Jeudi 27 août 2020 à 17:30

Anecdotes

 Un canular scientifique !

           Une information à la télévision a attiré mon attention sur une affaire à la fois amusante et regrettable et je voulais vous en informer.

            Nous avons une certaine méfiance pour les produits chinois, car l’expérience nous a prouvé qu’ils étaient souvent de mauvaise qualité, soit qu’ils ne respectent pas les normes européennes, soit qu’ils constituent de vraies arnaques.
            Mais j’avais du respect pour les chercheurs chinois (même s’ils ont tendance à espionner les nôtres), et je lisais parfois, par traduction interposée, des articles de laboratoires ou de revues chinoises.
           L’information qui a attiré mon attention, montre qu’il faut se méfier même de ces revues.

            Quatre chercheurs français des universités de Lille, de Lausanne, et de Genève, ainsi qu’un médecin du centre hospitalier universitaire de Grenoble, soupçonnaient la revue chinoise « Asian Journal of Medicine and Health « , de manquer de sérieux dans le choix de ses articles.
           Ils ont donc imaginé de rédiger un « article bidon », à l’apparence sérieux, mais qui est un véritable canular, et ils l’ont proposé à la publication de cette revue.
           La revue l’a publié et  des chercheurs du monde entier l’ont lu et cela à fait l’objet d’un éclat de rire mondial, mais aussi d’un tel scandale que l’article a été retiré de la revue dans les 48 heures.

Un canular scientifique !

            L’objectif de cette recherche laisse déjà perplexe : «  Des études sur Youtube et sur Dropbox ont mis en garde sur le danger potentiel des accidents de trottinettes. A travers trois études, nous évaluons le potentiel d’une combinaison d’hydroxychloroquine et d’azythromicine, pour la prévention des accidents de trottinettes. (et on peut ajouter du zinc pour améliorer le goût»).

            Les noms des auteurs laissent aussi rêveur : "Didier Lembrouille", "Sylvano Trotinetta", ou "Nemo Macron" (c’est le nom du chien du Président !), en poste à "l'Institut de la Science à l'Arrache" ou à "l'Université de Melon".

            « Cette étude a été financée par le collectif 'Laissons les Vendeurs de Trottinette Prescrire', l'Assemblée nationale, et le Fonds de Pension des Vendeurs de Trottinettes Indépendants ».

            Les patients étaient traités par les médicaments avant des essais sur trottinette, (500 m en ligne droite !), et on comptabilisait les chutes, voire les décès, mais les auteurs précisent : « nous n'avons pas classé les accidents par type, date ou quoi que ce soit d'autre, principalement par paresse ».

        L’analyse des essais a une apparence sérieuse, mais dès qu’on en lit les détails, on s’aperçoit de nombreuses phrases humoristiques qui se moquent des pratiques de certains chercheurs un peu trop « rapides », (« suivant la règle méthodologique selon laquelle plus un échantillon est faible, plus son importance statistique est significative, nous avons décidé d'arrêter le recrutement dès qu'un effet significatif à 84% avait été détecté. »), ou qui affirment avec sérieux des évidences (nous avons réalisé que la saturation en oxygène pourrait être un bon indicateur de mortalité,  - après tout, en général les morts ne respirent pas).

            La conclusion est aussi très humoristique : « La pathophysiologie de l’effet protecteur de l’hydroxychloroquine reste,à clarifier, mais l’urgence est de prescrire massivement. : nous avons reçu le Président de la République afin de discuter de nos résultats et il était enthousiaste. » « Parce que l’htdroxychloroquine est le héros que notre monde mérite ! »

             Evidemment le Professeur Raoult est beaucoup cité dans la bibliographie, mais certains articles sont plus douteux et fantaisistes, et la plupart n’ont rien à voir avec le sujet.

            Personne dans la rédaction de la revue chinoise n’avait dû jeter ne serait-ce qu’un coup d’oeil sur cet article, car le canular était vraiment très apparent, et je pense que les auteurs ont été certainement surpris des résultats de leur mystification.
Je ne m’abonnerai pas à la revue chinoise « Asian Journal of Medicine and Health » ! 

 Si vous souhaitez lire l’étude canular, vous pouvez le faire à l’adresse : https://www.researchgate.net/publication/343678745_Version_traduite_en_francais

Jeudi 20 août 2020 à 11:27

 Les médicaments contre le covid19

       Plusieurs correspondant(e)s m'ont demandé de faire le point sur les médicaments contre le covid19. Je vais essayer de répondre à votre delmande, mais c'est assez technique et mes explications risquent d'être soit peu claires, soit fastidieuses (ou les deux ! ).
        Il faut d'abord savoir un peu comment fonctionne une cellule animale et je ferai un bref résumé.

