Vendredi 24 avril 2020 à 17:36

Biologie, santé.

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        Avec le déconfinement prochain du 11 mai, on parle beaucoup de masques et des idées fausses circulent à ce sujet. Alors je voudrais faire un point succinct pour rectifier ces erreurs : une partie des renseignements est issue d’un article de la revue « Pour la Science ». Il s’agit de masques médicaux bien entendu et non de masques industriels (peintures par exemple), de plongée, ou pour intervention des pompiers dans un incendie.

     D’abord contre quoi se protéger : bactéries et virus. Les bactéries sont des cellules vivantes de 0,5 à 5 µ (millième de mm). Les virus, entités inertes faites de protéines et d’ADN ou ARN, ont des dimensions plus faibles 0,03 à 0,3 µ. La taille du Covid 19 est d’environ 0,1 µ…
    Au départ ces microbes proviennent du corps d’être vivants et notamment des hommes contaminés lorsqu’ils toussent éternuent, parlent. Ils sont supportés par des gouttelettes d’eau de 1 à 100 µ, qui s’évaporent rapidement et libèrent leurs hôtes dans l’air et sur les surfaces. Mais si les bactéries pour la plupart du temps restées vivantes, il n’en est pas de même des virus qui perdant peu à peu la couche de lipide qui protège leur coque, se décomposent spontanément au bout de quelques heures sur les surfaces contaminées (voire quelques jours selon le support et l’environnement).
    Les gouttelettes les plus grosses tombent rapidement sur le sol, dans un cercle de 1 mètre environ, mais des gouttes plus petites de 20µ par exemple peuvent mettre environ 4mn à tomber d’une hauteur de 3m et des gouttes de 5µ peuvent mettre de l’ordre d’une heure. Mais évidemment elles sont dispersées par les courants d’air et leur nombre devient faible dans un certain volume d’air; par ailleurs elles s’évaporent rapidement et le virus ne vivra pas dans l’air (du moins celui du coronavirus, car d’autre virus comme celui de la rougeole ou de la varicelle peuvent rester un certain temps en suspension et on peut constater des contamination à quelques dizaines de mètres).
    En plein air, quand on croise une personne, le risque est très faible, sauf si elle vient d’éternuer ou de tousser sans précaution. Discuter quelques minutes à un mètre de distance ne fait pas prendre beaucoup de risques mais dans une pièce fermée, comme par exemple le bus ou le métro, où l’on est proche des autres pendant un certain temps, le port d’un masque peut être utile. Mis en principe une personne malade ou risquant d’être contaminée doit rester confinée et on ne devrait pas en rencontrer (toutefois cette personne peut ne pas le savoir car on peut être contagieux pour le coronavirus, deux jours environ avant les symptômes)
          Il est évidemment indispensable de porter un masque pour les personnes qui risquent de rencontrer de personnes contaminées ou qui préparent des objets (notamment repas). Le risque est encore plus grand pour les personnels soignants qui sont à proximité de malades.

    Comment un masque arrête t’il des particules? Evidemment s’il était constitué d’une surface dont les trous sont très petit, (0,02 µ) rien ne rentrerait, mais on ne pourrait plus respirer non plus.
    Les tissus ont des « trous » très gros et ne sont pas multicouches. Ce sont donc de mauvais filtres qui n’arrêtent que les particules les plus grosses. Par ailleurs ils sont souples et et les masques laissent des interstices sur les joues ou sous le menton (A noter qu’un homme doit être rasé pour porter un masque !).
    Néanmoins ils évitent d’envoyer des gouttelettes dans l’air après un éternuement, arrêtent les gouttelettes extérieures les plus grosses et empêchent de se toucher la bouche ou le nez avec les mains, si celles -ci sont contaminées, avant de les laver.
    Deux tissus semblent appropriés
        - Le coton : avantages fibre naturelle, souple, respirante, lavable à 60 d° sans perte de propriétés, mais gros inconvénient est hydrophile et donc absorbe les gouttelettes.
        - Le polyester hydrophile, s’électrise (ce qui attire les gouttelettes), résistant, mais c’est une fibre synthétique rêche qui perd au lavage, ses propriétés mécaniques au delà de 40 d° (se déforme et se froisse).
http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/15116638.jpg    En fait deux sortes de masques seront réalisés en tissus. Ceux destinés aux professionnels en contact avec le public filtreront environ 90% des particules au dessus de 3 µ. Les masques grand public auront une performance moindre : environ 70%.
    Ces masques apportent un minimum de protection dans un magasin ou dans le métro, mais leur port ne dispense pas des « mesures barrières », qui restent essentielles pour endiguer l’épidémie. Ils empêchent des personnes asymptomatiques de contaminer sans le savoir d’autres personnes et évitent qu’on contamine sa bouche ou son nez.
    Ils auront deux formes « bec de canard » ou « trois plis ». c(photo ci contre).

