Mardi 31 mars 2015 à 8:51

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Je suis toujours émerveillé quand je vois fonctionner le corps humain et notamment nos cerveaux. L’homme construit de nos jours des machines ultra-perfectionnées comme les aéronefs ou certaines machines informatiques, mais il ne fera jamais un robot aussi performant que le cerveau humain, que l’évolution a mis quelques millions d’années à mettre au point.
    Le plus mystérieux est certainement l’élaboration de nos pensées.

    Il ne faut pas croire que les animaux sont dépourvus de pensées : la preuve ils communiquent entre eux.
    Dès que deux animaux sont en présence, ils échangent des signes visuels, auditifs ou olfactifs , qui créent des « images mentales » qu’ils mémorisent dans leur système nerveux et qui constituent une sorte de langage spécifique et particulier.Et ces échanges modifient le comportement de ceux qui y ont participé.
    Certaines espèces vont se servir de phéromones, comme les fourmis, d’autres d’une gestuelle, comme les abeilles, les primates et les oiseaux utilisent des signaux sonores, et les éléphants émettent des infrasons qui se propagent à grande distance dans le sol et qu’ils détectent par leurs pieds.

    Certes la pensée humaine se sert beaucoup d’images (notamment le bébé qui n’a rien d’autre à sa disposition), mais sa pensée repose avant tout sur le langage, et donc lors d’échanges sur des sons, ce qui n’est pas original.
    Mais c’est un système bien plus sophistiqué que celui des animaux, car parler, c’est convenir qu’une série de sons désigne une chose, un objet, une action, un concept. L’un des avantages, c’est qu’on peut désigner par cette combinaison de sons, l’objet même quand il n’est pas là, ou même quand il n’est pas matériels et que nos sens ne le perçoivent pas.
    Chaque langue humaine est donc une convention entre les sons et ce qu’ils représentent : on ne connaît pas de société humaine actuelle sans langage, ni de langage chez d’autres espèces que chez l’être humain.
    Un perroquet peut imiter les sons du langage humain mais ne communiquera jamais de concepts abstraits avec ces sons.
    Par contre les singes supérieurs dont le cerveau est plus proche du nôtre, certes ne peuvent parler car leurs cordes vocales et leur palais ne sont pas adaptés à nos intonations, à nos phonèmes. Mais si on met au point avec eux des conventions de langage, par exemple celui des sourds muets, on peut leur faire comprendre de nombreuses choses et les faire s’exprimer par des phrases simples : sujet, verbe, complément et éventuellement adjectifs. On arrive même à leur faire comprendre des concepts simples : le « moi » dans une glace, le fait qu’une chose soit plaisante, et la beauté (d’une tenue par exemple). Ils différencient les actions (verbes) des objets (noms).

    Quel est le lien entre pensée et langage chez l’être humain ? Pensons-nous vraiment toujours avec le langage ? Pourquoi est-ce souvent si difficile d’exprimer clairement notre pensée ?
    Quand nous nous remémorons un souvenir, certes il est avant tout composé d’images, de scènes, certaines même animées comme au cinéma et dans la réalité. Mais à coté de ces images il y a des mots, qui leur sont automatiquement associés.
    Notre mémoire est ainsi faite et notre hippocampe va associer images et mots par des connexions entre neurones, qui deviennent automatiques et inconscientes.
    De même nous pouvons imaginer un voyage, une visite, une action que nous allons faire et là encore les mots accompagnent les images, et même souvent les précèdent. Et ce sont des images mentales virtuelles puisque nous n’avons pas encore vécu la scène.
    Et si nous réfléchissons, là les mots deviennent prépondérants et nous nous parlons à nous mêmes mentalement, avec des mots.
    Quand nous parlons, le cortex préfrontal, chef d’orchestre du cerveau, indique ce qu’il veut exprimer, il va chercher les mots avec l’aide de l’hippocampe dans le centre de Geschwind, puis il demande au centre de Broca de fabriquer grammaticalement et « syntaxer » les phrases, et de préparer dans le « centre de vocalisation », la prononciation des mots, qui est ensuite ordonnée aux centres moteurs qui commandent les muscles de la parole.
    Chose extraordinaire, quand nous pensons en nous même, mentalement et sans émettre de son, pourtant le processus est le même. Broca construit les phrase, et le centre  de vocalisation en prépare la prononciation, mais l’action est arrêtée là et aucun son n’est prononcé ensuite.
    Plus extraordinaire encore, quand nous écoutons quelqu’un parler, le centre de Wernicke reconnaît les mots, va les chercher dans le centre de Geschwind et transmet au cortex frontal; mais en même temps nos « neurones miroirs » qui se trouvent da,s les centres moteurs, miment les ordres de prononciation, sans qu’aucun son ne soit émis, mais pour que nous comprenions mieux notre interlocuteur, en « lisant sur ses lèvres ».
    S’exprimer c’est au fond extraordinaire : cela nécessite une maîtrise sémantique, lexicale, syntaxique, grammaticale, orthographique, et finalement vocale si nous parlons, ou de formes et de gestes si nous écrivons.
    Il faut remarquer toutefois que la généralisation de l’écriture favorise et facilite la passation de ces données et méthodes d’une génération à l’autre.

