Samedi 30 juin 2018 à 17:53

Enseignement, école, fac

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    Dans ce dernier article, je donnerai mes réflexions sur les deux derniers sujets de philo du bac, ceux de S :
                Le désir est-il la marque de notre imperfection?
                           Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste?

    Là encore une précision de vocabulaire est nécessaire, car des mots divers sont utilisés dans des circonstances voisines : le besoin qui est celui essentiel de base de l’organisme; l’envie de, qui a un caractère de jalousie, de comparaison au voisin; aspirer à et le désir; et en allant au delà, la passion, les pulsions, les addictions.

    Desiderare, en latin, c’est regretter l’absence de. C’est donc une tendance, un effort, une inclination vers quelque chose, que l’on n’a pas encore acquis, et qui n’est pas facilement accessible : le désir peut concerner un objet, une action, une personne, une chose abstraite. C’est en outre un moteur important vers l’action, mais ce n’est pas une volonté raisonnée.
    Le désir peut avoir un but noble, une aspiration généreuse. Il peut au contraire concerner des aspirations nuisibles, soit à nous mêmes (allant jusqu’à l’addiction), soit à autrui, sous l’effet de pulsions;
    Il peut engendrer un manque et donc frustration et souffrance.

    Mais l’expression « une marque d’imperfection » me fait sourire : comme si nous devions être parfaits.
    Je dirais bien ce que Bergson disait du rire : le désir est le propre de l’homme, ce qui nous différencie des animaux et du simple besoin. Il peut être une source de dégradation comme de perfectionnement. Renoncer au désir ne nous rendra pas forcement meilleurs et surtout parfait.
    Par ailleurs, si je me réfère à la pyramide de Maslow, dont j’ai parlé plusieurs fois dans ce blog, le besoin constitue les deux premiers étages; le désir se situe aux autres étages, et il participe aux derniers : le besoin de reconnaissance et la réalisation de soi.

    J’ai trouvé le second sujet intéressant mais curieux pour la série S, car il relève plutôt de la psycho que de la morale.

    En fait la question est curieuse car « éprouver l’injustice » est un sentiment, une impression, une émotion. et « savoir ce qui est juste » est au contraire une reconnaissance, une réflexion sur des règles, en vue de l’action (ce qu’il faut et ne faut pas faire).
    L’injustice n’est pas le contraire de ce qui est juste, c’est une situation dans laquelle un acteur a commis quelque chose qui n’est pas juste et cela est ressenti négativement par celui qui en pâtit ainsi que par des témoins.
    « Savoir » ce qui est juste est une connaissance rationnelle , morale, juridique, politique, avec une référence à la loi.
    Quand j’étais enfant, il m’est arrivé de ressentir l’injustice d’une punition pour une bêtise que je n’avais pas commise. Bien sûr je savais ce qu’était une bêtise, mais je ne connaissais pas ce qui était juste. Ressentir l’injustice est une émotion presque innée.
    Evidemment la connaissance de ce qui est juste peut renforcer l’impression d’injustice.

    Je ne pense donc pas qu’il faille savoir ce qui est juste pour ressentir l’injustice, mais la réciproque est elle vraie, comme le suggère la question du sujet?
    Je crois qu’à ce niveau, il faut séparer ce qui est individuel du collectif.
    Au niveau de l’individu qui réfléchit rationnellement sur une situation et se demande si elle et juste ou injuste, il se réfère effectivement à ce qu’il a éprouvé en matière d’injustice pour juger de la situation. Le sentiment d'injustice le conduit à ce qui est juste, d'après lui.
    Par contre au niveau du législateur qui va coder ce qui est juste, c’est à dire ce qu’il faut faire et ne pas faire, la notion d’injustice n’est pas la seule en cause : les problèmes d’ordre, de vie en société, de nuisance, de punition, de dissuasion sont aussi présents.

    Je pense donc qu’on peut ressentir qu’une action ou une situation est juste ou injuste; c’est lié au fait que l’on est responsable ou non de l’action, et qu’on estime qu’on la mérite ou non.
    Par contre savoir ce qui est juste est une réflexion sur ce qu’il faut faire, sur le comportement à avoir face à des événements, et cela implique une réflexion rationnelle sur les conséquences des actions au plan pratique et moral, et notamment de leurs effets nocifs sur autrui.
    Certes les deux sont en partie liés, mais ce sont deux comportements de natures différentes.

Mercredi 27 juin 2018 à 17:53

Enseignement, école, fac

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    Les deux sujets de la série technologique me plaisaient évidemment, car ils sont plus proches de ma formation scientifique :
              L’expérience peut-elle être trompeuse? 
                        Peut-on maîtriser le développement technique?


    Là encore des questions de vocabulaire se posent.
    Quelle signification donner à « l’expérience » ?
    On peut penser à trois notions différentes : les expérience de tous les jours de la vie courante, les expériences scientifiques et techniques et l’expérience acquise par quelqu’un tout au long de sa vie.
    Pour les deux premières, il s’agit d’essais conduisant à des constatations qui mènent ensuite à une connaissance ou à la maîtrise d’actions.

