Samedi 2 décembre 2017 à 17:45

Préférences cérébrales

                            Notre personnalité : description "préférences cérébrales"
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J’ai fait un certain nombre d’articles sur les préférences cérébrales et la personnalité car c’est un sujet qui m’intéresse et surtout je suis persuadé qu’il est important de se connaître. Par ailleurs étudier les préférences de deux interlocuteurs m'a souvent permis d’expliquer leurs différends et donc de les apaiser.
            Une question m’est souvent posée : ma personnalité peut elle évoluer? J’ai déjà traité ce sujet dans ce blog (cf article du 12 avril 2017). Mais on me pose aussi une autre question : comment acquiert on notre personnalité et quelle est l’influence de l’environnement et notamment des parents?  Je vais essayer d’y répondre.

             Il y a bien sûr une part génétique ou du moins innée, car nos préférences sont en partie présentes dès l’enfance, et il sera d’autant plus difficile d’évoluer sur une préférence donnée que celle-ci est très forte et que la préférence antagoniste est faible.
            On verra par exemple très vite (vers un an par exemple), le caractère fortement extraverti ou introverti d’un bébé.
            Mais l’impact de notre entourage, parents, professeurs, camarades est très influent.
            Les psychologues constatent que notre personnalité évolue peu au delà de 30 ans, et que par contre, l’enfance et l’adolescence sont des périodes très importantes.

            Il est certain que l’éducation que nous donnent de nos parents nous fait prendre certaines habitudes et influe donc sur notre manière d’agir. Elle forge en particulier notre « estime de soi » et donc notre assurance dans nos comportements.
            Les psychologues dénombrent principalement quatre comportement positifs des parents (et éventuellement grand-parents), vis à vis de leurs enfants (et petits enfants) :
                         - apporter amour, attention, conseils et assistance: 
                         - savoir écouter et avoir une bonne communication;
                        - inculquer des règles et une discipline juste et logique, ferme mais chaleureuse;
                        - mettre en contact l’enfant avec ce qui peut le rendre plus mature, plus responsable, mais en l’encadrant dans ses tentatives.
            Par contre des parents trop autoritaires, trop laxistes ou trop protecteurs rendront leurs enfants moins sûrs d’eux mêmes et moins heureux par la suite.
           Toutefois il y a aussi une rétroaction : les parents ne traiteront pas de la même façon un enfant calme et réfléchi par rapport à un enfant impulsif et turbulent.

            Les parents (et le milieu éducatif) ont également une grande influence sur notre caractère rigoureux et organisé (la préférence J/P ou le caractère consciencieux du Bigfive) et sur notre curiosité intellectuelle (préférence G/S ou l’ouverture d’esprit du Bigfive).
            A l’origine il s’agit de comportements pratiques : par exemple ranger sa chambre, ses affaires, être à l’heure, organiser son activité; cela se traduit ensuite par un caractère plus rigoureux, plus discipliné, plus consciencieux et par un sens du devoir.
            Les parents qui partagent des activités avec leurs enfants (lecture, films, activités artistiques), qui suscitent et répondent à des questions, et leur apprennent à trouver des réponses à des questions scientifiques ou techniques sur internet, développent leur ouverture d’esprit et leur curiosité intellectuelle, en même temps qu’ils accroissent l’intensité de leur relation mutuelle.
            Certes ce sera plus facile d’apprendre l’ordre et l’exactitude à un enfant de préférence J, mais on pourra donner un minimum de ces comportements à un enfant de préférence P, et à l’inverse, si on ne l’éduque pas, un enfant P aura une vie complètement pagailleuse et sans contrôle du temps.
            La réussite ou l’échec scolaire résulte certes en partie des capacités intellectuelles de l’enfant, de la façon dont est fait l’enseignement en classe, mais elle dépend beaucoup du travai qu’il fournit et pour moitié du comportement des parents d’une part en matière d’éducation et d’instruction, et d’autre part de style parental.

            Le comportement psychologique et émotionnel de l’enfant subit aussi une grande influence de son éducation et de son environnement. Des circonstances difficiles peuvent fortement influencer l’anxiété : mauvais traitements, indifférence des parents, disputes et divorce, trop de sévérité ou de laxisme, attitude trop protectrice.

             Pour les adolescents, l’importance des parents diminue, surtout aujourd’hui où ils servent moins de modèle. Ils partagent l’activité des copains, leurs goûts et leurs valeurs, et ont tendance à se regrouper avec ceux qui ont des personnalités voisines.
            Ils ont donc une certaine influence sur leurs personnalités mutuelles, mais qui tend plus à les renforcer qu’’à les modifier.