    Un autre phénomène m’a toujours frappé. Si on vous fait lire un  texte d’un e page par exemple, et qu’on vous demande qu’il disait, vous êtes en général capable de répondre : vous avez compris ce que ce texte disait. Mais vous l’exprimez autrement avec des mots et des phrases différentes. Vous avez transformé le texte en un concept des idées qu’il contenait, et vous réexprimez à votre façon ce contexte en mots; il y a là une manipulation conceptuelle que ni l’animal, ni l’ordinateur ne savent faire, mais que notre cerveau fait sans difficulté s’il a appris à le faire.

    Et si on veut encore aller plus loin dans l’admiration, les centre de notre cerveau droit savent mettre des émotions dans l’intonation du langage et reconnaître les sentiments des autres dans leur façon de s’exprimer.
    Notre cerveau est vraiment un outil extraordinaire.

    Cela dit ce n’est pas toujours facile de se comprendre :
        - Il y avait ce que vous pensiez;
        - Il y a ce que vous avez voulu dire;
        - Il y a ce que vous avez dit (et ce que vous n’avez pas dit);
        - il y a ce que j’ai entendu (et ce à quoi je n’ai pas fait attention);
        - il y a ce que j’ai compris; (en fonction de ma personnalité et de mon expérience);
        - il y a ce que j’ai retenu; (ou ce que j’ai voulu retenir).
            • était ce que vous pensiez initialement ?
            • et qu’en a retenu mon voisin; sûrement pas la même chose que moi!

Lundi 30 mars 2015 à 7:50

Psychologie, comportement

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    J’ai souvent dit sur ce blog que j’étais étonné du manque de bon sens de beaucoup de personnes de nos jours, et notamment de la crédulité des gens, surtout chez les jeunes.
    Pourtant, en moyenne, les jeunes sont plus instruits aujourd’hui qu’autrefois, mais l’un de mes grands père qui habitait la campagne et n’avait que le certificat d’ études, n’aurait jamais avalé les sornettes que beaucoup de gens, théoriquement intelligents,  admettent aujourd’hui.
    Je suis souvent très étonné des bêtises qui circulent sur internet, de celles que l’on me raconte parfois dans des mails, et des « croyances » de certain(e)s de mes correspondant(e)s.
    Certes c’est souvent par manque du savoir ou de la culture correspondante, mais dans beaucoup de cas, une réflexion logique et rationnelle aurait dû suffire pour douter de la véracité de l’information, ou au moins, ne pas la croire sans vérification de sa véracité.

    Je crois qu’il y a quatre types de raisons à cette évolution :

    - D’abord, les enseignements primaires et secondaires donnent sans doute autant de connaissances qu’autrefois, mais elles sont mal apprises, car l’attention des élèves n’est plus aussi grande et le contenu de l’enseignement, trop théorique, ne les intéresse pas parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt. Les professeurs par ailleurs, n’ont souvent pas su développer leur curiosité intellectuelle.
    Mais surtout les programmes actuels et surtout l’absence d’exercices pratiques d’application, aussi bien en français pour comprendre la pensée d’autrui qu’en physique et mathématiques, ne développent plus l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle.
   
     - Parallèlement les parents ne remplissent plus leur rôle d’éducateur dans bien des domaines. D’une part ils n’en n’ont plus le temps, travaillant souvent tous deux dans le couple, quand ils ne sont pas monoparent, et stressés par le rythme et l’atmosphère du travail d’aujourd’hui.
    D’autre part ils ne servent plus de modèles à leurs enfants, comme lorsque j’étais jeune.
    Les enfants sont aujourd’hui intégrés au groupes de copains, qui sont devenus les modèles à la place des parents, aidés par le développement du numérique et la pression de la société de consommation.
    On veut avoir tout ce qu’ont les copains, voire plus, et la plupart du temps, pas en ce qui concerne les choses importantes, mais pour des tas d’objets dont on pourrait soit se passer, soit acquérir avec un bien meilleur rapport qualité-prix.
    La publicité, dont je parlais il y a quelques jours, est malheureusement toute puissante pour déformer l’esprit des jeunes et leur imposer des choix inconscients regrettables.

    - Paradoxalement, alors que l’individualisme s’est développé, c’est l’esprit moutonnier qui fait loi, sous l’impulsion des moyens modernes de communication.
    Le nombre de jeunes ayant une préférence cérébrale fortement « influençable » est anormalement élevé, car tous veulent appartenir à un groupe, et donc adoptent automatiquement et sans réfléchir les « règles » et habitudes du groupe, ainsi que ses croyances, sans même essayer de les comprendre, d’en connaître origines et conséquences et de se demander si elles conviennent à ses désirs et à sa personnalité.
    Beaucoup sont paradoxalement des individualistes moutonniers, qui suivent une mode, des rites de groupes et croient n’importe quoi.

    - La facilité de communication aujourd’hui, entre la messagerie, mais surtout les réseaux sociaux, les sites du web, et les téléphones portables, font que n’importe qui peut écrire n’importe quoi, et sans esprit critique, ni culture suffisante, quelqu’un va donc être exposé à croire n’importe quelle baliverne qu’il lira sur internet ou recevra sur son portable.

    Des chercheurs américains ont récemment fait des études dans le domaine de la santé et ont récemment publié un rapport accablant.
    Les campagnes d’information des pouvoirs publics sont systématiquement suspectées et les personnes testées préféraient croire tout ce qui arrivait comme information sur internet.
    Certains accordaient quand même plus de crédibilité aux propos d’un médecin, mais d’autres acceptaient sans sourciller, les ragots les plus absurdes, les propos de lobbyistes ou ceux de mages, diseuses de bonne aventure, ou astrologues.
    Les pires rumeurs sont diffusées sur les vaccins et les risques associés, et en fait la non vaccination contre la grippe ou la rougeole, a entrainé de nombreuses morts aux USA.
    Je suis parfois effaré par les bêtises que je dois rectifier auprès de mes correspondants, concernant le sida, le risque de grossesse et la contraception, et le manque de connaissance des notions élémentaires concernant les hormones et la fertilité, alors que des cours sont en principe donnés sur ces sujets, au collège et au lycée.