    L’expérience courante de tous les jours est basée sur nos perceptions ou sur nos sentiments. La plupart résultent de ce que nous voyons et entendons, mais une expérience amoureuse résulte surtout de sentiments et d’émotions.
    Evidemment nos sens sont souvent trompeurs (on connaît le peu de fiabilité d’un témoin), et notre inconscient guide sentiments et émotions; c’est le contraire du rationnel et donc, par réaction, on doute que ces expériences courantes soient fiables.
    Mais en fait la raison, quand nous réfléchissons, se base sur ces expériences, sur des données initiales pratiques, sans lesquelles, et sans l’imagination et la mémoire, tout raisonnement serait impossible, ne reposant sur rien.
    Même trompeuse l’expérience fournit la matière au rationnel

    Le problème des expériences scientifiques est différent. Préalablement le chercheur a fait une hypothèse; Il en en déduit des conséquences, a imaginé soigneusement des faits qui en résultent et des méthodes pour les mettre en lumière.
Il chiffre ses résultats, fait un calcul d’erreurs et de confiance à leur accorder.
    Bien entendu des artéfacts peuvent se glisser dans le processus, des erreurs de mesure peuvent intervenir, l’hypothèse de départ pouvait être fausse, ou les déduction erronées. Mais toutes ces conjonctures négatives sont beaucoup moins probables et surtout elles sont presque toujours décelées. De plus la même expérience est souvent faite par plusieurs équipes. L’expérience scientifique est rarement trompeuse, car, les quelque fois où elle n’est pas satisfaisante, on s’en aperçoit.
    Les expériences scientifiques ont d’ailleurs diminué de volume avec le développement des simulations sur ordinateur, qui permettent de prévoir le comportement des objets expérimentés, mais ces modèles mathématiques et physiques ne peuvent donner des résultats corrects que s’ils sont « recalés » sur des expériences, qui vérifient qu’ils sont conformes à la réalité. C’est l’expérimentation qui vérifie alors le rationnel.

    Quant à l’expérience d’une vie, elle repose sur de multiples expériences mais aussi sur leur analyse ultérieure et sur une sélection des causes et des résultats. Certes certaines des conclusions peuvent être erronées, mais par définition, l’expérience d’une vie est orientée vers justement un effort pour réduire les erreurs.


    Maîtriser le développement technologique, un but poursuivi sans cesse, mais jamais atteint réellement..

    Notre monde actuel est très dépendant du « progrès » technologique (et scientifique), nous nous en apercevons tous les jours et la société de consommation et les médias nous le rappellent sans cesse. C’est d’ailleurs le moteur de l’industrie et en partie des finances et de l’économie.
    Les inventions sérieuses et utiles voient le jour, mais les gadgets pullulent; on ne maîtrise pas cette situation car elle est d’ordre économique.
    La technique a été mise en place par l’homme, et à l’origine dans un but de progrès et de maîtrise de la nature. Il est certain qu’actuellement la motivation financière est prépondérante dans les entreprises et qu’elle ne correspond pas forcément à un progrès « utile », mais à une motivation d’optimiser les gains financiers ou à des fins d’image de marque. D’où certains développements qui certes font l’objet de beaucoup de publicité, mais dont on peut se demander s’il n’y aurait pas mieux à faire. C’est le cas par exemple de nombreux logiciels gadgets sur smartphone, ou de l’avion solaire, (jamais cette technique ne pouvant un jour permettre d’alimenter un avion commercial de plusieurs centaines de tonnes).
    Le développement technique demande des moyens financiers importants, et il dépend donc soit des moyens de certaines sociétés, mais qui ont des compétences dans des domaines particuliers et des motivations financières et commerciales, soit de fonds public, mais décidés en général par des personnes n’ayant pas les connaissances techniques et la vision à long terme suffisantes. D’où un contrôle insuffisant.
    Certains produits issus de ce développement peuvent s’avérer dangereux, mais les intérêts commerciaux font tarder leur suppression et engendrent des dommages importants pour l’homme ou la nature (médicaments amiante, pesticides….).
L’exemple le plus inquiétant est le changement climatique dû aux gaz à effet de serre.
    On peut aussi dire que tout développement scientifique et technique peut être utilisé à des fins maléfiques et, même avec un contrôle strict, cette éventualité ne peut être exclue et survient régulièrement.

    Le point le plus néfaste est que l’évolution de l’homme ne suit pas ce développement technologique.
    D’une part au plan du travail : le 19 et le 20ème siècles ont connu des conditions de travail à la production pénibles, voire dangereuses. Le 20ème et le 21ème siècles connaissent le chômage.
    Le développement des techniques numériques de communication et de l’informatique est un exemple flagrant. On veut actuellement imposer le recours à internet alors qu’un partie de la population ne sait pas s’en servir. Les jeunes, certes eux, savent l’utiliser, mais l’addiction aux réseaux sociaux et aux jeux les empêche d’étudier et bon nombre d’entre eux ne savent plus dormir ou manger sans leur smartphone dans la main : pire que leur doudou lorsqu’ils étaient bébés !
    En fait ce n’est pas le développement de la technique que l’on ne sait pas alors maîtriser, mais c’est l’usage qu’on en fait. Toute nouvelle technique, si on veut qu’elle soit bien utilisé, doit faire l’objet d’une formation et d’un long apprentissage, et là on veut brûler les étapes.

