Samedi 31 décembre 2016 à 16:10

 Bonne année à tous
Santé, joies, réussite, et de la paix dans le monde.


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Mercredi 28 décembre 2016 à 16:04

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    Cela m’arrive rarement de parler de politique, mais je me demande ce que nous réserve l’an prochain.

    Je ne comprends pas ce qui a pris aux électeurs de la primaire de droite de choisir Fillon. Dans mon bureau de vote, en dehors des intégristes catholiques, ceux qui ont voté pour Fillon sont des personnes de plus de 40 ans et très peu de jeunes. Ils ont voté pour lui parce qu'il était plus jeune et présentait bien, bref parce qu'il a une "belle gueule". Mais la plupart n'avaient pas lu son programme.

     Celui-ci est terriblement réactionnaire, tout en cassant tout, il n'a d'autre résultat prévisible que d'augmenter le chômage et accroitre les inégalités entre riches et pauvres, avec une atmosphère de grèves en perspective.
    Mon compatriote F Bayrou en a fait une très juste critique à la télé.
    La conception de la société de M. Fillonest celle du début du siècle dernier. On se croirait revenu à l’après-1918. A se demander s’il regarde parfois autour de lui et discute avec des jeunes. Il est encore plus réactionnaire que Marine Le Pen.
    Il est probablement plus honnête que Sarkozy, mais c’est, comme son prédécesseur "tout pour les riches", et encore plus destructeur.
    Quant à gouverner par ordonnances, sans consulter le Parlement, c'est la négation de la démocratie, et pour moi qui suis vieux, cela me rappelle terriblement Pétain et Laval pendant la guerre

    Qu'il faille diminuer les dépenses, supprimer des fonctionnaires et augmenter le temps de travail, notamment dans les collectivités locales, OK. Mais là où cela ne mettra pas par terre les services.
    Mais M. Fillon n'a jamais dû mettre les pieds dans la police, la magistrature ou à l'hôpital. Il verrait qu'on manque de personnel et qu'on y travaille plus de 40h, souvent sans pouvoir prendre les RTT. La plupart des fonctionnaires que je connais dans ces métiers, comme chez les profs, essaient de faire bien leur travail et ne ménagent ni leur peine, ni leur temps. Et je connais aussi des tire-au-flanc dans des entreprises privées.
    Alors supprimer 500 000 postes et donc d'embauches, ne fera qu'augmenter le chômage, car le travail dans l'industrie ne supprimera pas pour autant l'automatisation en route, même si un changement souhaitable du code du travail améliore la compétitivité.
    Inexorablement dans l’industrie, l’homme est remplacé par les machines ou les robots et donc le nombre d’emplois diminue. Et dans les services, les nouveaux systèmes informatiques, réseaux poste à poste et bases de données en chaînes de blocs joueront le même rôle et le nombre de poste n’augmentera plus autant.
    Alors ni l’industrie, ni les services ne créeront un supplément de 500 000 emplois en 5 ans et donc le chômage va continuer à augmenter, alors que les salaires des dirigeants d’entreprises continueront à s'envoler, pour récompenser les licenciements.
    Augmenter la durée du travail sans augmentation de salaire, ou avec suppression des heures supplémentaires, augmenter la TVA de quelques points, ne feront que mettre encore plus en difficulté ceux qui le sont déjà. Le nombre de personnes au dessous du seuil de pauvreté augmentera encore.

    Même si l’homme est sincère et actif, comment peut on voter pour un pareil programme. ! Certes il est moins ignare que Donald Trump, mais sa politique n’est guère meilleure.
   
   

Samedi 24 décembre 2016 à 15:58

Joyeux Noël à tous mes lecteurs
                                  et à tous ceux qui restent encore fidèles à Cowblog.
                Je vous souhaite de bonnes fêtes en famille.

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Mercredi 21 décembre 2016 à 15:54

Biologie, santé.