        Ensuite je publie une planche du journal La Recherche, qui explique l'action des médicaments. 
       Je résumerai ensuite pour d-ceux qui reculeraient devant cette lecture un peu aride et je vous donnerai quelques nouvelles des essais en cours.

      Les cellules humaines sont des cellules dites "eucaryotes", car elles ont un noyau et divers organes distincts et bien délimités. (contrairement aux bactéries, qui sont en général "procaryotes", tous les éléments intérieurs étant mélangés, et la cellule n'ayant pas de noyau.).

     Le schéma ci-dessous montre les divers éléments d'une cellule eucaryote :

Les médicaments contre le covid19

         La cellule est majoritairement composée d'eau, et pour qu'elle soit confinée, la membrane dite "plasmique" est composée de lipides (des graisses - l'eau et l'huile ne se mélangent pas !). Elle limite l'intérieur de la cellule que l'on appelle le "cytoplasme".
        La cellule est une petite usine et comprend principalement :
                    - du noyau qui contient chromosomes et ADN.
                    - des mitochondries, qui produisent de l'énergie chimique (grâce à de transformations chimiques, notamment de l'adénosine phosphatée), pour alimenter les transformations cellulaires.
                    - de l'appareil de Golgi, et le réticule endoblasmique, qui fabriquent les protéines nécessaires à la vie de la cellule et notamment sa reproduction, à partir d'acides aminésceci sous le contrôle de l'ADN et des ARN messagers qui en dériven et que lisent lesribosomes..
                
         Voici maintenant la planche résumant les actions du covid 19 sur la cellule et celles des médicaments antagonistes. ce schéma est très réduit et pour le lire, je vous conseille le sortir du blog sur votre bureau d'ordinateur et de l'agrandir, pour pouvoir lire le texte.

Les médicaments contre le covid19

      Résumons très rapidement ce  schéma : 
                - le virus, grâce à des protéines spécifiques s'accroche à la cellule, fusionne avec la membrane cellulaire et injecte son ARN dans le cytoplasme de la cellule. Le "camostat mésylate" et "l'hydroxychloroquine" sont sensés empêcher cette opération, en bloquant les protéines du virus.
               - le virus va se servir de ribosomes pour lire son ARN et le transformer en polypeptides qui serviront ensuite à la synthèse de nouveaux virus. Le "Lopinavir " et le Elle est très réduite et pour la lire, je vous conseille la sortir du blog sur votre bureau d'ordinateur et de l'agrandir, pour pouvoir lire le texte. sont censés empêcher cette opération.
               - enfin le virus va se servir de l'appareil de Golgi de la cellule, pour assembler les polupeptides sous formées éléments constitutifs du virus et les virus ainsi créés sont expulsés de la cellule (et vont en contaminer d'autres)? Le "Remdésivir" et le "Favipiravir"sont censés empêcher cette opération.

          Divers essais cliniques ont été faits soit sur des malades hospitalisés, soit moyennement, soit gravement atteints. Les quatre premiers médicaments n'ont pas montré une efficacité intéressante.
           D'autres essais ont eu lieu sur des malades atteints récemment ou de façon bénigne, pour voir si 'son pouvait enrayer la progression de la maladie, en abaissant la charge virale.
D'autres molécules ont aussi été essayées dans ce but et pas uniquement des antiviraux, mais par exemple l'azythromycine, un antibiotique qui agirait sur des bactéries qui participent aux cotés du virus à l'infection des poumons.

          Le fameux essai européen Discovery, qui devait, à partir du 22 mars, avoir lieu sur 3100 patients, n'a pu rassembler que 750 volontaires, tous français à l'exception d'un luxembourgeois.Chaque produit est testé sur 150 patients ce qui est insuffisant pour tirer des conclusions valables.
          A mi-essai, les scientifiques savent qu’aucun de ces médicaments testés n’est l le remède miracle. : pas d’effet notable sur le Covid-19 pour l’hydroxychloroquine. Pour le remdesivir et l'association de lopinavir et ritonavir), un petit effet, mais  rien de spectaculaire.
      Toutefois l'es essais portent sur des patients hospitalisés et donc atteints sérieusement. On n'a pas de conclusions sur une diminution des effets chez des personnes moins atteintes;

         Un autre essai important a débuté au début juin-llet, mené par une centaine de pays sur 5500 patients : Solidarity, mais ses résultats ne seront connus que vers la fin de l'année.