Samedi 23 juin 2018 à 17:30

Enseignement, école, fac

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    Je réfléchirai aujourd’hui aux deux sujets du bac 2018 suivants :
Peut-on être insensible à l’art?
                   La culture nous rend-elle plus humains?

    Remarquons tout d’abord qu’il n’est pas interdit, ni moralement, ni juridiquement d’être insensible à l’art. Mais le fait de poser la question dans un sujet de philo, implique la deuxième question : est ce courant, est ce normal, est ce regrettable ?.
    Disons aussi que la notion d’art est assez vague et qu’il en existe bien des facettes.
Je crois que si l’on posait à de nombreuses personnes la question « qu’est ce que l’art, à votre avis? » nous aurions des réponses très nombreuses et très différentes.

    A premier abord la notion d’art est simple, c’est le dessin, la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, la danse, la poésie, le théâtre : les « beaux arts ». Mais on peut y rajouter aujourd’hui le cinéma, la télévision, l’art numérique, la photographie, la mode etc.. Faut il y rajouter la littérature et la bande dessinée, la décoration, le paysagisme, le grand chef cuisinier, le créateur de parfums… ?
    Qu’est ce qu’un artiste ? On peut se poser la question autrement : l’architecte qui conçoit une usine est il un artiste. Pourquoi le peintre qui fait des tableaux en est un et pas le peintre en bâtiments ?
    Qu’est ce qu’un objet d’art ? Je ne suis pas sûr que les diverses civilisations dans le temps et dans l’espace reconnaissent comme tels les mêmes objets.
    Le latin « ars - artis » désigne l’habileté, le métier, le talent.
    En général la notion d’art est associée à le création d’oeuvres d’arts, à une certaine créativité, et à la notion de « beau », mais qui est tout aussi difficile à définir. On considère aussi souvent qu’un oeuvre d’art faut « passer un message ».
    Si on se demande « qu’est ce qui n’est pas de l’art, on n’est guère plus avancé.
    Mais à une époque la science était considérée comme un art et on parlait de l’art du médecin !
    La seule chose sur laquelle il n’y a pas de doute, c’est que c’est « une activité humaine », et en général on la rattache à la « culture ». (terme vague lui aussi).

    Posons nous la question autrement : quelles sont les réactions face à l’art ?
    On trouve dans les livres de philosophie le texte suivant : L'art est l’activité humaine visant à exprimer les préoccupations, les croyances, les questions sous une forme telle qu'elle traduise les émotions et les sentiments que les hommes éprouvent en y pensant ou en éprouvant une sensation (vision, écoute, toucher, odeur, goût), face à l’œuvre d’art.
    Mais comment l'art parvient-il à nous toucher ? Quelle est la forme d'expression qui serait le propre de l'art ?
    L’art est certainement très technique et demande un grand savoir-faire, mais si nous en tenons parfois compte, ce n’est pas ce qui nous touche. ce n’est pas non plus forcément l’intention de l’artiste, pas forcément connue. Nous pouvons voir dans une œuvre des choses bien différentes et chacun n’y voit pas forcément la même chose.
    L’art est sensé faire appel à notre sensibilité, nous émouvoir, apporter quelque chose de créatif et de beau.
    Cela dit il est tout aussi difficile de définir la beauté, associée à une émotion spontanée et à un sentiment de plaisir, et d’admiration (parfois aussi de regret de ne pas savoir faire la même chose), mais que l’on a bien du mal à expliquer.
    Je crois d ‘ailleurs que chacun d’entre nous a une définition personnelle du beau, basée sur ses réactions.

    Peut on être insensible à l’art?

    Le problème est que chacun a face à l’art des émotions différentes et qui ne sont d’ailleurs pas les mêmes selon les œuvres d’art. Une partie de ces émotions qui sont immédiates et presque inconscientes, dépendent de notre sensibilité émotionnelle immédiate, une préférence cérébrale (voir mes articles à ce sujet).
    On peut être sensible à la peinture figurative et ne pas l’être à la peinture abstraite, avoir des sensibilité très différentes à la musique classique et à la musique moderne.
    Personnellement je suis en admiration devant les cathédrales gothiques, les petites églises bretonnes et du Périgord, et sensible à l’atmosphère qui y règne, mais assez insensible aux statues de nos villes.
    Il est certain par ailleurs que la sensibilité à l’art s’apprend : les enfants d’artistes y sont en général plus sensibles.
    Peut on être insensible à toute forme d’art.?
    Il est rare qu’une personne n’ait jamais chantonné ou siffloté une chanson; n’est ce pas déjà une forme de sensibilité à l’art ?
    Etre insensible à l’art ne serait ce pas, être dénué de toute sensibilité et donc proche du robot ?
    Un enfant très jeune qui n’a pas encore reçu d’éducation artistique et qu’on emmène dans un musée, est curieux et sensible à l’art. Alors qu’est ce qui pourrait tuer cette tendance innée.?
    Effectivement on constate cette insensibilité chez les fanatiques musulmans qui détruisent les cités antiques et interdisent l’écoute de toute musique. Ils mettent en avant leur fanatisme religieux, mais en fait, ils font preuve d’une immense inhumanité.