    Il ne faut pas s’étonner qu’ensuite, quelques jeunes un peu paumés et déjantés, se laissent convaincre d’aller faire le djihad en Syrie ou en Irak, en croyant faire œuvre utile et agréable, mêmes des jeunes filles qui seront ensuite transformées en bombe humaine ou en poupées sexuelles des terroristes, en se rendant compte trop tard, des conséquences de leur crédulité.
    Et que penser des gens qui, malgré toutes les preuves qui existent, croient que les récents attentats en France étaient une fable créée sur la télévision et internet par le gouvernement, ou que les camps de la mort de la dernière guerre n'existaient pas.?

    Je rends hommage aux gens qui animent Wikipédia, car ils ont institué un autocontrôle par les lecteurs eux mêmes, qui certes ne permet pas d’être sûr à 100% des informations, mais qui prévient alors le lecteur, et qui élimine toutes les erreurs importantes.

    Il est normal qu’on ne puisse instaurer la censure systématique sur internet, sauf dans des cas de nuisance très grave, car ce serait ouvrir la porte à la suppression de la liberté de penser.
    Mais il faudrait que sur les sites, soit mis en place un  système de commentaires contradictoires, qui permette de donner des avis contraires, de mettre en garde contre des idées manifestement fausses, et de faire réfléchir aux conséquences des actes engendrés par une trop grande crédibilité. Aux lecteurs d’opinions diverses d’alimenter ces commentaires.

Dimanche 29 mars 2015 à 8:45

Fleurs

Le printemps arrive avec un temps plus doux. Et de plus aujourd'hui, on avance les montres d'une heure. J'ai sommeil !!
Les fleurs de mon jardin sur le toit ont poussé.
En intermède quelques photos : le mimosa d'hiver et ses petites boules jaunes, des crocus, des roses de No¨l (élébores), des petites pensées viola, des jonquilles et les pêchers et cerisiers dont les fleurs roses s'ouvrent..

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Samedi 28 mars 2015 à 8:23

Notre cerveau : intelligence; langage

e vous parlerai aujourd’hui de trois autre intelligence, car on n’a pas pu mettre en lumière la huitième l’intelligence « naturaliste et écologique » :

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    - L’intelligence intra-personnelle :
   
    C’est la compréhension et la maîtrise de nos émotions. Certes le cortex préfrontal intervient encore pour en être conscient, les analyser, en chercher les conséquences avant une prise de décision.
    Mais c’est l’amygdale qui est le moteur principal à l’origine des émotions.
    Il est relayé ensuite par le cortex cingulaire antérieur qui intervient dans la prise de conscience et l’analyse des conflits internes et l’insula (appelé aussi cortex insulaire), qui analyse les sensations internes qui accompagnent ces émotions.
    De plus, dans le développement, mais aussi le contrôle de nos pulsions et plus généralement de nos actions, interviennent les centres de récompense et les centres amygdaliens, qui lient nos désirs et nos actions à un plaisir ou une répulsion.

    - L’intelligence interpersonnelle :

    Il est beaucoup plus difficile de situer les zones en relation avec l’intelligence interpersonnelle, car il s’agit de comportement et dès lors, c’est l’ensemble du cerveau qui coopère.
    Bien entendu le cortex préfrontal est toujours là pour réfléchir et diriger.
    Les relations humaines étant supportées essentiellement par le langage, les centres correspondants vont intervenir et notamment les centres de l’hémisphère droit qui interprètent les intonations et le contenu émotionnel..
    Mais les mimiques des visages sont également importantes et les centres de la vision, de reconnaissance des visage et du cortex cingulaire participent à leur interprétation.
    Certains groupes de neurones sont aussi particulièrement important : les neurones miroirs, dans le cortex prémoteur, qui s’activent lorsque nous voyons se réaliser la même action que celle pour laquelle ils sont impliqués quand nous la faisons volontairement; un autre type de neurones dits «canoniques» s’activent quant à eux à la simple vue d’un objet saisissable par le mouvement de préhension de la main codé par ce neurone. Comme si cerveau anticipait une interaction possible avec cet objet et se préparait en conséquence.
    Or cette compréhension des actions de l’autre est à la base des relations sociales et particulièrement de la communication interindividuelle. Il est probable que des neurones analogues interviennent aussi dans la compréhension et l’anticipation des actions d’autrui

      - L’intelligence corporelle-kinesthésique :


    Les zones correspondantes sont bien connues : ce sont celles qui concernent le toucher et la somesthésie, c’est à dire l’information concernant les sensations délivrées par les membres et les viscères.
    Les noyaux gris du cerveau central et le tronc cérébral interviennent dans la commande des mouvements et leur apprentissage et le cervelet pour la commande de tout ce qui est devenu automatique, lorsque le cortex préfrontal a fini de diriger l’apprentissage  des actions correspondantes.

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    Et dans tous ces domaines, l’apprentissage tient une place importante et donc les centres du système de récompense interviennent également (en rouge sur le schéma : ATV, noyau accumbens et septum).