  Un correspondant me demande d’expliquer ce qu’est l’ADN mitochondrial et ce qui le distingue de l’ADN normal dont j’ai parlé dans de nombreux articles, et à quoi il sert.
    Je vais essayer de l’expliquer.

    Pour expliquer cela, il faut d’abord voir ce qu’est une mitochondrie. Cela vous rappellera sans doute les cours du lycée.

    Les cellules des mammifères et aussi de nombreuses plantes, ont un noyau. (on parle de cellules « eucaryotes »), entouré de membranes; autour de lui le reste de la cellule, que l’on appelle le cytoplasme.

     Le noyau est le siège principal de la synthèse d'ADN (lors de la réplication pour la division cellulaire) et d'ARN (pour la transcription en protéines).
    L’ADN du noyau est transporteur des principaux caractères génétiques : pour les humains, environ 25 000 gènes sont contenus dans 46 chromosomes (23 paire).
    Le gène est le morceau de chromosome qui code la synthèse d’une protéine.
    Comme nous possédons chaque chromosome en double, chaque gène est également présent en double dans nos cellules. Ces deux copies d’un même gène, appelées « allèles », sont différentes : une d’origine paternelle et une d’origine maternelle.
    La double hélice d’ADN ( voir mes articles des 3 à 6 juillet 2010) est semblable à une échelle dont les échelons seraient constitués de 2 « bases azotées » parmi 4 ; cytosine C opposée à la guanine G et adénosine A opposée à la thymine T. Chaque demi-barreau de l’échelle avec sa base azotée est appelé un nucléotide.
    La succession des paires  de base est le support de l’hérédité. L’ADN humain du noyau des cellules comporte environ 6 milliards de nucléotides (réparties en deux hélices d’environ 3 milliards de nucléotides, assemblés deux par deux).
    Chacune de nos cellules possède le même ADN, mais dans cet ADN des séquences différentes produisent des protéines différentes selon la nature et le rôle des cellules.

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    Dans le cytoplasme, on trouve de nombreux petits amas qui ont des fonctions différentes : les principaux sont l’appareil de Golgi, les ribosomes et les mitochondries.
    L’appareil de Golgi est un appareil de Golgie petite usine chimique pour les protéines. Il est constitué d’un empilement, comme des assiettes, qui contiennent des canaux et des citernes dans lesquelles se produit une réaction chimique particulière de transformation de protéines, ou des lipides, grâce à des enzymes spécifiques. Il stocke aussi du calcium. Les produits fabriqués sont ensuite stockés et acheminés dans des vésicules.
    Les ribosomes sont d’autres usines chimiques, composés de protéines, d’enzymes  et d’ARN, qui vont synthétiser les protéines à partir des morceaux d’ADn qu’elles reçoivent sous forme d’ARN.

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/mito4imag.jpg    Les mitochondries sont de petits granules, de 1 à 3 microns de diamètre, et environ 10 µ de long, La mitochondrie est en quelque sorte une centrale énergétique, qui permet, à partir d'une molécule de glucose, la production d’une trentaine de molécules d’adénosine-triphosphate, (ATP), la substance chimique que peut directement utiliser la cellule pour fournir l’énergie nécessaire aux réactions chimiques internes.
    Dans une cellule il peut y avoir plusieurs milliers de mitochondries.

    Une particularité des mitochondries est de posséder un ADN propre différent de celui du noyau de la cellule On l’appelle ADN.mt
 Chez l’humain, il est très réduit, circulaire et ne comporte que 37 gènes et environ 16 570 paires de bases azotées. Il donne naissance à 24 ARN qui codent 13 protéines, qui règlent la production d’ATP et plus généralement d’énergie par oxydation ou deshydrogénase. Il ne contient pas de séquences répétitives.
    Autre particularité, lors de la fusion des deux gamètes, l’ADN.mt provenant du spermatozoïde mâle se dégrade et seul reste dans les mitochondries du foetus des cellules du foetus, l’ADN provenant de l’ovule de la mère.
    L’ADN.mt mâle n’est donc pas transmis par l’hérédité et l'ADN . mt provient donc uniquement de la mère.
    Des essais effectués sur les animaux ont montré que si on bloque les enzymes qui détruisent cet ADN.mt mâle, et que le descendant hérite alors des deux ADN.mt du père et de la mère, on constate une plus grande fréquence de maladies et une mortalité plus grande. La destruction de l’ADN.mt du donneur mâle correspond donc à une sélection bénéfique de l’évolution.