         En ce qui concerne la lutte en début d'infection, pour l'enrayer en stimulant les défenses immunitaires, les laboratoires anglais annoncent qu'un médicament à base d'interféron (le SNG001) réduirait de 79% le développement de l'infection, mais les essais n'ont été faits que sur un nombre réduit de personnes; il serait facile d'emploi, par inhalation.

         Par ailleurs la dexaméthasone, un anti-inflammatoire, semble diminuer la mortalité des malades très gravement atteints en limitant l'inflammation des poumons qui est les principale cause de mortalité.

         Ceux d'entre vous qui seraient intéressés par plus de détails, peuvent consulter Doctissimo : https://www.doctissimo.fr/sante/epidemie/coronavirus-chinois/coronavirus-chinois-covid2019-quels-traitements

Jeudi 13 août 2020 à 16:49

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

 http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/images11.jpg
        On m’a toujours dit que l’homme préhistorique avait un bien meilleur odorat et que, nos conditions de vie devenant plus sûres notre odorat avait perdu peu à peu ses performances. J’ai toujours lu que le chien avait un bien meilleur odorat que le notre et on peut voir souvent des images ou constater par nous mêmes ses performances.
        J’ai donc été très étonné de lire, dans la revue « Cerveau e& Psycho »,  un article de Frank Luerweg sur des recherches américaines, notamment de l’université Berkeley, qui indiquait que l’odorat de l’homme pouvait être aussi performant que celui des animaux, mais pas pour les mêmes odeurs.
       Dans cette université des personnes volontaires dont on bandait les yeux, devaient suivre, le nez dans l’herbe, une corde qui avait été imprégnée d’une odeur donnée, et cela au seul moyen de leur odorat. La plupart de ces expérimentateur s’en sortaient bien, même si parfois, pour des odeurs faibles, ils ne se rendaient pas bien compte s’ils détectaient ou non une odeur. Les chiens réussissaient la même éreuve, mais souvent plus rapidement.

      De nombreuses études ont été faites sur divers animaux, notamment des chiens, avec pour but de déterminer la minimum de concentration des éléments provocant une odeur qui peut être senti par l’animal. C’est en fait très difficile car l’animal ne peut pas dire au chercheur s’il sent quelque chose et la banque de données la plus performante que Mathias Laska, professeur de zoologie à l’université de Linköping, en Suède, a mis 25 ans à réaliser donne les informations pour 17 mammifères, mais seulement 200 odeurs.
    Il a comparé notamment les sensibilités des souris et des hommes.
    Pour des odeurs de prédateurs, chats, blaireaux et renards, qui menacent la souris, elle était plus performante que l’homme sur 4 odeurs, mais l’homme l’était davantage sur deux d’entre elles. Notamment il était sensible à un composant de l’urine de chat à des taux infimes d’une molécule pour 1020 molécules d’oxygène de l’air,
    Sur 80 substances testées l’homme était meilleur sur 40 d’entre elles et la souris sur 40 autres . Dans une comparaison avec le chien sur 15 substances, l’homme n’était plus performant que dans 5 cas. Ces 5 odeurs correspondaient à des fruits et des plantes, alors que le chien (comme pour le chat), les performances étaient bien meilleures pour la détection d’acides gras, qui font partie des odeurs des proies de ces carnassiers.
    En fait le bulbe olfactif humain est de très petite taille par rapport à notre cerveau : 0,01% de son volume, alors que chez la souris il représente 2%. D’où l’idée qui a longtemps persIsté, que l’homme n’avait pas un odorat performant.

    Il n’en est rien  comme l’ont montré les chercheurs qui ont conçu un appareil pour faire respirer des odeurs : l’olfactomètre : notre odorat est capable de différencier de l’ordre d’un milliard d’odeurs. Les molécules odorantes remontent notre nez et se fixent su les récepteurs du bulbe olfactif (voir schéma ci-dessous). Le cortex olfactif primaire analyse les signaux transmis et envoie ses données pour plus d’interprétation au cortex orbitofrontal et à certains centres su cerveau émotionnel, notamment les centres amygdaliens, qui veillent sur notre sécurité.
http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/nez-copie-1.jpg
    Beaucoup d’odeurs sont traitées par notre cerveau de façon inconsciente, notamment les odeurs émises par d’autres humains.
    Le système immunitaire des animaux dispose de récepteurs particuliers pour détecter les microbes qui sont conditionnés par des gènes spéciaux « CMH », qui ont un autre rôle celui d’orienter la préférence vers des partenaires sexuels qui ont des gènes CMH différents, et ceci à l’odeur.
    L’homme n’a pas échappé à cette évolution et les hommes ou les femmes préfèrent des partenaires ayant des gènes HLA (l’équivalent des CMH), différents et cela grâce à des odeurs inconscientes. (je me demande si c’est pour cela que quand quelqu’un ne vous plaît pas on dit qu’on l’a dans le nez !).

