à des centres neuronaux qu’à des neurotransmetteurs, la sérotonine et la dopamine notamment.

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   Il m’arrive souvent de discuter avec mes correspondantes malheureuses de leurs états d’âme : on peut s’y noyer et c’est ce qu’on appelle la rumination, ou au contraire refuser de s’y pencher, ce qui est alors la fuite de soi.
Ruminer, c'est se focaliser, de façon répétée, circulaire, stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de ses problèmes, de sa situation, de son état, c'est s'enliser dans des « pourquoi » flous et sans fin.
On reste inactif, assis sur ses problèmes que I'on garde bien au chaud, en soi, en les laissant se développer : les anglais appellent cela brooding, l’action de couver. C’est le terrain des remords et des regrets.
    La rumination a des raisons mais aucun objectif précis : elle n a donc pas de fin. Les états d'âme y sont perpétuellement recyclés, n'évoluent pas et reviennent sans arrêt au même point de départ. Les états d'âme négatifs deviennent chroniques, et leur dimension émotionnelle persiste longtemps après la disparition des éventuels problèmes (si tant est qu’ils aient jamais existé). On ne cherche pas les solutions possibles et cela nous empêche donc de toute action.

Quatre remèdes à ce type de situation : d’abord essayer d’être conscient et de lister ses états d’âme, pour mieux s’en sortir. Ensuite limiter les dérapage en pensant le moins possibles aux remords et regrets, c’est à dire au passé. Puis au contraire, penser à l’avenir, avoir des projets, partir des rêves, voir ce qu’il y a de réaliste dedans et les transformer en objectifs, puis s’en donner les moyens. Enfin profiter le plus possible des instants présents, de toutes les petites joies de tous les jours, la moisson des activités et instants heureux : aussi bien le travail que la lecture, la musique, les copains, sa famille, son amoureux, le sport ou une balade et la beauté d’un panorama ou d’un musée.
    La sérénité et le bonheur passent par la maîtrise de nos états d’âme, mais évidemment c’est plus facile si nous somme optimistes plutôt que pessimistes.

Lundi 10 mars 2014 à 8:24

Chats

Il m'arrive assez souvent de publier en intermède des photos de chats. J'en ai trouvé quelques unes originales, dans "Animals lover", et après la panne de l'ordinateur de Cowblog, vaut mieux vous laisser le temps de réfléchir avec un intermède; merci à l'équipe Cow d'avoir tout rapidement remis en place un dimanche ! :

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Dimanche 9 mars 2014 à 10:38

Psychologie, comportement

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Nota du 10 mars : je republie cet article, que la panne de Cow hier, avait transformé en hiérogliphes peu compréhensibles.

    Hier je vous donnais quelques caractéristiques de la procrastination.
    Là je vais essayer de vous expliquer en partie son origine.

  
 La procrastination est liée à une préférence cérébrale de comportement (ce que les psys appellent une « attitude »), la préférence « Jugement J / Perception P » (voir mes articles des 13, 14 et 15/3/2010; 23/8/2008).
    Dans notre vie de tous les jours notre cerveau perçoit et fait des choix, en utilisant notamment ses mécanismes préférentiels correspondants (S/G et L/V).
   Mais dans le monde extérieur qui nous entoure et où évoluent les autres hommes, nous avons deux type d’attitudes différentes :
           - soit nous préférons anticiper sur les événements, essayer d’avoir barre sur eux concevoir des projets qui soient réalisables et les réaliser conformément à nos prévisions : ceci implique certes de percevoir les faits, d’avoir de l’information, mais encore plus de faire au préalable des prévisions et en permanence des choix.
Une personne qui a ainsi une préférence « jugement J », passe plus de temps, dans le monde extérieur, à décider qu’à percevoir.
          - soit nous préférons nous adapter aux événements, en faisant évoluer nos projets en fonction des réactions extérieures, afin d’avoir plus de chance de les réaliser ensuite : ceci implique beaucoup mois de prévisions et de choix, mais par contre une collecte permanente de l’information pour adapter ses attitudes et ses actions.
   Une personne qui a ainsi une préférence « perception P », passe plus de temps, dans le monde extérieur, à prendre des informations qu’à décider.

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    En général, une personne de préférence Jugement (J) :
        - travaille mieux quand elle peut planifier son travail et suivre un plan; prend souvent "de l'avance" dans son travail;
        - aime mener les choses à bien;
        - n'aime pas s’interrompre pour faire une chose plus urgente;
        - ne remet pas à plus tard les choses déplaisantes à faire;
        - n'a besoin, pour débuter un travail, que des choses essentielles;
        - est satisfaite de s’être forgée une opinion sur une chose, une situation ou une personne ;
        - mais peut décider des choses trop rapidement.

    En général, une personne de préférence Perception (P) :
        - s'adapte bien aux changements de situations;
        - n'aime pas prévoir et planifier ses occupations;
        - veut tout connaître d'un nouveau travail;
        - est curieuse de toute nouvelle opinion, situation ou personne ;
        - mais peut remettre à plus tard les choses déplaisantes à faire;
        - peut laisser les choses à moitié finies;
        - a quelques difficultés à prendre des décisions, voire à l’extrême n’en prend pas;
        - peut commencer plusieurs choses à la fois, et avoir du mal à terminer.

