Mardi 31 octobre 2017 à 12:16

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud


      Je viens de lire un compte rendu de recherche d’un laboratoire de l’université de Californie à Los Angeles sur la formation de nos souvenirs dans notre mémoire, étude faite sur des souris.
      Les deux centres les plus importants, en ce qui concerne la mémoire, étant d'une part les centres amygdaliens qui interviennent dans les souvenirs émotionnels et surtout l'hippocampe, qui renforce à l'origine entre eux les connexions des neurones qui vont décrire un même souvenir et qui ensuite connait "l'adresse"de ces neurones pour les reconnecter tous ensemble lorsqu'on veut rappeler le souvenir;
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    Pour savoir ce qui se passe au niveau de neurones du cerveau humain, nous n’avons qu’un moyen l’IRM. Mais il nécessite d’une part de mettre la personne totalement immobilisée dans un tunnel entouré d’un énorme aimant, et d’autre part , les résultats ne donnent que l’activité d’un groupe très important de neurone et pas des neurones individuellement.
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/microscoperat.jpg    Sur des souris on peut implanter des électrodes dans le cerveau ou loger un certain appareillage dans le crâne.
    Le laboratoire de Los Angeles pouvait déceler, grâce à de fines électrodes les courants dans de petits groupes de neurones, mais il a surtout inventé un minuscule microscope qui permettait de voir les neurones activés dans un groupe de neurone.
    L’appareil était un micro-microscope, qui ne pesait que un peu plus de 2 grammes, implanté dans le crâne de la souris qui le portait comme un chapeau. La souris pouvait donc se déplacer par exemple dans un labyrinthe, avec quelques sujétions, car le microscope était relié à une fibre optique qui transmettait les images (cf photo ci contre).
    Pour voir les neurones qui s’activaient, on injectait à l’animal une molécule qui devenait fluorescente en présence de calcium. Comme le déclenchement de l’influx nerveux est provoqué par un afflux de calcium dans le neurone, on pouvait ainsi voir les neurones qui s’activaient dans le cerveau de la souris lors de la formation d’un souvenir.
    Les chercheurs ont ainsi étudié ce qui se passe dans l’hippocampe lors de la création de souvenirs épisodiques et ce qui se passe dans las centres amygdaliens lors de la formation de souvenirs émotionnels.

    Les résultats de cette étude sont très intéressants
    Tous les neurones ne participent pas de la même façon à la formation des souvenirs.
    Une protéine particulière, dénommée CREB, est indispensable à la formation des souvenirs à long terme : ce gène contrôle l’expression d’autres gènes nécessaires à la mémoire. Les chercheur ont mis au point une autre protéine qui diminuait de façon très importante la production de la protéine CREB. Ils ont montré qu’ainsi ils inhibaient chez les souris la formation de souvenirs.
    Au contraire en augmentant la production de protéine CREB par les neurones, ils ont montré que les neurones qui suractivaient la protéine CREB avaient quatre fois plus de chances de stocker des souvenirs que les neurones voisins.
    Pour expliquer cela, les chercheurs ont testé avec de fines électrodes implantées dans le cerveau des souris, les réponses des neurones et ils ont pu montrer que les synapses répondaient d’autant mieux à des potentiels faibles qu’elles produisaient plus de protéine CREB, ce qui favorise la liaison entre neurones d’un même souvenir.
    En rendant les neurones sensibles à une lumière bleue, qui les active, ils ont pu réactiver des souvenirs et montrer que c’étaient les neurones les plus riches en CREB qui les supportaient.
    Ils ont également montré que lorsque deux souvenirs sont supportés en partie par des neurones communs, l’activation d’un des souvenirs entraine le rappel de l’autre souvenir. Mais au bout d’un certain temps (quelques jours), les souvenirs ont moins de chances d’être supportés par des neurones communs.
    Tout se passe comme si le premier souvenir augmentait la production de CREB, existant les neurones et les rendant plus aptes à la mémorisation. Si un deuxième souvenir arrive dans un temps pas trop éloigné, les mêmes neurones sont plus aptes à le mémoriser puisqu’ils sont en surproduction de CREB. Par contre cette surproduction s’arrêtant au bout d’un certain temps, le deuxième souvenir, s’il est éloigné dans le temps, imprime alors un autre groupe de neurones.
    Les chercheurs ont inactivé au laser les neurones communs à deux souvenirs : le rappel de l’un par l’autre ne se faisait plus. Ils ont rétabli leur fonctionnement en dotant les neurones de récepteurs sensibles à certains neurotransmetteurs et en excitant ces neurones avec ces produits. Le rappel d’un souvenir par l’autre a été rétabli.
    Ils ont également fait les mêmes études chez des souris âgées dont la mémoire était moins bonne, et ils ont constaté que leurs neurones produisaient moins de protéines CREB.
    S’il en est de même pour l’homme, on peut espérer pouvoir mettre au point des médicaments qui, augmentant la production de CREB par les neurones de l’hippocampe, permettrait de lutter contre les pertes de mémoire des personnes âgées.