    Le tissu n’assure pas une protection suffisante contre les particules de faible diamètre, pour pouvoir être en contact avec des malades et mais il vaudrait mieux qu’ils soient constitués de fibres non-tissées.
 http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser2-copie-6.jpg   Quels sont les mécanismes d’arrêt des fibres non-tissées entrelacées de polypropylène, sur lesquelles les particules vont venir se fixer, à condition des rencontrer, car l’intervalle entre fibres est plus grand que la taille de beaucoup de gouttelettes. ? Ces fibres ont un diamètre de 5µ et laissent des intervalles de 10 à 20 µ, mais peuvent cependant arrêter des gouttes plus petites
     L’air qui pénètre et se trouve face à une fibre, va la contourner et la gouttelette va essayer de suivre le courant d’air. Mais d’une part certaines passeront près des fibres et seront piégées (effet d’interception) et les grosses gouttelettes qui ont une certaine inertie, prendront difficilement le virage et heurteront la fibre.
    Les petites particules s’agitent en permanence en raison du mouvement brownien des molécules d’air (dû à la température). Leurs mouvements désordonnés leur feront cogner les fibres si la couche est assez épaisse. C’est l’effet de diffusion.
    Un masque en fibre non-tissée assurera donc une protection meilleure qu’un masque en tissu. Certains masques grand public en seront constitués.  


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      Mais l’arrêt des particule n’est pas uniforme et les fibres non tissées ont un rendement plus faible entre 0,1 et 1 µ (cf courbe ci dessus).

    Les masques pour les personnels soignants.

    Les masques dits « chirurgicaux sont faits avec de telles fibres et leur découpe est étudiée pour mieux « coller » au visage. Ils sont destinés surtout à éviter au chirurgien de contaminer par sa respiration celui ou celle qu’il opère, mais il ne constitue pas une protection suffisante pour les soignants qui sont au contact des malades infectés.
Mais si l’on fait un test avec des particules de 0,06µ dans un flux d’air de 85l/mn, selon l’adhérence du masque chirurgical au visage on trouve un taux d’arrêt entre  4 et 90 %.

    Les malades du Covid19 sont pourvus de masques de chirurgiens pour éviter d’infecter leurs patients

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser-copie-2.jpg   Les masques dits FFP (filtering face piece), comprennent une protection externe en polypropylène, puis une couche filtrante épaisse de non-tissé, un support de tenue en acrylique et une dernière couche de non-tissé..
    Ils doivent être parfaitement ajustés sur le visage et sur le nez avec une pince. En outre l’expiration les met en pression par rapport à l’extérieur (2 millibars). Pour les mêmes particules de 0,06µ, la filtration est de 94% pour un FFP2 et 99% pour un FFP3. Certains masques sont équipés de soupapes d’expiration.0
   Ils sont réservé pour les contacts rapprochés pour soins avec des personnes infectées.

    Ces masques ne peuvent être portés plus de quelques heures (4 à 6) et doivent ensuite être jetés. Il faut évidemment ne pas les toucher en les enlevant (par le élastiques), sous peine de risquer une contamination.
   Il est certain que doter tout le monde de masque chirurgicaux est prohibitif, il en faudrait plus de 100 millions par jour !

