Vendredi 27 mars 2020 à 9:53

Actualité

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         La crise du coronavirus nous amène à réfléchir sur l’évolution de notre société et ses carences. 

Dans ma ville, les queues s’allongent devant les magasins, et me rappellent la guerre de 40 lorsque j’étais enfant. Mais ce n’est pas parce que les magasins manquent de nourriture, mais parce qu’il faut se protéger du voisin et rester à au moins un mètre de distance. Alors on ne rentre dans les magasins que par paquets de dix, quand dix autres personnes en sont sorties.
Ce n’est qu’une image banale, mais elle est le reflet d’une situation soudaine qui nous fait réfléchir sur nous mêmes mais aussi sur l’évolution de notre société, du rôle des entreprises et de l’Etat.

 

Nous sommes tous bloqués chez nous : en soi ce n’est pas si grave que cela. On a de quoi manger, on peut ouvrir la fenêtre quand il fait beau, on peut lire, écouter des CD ou voir des DVD,  regarder la télé ou aller sur internet, et on ne risque pas, comme pendant la guerre, qu’une bombe vienne exploser sur la maison. 

Certes on est isolé, mais on peut communiquer avec sa famille : il y a le téléphone, skype, les réseaux sociaux, la messagerie sur internet.

En fait ceux qui souffrent de la situation actuelle, et risquent leur santé, ce sont ceux qui sont obligés de continuer à travailler dans leur entreprise ou commerce, et surtout ceux qui soignent ceux qui sont malades, dans le cabinets médicaux, les hôpitaux, les EPADS, ou les infirmières libérales, et sont donc en contact avec eux.

Pourtant beaucoup de gens ont peur et certains se promènent dans la rue avec un masque plus une écharpe par dessus, ce qui ne sert strictement à rien, (sauf s’ils sont malades et alors ils devraient rester chez eux) car le masque ne sert qu’arrêter les postillons et gouttes expulsées par la toux ou un éternuement et nous ne risquons rien à un mètre les uns des autres (et encore moins si, dans une queue ils nous tournent le dos).

Du jour au lendemain le monde est devenu inquiétant, vidé d’humanité, et les gestes réconfortants - manger ensemble, s’embrasser, se serrer la main, discuter - sont maintenant interdits, par précaution tout à fait nécessaire, mais qui bouleverse nos attitudes et nos émotions.

La peur nous guette, car dans notre société et surtout en France, la santé était considérée comme une chose acquise, d’une part par notre système de protection sociale et d’autre part parce que nos médecins étaient compétents et notre personnel soignant dévoué et efficace. Certes on savait que nos politiques négligeaient les hôpitaux publics, mais les conséquences, on ne les voyait pas. Cent mille lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années  et les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs, et depuis un an, médecins et infirmières manifestent pour dénoncer les coupes budgétaires qui détruisent peu à peu nos hôpitaux.

Les crédits de recherche - médicale et autre - ont été réduits au minimum, et les stocks de sécurité ont diminué, comme les masques, les médicaments, les vaccins.
Mais il n’y avait pas de crise, alors on ne s’en souciait pas tellement !

 

Certes on sait que la mondialisation existe, mais on en connaissait que les méfaits économiques et les exils de ceux qui étaient confrontés à des situations dramatiques.

        L’Etat était censé garantir notre sécurité, mais il y a eu le terrorisme et les guerres du Moyen Orient, qui sont venu entamer cette certitude.

Certes il y a le chômage qui est au dessus de nous comme une épée de Damoclès, les faillites, les délocalisations, le manque d’emploi, surtout pour les moins qualifiés. Mais on voyait une lueur d’espoir, l’emploi allait un peu mieux.

En janvier on  a entendu parler de ce nouveau virus en Chine, mais la Chine c’est loin. Des cas au Japon, en Corée. Puis une alerte en France mais très bien maîtrisée.

Puis tout à coup l’Italie contaminée, la réunion des évangélistes à Mulhouse, des aviateurs d’une base militaire revenant de Chine et c’est brutalement l’explosion de la maladie en France. On s’aperçoit que la mondialisation, c’est aussi celle du virus, et que les frontières n’existent pas pour lui.