    Donc, le « J » planifie ses occupations ses projets, réfléchit à ce qui peut se passer , liste les choses à faire et fait des plans; il part très en avance pour ses rendez vous et arrive souvent trop tôt; il aime faire longtemps à l’avance les tâches dont la fin est prévue pour une date donnée.
A l’inverse, le P ne planifie pas ses tâches et les décide au dernier moment; il part au dernier moment et est souvent en retard à ses rendez vous; il fait les travaux prescrits à la dernière minute.
La procrastination est donc la conséquence d’une préférence cérébrale « P », donc de notre personnalité.
Cette préférence est au départ innée, mais l’éducation et l’expérience de la vie peuvent ensuite la conforter ou en diminuer l’importance
Toutefois la procrastination n’est pas liée qu’à la préférence J/P.
Une personne consciencieuse essaiera de faire au mieux son travail et dans les délais; au contraire une personne peu consciencieuse n’a pas de remord à remettre son travail à plus tard.
Les individus impulsifs ne peuvent pas s'obliger à poursuivre un but, sur le long terme si on les distrait avec la promesse d'une gratification immédiate. C'est pourquoi ils sont aisément détournés par une tentation surgissant au milieu d’une tâche.
    La procrastination est aussi liée à la tendance à l'anxiété, notamment la peur de l'échec, chez des personnes qui repoussent leur passage à l'action par peur d'échouer, quelle qu’en soit la raison. Certains ont peur de rater un projet, et pour cette raison ne s'y attellent jamais, d'autres ont peur de ne pas le faire parfaitement,d'autres enfin ont peur de le réussir, redoutant que leurs patrons, professeurs ou amis, attendent alors encore plus d’eux.

    Certains neurobiologistes avancent une explication partielle de la procrastination : celle de l’intervention du circuit de récompense et donc du neuromédiateur dopamine.
    Le généticien moléculaire Edward Ginns a bloqué partiellement la production d’un récepteur de la dopamine dans une région du cortex du singe qui associe des indices visuels à l'obtention d'une récompense, de telle sorte que que les singes ne pouvaient plus prévoir s’ils obtiendraient une récompense après tel ou tel essai. Ils ont alors cessé de faire des suppositions, travaillant dur tout le temps, ou au contraire ne consentant que peu d’efforts, même si le moment de la récompense approchait.
    La procrastination serait donc liée (comme la préférence J/P), à l’état de notre système cérébral de récompense et d’apprentissage, (voir mon article du 12/1/2009 sur ce système) et à une production plus ou moins grande de dopamine.
    Toutefois l’homme est plus évolué que le singe et il possède un cortex préfrontal plus évolué ayant des capacités de prévision et un cortex cingulaire antérieur rostral permettant d’évaluer les probabilité de faire erreur ou d’obtenir satisfaction (voir mon article de jeudi dernier).

    En définitive, je crois que la procrastination est davantage une source d’ennuis que de bénéfices et qu’il vaut mieux essayer de s’en corriger. Ce sera évidemment plus difficile pour les personnes de préférence P, dont c’est la nature même.
    L’idéal serait d’essayer d’être « ambidextre J/P », c’est à dire de maîtriser les événements comme un J, mais de pouvoir s’y adapter comme un P, quand ils ne sont pas conformes à nos prévisions, et donc de commencer à l’avance les tâches importantes ou difficiles, afin de trouver le temps de nous adapter aux difficultés rencontrées.

Samedi 8 mars 2014 à 8:14

Préférences cérébrales

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    Pourquoi remettre à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui ?
Cela s’appelle, en termes de psys, la « procrastination ». (du latin pro , qui signifie « en avant », et crastinus qui signifie « du lendemain »).
    Il y a environ 50% d’adultes qui ont tendance à procrastiner, dans nos pays occidentaux et probablement beaucoup plus de jeunes écoliers ou étudiants. (les professeurs estiment qu’il y en a 80% au moins !!).
   Voyons aujourd’hui, en quoi cela consiste, et demain nous en rechercherons les causes.

    Nous devons sans cesse établir des priorités, et la raison voudrait que l'on réalise d'abord les tâches les plus importantes et que l'on diffère les tâches secondaires. Chez les procrastinateurs, c’est le contraire : ils ont tendance à différer les tâches les plus importantes ou les plus urgentes.
    Cela a des conséquences importantes : des pertes financières (facture envoyée avec retard, dette que vous avez différé d’acquitter et pénalités correspondantes...). mise en danger de la santé si l’on diffère les soins, problèmes dans les relations amicales et professionnelles…
    En général les habitués de ce travers, se trouvent des excuses pour justifier leur conduite : le fait de se rabattre, dans l'instant, sur des tâches sans importance, permet de ne pas penser aux échéances importantes qui approchent et rendent anxieux. On repousse ainsi, un moment, le stress, mais on n’a pas résolu les problèmes pour autant, et  il reviendra encore plus fort devant les difficultés rencontrées.
    Le temps restant avant l'échéance d’une action influe sur la tendance à  la reporter. On constate généralement une tendance plus forte à remettre le travail au lendemain si Ia date limite de son exécution est éloignée. C’est du au fait que le cerveau des procrastinateurs a des difficultés à établir des prévisions à long terme.
    Une autre raison vient du fait que certaines tâches ne donnent des résultats que longtemps après, de sorte qu'il est d'autant plus difficile de se motiver.
    Une des raisons qui a considérablement augmenté cette habitude chez les jeunes en cours d’études, est la dispersion d’activités qu’entraînent les moyens médiatiques actuels, enlevant motivation et concentration, voire goût du travail. Même ceux qui ne devrait pas être procrastinateurs, de par leur préférences cérébrales, remettent quand même leur travail au lendemain, par manque de motivation.

