Une de mes correspondante qui doit subir une opération s’est vu proposer l’usage d’un robot par le CHU et elle me demande si un robot peut vraiment remplacer le chirurgien, et si c’est aussi sûr au plan sécurité.
    N’étant pas médecin moi-même j’ai demandé à un chirurgien que je connais etvoici le résumé de ce que j’ai appris.

    D’abord, le robot ne fait pas l’opération lui même tout seul. En fait c’est toujours le chirurgien qui opère. Le robot n’est qu’une aide de manipulation, qui lui confère beaucoup plus de dextérité et de sûreté, et qui permet par ailleurs de ne pratiquer que de très petites incisions, lors d’opérations importantes d’ablation d’un organe, pour lesquelles on pratiquait habituellement une très grande incision, plus longue à guérir, et souvent plus douloureuse.
    Le robot d’opération n’a pratiquement pas d’autonomie; il ne fait qu’améliorer la qualité des mouvements du médecin.

    Comment cela se passe t’il ?
    Vous avez ci dessous une photo d’un robot de chirurgie du CHU de Toulouse.

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    Vous voyez le chirurgien à gauche assis devant une console comme devant un ordinateur. Ses mains peuvent commander des manettes qui font déplacer les instruments de chirurgie par le robot. Le robot obéit à ses mouvements, mais peut corriger certains d’entre eux, notamment leur ampleur, pour éviter certains dangers. Il peut par exemple corriger un petit tremblement de la main. Il apporte en quelque sorte précision et douceur à la manipulation des instruments. Mais c’est le chirurgien qui prend toutes les décisions des divers gestes de l’opération.
    Au centre, vous voyez une table d’opération sur laquelle est étendu le malade, sous les draps de champ opératoire, avec à droite les appareils habituels de surveillance de l’anesthésie que regarde l’anesthésiste et au dessus de la table d’opération, une caméra 3D et le robot d’opération.
    Au fond, à coté de la table, une infirmière surveille le malade et éventuellement remplace des instruments du robot sur demande du chirurgien.

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    Sur le photo de gauche vous voyezla console devant laquelle est assis le chirurgien.
Il regarde le champ opératoire que lui montre une caméra 3D et il peut faire un zoom sur le champ visuel quand il a besoin de voir de près une action délicate. Il voit donc mieux que s’il n’utilisait que ses yeux dans une opération sans robot, et risque beaucoup moins d’erreurs, comme par exemple la section d’une veine ou d’un tissus qui n’était pas nécessaire. On peut en particulier enlever au plus près un organe, (prostate, utérus, ovaires, reins, rate….sans risquer d’endommager l’environnement.
    Il a les mains posées sur deux manettes qui dirigent les instruments d’intervention.

















   http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/chariotcotepatientdurobotchirurgicaldavincir300271247fc.jpg Sur la photo de droite, vous voyez le bloc opératoire et les bras du robot au bout desquels sont les instruments de chirurgie
    Un ordinateur constitue l’intelligence du robot. Il met à l’échelle, filtre et convertit les mouvements des mains, poignets et doigts du chirurgien, en mouvements précis d’instruments miniatures introduits par l’infirmière dans le corps du patient, par de toutes petites incisions en forme de boutonnières, de l’ordre de 1 à 2 cm, beaucoup plus petites que dans une opération normale.
    Le robot ne comporte que trois ou quatre bras et instruments, mais ceux ci peuvent être changés en cours d’opération. Vous en voyez des exemples sur la photo ci dessous : bistouris, écarteurs, pinces diverses…, certains étant munis d’un système d’aspiration du sang.

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      Une opération grâce à un robot est donc plus sécurisée qu’une opération habituelle, mais elle est évidemment toujours fonction de la compétence et la dextérité du chirurgien, mais le robot améliore cette dextérité et la vision des manipulations.
    On constate que les douleurs postopératoires sont monder, de même que les risques d’infection et les risques d’hémorragie, la durée d’opération et d’hospitalisation sont raccourcies, de même que la durée de retour à une vie normale.