    Nota : les souvenirs utilisés chez les souris sont des souvenirs de cages successives, où un traitement particulier leur est administré (nourriture, son, choc électrique…) et dont elles se souviennent.

Jeudi 26 octobre 2017 à 11:54

Sciences et techniques

          Dans le dernier article, je vous avais expliqué le fonctionnement d’un réfrigérateur classique et du ou des thermostats qui commandent son fonctionnement.
           Je vais maintenant vous expliquer les problèmes de dégivrage et de ventilation intérieure.

          Le compartiment d’un réfrigérateur non ventilé comporte en général un système de dégivrage, semi automatique ou automatique.
          En effet les aliments contenus dans le réfrigérateur sont plus ou moins humides et l’eau qui s’évapore se condense sous forme de glace qui se dépose par condensation sur les parois froides du compartiment. Cette couche de givre qui est isolante, limite les échanges de chaleur, et le système se met donc à fonctionner plus souvent et l'appareil consomme plus. Il faut donc éliminer cette couche de givre
          Pendant le dégivrage, le compresseur est arrêté et une résistance électrique dans la paroi du compartiment chauffe cette paroi pour faire fondre la glace.
          Dans les matériels semi-automatiques, il faut déclencher le dégivrage en appuyant sur un bouton, et le réfrigérateur se remet en route quand la température du compartiment est trop remontée. Si toute la glace n’a pas fondu, il faut recommencer l’opération quand la température du compartiment est suffisamment redescendue pour conserver les aliments.
          Dans les matériels automatiques, l’électronique déclenche à intervalles réguliers de mini-dégivrages, qui empêchent la couche de glace de se former de façon importante en l’éliminant à chaque fois.
Un système de rigoles conduit l’eau produite par la fonte de la glace, dans un récipient près du compresseur, dont la chaleur fait évaporer cette eau de fonte.
          Par contre, dans un réfrigérateur classique, il n’y a pas de dégivrage automatique dans le congélateur et l’on doit à intervalles réguliers gratter la couche de glace en arrêtant provisoirement cet appareil quelques heures, après évidemment l’avoir vidé.

          Parlons maintenant de la ventilation.
          Il existe trois possibilités : le froid statique, brassé ou ventilé.

          Le froid statique est le type de froid classique des réfrigérateurs : il n’y a pas de ventilateur interne et l’air circule peu. Il rentre de l’air chaud chaque fois qu’on ouvre la porte et celui ci a tendance à monter dans l’enceinte.. Il a pour inconvénient la «stratification» du froid : le haut de l’enceinte est plus chaud de deux à tris degrés et la zone froide se situe dans le bas.
Dans mon ancien réfrigérateur, j’avais 4d°C sur les plateaux du bas, 7 d° sur celui du haut et 9d° dans le bac à légumes fermé.

          Le froid brassé, aussi appelé froid dynamique maintient une température homogène dans tout le compartiment grâce au brassage de l’air. Dans le fond de la cabine, un ventilateur brasse l'air dès que le moteur se met en route, notamment lorsque la porte vient d'être ouverte. Son avantage réside dans sa capacité à faire redescendre la température rapidement après l’ouverture de la porte. Il conserve aussi l’humidité naturelle des aliments, préservant leur fraîcheur et leurs vitamines.
          Ceci n’existe que dans les réfrigérateurs et ne concernait pas les congélateurs, sauf dans quelques réfrigérateurs-congélateurs américains à deux compresseurs.

          Enfin, le froid ventilé, aussi appelé technologie « No Frost » est apparu depuis deux à trois ans, de façon courante, et à un prix raisonnable, dans les réfrigérateurs-congélateurs vendus en France.
 
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L’air est ventilé à la fois dans le congélateur et dans le réfrigérateur, par un ventilateur qui est en fonctionnement permanent, mais consomme peu d’énergie.
          La température du congélateur est commandée par un thermostat classique qui actionne le compresseur en temps utile. La température y est en général entre -15 d° et -18d°C, mais si vous voulez congeler un aliment frais, vous pouvez descendre à -35, pendant le temps de la congélation et revenir ensuite à - 18 d°C.




