Samedi 25 mai 2019 à 6:15

Psychologie, comportement

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     J’ai fait partie de laboratoires ou d’entreprises où l’on confiait des postes importants à certains ingénieurs, mais seulement après s’être assuré qu’ils avaient les compétences et les connaissances pour l’assumer.
    Mais bin entendu, au début de leur nouvelles fonctions, on les suivait de plus près et on les aidait au besoin, car il fllait un certain temps pour qu’ils aient pris l’expérience de ce nouvel emploi.
    Ils acceptaient et même souhaitaient cette petite tutelle provisoire, car ils étaient prudents et modestes et savaient que l’expérience ne s »’acquiert que peu à peu.
    Il y a 50 ans, on faisait confiance aux professeurs pour enseigner à nos enfants et au médecin pour nous soigner.

    Et je suis étonné de voir aujourd’hui le nombre de personnes qui ont un « sentiment de supériorité » et en particulier veulent élaborer les méthodes pédagogique à la place des enseignants ou soigner leurs famille à la place du médecin, alors qu’ils n’ont pas la compétence pour le faire.
    Et en lisant les réponses aux questions du « grand débat », je m’aperçois que cela est vrai dans bien des domaines.
    Certes il fut faire des propositions, des suggestions, mais il faut en même temps être conscient qu’on ne connait pas bien le dossier et que donc celles-ci ne sont pas forcément faisables.
    Mais je me suis demandé d’où venait cette assurance de certains, et j’ai trouvé quelques articles faisant état d’études sur ce sujet.

    Nous avons parfois trop confiance en nous même et nous sommes alors mauvais juges de nos aptitudes. (Il y a par contre aussi d’autres personnes qui n’ont pas confiance en elles).
    Lorsque nous prenons une décision, certes il nous arrive de raisonner, (c’est le cortex préfrontal qui s’en charge), mais il y a tout un mécanisme de réflexion inconscients qui y participe (une grande partie du cerveau émotionnel, et notamment de l’hippocampe qui a accès aux souvenirs), qui aide à prendre des décisions rapidement.
    Bien entendu ce mécanisme est moins fiable (on l’appelle une « heuristique »), et on se trompe parfois.
    Mais pour peu qu’on ait réussi deux ou trois fois, cela nous convainc d’une certaine compétence, même dans des domaines où nous sommes ignorants. C’est dangereux !
    C’est un sentiment illusoire de compétence et de supériorité intellectuelle.
    Il est exacerbé par le pouvoir, et beaucoup de nos politiques ont ainsi la croyance d’être infaillibles, jusqu’au jour où les faits leur montre qu’ils ont fait fausse route.

    Pourquoi évaluons nous aussi mal nos capacités ?
    Les psychologues ont montré que les personnes à faible QI, ou qui ont une faible instruction sont celles qui préjugent le plus de leusrs capacités. C’est probablement une réaction instinctive de souffrance de leur faible niveau et de désir inconscient d’être plus intelligents ou plus instruits.
    La quantité d’informations disponible joue également.
    Devant un sujet que nous connaissons mal, nous sommes conscient que nous manquons d’information et nous en cherchons; Mais avec la facilité que procure internet, nous sommes très vite à la tête d’une très grande quantité de données (plus ou moins pertinentes d’ailleurs), et nous pensons à un moment donné, avoir assez de connaissances pour traiter la question. Google est le responsable de notre croyance de supériorité intellectuelle.
    Mais quelqu’un d’intelligent poursuit alors son étude, se pose mille questions sur ce qu’il comprend mal, et il découvrira alors la complexité des phénomènes et l’énorme lacune de ses connaissances.
    Bien sûr nous nous surestimons davantage quand nous faisons appel à des connaissances récemment acquises, que lorsque nous nous basons sur une exparience que nous avons mis des années à acquérir.
    Il faut bien connaître un domaine pour ne pas surestimer sre capacités dans ce domaine.
    Un certain égocentrisme joue également.
    Les chercheurs ont montré que nous surestimons nos capacités par rapport à celles des autres et également celle de notre famille et de nos proches.
    L’un de domaines où nous surestimons souvent la situation, c’est celui de notre santé (mais à l’inverse il y a les hypochondriaques).
    Enfin la difficulté des tâches joue également : on se  surestime sur une tâche facile, mais au contraire on se sous-estime sur une tâche difficile.
    La civilisation interviendrait aussi. Les Américains seraient plus vaniteux et sûrs d’eux que les Européens et ceux-ci que les Asiatiques, et en dernier les Africains.
    Mais les psychologues n’ont ps réussi à montrer un lien étroit avec l’estime de soi.