    Notre société attache trop d’importance au QI et les jeunes je le constate souvent chez mes correspondant(e)s sont trop souvent persuadés qu’on nait intelligent ou bête, ce qui, s’ils ont des facilités, les incite à ne rien faire et à se laisser vivre.
    Je pense que cette décomposition en huit intelligences, si artificielle qu’elle paraisse, devrait cependant être prise en compte par les parents et les enseignants.
    Nous avons tous intérêt en effet à connaître nos points forts et nos points faibles, à utiliser nos avantages et à essayer de travailler pour diminuer nos défauts.
    Il est je pense important pour un éducateur, qu’il soit parent ou professeur, d’essayer de connaître les degrés des diverses intelligences des enfants que l’on éduque, à la fois pour les intéresser en les faisant utiliser les intelligences les plus développées, mais aussi en les faisant travailler celles où ils sont moins bons, de façon à essayer d’équilibrer au mieux leurs personnalités.
    Et il ne faut pas oublier que la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence, car nous ne créons rien, mais nous utilisons des données de notre mémoire.
    Malheureusement on ne fait guère plus d’exercices en classe pour développer notre mémoire et par ailleurs le cannabis attaque l’hippocampe, professeur de la mémoire et handicape les jeunes fumeurs. Des chercheurs américains ont testé des jeuens qui fumaient régulièrement entre 15 et 25 ans et ils ont constaté une baisse de QI de 8 points, ce qui est énorme, pour des personnes autour de la moyenne, entre 85 et 115.

Vendredi 27 mars 2015 à 7:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Nous avons vu avant hier ce qu’étaient les huit « intelligences » selon Howard Gardner. Je voudrais parler aujourd’hui de leur localisation cérébrale.
    En fait quand on entreprend une action, de nombreuses aires sont sollicitées dans le cerveau, car son fonctionnement est extrêmement complexe, et l’action de certains centres implique celle d’autres centres au moins temporairement.
    Cependant on peut mettre en lumière, par l’IRM, une participation plus grande de certains groupes de neurones; je vais traiter aujourd’hui, quatre d’entre elles.

    L’intelligence logico-mathématique :

    Les calculs mathématiques impliquent en général le cortex préfrontal qui les dirige, les centres du langage et notamment le centre de Broca, la mémoire à long terme, et les mémoires tampons à court terme. Le cervelet peut être impliqué lorsqu’on fait un calcul presque automatiquement selon une procédure apprise (par exemple une multiplication).
    Il semble qu’en ce qui concerne la mémoire, les nombres soient atteints comme les mots. Mais, dans les processus de calcul mental, des résultats intermédiaires sont stockés dans les mémoires tampons à court terme, qui n’ont qu’une capacité limitée (6 à 7 items au maximum), et une durée limitée (quelques minutes au plus). C’est poursquoi, malgré un certain entrainement les capacités des personnes sont limitées.
    On connaît quelques calculateurs prodiges; il semble que leur cerveau ait une conformation particulière qui leur permet de stocker de façon provisoire des calculs intermédiaires dans la mémoire épisodique qui sert habituellement à stocker les souvenirs et à y accéder rapidement via l’hippocampe.
    Les réflexions logiques de raisonnement impliquent surtout le cortex préfrontal, mais d’une part celui-ci fait appel à son expérience en consultant des « cas semblables » en mémoire, pour valider les conséquences des hypothèses faites. Mais il lui arrive aussi de demander au cerveau émotionnel quelles seraient les conséquences émotionnelles de certaines solutions envisagées.
    Enfin une zone particulière du cortex préfrontal recherche les erreurs et émet un signal si une donnée est contestable.

    - L’intelligence spatiale :

    Elle met évidemment en jeu le cerveau occipital, l’arrière du cerveau au dessus de la colonne vertébrale, où sont interprétés les signaux de la vision.
    La synthèse est effectuée notamment dans les centres « quoi » et « où », qui identifient les objets et les cartes spatiales
    La mémoire - et donc l’hippocampe - intervient pour rappeler les informations acquises et c’est le cortex-préfrontal qui les traite, en particulier pour faire par exemple tourner un objet dans l’espace (comme sur certains tests).
    La mémoire associative va rapprocher les diverses perceptions simultanées et successives, (images, sons, odeurs…), pour faire par exemple retrouver un itinéraire
    De plus nous possédons des « neurones grilles » qui s’activent quand nous suivons un itinéraire inconnu et font une cartographie de la zone parcourue en créant des amalgames de points.
    Le cortex pariétal intervient dans la partie somesthésique, qui remonte les sensations du corps, des muscles et donc notre position dans l’espace.
   
     - L’intelligence verbo-linguistique :

    Elle met en jeu les centres du langage, que je vous ai décrits à plusieurs reprises : Broca, Wernicke, dans l’hémisphère gauche, le centre de Geschwind qui rassemble la mémoire des mots, et des centres de l’hémisphère droit, qui analysent l’intonation et l’émotion associée.
    Mais l’utilisation de certains mots va amener l’hippocampe à chercher dans notre mémoire épisodique ou déclarative, notamment dans le temporal lorsqu’il est question d’actions (les verbes par exemple), des souvenirs qui s’y rapportent.
    Et dens l’aire de Geschwind, des groupes de neurones sont associés à des objets analoguies, par exemple les outils, les plantes ou les animaux.
    Et plus curieux les aires motrices du cerveau pariétal s’activent quand on évoque des noms qui évoquent des mouvement, comme des outils par exemple.
    Certains souvenirs très forts peuvent relier très fortement les neurones, qui n’ont plus besoin de l’intermédiaire de l’hippocampe pour communiquer. Par ailleurs certains souvenirs à forte charge émotionnelle, sont rappelés par les centres amygdaliens;
    Le cortex préfrontal dirige évidemment les opérations.
    Mais une lecture ou des phrases ont souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.
   
