Samedi 27 juillet 2019 à 19:22

Sciences et techniques

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    Un lecteur m’a demandé si porter un téléphone mobile sur soi était dangereux par temps d’orage, si la probabilité de recevoir la foudre était plus grande et si cela en aggravait les dégâts.
    Une correspondante me demande aussi si elle peut vérifier le fonctionnement de son micro-onde en utilisant un portable à l’intérieur et en l’appelant.

    Je ne suis pas particulièrement compétent en la matière, mais je vais essayer de répondre à ces questions.

Portable et foudre

    Effectivement on cite plusieurs cas particuliers de foudroiement de personnes ayant un portable, mais ils ne sont pas très probants.
    D’abord le cas d’une jeune fille de 15 ans, foudroyée alors qu’elle téléphonait avec son mobile dans un parc londonien. Certes elle a survécu, mais continue à avoir de graves problèmes cognitifs et une forte perte d’audition, un an après les faits. Les médecins attribuent ces symptômes au fait qu’elle téléphonait lors de l’incident. Le côté du cerveau où elle tenait le portable a été plus affecté que celui de victimes classiques de la foudre.
    On cite plusieurs cas mortels de personnes frappées par la foudre en téléphonant, en Chine ou en Corée, mais elles seraient sans doute mortes même sans portable.

    Un portable émet des ondes électromagnétiques, mais il est peu probable qu’elles attirent la foudre. Si c’était le cas, les antennes relais qui émettent un champ notablement plus fort seraient souvent frappées, ce qui n’est pas le cas. Pour qu’un équipement attire la foudre il faut qu’il y ait une forte ionisation aurour de lui, principe exploité notamment par les paratonnerres. Or, un mobile a une très faible ionisation, donc le risque qu’il attire la foudre est très faible.
    Par contre tout objet métallique (bague par exemple) peut aggraver les brûlures si l’on est frappé par la foudre (sans que cet objet l’ait attirée). En effet la haute résistance de la peau humaine fait que la foudre circule le long du corps sans y entrer, et es matériaux plus conductibles en contact direct avec la peau tels que des objets métalliques perturbent le phénomène et chauffent fortement.

    Par contre un téléphone portable comporte des puces, circuits électroniques intégrés qui ne supportent pas de faibles pics de tension. Il est évident que frappés par la foudre, ils seront HS, de même que si vous les mettez dans un micro-onde et que vous allumiez ce four.

Portable et four à micro-ondes

    Peut on tester l’étanchéité aux ondes d’un four à icro-ondes éteint, en appelant un téléphone portable que l’on a mis dedans ? (information qui circule sur le Net)
    Cela ne me paraît guère probant.
    D’abord les fours à micro-ondes ne sont pas parfaitement étanches, car il faudrait que toutes les faces métalliques de l’enveloppe soient soudées parfaitement; il y a seulement une atténuation.
Mais les puissances étant très faibles il sort très peu d’un micro-onde, qui est sans danger à l’extérieur.
    Mais un minimum d’ondes du téléphone portable peuvent peut être passer par ces « trous » entre parois métalliques, surtout que leur puissance est très supérieure à celle du micro-onde.
    Sur la porte en verre, , pour empêcher les micro-ondes ed sortir, il y a un grillage métallique. Les fréquence étant de 2,450 GHz, la longueur d’onde , qui est inversement proportionnelle à la fréquence est petite, et les mailles pour être efficaces, doivent être très petites.
    La fréquence des portables étant de 900 ou 1800 hz, la longueur d »onde est mille fois plus grande. Les ondes d’un portable ne passeront pas à travers la grille de la porte.
    On peut tester avec la commande bluetooth du téléphone dont les fréquences sont proches de celles du microonde. En principe le portable ne devrait pas recevoir ces micro-ondes.

    Et ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien du fait des micro-ondes de votre four. Par contre attention de ne pas vous brûler avec les plats que vous avez chauffés à l’intérieur.

Samedi 20 juillet 2019 à 16:04

Psychologie, comportement

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     J’ai lu un article d’une revue, qui affirmait que les femmes étaient plus bavardes que les hommes, parce qu’elles possédaient une quantité plus grande de protéine FoxP2, et le journaliste citait des essais biologique sur des souris comme exemple (des souris de laboratoire à 4 pattes deux oreilles et une grande queue !)
    J’avoue que cela m’a fait rire et je pense que le journaliste, ou n’a rien compris à ce qui était exlpiqué dans ces essais, ou a voulu faire du sensationnel, sans vérifier ces dires.

