Mercredi 30 septembre 2015 à 12:34

Biologie, santé.

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    Notre monde, sensibilisé par les écologistes et les journalistes, qui manient le principe de précaution à propos de n’importe quoi, nous ont sensibilisé aux microbes, et l’on trouve partout des « agents antibactéries ».
    Dans tous les hôpitaux et clinique, on voit des distributeurs de savons antibactéries et de gels hydroalccoliques, à tous les coins de couloirs, les médecins, infirmières et kinés en transportent des bouteilles ou des sachets.
    Mais bien plus, il y en a dans des produits ménagers, les déodorants, les dentifrices, certains produits de beauté, les lingettes pour bébés ….
    Des milliers de Français en sont devenus adeptes après l'épidémie de grippe mexicaine. Depuis 2009, des tonnes de gel hydroalcoolique sont distribuées pour, nous promet on, « éliminer 99,99% des bactéries ».
    Est ce bien indispensable?

    Quand j’étais jeune cela n’existait pas, tous, personnels de santé et les particuliers utilisaient du savon et de l'eau chaude, de l'alcool ou de l'eau de Javel. Le savon décolle la saleté, les corps gras et les microbes des surfaces, et ceux ci sont alors éliminés par de l'eau. L’alcool et l'eau de Javel détruisent les cellules mortes de la peau et des bactéries, puis s’évaporent.
    Au contraire, les produits utilisant des antibactériens tuent les bactéries, mais laissent des résidus.
    Des bactéries qui n’auraient pas été tuées peuvent s’habituer en présence de ces résidus, peu toxiques et elles se développent et prennent le dessus sur les autres bactéries non résistantes : la nouvelle population bactérienne résistera à une deuxième attaque du même agent antibactérien.
    De plus quand les bactéries deviennent résistantes à ces savons, elles sont parfois moins sensibles à certains antibiotiques, auxquels elles n'ont pourtant jamais été exposées. Plusieurs cas ont été identifiés, notamment avec le triclosan, l’agent bactéricide le plus employé.
    De plus ce produit est utilisé dans les engrais en agriculture, de telle sorte qu’on en trouve des quantités notables dans les rivières, ce qui augmente la résistance des bactéries à leur environnement.
    Une équipe Coréenne a montré que le triclosan n’était par ailleus pas plus efficace que le savon de Marseille.
    De plus le triclosan est soupçonné d’être un perturbateur endocrinien, voire de perturber le fonctionnement du cœur et de la thyroïde.
    Les systèmes d’épuration des eaux n’éliminent pas le triclosan, dont il reste des quantités non négligeable dans l’environnement.

    De plus la concentration en triclosan doit être supérieure à 1% afin de réduire considérablement le nombre de bactéries. Cependant, la plupart des savons vendus dans le commerce ont une concentration en triclosan comprise entre 0.1% - et 0.45%.

    Les savons antibactériens en général, dont les gels hydro-alcooliques, ne sont pas plus utiles que les savons classiques. Le meilleur moyen de rester en bonne santé est toujours de se laver les mains à l’eau chaude avec du savon ordinaire, au moins trois fois par jour à l'eau savonneuse.
    Savon et eau éliminent les germes et les souillures visibles, et préservent la flore naturelle des mains. Des lingettes nettoyantes peuvent être utilisées lorsqu’il n’y a pas de point d’eau, mais ne sont pas aussi efficaces que de l’eau et du savon.
    Les gels hydro-alcooliques sont pratiques pour les personnes ayant besoin de se laver les mains entre 20 et 30 fois par jour, comme dans le secteur de la santé et les crèches.
    Utilisé correctement, un gel hydro-alcoolique tue la plupart des germes et bactéries, hydrate la peau et n’a pas d’impact significatif sur la flore naturelle, alors que les savons antibactériens sans alcool peuvent être néfastes pour la flore naturelle des mains.

