Vendredi 31 juillet 2020 à 14:43

Biologie, santé.


Faut il mentir aux patient et les soigner avec des placebos ?

Faut il mentir aux patient et les soigner avec des placebos ?

 

 
 



   


          Je pense que vous savez tous ce qu'est un placebo : c'est un produit anodin (de l'eau ou une pilule avec uniquement un produit comestible), que l'on fait prendre à un malade en lui faisant croire que c'est un médicament. 
          Et cela beaucoup plus d'effet que l'on en pense à priori.! Pourquoi ?
          Bien sûr il n'est pas question de soigner des maladies microbiennes. On ne tuera pas le coronavirus avec un placébo !
         Les affections qu'on peut traiter sont celles liées au psychisme ou à des états biochimiques.
         Nous allons en voir quelques exemples.

         On vous a sûrement décrit, dans un cours de SVT, l’expérience de Pavlov : il donnait dela nourriture à des chiens qui salivaient d’envie. En même temps il faisait sonner une cloche. Par la suite, lorsqu’il faisit sonner la cloche, les chiens salivaient, même s’il n’y avait pas de nourriture . C’est ce qu’on appelle un « réflexe conditionné ». 

          L’organisme a une capacité de lier certains réflexes à des sensations : vue, son, odeur, goût.

 On peut se demander si de tels réflexes sont possibles, non pas à partir de nourriture, mais de médicaments.

 

            Des chercheurs de l’université de Düsseldorf ont fait un essai à partir de médicaments antihistaminiques, contre les allergies., médicaments qui sont efficaces, mais qui ont souvent des effets secondaires gênants.

            Ils ont fait confectionner un lait de fraises vert, qui ne ressemblait à aucune autre boisson ou médicament, ni au plan aspect, ni au plan goût.

           Un groupe de 30 personnes allergiques ont reçu, pendant 5 jours, un antihistaminique avec le lait de fraise vert.

           Après 9 jours de pause, on a constitué trois groupes de dix patients qui ont reçu, le premier un antihistaminique, le second un comprimé d’un placébo avec de l’eau, le troisième le même comprimé de placébo avec la boisson au lait de fraises. Les patients ignoraient que le comprimé était un placébo car il était d’aspect identique à l’antihistaminique.

           Au plan des symptômes, les trois groupoes présentaient des améliorations identiques : les placébos faisaient le même effet que le médicament.

          Mais si l’on mesurait l’augmentation du nombre des granulocytes basophiles lors de lallergie, celle-ci était moindre avec le médicament ou avec le placébo pris avec le lait de fraises que pour le placébo pris avec de l’eau.

         L’association dans la première partie du traitement entre le médicament et le lait de frise a transféré sur le lait de fraise une partie de l’action du médicament.

         Toutefois cet effet diminue ensuite, si on administre le lait de fraise sans le médicament, l’effet positif s’estompe peu à peu.Par contre l’effet reste assez stable si on continue à administrer une faible dose de médicament avec le lait placébo.

         En fait le processus le plus efficace serait d’administrer le placébo avec un petite dose de médicament (10% par exemple), ce qui conserverait l’efficacité mais réduirait considérablement le seffets scondaires sur le cœur, le système nerveux et les reins.

 Il semble que ces effets résultent d’actions combinées du médicament et du placébo au niveau de l’hypothalamus, qui régule le fonctionnement de notre corps via le système sympathique et l’action sur les hormones, via l’hypophyse, des centres amygdaliens et de l’insula, qui remonte les informations sur l’état de nos viscères.

 

Faut il mentir aux patient et les soigner avec des placebos ?

          Des actions analogues existent au niveau de la douleur. 

          Après quelques jours de perfusion d emorphine, une perfusion d’eau salée produit presque le même effet.

         De même si une personne atteinte migraine prend du paracétamol ou autre calmant, toujours avec le même boisson, par exemple un jus d’orange, boire celui-ci seul a alors le même effet que le médicament pendant quelques jours.