Et l’on découvre tout d’un coup , que l’on ne fabrique plus en grande quantité les masques et les respirateurs en France, qu’on manque de lits de réanimation et que les médicament sont fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

On prend tout à coup conscience que les personnels soignants ne peuvent être efficaces, malgré leur savoir et leur dévouement, que s’ils disposent du matériel nécessaire.

 

La crise actuelle est certes gérée au mieux par les pouvoir publics des pays, mais avec un mélange de gravité et d’hystérie, qui cache en réalité une énorme impréparation, et une évolution du rôle de l’Etat, qui lui a fait négliger la santé au profit de la politique et de l’économie. Et là, tout à coup, on s’aperçoit que, sans la santé, il n’y a plus ni économie, ni politique.

Quand j’étais jeune ingénieur, c’étaient mes anciens, ingénieurs eux aussi, qui dirigeaient les entreprises et ils avaient le souci de ceux qui travaillaient: certes l’entreprise ne devait pas faire de perte, et devait rémunérer ceux qui lui donnaient des fonds, mais son rôle était aussi de procurer du travail pour que les gens puissent survenir à la vie de leur famille. Certains de mes camarades, dans le Ministère de l’Industrie, avaient la tâche de « l’organisation du territoire », c’est à dire de faire en sorte qu’il y ait des entreprises qui distribuent du travail et qui par ailleurs, produisent en France, les produits et denrées stratégiques, nécessaires à la poursuite de notre activité, même si un de nos partenaires étrangers faisait faux bond.

Maintenant tout cela n’existe plus, les sociétés sont dirigées par des financiers, l’Etat devient libéral et mondialiste et ne pense que finances et à réduire ses dépenses, ainsi que le coût du travail. L’entreprise doit « produire des richesses » et faire le maximum de profit et ne se sent plus responsable de fournir des emplois. Donc les salaires doivent être au plus bas et on délocalise là où ils le sont. Les états sont aux mains des investisseurs financiers, donc préoccupés par leurs dettes et accaparés par la sécurité et les relations internationales gangrénées par les guerres entre religions et ethnies, qui se disputent le pouvoir politique.

La politique et le goût du pouvoir rendent aveugle. Plutôt que prendre tout de suite les mesures pour endiguer la dissémination du virus, on a attendu car on voulait maintenir les élections municipales. On a attendu de se rendre compte de la pénurie des moyens de soins pour essayer d’y faire face et de passer les commandes nécessaires. Certes les mesures prises sont bonnes, mais très tardives. On aurait notamment pu se rendre compte, début janvier, par exemple, du faible niveau des stocks de masques.

Finalement la crise sanitaire était aussi impréparée et mal réfléchie de la réforme des retraites absurde et l’économie est à l’arrêt.

Mais seul l’Etat a pu gérer cette crise. Les GAFA sont impuissants vis à vis d’un virus et Amazon ne peut qu’expédier des colis. Peut être que Google devrait se demander si des recherches médicales ne sont pas plus utiles qu’une voiture robot sans chauffeur.

Cette épidémie va causer des dommages économiques importants, des faillites et du chômage en résulteront, une croissance négative, et cela affectera le monde entier, les économies asiatiques ayant des chances d’en sortir les plus fortes. 

Les banques, les entreprises et les sociétés financières vont devoir en supporter les charges, aux côtés de l’Etat, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, même si cet effort collectif ne génére que peu de profits.

L’Etat devra tirer les leçons de la crise. Il devra se demander si notre société n’est pas trop occupée à réaliser des bénéfices, et à exploiter la terre et la main d’œuvre, sans se soucier des conséquences. La crise a montré que l’économie n’existe pas si la sécurité et la santé des personnes n’est pas assurée. 

La mondialisation et le capitalisme tel que nous l’avons connu doivent changer car ils profitent de la garantie de sécurité, santé et éducation qui est fournie par les Etats, et si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne pourront pas nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.

Le retour en France de certaines fabrications stratégiques  devra en particulier être envisagé, malgré son coût plus élevé qu’une fabrication dans les pays à bas coûts.

Et quand je vois l’envoi de masque par la Chine à l’Italie récupéré par la République Tchèque - puis rendus heureusement - je me pose des questions sur l’avenir de l’Europe et je continue de penser qu’on aurait dû rester dans une Europe limitée de 17 membres, sans un certain nombre de pays, qui égoïstement ne pensent qu’à eux mêmes.


Vendredi 20 mars 2020 à 16:58

Notre cerveau : intelligence; langage

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

         Comment notre cerveau prend-il des décisions ?  