- L’intelligence musicale-rythmique :

    Elle met en jeu le centre d’interprétation auditif primaire qui analyse les sons, leur force, leur hauteur. Puis dans l’aire associative proche, les rythmes, les timbres, les airs et mélodies.
    Le tronc cérébral qui est le métronome du cerveau intervient car il est directement relié au centre auditif et au thalamus et il donne la possibilité de « battre la mesure ».
    L’hippocampe intervient pour mémoriser et rappeler les mélodies.
    Bien entendu, le cortex préfrontal est le chef d’orchestre.
    Mais une mélodie a souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.


    Je parlerai demain des 4 autres intelligences

Jeudi 26 mars 2015 à 8:04

Histoires drôles

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Je ne sais pas si vous connaissez le « dictionnaire du Diable », d’Ambrose Bierce ?

    Ambrose Bierce est un écrivain et journaliste américain qui a vécu au emps de la Guerre de Sécession (il est né an 1842 et mort en 1913).
    C’est une personne ayant un humour un peu noir et incisif, qui a aimé décrire dans ses romans, l’absurdité de la nature humaine et de ses actes.
    Son  « dictionnaire du Diable » est connu pour ses définition, certes amusantes, mais très critiques et assez réalistes.
    En voici quelques unes de A à I :

        - ABSTINENT : personne faible qui cède à la tentation de se refuser un plaisir.
        - ALLIANCE : en politique internationale, union de deux voleurs qui ont leurs mains si profondément enfoncées dans les poches l'un de l'autre qu'il leur est difficile de s'en prendre à un troisième.
        - AMBIDEXTRE : capable de prendre avec un égal talent dans une poche de droite comme dans une poche de gauche.
        - AMOUR : folie temporaire que l'on peut guérir par le mariage.
        - AMNISTIE : magnanimité d'un pays envers des coupables qu'il serait trop onéreux de sanctionner.
        - AVOCAT : homme prêt à tous les mensonges pour faire éclater la vérité.
        - BELLE-MERE : vision futuriste de sa propre femme.
        - BIEN-ÊTRE : état d'esprit produit par la contemplation des ennuis d’autrui.
        - BLÉ : céréale dont on arrive, non sans peine, à tirer un assez bon whisky et qu'on utilise pour faire du pain.
        - CANNE À PÊCHE : bâton avec un crochet à un bout et un imbécile à l’autre.
        - CANNIBALE ; qui aime son prochain, en sauce.
        - CÉLIBATAIRE: homme qui peut avoir plusieurs femmes sur les genoux, mais aucune sur les bras.
        - CLAIRVOYANCE : capacité pour une personne, généralement féminine, de voir ce qui est invisible pour son patron - à savoir que c'est un abruti.
        - COCHON ; animal étonnamment proche de la race humaine par la vivacité et la splendeur de son appétit.
        - CONCLUSION : endroit où on en a marre de penser et de réfléchir.
        - DÉDAIN : sentiment d'un homme prudent envers un ennemi qui est trop formidablement à l'abri pour être attaqué.
        - DICTIONNAIRE : gros livre épais qui nous indique comment épeler un mot qu'on ne trouve pas si on ne sait pas l’épeler.
        - ÉCONOMISTE : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui.
        - ÉGOÏSTE : une personne de mauvais goût, plus intéressée à elle-même qu'à moi.
        - FANATIQUE : celui qui s'obstine à soutenir une opinion qui n'est pas la vôtre.
        - GÉNÉALOGISTE : quelqu’un prêt à poursuivre vos ancêtres aussi loin que votre argent pourra aller.
        - HÉSITATION : espèce de retard, avant de dire une bêtise.
        - IMMIGRANT : individu mal informé qui pense qu'un pays est meilleur qu'un autre.
        - INTELLECTUEL : individu capable de penser pendant plus de deux heures à autre chose que le sexe.
        - INTERROMPRE : écouter plus vite que la personne en face ne parle.

Mercredi 25 mars 2015 à 8:15

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Je vous ai parlé à plusieurs reprises de l’intelligence dans ce blog, (janvier 2010) et en particulier des théories de l’intelligence multiple faites en 1983 par Howard Gardner (photo ci dessus), et qu’il a publiées dans un livre en France en 1997, en définissant huit sortes d’intelligence.
    Je vais résumer sa théorie et dans les prochains articles je parlerai de nouvelles études qui ont cherché à définir quelles parties du cerveau correspondaient à ces intelligences, et qu’a décrites Olivier Houdé professeur à la Sorbonne à Paris.

    Howard Gardner définissait donc huit sortes d’intelligences :

- L’intelligence logico-mathématique :

    La personne est douée en résolution de problèmes et en mathématiques. Elle sait  poser les questions nécessaires, raisonne logiquement sur les choses, veut savoir pourquoi et comment les événements arrivent et les mécanismes fonctionnent. Elle sait mettre en ordre et classer les objets, identifier ressemblances et dissemblances.
    En général la personne est attirée par la science.

- L’intelligence spatiale :

    La personne est créative et sait concevoir, dessiner, lire des graphiques, se représenter les objets dans l’espace en les changeant d’orientation, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces, et a besoin d’images pour comprendre.