    En génétique humaine, certaines caractéristiques de l'ADN mitochondrial epermettent d’essayer de comprendre l'origine des populations humaines.
C’est un ADN abondant dans les cellules, puisqu'il se retrouve à des milliers d'exemplaires par cellule, alors que chaque gène du noyau n'est présent, lui, qu'en 2 exemplaires (non identiques) par cellule. On peut retrouver de l’ADN.mt, alors qu’on ne peut plus retrouver d’ADN nucléaire, en raison de la dégradation du corps, notamment dans les os, les dents ou le système pileux.
La vitesse de mutation est plus importante que dans le génome nucléaire, ce qui permet d'étudier des évolutions au cours du temps.
    L’étude des ADN mitochondriaques permet dans une certaine mesure d’étudier l’origine de certaines populations préhistoriques, notamment en paléontologie.
    L’identification d’une personne ne peut se faire que par comparaison avec l’ADN.mt de sa mère et n’est sure qu’à 99%. Elle ne permet donc pas d’identifier un suspect, mais juste d’exclure un innocent.

    Un fait assez extraordinaire : un bébé vient de naître au Mexique, porteur d’ADN en provenance du père, de sa mère et d’une autre femme. Il résulte évidemment d’une fécondation in vitro.
    L’ADN mitochondriaque de la mère transportait le gène d’une maladie neurologique et ses deux premiers enfants étaient morts de cette maladie (dite de Leigh).
    Pour éviter un nouveau décès il fallait donc éliminer ce gène défectueux.
    Les médecins ont prélevé sur une femme saine une ovule, dont ils ont enlevé le noyau et donc l’ADN nucléaire. Ils ont trnansféré dans cet ovule le noyau d’une ovule de la mère.
    L’ovocyte a donc alors les mêmes caractéristique génétiques (ADN) que celui de la mère, mais a l’ADN.mt de la donneuse, qui est sain. Il peut être alors fécondé in vitro par l’es spermatozoïdes du père.
    Le bebe a donc, comme un enfant normal les ADN de son père et de sa mère, mais ses mitochondries ont l’ADN.mt de la donneuse.
    Les journalistes écrivent qu’il a un papa et deux mamans, ce qui est idiot !

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Samedi 17 décembre 2016 à 15:27

Ces journées d'approche de l'hiver, avec ses brouillards, ses temps sombres, ses nuits trop longues sont tristes.

On a alors envie de paysages d'été, de la Bretagne qui m'est chère comme ceux de Belle Isle en Mer ou du golfe du Morbihan.

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Mercredi 14 décembre 2016 à 19:07

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/447831RAT.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/Labyrinthecopie.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/images-copie-1.jpg

       Nous avons vu dans le dernier articles diverses cellules du cortex entorhinal qui fournissaient des indications sur la position de l’animal dans un réseau géométrique maillé superposé à l’environnement où il se déplace, sur l’orientation et la vitesse de son déplacement, et sur les obstacles qu’il rencontre.
        Toutes ces informations sont envoyées à d’autres centres de l’hippocampe qui contiennent des « cellules de lieu ».       