Mardi 29 septembre 2015 à 8:30

Divers

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     Savez vous ce qu’est le « ginkgo biloba » et en avez vous déjà vu?
    C’est un arbre extraordinaire car il existait déjà du temps de la préhistoire, il y a 270 millions d’années, c’est à dire quarante millions d’années avant les dinosaures.
    C’est aussi le plus vieil arbre vivant du monde, car il y a en Chine un Ginkgo qui a 1250 ans environ. Il a été introduit en Europe en 1730.
    Un ginkgo, brulé par l’explosion nucléaire d’Hiroshima, est le seul arbre à renaître de ses cendres, tel le Phénix.
    Son nom chinois « yin xing, veut dire « abricot d’argent, car ses feuilles ont des reflets jaunes et argentés à l’automne et il produit de petites boules jaune-orangées comme des abricots, mais plus petites qu’un abricot. Biloba vient du fait que les feuilles ont deux lobes et pas de nervure.
    C’est un arbre qui a un sexe, mâle ou femelle, Le ginkgo mâle produit du pollen en grande quantité, emporté par le vent, et le ginkgo femelle produit des ovules, les petites boules orange, contenant deux gamètes femelles. Arrivé sur l'ovule, le grain de pollen germe et libère deux anthérozoïdes qui nagent dans du liquide de fécondation, vers les deux gamètes femelles.  Même si les deux gamètes sont fécondées, un seul embryon arrive à maturité et tombe à terre. La plante pousse alors à partir de cette petite boule orange, qui n’est donc pas vraiment une graine..
    L’arbre est très résistant et facile à élever, mais exige de descendre profondément ses racines en terre. J’ai deux petits ginkgo sur ma terrasse, mais ils n’ont que 40 cm de terre et en 20 ans, ils n’ont pas grandi de plus de 80 cm, alors que celui planté en pleine terre par ma fille dans son jardin à la même époque fait 8 mètres de haut.
    Sa photo est en début d’article et je mets en fin d’article, des photos des ovules orangées, ma fille ayant un ginkgo femelle et un mâle.
    Ces « fruits » sont consommées en Chine où ils sont considérés (à tort au plan chimique, mais si on y croit…), comme aphrodisiaques. Par contre les extraits de Ginkgo biloba constituent un médicament vaso-dilatateur, qui facilite la circulation sanguine du cerveau et est donc utilisé dans des troubles de mémoire et dans la maladie d’Alzeimer. Mais c’est aussi un anti-agrégant des plaquettes qui forment un caillot et il peut donc caiser des saignements dangereux.
    On trouve des ginkgo aujourd'hui dans de nombreuses rues et parcs des grandes villes en raison de sa résistance à la pollution et du caractère ornemental de ses feuilles, mais la paroi externe des ovules se décompose en dégageant une odeur de beurre rance, et les ginkgos plantés ont plutôt tendance à être des arbres mâles.
    On l’appelle aussi l’arbre aux 40 écus, car le botaniste français M. de Pétigny a acheté, en 1788, 5 plants de ginkgo, pour la somme considérable de 40 écus chacun. On l’appelle aussi « arbre aux mille écus » en raison de l’aspect de ses feuilles qui deviennent jaunes dorées à l’automne et forment comme un tapis d’or à ses pieds.

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Lundi 28 septembre 2015 à 9:40

Suite des photos du vieux Paris en intermède :

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Dimanche 27 septembre 2015 à 8:38

Biologie, santé.

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     A la suite de l’article que j’ai fait hier sur le numérique à l’école et certains de ses inconvénients, j’ai reçu plusieurs mails qui me parlent d’un autre problème connexe : les tablettes achetées comme jouet à de jeunes (voire très jeunes) enfants.
    Evidemment les âges sont très différents d’un cas à l’autre.
    Je vous donnerai mon avis sur deux aspects :
   
    D’abord les enfants d’âge moyen disons 7 à 10 ans.

    La tablette a les mêmes inconvénients qu’un ordinateur sans en avoir les avantages.
    Elle est essentiellement faite pour accéder à internet. Or s’ils donnent cette tablette comme « jouet », les parents n’ont plus de contrôle sur son utilisation, car elle est à toute heure dans la chambre de l’enfant et « lui appartient », alors que un ordinateur dans la salle de séjour ne le distraira pas s’il fait ses devoirs dans sa chambre et permettra un certain contrôle de son accessibilité à internet et aux réseaux sociaux.
    Sur le plan fonctionnement, la tablette est quasi automatique (certains disent méchamment d’un fonctionnement fait pour les idiots !!). C’est vrai qu’elle décide de presque tout à votre place, classe les documents où elle le décide, décide en partie de leur appellation, n’est souvent pas facile d’emploi au plan du clavier. Bref elle n’apprend pas ni à taper sur un clavier, ni a une certaine rigueur dans l’organisation de son travail et de ses données personnelles. La tablette vous détourne de la logique et de la prévision et du classement.
    En outre la tablette a des possibilités limitées au plan mémoire et communication ou sauvegarde sauf si on passe par un « Cloud », mais les nuages ont l’inconvénient de permettre un accès très facile (- voire organisé - cf Google) aux information que vous y stockez. Un adulte peut être prudent quant à ce qu’il y dépose, mais pas un enfant qui n’a pas d’expérience et ne sait pas prévoir les conséquences de ses actes.
    Enfin la tablette, au moins autant si ce n’est plus, va habituer l’enfant à zapper, ce qui limite peu à peu ses capacités d’attention.
    En fait la tablette n’est pas un jouet, pas plus que le téléphone portable

    Deuxième problème encore plus néfaste, les enfants de moins de 6 ans.

    La tentation est forte pour les parents de se débarrasser de leurs enfants en les mettant devant la télévision ou la tablette, sans avori à s’occuper d’eux. C’est un jeu qui occupe l’enfant. Mais quelles en sont les conséquences.