- L’intelligence verbo-linguistique :

    La personne est à l’aise avec le langage et la parole, parle facilement, aime lire, écouter et raconter des histoires, et se les rappelle. Elle sait rédiger et exprimer oralement et par écrit ses idées, sans fautes d’orthographe et possède un vocabulaire étendu.
    En général la personne est attirée par la littérature.

Ces trois intelligences sont celles des tests de QI, qui, par leurs questions, examinent les connaissances linguistiques d’une personne, sa capacité à manier les nombres et leur logique et la représentation des figures dans l’espace.

- L’intelligence intra-personnelle :
   
    C’est la capacité de réflexion, la compréhension de soi, des la personnalités des autres, la définition d’objectifs, l’aptitude à établir un modèle mental.
    La personne connait ses facultés d’apprentissage et est capable d’anyser ses forces et faiblesses et de connaître ses limites.

- L’intelligence interpersonnelle :

    Elle permet les relations et la communication entre les personnes, les relations dans un groupe, l’écoute, la persuasion, la négociation. C’est identifier les émotions, les sentiments, les humeurs, les comportements et les intentions, et réagir de façon appropriée. C’est aussi avoir de l’empathie et de l’altruisme.

- L’intelligence corporelle-kinesthésique :

    C’est la faculté de comprendre ce qui se passe dans son corps, notamment ses émotions, de les maîtriser, mais aussi de les exprimer par ses expressions corporelles.
    C’est la tendance à bouger, à être en mouvement avec son corps, à se servir de ses membres, à s’exprimer par gestes et mimiques .
    Certains psychologues y voient aussi la capacité à analyser le fonctionnement des objets et à les réparer, et finalement à une certaine adresse manuelle.

Ces trois intelligences sont relationnelles. Il existe des tests analogues au QI que l’on appelle QE : quotient émotionnel.

L’intelligence naturaliste-écologique :
   
    C’est à l’origine la capacité à résoudre des problèmes dans le milieu naturel, à observer et catégoriser faune flore, roches, et le milieu naturel.
    En fait ce n’est pas vraiment une intelligence, mais plus des capacités professionnelle. Les psychologues ont alors parlé de l’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister, à structurer les idées à poser les question, bref la curiosité intellectuelle et le moyen de la satisfaire. Mais on tombe alors dans le domaine de l’intelligence logico-mathématique.

L’intelligence musicale-rythmique :

    C’est le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. et le don pour faire de la musique et chanter. Il y a une partie de capacités physiologiques de l’oreille et du cerveau, beaucoup d’apprentissage, une émotion face à la musique et aux sons, et  certain don pour le rythme.


    Je trouve ces théories intéressantes, mais je trouve qu’elles ne mettent pas l’accent sur deux points importants :

    - la capacité et le travail d’apprentissage. On ne nait pas intelligent, on le devient. Certains ont seulement plus de potentiel et de rapidité d’apprentissage, et arrivent donc plus facilement à développer leurs intelligences, mais dans tous les cas cela demande beaucoup de travail.
    Sans apprentissage (donc éducation et instruction) et sans un gros travail, on reste d’un niveau intellectuel très bas.

    - la capacité de mémorisation. On n’invente rien : on utilise les connaissances et l’expérience que l’on a , et lacréativité conssite simplement à rapprocher de façon inhabituelle des notions que l’on a mémorisées.
    Pour moi la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence.

    Dans les prochains articles, je parlerai des zones du cerveau concernées par ces diverses intelligences.

Mardi 24 mars 2015 à 7:11

Psychologie, comportement

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    J’ai souvent aidé des lycéens de première S, à chercher de la doc pour faire leur TPE et j’ai trouvé cela fort intéressant.
    Mais ce qui me surprend toujours, bien que j’y sois habitué, c’est que sur les 3 ou 4 partenaire au sein de l’équipe de TPE, il y en a toujours un qui regarde travailler les autres et ne fiche rien.
    Encore heureux quand il ne critique pas et ne joe pas à la mouche du coche !
    Je me suis souvent demandé si c’était aussi général. Quand je dirigeais une équipe en entreprise, nous avions aussi des fainéants, mais c’était à celui qui avait la direction et la responsabilité de l’équipe de les motiver, de les inciter à travailler et en définitive de sanctionner s’ils exagéraient.
    Evidemment c’est plus difficile pour un professeur de voir si les élèves travaillent quand ce la ne se passe pas en classe et que le résultat est le travail du groupe.
    Mais j’ai aussi essayé de voir ce que les psychologues disaient de cette tendance.

    Les psychologues qui étudient la psychologie des groupes constatent aussi qu’il y a les gens qui s’investissent dans le travail collectif et ceux qui se contentent d’en profiter.
    Ils appellent cela la « paresse sociale » et ils pensent que le rendement des équipes diminue en général lorsque le nombre de personnes en faisant partie augmente.
    Pourtant on pourrait penser que le fait d’être en groupe, en contact social, apporterait de l’émulation, l’entrainement des uns par les autres et un gain global de connaissances et de créativité.
    C’est amusant car je me rappelle mon grand père paysans qui me disait que lorsqu’on attelle la charrue ou la charrette qui contient les lourdes hottes de vendange pleines, cela ne servait à rien de mettre 4 bœufs, ils tiraient à peine mieux que deux, dans les collines pentues. Il pensait même qu’il valait mieux avoir deux charrettes moins chargées et moins lourdes, tirées par un seul bœuf qu’une seule charrette portant la charge double, tirée par deux bœufs.
    On peut évidemment penser que dans une équipe coordonner un nombre plus grand de personnes est plus difficile; c’est exact, mais cela n’explique pas tout.
    les psychologues pensent qu’il a a surtout une raison psychologique et que le phénomène est plus important si toutes les personnes de l’équipe font la même tâche et si celle ci est peu intellectuelle et est fastidieuse.
    Ils ont étudié aux USA des sportifs (par exemple en courses individuelles ou en relais), ou des jeux, (comme le tir à la corde), et ils ont constaté effectivement que le rendement baissait avec le nombre de personnes concernées dans l’équipe.
    Dans le tir à la corde, la force exercée baissait de 25% quand on passait de 1 à 4 tireurs et de 50% si on passait à 8.!
    L’opinion populaire semble connaître cela, elle parle de la « loi du moindre effort ».