           Ce n’est que récemment que l’on commence à comprendre ce problème.
           En 1976, le psychologue Roger Ratcliff suggère que le cerveau  a besoin d’une accumulation de preuves pour prendre ses décisions.

           En 1996 des chercheurs ont commencé à étudier ce qu’il se passait dans le cortex pariétal (sur le dessus du crâne, les centres moteurs et les centres de mémoire associative), lorsqu’ils avaient des décisions simples à prendre.
           En 2002 un physicien chinois a émis l’hypothèse, en simulant informatiquement le flux neuronal, que la décision était prise lorsqu’il y avait un cumul suffisant dans le cerveau se traduisant par une activité croissante.
           En 2005 des neuroscientifiques mettent en évidence que la prise de décision s’accompagne de libération de noradrénaline par le tronc cérébral (un centre situé à la jonction de la colonne vertébrale et du cerveau).
           En 2012-14 d’autres chercheurs constatent par des mesures électriques encéphalographiques sur des animaux et sur l’homme, que la décision n’intervient que lorsque les signaux neuronaux se sont accumulés dans le cerveau jusqu’à un certain niveau

            Je vais essayer de faire un résumé en deux articles, à partir de lectures faites sur des revues de neuroscience, notamment du professeur Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes.

            Le chef d’orchestre, c’est, comme d’habitude le cortex préfrontal. C’est lui qui doit décider, et il appelle à l’aide le reste du cerveau.
           Il commence  (voir le schéma) par demander à un centre du tronc cérébral, le locus coeruléus, de contacter des centres dans lesquels il y a des neurones utilisant la noradrénaline comme neurotransmetteur et de libérer des quantités importante de ce produit, pour activer les récepteurs correspondants.
           L’activité du tronc cérébral est difficile à détecter car le le locus coeruléus est un tout petit centre, (quelques mm), à coté de vaisseaux sanguins, qui le font bouger à chaque pulsion cardiaque, et rendent impossibles les IRM. Heureusement la noradrénaline fait dilater les pupilles des yeux et cela permet de suivre de façon précise la libération de ce neurotransmetteur, qui intervient une centaine de millisecondes après la demande du cortex préfrontal.
            Cette libération augmente d’activité de centres du cortex qui vont fournir des informations : les centres d’interprétation de la vision (ou des autres sens) et les centres de mémoire associative du cortex pariétal postérieur, de même que les centres amygdaliens au niveau du cerveau émotionnel.

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)            On peut suivre électriquement l’activité du cerveau et notamment du cortex préfrontal et la traduire par une « variable de décision, qui cumule la quantité d’information retenue pour la décision.
           Cette variable va mettre un certain temps pendant lequel l’activité du cerveau va augmenter, devenir de plus en plus importante, jusqu’à dépasser un seuil, ce qui déclenche la décision oui. Cela peut prendre plusieurs secondes, voire plusieurs minutes. Cela dépend des personnes et de la complexité du problème. L’action est alors lancée notamment vers les centres moteurs, en quelques centaines de millisecondes.
            A l’inverse l’activité cérébrale peut diminuer jusqu’à atteindre un seuil où la réponse est non et évidemment, il ne se passe rien ensuite.
           La variation de cette activité montre que le cerveau, consciemment ou non rassemble de nombreux éléments qu’il analyse, avant de prendre la décision oui ou non, l’activation oui entrainant une analyse plus poussée; ces éléments peuvent être des sensations diverses qui renseignent sur l’extérieur, des raisonnements logiques internes, des mémorisations de faits voisin anciens, des éléments plus subjectifs, émotions et sentiments, provenant du cerveau émotionnel, notamment centres amygdaliens. 

           Ces temps de décision varient selon les personnes, car étant optimistes ou pessimistes, plus ou moins confiantes ou méfiantes, elles ont tendance habituellement à dire plus fréquemment oui ou non. On constate par exemple que, pour la même décision à prndre,  des personnes habituées à dire non, vont mettre nettement plus de temps à prendre une décision favorable, que des personnes habituées à des décisions positives. 