    Les psychologues distinguent trois grands types de procrastinateurs :
        - l’évitant : sachant qu'un travail est désagréable, il se laisse volontiers distraire par la première tentation, Pour ne plus avoir à penser au travail qui l’attend.
        - l’indécis : avant de commencer un travail ou une activité, il se demande s'il vaudrait mieux faire autrement, et, le temps de ces réflexions, il est souvent trop tord pour commencer.
        - l’activateur : il est persuadé qu'à mesure que l'échéance approche, ses capacités mentales et son énergie seront décuplées, et se met au travail la veille au soir, et en général le résultat est mauvais dans ces conditions.

    Mais la procrastination n’a pas des conséquences uniquement sur le travail.
    Celui qui a cette habitude ne sait pas être à l’heure. Cela a des avantages, on, n’attend jamais, mais cela pose aussi des problèmes : je connais un jeune qui part de chez lui à 8h55 pour un cours à 9h (il est à 1/4 d’heure du lycée, sous prétexte que son prof est toujours en retard et qui croit à la devise d’Air France (« vous ne raterez jamais votre avion, car nous sommes toujours plus en retard que vous »). Il a déjà raté une fois l’avion, trois fois son train et une fois un ferry.
    En général, le procrastinateur n’aime pas les contextes stables, les objectifs clairs, le travail planifié, les loisirs prévus,; il veut une liberté permanente et aucune contrainte.
Il lui est difficile d’appartenir à une équipe et d’avoir un chef.

    Demain j’essaierai d’expliquer l’origine de la procrastination.

Vendredi 7 mars 2014 à 7:48

Architecture

Suite des gargouilles de Notre Dame, mais en gros plans :

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Jeudi 6 mars 2014 à 8:07

Adolescence

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      Maintenant que vous avez une idée de l’ambiance de l’époque et des moyens que l’on trouvait dans l’environnement, je peux vous parler de nos études et essayer de répondre à votre question : travaillait on plus autrefois en classe ?

    La comparaison est difficile car les populations ne sont pas comparables. Aujourd’hui 80% des jeunes en France vont jusqu’au bac et la plupart l’obtiennent.
    Dans les années 45/50, 30% seulement des jeunes allaient dans le secondaire, après un concours ou un examen d’entrée en sixième, où les épreuves de français et de maths étaient difficiles (5 fautes en dictée éliminatoires, et les accents comptaient pour 1/2 faute; je crois que la plupart de nos bacheliers se feraient coller !). Cela éliminait plus de la moitié des élèves du primaire.
    Une partie non négligeable s’arrêtaient en troisième (au brevet) ou se faisaient coller au premier bac, et les titulaires des deux bacs représentaient entre 15 et 20 % seulement. Il n’y avait pas d’option pour avoir des points supplémentaires, les épreuves étaient plus nombreuses et plus difficiles et avoir une mention bien ou très-bien était assez rare (il y avait toutes les matières à l’écrit, et déjà 30% de recalés, comme à l’oral, qui se passait dans la ville d’académie).
    La filière S (C à l’époque; il y avait aussi A lettres, B langues/biologie et M sans latin), était peu suivie parce que réputée difficile et il n’y avait presque pas de filles (elles se croyaient nulles en maths, ce qui est absurde, une fille pouvant être aussi douée qu’un garçon, si elle est motivée).
    La distinction collège, lycée n’existait pas : le « lycée » commençait en CM1 jusqu’en terminale, mais par contre il y avait un lycée de filles et un autre de garçons.
Cependant à Pau, ville de 20 000 habitants, il n’y avait que deux premières et qu’une seule terminale C, mixte, au lycée de garçons; en terminale C (appelée « maths élem »), nous étions 24 garçons et 3 filles (une est devenues prof de maths, l’autre ingénieur et la troisième l’aurait été, si elle n’était morte accidentellement après sa prépa).
    Les jeunes qui n’allaient pas dans le secondaire suivaient une deuxième année après le CM2 et passaient le « certificat d’étude », puis des formations professionnelles ou allaient en apprentissage. Des formations techniques à des métiers existaient aussi pour ceux qui arrêtaient en troisième ou qui rataient leur bac.
    Il faudrait donc comparer les élèves du lycée de cette époque aux 20% des meilleurs élèves d’aujourd’hui, et je pense que ces derniers sont tout aussi motivés qu’on l’était jadis, même s’ils ont plus de tentations pour faire autre chose qu’étudier.
    Au plan de la motivation, les ados vont aujourd’hui au collège ou lycée, un peu parce que c’est obligatoire. Après la guerre, le chômage n’existait pas, et nous avions conscience que nos études préparaient le métier que nous aurions plus tard.