    En définitive, le sentiment de supériorité est en quelque sorte un biais cognitif inné, très variable selon les personnes (il y a le biais opposé de sentiment d’infériorité). Mais on peut le rattacher à un autre biais de’optimisme excessif nous faisant sous-estimer les difficultés, et à une illusion de contrôle qui nous fait croire que nous maîtrisons une situation, alors que celle-ci est bezucoup plus complexe que nous ne pensons.

Samedi 18 mai 2019 à 8:38

Notre cerveau : émotions

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    Vous savez ce qu’est le QI pour évaluer l’intelligence. J'ai déjà fait plusieurs articles à ce sujet.
    Divers auteurs ont aussi fait des études pour mettre au point un QE, « quotient émotionnel », qui soit le pendant du QI sur le plan émotivité. Cela n’a jamais eu autant de succès que le QI.
    J’ai lu récemment des articles du Professeur Richard J. Davidson de l’Université du Wisconsin, qui a proposé d’établir un nouveau paramètre dans ce domaine : le « profil émotionnel » ou 6 processus favorisant la flexibilité psychologique.
    Son approche est originale, car il ne se place pas sur le plan psychologique avec un test à la clé (il en propose quand même, business oblige !), mais il essaie de rattacher les préférences psychologiques qu’il décrit, au fonctionnement du cerveau. Toutefois, dans ce que j’ai lu, cet aspect était succinct et peu expliqué, et n’apprenait pas grand chose de nouveau sur le fonctionnement du cerveau.
    Je vais essayer de résumer son approche.

    Un peu comme on le fait dans les préférences cérébrales ou dans le big-five, Davidson définit 6 comportements majeurs en matière émotionnelle : la « résilience » (ou résistance), « l’attitude ou la perspective», « l’intuition sociale », « la conscience de soi », la « sensibilité au contexte », et «  l’attention, la concentration ou la dispersion ».
    Je vais essayer de les définir.

La résilience ou résistance :

    Nous sommes face à des problèmes, des difficulté, des déceptions, des échecs des deuils, des épreuves diverses… nous troublent, voire nous traumatisent et nous éprouvons colère, ressentiment, tristesse…
    La résilience ou résistance est l’habilité personnelle dont chacun de nous dispose pour se relever face à une situation difficile.
    On peut se relever rapidement en tournant la page, tirant les leçons de ses erreurs, ou bien « traîner » pendant longtemps ce qui s’est passé, ressassant remords de ce que l’on a fait, et regrets de ce que l’on n’a pas osé faire..

    D’après Davidson, les personnes peu résilientes se distinguent par la faiblesse des signaux allant du cortex préfrontal, qui aide à planifier, à créer et à analyser, à l’amygdale, le siège des émotions, notamment négatives, du stress de la peur, de la colère.
Les centres amygdaliens prennent le pas sur le cortex préfrontal.

    Pour développer cette résistance, il faut prendre du recul vis-à-vis de ses émotions et d’affaiblir les associations d’idées négatives et catastrophiques, et stimuler l’activité du cortex préfrontal gauche, contribuant à inhiber les émotions négatives, en ayant recours à la réflexion et la logique.

La perspective ou l’attitude :

    Dans le domaine des préférences cérébrales, on appelle cela pessimisme, face à l’optimisme. Davidson la définit comme l’attitude de voir plutôt le verre à moitié vide que le verre à moitié plein, et de ne pas savoir profiter des instants de joie de tous les jours.
    Etes-vous optimiste, prudent, sceptique, raisonnable… ou négatif ?