 

        De la même façon des injections d’un médicament, l’apomorphine, ont  été faites pendant 5 jours pour soigner la maladie de Parkinson. Le sixième jour une injection d’eau salée a produit pratiquement le même effet au niveau de la diminution des raideurs musculaires. On a montré que les effets étaient les mêmes au niveau du thalamus, dont le fonctionnement est perturbé par la maladie de Parkinson.

 

       En définitive on constate que les placébos ont souvent un effet analogue à un        médicament, mais qui est très faible. Pour qu’il soit appréciable, il faut un conditionnement préalable par utilisation du médicament, éventuellement en même temps sque le placebo, qui produit un apprentissage , un conditionnement qui permet de tromper le corps lors de l’administration ultérieure du placébo seul.

Vendredi 24 juillet 2020 à 14:15

Biologie, santé.

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           Je ne sais pas si vous avez été endormi(e) pour une opération. Moi, c’était uniquement pour un examen de l’estomac avec une sonde.

          C’est une sensation bizarre; on vous fait compter, vous vous rappelez avoir commencé puis plus rien, pas un souvenir, pas une sensation.

 Et j’ai émergé juste au moment où on achevait de me retirer la sonde de la gorge. Après je n’avais pas l’esprit très clair pendant quelques minutes, le temps qu’on m’emmène en réanimation pour un séjour d’observation d’une heure, et j’avais l’impression qu’il ne s’était rien passé, que j’étais entré et sorti immédiatement de la salle d’examen.

          C’est bizarre comme effet, sous l’influence probablement de la kétamine, de l’isoflurane ou d’un autre anesthésiant. J’ai oublié de demander lequel.

          Mais je viens de lire, à ce sujet, un article intéressant.

 

          Les neurobiologistes ont évidemment cherché quels étaient les effets sur le cerveau de tels produits anesthésiants.

          Ce n’est pas un simple endormissement.

          Certes ces produits agissent sur les centres qui régissent le sommeil, à commencer par l’hypothalamus, et provoquent un sommeil, mais accompagné de bien d’autres manifestations. Ils agissent en particulier sur les centres amygdaliens, qui régissent l’angoisse et la peur, et sur l’insula qui remonte à la conscience les sensations internes de notre corps. Ces centres agissent ensuite sur les centres qui remontent à l’hypothalamus les sensations de douleurs, jouant ainsi un rôle analgésique.

          C’est une zone particulière des centres amygdaliens centraux qui est concernée. Les chercheurs ont déterminé la zone correspondante dans le cerveau des souris et ils ont réussi à l’activer artificiellement et ils ont constaté que l’effet analgésique se produisait, sans qu’on ait à utiliser les anesthésiants et à endormir les souris. A l’inverse, en bloquant ces neurones, on rendait inopérante l’action des anesthésiants.

 

          Il n’est pas question de solliciter directement les centres amygdaliens chez l’être humain, car la méthode serait trop intrusive. Par ailleurs l’endormissement est nécessaire pour que l’opéré ne voit pas ce que l’on fait sur son corps. 

          Mais une meilleure connaissance du mécanisme de blocage de la douleur est important, car elle permettra de mieux être certain que le patient ne va pas ressentir des douleurs, qui pourraient ensuite causer un choc traumatique.

 

         Un autre article sur la douleur m’a amusé. 

          Les chercheurs ont demandé à des expérimentateurs de mettre leur main dans de l’eau glacée, ce qui, au bout d ‘un moment, provoque la douleur.

           Une partie d’entre eux devaient e soulager en proférant des jurons, alors que les autres ne devaient employer que des mots corrects et anodins.

 Ceux qui juraient ont vu leur tolérance à la douleur augmenter (seuil plus haut, temps maximal supporté plus long).

          Malheureusement on n’a pas encore élucidé la raison du phénomène

          Mais maintenant, je ne me retiendrai plus de jurer si je me donne un coup de marteau sur les doigts !

Vendredi 17 juillet 2020 à 8:17

Notre cerveau : intelligence; langage

Intelligence et esprit critique.