    D’abord il faut bien le dire, l’enfant ne sait pas et ne peut pas apprendre vraiment à se servir efficacement d’une tablette. Il va apprendre des gestes automatiques, des procédures simples, qui lui permettront d’atteindre certains sites, certains jeux.
    Si on ne sait pas lire, on ne peux se servir ni d’un ordinateur, ni d’une tablette. Ce que l’on apprend à un enfant de cet âge pourrait être appris à un chimpanzé (et l’a été en laboratoire).
    Des études de chercheurs ont examiné les conséquences de cet usage chez les tout petits. Ils ont constaté des troubles de l’attention et un retard dans l’acquisition du langage.
    En se concentrant sur les images et les sons attrayants de l'écran, l'enfant mobilise moins d'énergie pour ce qui importe vraiment, et il ne fait plus attention à son environnement. Il se laisse mener par la tablette et ne fait plus les gestes répétitifs qui conditionnent l’apprentissage. L’enfant prend un retard mental. En séparant l'enfant de son environnement, le monde virtuel met en péril le développement de sa logique et de ses repères.
    L’enfant doit toucher une couleur, une forme, d'écouter un son, de voir l'effet de son doigt, de sa main, dans la réalité de son entourage et le faire sur une tablette, ne lui apprend rien et est même contre-intuitif.
    Deuxième inconvénient, l’enfant reste seul dans un monde virtuel, sans communication avec autrui et déconnecté du réel. Or l’expérience a toujours montré que le contact avec les parents, les grands parents, les éducateurs, était essentiel pour le développement de l’intelligence - et du savoir faire - de l’enfant. C’st par ces contacts qu’il maîtrise peu à peu le langage et acquiert du vocabulaire. Les enfants cantonnés devant les écrans ont en général, un vocabulaire très faible, et donc peu de capacités de communication. C’est le début d’un retard scolaire ultérieur.

    Enfin quelque soit leur âge, l’usage de l’ordinateur comme de la tablette peut devenir une addiction.
    Cela ne veut pas dire que les ordinateurs et les écrans soient inutiles, et qu’il faille les négliger et ne pas apprendre aux enfants à s’en servir.
    Mais il faut d’abord maîtriser certaines techniques : tant qu’on ne sait pas parler, lire et écrire et ceci appris à la main et non sur un clavier, on n’est pas à même de se servir seul d’un ordinateur ou d’une tablette et les accès à la télévision doivent être limités. Des jeusx sont possibles, mais accompagnés par la famille. Et si possible des jeux développant la logique, l’usage du langage, la réflexion et non la dextérité au combat.
    Michel Desmurget, chercheur à l’Inserm, disait dans un interview : « les écrans créent chez les enfants des cerveaux fanés ».    et il a dénoncé tous les arguments publicitaires qui donnent aux écrans des vertus qu’ils n’ont pas, (comme la lutte contre la dyslexie, ou l’agressivité et l’amélioration des capacités d’attention visuelle), alors que souvent ils aggravent même les problèmes correspondants.
    Mais évidemment des intérêts économiques sont en jeu : il faut vendre beaucoup d’écrans !!

Samedi 26 septembre 2015 à 18:48

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    Il est certain que le numérique fait maintenant partie de notre vie.
    Personnellement je n’écris presque plus de lettres à la main et par envoi postal, à part quelques cartes en vacances, mais j’utilise mon clavier et ma messagerie.
    Tous les documents que je rédige sont faits à partir de word ou des homologues sur Mac (Pages)
    Pour faire des calculs er surtout pour faire des tableaux chiffrés, Excel ou autres spécifiques Mac (Numbers), me font gagner du temps. Ils me servent aussi à recenser des données pour les trier et les retrouver par mots clés.
    Toutes les présentations de mes conférences sont faites sur Powerpoint ou analogue (Keynote spécifique du Mac).
    Mes dessins sont faits sur Easydraw et transformés en Jpeg ou intégrés dans le traitement de textes.
    Et évidemment Firefox et Safari me permettent de naviguez sur le Web et de trouver assez facilement une immense documentation, que je n’aurais pu trouver autrefois dans une bibliothèque, ni aller lire dans une université étrangère.
    Je lis encore des revues et journaux papier, parce que c’est facile à transporter, mais je peux les consulter aussi sur mon ordinateur.
    Et la plupart des personnes ont une connexion internet.
    Alors évidemment se servir d’un ordinateur est essentiel et il vaut mieux savoir bien s’en servir, et donc apprendre à le faire.
    Cela me parait donc normal qu’on enseigne le numérique à l’école dès le cours primaire.
    L’enseignement a fait un effort important dans ce domaine, mais pour quel résultat?