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         Le thermostat du réfrigérateur ne commande pas le moteur du compresseur, mais un volet qui commande le débit d’air ventilé depuis le compartiment congélateur, vers le compartiment réfrigérateur. Le volet de débit d’air est évidemment beaucoup plus fermé si vous congelez à -35d° que si votre congélateur reste à - 18d°.
          Le contrôle de ce fonctionnement est assuré par un microprocesseur.
          L’air froid ventilé dans le compartiment du réfrigérateur y assure le maintien d’une température constante et homogène. Après l'ouverture de la porte, la température est rétablie très  rapidement. La congélation est elle aussi plus rapide.
L’arrivée d’air étant en haut du compartiment réfrigérateur, la température est un peu plus basse en haut mais à peine.
          Dans mon congélateur j’ai partout -18d°C et dans mon réfrigérateur, 4d°C sur les plateaux du haut, 5 d° sur celui du bas et 7 d° dans le bac à légumes fermé.





          Le schéma ci dessous montre la répartition du froid dans les trois types de réfrigérateur, à la suite d’essais en usine :

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          Par ailleurs, la technologie No Frost de ventilation évite la formation de givre ou de glace, tant dans le congélateur que dans le réfrigérateur, et elle permet d'économiser de l'énergie.
Le seul inconvénient de cette technologie est qu'elle a tendance à favoriser le dessèchement des aliments, il faut donc les emballer ou les garder dans des boîtes, sauf dans le tiroir du bas fermé, qui n’est pas ventilé.

          Personnellement je trouve que cette technique est un véritable progrès.


Dimanche 22 octobre 2017 à 11:36

Sciences et techniques

          Mon vieux frigo, qui avait quelques dizaines d’années, étant mort (fuite de gaz et on n’utilise plus les mêmes gaz réfrigérants aujourd’hui), j’ai dû en acheter un neuf et je me suis orienté vers un combiné frigo-congélateur « ventilé » dit « sans givre » (« no frost »).
A la suite d’une petite panne, vite éliminée, j’ai été amené à me pencher sur le fonctionnement de l’appareil, très différent de celui des anciens frigos et j’ai pensé que cela pourrait vous intéresser.

          Voyons d’abord comment fonctionne un frigo et éventuellement le congélateur, quant à la production du froid, en nous servant du schéma ci-dessous.

          Le réfrigérateur utilise un fluide réfrigérant, sélectionné principalement pour sa grande propriété d'absorption de chaleur, des températures caractéristiques de changement d’état (liquide à gaz), en fonction de la pression, et ces pressions doivent permettre l’utilisation dans des tuyauteries d’épaisseur raisonnable.
Enfin il ne doivent pas être nocifs, ni pour l’homme, ni pour l’environnement.
          Ces gaz ont longtemps été des hydrochlorofluorocarbones, tel le fréon, qui contribuaient à détruire la couche d’ozone. Le chlore a été supprimé, mais ces gaz sont nocifs au plan effet de serre, plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2.
          Les fluides maintenant utilisés sont des propanes et des isobutanes; ils ne contiennent plus de fluor, mais ont l’inconvénient d’être inflammables. Toutefois un frigo en contient peu.

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          Comment le frigo produit il du froid?
          Pour examiner le fonctionnement du circuit de refroidissement, partons du compresseur : c’est un moteur électrique qui comprime le fluide réfrigérant, initialement gazeux et froid, qui sort de l’intérieur du réfrigérateur, ce qui élève sa température et sa pression.
          A la sortie du compresseur, le fluide est donc un gaz chaud (vers 40 d°C), et à haute pression.
          Ce gaz passe alors par un « condenseur », tuyau serpentin fixé dur une grille métallique qui augmente la surface de refroidissement par l’air. Elle est en général située à l’extérieur et à l’arrière du réfrigérateur.
Le gaz se refroidit et change d’état, devenant liquide.
          A la sortie du condenseur, le fluide est donc un liquide à température voisine de l’ambiante et à haute pression.
          Ce liquide traverse un détendeur qui lui offre un volume plus grand. La pression chute brutalement et le liquide se vaporise partiellement engendrant une forte diminution de température, d’au moins 15 d°, mais qui peut atteindre moins 50 d° dans un congélateur.
          A la sortie du détendeur, le fluide est donc un mélange vapeur- gouttelettes de liquide à température très basse et à basse pression.
          Ce mélange va passer alors dans un évaporateur, tuyau serpentin logé dans la paroi de la chambre froide, souvent au contact d’une plaque métallique qui augmente le contact avec l’air de l’intérieur du frigo.
          Le fluide qui circule dans cet évaporateur continue à s’évaporer en absorbant la chaleur cédée par des aliments placés à l'intérieur du réfrigérateur.
          A la sortie de l’évaporateur, le fluide est, à l’état gazeux, très froid et à basse pression. Il repart vers le compresseur pour un nouveau cycle thermique.