            Nous sommes parfois très étonnés de voir une personne réputée très intelligente dire manifestement une bêtise (je ne parle pas de Trump, il n’est pas très intelligent), et ce qui arrive plus souvent, avoir une attitude peu compatible avec son niveau intellectuel ou son expertise dans son domaine.
           Cela tient le plus souvent à notre façon de mesurer l’intelligence et à la différence que l’on doit faire entre « l’intelligence » et « l’esprit critique ».

 

            Nous mesurons ce que nous appelons l’intelligence par des tests principalement de QI. Si vous lisez les articles que j’ai fait sur ce sujet, vous y verrez que l’on teste principalement trois domaines : notre connaissance de la langue et de la signification de phrases; la logique mathématique et la reconnaissance visuo-spatiale.

            Les tests sont des exercices qui mettent en jeu des points de détail, des réponses simples, et une analyse réduite de situations peu complexes.

            Ils ne garantissent pas que l’on sache pour autant analyser une situation dont les facteurs sont nombreux et compliqué, faire la part dans un amas de données, de celles qui sont importantes et de celles sans utilité, et également de résister à des arguments ou croyances irrationnelles.

            Certes, les personnes à fort QI sont moins sensibles aux biais cognitifs, mais ce qui permet de nous en protéger c’est « l’esprit critique ».

            Pour jauger correctement une information, , il faut être capable de la saisir, de la comprendre, de la traiter, de l’analyser, d’en examiner la vraisemblance, d’en saisir les conséquences. Certes l’intelligence est nécessaire pour ces tâches, mais il faut en plusune analyse logique empreinte de scepticisme.

 

            Les psychologue ont trouvé des différences entre l’intelligence et l’esprit critique :

            L’intelligence se concentre sur des problèmes de détail, de bas niveau, de compréhension, de représentation, de fonctionnement.

            L’esprit critique, est lui, à un niveau lus général, plus élevé, à partir d’éléments plus complexes et généraux. Il demande par exemple d’expliquer sa pensée et celle d’autrui ou d’estimer la fiabilité d’assertions ou de sources d’information. Il faut tester des hypothèses, évaluer des arguments, rechercher des preuves. C’est déterminer si on peut faire confiance à une information.

            La seconde différence est de nature psychologique : l’intelligence est basée sur le raisonnement. L’esprit critique est presque un trait de personnalité car il se fonde sur des qualités, sur un état d’esprit. 

            Il demande une ouverture d’esprit, l’imagination de supposer diverses solutions, un certain scepticisme et l’envie de connaître la vérité, le besoin de la rigueur et d’avoir des preuves, l’envie de connaître de nouvelles choses…

 

            Quelqu’un d’intelligent peut décider de croire à quelque chose, qui évidemment ne doit pas être complètement absurde, mais il peut ne pas avoir le besoin absolu de la vérité.

 La personne qui a un fort esprit critique ne voudra croire que ce qui répond à de nombreux critères. Elle doit donc avoir une grande humilité intellectuelle, et douter de sa propre pensée en premier lieu. Il faut notamment savoir changer d’avis, si cela se justifie.

 

            Comment développer l’esprit critique : ce devrait être un des buts de notre enseignement primaire et secondaire.

            Certes il faut au départ rendre les gens intelligents, en leur donnant la meilleure compréhension possible de la ou les langues, en développant la logique par l’étude des mathématiques, de la physique-chimie et des SVT, et en exerçant leur facultés de représentation de l’espace et du dimensionnement.

            Il faut ensuite les habituer à la pensée d’autrui, aux vis divers et divergents et l’étude de la littérature et de la philosophie est importante, non pas en tant que connaissances des auteurs, mais quant à la compréhension et la discussion sur des pensées différentes et des avis divergents sur un même sujet.

            Il faut à la fois développer la curiosité intellectuelle mais aussi l’humilité face au savoir : admettre qu’on ne sait pas, que l’on peut se tromper.

            Il faut aussi développer les capacités d’analyse logique, apprendre à reconnaître les situations, les éléments, les informations à risque, à mettre en doute et à faire des vérifications, à ne pas généraliser à partir d’exemples en nombre limité, de savoir peser les risques et la probabilité d’une réussite ou d’un échec, des avantages par rapport aux inconvénients d’une décision ou d’une situation.

