Samedi 24 février 2018 à 15:49

Informatique, médias, internet

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    L’article que j’ai fait sur les dangers des connexions internet m’a valu quelques mails inquiets, me demandant comment se protéger des hackers.
    Bien sûr les particuliers risquent moins que les entreprises, et ils n’intéressent pas les hackers de haut niveau et les équipes spécialisées dans les cyber attaques, voire rémunérées par certains états. Mais il existe beaucoup de petits hackers , qui trouvent facilement sur internet des outils pour exercer des malversations et qui espèrent tirer profit de l’intrusion dans nos machines, soit par esprit destructeur ou de puissance, soit surtout pour chercher à tirer un profit financier d’un blocage de machine ou de capture d’informations sensibles.
    Un moindre mal est la capture de nos fichiers d’adresse qui permet d’envoyer des mails à des personnes que nous connaissons , en se faisant passer pour nous.
    Comment éviter cela.?  Deux sortes de mesures sont importantes :

    D’abord au niveau de notre matériel :
        - disposer d’un antivirus, même sur votre téléphone. Il en existe de très bons, gratuits. Personnellement j’utilise AVAST et j’en suis très content. Il m’a bloqué plusieurs fois des tentatives d’infection sur mon Mac.
        - avoir un disque de sauvegarde et l’utiliser au moins une fois par semaine, en ayant soin de couper la Wi-Fi lorsque vous faites la sauvegarde pour ne pas avoir de liaison internet et protéger votre disque. Sauvegarder non seulement vos données mais aussi vos logiciels. C’est long la première fois (au moins 2 heures), mais ensuite le logiciel ne sauvegarde que ce qui a été modifié.
    Cela permet, si on vous fais chanter parce qu’ayant bloqué ou piraté votre machine, de s’en sortir : on réinitialise le disque dur, on charge un nouveau système  vierge et ensuite on recharge tous les logiciels et les données à partir de son disque de sauvegarde (hors connexion internet).
        - ne pas truffer sa machine avec des logiciels de provenance incertaine et se méfier des gadgets et widgets divers. De très nombreux logiciels sous Androïd continnnent des virus qui ensuite piratent des informations sur votre tablette ou téléphone;
        - faire les mises à jour de vos logiciels car elles comportent souvent une amélioration de la protection.

    Ensuite être rigoureux au niveau de certaines habitudes, car c’est nous-mêmes qui sommes notre premier ennemi.
        - le risque principal est celui des messages que ce soit sur l’ordinateur ou sur le téléphone (e-mails ou SMS), et principalement des pièces jointes.
    Méfiez vous de tout message inconnu et notamment de ceux de publicité. En général l’objet suffit pour savoir ce dont il s’agit et n’ouvrez même pas le message, mais surtout pas les pièces jointes, si vous ne savez pas qui vous les envoie.
    Elles risquent de renfermer un virus caché, qui va contaminer votre appareil.
    Attention aux liens que l’on vous demande d’ouvrir dans de tels messages : ils peuvent vous emmener sur un site qui chargera le virus sur votre appareil.
    Notamment si vous voyez surgir, lors de votre navigation sur internet, une fenêtre proposant de cliquer sur un bouton pour gagner un avantage attrayant, méfiez vous; cela chargera peut être un virus sur votre machine.
    Bien entendu ne donnez jamais suite aux nombreux messages à en-tête (fausse mais parfaitement imitée), d’un service officiel, d’une banque, de l’opérateur internet, de la sécurité sociale ou de la mutuelle…. , qui vous demande des informations sur vos coordonnées bancaires, sous prétexte de vous verser de l’argent ou de mise en place de systèmes de sécurité.
    Egalement ne connectez pas une clé USB qu’on vous a envoyé par la poste, « à titre de cadeau publicitaire). On ne sait pas ce qu’elle peut charger sur votre appareil.

        - le deuxième risque important est le piratage de données que vous avez stockées sur votre ordinateur. Ne stockez pas de coordonnées bancaires ou des mots de passe. Bien sûr vous ne pouvez pas connaître par cœur tous vos identifiants et mots de pass, mais il vaut mieux les mettre par écrit sur une carte ou un cahier dans votre tiroir que sur l’ordinateur ou le téléphone.
    N’utilisez pas partout le même mot de passe et utilisez des minuscule, majuscules et chiffres.
    Ne confiez pas tous ces mots de passe à un site extérieur (Apple, Google, opérateur ou autre) qui stockera tous vos mots de passe sur un dossier protégé par un mot de passe unique !