          Ce cycle est le même pour toutes les enceintes à refroidir.
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          Dans les frigos même récents un thermostat, constitué d’un petit soufflet relié à une sonde, remplis d’un gaz, se dilatait en fonction de la température et actionnait deux contacts à des repères de température au degré près, contacts qui entrainaient le démarrage ou l’arrêt du compresseur et du cycle de refroidissement.
          Dans les réfrigérateurs-congélateurs, il y a deux circuits séparés de refroidissement à des températures différentes commandées par deux thermostats spécifiques de chaque compartiment. Ces deux circuit sont soit reliés chacun à un compresseur spécifique, soit le plus souvent à un seul compresseur avec des clapets.
          Une petite électronique simple commande les clapets de basculement du compresseur et inhibe le thermostat d’un compartiment lorsque l’autre est en cours de refroidissement..

          Je vous parlerai dans un prochain article du dégivrage et des réfrigérateurs-congélateurs « ventilé » dit « sans givre » (« no frost »), de leur fonctionnement et de leurs avantages et inconvénients par rapport aux matériels classiques.

Jeudi 19 octobre 2017 à 19:16

Biologie, santé.

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Pour une raison que j'ignore le texte de cet article a disparu; je le réédite donc. Cowblog ne s'améliore pas

         Je suis souvent assez effaré du comportement des jeunes aujourd’hui.
        J’avoue ne pas comprendre l’intérêt de ce qu’ils appellent le « binge drinking » ou « biture express », amusement qui consiste à boire le maximum d’alcool en un temps record pour parvenir à l’ivresse, au point de tomber raide par terre, parfois jusqu’au coma éthylique.
        J’ai lu récemment un  compte-rendu de recherche qui montre que cette pratique n’est pas sans danger pour le cerveau, publié par trois chercheurs sur les effets de l’alcool, Fabien Gierski de l’Université de Reims, Mickael Nassila et Olivier Pierrefiche.
        Certes presque tous nos neurones existent à notre naissance, mais leur chimie  les synapses se transformeront profondément par apprentissage et à chaque perception, et surtout d’une part le cortex frontal n’est pas mature avant 20 ans (voire 25), et tous les jours il naît quelques centaines de neurones dans un  centre de l’hippocampe, dont le rôle est de différencier des souvenir successifs qui se ressemblent.

        3695 étudiants consommateurs d’alcool ont participé à cette étude, ceux qui pratiquaient la « biture express » représentaient 40% des garçons et 16% des filles. L’étude a chiffré sous forme d’un « score », l’importance et la fréquence des ivresses, et également  la vitesse d’ingestion qui influe sur le pic d’alcoolémie.
        Des tests ont été réalisés, notamment concernant la mémoire et des IRM ont permis d’étudier les connexions entre neurones (la substance blanche) et divers centres comme l’hippocampe, et cela sur des groupes composés soient de binge-drinkers, soiet de buveurs modérés occasionnels.
        Par ailleurs une étude des effets de l’alcool a été faite sur des rongeurs.