    Une constatation qui me choque dans le domaine des masques :
    Il est encore fréquent de croiser, pendant ses achats de première nécessité, des personnes revêtant un masque chirurgical, voire un masque de protection respiratoire individuel FFP2. Il n’est pas aberrant de présumer que toutes ne sont pas malades, car ils devraient dès lors, impérativement rester confinés.
    Pourtant, en contexte de pénurie, se procurer des masques qui seront, le plus souvent, mal utilisés, c’est potentiellement priver le personnel soignant de ces dispositifs de protection, alors qu’il en a cruellement besoin.
    En attendant que chacun puisse disposer de masques de protection, ces personnes doivent être approvisionnées en priorité. Si chacun utilise chaque jour un masque jetable, les pénuries se feront rapidement sentir et les gens qui en ont vraiment besoin viendront peut-être à en manquer.

    Enfin, pour terminer, un mot sur les masques militaires, qui étaient fabriqués dans la manufacture militaire de Saint Etienne. Ils ne sont pas fait à l’origine pour arrêter les microbes, mais les gaz toxiques, mais qui peut le plus, peut le moins. Ce sont donc des masques en caoutchouc étanches et muni d’un double filtre, en non-tissé et d’une cartouche filtrante en charbon spécial.
    Il est d’une forme telle qu’il adhère à la figure et c’est le plus désagréable car il serre notamment aux tempes. Par contre il est muni de deux soupapes, à l’inspiration où l’air passe par la cartouche et à l’expiration ou celle-ci met le masque en pression et empêche toute entrée. On a très chaud sous ce masque, mais contrairement aux masques médicaux on respire bien et on n’a pas l’impression d’étouffer grâce aux soupapes).

Vendredi 17 avril 2020 à 12:30

Notre cerveau : émotions

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   J’ai entendu à la télé que les chinois avaient, dans les écoles, des caméras reliées à des logiciels de reconnaissance faciale, qui prétendaient analyser les expression des élèves, mesurer ainsi leur attention et décoder  leurs préoccupations présentes et signaler au professeur s’ils suivaient le cours ou étaient distraits.
    J’avoue que je n’aimerais pas être à la place des élèves et qu’on vienne surprendre ainsi mes pensées, même si je suis conscient qu’il vaut mieux suivre le cours et être efficace.
    Je suis allé voir sur internet pour compléter mon information, et j’ai appris que c’était chose courante en Chine, et que, dans les entreprises, on surveillait ainsi les ouvriers, et même, dans les métiers qui nécessitent le port d’un casque, celui-ci était pourvu de capteurs destinés à enregistrer les ondes cérébrales. Le but affiché est de détecter une personne qui aurait une défaillance brutale, due à une variation émotionnelle intempestive et de décharger un ouvrier qui serait momentanément dépassé par une surcharge trop forte de travail, qui le ferait disjoncter.
    Il paraît que les ouvriers n’apprécient pas tellement, craignant que « l’on vienne lire dans leurs pensées ».

     Mais j’ai eu ensuite une autre surprise : il y a sur internet nombre de logiciels proposés, qui sont censés détecter par divers moyens nos émotions et les analyser et de nombreuses sociétés qui proposent leurs services, ainsi que des gadgets qui prétendent les mesurer. Cela m’a étonné, car nos émotions sont très complexes et je ne vois pas comment on pourrait atteindre ce but de façon fiable.
            Il y a ainsi une montre destinée aux joueurs de jeux sur internet et un bracelet de la société Néotrope, qui mesurent votre niveau d’émotivité. Ils analysent des paramètres physiologiques tels le rythme cardiaque, la micro-sudation des poignets, la température corporelle.
 
            Les joueurs sur internet sont censés ainsi détecter quand ils ont des émotions fortes et leur intensité, ainsi que le niveau d’attention de la personne, au cours du jeu mais aussi dans un magasin devant les diverses gondoles de présentation.
    En effet, la plupart des sociétés qui proposent de détecter nos émotions, ont pour but du marketing : comprendre et analyser les réactions des clients face à un produit, et trouver comment les y intéresser davantage, en améliorant le produit, mais surtout en élaborant un discours et une présentation de vente convaincante.