           En outre le circuit de décision que nous venons de décrire est voisin de celui qui intervient lorsque nous sommes soumis à du stress ou de l'anxiété.
           Dans ces derniers cas il y a un équilibre permanent à conserver entre les centres amygdaliens et l'insula d'une part, qui gèrent nos craintes, notre stress , notre angoisse et les font remonter vers le cortex préfrontal, et plus précisément le cortex préfrontal ventromédian gauche,  qui essaye de les contenir d'autre part. 
          Si ce dernier est dépassé, c'est le stress et si cette impuissance devient plus grande, l'anxiété puis l'angoisse. Si le cortex préfrontal est mis hors jeu, ce peut être la dépression.
           Alors qu'un peu de stress peut être salutaire en stimulants les centres de l'attention, un stress plus important ou une anxiété qui dure peut perturber totalement notre système de prise de décision.
           Je reviendrai sur ce point dans l'article de demain. 

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

Vendredi 13 mars 2020 à 13:45

Biologie, santé.

Grippe et coronavirus Càvi-19 : comparaison.

           Quelques lectrices et lecteurs m’ont demandé de comparer la grippe et le Covi-19.

Mais c’’est un peu comme comparer des choux et des carottes qui sont tous deux des légumes, mais ont bien des différences.

 

Mortalité :

 

           Ce qui est évident et bizarre, c’est que l’épidémie actuelle de corona-virus, qui affole la population, est, pour le moment un tout petit événement, par rapport aux épidémies de grippe qui sévissent tous les ans, dont on parle peu et qui n’affolent personne.

           Pourtant dans le monde entier, alors que le corona-virus a fait actuellement un peu plus de 3 000 morts et de 100 000 malades, la grippe contamine chaque année plusieurs centaines de millions de personnes et fait entre 300 000 et 650 000 morts.

           En France lors de l’hiver 2018-19, l’épidémie d’environ 8 semaines, de virulence plutôt moyenne, a engendré 1,8 millions de consultations, 44 750 séjours hospitaliers, et 8 117 décès dont 84% de personnes âgées de plus de 75 ans.

           Les létalités (le nombre de morts par rapport à la population infectée), des deux virus sont différentes. Sur l(ensemble de la population, la grippe a un taux qui varie selon les années de 0,2 à 0,5 %, tandis que celle du coronavirus est de 2,3% (si l’on ne compte que les cas confirmés par des tests de l’ARN viral prélevés), et de 2,6% si l’on compte tous les cas de personnes contaminées. Dix fois plus environ que la grippe saisonnière en France. 

          La létalité du coronavirus est certes plus à craindre, mais le nombre de décès imputables à la grippe est beaucoup plus important vu le grand nombre de personnes contaminées. Et pourtant les pouvoirs publics ne prennent pas des mesures aussi sévères lors des épidémies de grippe ! 

           En fait, alors que les médias et les réseaux sociaux ne se soucient pas de la grippe, ce sont eux qui affolent la population à propos du coronavirus. mais évidemment, c’est le « péril jaune », alors c’est plus extraordinaire !

 

           Cependant les deux maladies ne touchent pas les mêmes personnes. 

           La grippe saisonnière touche beaucoup les enfants, mais avec un très faible taux de mortalité, alors que les personnes âgées, moins touchées, ont le plus fort taux de mortalité. 

          Pour le coronavirus, selon les statistiques chinoises, les enfants ne sont pas du tout touchés par le Covid-19. Les moins de 10 ans représentent moins de 1% des personnes contaminées. On observe des formes graves de Covid-19 chez des adultes de moins de 65 ans, ce qui est rare pour la grippe. Mais les vieillards sont aussi les plus touchés : la létalité des personnes âgées de plus de 80 ans est de 14,8%. Elle est de 8% pour les 70 à 79 ans, de 3,6% pour les 60-69 ans, 1,3% pour les 50-59 ans, 0,4% pour les 40-49 ans, et 0,2% pour les 10-39 ans. Les femmes meurent moins que les hommes : 1,7% de létalité contre 2,8%. 

           Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés (10,5%) devant les diabétiques (7,3%) ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques (6,3%) ou d’hypertension (6%). Au total, 80% des cas de Covid-19 sont bénins.

           Toutefois les calculs de létalité ne sont pas faits de la même façon pour les deux maladies; pour le coronavirus, on compare les décès au nombre de personnes porteurs du virus. Pour la grippe, on met en place un système de surveillance auprès des acteurs médicaux et on calcule un nombre de cas probables de malades.