    Actuellement dans la plupart des pays de l’OCDE, 96% des élèves de 15 ans ont un ordinateur à la maison, mais 72% seulement déclarent utiliser un ordinateur de bureau, un ordi portable ou une tablette à l’école. Comment maîtrisent-ils cet outil ?
    Une enquête PISA (Program for International Student Assessment) menée en 2012, a évalué la façon dont les élèves maîtrisent l’écrit sur internet. C’est une douche froide. Le rapport, qui est sorti le 15 septembre, révèle " l’immense décalage entre la réalité de notre école et les promesses des nouvelles technologies » .
    Les enquêteurs ont programmé un environnement numérique contrôlé, avec une simulation de navigation, des sites web, des onglets et des hyperliens. 38 000 élèves ont été testés sur cet outil.

    Utiliser les outils numériques dans les écoles n'est pas une garantie de succès scolaire. Dans le meilleur des cas, utiliser les nouvelles technologies en classe n'apporte que des résultats mitigés. Et cela peut au contraire dégrader la situation.
    On constate d’abord que si la personne a une bonne maîtrise de l’écrit " papier ", elle a aussi une bonne maîtrise de l’écrit " en ligne ". Savoir comprendre et exploiter un texte, qu'il soit sur le papier ou sur un écran, requiert les mêmes compétences.
    Par contre les élèves pour lesquels l’enseignement a trop vite utilisé la machine, en raccourcissant la phase « papier », ne maîtrise pas aussi bien ni la langue, ni l’écrit et sa compréhension.
    L'absence totale d’utilisation courante de l’ordinateur se traduit ensuite par un faible niveau de lecture sur le net ; les performances sont optimales quand l'élève utilise la machine une à deux fois par semaine; au-delà, elles s'effondrent, d'autant plus que l'usage de l'ordinateur est plus fréquent.

    Je suis étonné qu’on apprenne en classe à se servir de Twitter et de Facebook. Ce ne sont pas des outils pour apprendre. L’adolescent apprendra bien assez tôt tout seul ou par des copains à s’en servir.
    Par contre on n’apprend pas aux élèves à faire des recherches sur internet, à utiliser la doc sans faire uniquement des copiers coller, à trouver plusieurs versions d’un sujet pour les comparer et pour éviter de croire n’importe quelle information.
    Trouver des renseignements pertinents sur un sujet n’est pas évident et d’ailleurs les moteurs de recherche d’internet ne sont guère performants dans ce domaine.
    Mais surtout la disposition de données immenses sur internet a persuadé les élèves, et même les professeurs que ce n’était plus la peine d’apprendre des données sourantes pourtant indispensables : on n’apprend plus les tables de multiplication, les conjugaison,s, les formules courantes de mathématiques et de physique chimie.
    Il en résulte qu’on ne sait plus se débrouiller face à un exercice et d’ailleurs on en fait très peu. Or on ne maîtrise une connaissance qu’en l’utilisant souvent : notre cerveau ne sait faire l’apprentissage que par la répétition. Si je sais utiliser et reconnaître les « identités remarquables » que j’ai apprises en maths en 3ème, c’est parce que j’ai fait une bonne centaines d’exercices à leur sujet. Et là, l’ordinateur ne m’est d’aucune utilité. Il faut que je sache par cœur ces identités, que je réfléchisse et que je travaille.

    Le rapport due l’OCDE met l’accent sur trois points pour expliquer ces faibles performances :
        - «  Le développement d’une compréhension conceptuelle et d’une réflexion approfondies requiert des interactions intensives entre enseignants et élèves." La technologie empêche parfois les protagonistes de l'école d'avoir les bonnes relations indispensables au savoir.
        - « En nous contentant d’ajouter les technologies du XXIe siècle aux pratiques pédagogiques du XXe siècle, nous ne faisons qu’amoindrir l’efficacité de l’enseignement." Pour les auteurs de l'étude, il est possible qu'en l'état actuel des connaissances, on ne maîtrise pas assez le type d'approches pédagogiques qui permettent d'utiliser ces nouveaux outils.
        - « Le fait de garantir l’acquisition par chaque enfant d’un niveau de compétences de base en compréhension de l’écrit et en mathématiques semble bien plus utile pour améliorer l’égalité des chances dans notre monde numérique que l’élargissement ou la subvention de l’accès aux appareils et services de haute technologie »,

    Mais à mon avis, l’OCDE oublie un point essentiel : l’ordinateur comme le téléphone portable sont pour les adolescents un outil de bavardage et de jeu. on communique ensemble sur les réseaux sociaux et par internet et on joue, en solitaire ou en ligne. Ce n’est pas un outil destiné au travail.
    De plus le zapping permanent sur internet et d’une occupation à l’autre, entrecoupées des appels sur le téléphone ou les réseaux sociaux, enlève l’habitude de se concentrer, de faire attention pendant un temps assez long.
    Par ailleurs les enseignants ont habitué les élèves, depuis la maternelle, à apprendre en jouant, pour essayer d’attirer leur attention, de rendre l’étude plaisante.
    L’ordinateur ou la tablette ne font qu’accentuer le phénomène.
    Apprendre c’est avant tout travailler, que l’on engrange plus ou moins de données d’information, c’est toujours un apprentissage, basé sur la répétition, sur l’effort, sur l’attention. La plupart des adolescents ne savent plus faire d’effort, encore moins sur ordinateur qu’avec les moyens classiques.
    Croyant les motiver par le jeu, on les a, en fait, démotivés parce que rendus incapables de se forcer à travailler et à faire attention.
 