    Les méthodes sont diverses.
    Par exemple la société Dakatalab utilise la détection des micro-expressions du visage et leur association à des émotions grâce à l'intelligence artificielle, afin d’identifier les niveaux d'attention et d'engagement émotionnel pendant le parcours des clients dans le magasin ou sur le site internet (à partir de la camera vidéo-web de leur ordinateur. Ils traitent à chaque fois plusieurs millions d’images.
    Q’émotion analyse les expressions du langage des personnes dns les SMS, réseaux sociaux, mails, forums, blogs, questionnaires …. et prétend ainsi mettre au point un « dictionnaire du langage émotionnel »
    XTCO fait aussi de façon analogue de l’analyse sémantiqueet de positionner les clients sur une échelle d’émotions pour orienter le markéting des produits et des cibles.
    On pourrait trouver de nombreux autres exemples.

    J’ai alors cherché des articles sérieux sur ce problème dans mes revues scientifiques et la réponse a été sans appel : ce sont des arnaques et ces logiciels ne remplissent pas du tout les rôles qu’on leur prête, leur précision étant médiocre et ne donnant qu’un vague aperçu des émotions, qui sont beaucoup plus complexes.

    Les émotions se traduisent par une composante physiologique que l’on a citée plu haut, provoquée par les centres amygdaliens et l’hypothalamus, via le système sympathique et les préhormones de l’hypophyse

    Je vous ai décrit (3/5/2017) une théorie élémentaire des émotions de Robert Plutchik dans les années 60/70 et sa roue des émotions de 1980.
    Il y a 4 émotions négatives : peur, colère, dégoût, et tristesse, et 2 émotions positives : joie et intérêt/surprise
    Les autres émotions sont des états mixtes ou dérivés, c’est-à-dire des mélanges, composés ou combinaisons d’émotions de base.  Les émotions primaires s’opposent deux à deux : joie à tristesse, anticipation à surprise, colère à peur, aversion à consentement. Les émotions secondaires résultent de deux émotions primaires.
          Optimisme = Anticipation + Joie             Déception = Surprise + Tristesse
         
          Amour = Joie + Consentement               Remord = Tristesse + Aversion
         
          Soumission = Consentement + Peur      Mépris = Aversion + Colère
         
          Crainte = Peur + Surprise                       Aggressivité = Colère + Anticipation
    Dans la roue des émotions de Plutchik (1980) le cercle et la palette de couleurs représentent l’idée que les émotions se combinent les unes et autres et s’expriment selon différents niveaux d’intensité.
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    Cette théorie a été reprise par Paul Ekman en 1982/90, qui a notamment étudié les expressions faciales des émotions primaires et pense que ces expressions des visages sont indépendantes des cultures. Cette composante expressive et comportementale, comprend aussi les postures ou la tonalité de la voix.

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    Il y a ensuite une composante subjective, qui correspond à l’évaluation que le sujet fait de son propre état émotionnel. C’est elle qui influe sur nos écrit et nos paroles. L’individu peut en partie décrire ses émotions par des mots.

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    Enfin on peut faire des études de neurobiologie en étudiant des IRM, des électroencéphalogrammes et les modifications des neurotransmetteurs.

    Il apparaît alors que les émotions sont des phénomènes très complexes, qui concernent la plupart du cerveau, et qui réagissent sur notre comportement de façon consciente et inconsciente, y compris sur nos processus rationnels.
    Tous les gadgets et logiciels proposés ne peuvent qu’approcher des émotions primaires théoriques, mais ne représentent en aucun cas la réalité très complexe de nos émotions profondes.

Vendredi 10 avril 2020 à 17:09

Notre cerveau : intelligence; langage

Nos décisions sont faussées par notre inconscient.