        Lorsque l’animal se trouve dans un endroit donné, certaines de ces cellules vont rassembler les informations provenant du cortex entorhinal, et les fusionner pour constituer une « carte géographique », représentative du lieu en question.
        Alors que les cellules de grille superposent les mêmes grilles géométriques à tout environnement où l’on se déplace, les cellules de lieu seront spécifiques d’un endroit donné et d’autres cellules de lieu prendront en charge un autre endroit.
        Par exemple des rats qui se déplaçaient dans un labyrinthe en trois parties, séparées par un virage en épingle à cheveux, créaient trois cartes mentales correspondant aux trois parties du labyrinthe, et prises en charge chacune par des cellules de lieu différentes.
        L’hippocampe enregistre non seulement les orientations, les vitesses et les obstacles éventuels en un endroit donné, informations synthétisées par les cellules de lieu, mais il enregistre aussi d’autres informations des différents sens sur ce qui se passe en ce lieu donné.
        On peut ainsi conditionner le rat à éviter un lieu où il a reçu une décharge électrique désagréable, ou à rechercher un lieu où il trouvera d la nourriture.
        Notre mémoire constitue donc des cartes mentales relatives à nos déplacements.

        Mais ces cartes sont ensuite traitées par le cortex préfrontal, qui doit sans doute pouvoir faire faire des simulations de parcours aux diverses cellules du système de navigation..
        En effet on constate qu’un rat qui la première fois qu’il a parcouru un labyrinthe a fait de nombreux détours et des aller-retours dans des impasses, lorsqu’il est remis dans le labyrinthe, diminue le nombre de trajets inutiles, et finit par enregistrer une procédure qui lui permet d’utiliser le trajet le plus court (si on le motive par exemple, par une récompense de nourriture).

        Il semble que tous les mammifère disposent de ce système de navigation assez remarquable, mais il est probable que certains d’entre eux utilisent plus ou moins d’autres sens que la vue seule. (les chauves souris utilisent par exemple leur sonar). Il est donc probable que l’homme a un système identique, probablement un peu plus perfectionné car ayant des tâches plus complexes.
        D’autres animaux ont des systèmes plus simples, le ver nématode étant par exemple sensible au gradient des odeurs pour trouver sa nourriture.
    Des insectes ont un système de navigation évolue mais basé par exemple sur une reconnaissance de figures géométriques de couleur (les abeilles), car leur cerveau est trop petit pour enregistrer une carte mentale des images de vision.

        On commence donc à savoir comment notre cerveau permet notre orientation spatiale, mais que dire de ce que l’on appelle « le sens de l’orientation » : il existe des inégalités flagrantes dans notre capacité à construire et manipuler une carte mentale de notre environnement, voire même à interpréter une carte papier ou GPS pour nous guider.
            De nombreux essais pratiques ont été menés sur des personnes auxquelles on faisait faire un certain parcours que l’on demandait ensuite d’analyser et les réponses étaient très variables, de même que, si on les emmenaient à nouveau sur le même parcours, certaines retrouvaient beaucoup mieux leur chemin que d’autres.
            Ce qu’on appelle “le sens de l’orientation” repose sur la capacité à traiter des informations multiples : celles issues de l’environnement extérieur (repères visuels ou tactiles dans le noir…) et celles données par notre propre corps (dans quel sens je me déplace, à quelle vitesse…).
            Nous venons de voir quels étaient les neurones qui traitaient ces informations dans le cerveau, mais déterminer les causes de ses fluctuations reste difficile et encore peu connu.
            Une partie des différences est certainement dû à l’hippocampe et à l’apprentissage : des études sur les chauffeurs de taxi de Londres ont montré que les liaisons entre les cellules de lieu et les cartes mentales du « où », étaient beaucoup plus développées chez eux, que chez des personnes n’ayant pas le besoin de mémoriser les lieux et itinéraires. Les liaisons étaient également plus importantes avec le noyau caudé, qui stocke des informations sur les actions spatiales de soi même.
            D’autres différences notamment chez les personnes incapables de se repérer sont sans doute dues à certaines performances moindres des cellules de lieu et de grille.
            Chose curieuse, le sens de l’orientation des femmes, égal à celui des hommes lorsque le taux d’oestrogène est bas, varie ensuite avec le cycle hormonal.
            Enfin, un troisième facteur est celui de l’orientation spatiale liée à la reconnaissance d’images, qui permet de se représenter un même objet, une même carte, un même lieu, sous différentes orientations à partir de points différents. (pensez aux tests de QI où on vous montre plusieurs objets sous différentes perspectives et où on vous demande quelles sont les deux images concernant le même objet).
            Il semblerait qu’il existe des différences importantes selon les individus, et qu’en moyenne, les performances des hommes soient supérieures à celles des femmes dans ce domaine, mais l’apprentissage peut aussi jouer un rôle important.