    En définitive, le numérique est un outil, comme le crayon, le papier et le livre, il ne peut pas rendre un enfant intelligent !
    Un élève qui ne sait pas utiliser par exemple un dictionnaire papier, ne deviendra pas plus performant parce qu'il aura réussi à taper un mot dans un moteur de recherche.   
    Il ne faut donc pas attendre une amélioration du niveau de l’enseignement par l’utilisation du numérique. Il est utile d’apprendre à se servir d’un ordinateur, parce c’est un appareil aujourd’hui incontournable, mais votre intelligence ne se développera pas plus qu’avec d’autres outils. Il n’apportera de gain de temps que par la suite, dans la vie courante et au travail pour des tâches répétitives, et un gain de stockage de papier et d’archives. (sous réserve d’avoir plusieurs sauvegardes).
    Un enseignement c’est faire certaines actions quelque soit l’outil utilisé :
        - c’est d’abord faire le cours et faire en sorte que les élèves écoutent avec attention. Ensuite les données du cours peuvent être sur des livres, des polycopiés ou internet, peu importe pourvu qu’on puisse les lire. Une manière simple de contrôler l'attention de chaque élève est de poser des questions pour savoir ce qui leur pose le plus de problème.
        - c’est répondre aux demandes des élèves. Il est parfois plus facile pour certains de poser une question par un message ou sur un forum, que de lever la main en classe. Seulement, en classe, la réponse profite à tous.
        - c’est ensuite évaluer la compréhension, vérifier que les élèves ont assimilé le cours et les principales méthodes grâce à des exercices simples. C’est organiser et contrôler des devoirs faits à la maison et périodiquement en classe. Et expliquer ensuite ce qu’il aurait fallu faire.
    Mais pour l’élève, apprendre, c’est avant tout travailler !           

Vendredi 25 septembre 2015 à 10:19

Photos, photos comiques

En intermède, des photos du vieux Paris trouvées sur internet. Cela montre bien l'évolution des villes en 100 ou 150 ans.
     Les premières photos datent en effet de 1865.

     Je publierai d'autres photos dans 3 jours.

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Jeudi 24 septembre 2015 à 8:54

Biologie, santé.

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   Une étude très originale vient de paraître ces derniers jours (In-depth study of Mollivirus sibericum, a new 30,000-y old giant virus infecting Acanthamoeba. M. Legendre et coll. PNAS, 7 septembre 2015.).
   
    Les virus que nous connaissons et qui déclenchent des maladies ont en général une taille de 20 à 200 nanomètres, alors qu’une cellule mesure de l’ordre de 20 µ. (100 à 1000 fois plus). Toutefois certains virus sont plus gros comme le virus Ebola qui mesure entre 0,5 et 1 µ de long, car il est très linéaire.   
    En 2003 les chercheurs ont découvert un « virus géant », si gros qu’il était observable au microscope optique : baptisé Mimivirus.
    D’abord pris pour une bactérie, présent au sein d’une amibe dans une tour de climatisation industrielle, en Angleterre, il a été reconnu comme virus par une équipe de l’Université de Marseille, et la séquence complète de son génome a été publiée en 2004.
    Officiellement, le professeur de microbiologie Didier Raoult a baptisé ce microbe du nom de Mimivirus parce que cela signifie « Mimicking Microbe Virus » (« virus imitant un microbe »). Officieusement, c'est en souvenir des aventures de « Mimi l'amibe », un héros de son enfance sorti de l'imagination de son père qui lui racontait de la sorte l'histoire de l’évolution.
    Ce virus mesure 0,4 µ  et contient 1262 gènes et de l’ordre de 1 200 000 bases dans son ADN et il contient une trentaine de gènes qui ne sont pas présents dans les autres virus, mais le sont dans les organismes cellulaires, comme ceux codant des protéines de réparation de l'ADN ou de la traduction de l'ARN en protéines, qu’il fabrique lui même (alors que les autres virus se servent du matériel génétique de la cellule hôte).. Il a en particulier un processus de réplication unique et différent des autres virus.
    Il pourrait être considéré comme un être vivant, mais néanmoins il a besoin d'une cellule hôte pour se répliquer, mais avec son propre matériel génétique, sans utiliser celui de la cellule.
    A titre de comparaison le virus Delta, le plus petit des virus, ne comporte qu’un seul gêne et ne vit qu’en colonisant un autre virus : celui de l’hépatite B. La plupart des virus ont quelques centaines de gênes au plus. Celui du VIH ne comporte que 10 gènes.
    On n’a pas démontré qu’il était pathogène, mais rien ne s’y oppose; il colonise bien une amibe et donc peut coloniser une cellule et il semble que sa présence ait été constatée dans certaines pneumonie.