 

Symptômes et période d’incubation :

 

          Les symptômes des deux maladies sont comparables : écoulement nasal, fièvre, toux, courbature, céphalée, fatigue; les formes sévères sont analogues (difficultés respiratoires, pleurésies, détresse respiratoire…) mais elles sont plus fréquentes pour le Covi-19. En outre celui-ci peut provoquer une insuffisance rénale aiguë voire une défaillance multi-viscérale souvent mortelles. Une proportion plus importante de patients risque d’aller en réanimation.

           La période d'incubation du Covid-19 est plus longue que celle de la grippe, puisqu'elle peut aller jusqu'à 12/14 jours contre 3/6 jours pour la grippe.

On ne connait pas bien la durée minimale d’incubation du Covi-19; elle semble être de 6 jours environ. On ne sait pas encore à partir de quand un malade est contagieux et s’il y a des porteurs sains, mais la contagion est peu probable tant que le malade ne tousse pas et n’a pas d’écoulement nasal.

           Le fait que les symptômes des deux maladies soient très proches, explique pourquoi les chinois ont mis plus d’un mois à s’apercevoir de l’existence du coronavirus COVI-19, ce qui a entraîné des contagions nombreuses. En fait il a fallu des cas très graves différents de ceux de la grippe pour donner l’alerte.

 

Transmission et contagiosité; diagnostic :

 

           Le mode de transmission est le même pour les deux maladies : transmission par voie aérienne en toussant ou éternuant, par contact rapproché entre deux personnes, ou par l'intermédiaire d'un objet ou d'une surface, préalablement touché par un malade.

           Dans les deux cas, le risque de contagion respiratoire est limité à moins de deux mètres environ.

           La contagiosité du Covid-19 est légèrement supérieure à celle de la grippe saisonnière. Le « taux de reproduction de base » - RO (nombre moyen de personnes auxquelles un malade risque de transmettre la maladie) se situe entre 2 et 3, quand il n'est que d’1,5 pour la grippe saisonnière. Toutefois ce facteur n’est pas constant et il varie avec l’environnement et la météorologie.

           Le diagnostic du covi-19 se fait par prélèvement de mucus nasal et salivaire et recherche de l’ARN du virus.

           En période de circulation du virus de la grippe, le tableau clinique par observation des symptômes est suffisant pour poser le diagnostic. La détection du virus n'est, pour l'instant, pas réalisée en pratique courante.

 En dehors d'une période épidémique déclarée, les syndromes grippaux peuvent avoir d'autres origines, virus divers, voire bactéries.

 

           En définitive, les conséquences des épidémies annuelles de grippe sont pour le moment, sans commune mesure avec celle du coronavirus chinois, mais évidemment on ne sait pas ce que serait une épidémie importante et ses conséquences. Les chinois semblent avoir enrayé cette épidémie.

           Le fait que ce nouveau virus soit inconnu a sûrement contribué à l’affolement actuel, alors qu’on est habitué à la grippe, et que l’on a un vaccin pour celle-ci, que la plupart des gens n’utilisent malheureusement pas, par négligence..
           Mais il est quand même anormal qu’on ne se préoccupe pas des nombreuses victimes de la grippe, alors que les médias consacrent la moitié d’un journal télévisé à l’annonce de tous les nouveaux cas de covi-19, que certaines mesures contradictoires sont prises, sans toujours en prévoir les conséquences économiques, que les renseignements donnés à la télévision sur les masques et les solutions hydroalcooliques et les savons tout aussi efficaces, ne sont pas assez précis.

           Il est étonnant que l’on insiste autant sur les désinfections, alors que le virus ne peut subsister en dehors de l’homme plus de quelques heures.

 Les réseaux sociaux par ailleurs diffusent des âneries notoires et certaines personnes spéculent sur cette crise (notamment les masques et les désinfectants).
           Il s’ensuit un affolement assez anormal et il est curieux de voir par exemple les « droits de retrait » qui sont invoqués dans des régions où il n’y a pas de foyer de contagion, alors que personne ne songe à cela en période d’épidémie grippale où le risque de contamination est des milliers de fois plus grand, vu le nombre de porteurs du virus.


Nota : Les statistiques sur la grippe 2018/19 sont tirées du rapport de surveillance de la grippe en France de la Santé publique http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2019/28/pdf/2019_28_1.pdf

 

Grippe et coronavirus Càvi-19 : comparaison.

