Jeudi 15 novembre 2018 à 18:45

     La parole, le langage, la lecture et l’écriture sont des capacités extraordinaire de l’homme. A nous de ne pas les gâcher.
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    J’ai quelques souvenirs de mon apprentissage de la lecture. C’est ma grand-mère, ancienne institutrice, qui m’a appris par la méthode syllabique, vieille mais très efficace, dans des livres du « Père Castor », qui racontaient des histoires de bêtes : ours, canard, hérisson, … Une séance de lecture tous les matins.
    J’avais 4 ans et ces histoires qu’on m’avait lues me passionnaient et je voulais pouvoir les lire moi-même et donc au bout de quelques mois je lisais couramment, en comprenant ce que je lisais, avec toutefois un vocabulaire encore peu étendu.
    En même temps ma grand-mère m’a appris à écrire et bientôt, tous les matins j’avais aussi droit à une petite dictée, avec explication des mots nouveaux.
    J’ai lu ensuite des livres de la « bibliothèque rose » et je me souviens encore du premier livre que j’ai lu, une histoire de chenapans, un peu comme la « guerre des boutons », en plus simple : « bleus contre verts », et d’un livre adorable, plein d’humour qui racontait l’histoire d’un petit garçon et une petite fille : « Tap-tap et Bilili. »
    Puis à partir de 6 ans, je me suis passionné pour les Jules Vernes, que j’ai, peu à peu, tous lus, et je demandais à mon grand-père des explications sur les aspects un peu techniques des récits.
    Etant adulte, j’ai observé ma belle-mère, directrice d’école, qui apprenait à lire à mes quatre enfants, qui lisaient couramment lorsqu’ils sont rentrés à l’école à six ans.
    Puis j’ai pu constater sur mes petits enfants, les catastrophes de la méthode globale et s’ils savaient déchiffrer, c’était péniblement, avec beaucoup d’erreurs, et ils ont été longs à comprendre parfaitement ce qu’ils lisaient.
    Cette méthode globale  d’apprentissage est pratiquement abandonnée aujourd’hui et pourtant, d’après une très sérieuse enquête internationale baptisée Pirls (Progress in International Reading Literacy Study, Programme international de recherche en lecture scolaire), publiée en 2017, les élèves français se classent bons derniers de la classe européenne en lecture.
    Quelle en est la raison, je ne sais pas. Peut être les élèves sont ils moins attentifs et intéressés car la télévision et l’ordinateur leur offrent maintes images et ils n’ont pas, comme par le passé, envie de lire.
    Surtout je pense que les parents n’ont plus le temps (ni l’envie) d’apprendre à lire à leurs enfants, que cette charge est uniquement assumée par les professeurs des écoles, mais qui n’ont pas un seul élève, mais souvent 25 ou 30. J’espère que le dédoublement récent des CP leur donnera plus de temps pour s’occuper de chacun.
    Peut être aussi n’y avait il pas assez d’heures consacrées à la lecture, à l’écriture et aux dictées.
    Pourtant cette aptitude de l’homme à l’écriture est extraordinaire et je voudrais dire deux mots de ce qui se passe dans son cerveau.

    La lecture, c’est une « parole écrite » et donc pour apprendre à lire, il faut déjà parler et manier la langue avec un minimum d’habitude et de facilité.
    Ensuite il va falloir apprendre à traduire la langue, c’est à dire les mots parlés, sous forme de lettres (ou d’idéogrammes comme en chinois), en associant ces signes à des phonèmes (un son), puis à des syllabes (ou des sous-ensembles de mots), puis au mot complet et à sa prononciation. Mais ces syllabes ou sous-ensemble constituent un mécanisme qui va constituer les briques élémentaires qui permettent de remonter jusqu’à tous les mots, par construction logique.
    Et, bien sûr comme il va falloir déchiffrer ces lettres ou idéogrammes, ce sont les zones d’interprétation de la vison situées à l’arrière du cerveau qui vont intervenir en premier, et comme il s’agit de mots liés à la langue, tous les centres d’interprétation de la parole et de la mémoire des mots.
    Une première constatation, le centres qui interviennent dans la lecture sont presque les mêmes quelle que soit la langue, comme le montre le schéma ci dessous (extrait du magazine « cerveau et Psycho »).