            C’est aussi apprendre à chercher de l’information fiable (notamment sur internet, et par recours à des experts, qui en soient vraiment

            Il existe des tests d’esprit critique, comme il existe des tests de QI
.

             Bien entendu, il ne faut pas confondre l’esprit critique et la critique systématique irraisonnée et sans s’assurer de sa pertinence (à la façon de Trump et de beaucoup d’hommes politiques). C’est l’inverse de l’esprit critique.

            L’esprit critique est une qualité indispensable qui complète l’intelligence et nous en avons besoin plus que jamais, si l’on pense aux réseaux sociaux et à toutes les fausses informations qui y circulent ou aux discussions sans fin et entre égos passionnées sur l’hydroxychlorokine.

Intelligence et esprit critique.

Vendredi 10 juillet 2020 à 9:57

    Avec l’épidémie de coronavirus, on a beaucoup parlé de nos poumons et de la difficulté à respirer pour les personnes malades.
    Bien sûr je me souviens de ce que j’ai appris au CM2, puis ensuite en terminale sur la respiration et le poumon, mais c’est bien vieux, j'ai voulu voir ce que l’on disait aujourd’hui sur la question,et j‘ai pensé que cela pouvait intéresser quelques lecteurs.

    La respiration est une fonction automatique de notre corps, mais elle est particulière.
    En effet, vous ne pouvez pas entendre votre cœur battre, sauf dans quelques circonstances exceptionnelles. Sauf si vous prenez votre pouls sur votre poignet, vous ne savez pas à quel rythme il bat. De même, sans tensiomètre vous ne pouvez mesurer la tension dans vos artères, et vous ne pouvez volontairement modifier ces paramètres.
    Pourtant toutes ces fonctions sont régulées par l’hypothalamus dans votre cerveau, via le système nerveux sympathique.
    Mais vous pouvez être conscient de votre respiration et surtout vous pouvez la modifier : respirer plus ou moins vite, plus ou moins profondément, et si vous êtes entraîné, vous pouvez même l’arrêter plusieurs minutes en plongée en apnée.
    Le pilotage automatique de la respiration est assurée par le tronc cérébral et l’hypothalamus, mais le cortex préfrontal peut imposer en partie notre volonté. Pourquoi, les neurobiologistes ne savent pas : probablement une conséquence de l’évolution et de la survie des hommes préhistoriques.
    Evidemment la respiration est essentielle pour notre survie, et notre cerveau ne pourra pas ordonner n’importe quoi. Nos cellules ont besoin d’oxygène pour brûler les aliments et les transformer en énergie. Privés d’oxygène nos neurones meurent et nous aussi. Donc si notre respiration est dégradée par la maladie, comme cela peut être le cas avec le coronavirus, nous sommes alors en danger.
    En temps normal notre respiration est inconsciente : l’air pénètre dans nos narines, il le refroidit, notre système olfactif analyse en permanence les odeurs, nos muscles de ma poitrine se contractent et les articulations des côtes bougent, les alvéoles des poumons se gonflent et dégonflent, mais tout cela est inconscient. Mais un centre surveille nos viscère, « l’insula » et si une anomalie intervient, alors elle parvient à notre conscience, et par exemple, si nous avons un moment d’apnée pendant notre sommeil, nous nous réveillons brusquement (après un éventuel cauchemar) et notre respiration heureusement repart.
    Quand nous avions une respiration perturbée et insuffisante, les tâches courantes sont ralenties, deviennent plus difficiles, l’attention faiblit, comme si le cortex préfrontal venait aider l’hypothalamus et le tronc cérébral et était moins disponible pour les autres tâches.
    Les centres amygdaliens influencent aussi la respiration et agissent sur l’hypothalamus, en cas de danger, de stress, de colère, d’émotions violentes, pour en modifier le rythme.
    Le cortex cingulaire qui intervient dans nos rapports sociaux, peut aussi la moduler pour émettre par exemple des soupirs d’exaspération ou de plaisir.
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    Mais les études actuelles ont trouvé des phénomènes plus curieux : de nombreux centre du cerveau ont certains neurones qui oscillent au rythme de la respiration. Pendant une inspiration, on reconnaît mieux l’expression de la peur sur un visage que pendant une expiration (peut être pour que, face à un danger, nous prolongions notre inspiration et donnions davantage d’oxygène au cerveau et à notre corps. Notre respiration fait partie des phénomènes qui nous font prendre conscience que nous existons.