    D’autres virus géant ont été trouvé au Chili,  dans les années 2010. On les avais appelé « Mégavirus ».
    En 2013 un virus géant a été découvert par l’équipe de chercheurs de Marseille, dans un étang en Australie et au Chili : le « Pandoravirus » (allusion à la « boite de Pandore »), qui comporte 2000 à 2500 gènes.
Il apparaissait, au microscope, sous forme de points noirs d’origine inconnue dans des amibes (la photo ci dessus au début de l’article montre une amibe infectée).
    Ces pandoravirus n’ont pas de capside, l’enveloppe protéique protectrice qui entoure normalement les virus,
    En 2014 dans le permafrost (le sol recouvert de glaces polaires), dans une carotte vieille de 30 000 ans, à 30 m sous la surface de sédiments de la fin du Pléistocène, des virus encore plus gros ont été mis à jour : les « Pithovirus » qui comporte 467 gènes et mesure environ 1,5 μm de longueur et 0,5 μm de diamètre, ce qui en fait le plus grand virus connu. Sa structure ressemble à celle d'un nid d’abeilles.
    Le nom de « Pithovirus » fait référence à de grands conteneurs de stockage de la Grèce antique connus sous le nom de « pithos ». Les auteur

    Une étude a été publiée ce 7 septembre 2015 dans les Comptes-rendus de l'Académie des sciences américaine concernant un nouveau virus géant vieux de 30.000 ans, trouvé dans le pergélisol (sols gelés en permanence) sibérien. Il a été baptisé « Mollivirus » et possède plus de 500 gènes. Il se présente comme une coque oblongue de 0,6 micron de long et, pour se multiplier, il a besoin du noyau de la cellule hôte.
    Après avoir établi l'absence de pathogénicité de Mollivirus sibericum pour la souris et pour l'homme, l’équipe de Marseille à pu réaliser un "réveil" en laboratoire en se servant d'amibes (organisme unicellulaire) comme cellules hôte.

    Ces virus géants sont particulièrement intéressant car ils constituent un « pont » entre les virus (qui ne vivent pas seuls) et les bactéries, qui sont des organismes autonomes, vivants, comme les cellules.
    L’équipe de Marseille de Chantal Abergel et Jean-Michel Claverie, sont les grands spécialistes à l’origine de ces découvertes.

    Cela dit cette découverte dans les glaces, montre que les virus s’y conservent très bien et il faudra prendre des précautions, avec le réchauffement climatique, car on court le risque de réveiller un jour des virus comme celui de la variole que l'on pensait éradiqués.

    On ne sait pas quelle est l’origine de ces virus géants. Les principales hypothèses considèrent que ces virus descendraient d’anciennes cellules, qui auraient parasité les cellules existantes, et que par simplification du génome, elles auraient perdu certaines de leurs capacités intrinsèques de reproduction et de production d’énergie. Ces parasites auraient seulement conservé les caractères leur permettant de survivre aux dépens de leur hôte.

Mercredi 23 septembre 2015 à 8:54

Psychologie, comportement

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     Microsoft au Canada prétend que à cause des smartphones et autres écrans multimédias, les jeunes ne peuvent que se concentrer 8 secondes au lieu de 10 il y a 15 ans. Je ne sais pas trop ce que Microsoft appelle de la concentration, mais personnellement j’ai l’impression de pouvoir me concentrer sur une réflexion sérieuse pendant quelques minutes !
    Ensuite il prétend que, en compensation, les jeunes sont devenus multitâches et peuvent faire plusieurs choses en même temps : faire un devoir ou apprendre une leçon, en même temps qu’on tape un SMS ou qu’on répond au téléphone, avec en même temps un œil sur une émission de télé ou sur Facebook, et en écoutant de surcroit de la musique.
    En fait même les ordinateurs ne sont pas multitâches, car même s’ils ont l’air de faire plusieurs choses à la fois, ils les font par petites séquences successives et une seule séquence de chaque tâche à la fois, mais très vite, alors on ne s’en aperçoit pas. Mais il a des limite et je sais très bien, en le chargeant trop, à partir de quel niveau je vais faire planter mon Mac !
    Et le cerveau humain, n’en déplaise à Microsoft n’est pas multitâches.