        - ne vous connectez pas à n’importe quel réseau internet, mais n’utilisez que ceux qui exigent un mot de passe de connexion pour votre Wi-Fi.
Si vous utilisez une connexion ouverte pour naviguer sur internet, ce n’est pas trop risqué, mais par contre ne consultez pas votre compte en banque.

    Et comme je l’avais dit dans mon précédent article, les objets connectés sont particulièrement vulnérables et utilisés légalement comme des espions de vos actes. Mais ils peuvent aussi subir des attaques ciblées, notamment les logiciels des véhicules, car leur protection est actuellement déficiente.

Samedi 17 février 2018 à 17:29

Psychologie, comportement

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     On pourrait croire, après ce que j’ai dit sur la "Persona" dans mes articles de janvier 2007 et sur mes discussions avec des ados que j’essayais d’aider, qu’internet permet de mettre en sourdine sa Persona.
    Ce sont là des cas particuliers et le plus souvent c’est plutôt le contraire. Internet permet à notre Persona de se manifester et de s'amplifier.

    Tout le monde sait que les chats sur internet avec des gens qu’on ne connait pas, peuvent aboutir à n’importe quoi. Il est très facile sur le web de donner de faux renseignements et donc de se faire passer pour un autre, ou simplement d’embellir son image de soi. Seules les erreurs de logique que l’on peut commettre peuvent révéler qu’il y a peut être mystification.
    Cela peut aller de celui ou celle qui a une Persona trop portée vers le rêve, jusqu’au narcissique pervers qui cherche à dominer son interlocuteur.
    Mais, sans aller jusqu’à ce cas extrême, beaucoup de jeunes se sont plaint(e)s d’avoir noué des relations qui leur plaisaient, puis d’avoir été déçu, car le personnage réel ne correspondait pas à ce qu’il avait décrit de lui.

    Il y a dix ans les blogs avaient principalement deux buts : parler de sujets qu’on connaissait pour faire partager des idées et discuter, ou bien parler de soi, mais surtout de ses états d’âmes.
    Dans ce dernier domaine, on trouvait trois grandes catégories :  ceux qui ne chercher qu’à se faire remarquer et là il s’agissait de flatter son égo et donc d’orienter au maximum sa Persona vers ce que l’on voulait donner comme image.
    A l’inverse certain(e)s se servaient du blog comme d’un journal intime, comme d’une thérapie, non dans le but d’être lu(e) par beaucoup, mais surtout dans l’espoir d’être entendu(e) par quelqu’un qui puisse vous aider à sortir de l’ornière ou du gouffre. Le récit était alors en général sincère et la Persona restait au vestiaire.
    Et puis, entre les deux, ceux et celles qui racontaient la vie de tous les jours, comme sur un journal de bord, et là, c’était amusant de faire la part du vrai, de voir ce qui semblait s’être passé bien ou mal, ou au contraire ce qui était systématiquement embelli.
    Mais les blogs ont changé, sont d’ailleurs beaucoup moins nombreux, et la plupart ont souvent un but publicitaire avoué ou non, soit pour ses propres productions soit pour celle d’une marque, qui nous abreuve de commentaires, mis en place par des robots et qu’il faut ensuite supprimer.
    Les réseau sociaux les ont détrônés.

    Depuis l’apparition des plateformes sociales, il n’a jamais été aussi facile de se mettre en avant.
    Employés comme des vitrines d’exposition, que ce soit Facebook, Instagram ou Snapchat, tous ces réseaux sont surtout un moyen de nous mettre en avant, de flatter notre égo, de satisfaire notre soif de reconnaissance.
    Le principe est de s’afficher, de nous distinguer dans notre petit cercle d’amis ou social, que nos interlocuteurs voient et envient ce que nous faisons, ce que nous possédons, et combien nous sommes heureux (même si ce n’est pas vrai).
    On montre sa réussite et son argent (j’ai telle paire de chaussure, je me suis payé telles vacances), ses goûts culturels (je suis allé à Londres voir le British-Museun), ou sa réussite sociale : j’ai fêté mon anniversaire avec 36 ami(e)s.
    La mode des selfies publiés sur Instagram est une démonstration de ces faits.