Vendredi 6 mars 2020 à 9:52

Biologie, santé.

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19


          On en parle tellement partout, radio, télévision, journaux, réseau sociaux, et l'on dit tellement de bêtises que cela m'a semblé utile de revenir sur ce sujet, maintenant que l'on a davantage de renseignements sur le coronavirus chinois Covid.19.

         J'ai déjà fait un article le 30/01/2020,  sur ce virus, où je rappelais ce qu'était un virus, et notamment qu'il ne pouvait pas se reproduire, ni vivre longtemps à l'extérieur de cellules animales qu'il infectait, et je disais que l'infection se propageait essentiellement par voie respiratoire ou cutanée, soit que nous respirions ou que nous touchions des gouttelettes expulsées par des personnes porteuses du virus, en toussant ou éternuant, présentes dans l'air jusqu'à un à deux mètres maximum de la personne, ou déposés sur des objets. Ces gouttes contenant du virus et déposées sont appelées "fomites" et deviennent inactives au bout de quelques heures.
         Je vais dans cet article, donner plus d'information sur le virus

Les divers coronavirus :

         On connait les coronavirus depuis de nombreuses années et il y en avait 4 principaux, dénommés ainsi à cause de leur forme circulaire et de leurs protubérances (qui leur permettent de s'attacher aux cellules pour les infecter, et qui font penser à une couronne, ou à la couronne solaire lors d'une éclipse). Mais ces 4 types de virus, lorsqu'ils infectaient l'homme, ne produisaient que des rhumes relativement bénins, sauf complications par des infections bactériennes.
         Le principal réservoir de ces virus est la chauve-souris, qui est insensible à son action. Pour qu'il infecte l'homme, il faut en général qu'un mammifère intermédiaire soit infecté.
         La chauve souris est aussi porteuse du virus Ebola, qui a sévit fortement en Afrique (et sévit encore), mais ce n'est pas un coronavirus.
         Les coronavirus provoquant des pneumonies graves et pouvant être mortels sont apparus en 2002 et sont au nombre de 3 : 
                  - le syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS-cov-1, qui a sévi en 2002/2003,  principalement dans les pays asiatiques, pendant 7 mois, avec 8346 cas dénombrés et 646 décès.
                  -  le syndrome respiratoire du Moyen Orient ou MERS, avec 2374 cas et 823 décès, qui sévit encore depuis 2012.
                  - Le SRAS-cov-2 ou covid 19 actuellement en cours et qui a touché environ 90.000 personnes, principalementt en Chine, et provoqué environ 3.000 décès.
         On peut penser que la chute-souris est l'animal initial (souche connue de coronavirus RaTG13), mais il faut un intermédiaire pour le passage à l'homme. Il semble que pour le SRAS, ce fut une civette et pour le MERS, le dromadaire. Pour le virus chinois, on soupçonne un pangolin, animaux vendus sur le marché de Wuhan.

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19
 
                       SRAS - COV1                       MERS                SRAS  COV2 ou Covid 19

Structure des coronavirus COV   

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19     Ces virus comportent une enveloppe, une capside, et un matériel génomique constitué d'ARN. Cet ARN monobrin, est l'un des plus gros qui existe parmi les virus, compor-tant de l'ordre de 30 000 bases puriques (en N sur le schéma ci-contre.
    Les protéines S réagissent avec des protéines des membranes cellulaire un peu comme une colle, pour arrimer le virus à la cellule. Les protéines M et E vont ensuite percer la membrane cellulaire et injecter l'ARN du virus dans la cellule. Le matériel cellulaire de la cellule, au lieu de la reproduirere identique à elle même produira à la place l'ARN du virus, qui se reproduira et se multipliera .       

Les symptômes provoqués par le Covid-19

          Le plus souvent, le Covid-19 provoque des symptômes proches de ceux d’une grippe: de la fièvre, de la toux, des maux de gorge, des difficultés respiratoires, des douleurs musculaires et de la fatigue. Une pneumonie sévère, un syndrome de détresse respiratoire aiguë ou encore un choc septique peuvent intervenir dans les cas les plus graves et conduire au décès. On constate également des insuffisances rénales.
          Tous les malades ne sont pas réceptifs de la même façon : les enfants, qui ont un bon système immunitaire sont peu touchés. La maladie est rarement mortelle au dessous de 40 ans. Par contre la mortalité est beaucoup plus forte chez les vieillards ou chez les personnes déjà atteintes d'une maladie respiratoire ou cardiovasculaire, ou souffrant de diabète.