             L’influence des professeurs et de l’instruction est différente. Elle renforce les capacités logiques, (mathématiques) d’expression et de communication et développe la curiosité intellectuelle et le contact avec des idées et opinions multiples (littérature). Et surtout le travail au collège et au lycée développe la capacité d’effort et de travail, si l’adolescent s’y prête et ne sacrifie pas son activité au profit des SMS, réseaux sociaux et distractions avec ses camarades.
          Ce n’est pas à proprement parler une modification de la personnalité, mais cela agit sur les préférences L et G qui sont accrues, ou rééquilibre une personne V et S. (en langage Bidfive, cela accroit le « caractère consciencieux, l’ouverture d’esprit, mais aussi la solidarité conciliante en groupe (le mot anglais agreabilité, qui ne veut pas dire agréable, mais capable d’adhésion agree-able).
            Il est certain que des études scientifiques poussées développent la préférence L.

             Le passage dans la vie active et professionnelle va encore légèrement influencer la personnalité, augmentant en général l’aspect extraversion (même pour un introverti) et obligeant à mieux s’organiser (préférence L/P).
            Mais à partir de 30 ans la personnalité variera beaucoup moins.



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Mercredi 29 novembre 2017 à 19:31

Informatique, médias, internet

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     Je ne peux pas dire que je sois rétif aux technologies modernes : je me sers d’un microordinateur depuis 1979 et j’avais mis en place en 1987 dans la société où je travaillais 2000 macintoshs et une messagerie interne qui ressemblait à internet.
    Depuis 1997 j’avais un mac moderne avec accès à internet et aujourd’hui je m’en sers énormément. Je suis presque à zéro papier et j’utilise en permanence ma messagerie.
    Par contre je vais peu sur les réseaux sociaux car je n’aime pas raconter ma vie en public et je m’en sers surtout pour communiquer avec mes petits enfants qui sont éloignés de la région parisienne, ainsi qu’avec quelques amis.
    Je ne suis pas un fana SMS et je ne vais pas sur internet à partir de mon téléphone portable pour trois raisons ; d’abord j’ai toujours à ma disposition un ordinateur connecté (donc ma messagerie), et un téléphone fixe (sauf dans la rue et dans le métro, et c’est pour cela que j’ai quand même un téléphone mobile), je trouve qu’écrire un SMS est trop lent et qu’on ne peut pas dire autant que sur un mail, et d’autre part la faible surface de l’écran des téléphones m’agace car je trouve qu’on n’y voir rien, par rapport à l’écran de 27 pouces de mon mac.
    Mais peut être que cela préserve ma santé mentale.!

     J’ai lu un article de Nicholas Kardaras (psychothérapeute qui a écrit un livre sur l’accoutumance à internet), sur l’utilisation aux USA des téléphones mobiles et des réseaux sociaux, qui m’a laissé perplexe.
    D’abord des statistiques ébouriffantes : toutes les secondes, le web y véhicule 7500 tweets, 2 millions d’e-mails, 1400 photos Instagram et 120 000 youtubes sont visionnés; sans compter 70 000 SMS. (cela fait plus de 6 milliards par jour soit 20 par personnes en moyenne !).
    Mais la France est presque aussi convertie : 30 millions de français utilisent Facebook, 6 millions tweetent et les jeunes enverraient une centaine de SMS tous les jours (je me demande bien ce qu’il peuvent avoir encore à dire  !).
    Je suis d’ailleurs toujours étonné du nombre de personnes, (et pas seulement des jeunes !), que je vois dans le métro, leur téléphone à la main en permanence et sur lequel elles jettent un coup d’œil au moins toutes les minutes.