    Quelqu’un qui nous aurait autrefois bassiné de sa réussite sociale ou professionnelle, ou de sa formidable famille, aurait été traité de narcissique.
    Aujourd’hui on regarde des photos sur ces sujets et on considère le nombrilisme comme acceptable.
    Or narcissisme, nombrilisme, c’est la preuve d’une Persona trop grande, voire démesurée, non pas sur le moi réel, mais sur celui qu’on voudrait être.
    On met en scène une réalité, mais uniquement la partie agréable, celle qui est valorisante ou celle qui va faire envie. On embellit même ses photos !

    Cela dit, tout le monde n’est pas mégalomane, mais nous aimons tous flatter notre ego, et il m’arrivait d’aller voir sur mon blog les statistiques de visiteurs et d’être content s’ils sont nombreux et s’ils ont consultés beaucoup d’articles et depuis que les statistiques ne sont plus visibles sur cowblog, il m'arrive de me sentir esseulé. Heureusement il reste les mails.

    Un dernier point enfin. J’ai fait pas mal d’articles sur les préférences cérébrales et j’en ferai encore.
    J’ai beaucoup pratiqué cet outil et en général quand je commence avec une personne j’essaie de deviner alors que je la connais peu, quelles sont ses préférences, puis j’ai souvent l’occasion d’approfondir et de la connaître beaucoup mieux. Avec l’habitude je ne fais pas trop d’erreurs dans cette devinette anticipée, mais, quand je compare ensuite, je m’aperçois qu’en fait ce que j’avais deviné c’était les préférences cérébrales de la Persona, car elles apparaissent avant celles de la véritable personnalité et pour connaître ces dernières, il faut creuser davantage.

Mardi 13 février 2018 à 10:57

Actualité

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    La fonte de la neige est un redoutable test pour tout ce qui est étanchéité des toitures et des tuyauteries d’eaux pluviales.
    Mais les perturbations engendrées par une couche de neige inhabituelle est aussi un bon test pour les services publics.

    Il y a une trentaine d’années, les agents des services publics avaient conscience de leur mission de service, et surtout les personnels qui les encadraient se sentaient responsables du service qu’ils dirigeaient, de sa bonne marche, donc de son organisation et des ordres à donner à son personnel pour qu’il remplisse sa mission. Cela semble révolu dans de nombreux cas.
   
    Prenons le bureau de poste de ma commune, (25 000 habitants en région parisienne),  Depuis lundi dernier pas un document dans les boîtes au lettres de la résidence : seulement les journaux qui sont distribués sans passage par la Poste.
    Pourtant les grandes voies de la commune avaient été dégagée par les balayeuses et camions de salage et étaient aptes à la circulation à condition de modérer sa vitesse et de garder ses distances. Les petites rues étaient enneigées, mais, à condition d’aller très doucement et de ne pas donner de coup de volant, c’était praticable.
    J’avais quelques rendez-vous et surtout les courses quotidiennes et je suis sorti sans problème et sans risque. Pour quelques kilomètres, j’ai sans doute mis le double de temps, mais la neige ne m’a guère perturbé.
    Je trouve donc anormal d’être resté sans courrier, au moins tous les deux jours au lieu de tous les jours.
    Je comprends que les facteurs à vélo ne soient pas venu : c’était dangereux sur deux petites roues. Mais il y a assez de voitures postales pour faire la distribution en deux jours !
    Je ne reproche pas ce manque aux facteurs : ils suivent les ordres, mais il semble qu’ils n’en n’aient pas.
    Je considère que c’est le receveur de ce bureau, qui ne se sent pas responsable de son service, qui est incapable de l’organiser face à une situation imprévue. Il réagit comme un employé, non comme un cadre, alors qu’il est payé comme tel (mal certes, mais les salaires de la fonction publique sont très bas, c’est connu)
    Par ailleurs je connais des employés qui sont capables d’initiatives ; ce sont eux qu’on devrait promouvoir comme cadre et pas seulement ceux qui, certes savent passer des concours, mais sont nuls en pratique et en commandement.