    Je pense donc que les 20 % des élèves les meilleurs aujourd’hui, sont comparables à ceux du secondaire, il y a 70 ans.
    Par contre il est certain que nous avions davantage de travail : les horaires étaient de 8h30 à 12h et de 14h à 17h30, et nous avions congé le jeudi après midi et le dimanche. Le samedi après midi était consacré aux sports de plein air, mais l’hiver certains samedi après midi étaient libres pour des raisons météo.
    Mais nous avions beaucoup de travail le soir. Non seulement les leçons, mais des exercices et en première et terminale, toutes les semaines, un devoir écrit de maths et de physique/chimie, et une composition française ou une dissertation de philo. Tous les trimestres des « compositions », examens en temps limité en classe.
    L’atmosphère surtout était très différente : nous respections nos professeurs comme nos parents, et il n’y avait pas de chahut, car il aurait été sanctionné lourdement.
    Nos professeurs étaient moins diplômés qu’aujourd’hui, mais leurs études comportaient deux ans de pédagogie et le bac pour instituteurs et une licence pour les professeurs du secondaire.
    Alors, ils savaient nous intéresser, bien que les seuls moyens  à leur disposition étaient leur voix, les livres et le tableau noir. En particulier ils connaissaient individuellement leurs élèves et essayaient de les aider en fonction de leur niveau.
    Ils demandaient notamment aux meilleurs d’aider les moins doués et, en cela, d’une part ils rendaient services aux deux élèves, car on apprend autant en essayant d’enseigner (il faut dominer son problème et être clair) et d’autre part ils instituaient un esprit de camaraderie (les meilleurs n’étaient pas traités comme aujourd’hui « d’intellectuels », car les moins bons avaient besoin de leur aide).
    De plus les professeurs repéraient ceux qui doués, comprenaient vite et risquaient de s’ennuyer ou de ne pas travailler. On avait droit alors, outre aider les moins bons, à des devoirs supplémentaires, plus compliqués (mais c’était un challenge), voire parfois à faire un bout de cours à la place du prof, repris et corrigé ensuite. Cela entraînait pour l’oral.
    Ils discutaient avec nous de nos idées sur un futur métier et essayaient de nous aider dans le choix de nos futures études.
    Et si j’ai par la suite réussi à entrer dans une grande école d’ingénieur, c’est bien à mon grand-père et à mes profs que je le dois, car ils m’ont donné, en plus d’une instruction,  la curiosité intellectuelle et le goût d’apprendre.

    Je pense donc que les élèves du secondaire, travaillent moins en moyenne, aujourd’hui qu’autrefois et qu’obtenir le bac est plus facile et malheureusement, prépare mal aux études supérieures. Et c’est vrai que l’on s’amusait beaucoup moins, mais cela ne nous manquait pas. En fait il n’y avait pas de « cancres » empêchant les autres de travailler, car ils s’étaient fait coller à l’examen d’entrée en sixième.
    Mais, que ce soit dans les classes de prépa, en BTS et DUT, ou à la Fac, les études supérieures sont aussi exigeantes qu’autrefois. Les examens et concours sont différents (les sciences et les techniques ont évolué), de nombreuses autres matières sont apparues, mais ces sélections sont aussi exigeantes, et la quantité de travail demandée dans l’enseignement supérieur est toujours aussi importante, si l’on veut réussir.
    Malheureusement, entre le travail moins fourni nécessaire pour obtenir le bac, et toutes les tentations multimédia, les études secondaires n’habituent plus les élèves à travailler et ils se trouvent très démunis, tant au plan des méthodes que des quantités de travail à fournir, à l’arrivée dans le supérieur. D’où bon nombre d’échecs, qui auraient pu être évités.

    J’espère avoir répondu aux questions qui m’étaient posées par cette évocation d’un passé lointain, qui étonnera certains, car, entre mon enfance et ma vieillesse, l’environnement, les sciences, les techniques et les moyens dont nous disposons ont beaucoup évolué.
    Mais je voudrais ajouter que les connaissances acquises lors des études sont importantes, mais ne suffisent pas, et qu’on apprend en permanence toute sa vie, tout en changeant d’activité, de poste, ou de métier, et que finalement, ce qui compte, c’est d’avoir appris à travailler, à se poser des questions et à chercher les bonnes réponses.


Mercredi 5 mars 2014 à 8:22

Adolescence

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     Je ne sais pas si c’est la rentrée qui vous inspire, mais trois correspondant(e)s m’ont demandé, après avoir lu un de mes articles sur l’école, si, quand j’étais ado, les jeunes travaillaient plus qu’aujourd’hui.
    Ce n’est pas si simple de répondre à cette question, car les temps sont très différents pour trois raisons au moins : la différence de fréquentation des lycées en nombre de jeunes, la formation des professeurs, et l’évolution des moyens audiovisuels et informatiques.