    Comment se fait la respiration ? (voir le schéma ci-dessous, emprunté à la revue « Cerveau et Psycho ») :
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    Nos poumons contiennent 500 millions d’alvéoles, petits sacs qui se gonflent d’air et comme ils sont irrigués par de très nombreux capillaires, à chaque inspiration quelques litres d’air pénètrent dans les alvéoles et l’oxygène diffuse dans le sang, tandis que du gaz carbonique ‘CO2) en est extrait et est rejeté dans l’air lors de l’expiration.
    les poumons sont des sacs fixés aux côtes et les muscles thoraciques intercostaux agissent pour dilater ces sacs, comme un soufflet. De plus le diaphrage se contracte et il ouvre alors les côtes basses.
    A l’expiration le poumon se vide de lui même, grâce à son élasticité.
    L’hypothalamus reçoit des indications sur la teneur du sang en oxygène et en CO2, et il informe les neurones du troc cérébral qui envoient des signaux aux muscles thoraciques via la moelle épinière (le parasympathique qui ralentit et l’orthosympatique qui accélère).
    Les centres du cerveau émotionnel peuvent modifier la respiration automatique en agissant sur l’e tronc et l’hypothalamus
    On ne peut pas modifier notre respiration automatique, alors qu’on peut apprendre à respirer autrement lorsque l’on commande volontairement notre respiration.
    C’est alors notre cortex préfrontal, qui va commander les centres des prémouvements puis les centres moteurs pour actionner directement la respiration. La contraction du diaphragme peut alors aider à l’expulsion de l’air.       
    A l’inverse, modifier notre respiration peut agir sur notre corps. Ralentir par exemple la respiration diminue l’influence de l’orthosympathique et apaise le corps; respirer plus profondément augment la quantité d’oxygène et favorise l’activité notamment du cerveau
bien que, si l’on se polarise sur la commande de notre respiration, le cerveau consacre alors une partie de ses ressources à cette commande et ne peut les consacrer à d’autres actions.
    Et savoir que nous avons une action sur notre respiration est rassurant.
    Mais les chercheurs ne savent pas par quel processus la respiration s’installe chez l’embryon et pourquoi chacun d’entre nous a une respiration automatique qui lui est propre et qu’il ne peut modifier.

Vendredi 3 juillet 2020 à 17:07

Animaux

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            J’ai eu, quand j’avais une dizaine d’années une preuve de l’intelligence des rats.
 
           Mes grands-parents paternels vivaient dans un petit village de Dordogne de 300 habitants où j’allais quelques semaines en vacances l’été. Mon grand-père était sabotier, et cultivait son potager et sa vigne. Un grand champ fournissait la nourriture de lapins, et il élevait des poules et quelques oies. Ma grand mère tenait l’épicerie du village. Ce n’était pas comme les épiceries actuelles, il n’y avait pas de frigo. On vendait des œufs pondus le jour ou la veille. L’huile était dans de grandes bouteilles de deux litres, bouchées par un bouchon de liège et les gens venaient avec une petite bouteille qu’on leur remplissait.