    Tout dépend évidemment ce qu’on appelle une tâche. vous pouvez faire plusieurs choses à la fois, mais très superficiellement et sans ensuite en garder quelque chose de sérieux : lorsque nous divisons notre attention entre deux tâches, notre cerveau a du mal à encoder les informations et, par conséquent, à les retenir. 
    Le cerveau dépense une certaine énergie quand il réfléchit ou agit; s’il fait deux tâches à la fois, il partage son énergie entre ces deux activités et donc le résultat est moins bon. A partir de 3 tâches, il ne sait plus répartir cette énergie équitablement.   
    Par ailleurs une réflexion implique d’aller chercher en mémoire des données et des processus, et pour pouvoir les utiliser, de les stocker provisoirement dans deux « mémoires tampon » : la « boucle phonologique » pour les mots, et le « calepin visuo-spatial » pour les images, cartes et schémas. Or ces mémoires tampon ont des capacités limitées à 6 ou 7 items. Donc si on partage les informations entre deux tâches, cette limitation devient gênante (elle n’est plus que de 3 ou 4 par tâche), et ralentit considérablement la réflexion ou l’action.)
    Un cas très connu est la conduite d’une automobile en même temps qu’on téléphone. La conversation accapare la mémoire tampon, et vous consuisez en « automatique ». Le moindre incident de parcours ne va pas être pris en charge assez vite pour provoquer le bon réflexe et c’est l’accident.

    Les psychologues ont étudié notre comportement lorsque nous essayons de faire plusieurs choses à la fois. Ce multitâche nous distrait et mobilise toute notre énergie cérébrale. Il en résulte que nous sommes moins attentifs, que nous réfléchissons moins et qu’on peut alors nous influencer facilement, nous faire changer d’avis, nous décider à des actions néfastes. C’est d’ailleurs une méthode connue de distraire les gens pour leur faire avaler des informations erronées, qu’ils n’auraient pas acceptées en temps normal.
    C’est d’ailleurs ce que font les magiciens et illusionnistes, qui vous focalisent sur plusieurs de leurs actions, pour que vous ne remarquiez pas d’autres qu’il veulent vous cacher.
    Des expériences ont été faite de surcharge mentale en demandant à des personnes de trouver des renseignement sur une question donnée, sur 24 siotes internet, en moins de 10 minutes. Les personnes ont privilégié les informatioins des premiers sites, car ensuite, leur cerveau étant saturé, elles ont peu retenu - et de moins en moins - des sites suivants.

    Mais certains chercheurs vont plus loin et pensent que le fait d’être en permanence pressé et partagé entre des actions que l’on même simultanément entraîne des conséquences néfastes qu’ils appellent « trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité » (TDAH) ou « Attention Deficit Trait » (ADT), qui est caractérisé par la distractivité, la frénésie interne, l’impatience, la difficulté à s’organiser, à mettre des priorités, à gérer son temps et par des problèmes de mémoire.
    Une étude réalisée aussi par Microsoft a montré que les courriels et la messagerie instantanée avaient des impacts négatifs sur la productivité au travail : les employés mettaient environ 15 minutes à retrouver leur pleine concentration après avoir interrompu leur travail pour répondre à un courriel. On répond sans cesse à des demandes, et on croit qu’on ira plus vite en y répondant sur-le-champ, en interrompant un travail qui demande de l’attention.
    La pression qui existe actuellement en entreprise est une erreur contreproductive.
    Et selon le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi, auteur de « Vivre: la psychologie du bonheur », les moments où les gens sont le plus heureux sont ceux où ils sont complètement absorbés par une activité physique ou mentale, où ils vivent pleinement le moment présent, le bonheur de faire une chose à la fois. Et prenons même le temps parfois de rêver.

Mardi 22 septembre 2015 à 9:28

Photos, photos comiques

  Je suis tombé par hasard sur de très vieilles photos de locomotives et des pompiers de Paris, publiées sur internet.
     En intermède je vous montre celles que j'ai préférées :
     Pour les locomotives, les progrès en 50 ans sont frappants

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      En ce qui concerne les pompiers la première photo représente la première pompe imaginée au 15ème siècle, mais il avait un débit et une autonomie très faibles et la population qui assistait à l'incendie faisait la chaîne jusqu'au point d'eau le plus proche avec des seaux.
      La seconde photo représente la première pompe à bras, qui date de 1699 et elle est accompagnée par un tonneau sur roues.
      En 1888 vont apparaître des pompes à vapeur et des échelles tractées par des chevaux.
      Et les deux dernières photos représentent les premières voitures automobiles des pompiers de Paris.