          Dans l'article d'hier, je décrivais certains mécanismes du cerveau lorsque nous prenons des décisions.
          Je vous ai aussi décrit dans des articles de la rubrique "préférences cérébrales", l'influence de notre préférence de décision 
          Lorsque vous prenez une décision, lorsque vous faites un choix, votre cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.
          Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
                    - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”, après avoir réfléchi logiquement au "pour" et au "contre". 
On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
                   - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”. Ce sont nos goûts, nos valeurs, nos opinions, nos émotions, nos sentiments qui guident notre décision.
          On conçoit que les personnes V examinent les éléments de décision de façon plutôt subjective, et donc avec un risque d'erreur plus important.
          Mais pour les personnes L, la décision paraît réfléchie et objective, et cependant nos décisions sont souvent faussées par des automatismes du cerveau relativement inconscients.
          Le cerveau cherche en permanence à ne pas consommer trop d'énergie, à gagner du temps, à préparer nos comportements, d'agir rapidement. Il doit donc prédire et anticiper. Pour cela Silva donc chercher dans notre environnement d'une part, dans notre mémoire et notre passé, des indices qui permettront de répondre en partie aux questions posées. Ces indices automatiques influenceront inconsciemment nos décisions.

         Nous avons d'abord en mémoire, des préjugés et des stéréotypes, issus de notre culture, de notre éducation, de notre expérience. Ils sont dans notre mémoire et ont pour but de nous protéger contre des décisions hâtives ou hors normes. Mais ils peuvent alors influencer plus ou moins nos réflexions et donc nos décisions. L'influence des groupes auxquels on appartient, du milieu, du racisme sont des exemples probants.
         Même pour les personnes L, sentiments et émotions ont une certaine influence et notamment les centre amygdaliens. Mais elles en sont moins conscientes puisqu'habituées à une démarche rationnelle logique.
          On évoque souvent l'intuition, mais c'est simplement les connaissance et l'expérience que nous avons sur le sujet en cause, qui sont inconsciemment ramenées en mémoire et que notre inconscient traite en faisant intervenir sans que nous le sachions, les mêmes groupes de neurones que si nous faisons un raisonnement conscient. La synthèse de cette démarche est ensuite portée à la conscience : c'est une intuition. Elle n'est juste que si elle a pu se baser sur des indices réellement en rapport avec les questions posées?

          Enfin il faut être conscient que la fatigue le stress, le manque de concentration, la dispersion de notre esprit qui traite plusieurs problèmes à la fois, nuisent à la pertinence de nos décisions.

 

          Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes, recense dix grands pièges qui peuvent fausser nos décisions.

La peur de perdre :
          Lorsque que notre décision risque d'entrainer un gain ou une perte, nous préférons le plus souvent minimiser la perte. Mais cette décision trop rapide risque de nous faire passer à coté de décisions très bénéfiques, dont le risque d'échec était raisonnable.

 

Les statistiques :
         
 Lorsque nous avons un choix incertain à faire, au lieu de consulter des statistiques réelles, nous nous remémorons tous les événements analogues dont nous avons été témoins. Leur fréquence peut être très éloignée de la réalité et nous inciter à un choix erroné.          

 

L'ordre des éléments de décision :
          
Quand on fait la liste des avantages et des inconvénient d'une décision à prendre, les premier élément devient plus important car ils nous influencent en premier et forgent notre décision. Il faut donc réexaminer plusieurs fois tous les éléments, au besoin dans un ordre différent, pour ne pas subir cette influence.        

Présent et futur :
         "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", dit l'adage bien connu. Quand nous avons le choix entre une décision qui apporte immédiatement un avantage modéré, face à une autre qui apporte un meilleur avantage, mais plus lointain, en général, nous choisissons l'avantage du présent, sans examiner suffisamment les risques de la solution d'avenir.

 

La publicité et l'effet de groupe et la peur de l'inconnu :
      
 Lorsque nous avons à choisir entre deux objets, mais que l'un nous est presque inconnu, alors que nous avons souvent vu ou entendu parler de l'autre, soit par la publicité ou la presse, soit au contact d'autres personnes, nous avons tendance à choisir l'objet connu, sans chercher à découvrir l'autre et ses éventuels avantages.

 

Les sensations internes :
       
 L'état physiologique de notre corps a une certaine influence : les psychologue ont par exemple montré que, lors de courses dans un supermarché, l'on achète plus de produits alimentaire avant le repas et moins si on a déjà déjeuné. Le stress a également une grande influence sur nos décisions : j'en reparlerai dans le prochain article.