        L’étude sur les animaux a permis de comprendre le mécanisme destructeur de l’alcool : il réduit la plasticité synaptique. Les synapses, par un mécanisme complexe d’actions et d’inhibitions, module l’intensité de la communication entre neurones. La sollicitation fréquente d’un groupe de neurones abaisse le seuil d’excitabilité qui déclenche l’influx nerveux, et permet donc de faciliter la communication entre des neurones qui ont quelque chose en commun (par exemple qui représentent un souvenir).
        Lorsqu’un neurone doit être ainsi lié de façon pérenne à un autre neurone, un neurotransmetteur, le glutamate, qui va potentialiser des récepteurs synaptiques particuliers (NMDA) du second neurone, le rendant plus sensible à un influx nerveux ultérieur du premier neurone. On appelle cela la « potentialisation à long terme » PLT.
        A l’inverse, pour que des souvenirs sans importance n’encombrent pas notre cerveau, un mécanisme inverse à lieu en diminuant la sensibilité des récepteurs NMDA, ce qui diminue la communication entre les deux neurones. On appelle ce processus la « dépression à long terme » ou DLT.
        L’alcool diminue la PLT, mais surtout augmente et perturbe la DLT, de telle sorte que les rats et leurs progénitures (si l’on alcoolise des rates en gestation), perdent une part importante de leur capacité de mémorisation et d’apprentissage.
    Des doses d’alcool équivalentes à deux binge-drinking en 24 heures chez des humains, ont été administré à des rats adolescents dont on a examiné ensuite l’hippocampe et dont on a mesuré sa plasticité. Une perte totale de DLT a éét enregistrée au bout de 24 heures et a persisté 5 jours (sachant que l’adolescence d’un rat dure un mois et sa vie 2 ans).
    Des tests ont montré que ces animaux apprenaient difficilement et que la curiosité pour un nouvel objet était déficiente.
    De plus la consommation rapide d’alcool semble augmenter la capacité d’addiction ultérieure des animaux, et perturbe leur humeur, les rendant plus anxieux.

        Qu’en est il chez les jeunes humains ?
        L’étude a montré que plus le score des garçons était élevé, plus la substance blanche était atteinte et ces atteintes entrainaient notamment une baisse significative de mémoire spatiale. Mais on constatait aussi une perte plus grande de substance grise (le nombre de neurone qui décroit régulièrement à partir de la fin de l’adolescence). L’hippocampe qui encode les apprentissages et les nouveaux souvenirs est plus touché chez les binge-drinkers, et notamment chez les filles.
        Le mécanisme de l’alcoolémie expresse paraît être le même que chez les animaux. D’une part on constate les mêmes effets, mais ces effets peuvent être aussi provoqués par une drogue la kétamine (dont se servent les terroristes), qui bloque de façon analogue à l’alcool les récepteurs synaptiques NMDA.
        Mais on ne sait pas encore, pour les humains quelle est la réversibilité des dégâts et les délais correspondants.

Dimanche 15 octobre 2017 à 11:01

Sciences et techniques

    J’ai fait plusieurs articles sur la Terre et les planètes mais pas sur notre soleil, qui nous éclaire tous les jours. J’ai pourtant lu quelques articles notamment dans les revues « Pour la Science » et « La Recherche », et sur in ternet

        Que dire sur cet astre ?

    Le soleil est né, avec le système solaire, il y a environ 4,7 milliards d’années. Ce chiffre est acquit à partir de la datation de roches terrestres, lunaires et de celle de météorites.
    Comme beaucoup d’étoiles, il s’est probablement formé par contraction des gaz et des poussières de l’espace environnant de la nébuleuse, sous l’effet de la gravité, ce qui provoque une forte élévation de la température. Au bout de quelques dizaines de millions d’années, cette température est suffisamment élevée pour qu’aient lieu les premières réaction thermonucléaires de fusion de l’hydrogène, qui le transforment principalement en hélium.
    La masse de matière de la nébuleuse initiale était en rotation et s’est aplatie, ce qui a permis à des matériaux d’échapper à l’attraction solaire et de former des planètes, concentrées dans un  même plan.
    Mais un jour, le soleil mourra d’une longue agonie.
    Chaque seconde le soleil convertit 600 millions de tonnes d’hydrogène en hélium.
    La réserve d’hydrogène va donc diminuer peu à peu, mais le soleil a encore de l’ordre de 5 milliards d’années de vie. Il augmentera de volume d’environ 20%, de luminosité d’environ 50% et deviendra une étoile rouge dans laquelle l’hélium fusionnera en carbone, puis en azote et en oxygène, mais en produisant moins d’énergie. Il absorbera les planètes qui l’entourent.
    Puis au bout de quelques centaines de millions d’années, il se refroidira et deviendra une « naine blanche » de la taille de la Terre, mais avec une densité d’une tonne par cm3, ce qui est évidemment encore considérable, entourée d’une coquille de gaz en expansion. Cette naine blanche se refroidira très lentement en 10 milliard d'années, laissant une naine noire, froide et morte.
    D’où vient actuellement son énergie : de réactions thermonucléaires dans lesquelles le soleil transforme de l’hydrogène en hélium, avec une perte de masse qui se transforme en énergie (E = mc2, équation d’Einstein qui lie la masse à l’énergie), mais ces réactions nécessitent une température de plusieurs millions de degrés C.
    Au centre du soleil, la température est supérieure à 15 millions de d°C,  et la pression de 240 milliards de fois la pression atmosphérique de notre terre.   
    C’est à partir de cette énergie que le soleil nous envoie sa lumière et sa chaleur, mais le phénomène est complexe et nécessite qu’on parle de sa structure.
   