    Cette perspective négative reflète un manque de sécrétion de dopamine, une faible activité du système de récompense et notamment du noyau accumbens, et du cortex préfrontal, qui, par sa fonction de planification, aide à soutenir son activité.
    A mon avis, il simplifie beaucoup et néglige notamment le rôle de la sérotonine qui régule notre humeur.

    Pour lutter contre cette tendance, Davidson recommande de préférer, à la récompense immédiate, l’option qui vous apportera un plaisir supérieur, même s’il vous faut patienter, et de prendre le temps chaque jour de la visualiser.. Dites régulièrement merci et complimentez le plus souvent possible les autres; notez vos qualités et vos réussites plutôt que vos défauts et vos échecs.

L’intuition sociale :


    C’est la capacité de décoder avec exactitude les signaux non verbaux des émotions d’autrui. Elle correspond à l’empathie. Les personnes socialement intuitives savent lire le langage du corps, l’intonation de la voix, les expressions du visage. Elles devinent quand quelqu’un veut parler de son chagrin ou quand il vaut mieux aborder des sujets légers.

    Les personnes qui n’ont pas cette qualité sociale une faible activité du gyrus fusiforme, impliqué dans la reconnaissance des visages et le traitement visuel, et par une forte activité de l’amygdale.
    Là encore, à mon avis, Davidson simplifie beaucoup. Il oublie de nombreux centres qui participent au dialogue social, au rôle des neurones miroirs, et ramène trop les aspects négatifs au rôle de l’amygdale.

    Pour booster cette qualité il faut s’entraîner à observer les expressions des visages,  à les comparer aux intonations du langage et essayer de déterminer si ceux-ci dénotent la joie, la tristesse, l’anxiété…
 
La conscience de soi :

    C’est la capacité de décoder ses propres signes corporels internes indicateurs des émotions (rythme cardiaque, transpiration, tension musculaire…). et finalement de percevoir et de comprendre nos propres émotions et sentiments.
    Certains mettent des jours à reconnaître qu’ils sont jaloux, en colère, tristes. A l’inverse, d’autres sont assiégés de messages sur l’état de leur esprit et de leur cœur.

    Dans les deux cas, c’est l’insula – région profonde du cortex permettant de percevoir les conséquences physiques de nos émotions et de vivre intensément des émotions sensorielles – qui est en jeu. Elle n’est pas assez ou trop activée.

    Le remède : méditer sur soi, faire de l’introspection, mais de façon modérée.

La sensibilité au contexte :

    C’est la capacité de moduler ses réponses émotionnelles selon le contexte social, de s’adapter, de changer sa façon d’agir.
    Certaines personnes réagissent différemment selon les gens avec qui elles parlent ou le lieu où elles se trouvent. D’autres restent les mêmes en toute situation et avec tout type de personnes.

    Lorsque les personnes sont « déconnectés » du contexte environnant, elles ont de faibles connexions de l’hippocampe aux zones du cortex préfrontal. L’hippocampe est surtout connu pour son rôle dans le fonctionnement de la mémoire et le stockage de souvenirs à long terme, mais il a aussi pour fonction d’adapter nos comportements au contexte.

    Un bon entraînement est de s’exposer, dans un contexte sans danger, à une situation que l’on redoute, Elle aide en effet les patients ayant vécu un stress à ne pas ressentir d’anxiété quand ils sont en sécurité, autrement dit à adapter leur réponse émotionnelle au contexte social.   

 L’attention la concentration ou la dispersion :

    C’est la capacité de center son attention sans se laisser distraire et de se concentrer sur une tâche.
    Parfois, nous sommes assaillis de problèmes, de préoccupations… et nous sommes incapables d’avancer dans nos obligations en ayant la tête ailleurs.
    Cependant, d’autres personnes réussissent à garder le contrôle. Elles mettent de côté cette avalanche d’émotions pour se centrer sur une tâche.