    Les moyens techniques et audiovisuels, j’en ai parlé plusieurs fois sur ce blog : c’était au lendemain de la guerre.
    Non seulement les plastiques et les antibiotiques n’existaient presque pas, mais il n’y avait ni transistors, ni circuits électroniques intégrés (les puces); pas de télévision; les postes radio et les amplificateurs de « tourne disques » (disques 33 et 45 tours en vinyle écoutés grâce à une aiguille qui suivait le sillon) utilisaient d’énormes « lampes radio », qui chauffaient horriblement et mourraient tous les 2 ou 3 ans. (par contre on pouvait réparer soi même, car c’était aussi facile que de changer une lampe d’éclairage - juste acheter la bonne référence !).
    Les téléphones (fixes évidemment) étaient réservés au professionnels et à quelques riches particuliers (manque de lignes et centraux électromécaniques très volumineux pour peu de lignes), et c’était onéreux.
    Evidemment ni ordinateur, ni appareil photo numérique, et les appareils argentiques, ou étaient de simple boîtes qui faisaient de très mauvaises photos, ou étaient très volumineux, extrêmement chers et les films de 12 photos revenaient cher à l’achat et au tirage. Les machines à écrire étaient mécaniques et difficile à utiliser pour quelqu’un qui n’avait pas reçu la formation de dactylographie. Les cours se prenaient à la main sur des cahiers.
    Les informations étaient prises dans les journaux (quotidiens et revues mensuelles) et la radio pour ceux qui avaient d’énormes postes (environ 20% de la population). Pas de poste portatif évidemment.
    Les cinémas étaient rares et ne jouaient en province que le soir et le week-end. Dans la petite ville du sud-ouest où j’habitais, qui avait environ 20 000 habitants, seulement deux cinémas, qui jouaient de bons films en noir et blanc et quelques films américains (souvent mauvais) en « technicolor » gueulard, mais c’était une curiosité que des films en couleur. Vu le prix, nous y allions moins d’une fois par mois et c’était une récompense.
    Evidemment pas de console de jeu, mais des jeux de société classiques et considérés aujourd’hui comme démodés par la plupart des jeunes : cartes à jouer classiques, tarots, dames échecs, mah-jong, petits chevaux, jeu de l’oie pour les enfants…
    Le sport se faisait au collège et au lycée, éventuellement dans de rares clubs municipaux payants.
    Pour faire un panorama de la vie d’alors, pas de supermarchés, rien que de petits commerces et un « grand magasin » de vêtements et objets pour la maison, par ville, de surface moyenne, aux enseignes limitées (plus de la moitié étaient des « Printemps » « Galeries Lafayette » et « Prisunic »).
    Les voitures étaient en nombre limité, vu leur prix, (et toutes celles qui existaient pendant la guerre avaient été prises par les allemands), d’ailleurs l’essence était aussi chère qu’aujourd’hui. Les constructeurs français étaient pratiquement les seuls à vendre mais de l’ordre de 150 000 par an (plusieurs millions aujourd’hui). Hors professionnels la voiture était un luxe, 10 à 15 % des ménages.
    Les bicyclettes étaient vieilles mais fonctionnaient encore car on les avait entretenues au mieux et on retrouvait enfin des pneus, des chambres à air et des patins de freins, introuvables sous l’occupation.
    Pendant la guerre nous n’avions ni vêtements ni chaussures, et ceux qui avaient tenu le coup, étaient usés jusqu’à la corde (sauf quelques chaussures à semelle de bois, résistantes, mais inconfortables).    Alors peu à peu on essayait de s’habiller mieux, mais ce n’était pas l’opulence. Un tricot ou un pantalon étaient de beaux cadeaux de Noël.
    Et coté nourriture, après les privations de la guerre, c’était la joie, mais les tickets de rationnement ont été encore en service de 1945 à 1949, et, si en province on pouvait se ravitailler chez le paysan et dans les marchés locaux, dans les grandes villes l’approvisionnement était beaucoup plus restreint, et les gens avaient la ligne « haricot vert », célèbre pour sa maigreur.
    Enfin pas de matériel domestique : machines à laver le linge ou la vaisselle n’existaient pas (lessiveuse sur le gaz et vaisselle à la main !). Les frigos étaient rarissimes (on utilisait des glacières et on achetait des pains de glace). Cuisinières à charbon ou à bois, pas de cocottes minutes ni de mixers. Les aspirateurs étaient rares et chers et donc on maniait le balais, la pelle et les serpillières.
    Beaucoup d’appartements n’avaient qu’éviers et lavabos et ni douches ni baignoires et il y avait des « bains publics ».
    A la campagne, il n’y avait pas toujours l’électricité ni surtout l'eau courante et les wc étaient une cahute dans la jardin, avec des rats et des araignées; de nuit les jours de pluie, il fallait parapluie et lampe de poche, pour gagner ces prétendues "commodités".