    Certes certaines lettres n’ont pas dû venir de province aussi rapidement et certains des employés qui habitaient loin, n’ont pu venir à leur travail.
    Mais beaucoup des employés de la poste habitent la commune et les métros qui y amènent le courrier fonctionnaient et la gare est à 2 km de la poste.
    J’ai fait plusieurs fois le trajet entre mon domicile et la gare et c’était très possible, à condition d’aller lentement.
    Et tous les journaux et lettres qui ne venaient pas par la Poste ont été livrés avec un retard minimal.

    Par contre je tire mon chapeau aux services de voirie et aux services de ramassage des ordures, pas forcément des gens des services municipaux, mais tous avec un travail pénible. Ils ont rempli parfaitement leur service malgré les difficultés de circulation, mettant simplement plus de temps à le faire.
    J’espère qu’on leur payera des heures supplémentaires.

Samedi 10 février 2018 à 12:56

Informatique, médias, internet

http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/Objetsconnectesetudeeboow.jpg    J’entends tous les jours à la télévision, parler « d’objets connectés ». C’est une mode ! Les gens se croient plus intelligents s’ils ont cette liaison téléphonique avec toute la planète.
    Est ce vraiment utile et n’est ce pas aussi, nocif ?

    On entend parler  nombreux gadgets, comme la brosse à dent connectée qui permet de vérifier si son enfant s’est bien brossé les dents, la semelle de chaussure dont vous pouvez déclencher le chauffage ou le diffuseur de parfum de votre appartement que vous pouvez mettre en marche de votre lieu de travail.!
    Vous pouvez aussi connecter votre trottinette électrique ou celle de vos enfants pour connaître sa vitesse et les lieux où elle se trouve.
    Le frigo connecté qui vous dit sur votre smartphone, ce que vous avez à manger et ce que vous devez acheter, cela paraît astucieux, mais, en réalité, la machine n’a pas d’yeux et, pour qu’elle sache ce qu’il reste dans le frigo, il faut que vous lui disiez ce que vous avez acheté et tout ce que vous mangez (les entrées et sorties du stock !). Certains articles peuvent avoir des codes-barres, mais pas le rôti du boucher, ni les tranches que vous n’avez pas mangé.
    Alors si vous devez à chaque fois, entrer les informations, cela vous prends du temps et vous en aurez vite marre, alors qu’un simple coup d’œil permet de voir ce qu’il reste et avec moins d’erreurs. En plus vous perdez l’habitude de réfléchir à ce que vous devez acheter et à exercer votre mémoire.
    A quand le papier toilette connecté, pour connaître votre consommation et savoir quand en acheter?
   
    Même en étant plus sérieux est il plus simple de commander à distance de votre bureau, l’éclairage du domicile, vos volets roulants, la machine à laver, la cuisinière et son four, l’enregistrement sur la box de votre télévision ou régler la température de votre chauffage, alors que vous pouvez commander ou programmer tous ces matériels avant de partir. Si vous avez ainsi une vingtaine d’appareils à programmer ou déclencher, vous allez passer votre temps à cela au lieu de travailler, et il faudra que vous ayez une alerte connectée pour vous rappeler tous les réglages à faire.
    Un objet très prisé est la montre qui vous sert si vous faites du jogging. Elle vous dit le nombre de pas que vous avez faits, votre vitesse, votre rythme cardiaque, votre tension… et même indique sur une carte votre itinéraire et les temps d’arrivée, car c’est aussi un GPS. Je ne sais pas si tout est vraiment utile, mais l’armée américaine a dû interdire cet objet à ses soldats, car les terroristes s’en servaient pour les repérer, en vue d’attentats.
    En effet rien n’est moins protégé que ces objets connectés et n’importe qui, connaissant un peu l’informatique ,peut y pénétrer avec des matériels relativement standards et relever des renseignements ou agir à votre place.
   
    Pour le moment je n’ai trouvé que deux objets vraiment utiles :
        - un bracelet qui , recevant un signal provenant de la porte d’un car ou de l’entrée de l’école, envoie un signal à ses parents quand un enfant entre ou sort; cela permet en outre aux accompagnateurs de vérifier qu’il ne manque personne.
        - les GPS sur smartphone pour les randonneurs ou la connexion des GPS des voitures en cas de vol.