    Le cortex préfrontal est essentiel pour maintenir l’attention, tandis que le cortex pariétal sert de gouvernail au cerveau en dirigeant l’attention sur des cibles spécifiques.
    Là aussi Davidson simplifie beaucoup. Le problème de l’attention et de la concentration, lié à la conscience de soi, est complexe et mal connu. J’ai essayé de commencer à le traiter dans des articles.

    Il faut éliminer le plus possible les occasions de distraction, de sauter du coq à l’âne, et focaliser son attention sur des objets ou sujets particuliers, et ne pas essayer de faire plusieurs choses à la fois..
    En fait ce n’est pas si simple et on ne se force pas facilement à faire attention, car cela ne concerne pas que la volonté (voir mon article du 8 novembre 2018)

Tests  correspondants :

    Le professeur Davidson a mis au point des tests pour déterminer ses propres caractéristiques, par exemple par six séries de 10 questions. Ce serait très londg à les recopier et en donner le résultat. Je vous renvoie plutôt, si cela vous amuse à un test paru sur le magazine « Femina », à l’dresse suivante :
https://www.femina.fr/article/quel-est-votre-profil-emotionnel



Samedi 11 mai 2019 à 9:11

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      Sans doute avez vous déjà entendu parler de l'effet "Placebo", mais sans doute mois de l'effet "nocebo".

          L'effet "placebo" est connu depuis longtemps et ses manifestations ont été maintes fois observées.
          Un médecin britannique le signale vers 1820. Pendant la guerre en 1943 un médecin militaire américain, à cour de morphine, soulage la douleur de blessés en leur injectant... de l'eau salée.
En 1978, le professeur Levine, de lUniversité de Californie, que des patients auxquels on avaient extrait des dents, avec seulement une injection d'eau salée comme anesthésiant, avaient sécrété un anti-douleur naturel ; : des endorphines", qui avaient leur évité de souffrir.
          Ce professeur a montré qu'au contraire, un antalgique donné à l'insu du patient avait peu d'effet, et que l'injection d'eau salée à des patients atteints de la maladie de Parkinson, faisait sécréter de la dopamine dans le cerveau, neurotransmetteur qui est déficient dans cette maladie.
          Lorsqu'on manque d'oxygène, par exemple en altitude, le cerveau sécrète!te des prostaglandin es, qui dilatent les vaisseaux sanguins, afin de transporter plus d'oxygène. C'st ce qui se passe si on fait retirer une personne dan sun masque à oxygène, alors que la bouteille à laquelle il est raccordé est vide. Mais le mal de tête de la personne disparaît ou ses performances d'apnée sont augmentées sensiblement.

         A l'inverse certaines de nos expériences ou convictions peuvent avoir un effet négatif. Le fait que l'on sache qu'en bateau, enavion ou en voiture on peut avoir le "mal de mer", fait que l'on y est plus facilement sujet. De mamelles personnes averties du mal des montagnes du à la raréfaction de l'oxygène, y ont plus souvent mal à la tête. C'est l'effet "nocebo".

         Il y a même plus étonnant : des essais ont eu lieu en administrant des placebos à des personnes en les avertissant que ce n'tait pas le médicament réel, et pourtant, ail en résultait quand même un effet bénéfique !!

Comment notre esprit peut il ainsi être leurré ?

          En fait on n'explique pas totalement l'effet placebo.
          Comme on vient de le voir ce n'est pas un simple effet psychologique de la pensée. Il y a une réaction du corps humain qui le plus souvent sécrète des produits chimiques naturels, qui sont ensuite responsables de l'effet placébo.
          Dans le cas de la lutte contre la douleur, on peut expliquer en partie le fonctionnement cérébral (cf schéma ci-dessous, emprunté à Science et Avenir.)
          Notre cortex préfrontal "reconnait" un médicament (par un emballage, une gélule connue..., alors que c'est un produit placebo, et qu'il ne le sait pas. Il informe de l'administration du "médicament" le tronc cérébral (ATV), qui agit sur le noyau accumbens et le circuit de récompense, et également le cerveau émotionnel, notamment les centres amygdaliens et l'hypothalamus.          
          Le système de récompense libère de la dopamine, qui apporte une certaine satisfaction, les amygdales diminuent le stress, et l'hypothalamus fait sécréter des endorphines, qui bloquent la douleur au niveau des relais nerveux de la moelle épinière.
          Le signal de douleur remonte au thalamus d'où il est relayé vers d'autres régions du cerveau.
           La douleur diminue.