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    En particulier la zone du cerveau qui va reconnaître les signes est la même, et est située dans la occipito-temporale, près des centres d’interprétation visuelle, représentée en rouge sur le schéma ci-dessous.
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    Dans les langues alphabétiques elle permet d’abord la reconnaissance des lettres, puis des syllabes.
    Cette zone au début de notre vie, ne connaît évidemment pas l’alphabet et n’a pour rôle que la reconnaissance des visages d’abord (il faut reconnaitre sa mère et sa famille; en jaune sur le schéma), puis la reconnaissance des objets familiers (son biberon, ses jouets; en bleu sur le schéma). La mémoire correspondante est l’homologue de la zone de Geschwind, mais dans l’hémisphère droit.
        
     Puis quand le bébé va marcher et donc se déplacer, une partie de cette zone et des zones de mémoire, vont se consacrer à la reconnaissance et au stockage des images et des « cartes » de notre environnement. (en vert sur le schéma).
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         Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit : une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visage et des animaux se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/MMflfinUVE9ua6lMIgGoL81f1E250x300-copie-1.jpg          Un autre phénomène extraordinaire va alors se passer.
          Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci-contre le vélo et le triangle.

    Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi), par exemple.
    Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
    Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire      
    Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.

    Les centres qui vont ensuite intervenir sont les mêmes que pour la parole :
Wernicke va reconnaitre les mots, Geschwind les mémoriser, Broca permettre de les prononcer, réellement ou mentalement sans usage de la parole. (voir mon article du 25/09/2016 sur le langage).
   
    La compréhension de ce qu’on lit se fait évidemment au niveau du cortex préfrontal qui réfléchit, organise, émet les idées…
    Mais il n’est pas le seul tout le cerveau émotionnel participe : si nous lisons « crème à la vanille », notre sens olfactif nous donne la sensation de l’odeur et le centre du goût réagit comme si nous avions dans la bouche un peu de crème. Proust a immortalisé ce fait avec ses madeleines. Si au contraire nous lisons le mot « dégoût », l’insula qui intervient lors de nausées, est activée.

    Tout ce mécanisme est laborieux au départ et demande du temps et de nombreuses répétitions.
    Il doit faire correspondre lettres et syllabes, syllabes et phonèmes, puis syllabes et mots et prononciation du mot.
    Comme en général on mène en parallèle apprentissage de la lecture et de l’écriture il faut aussi associer l’orthographe du mot et les ordres aux centres de commande motrice de la main pour écrire.
    Ce n’est que lorsque tout ce mécanisme est automatisé au point d’être presque inconscient, (il faut 30 à 40 heures d’apprentissage assidu), que le cerveau, dégagé de l’attention sur la reconnaissance des mots, pourra alors consacrer son effort à la compréhension des phrases.
    Lorsque le mécanisme de décodage est acquis, le cerveau reconnait un mot d’un seul coup d’oeil et dès lors la méthode globale se met en place naturellement pour acquérir du vocabulaire, mais uniquement lorsque le décodage syllabique est devenu automatique et inconscient, grâce à la méthode syllabique.

    Disons enfin que l’apprentissage initial de l’écriture au clavier est nocive, car elle oblige le cerveau à épeler lettre par lettre, qu’il faut taper successivement, et cela va à l’encontre de la méthode syllabique.
    L’usage du clavier pour l’écriture ne doit être appris que lorsque l’enfant maîtrise parfaitement la lecture et sa compréhension et a de bonnes notions d’orthographe.
    D’ailleurs la mémoire des mots est à la fois visuelle, sonore et manuelle et pour cela il faut avoir écrit les syllabes (donc les phonèmes), à la main.

Jeudi 8 novembre 2018 à 16:14

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     Les professeurs des écoles et ceux des collèges et lycées se plaignent souvent de la difficulté des jeunes à faire attention de façon soutenue à un sujet ou une tâche, et à se concentrer sur ce qu’ils devraient faire.
    Mais je constate dans mon entourage que des moins jeunes qui ont entre 30 et 40 ans sont atteint de la même « maladie ».
    Est ce un manque de volonté comme on le croit souvent ou est ce un phénomène plus complexe.?