    Les contacts sociaux étant un chose indispensable pour l’homme, on aurait pu croire qu’une telle communication était bénéfique. Il semble qu’il n’en soit rien.
    En 2014 l’université de San-Diego a examiné des données médicales de 7 millions d’adolescents et adultes et il a trouvé qu’il y avait beaucoup plus de symptômes dépressifs qu’en 1980. Cette augmentation semblait en partie due au manque de sommeil et de calme due à la frénésie d’internet et de l’attente de message, qui engendre un stress permanent.
    L’université de Houston a fait également des sondages qui montent que plus les étudiants passaient du temps sur Facebook, plus ils montraient des symptômes dépressifs.
    Deux raisons importantes semblent expliquer ces résultats :
        - d’une part la comparaison de ses conditions de vie à celles des autres est parfois déprimante, d’autant plus que beaucoup de ce qui est dit sur Facebook est très enjolivé et magnifié.
        - d’autre part notre équilibre psychique demande des contacts réels avec d’autres personnes vivantes et les contacts virtuels prennent tellement de temps que l’on n’a plus le temps d’avoir ces contacts réels avec de « vrais » humains en chair et en os (et avec un cerveau, des sentiments et des émotions).
    Notre cerveau est câblé pour permettre de nous adapter aux évolutions et donc à aimer les choses nouvelles. Une autre conséquence d’internet est que la multitude des informations et surtout de la possibilité de réponse à toutes nos questions, répond à ce besoin de nouveauté et se traduit par une suractivité qui peut être épuisante.
    Le problème, c’est en fait que l’utilisation d’internet étant considérée comme agréable, induit la production de dopamine dans notre circuit de récompense, et que si l’on en abuse, on peut arriver à l’addiction, comme pour le tabac, les drogues, l’alcool, le sexe ou les jeux.
    Les jeunes sont devenus pour beaucoup, accros aux textos. Ce n’est pas leur nombre qui est directement nocif, mais les conséquences qu’ils engendrent sur leur vie.
C’est l’impossibilité de s’arrêter, d’accepter les critiques, le fait d’être frustré quand on n’a pas accès à son addiction. Et c’est surtout le manque de temps pour faire autre chose et le manque de sommeil, qui engendrent stress et épuisement.
    L’activité compulsive digitale augmente les risques  de troubles compulsifs, d’échecs scolaire, d’utilisation d’alcool et de drogue.
    En fait paradoxalement l’activité virtuelle sur internet accroit notre sentiment d’isolement sans que nous nous en apercevions.
    Notre cerveau a besoin de relations réelles « face à face », de partager des expériences, des émotions des sentiments, des souffrances des joies, des rires, des jeux  et des pleurs. Un couple d’amoureux ne dure guère sur internet, s’il ne se voient pas réellement.
    Robin Dunbar, un anthropologue anglais, s’inquiète pour la santé mentale des enfants : le cerveau d’un enfant est en formation, en apprentissage, notamment en matière d’interaction sociale, d’empathie et de partage. La connexion virtuelle, illusion du contact humain, pourrait perturber ce développement.
    En définitive, certes les connexions digitales font partie de notre vie d’aujourd’hui, mais il ne faut pas qu’elles deviennent une addiction, et, pour que les enfants et les jeunes soient heureux et en bonne santé, ils faut qu’ils aient des relations avec des personnes réelles, bienveillantes à leur égard.

Samedi 25 novembre 2017 à 9:24

Sexualité, Homosexualité

L’homosexualité a fait couler beaucoup d’encre au moment du « mariage pour tous ». On a pu voir alors combien l’homophobie ressemblait à du racisme. Certains allaient jusqu’à regretter le temps où l'homosexualité était considérée comme une maladie mentale.

    Pourtant les neurobiologistes pensent de plus en plus que, en ce qui concerne les hommes, une conformation cérébrale favorise l’homosexualité.
    Deux types de recherches y contribuent :
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    1.) - Chez les hommes, plusieurs chercheurs (notamment LeVay aux USA) sont arrivés à la conclusion que certains noyaux de l'hypothalamus pouvaient être en relation avec l'orientation sexuelle.
                  - un noyau de l'hypothalamus (appelé dans leur jargon noyau intersticiel de l’hypothalamus antérieur n°3 :NIHA3) était deux fois plus gros chez les hommes hétérosexuels que chez les homosexuels et chez les femmes.
    Les neurones de ce centre de l’hypothalamus produisent une préhormone de libération des gonadotrophines hypophysaire (GnRH), qui stimule la production par l’hypophyse de deux autres hormones : la FSH (hormone folliculo-stimulante), nécessaire à l'ovulation chez la femme et à la production de spermatozoïdes chez l'homme, et la LH (hormone lutéinisante), qui est responsable du déclenchement de l'ovulation et stimule la production de testostérone.
     On trouve également une analogie entre les dimensions du noyau préoptique des femmes et des hommes homosexuels, par rapport à celui des hommes hétérosexuels qui contient deux fois plus de neurones.
     Toutefois ces études n’impliquent qu’une population restreinte et les homosexuels étaient morts du sida.
                - au contraire, un autre noyau (dit suprachiasmatique car il est localisé dans l'hypothalamus juste au dessus du chiasma optique, le croisement à l'entrée du cerveau des nerfs optiques droit et gauche), était deux fois plus gros chez les hommes homosexuels que chez les hommes hétérosexuels et les femmes.
     Je n'ai pas trouvé dans la littérature d'explication valable de ces constatations. Les hypothèses sur le développement de ces noyaux sous l'effet des hormones androgènes sur les gênes sont assez contradictoires.
    Il existe diverses études s'appuyant sur cette constatation de différence de formation de l'hypothalamus, qui prônent que l'homosexualité est héréditaire, (notamment une étude portant sur de vrais jumeaux, et une autre publiée en juillet 2006 portant sur la probabilité d'être homosexuel si on est le plus jeune d'une série de garçons dans une famille). Les  statistiques portent en général sur des populations très faibles et particulières et les chiffres sont très peu convaincants et très critiqués par les experts en statistique.
De plus une étude statistique permet de trouver des corrélations mais ne renseigne pas sur les relations de causes à effets
   En fait bien que le génome soit maintenant mieux connu, aucune explication n'est venue étayer cette théorie. On n'a pas trouvé le ou les gènes de l’homosexualité.