Les dangers du Covid-19, par rapport à d'autres virus : 

        Trois paramètres permettent de caractériser rapidement un virus par rapport à d'autres :

La contagiosité
         On donne en général deux paramètres importants : la distance de contamination et le nombre de personnes contaminées en moyenne par une personne porteuse du virus/

         L'un des virus les plus contagieux est celui de la rougeole, pour lequel une personne peut en moyenne en contaminer 18 et cela jusqu'à 30 mètres de la personne contaminée. Pour le Covi-19, la distance n'est que de 2 mètres et le nombre de personnes de 3, comme le SRAS. Toutefois il semble que le virus chinois ait dix fois plus d'affinité pour les cellules humaines que celui du SRAS.

La durée d'incubation :
        Elle a été estimés pour le Covi-19 à environ 12 jours maximum, ce qui détermine les durées de quarantaine de 14 jours.

        L'exemple le plus extrême est le VIH qui peut déclencher le sida entre quelques mois et 7 à 10 ans après la contamination : sauf dépistage un individu peut donc transmettre la maladie pendant des années sans qu'on s'en aperçoive : il est provisoirement "porteur sain". C'est ce qui a permis la dissémination mondiale du sida.
       L'autre problème est de savoir à partir de quand une personne peut transmettre le virus et si cela intervient avant qu'elle ne présente des symptômes de la maladie.
       Ce paramètre semble encore mal connu pour le Covi-19; les premier cas en Chine semblaient montrer que l'on avait des symptômes lorsque l'on était contagieux, mais des cas plus récents, notamment en France, semblent montrer qu'on peut être porteur sain dans un premier temps. Cela veut dire qu'on a déjà un infection suffisante pour transmettre le virus, avant d'avoir les symptômes de la maladie. Mais cela n'est sans doute vrai pour toutes les personne.

La létalité :
       Le virus le plus mortel est le virus Ebola, qui peut tuer jusqu'à 90% des malades. Le virus de la grippe aviaire bien que peu transmis à l'homme, est mortel à environ 60%Les coronavirus MERS et SRAS étaient très dangereux avec 35% et 10% de mortalité.

        Bien qu'on n'ait pas encore des chiffres bien établis, car en début d'épidémie, les personnes peu atteinte n'ont sans doute pas été détectées en Chine, le Covi-19 ne semble pas avoir une létalité supérieure à 2 à 3 %.
        Le virus de la grippe a une létalité au moins 10 fois moindre, 1 à 2 pour mille, mais comme il y a chaque année des millions de personnes contaminées, il y a des milliers de morts.

La psychose actuelle.

        C'est un peu paradoxal que ce virus chinois suscite une telle pd-sychose, alors que la grippe annuelle contamine et tue beaucoup plus et qu'il existe un vaccin efficace, mais que la plupart des gens ne se font pas vacciner.
        J'ai été témoin  ou j'ai vu à la télévision des choses aberrantes, qui me font douter de l'intelligence de certaines personnes :
        J'ai vu, dans une queue du dimanche chez le boucher, des gens laisser un vide de deux places derrière une dame chinoise, qui ne revenait pas de voyage, ne toussait et n'éternuait pas. J'ai vu des gens porter des masques dans la rue, alors qu'il n'y a pas de personne contaminée dans le secteur, et que de toute façon ces masques ne protègent pas contre le virus qui est trop petit.
        Les autorités ont annulé le marché du dimanche de Creil, ce qui est pénalisant pour les agriculteurs qui vendent leur production, alors que, en plein air on ne risque pas de contamination si on est à plus d'un mètre face à une personne qui tousse ou éternue, et qu'on ne touche pas des objets de l'environnement. Mais la grande surface voisine était restée ouverte, alors que c'est un lieu clos, où il vaut mieux rester à plus de deux mètres d'une autre personne. C'est absurde.
       Au lycée Lakanal à Sceaux, 12 élèves venant d'Italie, sont en quarantaine de 14 jours, mais par pure précaution. D'autres élèves disent sur les réseaux sociaux, qu'il y a 12 élèves du lycée atteints par le corona virus. On s'étonnera ensuite si les gens s'affolent quand on voit de pareilles inepties.