    Toutefois il ne faut pas croire que nous étions malheureux et que nous nous ennuyions. Je parlerai de l’école dans un autre article demain. Elle nous occupait une bonne partie du temps.
    Mais nous avions des nombreux loisirs, mais différents de ceux d’aujourd’hui. Nous avions aussi beaucoup de copains, mais pas de contact par messagerie ou portable, et donc nous nous voyions « en vrai », surtout pour faire du sport ensemble ou quelques balades en campagne, à pied ou à vélo. Eventuellement on s’écrivait, mais les timbres étaient chers, et bien entendu les pointes « bic » n’étaient pas encore inventées; on utilisait des stylos à plume avec des réservoirs, en caoutchouc, comme un compte goutte, avec lequel on aspirait l’encre dans une bouteille pour le remplir.
    L’hiver où il y avait moins de sports, on allait aussi les uns chez les autres, le jeudi après midi, pour le « goûter » et on discutait ou on jouait à des jeux de société.
    Le soir, une fois les devoirs finis, on lisait beaucoup, car les livres étaient notre bien précieux et j’avais la chance que mes parents et grands parents aient une bibliothèque très fournie. On écoutait aussi la radio avec les parents, et c’était eux qui choisissaient les émissions.
    Les rapports enfants-parents étaient un peu différents d’aujourd’hui. Certes les parents aiment toujours autant leurs enfants, mais ils s’occupent moins d’eux, si ce n’est pour les trimballer jusqu’à de multiples occupations extérieures.  Beaucoup plus de femmes travaillent aujourd’hui et ont moins de temps à leur consacrer.
    A l’époque, enfants et parents restaient ensemble et avaient des occupations communes le dimanche : balades s’il faisait beau, travaux à la maison (le bricolage était laborieux car tous les instruments étaient à main : pas de perceuse électrique notamment, mais des « chignoles » à manivelle), du sport en commun aussi; quelquefois cinéma, ou un concert (classique et jazz). La musique à la maison était correcte à la radio, mais celle des disques était très déformée, mais on aimait quand même.
    Un point très différents : ados, nos parents étaient nos « modèles », et les couples étaient unis au moins en apparence. Aujourd’hui, le modèle à suivre des ados est constitué des autres jeunes, et les parents ne cachent pas leurs amours multiples.
    Il faut dire que l’influence sur les ados des médias, toutes puissantes aujourd’hui, était nulle, et la société de consommation n’existait pas.
   
    Et finalement, malgré le souvenir traumatisant de la guerre, je me demande si nous n’étions pas plus heureux que mes petits enfants, car nous disposions de peu de choses mais nous nous en contentions, nous avions certes des désirs, mais nous n’étions pas pressés de les satisfaire, et nous profitions des petites joies de tous les jours, sans vouloir toujours autre chose que ce que nous avions.
    Etre heureux de son sort, c’est une partie du bonheur

    Demain je vous parlerai de notre travail en classe, il y a 70 ans.

Mardi 4 mars 2014 à 8:09

Architecture

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     Bien que je ne sois pas croyant, j'aime beaucoup les églises, cathédrales ou chapelles, de Bretagne, Dordogne ou d'ailleurs, l'extérieur parce qu'elles sont belles et que les construire était un travail extraordinaire, et l'intérieur pour l'atmosphère de recueillement qui y règne, et la beauté de certains plafonds peints ou des grandes voutes gothiques.
   Mais l'une de celle qui exerce sur moi une fascination est Notre Dame de Paris, que j'ai dû visiter 4 ou 5 fois avec enfants ou petits enfants et dont l'architecture et surtout les gargouilles m'enchantent.
   Alors je vais consacrer deux intermèdes à ces sculptures extraordinaires, malheureusement souvent abîmées par la corrosion de la pollution. Aujourd'hui je les montrerai dans leur contexte et dans trois jours, j'en publierai des gros plans.

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Lundi 3 mars 2014 à 7:55

Préférences cérébrales

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       J’ai réfuté hier trois idées reçues sur les introvertis, qui sont trop souvent évoquées par les médias : j’en traiterai aujourd’hui quatre autres.

4) - Les introvertis ne sont pas charismatiques, sont de mauvais orateurs et de mauvais leaders : pas plus que les extravertis.


    Les extravertis parlent facilement et beaucoup. On leur prête donc des dons d’orateurs et certains le sont vraiment. Mais beaucoup d’entre eux parlent d’abord et réfléchissent ensuite, et leurs discours en souffrent.
    Les introvertis n’aiment pas parler spontanément, sauf quand ils expriment des sentiments, et en général il leur faut un temps de réflexion avant de parler, d’où la réputation de mauvais orateurs. En général ils improvisent moins bien que les extravertis, mais leurs propos sont plus pertinents parce que plus réfléchis.
    Et un introverti entraîné peut savoir très bien improviser, mais il n’aimera pas cela et préférera préparer son discours.
    Les extravertis ont des contacts faciles et donc ils paraissent au départ, plus conviviaux et plus charismatiques. Mais les études des psychologues montrent que les introvertis sont en général de meilleurs leaders, car ils sont plus aptes au travail d’équipe que les extravertis et réfléchissent plus à l’organisation et au travaux à effectuer.
    En particulier s’ils ont également la préférence cérébrale « jugement J» (au lieu de « perception P », ils ont alors une tendance naturelle à la préparation et à la planification avant d’agir .
    Certes ils leur faut un peu plus de temps pour devenir un leader charismatique, mais une fois qu’ils ont reconnu les qualité de leur chef, les collaborateurs d’un introverti seront tout aussi prêts à le suivre que s’il était extraverti, voire même avec plus de confiance, car ils savent qu’il a réfléchi avant d’agir.
    Certes certains métiers sont plus faciles pour un extraverti, par exemple démarcheur ou représentant commercial, car le contact improvisé peut être important. Cela entraîne seulement qu’un introverti aura un peu plus de difficultés et de temps pour le pratiquer, mais par contre, une fois qu’il aura pris cette habitude, ses arguments de vente risquent d’être plus réfléchis et donc, plus convaincants..