    Quel est le rôle de l’attention ?
    Nous vivons dans un monde surchargé d’informations, qu’elles soient visuelles, auditives, dans des livres et journaux ou surtout numériques. Les écrans obnubilisent jeunes et moins jeunes, que ce soient les informations, les jeux, les réseaux sociaux ou les messages pour le travail.
    Notre cerveau est surchargé et ne sait pas comment mener son activité.
    L’attention c’est d’abord un mécanisme de sélection qui va orienter les centres du cerveau vers un sujet donné pour lui réserver un créneau de temps au milieu d’occupations multiples, en se détournant momentanément de ces autres occupations et cela en fonction de nos objectifs et de nos intentions.
    C’est donc un mécanisme qui met en jeu de nombreux centres du cerveau, et qu’on ne peut pas commander par un simple effort de volonté.

    L’attention est par nature instable, car elle résulte d’un équilibre en plusieurs centres du cerveau. Elle est donc difficile à maintenir.
    Plusieurs acteurs risquent de mobiliser l’attention.
    D’abord les centres amigdaliens, gardiens de notre sécurité. Les signaux sensoriels (surtout vue et ouïe) sont transmis directement, avant toute analyse, pour éventuellement alerter le corps pour faire face à un danger. Dès lors, un bruit, une lueur, une image vont fixer quelques instant notre attention et nos sens pour analyse.
    J’ai décrit dans un article le circuit de récompense, qui analyse le plaisir apporté par des événements et libère de la dopamine pour les événements hédonistes. ce qui nous plaît est apprécié et appelle l’attention, d’autant plus qu’on est incité à renouveler ce qui apporte du plaisir. Ce peut être à la limite une capture systématique de l’attention, qui aboutit à une habitude, puis une addiction (drogue, sexe, jeux, téléphone, nourriture….).
    Le cortex préfrontal, qui est chargé de réfléchir, de planifier, de mener les rapports sociaux, va lui orienter volontairement l’attention vers un but : réfléchir, lire, écrire, discuter avec quelqu’un, agir sur une tâche.
     Un autre centre très important est le cortex cingulaire antérieur, qui joue un rôle important dans le contrôle cognitif : la capacité de la personne à prendre conscience de ses opérations mentales, à les mobiliser ou à les bloquer, à changer de stratégie quand c'est nécessaire. Il influe donc la motivation et l'attention.    
     En outre de nombreux centres sont en fonctionnement dans le cerveau lorsqu'on accomplit une tâche donnée et le fait de faire attention renforce leur activité. En particulier rien ne se fait sans la mémoire qui met en jeu de nombreux centres et également les deux mémoires tampons, linguistique et images, qui permettent au cortex frontal de stocker momentanément des informations. Si l'on n'exerce pas sa mémoire et ces deux centres, les performances du cerveau sont moindre y compris celles de l'attention et de la concentration.


    Mais l’une des difficultés la plus courante dans le monde actuel est que nous voulons faire plusieurs actions à la fois.
Chacune va pendre des ressources du cerveau. Pour deux tâches, les deux hémisphères du cerveau vont coopérer et, au prix d’un ralentissement notable et d’un risque d’erreur plus imporatant, le cerveau arrivera à faire face si les tâches ne sont pas trop complexes. Mais au delà de deux, l’opération est catastrophique.
    L’attention ne se partage pas : elle est orienté vers un but unique.

    Mais le monde actuel fourmille d’événements qui captent notre attention ou s’efforcent de le faire : publicité qui essaie de capter nos centres amygdaliens par des perceptions brusques, très vives ou hors du commun, les jeux trépidants qui ne laissent pas une seconde libre, les réseaux sociaux, messages et SMS, qui plaisent à notre système de récompense, internet ou Google et les multiples acteurs commerciaux traquent nos recherchent et nous abreuvent de propositions, ou ceux moins agréables du travail, mais qui impactent notre cortex préfrontal.
    Il n’y a plus un instant de repos pour notre cerveau et même la durée de notre sommeil est en diminution, et donc notre fatigue croit.