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    2.) - D’autres études ont porté sur le striatum, qui est un centre du cerveau central, composé de plusieurs centres , le putamen et le noyau caudé et le striatum ventral notamment; ce dernier centre est impliqué dans les comportements appétitifs et aversifs, notamment en ce qui concerne la prise alimentaire et l’activité sexuelle, ainsi que dans la gestion de la douleur.
    Les chercheur ont mesuré par IRM l’activité de ce centre dans le domaine sexuel, chez les hommes hétérosexuels, homosexuels et bisexuels. Ils ont montré que le striatum s’activait beaucoup moins chez les homosexuels à la vue de photos de femmes et chez les hétérosexuels à la vue de photos d’hommes et aà pau près autant pour les bisexuels.
    Le striatum ventral, qui contrôle nos motivations notamment pulsionnelles, agirait donc pour les homosexuels comme un frein vis à vis des femmes. Toutefois c’est le problème de la poule et de l’œuf : on ne sait pas si c’est pour cela que ces hommes sont homosexuels ou si c’est par apprentissage que le striatum réagit ainsi.

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    Chez les femmes, on a noté une activité relativement très supérieure à la normale des glandes surrénales, induisant des taux anormalement élevés d'hormones androgènes.
    Des études ont fait état de taux de testostérone élevés chez des lesbiennes, mais d'autres lesbiennes ne présentaient pas cette caractéristique.
    Par ailleurs on ne sait pas si le fait d'être homosexuel a une influence sur les taux d'hormones (ce pourrait être une conséquence et non une cause).
    Ces femmes présentent dans leur enfance des comportements de “garçon manqué” et devenues adultes, ont souvent tendance à nouer des relations homosexuelles.
    Par analogie avec des études menées sur des rongeurs, il est possible que ces niveaux élevés d'androgènes circulants, aient “orienté” les circuits cérébraux à l'origine dimorphes (notamment au niveau de l'hypothalamus), dans un sens masculin plutôt que féminin, avec pour conséquence, des jeux plus agressifs et finalement, le choix d'un partenaire sexuel féminin.
    Mais ce n'est pas prouvé. Injecter de la testostérone à un bébé guenon n'induit pas de comportement sexuel mâle et un singe castré (qui n'en produit plus) peut rester très actif sexuellement surtout s'il est entouré de femelles et même s'intéresser aux mâles.

    Nous n'avons pas de certitude d'explication physiologique précise de l'homosexualité, mais ce qui est certain, c'est qu'il est aussi absurde de reprocher à quelqu'un cette orientation, (pire encore de la considérer  comme immorale et de l'exclure de la société), que si on excluait ainsi un gaucher par rapport aux droitiers, ou quelqu'un qui souhaitait être scientifique, auquel on aurait donné une instruction littéraire (ou inversement).
   

Mercredi 22 novembre 2017 à 18:45

Enseignement, école, fac

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    Je suis toujours intéressé quand je vois les neurophysiologistes s’intéresser à l’apprentissage des enfants et à l’enseignement, notamment primaire.
    Ma grand-mère m’avait appris à lire à 4 ans et mon grand-père m’apprenait à compter ainsi que les quatre opérations.
    Ma belle-mère, qui était institutrice, puis directrice d’école, a appris à lire et à compter à mes enfants et à certains de mes petits enfants.
    Les méthodes qu’ils utilisaient n’étaient pas fondées sur la connaissance du cerveau, mais sur une longue expérience de ce qui était efficace et ne l’était pas.
    Depuis l’Education Nationale a trouvé ces méthodes ringardes et a prôné un enseignement « beaucoup plus moderne », basé sur les élucubrations de quelques inspecteurs et psychologue imaginatif, qui voulaient ne pas « traumatiser l’enfant », mais l’instruire en l’amusant, pour ne pas le fatiguer.
    Le résultat est probant : les enfants ne savent plus ni lire ni compter non seulement au sortir du CP mais même du CE2.
    Et je constate que les neurobiologistes qui voudraient tenir compte du fonctionnement du cerveau, recommandent les antiques méthodes de mes grands- parents ou parents enseignants.