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Les conditions de l'effet placebo

         On peut se demander ce qui favorise l'effet placebo (par exemple un optimiste y est il plus sensible ?) Les études ont donné un certain nombre de directions de recherches :

          D'abord un certain nombre de conditions dans le domaine de l'environnement :
                    - L'action des médicaments est meilleure en milieu hospitalier ou au cabinet médical.Une blouse blanche l'accentue. L'attitude du médecin plus conviviale ou sa confiance en l'efficacité du traitement influe le malade.
                    - L'aspect du "médicament" n'est pas neutre : le placebo est plus efficace si son emballage porte une marque; les médicaments chers sont préférés mais ils ont aussi plus d'effets secondaires (par effet nocebo); les gélules sont lus efficaces que les comprimés et les plus grosses font le plus d'effet; les comprimés bleus apaisent, les rouges excitent.
                    - Plus un traitement est invasive, plus il est actif : les injections sont plus efficaces que les comprimés ayant le même placebo.

         L'effet dépend évidemment du patient :
                    - Il semble que certains gênes favorisent l'efficacité des placebos.
                    - Les optimistes et les gens calmes sont plus réceptifs que les personnes stressées ou qui s'énervent; il semble par exemple qu'ils produisent plu d'endorphines face à la douleur.
                    - Les expériences passées de succès ou échec de traitements antérieurs (même différents) peut influencer le malade.
                    - Les émotions positives sont importantes (c'est vrai même pour des médicaments réels. Le rire et l'espoir agissent positivement, au contraire de l'angoisse et la tristesse.
          Cela dit, quand une maman console son enfant qui vient de tomber et a une petite égratignure au genou, c'est aussi un effet placebo !

         En définitive, il apparaît que l'effet placebo a une énorme composante psychologique, qui met en jeu notre inconscient, le système de récompense, les centres amygdaliens, l'hippocampe (mémoire), les cortex cingulaire et insulaire, et enfin l'hypothalamus qui produit alors des substances chimiques naturelles, qui agissent comme des médicaments.

Samedi 4 mai 2019 à 16:19

Zoologie, botanique, évolution

    J’ai entendu à la radio, une émission sur les scorpions. Cela m’a plu et j'ai pensé que ce serait intéressant pour certains de partager ce qui s’était dit

    Les scorpions font leur apparition il y a 450 millions d’années (Silurien). A cette époque, ils sont aquatiques ou du moins amphibies, munies de branchies et d’yeux latéraux. Le Ptérigotus  ou scorpion de mer, était un arthropode marin d’environ 2 mètres de long. Les scorpions passent ensuite à une existence uniquement terrestre à l’aide de poumons et de griffes, entre -380 millions et -350 millions d’années (Carbonifère - Dévonien).
    Le scorpion n’est pas un insecte : il a huit pattes et non six. Le scorpion est un lointain parent de l’araignée et c'est un animal invertébré de la classe des arachnides.
    Il a également une paire de « pinces » appelées « chelicères » et des pièces buccales « pédipalpes »; la tête collée au thorax (prosoma) formée d’une carapace avec deux paires d’yeux, l’abdomen (mesosoma) formé de 7 plaques et la queue (metasomia) formées de 5 anneaux dont le dernier porte une vésicule à venin appelé « telson »
    Il existe environ 1500 espèces de scorpions; tous sont venimeux, mais seulement une vingtaine d'entre eux ont une piqûre mortelle.
    Comme tous les animaux possédant un exo-squelette, (insectes, crustacés, mollusques …), la croissance se fait par mues successives. ( l’exo-squelette est par opposition à l’endo-squelette des mammifères,  un squelette extérieur, dont la partie abdominale est la carapace).
    Les Scorpions sont vivipares ou ovo-vivipares et donnent naissance à chaque portée selon les espèces entre trois et plus d'une centaine de petits appelés pullus.
Les œufs sont directement recueillis dans une « corbeille de naissance » formée par les pattes avant de la mère, ou simplement déposés sur le sol. Dès leur sortie, les jeunes grimpent sur le dos de leur mère, qui les portera sur son dos jusqu'à leur première mue.
    Généralement la durée de vie d’un scorpion est d’environ 3 ans, bien qu’elle puisse aller jusqu’à 26 ans selon les espèces.