    Il est certain que la transpiration dégage des odeurs différentes selon l’état de santé voire les émotions des personnes. Par exemple l’odeur de personnes qui ont éprouvé de la peur fait réagir ceux qui la respirent et qui se mettent dans un état d’alerte préalable. Certaines personnes sont capables de détecter ainsi inconsciemment des états de stress ou l’agressivité et nos centres amygdaliens seraient alertés.

    Je cherche actuellement une étude scientifique sur les « nez » qui créent les parfums; je ne sais pas si j’arriverai à la trouver.
    Mais je suis très conscient que sans odorat notre goût serait bien amoindri et j'espère que les malades du Covid19, qui ont perdu ces facultés vont vite les retrouver.

Vendredi 7 août 2020 à 14:45

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

L'environnement stabilisé de notre vision.

           J’ai trouvé dans un article de la revue « Cerveau et Psycho » la réponse à une question que je me posais depuis longtemps
                      "Pourquoi, quand nous changeons notre regard d’une cible et que nous bougeons les yeux, l’environnement ne se déplace pas et reste stable."
           C’est très important quand nous lisons ; nos yeux parcourent les lignes, sautent à la ligne suivante, et pourtant, la page reste immobile. 

            L’article appelait l’attention sur l’énorme fréquence avec laquelle nous bougeons nos yeux, qui se fixent sans cesse d’un point à un autre, suivant les besoins de vision et nos intentions d’action.
           Nous sommes habitués aux récepteurs de nos appareils photos numériques, qui ont un grand nombre de récepteurs répartis uniformément sur le capteur sensible; ce n’est pas le cas de la rétine.

 

L'environnement stabilisé de notre vision.

            La plus grande partie de la rétine, le pourtour, ne comporte qu’une faible densité de récepteurs et l’image n’est pas précise. Par contre elle comporte des cônes qui détectent les couleurs, mais surtout des bâtonnets sensibles à de faibles luminosités et qui permettent de déceler un objet, même si la luminosité extérieure est faible. Cette zone est un espace d’alerte, et si une anomalie, un objet particulier apparaît, ou si nous voulons pour une raison particulière voir un point précis, alors nous amenons nos yeux dans une position telle que l’image de ce que nous voulons voir, vienne se former au centre de la rétine, sur une zone restreinte où les récepteurs sont très nombreux, et où la résolution sera excellente.
            Cette zone s’appelle la « macula »; située au centre de l’œil, elle mesure environ 5,5mm et est constituée d’une très forte densité de cônes, ce qui donne une grande précision à l’image. Ces cônes demandent davantage de lumière que les bâtonnets mais sont sensibles à une couleur particulière (RVB). Au centre de la macula, la « fovéa ». zone encore plus petite (200 µm), qui a une densité de cônes encore supérieure.

            Et si nous changeons complètement de perspective, l’environnement défile devant nos yeux à grande vitesse et pourtant, la vue de cet environnement reste relativement stable. C’est particulièrement vrai quand je tape sur mon clavier : mes yeux vont d’une touche à l’autre, puis vers l’écran, et pourtant l’image du clavier reste stable quand je me "promène" à sa surface,  et si je vais voir l’écran, j’ai aussitôt une vue globale écran-clavier, avec l’observation précise qui parcours les lignes écrites sur l’écran, qui lui ne bouge pas !

            Voilà un mystère qui préoccupe depuis longtemps les neurobiologistes !
            Des expériences menées sur des animaux ont montré qu’une partie des cellules d’interprétation de la vision, qui a un moment regardaient vers un endroit, reçoivent un signal avant que l’oeil ne change d’objectif, ce signal leur indique là où l’œil a reçu l’ordre d’aller voir, et où le regard va se porter et ces cellules se cadrent alors sur l’interprétation de la vision à l’endroit futur.
           Pendant le déplacement de l’œil, le cerveau a donc à la fois la vision et immédiatement celle de l’endroit futur et l’ensemble reste stable. Puis le cerveau reporte tous ses neurones sur l’interprétation du nouvel endroit.
           Mais il semblerait que le cerveau soit encore plus performant : il « calculerait » en permanence la position de l’image sur la rétine en fonction du déplacement des yeux et ce codage d’une image fixe serait celui envoyé dans les neurones d’interprétation de la vision.
            On ne sait pas qui fait ce calcul !

            En fait ces hypothèses ne sont pas encore validées et je suis reté sur ma faim d’information!

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lancien

sortir de la tristesse

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