    D’abord qu’est ce que cette protéine FOXP2
    La protéine « Forkhead-box P2 » (FOXP2) est une grosse protéine, qui contient 715 acides aminés.  Présente dans un gène du chromosome 7 chez les humains, dès le foetus, elle a un rôle de transcription dans la formation des centres du cerveau qui commandent les mouvements, notamment l’aire de mouvements complexe qui participe à l’articulation du langage et surtout les ganglions de la base  (notamment le noyau caudé), et du cervelet, qui jouent un grand rôle dans l'apprentissage des capacités motrices complexes, elle joue peut être un rôle dans la formation d’une partie du centre de Broca
    Les modifications de cette protéine peuvent entraîner une inaptitude à prononcer les mots, et à utiliser syntaxe et grammaire et des difficultés dans l’apprentissage d’automatismes. Il s’ensuit des troubles de l’expression orale qui peuvent être très importants, voire une difficulté d’apprentissage du langage écrit et donc des difficultés de communication.
    Chez la souris, la quantité de FoxP2 est plus forte dans le cerveau des souriceaux mâles que des femelles, or ceux-ci interagissent plus avec leur mère par ultrasons.
    Chez les oiseaux sa présence augmente en phase d’apprentissage du chant dans l’équivalent du striatum humain, qui intervient dans la gestion des mouvements et surtout dans la motivation sexuelle et alimentaire et les circuits du plaisir. En la réduisant, on perturbe cet apprentissage en diminuant la coordination motrice du chant.
    Chez l’être humain, la présence de FoxP2 s’est avérée plus importante à l’autopsie dans le cerveau gauche de filles que de garçons, âgés de 4 ans, ce qui a été rapproché de la meilleure maîtrise verbale observée à cet âge chez les filles. Mais il n’y a aucune preuve de cause à effet.

    Les femmes sont elles plus bavardes que les hommes ?
    C’est une idée assez répandue, mais la réalité est différente.
    D’abord cela dépend des individus, qu’ils soient homme ou femme.
    Les extravertis, qui tirent leur motivation du contact aux autres, parlent beaucoup plus que les introvertis, qui sont à l’aise dans leur univers intérieur. Il leur arrive même de parler sans réfléchir, alors que les introvertis réfléchissent d’abord, mais en oublient parfois de parler.
    Ensuite la formation des personnes à l’expression orale joue. Quelqu’un habitué à intervenir en public, bien qu’introverti, parlera probablement plus facilement.
    Et le sujet est important : la plupart du temps, les hommes seront plus bavards à propos de football, et les femmes sur la mode ou la beauté. Un ingénieur parlera plus technique et un artiste de son art.
    En moyenne et à priori avant éducation, il y a peu de différence entre les capacités d’un homme et d’une femme. De même pour une formation identique, chez les adultes.
    Par contre la formation du cerveau n’est pas aussi rapide pour les hommes et les femmes, sur certains points.
    On admet que chez le enfants, les filles sont meilleures en expression orale et les hommes en orientation spatiale. Mais ensuite les différences s’atténuent chez les adolescents.
     Il est possible que la protéine Fox soit pour une part responsable de la meilleure performance des petites filles en communication orale, mais rien ne le prouve, et l’éducation et le rôle des parents doit probablement être aussi influents.

    Je pense donc qu’il n’est pas judicieux de tirer de conclusion générale hâtive, et que dans ce domaine de facilité de discussion, a protéine FOXP2 n’est pas l’essentiel.
   


Samedi 13 juillet 2019 à 11:09

Biologie, santé.

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    Les « thrombocytes » ou plaquettes sanguines, sont des cellules sans noyau, formées dans la moelle osseuse. Elles jouent un rôle essentiel dans la coagulation car elles forment des agrégats qui vont "boucher" une blessure (coupure, plaie) juste après qu'elle se produise, et avant que les autres facteurs de la coagulation ne se déclenchent.
    Les plaquettes permettent donc d’éviter un saignement à l’intérieur du corps.