    La majorité des scorpions vit dans les régions rocailleuses et sablonneuses des déserts, dans des terriers, sous des pierres ou dans des fentes du sol. D'autres vivent dans les savanes, dans les forêts sèches ou humides, soit dans des terriers, soit sous les écorces tombées au sol, dans les souches ou dans les arbres. Certaines espèces vivent dans des cavernes ou des grottes.
    Ils vivent essentiellement en Afrique du Nord, au Moyen Orient, au Mexique et au Brésil dans le sous-continent indien. En France, il existe cinq espèces de scorpions vivant principalement dans le sud. Ils sont surtout actifs en été et durant la nuit.
    Le scorpion est particulièrement résistant : il peut jeuner 3 ans, ne boit pas (il profite de l’eau de ses proies), il résiste à la chaleur, peut vivre dans la neige et la glace, et résiste à des doses de radiations  20 fois plus fortes que celles mortelles pour l’homme. (il est capable de réparer son ADN)
    J’ai vu au Sahara un indigène, qui élevait des scorpions pour les montrer aux touristes, en mettre deux dans une poêle, qu’il mettait sur le feu. Au bout d’une minute, les scorpions se recroquevillaient et devenaient noir, comme du charbon. Leur maître les mettaient alors dans une casserole remplie d’eau et, au bout d’un minute, les scorpions réhydratés, ressuscitaient et, si on vidait la casserole, se sauvaient allègrement jusque sous une pierre.

    Le scorpion ne pique que s’il est menacé.
    La piqûre de scorpion est généralement très douloureuse.
    La gravité de la piqûre dépend de la taille su scorpion (peu grave si <2 cm), de la localisation de la piqûre (plus grave si le venin passe dans une art!re ou une veine), et de l’âge de la victime (danger si < 12 ans)
    Les signes qui apparaissent chez l’homme, en cas de piqûre de scorpion sont classés en 3 stades approximatifs qui vont renseigner sur la conduite à tenir.
        1 - Douleur et rougeur locales; disparaissent en 24 heures
        2 - Les symptômes se limitent à une sudation et à une salivation intenses, une hypertension et une accélération du rythme cardiaque. Mais il peut y avoir aggravation de l’état général : diarrhées, fièvre, vomissements
        3 - Signes qui apparaissent au maximum 16 heures après la piqûre : difficultés à respirer; cyanose : les lèvres puis la peau deviennent bleutées; poul cardiaque rapide; crampes musculaires; agitation
    La conduite recommandée par les médecins est la suivante : garder son calme; ne pas faire de garrot; ne pas faire d'aspiration avec la bouche ; immobiliser la région piquée;
appliquer de la glace pour lutter contre la douleur; appeler le centre antipoison le plus proche ; essayer si possible d'identifier le scorpion mis en cause. Ne jamais laisser la personne piquée seule pendant 24 heures.