Mercredi 14 décembre 2016 à 16:09

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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       Nous avons vu dans le dernier articles diverses cellules du cortex entorhinal qui fournissaient des indications sur la position de l’animal dans un réseau géométrique maillé superposé à l’environnement où il se déplace, sur l’orientation et la vitesse de son déplacement, et sur les obstacles qu’il rencontre.
        Toutes ces informations sont envoyées à d’autres centres de l’hippocampe qui contiennent des « cellules de lieu ».        

        Lorsque l’animal se trouve dans un endroit donné, certaines de ces cellules vont rassembler les informations provenant du cortex entorhinal, et les fusionner pour constituer une « carte géographique », représentative du lieu en question.
        Alors que les cellules de grille superposent les mêmes grilles géométriques à tout environnement où l’on se déplace, les cellules de lieu seront spécifiques d’un endroit donné et d’autres cellules de lieu prendront en charge un autre endroit.
        Par exemple des rats qui se déplaçaient dans un labyrinthe en trois parties, séparées par un virage en épingle à cheveux, créaient trois cartes mentales correspondant aux trois parties du labyrinthe, et prises en charge chacune par des cellules de lieu différentes.
        L’hippocampe enregistre non seulement les orientations, les vitesses et les obstacles éventuels en un endroit donné, informations synthétisées par les cellules de lieu, mais il enregistre aussi d’autres informations des différents sens sur ce qui se passe en ce lieu donné.
        On peut ainsi conditionner le rat à éviter un lieu où il a reçu une décharge électrique désagréable, ou à rechercher un lieu où il trouvera d la nourriture.
        Notre mémoire constitue donc des cartes mentales relatives à nos déplacements.

        Mais ces cartes sont ensuite traitées par le cortex préfrontal, qui doit sans doute pouvoir faire faire des simulations de parcours aux diverses cellules du système de navigation..
        En effet on constate qu’un rat qui la première fois qu’il a parcouru un labyrinthe a fait de nombreux détours et des aller-retours dans des impasses, lorsqu’il est remis dans le labyrinthe, diminue le nombre de trajets inutiles, et finit par enregistrer une procédure qui lui permet d’utiliser le trajet le plus court (si on le motive par exemple, par une récompense de nourriture).

        Il semble que tous les mammifère disposent de ce système de navigation assez remarquable, mais il est probable que certains d’entre eux utilisent plus ou moins d’autres sens que la vue seule. (les chauves souris utilisent par exemple leur sonar). Il est donc probable que l’homme a un système identique, probablement un peu plus perfectionné car ayant des tâches plus complexes.
        D’autres animaux ont des systèmes plus simples, le ver nématode étant par exemple sensible au gradient des odeurs pour trouver sa nourriture.
    Des insectes ont un système de navigation évolue mais basé par exemple sur une reconnaissance de figures géométriques de couleur (les abeilles), car leur cerveau est trop petit pour enregistrer une carte mentale des images de vision.