      Les pharmacies n'ont plus de masques et là encore cela montre le manque d'information. La plupart des masques vendus ne protègent pas des virus, car ils ne filtrent que les poussières supérieures à 50 µ, alors que les virus ne font que quelques microns, et d'autre part n'adhèrent pas aux joues sur le coté. Par contre ils arrêtent les postillons et gouttes d'éternuement et isolent correctement une personne porteuse du virus.
       Les seuls masques efficaces sont les "masques chirurgicaux coques" FFP2 et FFP3.
Ces masques se colmatent peu à peu et leur durée de vie maximale est de 6 heures et ils doivent ensuite être jetés à la poubelle. Dans certaines conditions, cette durée peut même être abaissée à 3 heures et ces masques, potentiellement contaminés ne sont,en aucun cas, lavables. En fait ils sont réservés aux personnels médicaux, amenés à soigner les malades contaminés.
      En fait, porter un masque en prévention pour aller faire ses courses, n'a de sens que lors d'une épidémie véritablement présente dans le secteur où l'on se trouve, et les masques n'ont aucun sens si on ne se lave pas les mains puisqu'en pratique on touche des surfaces contaminées.

       On ne trouve plus de solution hydroalcoolique dans les pharmacies. Certes cela permet une désinfection si on est loin de tout lavabo et robinet, mais faut il, comme le font certaines personnes s’en appliquer sur les mains avant chaque repas.
          Les gels hydroalcooliques ont des propriétés bactéricides, virucides et fongicides (tuant les bactéries, les virus et autres champignons) sans avoir aucun effet nettoyant : les bactéries meurent, évitant ainsi toute propagation vers d’autres personnes, mais elles restent sur vos mains. 

         Les solutions hydroalcooliques ne remplacent donc pas le lavage des mains. D’ailleurs, celles-ci doivent être propres et sèches avant toute utilisation de ce gel. et les effets de ces gels sur le long terme sont mal connus. 
        Les bactéries contenues sur nos paumes ne sont pas toutes mauvaises et certaines d’entre elles nous permettent de combattre les autres, plus mauvaises, notamment les souches plus résistantes aux antibiotiques. À force de tout aseptiser en voulant se protéger, on perd également notre meilleure défense immunitaire.
       Le savon de Marseille de ma grand mère est tout aussi efficace si on se lave bien les mains !         
 
     Enfin j'ai été étonné du manque de logique d'un propos de notre premier ministre, qui recommandait à la télé de se laver les mains toutes les heures. Cette fréquence imposée est absurde.
       Si on n'a touché aucune surface susceptible d'être contaminée pendant une heure, pourquoi se relaver les mains. Et par contre si on vient de sortir à l'extérieur et que l'on a touché des surfaces inconnues, il faut alors se laver les mains, car on pourrait les avoir contaminées.

     Mais virus ou pas virus, mes parents m'ont toujours dit qu'il fallait se passer les mains à l'eau et au savon avant de manger. Où est passé le bon sens d'autrefois ?

Les Tests :

          Et j'ai entendu certaine personnes avoir peur des tests, peur d'avoir mal. C'est absurde.
          Le test ressemble à un test d'ADN, sauf qu'on ne vous prend pas que de la salive mais aussi un peu de mucus nasal, avec des espèces de coton-tiges. Ils sont ensuite soigneusement scellés dans un tube car ces prélèvement peuvent contenir des virus.
          Le test en labo ressemble à un test d'ADN. Mais on le fait après une culture rapide du prélèvement pour multiplier le nombre de virus et donc être plus sensible. Puis on fait le séquençage, et on regarde si'il contient l'ARN caractéristique du Covi-19.
          Ce test en labo dure environ 3 heures.

 Nota : La plupart des virus ont besoin d'être dans le corps d'un animal pour vivre et se reproduire. Mais il existe aussi des virus qui peuvent vivre dans des plantes en se servant de leurs cellules pour se reproduire. C'est le cas par exemple du virus de la tomate qui sévit actuellement. Mais ces virus ne sont alors pas nocifs pour l'homme et les animaux dans les cellules duquel ils ne peuvent se reproduire.
Mais il y a aussi des virus de bactéries et des virus de virus, qui vivent au détriment de leur hôte.

 

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