    D’abord la lecture : la méthode dite » globale » dans laquelle on apprenait des le début de l’enseignement de la lecture, à reconnaitre les mots entiers, a été un véritable échec.
    Les neurobiologistes ont montré que l’apprentissage devait se faire d’une part par la répétition, mais également par l’assemblage de données logiques progressives, où nos organes de perception s’habituaient peu à peu à l’information.
    Ainsi il fallait commencer par apprendre les lettres, en les écrivants et en les prononçants pour s’habituer à leur son.
    Puis il fallait apprendre logiquement les syllabes simples, indépendamment de tout mot b+a=ba, b+e=be…. là encore en s’appuyant sur la vue et le son.
    Ensuite on peut utiliser ces données pour reconnaitre des noms simples, associés aux images correspondantes des objets dénommés; puis aborder des syllabes plus complexes telles que « on » ou « au », et les utiliser.
    Il faut attendre que ce mécanisme devienne un automatisme et que l’enfant n’ait plus besoin de syllaber pour lire un mot, pour avoir une approche globale.
    On peut alors apprendre des mots, du vocabulaire, mais en le définissant, et en l’associant à des images concrètes et en associant l’écriture à la lecture, car il y a une mémoire de la main (de ses commandes motrices), complémentaire des mémoires visuelle et auditive.
    Et ne pas vouloir trop tôt faire de la grammaire : masculin, féminin, pluriel… à fortiori sujet, verbe , compléments, adjectifs. Il faut d’abord que l’enfant sache lire une phrase en comprenant ce qu’elle veut dire, avant de lui compliquer la tâche par de nouvelles notions.
    Il faut qu’il ait déjà le plaisir de lire tout seul des histoires en les comprenant.
    Il est cependant nécessaire d’apprendre au préalable ce qu’étaient les accents et la ponctuation, par des explications des conséquences pratiques de leur usage.
    Cela parait fastidieux, mais c’est le seul moyen pour le cerveau d’obtenir un apprentissage qui reste ensuite définitivement, car il est devenu un automatisme inconscient.

    Voyons maintenant la numération et le calcul.
    L’enseignement actuel trouve peu intelligent de compter sur ses doigts et veut apprendre les modes opératoire, en négligent les exercices répétitifs manuels fastidieux et en utilisant tout de suite calculette et ordinateur. Là encore c’est un échec; je connais de nombreux jeunes de pus de vingt ans qui ne savent plus faire une division à la main, et la plupart sont nuls en calcul mental.
    Bien sûr il y a les calculettes et les tableurs, mais on se trope souvent sans s’en apercevoir d’un facteur 10 ou 100, par manque d’expérience de la numération.
    Lrs neurobiologistes estiment que au début de la rencontre avec les nombres, compter sur ses doigts est un réflexe presque inconscient et qui est salutaire pour avoir une notion pratique des premiers nombres et se familiariser avec le processus d’addition.
Avec la répétition, la mémoire crée un automatisme, mais compter sur ses doigts n’est pas, comme on le croit aujourd’hui un réflexe de mauvais élève iou de manque d’intelligence. C’est au contraire une stratégie intelligente.
    Et dans le cerveau, certaines zones motrices caractéristiques des doigts et des nombres sont proches voire se chevauchent.
    C’est d’ailleurs de l’usage de nos dix doigts que provient le système décimal.
    Son apprentissage ne doit pas être théorique. Ma grand-mère pour me faire comprendre le système utilisait des buchettes (des allumettes sans phosphore). Chacune représentait une unité et elle les groupait par dix avec un élastique, puis par dix paquet de dix avec un gros élastique, et en même temps me montrait comment était liée l’écriture du nombre, chaque chiffre étant en relation du nombre de buchettes, de paquets de &o et de paquet de 100. Et elle insistait bien sur les notions de 1, 10, 100, 1.000, 10.000… en utilisant ce point séparateur tant galvaudé aujourd’hui.
    Quant aux opérations c’est simple : c’est la répétition qui enseigne l’essentiel, en montrant le mécanisme et en répétant son application quelques centaines de fois.
    La « table d’addition » devient automatique à force de compter sur ses doigts. Quant aux tables de multiplication, il faut qu’elles soient apprises par cœur, pour que chaque item devienne un réflexe inconscient de la mémoire, et ensuite le mécanisme des multiplications et des divisions devient un réflexe à force d’en faire.
    Mais évidemment pour faciliter la compréhension et la mémorisation, il faut montrer qu’une multiplication résulte d’additions successives.
    Et il ne faut pas encombrer de théorie par d’autres notions inutiles, tant que le réflexe n’est pas acquit. Ne parlons surtout pas de théorie des ensembles pour montrer que 2X3 = 3X2. L’enfant s’en rendra compte très simplement par la pratique.
    Enfin le calcul mental n’est plus enseigné aujourd’hui. Et pourtant c’est lui qui donne une idée des ordres de grandeur et qui nous évite des erreurs grossières de calcul, en nous donnant une idée approximative des résultats. De plus il conforte la compréhension du système décimal.   
    Cela me semble bénéfique de prendre l’habitude que 362 X 5 = 3620/2 = 1810, ce qui est plus facile à faire de tête, ou que 25 X 9 = 250-25 = 225

Samedi 18 novembre 2017 à 18:00

Informatique, médias, internet

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         Les articles que j’ai écrits récemment sur l’indiscrétion et le recueil sur le Net de données nous concernant, m’ont valu quelques mails, certains étonnés et quelques uns critiques.
          On me reproche notamment d’être un détracteur de Google et d’exagérer son intrusion dans notre vie privée et les méfaits du Net.