        On commence donc à savoir comment notre cerveau permet notre orientation spatiale, mais que dire de ce que l’on appelle « le sens de l’orientation » : il existe des inégalités flagrantes dans notre capacité à construire et manipuler une carte mentale de notre environnement, voire même à interpréter une carte papier ou GPS pour nous guider.
            De nombreux essais pratiques ont été menés sur des personnes auxquelles on faisait faire un certain parcours que l’on demandait ensuite d’analyser et les réponses étaient très variables, de même que, si on les emmenaient à nouveau sur le même parcours, certaines retrouvaient beaucoup mieux leur chemin que d’autres.
            Ce qu’on appelle “le sens de l’orientation” repose sur la capacité à traiter des informations multiples : celles issues de l’environnement extérieur (repères visuels ou tactiles dans le noir…) et celles données par notre propre corps (dans quel sens je me déplace, à quelle vitesse…). 
            Nous venons de voir quels étaient les neurones qui traitaient ces informations dans le cerveau, mais déterminer les causes de ses fluctuations reste difficile et encore peu connu.
            Une partie des différences est certainement dû à l’hippocampe et à l’apprentissage : des études sur les chauffeurs de taxi de Londres ont montré que les liaisons entre les cellules de lieu et les cartes mentales du « où », étaient beaucoup plus développées chez eux, que chez des personnes n’ayant pas le besoin de mémoriser les lieux et itinéraires. Les liaisons étaient également plus importantes avec le noyau caudé, qui stocke des informations sur les actions spatiales de soi même.
            D’autres différences notamment chez les personnes incapables de se repérer sont sans doute dues à certaines performances moindres des cellules de lieu et de grille.
            Chose curieuse, le sens de l’orientation des femmes, égal à celui des hommes lorsque le taux d’oestrogène est bas, varie ensuite avec le cycle hormonal.
            Enfin, un troisième facteur est celui de l’orientation spatiale liée à la reconnaissance d’images, qui permet de se représenter un même objet, une même carte, un même lieu, sous différentes orientations à partir de points différents. (pensez aux tests de QI où on vous montre plusieurs objets sous différentes perspectives et où on vous demande quelles sont les deux images concernant le même objet).
            Il semblerait qu’il existe des différences importantes selon les individus, et qu’en moyenne, les performances des hommes soient supérieures à celles des femmes dans ce domaine, mais l’apprentissage peut aussi jouer un rôle important.

Samedi 10 décembre 2016 à 19:06

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

          Je suis toujours émerveillé devant le fonctionnement de notre cerveau.
La façon dont nous mémorisons nos orientations et nos parcours est extraordinaire.
         Je vais donc essayer de décrire succinctement comment est constitué le GPS de notre cerveau, à partir darticles de la revue « Pour la Science »..
        Les explications que je vais vous donner proviennent d’études faites sur des rats dans des labyrinthes, en implantant de très fines électrodes dans leur cerveau. On a montré que les résultats étaient extrapolables aux autres mammifères.
On ne peut évidemment faire de tels essais sur les humains, mais les explorations possibles laissent penser que le mécanisme est très analogue.

        Dans ce premier article, nous allons examiner certains neurones d’un centre que l’on appelle le cortex entorhinal, dans le lobe temporal médian.
On peut le considérer comme faisant partie de l’hippocampe, le « professeur de la mémoire » (voir le schéma ci dessous).

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/hippocampeentorhinal.jpg       Ce centre contient quatre types de sous-centres aux neurones spécialisés, qui s’activent lorsque nous nous déplaçons :   

Les cellules de grilles : (voir les schémas ci-dessous)
         Elles sont organisées selon un schéma triangulaire et hexagonal, formé de triangles équilatéraux. Chaque cellule correspond à un endroit donné et s’active lorsque le rat passe à un endroit donné du labyrinthe qui correspond à un croisement des lignes du réseau, ce qui représente donc une cartographie géométrique des lieux où se trouve l’animal.
        C’est donc un repère de position géométrique, une grille, que le cerveau superpose à chaque lieu où l’on va se déplacer.
        En général six neurones déchargent à la fois au passage en un lieu : la cellule de grille la plus proche du lieu et les six cellules de l’hexagone autour de cette cellule centrale.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/150pxUniformtiling63t2.pnghttp://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/cellulesgrille.jpg














 

       En fait il existe plusieurs grilles à des endroits différents du cortex entorhinal; elles correspondent à des « pas » différent, la distance entre les centres des hexagones correspondant dans la réalité à des distances réelles sur le terrain de plus en plus grandes, allant d’une dizaines de centimètres à plusieurs mètres, ce qui correspond à des cartes à des échelles différentes.