          Ma grand-mère s’était étonnée que des œufs disparaissaient ainsi que de l’huile des bouteilles ?
          Alors grand-père, papa et moi, nous sommes restés dans un coin de la boutique et nous avons vu vers 23h …. 4 rats, disons de la taille de grosses souris.
          Deux sont montés sur la bouteille d’huile, ont enlevé le bouchons avec les dents et le plus grand a trempé sa queue dans l’huile, la sortait, et les autres venaient lécher l’huile !!!!
          ls n’ont quand même pas été assez intelligents pour remettre le bouchon !
          Puis l’un des rat s’est allongé dos par terre, (le plus petit, peut-être une rate ?). Les trois autres ont pris un œuf et l’ont chargé délicatement sur le ventre de celui allongé, qui a mis ses 4 pattes autour pour bien le tenir. Puis les trois rats ont trainé cette luge improvisée jusqu’à leur trou.
           On s’est frotté les yeux pour voir si on ne rêvait pas !

           J’ai eu aussi un petit chien York pendant 18 ans, qui a connu mes enfants et certains de mes petits enfants et nous discutions avec lui de telle sorte qu’il comprenait (on ne sait pas exactement jusqu’où ), environ 300 mots. Sortir, promener, dehors, les clés, voiture, partir, aller…autant de mots qui lui faisaient immédiatement chercher sa laisse et nous l’apporter, de même que si nous mettions un vêtement d’extérieur ou nos souliers.
    Il reconnaissait un peu de syntaxe, puisque « la toilette à truffe lui faisait chercher sa brosse, et la toilette à maman et il allait dans la salle de bain.

          Mais des études font état d’un chien plus doué, Chaser, un border-collie, qui connaissait mile mots et comprenait et exécutait des ordres complexe tels que « prend la laisse et apporte la près de la balle », ou « prend la balle et apporte la près de la laisse » Pour cela il faut réfléchir !
    Une corneille face à un vase avec un col qui l’empêchait de boire l’eau, à un niveau plus bas que la longueur de son bec, a fini par trouver une solution intelligente : mettre des cailloux dans l’eau pour que le niveau monte.
         Vous pouvez lire aussi les articles que j’ai faits sur des « perroquets savants ».

           De nombreuses études ont été faites sur les émotions des animaux et ont montré qu’ils étaient capables d’éprouver les émotions primaires (joie tristesse, peur, colère, acceptation, anticipation, surprise et dégoût.
Ils arrivent même a éprouver certaines des émotions secondaires chères au psychologue américain Robert Plutchik.
           Et des expériences ont montré que des chiens étaient sensibles à l’injustice quand ils coopéraient tous deux à uen tâche et que seul l’un était récompensé. Au bout de plusieurs injustices, le maître essuyait des réactions de refus s’il sollicitait à nouveau le chien « blessé ». On peut aussi constater des jalousies ou un animal pas content qui boude.
             Bien sûr nous avons tendance à faire de l’anthropomorphisme et leur prêter des émotions humaines, et ils n’atteignent pas évidemment la complexité de celles-ci, mais elles sont présentes de façon certaine.

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           Lorsqu’on apprend à des rats à faire certaines tâches avec trois sortes de récompenses : importante s’ils réussissent, moyenne s’ils ne font rien et rien s’ils se trompent.
           Après entrainement, les rats sont plus doués pour certaines tâches; si on les leur propose ils essaient de les faire. Mais si on leur propose une tâche pour laquelle ils ont été moins entrainés, ils préfèrent ne rien faire et acquérir une récompense beaucoup plus faible, plutôt que de prendre le risque de ne rien avoir.
          Ils font en quelque sorte un calcul de probabilité, comme d’ailleurs le font inconsciemment les enfants.    

          Les études sur des grands singes, sur des éléphants et des dauphins, mais aussi sur des corbeaux, des pies et des mésanges, ont montré que ces animaux avaient une conscience de soi suffisante pour se reconnaître dans un miroir et agir sur eux mêmes en voyant leur image.

       Et les animaux font même preuve d’altruisme en aidant leurs pareil en cas de danger ou de souffrance.

      Certes ils n’ont pas la même conscience que nous du monde, et on agit, non pas en fonction de l’état de l’environnement, mais de l’idée que l’on s’en fait. Mais il est indéniable qu’ils ont une sorte d’intelligence et ressentent des émotions, cela allant bien au delà du simple apprentissage ou du réflexe de Pavlov.

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