 

 

          Je n’ai jamais dit qu’internet était inutile. Quand on veut avoir un renseignement, qu’on sait comment et où le chercher, et qu’on sait faire un tri entre les adresses proposées quant à sa pertinence, internet est très précieux.
          Quand je cherche des données scientifiques, il fallait autrefois que j’aille à la bibliothèque Sainte Geneviève, près du Panthéon, et, pour les trouver, l’aide des bibliothécaires était précieuse. Maintenant je peux me débrouiller tout seul en restant chez moi, avec des données beaucoup plus nombreuses, venues de toutes les bibliothèques et universités du monde entier, mais un peu plus difficiles à trouver, car les moteurs de recherche ne comprennent pas des questions complexes.
          Autant j’admire Google pour la quantité de données qu’il contient, autant je trouve nul son moteur de recherche, qui ne comprend même pas les opérateurs « et » et « ou », et vous donne toujours une multitudes de données en dehors de votre recherche.
          Je me souviens d’ailleurs d’une conférence de Steve Jobs à Paris, pour faire la promotion d’Apple et d’internet, au cours de laquelle il a cherche une recette de cuisson de côte de boeuf au four, et où il a obtenu seulement les adresses de toutes les rôtisseries de Paris, et s’est embourbé dans sa recherche
          En définitive, je trouve donc internet très utile et je m’en sers beaucoup, mais je supporte mal l’intrusion de Google (et autres), dans ma vie privée.

 

 

          Il m’arrive souvent d’être réveillé vers 7h et je regarde si je n’ai pas des messages urgents sur  ma messagerie. Alors Google note que tous les jours ouvrables, je prends ma douche à 7h et que je consulte ensuite ma messagerie, et il note  le nombre de messages le temps que j’ai mis pour les lire….
          Souvent je fais aussi quelques recherches, par exemple sur des matériels qui seraient utilisés dans les immeubles où j’habite, puisque je m’occupe des travaux de l’immeuble. Bien sûr Google a noté cela et a vendu l’information : pendant quinze jours je reçois quotidiennement une dizaine de pubs sur ces appareillages.
          Il m’arrive souvent pour aller à un rendez vous, de chercher le meilleur itinéraire sur Google-Map. Donc l’ogre américain connaît beaucoup de mes déplacements. Je m’en suis aperçu, car, pour une association d’ingénieurs, j’organise des conférences et des visites et j’étais en discussion pour visiter des ateliers du Louvre. Evidemment Google ne connaissait pas le motif de mes déplacements et j’ai été étonné quelques semaines après, de recevoir sur mon Mac, plusieurs catalogues de reproduction de tableaux.
          Il m’est arrivé aussi de faire de la doc sur des médicaments et sur les recherches correspondantes en université. Là aussi j’ai reçu ensuite des mails de sites de ventes de médicaments sur internet.
          Un ami, qui au moment de Noël, correspond avec sa famille à propos des cadeaux de fin d’année, a ainsi reçu des pub sur beaucoup des cadeaux qu’il envisageait. Ou Google a le don de divination, ou il fait lire nos mail par un ordinateur, qui relève quelques mots clés.
          Les profits de la firme américaine reposent essentiellement sur les pubs : il a donc besoin que tous les utilisateurs de ses services aient un « profil numérique de consommateur », et tout est bon pour y arriver.

 

 