Les cellules d’orientation :
  http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/orientation.jpg
      D’autres cellules déchargent lorsque l’animal se dirige dans une direction donnée.
        Elles correspondent à une grille analogue à la précédente, correspondant à un lieu précis, mais elles ne déchargent que lorsque l’animal est face à une direction donnée. Il semble qu’il y ait ainsi huit réseaux correspondant aux huit directions principales. C’est en quelque sorte une boussole à huit direction, qui indique celle que suit l’animal. En fait c’est lié à la direction de sa tête, car arrété en un lieu donné, des cellules différentes déchargent si l’animal tourne la tête dans une autre direction.s



Les cellules de bordure :http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/bordures.jpg


        Ces cellules envoient un influx nerveux lorsque l’animal s’approche d’un obstacle, un mur du labyrinthe par exemple.
        Leur objectif est d’éviter les collisions, mais aussi de dresser une carte des obstacles environnant, car elles semblent aussi calculer, en s’approchant du mur la distance à laquelle l’animal se trouve.
    Cela ressemble en quelque sorte au radar de recul des voitures.

Les cellules de vitesse :
 http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/vitesse.jpg

       Enfin un dernier type de cellules a récemment été trouvé ( en 2015) : des cellules qui réagissent à la vitesse de déplacement de l’animal, indépendamment de sa position sur la grille et de l’orientation.
        Leur fréquence de décharge est proportionnelle à la vitesse de l’animal.





        On ne connait pas bien le mécanisme par lequel les diverses cellules fonctionnent à partir du milieu extérieur.
        Les renseignements visuels sont sans doute essentiels pour les cellules de grille.
        Les signaux de l’oreille interne avec son pseudo-gyroscope, sont certainement essentiels pour les cellules d’orientation
        Pour les cellules de bordure la vue est sûrement importante, mais il n’est pas exclu que d’autres sens coopèrent.
        Pour les cellules de vitesse, il doit y avoir une comparaison entre les déplacements visuels et les rythmes délivrés par les neurones du tronc cérébral qui agissent comme des oscillateurs.

        Mais ce n’est pas aussi simple que cela, d’après des études encore plus récentes, et des autres sens peuvent intervenir, notamment quant à l’usage des pattes des rats.
        En effet si on intercale dans le labyrinthe un tapis roulant qui ralentit la marche de l’animal, certaines cellules de grilles ne sont plus calées sur ce que voit l’animal, mais émettent des décharges régulières à des instants donnés ou pour des distances parcourues. Même si le tapis roulant entraîne un déplacement nul de l’animal (et donc de sa vue), ces cellules semblent donner une appréciation de la distance parcourue et du temps qui s’est écoulé. (probablement en liaison avec les cellules de vitesse.

        Il reste donc beaucoup à apprendre sur ces diverses cellules et sur leur fonctionnement. Il faut aussi étudier comment le cortex entorhinal réagit dans un endroit réel en 3 dimensions et non dans un labyrinthe plat. Il est probable qu’une cinquième catégorie de cellules doit intervenir.

    Dans le prochain article j’expliquerai comment se fait notre orientation.

Mercredi 7 décembre 2016 à 16:36

En intermède, suite des photos sur des méduses et des algues.:

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Samedi 3 décembre 2016 à 16:21