L'opinion déjà faite : 
        Lorsque l'on pense aux conséquences d'une décision, au bout d'un moment, on commence à se faire une idée de ce qu'il faudrait faire. (voir mon article d'hier). Mais dès lors, les arguments en faveur de cette décision ont plus de poids que ceux contre et on peut même finir par ignorer un élément très important défavorable.

La répétition d'un élément de décision :
         
Voir de façon répétée et régulière un objet ou une solution, risque de nous faire prendre trop vite une décision en faveur de cette solution, parce qu'elle nous paraît plus familière, donc plus connue et plus sûre. C'est sur cet effet de répétition que se base la publicité et le marketing. C'st vrai aussi pour une personne qui vous paraît alors plus sympathique.

 

La défiance vis à vis d'un ou d'autres :
      
  Nous prenons parfois des décisions par réaction , hostilité ou vengeance vis à vis d'une personne, d'un groupe ou défiance vis à vis d''opinions. Le choix n'est alors pas maitrisé. Il peut aussi être dicté par une réaction vis à vis d'une privation de liberté, d'un choix qui vous paraît imposé.

 

La paresse et l'inertie :
       
 Lorsque nous avons le choix entre plusieurs décisions dont l'une correspondrait à une situation déjà vécue ou connue, nous avons tendance par inertie à la privilégier et par paresse à ne pas examiner sérieusement les autres options.

 

       Ces dix biais peuvent fausser de façon importante nosdécisons. A nous de nous méfier et d'essayer d'avoir un examen objectif et le plus complet possible des différentes solutions, sans privilégier à priori et trop rapidement une décision.

Stress et anxiété.
     
  Nous avons vu hier que les circuits cérébraux de décision étaient voisins de ceux des stress et de l'anxiété, ces derniers états résultant d'une lutte de pouvoir entre les centres amygdaliens et l'insularité, et le cortex préfrontal gauche ventromédian, qui essaye de les contenir et de ne pas se laisser déborder.
        Si cependant il n'y arrive pas et que notre moral se détériore, les chercheurs ont montré sur des animaux, puis par simulation sur ordinateur, et enfin lors d'essais sur des volontaires humains, que le stress perturbait nos capacité de prévision des conséquences de nos actes, et que l'anxiété nous paralysait ensuite. Il est certain que nos décisions sont alors fortement perturbées.
         Jeansok Kim, professeur de psychologie et chercheur à l'Université de Washington, estime mêmque beaucoup de décisions économiques, qui pourtant concernent le monde entier, sont prises par des dirigeants hyperstressés, qui ne devraient pas assumer des responsabilités aussi importantes.

Vendredi 3 avril 2020 à 11:51

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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  J’aime bien la musique, notamment classique et je regrette beaucoup de n’avoir pas voulu, étant jeune enfant apprendre à jouer d’un instrument, parce que quand j’avais 5 ans, le solfège m’ennuyait profondément !

    J’avais tort, mais j’étais trop petit pour m’en rendre compte. Je savais déjà lire et écrire et je lisais déjà des livres assez volumineux et je ne me suis pourtant pas rendu compte que les notes, c’étaient l’alphabet de la musique, pas plus difficile qu'apprendre à lire.

    Entre musique et langues, difficile de savoir qui est apparu en premier. « Dire et chanter étaient autrefois la même chose », a écrit Rousseau. 
   Le plus ancien instrument de musique à ce jour, a été découvert par des chercheurs,en 2008 dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne : une flûte en os et en ivoire de 35 000 ans, (à l’époque de l’Homme de Néandertal - voir la photo ci-dessus). 

  

    Si vous écoutez les instruments qui se succèdent et se répondent, que ce soit en musique classique ou en jazz, l’un entame une phrase avant de laisser un autre la compléter, ou lui répondre : un dialogue naît, comme dans une conversation.

    Tout comme le langage verbal, la musique est codifiée. Le compositeur comme l’écrivain, dispose de moyens techniques et esthétiques afin de produire des impressions précises, telles que la tristesse, la gaieté, la peur; l’orage ou le chant d’un oiseau quand revient le soleil..