          Pour utiliser les divers services de Google, j’ai dû valider les « conditions d’utilisation", et il ne cache pas qu’il conserve des données non spécifiées et pour un temps qui n’est pas non plus défini, et qu’il peut les communiquer à des « entreprises partenaires » (qui payent). Il considère donc qu'il a mon accord pour faire ce qu'il veut avec ce que je fais sur ses outils mis à mon service. Alors je suis allé voir les conditions d’utilisation et de confidentialité et j’ai décoché toutes les autorisations d’utilisation. 
          Depuis je reçois régulièrement des mails de Google, qui me dit qu’il ne peut pas m’aider dans mes recherches faute de renseignements, mais je lui réponds que j’en suis fort heureux et que je me débrouille mieux tout seul !!
          Je n’utilise plus « Chrome » pour naviguer sur internet, j’ai un téléphone sans « Android », qui ne va pas sur internet, je ne vais que le minimum sur Facebook pour discuter avec mes petits enfants, je n’utilise plus Gmail avec des artisans ou entreprises, je ne regarde plus les « actualités Google », mais celles du Nouvel Obs, et j’ai enlevé de Google (et du Cloud d’Apple qui ne vaut pas mieux), la gestion de mon agenda et de mes contacts. 
           J’emporte en Bretagne une clé USB avec les renseignements que je ne veux pas  mettre sur la place publique, et j’ai désactivé les GPS de ma tablette et de mes ordinateurs, pour qu’on ne me localise pas. Evidemment ils peuvent trianguler mon portable, mais je n’ai pas assez d’importance à leurs yeux pour qu’ils en fasse la dépense.

 

 

          Alors ne me dites pas que notre vie privée n’est pas espionnée, même si par ailleurs le Web est un outil remarquable. Chaque médaille a son revers.

            Cela dit ne vous faites pas d’illusion : quand vous utilisez dans votre supermarché une carte Carrefour, Auchan, U, Leclerc ou autre, ce que vous achetez est noté et collecté et un profil de consommateur est dressé puis vendu à d’autres commerçants. Dites vous que toute carte à puce permet de collecter des données et de vous ficher, pour qu’ensuite on cherche à vous faire dépenser de l’argent en achetant ce qui paraît vous intéresser.

Google n’est qu’un acteur parmi d’autres.  

 




Mercredi 15 novembre 2017 à 12:30

Violence

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        On parle beaucoup actuellement, à la télé et dans les médias, de personnes connues ou ayant une situation importante, qui ont harcelé de jeunes femmes, voire les ont violées. Personne n’osait en parler et tout à coup les langues se délient et donc les médias en parlent beaucoup, mais comme des faits divers à sensation.
        Il y a quelques années, j’avais comme correspondant(e)s sur mon blog, un certain nombre de jeunes qui se sentaient mal dans leur peau et que j’essayais d’aider.
        Pour certains ce n’était qu’un mal-être, pour d’autre un stress important, mais certain(e)s avaient subi une agression : cela pouvait être le vol d’un sac, des coups de la part de copains ou de camarades, des personnes ivres qui s’en prenaient à leur environnement…  Mais les problèmes les plus difficiles que j’ai rencontrés auprès de mes correspondantes étaient les viols.

        Tout le monde sait en théorie ce qu’est un viol, mais peu savent vraiment les ravages et les traumatismes qu’ils peuvent causer. C’est ce qui m’a incité à écrire cet article, mais malheureusement ce ne sont pas des violeurs potentiels qui le liront.
        Le viol qu’il soit l’objet d’un seul - que cette personne soit ou non connue de la victime - ou pire encore en groupe - ce que l’on qualifie de l’affreuse expression de “tournante”, - c’est un crime et la justice a raison de le qualifier ainsi, car c’est pour une femme et à fortiori une ado, la pire des agressions.
        Mais certains actes ne sont pas qualifiés de viols et sont presque aussi traumatisants : je pense à des soirées très arrosées avec consommation d’alcool et de cannabis, à l’issue desquelles les garçons comme les filles, ne raisonnent plus normalement, et les jeunes ados sont dans un état tel qu’elles ne peuvent plus opposer aucune résistance. Il n’y a pas viol manifeste, mais il n’y a pas consentement non plus, et dans certains cas, il arrive même que personne ne se rappelle de façon précise ce qui est arrivé exactement.
        Il n’empêche que de telles circonstances sont par la suite, presque aussi traumatisantes psychiquement pour une jeune fille que les viols réels. Je les considère aussi comme une agression au même titre que les viols, même si, aux yeux de la justice, ce n’est un crime que dans la mesure où l’on pourrait prouver que l’on a forcé la victime contre son gré, et cette preuve est en général difficile.

        J’ai plusieurs fois essayé de  rassurer des personnes, ados, jeunes femmes ou personnes plus âgées qui avaient subi une agression non sexuelle : vols à l’arracher, brutalités, voire une fois une blessure sérieuse. Même dans le cas de blessures, le traumatisme était moindre que celui d’un viol , non sur le plan physiologique, mais sur le plan psychologique et sentimental à moyen terme.
        Le plus souvent, sauf quand il y a eu des violences physiques importantes, des coups ou une sauvagerie entraînant des blessures locales, les victimes d’un viol ne ressentaient pas de traumatisme et de souffrance physiologiques.
        Par contre, toutes les jeunes qui avaient subi de telles agressions étaient extrêmement traumatisées sur le plan psychologique.