    Ce qui est inquiétant ce n’est pas l’usage de ces objets connectés, mais les habitudes que nous prenons :
    D’une part nous comptons de plus en plus sur les ordinateurs, tablettes, smartphones, pour organiser notre vie à notre place. Nous perdons l’habitude de réfléchir, d’organiser, de gérer logiquement le quotidien. Cela se répercutera dans notre travail.
    D’autre part nous comptons sur ces mêmes appareils pour enregistrer de nombreuses données, pour éviter d’apprendre tout ce que nous pouvons chercher sur internet (c’est à dire à peu près tout). Résultat nous n’exerçons plus notre mémoire, c’est à dire, si l’on commence jeune à le faire, nous n’avons plus de mémoire.
    Or la mémoire, c’est la moitié de l’intelligence (à condition de s’en servir), et la logique une partie des 50 autres pourcents. Il faut donc s’attendre à une baisse de l’intelligence en raison de ces pratiques et cela se traduira par une diminution du QI moyen.
    Enfin nous finissons par passer des heures devant ces machines et cela devient une véritable addiction, comme le jeu ou la drogue.
    On a commencé à voir des modifications du cerveau dues à l’excès de connexion (notamment sur les liaisons pouce, centres moteurs, et voies de communications nerveuses). On risque d’en voir davantage d’ici quelques années, et surtout une baisse de performance de notre système d’apprentissage.

Mercredi 7 février 2018 à 12:19

Eveil, sommeil, rêves

    Dans le précédent article, nous avons vus divers état de conscience et d’inconscience, et une hypothèse de fonctionnement du cerveau.
    Celle-ci supposait que de nombreux centres spécialisés traitaient et élaboraient des informations particulière de façon inconsciente, et il n’y aurait conscience que lorsqu’un autre réseau de neurones interconnectés, prendraient en charge toute ces informations pour en faire une synthèse, une information d’état, qui est ensuite diffusée à tous les centres du cerveau qui peuvent s’en servir, pour l’interpréter, la transformer, et éventuellement déclencher des actions.
    Il n’y a pas conscience s’il n’y a pas diffusion de l’information dans le cerveau. On peut donc penser qu’on pourrait mesure la conscience, si on peut mesurer la connectivité dans le cerveau.

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    Depuis 1920 on enregistre les signaux neuronaux sous formes de tracés particuliers : des électro-encéphalogrammes.
    On peut ainsi différencier l’éveil du sommeil, le sommeil profond du sommeil paradoxal, diverses activités du cerveau et « l’encéphalogramme plat », lorsqu’il n’y a plus de signaux électriques, diagnostic de mort cérébrale, le corps pouvant continuer à vivre s’il est assisté par un mécanisme permettant au cœur et aux poumons de fonctionner.
    Le nombre d’électrodes placées sur le crâne était limité, et il fallait raser celui-ci pour mettre sur la peau, sous l’électrode, un gel conducteur. les signaux étaient évidemment fortement amplifiés.
    On dispose aujourd’hui d’électrodes sèches et plus sensibles, que l’on peut mettre en grand nombre (256) sur un casque  et d’instruments informatiques performants d’analyse, après amplification.
    Cela permet de différencier le fonctionnement de divers centres dans le cerveau.


    Steve Laureys du CHU de Liège a mis au point un système de mesure de la diffusion des informations dans le cerveau (appelé ZIP-ZAP), et Sylvia Cazarotto de l’Université de Milan, l’a utilisé pour tester 150 sujets, dont 48 étaient atteints de lésions cérébrales.
    La mesure consiste à stimuler le cerveau par une impulsion magnétique, (le ZAP), qui produit dans les neurones corticaux qui y sont soumis un bref courant électrique. Cet influx entraine la réponse d’autres neurones et l’information se propage plus ou moins dans tout le cerveau, dans des centres qui pourraient l’utiliser, puis s’arrête.
    Un électro-encéphalogramme haute densité est enregistré. On répète plusieurs centaines de fois l’excitation d’un centre donné, et on excite divers centres du cortex. On suit donc la complexité du traitement d’information du cerveau, que l’on traite par un algorithme mathématique (le ZIP).
Ce traitement aboutit à un chiffre le PCI (perturbational complexity index), qui est censé représenter la complexité du traitement cérébral d’une série d’informations.
    Lorsque l’activité corticale est supprimée, le PCI est voisin de 0 et lorsqu’elle est maximale le PCI est voisin de 1.