    Elles  sont de forme lenticulaire, en disque biconvexe, et mesurent entre 1.5 et 3.5 µm de diamètre. Les plaquettes sont présentes à raison de 150 000 à 400 000/µL de sang. Leur durée de vie moyenne est de 9 jours.
    Les thrombocytes sont formés par fragmentation des méga-caryocytes, grandes cellules contenues dans la moelle osseuse. Ils ne sont donc en fait pas des cellules complètes mais uniquement de petits fragment de cellules.
    Un méga-caryocyte produit environ à lui seul 1 000 à 10 000 plaquettes, en environ 5 jours, le temps nécessaire au mégacaryocyte immature de se remplir de protéine, de cyto-squelette et de granules que chaque plaquette emportera.

    Des cellules souches de la moelle osseuse donnent naissance à des méga-caryoblastes qui possèdent une potentialité de différenciation et vont devenir des "méga-caryocytes". Ceux-ci subissent plusieurs cycles de division cellulaire durant lesquels ils répliquent leurn ADN. Cependant, aucune n'étant menée à son terme, le noyau double sa quantité d'ADN à chaque division. La cellule mesure alors de 100 à 150 micromètres (les mégacaryocytes sont les plus grosses cellules de la moelle osseuse, mais aussi les plus rares) et le noyau comporte jusqu'à 128 fois la quantité normale d'ADN ..
 Le mégacaryocyte va alors se diviser en « proplaquettes » (5 à 7), qui vont être libérées, et « exploser » pour donner naissance à 1 000 voire 1 500 plaquettes chacune, conférant un pouvoir de production de l'ordre de 10 000. plaquettes par méga-caryocyte, ce qui se justifie par la courte durée de vie (9 à 10 jours chez l'humain) des plaquettes dans le sang (environ 10puissance11 plaquettes sont produites chaque jour pour garder le taux constant dans le sang humain). Les plaquettes sont alors libérées dans le sang, afin qu'elles puissent remplir le rôle fondamental dans la survie du corps.

    Aujourd’hui, pour éviter les hémorragies, lorsqu’il y a carence naturelle des plaquettes, la seule source existante est la transfusion de plaquettes provenant de dons du sang, dont les besoins continuent d’augmenter, ce qui encourage les chercheurs à envisager des sources complémentaires au don du sang, d’autant plus que les plaquettes sont aussi difficiles à conserver, contrairement aux globules rouges, ce qui nécessite qu’elles soient transfusées dans les 5 jours après le don du sang..
    Une équipe associant physico-chimistes, biologistes médecins des Universités de Paris Descartes et Diderot, du CNRS, de l’Ecole supérieure de Chimie de Paris, de l’Inserm et la start-up PlatOD a développé un dispositif microfluidique (une sorte de « puce »), qui produit en quelques heures une grande quantité de plaquettes sanguines. (la figure ci-dessous est empruntée à leur compte-rendu d’étude)

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    Le puce est constituée d’un canal, encombré par de nombreux « micropiliers », dans lequel on injecte des mégacaryocytes (schéma a). Ceux-ci adhèrent aux piliers grâce à une protéine identique à celles de la paroi du vaisseau sanguin, qui recouvre la surface des micropilliers et qui reconnaît spécifiquement la membrane des mégacaryocytes (schéma b).
    Les mégacaryocytes subissent les cycles de transformations qui donnent naissance aux plaquettes, qui sont emportées par le flux qui traverse la puce, (photo c), et peuvent être recueillies, et sont, après une activation chimique, capables de remplir leur fonction anti-hémorragique chez un receveur.
    Avec une source plus importante de mégacaryocytes et une puce de plus grande capacité, une production de plaquettes sanguines in vitro à grande échelle sera possible.
    Le procédé est actuellement validé, il faut le redimensionner, faire des essais sur des animaux, puis, dans quelques années, passer à l’expérimentation clinique.

Samedi 6 juillet 2019 à 10:30

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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   J’ai un assez bon sens de l’orientation, en ce sens que j’ai une bonne mémoire cartographique des lieux où je suis déjà passé et je trouve donc assez facilement mon chemin, au moins de jour et quand les lieux n’ont pas trop changé.
    Dans la campagne, je peux toujours me guider sur le soleil quand il y en a, et en partie sur la luminosité du ciel, s’il n’y a pas trop de nuages. Cela me permet de savoir où est le nord. Mais cela m’est déjà arrivé de me perdre, et j’ai toujours dans ma voiture une boussole, qui sert parfois.
Evidemment avec les GPS, on ne se perd plus, mais je n’en n’ai pas, car je ne m’en servirais pas assez.
    Mais j’aimerais bien avoir, comme les pigeons voyageurs, un circuit de mon cerveau qui m’indique la direction à suivre.
 