    La culture nous rend elle plus humains?

    Je crois qu’il faudrait d’abord définir ce qu’on entend par « culture » et par « humain » et le terme "rendre" évoque un passage de cause à effet.
    Remarquons d’abord que la culture est humaine puisqu’elle n’existe pas naturellement : c’est nous qui la créons.
    Ce qu’on appelle habituellement la culture, c’est un ensemble de connaissances principalement dans le domaine littéraire, philosophique, religieux ou des arts, mais en fait les sciences, l’histoire, la géographie, la technique en font aussi partie.
    De plus la culture ce sont aussi des savoir-faire : maitriser la langue, écrite et orale, savoir raisonner, convaincre et négocier, bref avoir une certaine expérience.
    Elle nous différencie de l’animal et nous apporte un plus par rapport à la nature.
A titre individuel, elle développe notre esprit, notre intelligence. Elle nous donne une individualité.
    C’est pour cela que nous la créons et donc elle nous rend à priori plus humains, plus complets; c’est en fait le propre de l’homme, comme le langage et  elle nous rends aussi plus humains vis à vis de l’environnement.

    Toutefois nous n’avons pas tous accès de la même façon à la culture et cela introduit des différences, des inégalités qui peuvent être source de différences notables de conditions de vie, de mépris, d’isolement et de harcèlement, de pouvoir, de conflits, bref de comportements inhumains
.
    Mais culture n’est pas seulement instruction et expérience. On peut l’interpréter au sens de civilisation, de société, de l’ensemble des règles, des habitudes, des archétypes.
    La culture, à ce titre n’est pas inhumaine, mais les différences de culture entre groupes, ethnies, sociétés peuvent être à la source d’incompréhension, de racisme, d’hégémonie, de conflits, voire de persécutions comme au moment du nazisme.
    On peut même évoquer la différence de culture entre anciens et jeunes, qui est souvent une difficulté majeure car source d’incompréhension.

    Ce ne sont donc pas les cultures qui nous rendent inhumains, mais les différences de cultures entre hommes, groupes, sociétés, générations.

Mercredi 20 juin 2018 à 17:03

Enseignement, école, fac

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          Tous les ans, quand arrive le Bac, j'ai l'habitude de lire les divers sujets et d'y réfléchir.
           Je n'ai en général pas de difficulté à résoudre les problèmes de maths et de physique-chimie, mais les sujets de philo me demandent plus de réflexion.
          Je vais essayer de vous faire part, en plusieurs articles, de ce que m'inspirent les sujets de 2016 
          Ce ne sont, en aucun cas des corrigés. J'ai oublié beaucoup de ce que j'ai appris au lycée sur les pansées des philosophes, et par contre j'ai acquis une certaine expérience de la vie. Mes propos n'ont donc aucune prétention scolaire.
           Cette année, les sujets de philosophie du bac étaient les suivants :

                      Sujet de la filière S :
           Le désir est-il la marque de notre imperfection?
           Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste?

                      Sujet de la filière ES :
           Toute vérité est-elle définitive?
           Peut-on être insensible à l’art?


                      Sujet de la filière L :
           La culture nous rend-elle plus humains?
           Peut-on renoncer à la vérité?


                      Sujet de la série technologique :
           L’expérience peut-elle être trompeuse?
           Peut-on maîtriser le développement technique?

           Je regrouperai mes réflexions par genre de sujet et non par filière des études secondaires (qui vont d’ailleurs disparaître).

           Je traiterai dans ce premier article :
Peut-on renoncer à la vérité?  Toute vérité est-elle définitive?

           Je pense qu’il faut se demander d’abord ce qu’on entend par « vérité ».
           A l’origine ce qui est vrai est ce qui n’est pas faux. Donc par principe elle devrait être définitive. Mais en fait, c’est ce que nous croyons avéré à un instant donné, et cela, dans maints domaines de natures différentes, et pour lesquels les degrés de certitude peuvent être très variables.

            Il y a d’abord les « faits », les choses que nous avons vues, dont nous avons été témoins. Pour celles que d’autres ont vues et relatent - notamment les médias -, il y a l’incertitude de la communication, plus ou moins déformée selon les buts poursuivis par le narrateur.
           Mais même ce que nous avons vu n’est pas sûr. Nous n’avons vu souvent qu’une partie des faits, nous les avons interprétés, certes avec la raison, mais aussi avec l’inconscient et avec nos à-priori. L’apparente vérité des faits est donc déformée.
           Plus discutables encore nos opinions et convictions, et encore plus nos croyances.
           Si nous sommes raisonnables, elles sont fondées sur des raisons logiques, mais bien souvent elles ne sont pas aussi rigoureuses que cela. Et la preuve est que d’autres personnes peuvent avoir les idées opposées, tout aussi valables.
           Ce ne sont pas des vérités, même si nous les tenons pour telles, mais des « construction de l’esprit », fondées sur des faits, mais aussi nos valeurs, nos préjugés et l’influence d’autrui et de l’environnement. La construction peut être valable, mais elle dépend des prémices dont nous ne sommes pas entièrement maîtres et surtout qui n’ont aucun caractère définitif et universel.