    Les résultats des 150 patients testés sont représentés ci-dessous : on constate que les patients inconscients ont un PCI inférieur à 0,31
    (Nota, la kétamine n’est pas un anesthésiant profond : il déconnecte l’esprit du monde extérieur, mais n’altère pas la conscience; à faible dose c’est une drogue hallucinogène).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/pvass2018012712225677.jpg    Une autre expérience a été faite avec des patients dans le coma et donc qui étaient non répondants.
    Sur 43 personnes, 9 d’entre eux se sont révélés avoir un PCI peu élevé, mais supérieur à 0,31
     On peut penser que ces personnes pouvaient ressentir quelque chose, bien que ne pouvant communiquer avec l’extérieur.
    Cette méthode, très récente, soulève donc des questions non encore résolues concernant la conscience, et pourrait déboucher d’ici quelques années sur des outils de diagnostic.

    Je voudrais profiter de cet article pour compléter les articles  que j’avais faits sur le sommeil paradoxal et le rêve, qui étaient un peu compliqués.
    Dans notre vie, nous avons tous des soucis, des ennuis qui nous préoccupent et nous y pensons souvent, notamment quand nous sommes tranquilles avant de nous endormir. Pour certaines de ces préoccupations, nous ne voulons même pas trop y penser car cela est trop pénible, et elles sont refoulées dans notre inconscient.
    Avant de nous endormir, nous pouvons également penser à d’autres sujets non préoccupants.
    
Enfin toute la journée nous avons mémorisé à court terme des millions d’informations, dont la plupart sont inutiles, ou n’étaient utiles que quelques instants.
    Le cerveau, pendant le sommeil paradoxal, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement). Il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
    Pour faire cela le cerveau renvoie, sans que nous en soyons conscients, les sensations mémorisées correspondantes dans les centres d’interprétation des perceptions (la vision notamment), lesquels sont, pendant le sommeil, déconnectés presque complètement des organes des sens; les connexions entre les neurones correspondant aux souvenirs à éliminer sont supprimées, et au contraire celles des souvenirs que l’on veut renforcer, sont consolidées.
    Mais toutes ces perceptions « internes », images notamment, arrivent dans ces centres de façon aléatoire dans une succession qui ne correspond à aucun ordre, que ce soit chronologique ou sur un sujet ou événement donné.
    Si nous nous réveillons, ne serait ce que quelques secondes, le cortex préfrontal, qui était déconnecté des centres de perception, va tout à coup être conscient de cette succession aléatoire et illogique de perceptions; il croira qu’elles viennent de nos sens et donc du monde réel et il tentera de trouver des explications. Le souvenir de cet épisode est ce que nous appelons un rêve.
   Et évidemment le cortex a beau faire ce qu’il peut, le rêve est forcément incohérent, illogique et farfelu, même si le cortex a su lui donner une explication réaliste.
  Mais en dehors d’un réveil il n’y a pas de rêve, car tout est inconscient, le cortex préfrontal n’étant pas informé des traitements qu’effectuent les centres d’interprétation des perception pour traiter nos souvenirs.

Samedi 3 février 2018 à 11:55

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

Dans l’article précédent, j’ai essayé de commencer à définir ce qu’était « la conscience » au sens de « être conscient ».
    Aujourd’hui je vais essayer de le préciser et de parler d’un outil tout récent de mesure, décrit dans un article que j’ai lu dans la revue « Pour la Science ».

    En fait la conscience n’est pas manichéenne. On n’est pas conscient ou non conscient : il y a une gradation continue d’états que les médecins distinguent sur le schéma ci-dessous, la conscience complète étant obtenue quand on est réveillé.
    Ne pas confondre conscience et attention. Certes on ne peut faire attention si on n’est pas conscient, mais on peut être conscient et même éveillé et ne pas être attentif.

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    Les médecins distinguent d’abord ce que l’on appelle un « état non répondant », même si la personne dans le coma reste les yeux ouverts et en apparence éveillée. Dans cet état il n’y a aucune communication possible. Seuls les centres cérébraux de base indispensables à la vie et certains circuits réflexes comme ceux des mouvements des yeux ou de déglutition fonctionnent. Le patient ne répond pas à des stimuli sensoriels. Toutefois rien ne nous indique ce que peuvent ressentir intérieurement ces patients.