    Nous serions donc plus fainéants et moins motivés en groupe.
    Deux psychologues allemands  ont prévenu deux groupes de personnes testées qu’elles allaient subir, le premier groupe un test collectif etle second groupe des tests individuels. Elles ont ensuite soumis les deux groupe à des exercices dits « de préparation » pour mieux réussir les tests.
    Le groupe destinés aux tests individuels s’est beaucoup plus investit.
    Le fait que la performance soit jugée individuellement ou collectivement semble donc avoir un impact différent sur la motivation. Dans le test individuel, on se sent jugé personnellement, dans le test collectif, personne n’est responsable, si ce n’est un  groupe où on ne sait qui a fait quoi.
    Heureusement ce n’est pas toujours le cas; j’ai connu des équipes où tout le monde tirait la charrette le mieux possibles, mais c’étaient des équipes de personnes d’un cetrain niveau : techniciens et ingénieurs, où ils étaient souvent de spécialité différente et chacun apportait donc sa pierre et son savoir, et de plus ils avaient chacun une tâche bien définie, et donc on pouvait savoir assez facilement ce que chacun avait apporté.

    Donc si je peux donner des conseils aux professeurs et aux élèves qui coopèrent dans les TPE, je leur dirai :
   
    - D’abord essayer de choir des personnes qui ont des qualités complémentaires, des connaissances différentes. Elles seront plus motivé parce que chacun apportera ce dont il est capable et son travail sera reconnu.
    - Ensuite bien définir des tâches différentes dans le sujet. Il y a souvent des approches diverses à examiner et chacun peut être responsable de certaines d’entre elles
    - Il faut alors prévoir des séances régulières de coordination et de travail en groupe pour que le travail avance dans le bon sens et en temps voulu.
    - Il faut identifier et mettre en valeur ceux qui travaillent beaucoup et prennent leurs responsabilités, et au contraire faire apparaître le moindre travail des tire-aux-flancs.
    - Il faut aussi tenir compte des individualités et du contexte de vie. Des jeunes habitués à un certain travail familial dans une famille nombreuse sont souvent plus motivés, que ceux qui, enfant unique (ou paresseux avec des parents laxistes) ne sont pas habitués à participer aux tâches collectives. Les altruistes travaillent plus facilement en groupe que les égoïstes. Les narcissiques qui se croient très fort, se démotivent parfois brusquement plus que de bons élèves modestes.

    Bref la composition d’une équipe est un art, mais la motiver également, et la première règle est que le sujet choisi intéresse beaucoup tous les membres de l’équipe sans exception. C’est ensuite au professeur de veiller à responsabiliser chacun et à mettre en valeur son travail et même à récompenser celui d’un leader éventuel qui aura su diriger et coordonner son équipe si elle en ressentait le besoin.

Lundi 23 mars 2015 à 7:59

Actualité

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    On nous bassine à la télévision depuis quelques jours avec la « plus grande marée du siècle » sous prétexte qu’elle a un « coefficient de 119, le plus fort étant de 120 et on nous dit qu’on ne voit cela qu’une fois par siècle.
    Cela me fait rire  et probablement cela amuse Bretons et marins, car on a rarement entendu proférer autant de bêtises, et par ailleurs cette publicité autour de cette marée me fait penser à celle autour de Halloween : il faut attirer les touristes et cela a d’ailleurs très bien marché, ce qui est un bienfait pour l’économie bretonne.
    Je pense d’ailleurs que les touristes ont vu de belles choses, dans la mesure où ils ne connaissaient pas la Bretagne, et où ils allaient en vacances en Méditerranée, où il n’y a pratiquement pas de marées.
    Mais ce n’est pas une raison pour nous prendre pour des imbéciles, mais je n’ai pas trouvé un seul journaliste qui ait tant soit peu vérifié ce qu’on lui demandait de dire et qui ait un peu cherché à comprendre à quoi correspondait ces coefficients.