    La structure du soleil est faite de gaz, essentiellement hydrogène et hélium mais on trouve du carbone, de l’oxygène, du calcium, du fer, du titane, du manganèse… Sa limite extérieure n’est donc pas bien définie.
    Sur le schéma ci dessous on distinguera :

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    Le soleil est sphérique, d’environ 1 400 000 km de diamètre, avec un léger aplatissement aux pôles, et tourne sur lui même en environ 25 jours, mais la vitesse est plus forte à l’équateur qu’aux pôles (ce sont des gaz!).
    Le coeur du soleil est à environ 15,5 millions de degrés, puis la température et la pression diminuent dans deux zones : une zone radiative qui, avec le coeur a un rayon d’environ 500 000 km et une zone convective d’épaisseur 200 000 km.
    Dans la zone radiative, la chaleur est transmise par des radiations thermique et la température décroit de 10 millions à 500 000 degrés C. Les atomes d’hydrogène et d’hélium ionisés émettent des photons, mais ceux qui n’ont qu’une faible énergie sont réabsorbés par les ions. Seuls les rayons x et gamma de haute énergie, vont se propager en étant absorbés et réémis à plus faible énergie : les photons émis au centre du soleil mettent deux millions d’années pour atteindre sa surface !
    Entre la zone radiative et la zone convective une zone de quelques milliers de km d’épaisseur est le siège de champs magnétiques très intenses.
    A la limite de la zone radiative, la température et la densité des gaz ne sont plus suffisantes pour que les photons puissent transporter l’énergie par radiation, et la zone convective va évacuer le surplus d’énergie grâce à de violents courants de convection, qui emmènent la chaleur en surface, puis replongent pour recevoir de la chaleur et l’évacuer à nouveau vers l’extérieur. Ces turbulences provoquent une polarité magnétique à la surface du soleil.
    A la limite de la zone de convection, la température n’’est plus que d’environ 5 500 d°C.

    Les couches superficielles sont très minces :
        -  la photosphère n’a que 500 km d’épaisseur et c’est d’elle que provient la lumière du soleil, qui correspond à un spectre de photos provenant d’un corps à 5500 d°.
Elle est animée de convections analogues à celles de la couche de convection, les courants ascendants remontant vers la surface à environ 500m/S et y émettant alors la lumière; ces courants ascendants ont environ 1000 km de diamètre et donnent au soleil un aspect granuleux, chaque granule durant environ 8 minutes, avant de disparaître.
    La photosphère émet 51% du rayonnement dans l’infra-rouge, 41% dans le visible, et 7% dans l’ultra-violet, les 1% restant étant émis sous forme d’autres particules que les photons.
        - la chromosphère a environ 2000 km d’épaisseur. La température remonte peu à peu pour atteindre à sa surface, environ 100 000 d°C; elle n’est visible que pendant une éclipse, sous forme d’une couche de couleur rosatre, due au rayonnement des atomes d’hélium à cette température.

    Au delà de ces couches on trouve une zone  peu dense d’ions hydrogène et hélium principalement, que l’on appelle « l’atmosphère solaire » et dont la température remonte à plusieurs millions de degrés.
    Les couches superficielles se comportent comme un plasma ionisé, qui, chauffé par en dessous, forme en quelque sorte des bulles et créent des « jets magnétiques (en jaune sur la simulation d’ordinateur ci-dessous). Ce sont ces champs magnétiques sui agissant sure les ions hydrogène et hélium, feraient remonter la température de l’atmosphère solaire, jusqu’à quelques millions de degrés.
    Ces champs magnétiques sont visibles sous forme te « taches solaires »

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   Associés à des champs électriques, ils projettent des jets de matière hors de la surface, à des centaines de milliers de km d’altitude, lesquels entraînent de l’énergie et retombe ensuite vers la surface, ce qui est observé sous la forme des « éruptions solaires », qui durent de quelques secondes à quelques heures et sont accompagnées de flashs d’ondes radio, de lumière visible, mais aussi de rayons X et gamma.
    Les émissions radio sont une source intéressante captée par les radiotélescopes, mais peuvent aussi perturber les transmissions, tandis que les rayonnements durs, qui créent des électrons dans l’atmosphère terrestre, lesquels sont concentrés aux pôles par le champ magnétique terrestre, excitent les atomes d’oxygène et d’azote, donnant des « aurores boréales ».
    En outre les réactions nucléaires du noyau du soleil, émettent des neutrinos, qui, de charge nulle et de masse très faible, n’ayant que très peu d’interaction avec la matière, sortent facilement du soleil, se propagent dans l’espace et traversent la Terre. Leur détection demande donc des expériences complexes.   