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      Connaître ses forces et ses faiblesses, des qualités et ses défauts, est très important si on veut avoir confiance en soi. La confiance aveugle en soi ne sert à rien, il faut savoir de quoi on est capable. Et à l’inverse trop de doute sur nos possibilités nous paralysent.
    En fait chacun s’est posé la question, mais certaines personnes ont tendance à surestimer leur potentiel, et d’autres au contraire à minimiser leurs performances. De plus des stéréotypes viennent troubler notre esprit, comme la « bosse des maths » par exemple qui est une pure absurdité.
    Certains sont plus doués pour évaluer leurs capacités, mais cela s’apprend aussi et c’est une aptitude que l’on a intérêt à développer, car c’est ce qui nous permet de mieux réussir. A l’inverse si nous nous évaluons mal, nous perdons une partie de nos moyens pour prendre les bonnes décisions.
    Les psychologue appelle d’un nom barbare, la « métacognition », le fait de réfléchir sure ses propres pensées, et donc le fait de savoir se juger soi même.
    On trouve dans les articles de psychologie de nombreuses applications; je cirte les principales :
        - après une leçon, évaluer ce qu’on a retenu et ce qu’on ne sait pas,
        - évaluer la qualité ou le degré de certitude d’un savoir,
        - relier des connaissances entre elles ou les relier à des disciplines scolaires,
        - rechercher ses forces et ses faiblesses,
        - augmenter le sentiment de compétence,
        - développer la capacité de détection d’erreurs,
        - rechercher quelles stratégies sont efficaces dans une situation donnée,
        - étudier comment font les personnes expertes »,
   
    Il semble que la partie du cerveau qui lui permet de s’apprécier lui même est le lobe antérieur du cortex préfrontal.qui est plus développé et mieux connecté par les axones myélinisés chez les personnes ayant une juste appréciation de leurs capacités que chez celles qui se jugent mal.
    Ces centres s’activent fortement lorsqu’un individu évalue ses capacités, et si on inhibe son fonctionnement, lla capacité de jugement sur lui même de l’individu est fortement détériorée.
    Des médicaments existent qui peuvent améliorer la capacité d’évaluation et de détection d’erreurs, mis à mon avis le gain ne vaut pas le risque pris.
    Par contre il existe de nombreuses méthodes de réflexion pour arriver au même but.
   
    Analyser ses qualités et ses défauts demande une certaine volonté, car ce n’est pas agréable d’être face à ses faiblesses.
    Il faut donc commencer par ses qualités, en analysant ses atouts, ce qu’on a réussi, ce qui est plus facile à faire, ce que les autres disent de vos qualités….
    Dans le but de reconnaitre vos forces et faiblesses, passez en revue les activités que vous pratiquez fréquemment et celles qui vous donnent le plus de plaisir et celles que vous répugnez à faire. Il y a très souvent un e corrélation.
    J’ai personnellement observé que mes correspondantes qui tenaient un journal personnel, connaissaient mieux leurs qualités et défauts.

    Il est intéressant de penser aussi à ses valeurs. Que souhaiterait on améliorer dans la vie, chez soi et chez les autres, dans l’environnement. Quelles sont les personnes qu’on admire, qu’on prend pour modèle ? Quelles sont les choses auxquelles vous tenez le plus? Quel sont les moments de béatitude que l’on a éprouvés ? etc….
    A partir de ces réflexion on peut analyser ses valeurs et voir si le comportement que l’on a est conforme à elles. Un décalage entre ces valeurs et la façon de vivre, correspond à une faiblesse; au contraire la conformité est une force.
    Attention valeur ne veut pas dire qualité morale mais force qui vous pousse à faire quelque chose : l’ambition est une « valeur ».
    Examinez aussi si ces valeurs sont conformes au milieu où vous vivez (le décalage peut fragiliser et traumatiser) et si elles correspondent à l’éducation que vous avez reçue.

    Interroger les autres sur ce qu’ils pensent de vous est très instructif, mais cela peut être traumatisant, car on ne s’attend pas à certaines répponses, notamment de personnes qui nous sont chères. Par ailleurs ces autres personnes vous diront elles la vérité, ou enjoliveront elles leurs réponses pour vous faire plaisir ou éviter de vous choquer ?
    Evidemment il y a aussi les tests ou réflexions sur la personnalité.
    Personnellement je pense que la réflexion personnelle sur ses préférences cérébrales est très utile et n’est pas traumatisante, car elle ne se place pas dans une valeur chiffrée de place dans une population donnée, mais concerne seulement une orientation personnelle.

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