5) - Les introvertis ne sont pas utiles dans les réunions de travail. Cela dépend à quoi.

    Beaucoup d’entreprises ont la « réunionnite » et beaucoup de réunions sont inutiles et on passe beaucoup de temps à ne rien dire d’utile. Les introvertis ont horreurs de cela et essaient de ne pas y perdre de temps (parfois d’y faire autre chose, ce qui est désagréable pour les autres participants, voire de ne pas y assister).
    Effectivement lorsqu’on demande une réponse à une question, sans faire un tour de table ou une désignation des interlocuteurs, les extravertis répondent plus vite et avant la plupart des introvertis, qui ont donc l’air de ne pas participer. Par contre ils réfléchissent pendant ce temps et s’ils prennent la parole, c’est alors pour dire des considérations auxquelles tous les autres n’ont pas pensé.

6) - Les introvertis, trop intellectuels ne sont pas créatifs. Aucun rapport entre ces deux aspects.

    Les introvertis ne sont pas plus intellectuels que les extravertis, ils passent seulement plus de temps à réfléchir. Dans des réunions de « déballage » (brainstorming), ils paraissent moins actifs, car ils ne parlent pas à priori (voir § 5).
    Les extravertis peuvent réfléchir et être très créatifs à la fois, et les introvertis également. La créativité vient davantage de la préférence G (global), et des connaissances acquises que de l’aspect intro ou extraversion.
    Par contre, les meilleurs chefs de bureau d’études ou projeteurs que j’ai eus sous mes ordres, étaient des introvertis, non parce qu’ils étaient plus créatifs, mais parce qu’ils étaient plus concentrés sur leur travail et plus réfléchis.

7) - Il est très difficile de savoir si quelqu’un est introverti ou extraverti : question d'habitude.

    Ce n’est pas exact : on sait très vite si un enfant est introverti ou extraverti.
    Chez un adulte c’est plus difficile car il a appris à utiliser les deux modes de comportements : un extraverti peut utiliser son mode introverti lorsqu’il a un problème exigeant une réflexion importante, et un introverti se comporte en extraverti au sein d’un groupe qu’il connaît bien et au sein duquel il se sent à l’aise.
    En général on voit nettement la différence pour quelqu’un de très introverti ou très extraverti, mais pour une personne adulte de préférence cérébrale E/I moyenne et habituée à utiliser les deux attitudes, il faut alors observer son comportement dans un groupe qu’elle ne connaît pas bien, lors de cérémonies par exemple, ou de réunions à caractère général.
    Se reporter à mes articles sur extraversion et introversion dans ce blog (cf préférences cérébrales, 27, 28, et 29 août 2010 notamment, 28, 29 et 30 août 2008).

Dimanche 2 mars 2014 à 8:26

Préférences cérébrales

                   Susan Cain                                                                          Sophia Dembling
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    J’ai fait de nombreux articles sur la différence entre « introverti » et « extraverti ».
    Comme vous avez sans doute lu, cette distinction de personnalité a été faite au début du 20ème siècle, par le psychiatre Carl-Gustave Jung :
    L’extraverti tire son énergie de la fréquentation des autres humains, alors que l’introverti la trouve dans son for intérieur et ses propres idées.
    A l’époque c’était une réaction avec les théories de son compatriote Freud, qui pensait que l’énergie des humains provenait de leur libido, et donc des désirs sexuels.
    En Europe il y a à peu près autant d’introvertis que d’extravertis, et peu de différences entre les deux sexes, alors qu’aux Etats Unis il y a, 60 à 70% d’extravertis selon les endroits. Les introvertis ont donc eu pendant longtemps mauvaise réputation aux  USA. On leur prêtait de nombreux défauts, ce qui les complexait souvent. Evidemment Facebook et Twitter sont surtout utilisés par les extravertis, et les introvertis y bavardent peu.
    Or actuellement ces idées changent peu à peu.

    Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des « idées qui valent la peine d'être diffusées ». Elle diffuse des comptes rendus de ces conférences.
    L’avocate américaine Susan Cain a fait une conférence, visionnée par plus de 6 millions de personnes, et a ensuite écrit un livre bestseller qui vient d'être traduit en France (La Force des discrets, Éd. JC Lattès). Il vante les avantages d’être introverti.
    Ce titre est d’ailleurs mal choisi, car le véritable titre du livre est : « Silence, ou le pouvoir des introvertis dans un monde qui ne peut arrêter de parler » (Quiet : the power of Introverts in a world that can't stop talking)
    Sophia Dembling, journaliste et bloggeuse américaine, a écrit un livre également très prisé dans le milieu de la psychologie, intitulé « La vie des introvertis: vivre discrètement dans un monde bruyant », (The Introvert' s way: living a quiet life in a noisy world), et qui a été traduit également sous un autre titre : « La revanche des discrets; au royaume des bavards, les discrets sont rois »
    Alors je voudrais, en deux articles, réfuter les critiques et idées fausses qui sont souvent mises en avant par les médias.
   

1) - Les introvertis n’aiment pas la compagnie des autres et les relations humaines : c’est faux !

    C’est exact que les introvertis sont plus à l’aise dans le monde des idées que dans la compagnie des autres. Ils ne recherchent pas en général à se trouver dans la foule ou dans une réception où ils ne connaissent personne.
    L’idée selon laquelle ils seraient antisociaux ou n’apprécieraient pas la présence des autres est complètement fausse. En réalité, ils ont simplement besoin d’un type différent d’interaction sociale.
    Un introverti aime la compagnie des gens qu’il connaît et se trouve bien au milieu d’eux : ce n’est pas forcément un solitaire, mais il ne collectionnera pas les amis sur facebook. Il ne faut pas confondre introversion et misanthropie
    Un introverti s’il est seul à un moment donné ne sera pas catastrophé comme un extraverti, mais saura se trouver des occupations intéressantes : il s’ennuie rarement.
    Par contre cela lui sera moins facile de s’amuser au sein d’un groupe, sauf s’il en connaît bien les membres. Les introvertis préfèrent souvent l’interaction face à face. Dans un groupe mal connu, ils préfèrent généralement se tenir en marge et observer. Les extravertis interprètent ce comportement comme celui d’une personne qui n’a pas envie de s’amuser, mais pour un introverti, l’observation est amusante.
    Un introverti peut savoir parfaitement s’occuper d’autrui. Je pense même qu’il aime mieux les autres qu’un extraverti, car il prend le temps de vraiment connaître les gens qui l’entourent ou dont il s’occupe.
    En fait Jung a parfaitement décrit la différence entre les deux catégories de personnalités : les interactions sociales prennent aux introvertis leur énergie, tandis que la solitude et le silence rechargent leurs batteries. À l’inverse, les extravertis tirent leur énergie des interactions sociales et la solitude et la réflexion les fatiguent.

2) - Les introvertis sont timides et toutes les personnes timides sont introverties : c’est également faux !

    La timidité et l’introversion sont, à tort, tellement associées qu’on utilise souvent les deux termes l’un pour l’autre. Pourtant, ce sont des traits de personnalité très différents.
    L’introversion est rattachée au fait qu’une personne fait le plein d’énergie à travers des moments de solitude et de réflexion, tandis qu’une personne timide se définit plutôt comme quelqu’un pour qui les interactions sociales provoquent inconfort et anxiété.
    Bien des introvertis ne sont pas timides; ils sont parfaitement confiants et détendus dans des situations sociales, mais ont également besoin de moments de solitude pour trouver l’équilibre. Mais c’est vrai aussi qu’un certain nombre de personnes,sont à la fois introverties ét timides, notamment des jeunes qui n’ont pas encore l’expérience de la vie et n’ont pas acquis assez de confiance en eux. Ils ont alors peur du jugement d’autrui, ce qui explique leur inconfort dans les relations avec les autres.
    En fait, la timidité est un comportement; c’est avoir peur des situations sociales, tandis que l’introversion est une motivation, une mesure du besoin et du désir d’interagir avec les autres, qui varie dans le temps.
    J’ai fait d’ailleurs des articles sur introversion et timidité. (24/12/2013; 29/5/2012; 7/10, 1, 2, et 3/9/ 2010), auxquels vous pouvez vous référer.

3) - Les introvertis sont tous pessimistes : tout à fait faux également !

    En fait pessimisme/optimisme et introversion/extraversion, sont des préférences cérébrales indépendantes. Les lier résulte d’une simple apparence.
    On pense trop souvent, à tort, que les introvertis ont une personnalité négative et pessimiste parce qu’ils aiment être seuls, et du fait que les extravertis, qui tirent leur énergie de leurs interactions sociales, se sentent tristes lorsqu’ils sont privés de ces interactions, ce qui n’est pas le cas des introvertis.
    Pour la majorité des introvertis, passer du temps seul ne rime pas avec solitude et ennui, ils passent simplement plus de temps à réfléchir et analyser, ce qui ne mène nullement à des pensées négatives, tant que ce n’est pas poussé à l’extrême, et que l’on ne tombe dans l'excès bien entendu.
    Je connais beaucoup d’introvertis qui sont très optimistes, à commencer par moi-même, et des extravertis qui sont très pessimistes. J’ai connu des gens en dépression, qu’ils soient introvertis ou extravertis. Par contre les pessimistes sont plus enclins à la dépression que les optimistes et l’optimisme est un atout pour être heureux.

    Je continuerai demain l’examen des idées reçues sur les introvertis, qui souvent ont une grande part d’erroné.

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