    Si beaucoup d’entre nous n’arrivent plus à fixer leur attention, ce n’est pas uniquement par manque de volonté, mais parce que, submergés par une multitude d’informations, nous subissons ce flot passivement, au gré de nos sensations et de nos envies, et que nous ne savons plus couper les liens pendant un certain temps, pour prendre un peu de repos et de recul, pour se concentrer et réfléchir.
    Il faut réapprendre à faire le tri dans nos occupations, à éviter les distractions, et devenir conscients que nous ne pouvons faire qu’une chose à la fois.
    L’enseignement de la maîtrise des nouvelles technologie à l’école devrait être essentiel pour cet objectif, car l’attention est essentielle pour apprendre.



Jeudi 1er novembre 2018 à 14:59

Energie, nucléaire, économies

          J’ai fait plusieurs articles sur la production d’énergies de diverses sortes  et je voudrais aujourd’hui, d’abord voir comment ces énergies sont dépensées et par ailleurs contribuent, par la production de CO2 à perturber le climat.
          Puis je voudrais aborder le problème des transports et notamment des véhicules électriques et à hydrogène.

           Les graphiques ci-dessous montre la consommation d’énergie dans le monde et la production en CO2 par source d’énergie.
           On constate que la part des énergies fossiles dépasse 80%, et elles sont responsables de la quasi-totalité des émissions de CO2.

Demain, voiture électrique ou à hydrogène?

Demain, voiture électrique ou à hydrogène?

 

         La part des énergies carbonées a diminué dans le domaine de la production d'électricité, mais reste encore des 2/3 et cette production ne représente que 18% de l'énergie totale.

Demain, voiture électrique ou à hydrogène?

 

          Par type d’utilisation le graphique ci dessous montre l’importance du chauffage des locaux et du transport terrestre, maritime et aérien.

Demain, voiture électrique ou à hydrogène?

           Si nous voulons protéger le climat, il faut donc d'abord réduire les dépenses énergétiques et trouver des solutions pour les postes les plus dépensiers.

          Il ne faut pas gaspiller l'énergie notamment électrique : nombreux appareils en veille, fenêtres trop souvent ouvertes en période froide, appareillage de chauffage et ventilation mal réglés….

          Une des dépenses importante est celle du chauffage , qui est actuellement effectué grâce à l'électricité, au fioul et au gaz, qui ne cessent d'augmenter et créent du CO2. Je traiterai le problème dans un autre article.

          La deuxième consommation d'énergie importante est le transport.
          
L'essence et encore plus le diesel, polluent par le CO2 et les particules issues de leur combustion. A terme leur remplacement est nécessaire.

          La voiture électrique est au point, fiable et pas plus chère en grande série qu'une voiture classique. Le problème est d’une part le prix tant que les séries sont faibles, et d’autre part le stockage de l'énergie d’alimentation.
En 2017, 24 900 véhicules électriques ont été immatriculés en France sur un total d'immatriculation de 2 650 000, soit environ 1%, la parc automobile français étant d'environ 30 millions de véhicules.            

          Actuellement les accus lithium-ions ne permettent qu'une autonomie de 50 à 80 km, avec un poids et un coût prohibitifs, et de plus s'il fallait faire un grand nombre de voitures, la source d'approvisionnement en lithium serait vite saturée.
          Les mines de lithium sont actuellement principalement en Australie et en Argentine, et l’extraction a du mal à suivre la demande, ce qui entraine des cours très élevés.
          En outre la fabrication des batteries exige du graphite destiné aux anodes, produit à 95% par la Chine et du cobalt pour les cathodes, dont 60% de la production est assurée par la république du Congo, en mal d’investissements et le raffinage à 80% par la Chine.
          Les prix ne cessent d’augmenter, ce qui ne milite pas en faveur d’une voiture électrique moins chère et la Chine peut empêcher le reste du monde de produire des voitures électriques !
          On n'a pas pour le moment de batterie plus performante et la voiture électrique est donc réduite à un usage de deuxième voiture de ville. Mais ce serait déjà une source de pollution importante en moins dans les villes.

          Par ailleurs la fabrication d'une batterie a une forte empreinte carbone : la fabrication d'une batterie de 36 k, qui équipe une voiture moyenne, correspond à une empreinte de5 à 8 tonnes d'équivalent CO2. Cela équivaut à blet 2000 litres d'essence         
           L'accroissement d'autonomie réclamé par les utilisateurs, entrainera des batteries plus importantes, donc plus lourdes et une consommation plus forte d'énergie.