           Sans doute peut on être plus confiant dans la « vérité scientifique ».
           Elle repose sur des constatations, des faits et une logique en vérifiant les hypothèses faites à l’origine, par des expériences ou des démonstrations (voire des simulations aujourd’hui).
           Mais on ne peut faire toutes les expériences possibles et l’on n’est jamais certain qu’il n’existe pas des exceptions, ou qu’une découverte arrive, qui remette en cause la construction initiale, souvent en faisant avancer les connaissances, en montrant qu’une partie de la construction est différente, quand on peut la connaître avec plus de détails, au fur et à mesure que nos outils d’analyse et de mesure deviennent plus performants et plus précis. C’est ce qui est arrivé souvent depuis 50 ans pour la constitution de la matière et la mécanique quantique.

           Reste un secteur où pourrait régner des vérités : les mathématiques. Mais les règles et résultats mathématiques, s’ils sont vrais, ne le sont que dans certaines hypothèses, certes connues. Les règles valable dans un plan ne le sont plus sur une surface sphérique, celles valables dans notre monde géométrique euclidien, ne le sont plus dans un monde où les dimensions obéissent à des hypothèses différentes, notamment quand les dimensions sont supérieures à 3.
           Il y a même des domaines des mathématiques où l’on ne parle plus de faits bien définis, mais seulement de faits assortis d’une certaine probabilité d’existence.
           Finalement aucune vérité n’est définitive, car elle n’est jamais complète et nous pouvons toujours en découvrir des éléments nouveaux.
           C’est le cas notamment en sciences où toute nouvelle découverte répond à des questions que nous nous posions, et explique certains phénomènes, mais suscite plusieurs nouvelles questions dont nous ne connaissons pas la réponse.

                      Peut on renoncer à la vérité ?

           On peut prendre la question de deux façons assez différentes :
                       - en prolongement du sujet précédent et de ce qu’on vient de dire, faut il ne pas rechercher la vérité sous prétexte qu’elle ne peut être atteinte
                      - dans un domaine tout autre, des valeurs et de la moralité, au sens de la règle juridique imposée aux témoins : « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ».

           De façon générale on ne peut renoncer à rechercher la « vérité », c’est à dire la « réalité », notamment au plan scientifique. Ce serait renoncer à tout progrès, à accroître nos connaissances. Cela implique non seulement des réflexions de personnes compétentes, mais aussi des possibilités et des instruments de mesure de plus en plus précis (penser aux progrès possibles en médecine dus aux nouvelles déterminations d’ADN), et des efforts financiers et humains importants.

           Il est cependant des cas où l’on peut se poser la question : faut il connaître toute la vérité sur une affaire ?  Faut il dire la vérité à un malade qui a une grave maladie et est très impressionnable et pessimiste? Un enfant abandonné sous X doit il connaître ses vrais parents ? La divulgation de certains éléments confidentiels à des personnes non habilitées ou trop concernées, peut créer des affrontements regrettables, ou mettre en danger la vie d’autrui (ou permettre à un criminel d’échapper à la police et la justice.)

           Si maintenant on veut aborder l’aspect moral, cela peut être à titre collectif ou personnel et là on suppose qu’il y a une vérité  au moins des faits.
           Au plan collectif le problème se pose dans bien des domaines : à l’historien le devoir de mémoire, au policier et au juge la recherche de la justice et du respect des règles, au politique une certaine transparence entre ses intentions et ses réalisations….
           Au plan personnel, la morale demande en général de ne pas mentir. Mais si cela semble préférable dans beaucoup de cas, il y a des vérités qu’il vaut mieux ne pas dire pour préserver une bonne entente entre personnes. Mais le plus souvent de sont des opinions, des convictions que nous prenons pour vraies, qui ne le sont pas forcément pour tous, et qui seraient désagréables ou préjudiciables pour la personnes à laquelle nous en ferions part.

           En définitive, renoncer à dire la vérité, ce serait renoncer à dire ce qui s’est réellement passé - (si on le connaît vraiment !). il est certain que si on y renonce, il faut avoir alors une raison et pouvoir en expliquer le bien-fondé.

Vendredi 15 juin 2018 à 15:14

Divers

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    Je ne cache pas que j’aime les BD d’Astérix, que j’ai lues avec mes enfants et petits-enfants… ou tout seul, et je possède la collection complète.
    Alors je me suis amusé à chercher sur internet quel était le rôle exact des druides comme Panoramix et quels étaient les dieux gaulois autres que Toutatis.
    En fait on trouve peu de renseignements sur la période gauloise, avant l’invasion de la Gaule, car la plupart des textes de références sont en fait gallo-romains.
    Je me souviens d’ailleurs avoir traduit en seconde un texte de Cicéron sur les druides gaulois.