Vendredi 6 octobre 2017 à 18:55

Biologie, santé.

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    Je suis toujours étonné de voir les journalistes notamment télévisés, monter en épingle une information, au point d’affoler les populations, mais aussi du manque de communication et d’information en provenance des pouvoirs publics.
    Un exemple significatif est celui de la polémique autour d’un médicament, le Lévothyrox.
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    Mais avant de parler du Levothyrox, voyons ce qu’est la glande thyroïde.
    C’est une glande située à la bas du cou qui mesure environ 6cm X 6cm et pèse 30 grammes. Elle fabrique deux hormones : la thyroxine appelée T4 et la thyronine appelée T3.
    La thyroïde fabrique environ 80% de T4 et 20% de T3, mais une partie importante de la T4 se transforme en T3 au sein des cellules de l’organisme. Une partie de la T4 reste dans le sang et on l’appelle la T4 « libre », et c’est elle que l’on dose.
    L’hormone T4 est fabriquée à partir de l’iode que la thyroïde capte dans notre alimentation.
    La production de la T4 n’est pas spontanée : elle est activée par une « pré-hormone » produite par l’hypophyse et commandée par l’hypothalamus du cerveau central : la TSH ou tyréostimuline, qui stimule la thyroïde si le taux de T4 baisse et au contraire diminue sa production si le taux augmente trop dans le sang.
    On considère que le taux normal de TSh dans le sang doit être compris entre 0,27 et 4,20 µUI/ml et que le taux de T4 libre doit rester entre 1,0 et 1,6 ng/dl. Des analyses sanguines peuvent déceler des anomalies de ces taux.

    A quoi sert la thyroïde et ses hormones (l’hormone active est la T3).?
    La thyroïde est le gendarme de la régulation corporelle.
    Les hormones thyroïdiennes agissent sur un grand nombre de fonctions de l'organisme :     Un excès d'hormones T3 et T4 provoque une élévation de la température, ce qui explique les sensations de soif, de sensibilité à la chaleur et la peau chaude et moite, ainsi que l’accélération de toutes les fonctions de l’organisme : accélération du rythme cardiaque, perturbation du transit, perte de poids malgré un moindre appétit, excitation et agressivité.
    A l'inverse, un manque d'hormones entraîne au contraire une baisse de la température, un ralentissement du rythme cardiaque, une prise de poids, trous de mémoire et signes de dépression, fatigue, insomnies, défaut de concentration.   
    Elle intervient également dans le métabolisme du calcium avec une autre hormone, la calcitonine.

    L’hypothyroïdie est une maladie très fréquente, surtout chez les femmes de plus de 50 ans : 1 à 3% de la population, 6 femmes pour un homme, avec pic de fréquence à 60 ans.
    Dans 80% des cas il s’agit d’une thyroïdite d’origine immune, les lymphocytes T s’attaquant à la thyroïde et la détruisant partiellement, cela étant dû à des facteurs génétiques et environnementaux. Dans la moitié des cas elle est lente et variable dans le temps, et dans l’autre moitié des cas elle est chronique (on l’appelle alors la maladie d’Hashimoto).
    10% des cas sont dus à des tumeurs et 10% à des causes diverses.
    La thyroïde ne produisant plus assez d’hormone T4, on donne aux patient une dose journalière complémentaire de T4.

    Le « lévothyrox » est le médicament le plus courant en France dont le principe actif est de la lévothyroxine, c’est à dire une forme de T4, pris sous forme de comprimé le matin.
    Le médicament est en général à prendre de façon définitive, mais la sensibilité des personnes est très différente selon les cas : âge, degré de la maladie, sensibilité hormonale, état général… La réponse peut être dans certains cas sensible à de faibles variation de posologie.
    Le dosage adapté à chaque patient est donc difficile à trouver.
    Par ailleurs la réponse à une variation de dose n’est pas immédiate : 4 à 6 semaines.