  Il existe des conventions, des règles de composition permettant d’organiser, d’articuler les sons entre eux. Ces règles sont en quelque sorte comparables à une syntaxe organisant les mots, afin de construire des phrases chargées de sens. Et l’ccord entre les diverses notes, sonnantes ou dissonnantes, est comparable à une grammaire, à l’orthographe, qui change selon les pays, par exemple entre l’Europe et l’Asie.

    A force de lire, on apprend l’orthographe, mais on est sensible aussi peu à peu  à l beauté de la phrase, à la musique des mots des poètes.

   Chez les enfants de huit à dix ans ayant pratiqué la musique depuis trois ou quatre ans, on constate que leur cerveau arrive à déceler des anomalies d'un cinquième de ton dans un morceau de musique.

    Le langage a une grammaire, une syntaxe, une morphologie et une orthographe, mais c'est aussi une musique, et même, pour les poètes, comme le soulignait Paul Verlaine, c’est « de la musique avant toute chose ».

    Cette musique du langage, que les linguistes appellent "prosodie", est constituée de l'ensemble des intonations ou inflexions de la voix qui accompagnent le discours, par exemple le fait de prononcer le dernier mot d'une phrase sur un ton plus aigu ou plus grave.

    Comment maitriser l'art de la prosodie ? 

    Voilà qui est important, car c'est en déchiffrant les hausses et les baisses de ton que l'enfant apprend à saisir le sens et l'émotion que véhicule le langage.

    Certaines personnes sont plus douées pour discourir en exprimant leurs émotions et en les faisant partager aux autres. Certains de ces autres qui les écoutent sont sensibles à leurs paroles, et d’autres plus imperméables.

    Les acteurs en général savent exprimer les émotions par leur voix (encore de Brigitte Bardot était une catastrophe dans ce domaine, ayant toujours l’intonation qui n’allait pas avec les paroles).

    Des chercheurs de l'Institut de neurosciences cognitives de la Méditerranée à Marseille ont testé la capacité d'enfants musiciens et non musiciens, à détecter des incongruités prosodiques, les fautes dans la « musique du langage ». 

    Ils leur faisaient écouter des textes dans lesquels parfois l’acteur introduisait une anomalie de l’intonation, par rapport à la signification de la phrase, notamment émotionnelle.

    Les enfants ayant pratiqué la musique ont noté les anomalies, alors que ceux qui ne faisaient pas de musique n'ont rien remarqué. 

    Les enfants dont le cerveau peut déceler des écarts de ton faibles, appliquent ensuite cette capacité à la « musique du langage »

    La musique, outre qu'elle adoucit les mœurs, prépare l'enfant à mieux saisir les conversations et les émotions qu’elles portent.

   Mais le langage nous apporte une signification, une description du réel : dans chaque langue des mots décrivent une table, une chaise une assiette, une bouteille ou un verre. C’est une convention.

   Mais il décrit aussi nos sentiments, ce que nous ressentons, les émotions et les sentiments et là le codage est plus difficile, la description plus floue et chacun peut la comprendre différemment.

   La musique n’a pas la précision et l’universalité du langage, elle ne décrit pas la réalité. Elle ne désigne pas, elle évoque : elle fait appel à la subjectivité du compositeur, de l’interprète et de l’auditeur. L’imagination remplace la compréhension logique, vient prolonger les impressions éveillées par le son, selon la sensibilité propre de chaque personne. L’hymne à la joie de Beethoven, bien qu’il soit devenu l’hymne européen, ne sera pas ressenti de la même façon par tous les habitants de l’Europe, mais ne provoquera pas les mêmes émotions de’un asiatique ou d’un arabe, habitués à d’autres harmonies.et à d’autres rythmes.

   Mais ceux qui ont une préférence cérébrale de grande sensibilité émotionnelle immédiate (voir les articles sur les préférences cérébrales), savent qu’il peut leur arriver d’être émus aux larmes, aussi bien par un récit écrit que par un morceau de musique.

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