    Une chose peu connue : le scorpion sait doser la quantité de venin qu’il injecte, mais aussi sa nocivité. S’il se sent attaqué, il injecte la dose maximale, mais, comme il aime manger ses proies vivantes, pour les capturer il dose son venin pour juste les paralyser.
    Dans le combat de deux scorpions pour une femelle, ils se battent en essayant de se piquer et l’un d’eux peut ainsi mourir tandis que l’autre va faire la noce avec sa « scorpionne ». Mais cette noce est aussi dangereuse.
    Le couple entame une pariade complexe , au départ un simple contact physique, suivi d'une période de vibrations intenses effectuées par le mâle, qui, transmises par le sol, sont perçues par la femelle, qui réagit le plus souvent par une attaque.
Le plus souvent, le mâle reprend ses mouvements d'approche. Il attrape la femelle par une patte ou une pince et l'entraîne. Les queues sont animées de mouvements divers : balancements, entrecroisements à l'horizontale ou à la verticale.
 Brusquement, sans se séparer de la femelle, le mâle s'abaisse sur le sol et fait sortir en quelques secondes de son orifice génital une baguette contenant la substance séminale : c'est le spermatophore. Puis il recule, attirant rapidement la femelle sur cet organe collé au sol et la guidant afin qu'elle le saisisse par son ouverture génitale.
    Chez 40 % des espèces observées, la femelle cannibale dégustera son époux après l'étreinte (chez la mante religieuse, c’est presque 100%) !

    La France métropolitaine compte cinq espèces de scorpions, trois peu répandues et peu dangereuses et deux rencontrées couramment :
        - Le scorpion noir à queue jaune”,Euscorpius flavicaudis, qui peut mesurer jusqu’à 5 cm pour les plus gros individus. On en trouve souvent dans le Sud de la France, sous une ligne allant de Bordeaux à Lyon, en Corse, en Italie et en Espagne. aime la fraîcheur. La bête redoute le soleil et a pris l’habitude de se cacher sous les tuiles et entre les pierres des vieilles habitations.
    Il mange des araignées, punaises, mouches et autres petits insectes
    Il peut pincer et piquer certes, mais son venin, est relativement inoffensif pour l’homme. Plus la “victime” sera jeune, plus elle sera sensible au venin. On ressent une douleur allant de la piqûre d’épingle à la piqûre de guêpe
        - Le « scorpion jaune » du sud de la France, Buthus occitanus, est beaucoup plus dangereux (4 décès sur 25 000 piqûres), car les peptides qui constituent son venin, bloquent les canaux ioniques responsables du passage des ions sodium (Na+) et potassium (K+) à travers la membrane des cellules nerveuses, musculaires ou encore glandulaires, et provoquent vomissements, diarrhées, troubles cardiaques et neurologiques, voire la mort.
    Pour éviter les mauvaises surprises, évitez de laisser traîner vos vêtements et vos chaussures au sol, et vérifiez de temps à autre vos murs de pierres.
        - En outre un scorpion sans yeux, inoffensif, vit dans des grottes dans les Pyrénées : Belisarius xambeui

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  Ci-dessus, à gauche, le scorpion noir à queue jaune, peu dangereux.
  Ci-dessus, à droite, le scorpion  jaune, beaucoup plus dangereux.
  Ci-contre, le scorpion des Pyrénées.






    Le scorpion a de nombreux ennemis et prédateurs : le scorpion lui même, les araignées, centipèdes, fourmis, oiseaux, lézards, serpents, grenouilles et crapauds, et petits mammifères. Parmi les prédateur de scorpions, plusieurs animaux sont immunisé contre le venin de ceux-ci (la mangouste par exemple)
       
    Difficile de se faire à l’idée de manger des scorpions. Les punaises, les fourmis, les vers ou les chenilles comestibles peuvent rebuter, mais peuvent sembler relativement savoureuses une fois mangé. Mais entouré de sa réputation venimeuse, manger du scorpion est une notion accompagnée de ses propres craintes.
    La vente de ‘scorpion à manger’ est cependant très répandue, surtout  en Asie..Il parait qu’il a un goût de noisette et d’amande ou proche du pop-corn. La queue du scorpion, là où tout le venin est normalement stocké, est la partie la plus savoureuse de l’animal (le processus de congélation – bouilli – déshydratation- va éradiquer toute trace de ce venin rendant le scorpion vraiment comestible. La variété la plus appréciée est généralement le scorpion doré de Mandchourie (scorpion chinois), une espèce à la base inoffensive pour l’homme.

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