    Que s’est il passé avec le Lévothyrox cet été. ?
    c’est un médicament très répandu, 3 millions de français en prennent !
    Contrairement à ce que beaucoup pensent le changement de formule du Lévothyrox n’est pas une initiative du laboratoire MerCK pour gagner plus d’argent, mais une demande de l’Agence nationale de sécurité du médicament.
    L’ANSM avait constaté en mars 2012 que la dose de substance active du Levothyrox avait tendance à varier d’une boîte à l’autre ou au cours du temps. Elle a donc demandé à Merck de chager la formule pour plus de stabilité et donc de changer les « excipients », c’est-à-dire les autres substances que celle active, qui permettent de donner sa forme au médicament (comprimé, gélule, sirop), d’améliorer la conservation ou de modifier le goût.
    Par ailleurs, un des excipients, le lactose, pouvait entraîner des intolérances. Ce dernier a donc été remplacé par du mannitol, un édulcorant très répandu sans effet notoire à petite dose (bien qu’il puisse être laxatif à haute dose), et de l’acide citrique a été ajouté afin de stabiliser le médicament, ce produit étant très répandu dans l’alimentation (les citrons notamment).
    Mais tout changement de ces excipients risque, chez des personnes plus sensibles au plan biochimique, de modifier l’absorption du principe actif, ici la lévothyroxine, et donc de provoquer des effets secondaires d’autant plus que le dosage adapté est pointu.
    Le laboratoire avait fait des études d’effets du nouveau médicament, mais les études sur animaux ne sont pas complètement transposables à l’homme, et il avait informé les 100 000 professionnels de santé par un simple courrier le 27 février. Les pharmaciens étaient invités à terminer les stocks de l’ancienne formule pour ne pas faire coexister les deux types de boîtes. Il était recommandé aux médecins prescripteurs de « confirmer l’équilibre thérapeutique » par un suivi spécifique uniquement pour les personnes à risque.
    L’ANSM n’a pas fait d’information spécifique et a choisi la plus mauvaise période pour introduire le médicament, du fait des vacances d’été des patients comme des médecins.
    Environ 5% des personnes qui prennent du Lévothyrox ont ressenti des effets secondaires, certains assez graves. Le corps médical, mal informé, l’ANSM et Merck n’ont pas réagi rapidement et, les journaliste ayant abondamment abordé le problème (il fallait bien alerter les gens), tous les gens qui prenaient ce médicament et ne se sentaient pas parfaitement bien, même pour d’autres raisons, l’ont accusé de ces méfaits
    C’est devenu un scandale public.

    Cela aurait pu être évité.
    En Belgique, il n'y a eu ni crise ni scandale. C'est que, en amont, la communication a été assurée à tous les niveaux. Les médecins ont prévenu leurs patients. Ceux-ci ont reçu une lettre d'information très explicite, portant un avertissement en rouge et recommandant "un suivi attentif". Le laboratoire s'est préoccupé de les alerter directement : le packaging du médicament porte la mention "nouvelle formule", et la boîte contient un feuillet cartonné d’explications.
    En France, aucune mention claire sur la boîte de Levothyrox n'a été ajoutée. Pourquoi l'Agence du médicament, qui connaissait parfaitement l'exemple belge, ne l'a-t-elle pas suivi ? Sa directrice adjointe, interrogée dans cet extrait, ne semble pas voir l'intérêt de s'adresser directement au patient, préférant rejeter la faute sur les médecins et pharmaciens. (renseignements donnés à l’émission « Envoyé spécial » d’Elise Lucet

    Que faire ?
    Revenir à l’ancienne formule n’est pas une solution, et la mise en place de boîtes anciennes ne peut être qu’un pis aller, pour résoudre provisoirement les cas les plus graves et délicats
    Il y a d’abord 95% des malades qui n’ont rien ressenti, et parmi ceux qui ont des « effets secondaires », il n’est pas sûr que cela soit dû à la nouvelle formule. Il faut faire une analyse sanguine de TSH et de T4. On constate chez tous les patients qui ont de « vrais » effets secondaires, une variation forte de la TSH (en général en baisse) et de la T4 (en général en hausse).
    Finalement, pour les personnes qui ont eu des perturbations, il faudra trouver un nouveau dosage adapté. Si cela n’est pas possible pour quelques unes, il faudra alors changer de médicament.
    En fait c’est maintenant aux médecins d’expliquer et d’agir, mais la responsabilité initiale semble bien être celle de l’ANSM.

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