    Les druides étaient des personnages beaucoup plus importants que Panoramix, même sans potion magique.
    Les druides étaient d’abord détenteurs de l’autorité spirituelle, à coté des « chevaliers » (equides), qui étaient chargés de l’autorité temporelle.
    Ils formaient une caste assez fermée et « professionnelle », car ils subissaient une initiation d’une durée de 20 ans, et par ailleurs étaient dispensés de charges et du service militaire (car les gaulois étaient avant tout des guerriers).
    Le choix avait lieu par hérédité et au mérite.
    Il semble qu’ils aient eu trois spécialités : théologiens, devins, et bardes (poètes chanteurs). Les prêtres sont placés sous l’autorité d’un chef suprême, une sorte de pape, élu à vie.
    Tous les ans les druides se réunissaient et formaient une sorte de tribunal; ils jugeaient les différents entre tribus.
    Le druide était à la fois prêtre, juge et professeur. Prêtre il était le garant des valeurs et gérait les croyances, les sacrifices, le culte. Juge, il évaluait les dommages et les peines. Professeur il était le moteur de transmission oral de la métaphysique, l’astronomie et la cosmologie et enseignait aux jeunes.
    Il avait donc un pouvoir certain auprès des chevaliers.

    Par contre les coutumes gauloises et les rites sont peu connus, car la tradition orale n’est pas favorable à la transmission détaillée à long terme. La cueillette du gui, chère à Panoramx, a été rapportée par l’écrivain romain Pline l’Ancien (mort dans l’éruption du Vésuve).
    En celtique le gui est « celui qui guérit tout », et il était cueilli, lors de la sixième lune, avec une serpe d’or dans les arbres et jeté dans un drap blanc, symbole de pureté, et cette cérémonie était suivie de sacrifices d’animaux.
    Le seul druide dont on connaisse le nom est Diviciacos,  (« le divin »), contemporain de César, chef des Eduens, que Cicéron considère comme un aristocrate, diplomate, homme politique, et même guerrier, ayant en outre une grande capacité divinatoire. Après une défaite des Eduens face aux Germains, il avait dû fuir et avait été demander l’aide de Rome. Si vous avez traduit des pages de la « guerre des gaules » de César, il parle de ce druide.
    Son frère, Dumnorix, anti-romain a été exécuté par Jules Cesar.
    Après Alésia (52 avant JC), le druidisme a décliné et il a été interdit par l’empereur Claude dans les années 50 après JC.

    Les dieux gaulois sont multiples, mais peu connus, car on trouve rarement leur nom associé à un dessin ou une représentation. Les renseignements que l’on a proviennent d’une comparaison entre les écrits romains et les mythologies celtique et galloise. Les druides étaient opposés à l’écriture, ce qui rend difficile la transmission.
    Par ailleurs il semblait exister un tabou des noms et les dieux étaient plus dénommés par des adjectifs que par leur nom
    Le TOUTATIS d’Astérix n’est pas un dieu. C’est une appellation signifiant « celui de la tribu » et il peut donc représenter des dieux protecteurs très divers.
    LUGUS ou LUG était le dieu le plus honoré en Gaule. C’était un Mercure gaulois, inventeur de tous les arts et protecteur de tous les artisanats. Son messager est un corbeau.
    EPONA était une déesse à cheval. Elle monte en amazone, en tenat une corne d’abondance ou du blé. Il semble qu’elle soit une déesse de la fécondité et de l’agriculture (élevage compris).
    TARANIS est assimilable à Jupiter : c’était le dieu de la foudre et les gaulois aavient peur des orages.
    MAPONOS était un jeune dieu, retenu prisonnier dans une forteresse. Les romains le comparaient à Apollon.
    CERNUNOS possède des cornes de bélier et est représenté aussi par un serpent à tête de bélier. On ne sait pas quelle était sa fonction. Certains le comparent à Dyonisos.
    TEUTATES, TARANIS et ESUS, sont invoqués lors de sacrifices.
GRANNOS était un dieu solaire, type RÂ des égyptiens.
    GRANUS et BELENUS étaient semblables à Apollon.. BELENUS symbolisait le rayonnement solaire, la jeunesse, le renouveau, le printemps.
     ATEPO-MARUS semble proche de Mercure; c’est un roi ou un guerrier mythique, qui, avec son frère, MOMOROS, aurait fondé la ville de Lyon.
    De nombreuses MATRONES sont souvent invoquées car, comme les Parques, elles règlent la naissance, la vie et la mort.

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à gauche "Lugus", au milieu "Epona" et à droite "Taranis"
au dessous "Cernunos" à gauche, au milieu "Teutates" et "Bélénos" à droite.