          Les écologistes et les médias, qui présentent la voiture électrique et l’hybride comme une bouée de sauvetage pour le climat, ne réfléchissent pas beaucoup.
          La voiture électrique demande qu’on alimente ses batteries en électricité.
          L’hybride ne se sert de l’électricité que comme un appoint au moteur mécanique, seul à les recharger. Comme je l’ai montré dans un précédent article, ce n’est pas une vraie voiture électrique; elle permet d’économiser un peu d’essence et compte tenu de son prix d’achat et d’entretien, les retours d’investissement sont prohibitifs. On commence à voir apparaître des voitures hybrides rechargeables, mais à des prix prohibitifs.
          Quant à la voiture électrique tout dépend d’où vient l’électricité qui va charger les batteries : si, comme en France elle provient du nucléaire qui ne produit pas de CO2, c’est bénéfique pour le climat, mais si, comme en Allemagne, elle provient de centrales à charbon ou à lignite, la voiture électrique produit plus de CO2 qu’une voiture à essence.
(On estime que le réseau électrique en France produit 119 g/kWh de CO2, alors qu'en Allemagne, il en produit 527.)

         Quant à l’alimenter par le solaire, c’est une illusion puisqu’on charge les batteries la nuit !

           On peut espérer un jour remplacer les batteries en partie par de l'hydrogène, et là encore, les médias crient au miracle car à la place du CO2 on produit de la vapeur d’eau.
          Mais pour fabriquer cet hydrogène, par électrolyse de l’eau, il faut de l’électricité et comme pour la voiture électrique, tout dépend de son mode de production.
           Certes ce serait un bon débouché, pour les énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire de fabriquer de l’hydrogène, mais son stockage est un casse-tête car d’une part, l’hydrogène étant ultra-léger, il faut le stocker sous haute pression pour l’avoir en quantité suffisante, et, d’autre part, mélangé à l’oxygène de l’air il est explosif et son stockage est donc dangereux. C’est vrai aussi pour la voiture qui devra avoir des réservoirs très épais et lourds et parfaitement étanches.
            Il avait été envisagé aussi de produire de l'hydrogène en grande quantité, à partir de réacteurs nucléaires à haute température, mais sous la pression des écologistes, l'étude de ces réacteurs a pris un retard considérable.
          On étudie actuellement le stockage dans des hydrures (par exemple le borhydrure de sodium), qui alimenterait, au fur et à mesure du besoin, une pile à combustible, (je ferai un article à ce sujet)), mais ce mode d'approvisionnement ne sera guère disponible avant 2025 au plus tôt.

           Mais les pouvoirs publics devraient aussi, développer les transports en commun dans les villes et le transport ferroviaire de frêt, ce que nous ne faisons pas assez en France, pour diminuer l'emploi des voitures et camions.

          Par ailleurs les biocarburants seront peu à peu développés, à partir de matières qui ne seront pas comestibles (lignine de bois par exemple), et leur coût devrait baisser. (enfin tout dépend des taxes étatiques qu'ils supporteront). Ils polluent un peu moins que l'essence, mais ce n’est pas eux qui sauveront le climat.
          Toutefois, ils rendent l'approvisionnement indépendant des pays fournisseurs de pétrole.

          En France où nous avons toutefois la chance que l’électricité soit produite principalement par le nucléaire, non producteur de CO2, les véhicules électriques sont intéressant pour le climat. Il faut encourager la mise en place de bus et d’utilitaires en ville, l’achat de voitures de ville (taxis, véhicules d’entreprises), et encourager le développe-ment de véritables voitures hybrides, qui soient des véhicules électriques, dotés d’un groupe électrogène pour les trajets longs, et de batteries permettant un stockage plus important d’électricité. (actuellement on annonce des distances de trajet farfelues, (100 à 200 km) car il faut rouler à vitesse très réduite et supprimer tout accessoire électrique tel que radio, chauffage, climatisation, phares….).
          Mais il faudrait aussi que de très nombreuses prises à recharge rapidesoient installées le long des routes  (places de stationnement, hôtels, restaurants, grandes surfaces, stations services...), si l'on veut que toutes les voitures puissent être rechargées tant que leur autonomie électrique sera insuffisante.

 

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