    D’abord, ce coefficient de marée très fort, est ce aussi extraordinaire.
Il peut varier théoriquement entre 20 pour les marées les plus faibles et 120 pour les plus fortes. Les fortes valeurs sont elles fréquentes ?
    C’est vrai que 118/119 comme aujourd’hui et demain sont rares, mais on voit souvent en mars et en septembre des coefficients voisins et même en août, comme le montre le tableau suivant :

2010

mardi 2 mars 2010

coefficients 116 / 115

 

jeudi 12 août

coefficients 112 / 111

 

vendredi 10 septembre

coefficients 116 / 114

2011

dimanche 20 février

coefficients 115 / 115

 

lundi 21 mars

coefficients 118 / 117

 

jeudi 29 septembre

coefficients 115 / 113

2012

Samedi 10 mars 2012 -

coefficients 112 / 112

 

Dimanche 08 avril 2012 

coefficients 114 / 113 

2013

jeudi 22 août 2013

coefficients 108 / 109 

2014

Dimanche 02 mars 2014 

coefficients 114 / 115 

 

Mardi 12 août 2014 - 

coefficients 112 / 113 

 

Mercredi 10 septembre 2014 

coefficients 115 / 115 

2015

Samedi 21 mars 2015 

coefficients 118 / 119 


      Alors le problème posé est de savoir si ce que l’on voit quande le coefficient est de 119 est très différent de ce qu’e l’on voit quand il est de 117.  Pour cela il faut comprendre ce qu’est ce coefficient et aucun journaliste n’a cherché à le faire.
    Ces coefficients ne sont valables qu’en France et que sur la côte atlantique et la Manche, et ils ne sont qu’approximatifs.
    Ils reposent sur l’hypothèse que les marées existant à Brest sont approximativement représentatives de celles de toute cette côte. Egalement sur le fait qu’il existe une hauteur moyenne des mers, autour de laquelle oscillent les hauteurs de marées et qui peut servir de référence, au moins pendant un certain temps (la hauteur des mers s’élève lentement avec le changement climatique). On l’appelle « niveau moyen Nm ». Elle résulte d’une part de calculs astronomiques et d’autre part d’observations.
Elle permet de définir une valeur zéro de référence pour la hauteur de la mer en un point donné.
    Par ailleurs, on appelle « marnage » M, la différence entre la hauteur à chaque marée, entre la hauteur de la Haute mer Hm et la basse mer Hm.
            M = Hm  -  Hb
Le service Hydrographique (SHOM) a ensuite pendant des années relevé les caractéristiques des marées et les données suivantes à Brest  :
        - la hauteur moyenne des mers est à Brest de 4,13 mètres.
        - le marnage le plus haut constaté aux équinoxes est de 7,32 mètres.
        - le marnage le plus bas constaté est de 1,22 mètres.
        - le marnage moyen à l’équinoxe, (c’est la moyenne des plus hauts marnages), est de 6,10 mètres. On appelle « U » : unité de hauteur propre à la localité de Brest la moitié de cette différence soit 3,05 m.
    Chaque localité en bord de mer a une unité de hauteur qui lui est propre et qui dépend de la configuration de la côte, qui freine ou augmente la marée.
    Les lieux de plus grande unité de hauteur U sont Dieppe (4,5 m), Saint Malo (5,98 m) et Grandville (6,35 m) et donc des marnages moyens d’équinoxe doubles.
    Par définition le coefficient C pour une date donnée, est le rapport entre la différence de hauteur entre la marée haute du jour Hm et la hauteur moyenne Nm, par rapport à l’unité de valeur propre à la localité où l’on se trouve :
                          Hm - Nm
                C = —————- X 100
                               U
    En fait un jour donné, si Hm et Hb sont les hauteur de haute et basse mers,
Hm - Nm = Hm - (Hm + Hb)/2 = (Hm - Hb)/2, c’est à dire le demi marnage.
    Donc pour un jour donné, en multipliant haut et bas la fraction par 2 :
                   
                            hauteur du marnage du jour
                   C = —————————————————————- X 100
                           hauteur du marnage moyen d’équinoxe du lieu

    La connaissance de C pour un jour donné permet de calculer la hauteur de marnage si on connait l’unité de hauteur du lieu, et la hauteur de la pleine mer Hm si on connaît la hauteur moyenne de la mer.
    Le SHOM a décidé d’attribuer la valeur 100 à la hauteur moyenne de la marée d’équinoxe et donc pour Brest 6,10 mètres
    Comme le maximum et le minimum des marnages à Brest sont de 7,32 et 1,22 mètres, le minimum de C est de 20 et le maximum de 120.
   
    Pour savoir si 119, bien que marée du siècle, est extraordinaire poar rapport à 117, que l’on voit souvent  on peut calculer pour Brest la différence de hauteur des pleines mers :     ∆Hm = ∆ (Nm + C/100.U) = (119-117)/100 X 3,05 = 0,02 X 3,05 mètres = 6 cm

    La différence de hauteur de marée haute à Brest entre des coefficients 117 et 119 est donc de 6 cm et à Granville, de 11 cm. C’est ridiculement faible.
    En fait une mer houleuse à cause du vent, à fortiori une tempête auront bien plus d’influence sur la hauteur de marée si le vent pousse l’eau à la côte et sur l’aspect spectaculaire - et la dangerosité - des vagues.

    Alors la « marée du siècle », c’était un coup de pub, pour attirer les touristes - même si c’était beau à voir, mais j’ai vu bien plus impressionnant en Bretagne par tempête lors des grandes marées de coefficient moindre.

Dimanche 22 mars 2015 à 17:22

Divers

Merci à celles et ceux qu m'ont envoyé un mail pour me souhaiter mon anniversaire; cela m'a fait très plaisir.

     Eh oui, tous les ans j'ai un an de plus, 83 cette année, mais tant que la santé et la cervelle vont bien, il ne faut pas trop s'en faire, ni se plaindre.
     Je ne suis pas pressé de quitter mon blog !

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/Organiserunanniversaire135759.jpg

    Alors pour une fois pas d'article. Cela aurait dû être un intermède, mais aujourd'hui je me repose et je mange..... mes bougies.

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lancien

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