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Vendredi 8 juin 2018 à 11:00

Informatique, médias, internet

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     Nous sommes gavés d’informations, que ce soit à la radio, à la télé, par les journaux, sur les réseaux sociaux, par la publicité de toutes sortes, ceci à partir des médias, mais aussi de tous nos autres concitoyens.
    Parmi ces informations beaucoup sont plus ou moins inexactes, voire totalement fausses, mais il est parfois difficile de s’en rendre compte.
    En fait cela est loin d’être anodin, car toutes ces informations influent sur nos comportements et sur nos décisions; nous pouvons donc nous tromper si nous basons notre conduite sur les informations que nous recueillons
    Réfléchir est primordial ainsi qu’analyser avec un esprit critique.

    Mais analysons plus avant l’information :
    D’abord on peut nous présenter préférentiellement une certaine information : les médias par exemple recherchent le sensationnel. Les informations plus courantes sont souvent ignorées.
    On peut aussi fausser une partie des données; il est bien connu que sur les réseaux sociaux, les personnes parlent de ce qui les valorisent, et certaines n’hésitent pas à inventer un certain nombre de faits.
    La langue de bois des politiques est bien connue, et certaines entreprises, organisations ou groupes n’hésitent pas à répandre exprès de fausses informations.
    Mais sans parler de fausse information, la façon dont elle nous est présentée n’est elle pas tendancieuse ?
    Plus précisément, la façon dont on nous présente l’information ne va t’elle pas influencer nos décisions ?

    La peur du gendarme est une motivation bien connue. Pour nous forcer à faire rapidement une action, la peur d’une sanction influence en général plus que la promesse d’une récompense. Le contexte va donc agir sur nos décision : une épidémie de grippe entraînera un nombre de vaccination plus grand que dans une période sans maladie. Des expériences ont montré que davantage de femmes acceptaient une mammographie, si on leur présentait les risques de cancer non décelé en l’absence de l’examen, que les bénéfices de l’examen.
    Il est certain que présenter le verre à moitié plein est en général plus agréable que de montrer ce même verre à moitié vide. Vous prendrez plus facilement une ligne de métro où l’on est à l’heure dans 85% des cas, que la même ligne où l’on est en retard dans 15% des cas (ce qui est la même chose).
    Voir le coté positif des choses est plus incitatif : on vendra plus facilement un produit qui a 80% d’oméga3 et 6, que le même produit qui a 20% d’acides gras saturés. Alors la pub n'indiquera que le premier chiffre !

    Finalement nos décisions peuvent changer selon la façon dont on nous présente les données qui devraient permettre de les pendre de façon satisfaisante, et cela peut être un biais dont nous n’avons pas conscience.
    En fait nos choix ne sont pas forcément rationnels pour deux raisons : d’abord parce que les émotions, les sentiments influent tout autant que le raisonnement logique. Ensuite parce que le raisonnement logique demande des prémices et ensuite une connaissance des buts attendus et de la marche à suivre. Or on nous donne des prémices « orientés », et par ailleurs nos analyses sur les buts et moyens des opérations sont souvent succincts, car nécessitant un effort de réflexion fatigant.
    Paradoxalement les enfants sont moins influencés par le contexte, car leur raisonnement est surtout quantitatif : il cherchent la décision qui permettra d’avoir le plus grand nombre de satisfaction (par exemple la plus grand nombre de bonbons).
    Pour les adultes, le qualitatif intervient autant que le quantitatif et le qualitatif est plus vague, plus sensible à l’environnement et à la présentation des faits. Par ailleurs alors que l’enfant recherche le gain immédiat, l’adulte a une vue à plus long terme. Le nombre et la nature des données influant la décision deviennent plus grands et le choix rationnel est en fait plus difficile et plus sensible à la présentation.
    En vieillissant l’esprit est moins flexible, et par ailleurs on devient plus prudent, plus méfiant. On est donc encore plus sujet aux biais de présentation des données.

    Bien entendu la personnalité des individus va influer sur leurs décisions et le risque de biais. Une personne de préférence cérébrale de décision « L », qui a tendance à analyser logiquement les données, sera moins sensible à la présentation qu ‘une personne de préférence « V », qui va décider selon des critères subjectifs de goûts et valeurs.
    Egalement, une personne est plus ou moins influençable ou indépendante d’esprit. Cette préférence cérébrale sera évidemment très importante quant à nos réactions vis à vis des informations qui nous envahissent.

Vendredi 1er juin 2018 à 15:33

Inné et acquit

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    Beaucoup trop de jeunes ne font pas assez d’efforts car ils croient que leur hérédité, héritée des parents, est prépondérante et va déterminer leur avenir. C’est une énorme erreur.
    En fait lorsque nous naissons, notre cerveau est juste capable de nous faire vivre (le cerveau central et notamment l’hypothalamus), et de nous faire ressentir des sensations, sans d’ailleurs que nous soyons capables de les interpréter vraiment.
    Mais, grâce notamment à notre système d’apprentissage, qui est là, prêt à fonctionner, chacun d’entre nous a un immense potentiel, qu’il développera ensuite plus ou moins.
    Alors qu’avons nous d’inné ?