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Lundi 21 septembre 2015 à 9:22

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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     J’ai souvent dit dans mes articles que les souvenirs étaient faits de nombreuses perceptions ou idées, qui étaient chacune enregistrées dans un groupes de neurones et que l’association en un souvenir global résultait d’une connexion entre ces divers groupes de neurones, qui étaient faite au moment où l’on percevait le souvenir, confortée ensuite dans notre sommeil, puis renforcée chaque fois que l’on rappelait ce souvenir. Mais s’il restait sans rappel, la connexion s’affaiblissait et le souvenir risquait de passer dans l’oubli.
    Il arrive souvent à chacun d’entre nous de voir un visage et de ne plus se rappeler le nom de la personne, ou le lieu où on l’a rencontrée.C’est vrai à tout âge, mais c’est plus fréquent à mesure que l’on vieillit.
    Cela tient à ce que le visage, le lieu et le nom sont stockés dans des groupes de neurones différents, qu’à l’origine l’hippocampe a noé les adresses de ces groupes pour les mettre en relation, mais que comme nous n’avons pas vu cette personne pendant longtemps, ces connexions se sont affaiblies et l’hippocampe ne sait plus mettre ensemble ces trois adresses.

    Des chercheurs des université de Leicester, Los Angeles et Tel Aviv ont constaté ce phénomène de façon réaliste.
    Ils soignaient un malade épileptique qui avait par ailleurs des problèmes de mémoire dus à sa maladie et avaient, avec son accord, implanté des électrodes dans son cerveau à des fins thérapeutiques. Cela permet de percevoir l’activité de groupes de neurones beaucoup plus restreints qu’avec l’IRM.
    Le patient se rappelait avoir vu une personne dont on lui montrait la photo. Un groupe de neurone de la mémoire de stockage des visages, dans la zone des images des objets que nous appelons le « Quoi », était alors mis en activité.
    Mais il ne se rappelait pas où il l’avait rencontré. Quand on lui montrait des photos de divers lieux, les groupes de neurones où sont stockées les images des divers lieux ( ce que nous appelons le « où »), s’activaient un à un selon le lieu concerné.
    Mais aucune liaison ne se faisait entre les neurones du visage et ceux des lieux et le patient ne savait toujours pas où il avait rencontré cette personne;
    Les chercheurs lui ont montré alors une photo où le patient et la personne se trouvaient ensemble sous la tour Eiffel à Paris. Les neurones du visage et ceux de la tour Eiffel se sont alors activés en même temps lorsque le patient a vu la photo.
    Et par la suite, le patient s’il voyait le visage de la personne, savait à nouveau qu’il l’avait rencontré sous la tour Eiffel. La connexions entre groupes de neurones s’était renforcée pour un temps.

    Cette expérience est une bonne démonstration du mécanisme de nos souvenirs, mais elle en montre aussi la fragilité.
    Car en montrant la photo au patient les chercheurs ont rétabli la connexion entre les neurones du visage et ceux du lieu « tour Eiffel ». Mais si d’autres élément ne sont pas rappelés à cette occasion, rien ne prouve que c’est là que le patient a renconré la personne pour la première fois.
    Un événement fortuit, une photo, une parole, peuvent ainsi rétablir des connexions entre deux perceptions, mais la signification que nous lui apportons peut être totalement erronée, si elle ne s’appuie pas sur des élément de souvenir complémentaires.
    On peut même ainsi rajouter à un souvenir, des éléments qui n’en ont jamais fait partie.

    Je me rends compte par exemple, que j’ai aujourd’hui, peu de souvenirs de mon enfance avant 5 ans. Et certains de mes souvenirs sont faits de sensations que j’ai conservées en mémoire, et qui sont probablement originelles et probablement exactes, mais très incomplètes, et qu’à ces souvenirs réels, j’ai rajouté des éléments qui proviennent de photos qu’avaient prises mes parents, ou de récits qu’ils m’ont faits par la suite. J’y ai rajouté d’autres éléments provenant de mes émotions, de mes sentiments vis à vis des personnes présentes à l’événement.
    Tout cela forme un amalgame, qui a toute l’apparence de la vérité, mais dans lequel je ne sais pas très bien ce qui est réel, ce qui est subjectif, ou même ce qui se rapporte en fait à un autre événement.
    Plus on vieillit, plus les souvenirs se transforment, se dégradent ou s’enrichissent, la personnalité et nos désirs peuvent influer sur eux, et malheureusement, chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzeimer, qui est essentiellement une dégradation de l’hippocampe et de notre mémoire, avec évidemment des réactions sur le psychique et le comportement, on voit une transformation complète des souvenirs, qui sont parfois en apparence très complets et très précis, mais sont une transformation complète de la réalité, soit par mélange avec d’autres souvenirs, voire une invention complète, probablement fonction des désirs et préoccupations du malade.    

     Les neurologues ont un comparaison amusante pour cette trnasformation des souvenirs : ils disent qu’ils ressemblent aux dinosaures dont la représentation repose sur des vestiges réels trouvés, mais ensuite sur toute la construction faite autour par les archéologues

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lancien

sortir de la tristesse

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