    En fait de nombreux animaux (pigeons, tortues, poissons…) ont « une boussole » dans leur cerveau et ont ainsi un sens de « magnéto-perception ».
    On sait que cette faculté est due à des complexes moléculaires constitués de deux protéines particulières :
        - l’une le cryptochrome fait réagir l’organisme à la lumière;
        - l’autre, qui comporte un atome de fer et un atome de soufre en son centre, qui est sensible aux champs magnétiques.
    Le complexe est formé d’une chaine de ces protéines magnétiques, autour de laquelle s’enroulent des cryptochromes de façon hélicoïdale. L’ensemble forme un tube magnéto-sensible, qui se comporte comme une aiguille de boussole.
    Si on isole ces tubes et qu’on les fait flotter dans un liquide, ils s’orientent selon l’axe nord-sud du champ magnétique terrestre.
    Présents dans le corps de certains animaux, ils doivent donner à certains neurones spécialisés des indications sur la nature ambiante de ce champ, leur permettant de s’orienter. On en a repéré par exemple dans la rétine des pigeons et il semblerait que ce complexe moléculaire leur donne des renseignements sur le champ magnétique et la position du soleil, grâce à des échanges d’électrons entre les deux protéines. On ne sait pas encore comment se fait ensuite la transmission nerveuse.
 
    Comme toutes les protéines, elles sont codées par des gènes, qui, lorsqu’ils s’expriment, entrainent leur fabrication.
    Or les gènes de ces protéines sont présents chez l’être humain, mais ils ne s’expriment pas, du moins de façon générale et nous ne sommes donc pas (ou plus ?) sensibles au champ magnétique terrestre.
    Mais ces découvertes sont toutes récentes, et dues notamment à de chercheurs chinois, et rien ne prouve que ces gènes ne s’expriment pas parfois chez quelques hommes dans le monde.
    De plus des études très récentes faites par l’institut technologique de Californie, ont montré une certaine sensibilité de l’homme aux champs magnétiques, que l’on ne soupçonnait pas.
    Des patients ont été placés yeux bandés dans une cage de Faraday, entourés de bobines qui pouvaient produire des champs variables en direction et en intensité. un casque permettait de relever des électroencéphalogrammes de leur cerveau.
    Les patients n’ont pas eu l’impression de percevoir, de sentir ces champs électromagnétiques.
    Mais les électroencéphalogrammes ont relevé une diminution importante des ondes lentes « alpha », qui sont habituellement présente quand le cerveau est relaxé et ne ne fait rien en apparence.
    On pourrait penser à des courants induits dans le cerveau, ou à des cryptochromes comme pour les animaux, mais ces processus ne sont pas sensible à la polarisation du champ, alors que cette sensibilité existe dans cette expérience.
    Les chercheurs pensent que ces champs agiraient sur des particules de magnétite, tout petits grains existant dans les membranes des neurones, qui seraient alors agités de mouvements et laisseraient entrer des ions, qui modifieraient l’état électrique du neurone.
    Cette perception n’a lieu que lorsque le champ magnétique est orienté vers le bas, ce qui est le cas pour le champ magnétique terrestre.
    On peut se demander si Homo spiens, qui a effectué de nombreuses migrations, était sensible au champ magnétique, et que l’homme en évoluant, aurait perdu cette capacité, devenue peu utile.
    Il y a un an, des chercheurs de Munich ont découvert dans des cerveaux (postmortem évidemment), la présence de magnétite, principalement dans le cervelet qui contrôle notre marche debout.

    Je ne sais pas si la génétique permettra, un jour, de restaurer cette expression du gène cher un grand nombre de personnes, mais il serait sûrement intéressant d’étudier si cela n’arrive pas chez certaines personnes qui ont des aptitudes particulières (les sourciers par exemple), enfin quand ces aptitudes sont relativement avérées et où il ne s’agit pas de charlatans.

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