    Commençons par la formation du cerveau.
    Elle est commandée par ce que l'on appelle des “facteurs de croissance”, molécules chimiques qui stimulent des gènes qui vont présider à la différenciation des cellules nerveuses, puis à la croissance de leurs ramifications : dendrites et axones, et leurs jonctions : les synapses.
    Les diverses sortes de neurones apparaissent d'abord, puis leurs prolongements se développent, guidés par des indicateurs chimiques qui tracent leur chemin, pour que les jonctions nécessaires se fassent entre les divers centres du cerveau. Ces guides amèneront les axones jusqu’aux emplacements des centres avec lesquels ils doivent communiquer.
    Au départ, les gênes ayant une origine héréditaire, notre patrimoine génétique légué par nos ancêtres intervient. mais ces marqueurs chimiques ont aussi une action indépendante des gênes et une différenciation individuelle se produit ainsi. De plus ces marqueurs ne conduisent la croissance de ces terminaisons qu'à proximité de l'endroit cible, mais la fin de la croissance et la connexion à d'autres neurones se termine aléatoirement.
    Tout cela fait que même deux jumeaux issus du même ovule (génétiquement unique - on dit homozygotes), n'ont pas des cerveaux identiques.
    La formation du cerveau aboutit donc à des préférences cérébrales qui vont régir en partie notre personnalité et des centres plus ou moins développés, ce qui nous confère des aptitudes différentes à la naissance.
    Mais ces différences sont moindres que celles que vont apporter l'apprentissage du bébé et de l'enfant et toute l'éducation qui lui sera donnée, puis ensuite son “expérience de la vie” personnelle.


    A la naissance, le nombre de connexions entre neurones est à l'origine très supérieur au besoin et les connexions qui ne servent pas vont disparaître surtout pendant l'enfance. Il en résulte une modification importante des divers centres du cerveau, notamment ceux qui concernent la perception (nos 5 sens) en fonction de l'apprentissage de l'enfant.
    Pour donner un exemple, on constate que si, par suite d'un strabisme que l'on ne corrige pas très jeune par exemple de l'oeil droit, celui ci devient “paresseux” et les centres du cerveau gauche qui devraient s'occuper de l'interprétation des images de l'oeil droit, s'atrophient ou se mettent à travailler aussi pour l'oeil gauche, de telle sorte que l'enfant, peu à peu ne “voit plus” de l'oeil droit. (en fait c'est son cerveau qui ne travaille plus pour lui).
    C'est un exemple extrême, mais il est certain que plus on fait travailler un de nos sens, plus le nombre de connexions du centre d'interprétation correspondant sont nombreuses.
    Cette différenciation se poursuit lors de l'instruction de l'adolescent.
    On constate par exemple qu'un musicien a un centre auditif plus développé (notamment en ce qui concerne la différenciation des sons en fréquence - les “notes”) et que les centres moteurs s'occupant de la commande des doigts sont plus développés chez un pianiste.
    Ceci touche aussi la mémoire :
    Un peintre ou un photographe a en général des aires qui gèrent la mémoire des couleurs beaucoup plus développées, mais aussi les centres d'interprétation de la vison colorée plus sensibles aux nuances.
    C'est l'utilisation plus ou moins grande de ces centres du cerveau qui peu à peu modifie leur développement.
    Il y a des phases très importantes dans le développement de l'enfant : apprentissage des gestes de préhension et de la vision qui les guide entre 5 et 9 mois, apprentissage de l'équilibre lorsque le bébé apprend à marcher, apprentissage de l'ouïe et des centres de la parole lorsqu'il apprend à parler, de la vue et de ces mêmes centres lorsqu'il apprend à lire et à écrire, les centres moteur de la main étant aussi concernés par cette dernière action.
    L’apport des parents et des éducateurs dans l’évolution des capacités d’un enfant est donc immense.

    Ce n'est pas tellement la taille des zones cérébrales qui intervient (le nombre de neurones) qui reste à peu près le même, mais le nombre de connexions entre eux, (il est colossal de l'ordre de dix puissance seize !), et aussi un phénomène plus complexe, leur capacité à produire au niveau des synapses plus ou moins de neurotransmetteurs, qui conditionnent le passage de l'influx nerveux.
    De plus certaines connexions existantes sont peu actives ou “en réserve” et d'autres sont “favorisées” par l'utilisation, c'est à dire qu'il faut un impulsion moindre de tension électrique pour qu'elles transmettent l'influx nerveux. Notre mémoire notamment est basée sur cette propriété.

    Nos aptitudes sont donc en partie génétiques, mais surtout dues à notre apprentissage d'enfant, qui dépend plus de nos éducateurs (parents, éducateurs, professeurs) que de nous mêmes, puis une partie volontariste qui dépend de nos activités cérébrales, mais où l’intervention de nos parents et de nos enseignants est primordiale.
    Les jeunes ne se rendent pas compte qu’une grande partie de l’avenir de leur vie, se joue au collège, au lycée, puis dans le supérieur ou l’apprentissage d’un métier.

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