    La catégorie suivante est celle de toutes les personnes endormies en sommeil profond et des patients mis sous anesthésie pour une opération.  Il n’y a pas de communication, mais l’activité du cerveau reste importante : en fait il y a déconnexion du monde réel, car les centres d’interprétation des sens ne fonctionnent plus, le thalamus ne leur transmettant plus les influx nerveux.
    On peut assez facilement réveiller une personne endormie, mais par contre l’éveil n’est pas immédiat dans le cas d’une anesthésie. Mais chaque patient a une réaction différente vis à vis des anesthésiants, et il faut surveiller en permanence l’électroencéphalogramme pour éviter que le patient ne se réveille en pleine opération. Les neurones oscillateurs du pont cérébral imposent une fréquence basse de quelques hertz au thalamus, qui fonctionne au ralenti : les centres d’interprétation des sensations et le cortex préfrontal sont déconnectés; l’anesthésiant bloque en outre les influx nerveux de la douleur remontant vers l’hypothalamus.

    L’état suivant est celui de conscience minimale. Une communication minimale est possible. On peut obtenir une réponse à certains stimuli, des changements dans le regards, certains gestes minimaux volontaires éventuels, voire percevoir certaines réactions d’émotions. Le patient peut même émettre des sons, mais non des paroles. On est à la limite de la conscience.

    Viennent ensuite le sommeil paradoxal ou le réveil après anesthésie.
L’individu est encore coupé du réel, les centres d’interprétation des sens n’interprétant pas les signaux venus de l’extérieur, mais traitent des signaux internes (j’en reparlerai dans un nouvel article sur le rêve).
    Il y a réaction à des stimuli, même à la parole ou à des événements extérieurs, mais ces réactions sont inconscientes. Le cortex préfrontal  est presque complètement déconnecté et les centres moteurs sont inhibés (sauf les mouvements des yeux).

    Le syndrome d’enfermement en bout de schéma est une affection particulière dans laquelle le patient est éveillé et totalement conscient, voit tout et entend tout, mais ne peut ni bouger ni parler, en raison d'une paralysie complète des muscles, excepté le mouvement des paupières et des yeux. Les facultés cognitives  sont intactes. Il est consécutif à un AVC du tronc cérébral qui coupe la communication entre les centres moteurs et le corps, via la moelle épinière.

    Quelles sont les théories de la conscience ?
    L’une des plus vraisemblable, due à l’origine à un neurologue de l’université du Wisconsin, Giulio Tononi, considère que le cerveau doit être à la fois capable de gérer d‘énormes quantités d’information provenant de centres différents, et de les intégrer de façon cohérente, mais aussi de faire la différence entre des informations voisines, comme par exemple reconnaître des visages.
    La conscience ne serait pas localisée à un endroit particulier du cerveau.
    Il y aurait deux architectures différentes : l’une est constituée de centres ayant des fonctions définies et pouvant fonctionner en permanence, en parallèle : par exemple les centres d’interprétation des sens, de reconnaissance des visages, du langage, les centres moteurs …. C’est une architecture modulaire peu connectée.
    Une seconde architecture est un système de nombreux neurones interconnectés, qui prend en charge les « synthèses » d’informations issues des modules du précédent système. A chaque moment ce second système saisit une scène qui correspond à une synthèse et les trois acteurs principaux sont le cortex préfrontal, chef d’orchestre du cerveau, l’hippocampe, organisateur de la mémoire, et les zones de mémoire associative.
    Un exemple concret : si on fait voir une phrase de façon subliminale (au dessous d’un seuil conscient de perception de 0,04 seconde), celle-ci est cependant entendue et lue, mais tout s’arrête là dans le cerveau. Au dessus de ce seuil, de nombreux autres centres s’activent, car le cerveau envoie l’information à tous les centres susceptibles de s’en servir, et notamment au chef d'orchestre, le cortex préfrontal, notamment pour comprendre la phrase et mémoriser l’information, voir déclencher une action. La phrase est devenue consciente.
    Chez les patients inconscients, les centres modulaires peuvent continuer à fonctionner, s’ils ne sont pas détruits, mais l’information qu’ils élaborent n’est pas transmise aux autres et ne provoque donc pas de réaction.
   
    Dans le prochain article, je parlerai d’une mesure de l’état de conscience.

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