        Elles avaient d’abord un sentiment de honte, non seulement vis à vis des autres mais aussi vis à vis d’elles mêmes, l’impression d’être salies.
        Ce sentiment est sûrement une réaction de l’inconscient car il n’y a aucune réalité physique et aucune d’entre elles n’a pu m’expliquer la raison de ce sentiment extrêmement fort et stressant, qu’il est difficile de combattre.
        L’agression  entraîne un  traumatisme d’autant plus important que l’on n’ose en parler à personne et que l’on garde la blessure pour soi longtemps.
Le souvenir de la scène est lancinant, revient en permanence et vous obsède et peut mener peu à peu, à la dépression. La jeune voit - à tort -, tout avenir condamné pour elle, presque comme si elle avait contracté une maladie incurable.
        La plupart de celles que j’ai pu aider n’avaient parlé à personne de ce qui leur était arrivé ou parfois à une amie mais qui n’avait su comment les aider, si ce n’est par son amitié. Certains parents n’avaient pas non plus su comment aider leur enfant et en général avait fait appel à un psy et je dois constater que ce recours n’avait la plupart du temps, fait qu’ajouter à la honte ressentie par la victime et les médicaments antidépresseurs administrés rajoutaient plutôt au malaise de l’adolescente.
        Un autre sentiment étonnant intervient souvent    et agit comme un  remord lancinant : la personne agressée se sent coupable, alors qu’en réalité elle est une victime. Mais elle se demande comment elle a pu en arriver là, si ce n’est pas sa faute, quel est son comportement qui lui a valu cette catastrophe, même si, heureusement elle éprouve aussi une certaine haine vis à vis des auteurs de l’agression, mais on l’aurait à moins, et finalement ce sentiment est plutôt salutaire, car il est possible de s’appuyer sur lui pour remonter la pente..
   
        Autre séquelle, qui dure en général longtemps, ces agressions entraînent chez les victimes une peur des hommes.
        Peur évidement de circuler dans la rue , les transports en commun, les lieux publics, de crainte d’une nouvelle agression. Mais peur du contact avec n’importe quel homme, voire même des garçons amis. Là encore c’est une réaction de l’inconscient contre laquelle il est difficile de lutter, une obsession, une phobie..
        C’est une répulsion difficile à surmonter mais qui finit par s’atténuer.    Mais il subsiste ensuite en général, une horreur instinctive de toute relation sexuelle et donc une crainte de toute relation amoureuse, qui dure parfois longtemps.
        Il est très difficile de sortir seule de ces pièges; et même si par la suite; un amour sincère et une confiance s’établit avec un “petit ami”, il faudra à celui ci beaucoup de patience et de délicatesse, pour arriver à faire disparaître cette répulsion.

        ll faut avoir discuté avec une personne qui a subi un viol, pour se rendre vraiment compte de l’énorme traumatisme psychologique que représente cette agression.
        Le plus difficile c’est d’arriver à surmonter l’état de dépression, de désespoir ou au mieux, de grande tristesse, qu’entraîne le choc et aider ne suffit pas, il faut une grande volonté à la victime pour remonter la pente; la personnalité de la victime et l’environnement familial et de travail sont des facteurs importants.

        Comment aider un victime d’un viol ?
        Il faut d’abord essayer qu’elle ne garde pas son secret car rien n’est plus traumatisant que de laisser l’inconscient conserver ces images et ces sensations pour lui tout seul. Cela risque de créer d’énormes blocages par la suite, et même de créer au bout de quelques mois ou de quelques années, un état obsessionnel qui peut mener à la dépression et aux pensées morbides. Certes c’est difficile de parler de choses aussi intimes. Il faut une confiance réciproque.
         La personne qui a subi un tel choc, a en effet avant tout besoin de quelqu’un de patient, qui ne la juge pas, qui l’écoute et comprenne sa détresse. Le psy est souvent trop distant, trop professionnel. Sa confiance en elle a été en partie détruite et il faut essayer de la réconforter, de lui redonner goût en elle même et en la vie.
        Ce sentiment de honte et de dégoût, cette impression d’être salie, il faut arriver à les atténuer, la persuader qu’elle a subi avant tout une agression, et que c’est un traumatisme analogue à une blessure, à un coup de couteau, mais qu’elle n’y est pour rien et qu’il n’y a aucune honte à cela et que cela cicatrise et ne condamne pas sa vie future.
        Finalement la haine de l’agresseur est sans soute préférable, car elle occupe l’esprit “plus positivement” si j’ose dire. Elle diminue ce sentiment absurde mais réel, de culpabilité alors que l’on est victime.
        Puis il faudra reconstruire peu à peu, redonner envie de sortir sans avoir peur (pas n’importe où, et accompagnée), de voir des amies, puis même d’oser parler à des garçons. Remonter la pente est long et je crois que seules les personnes qui arriveront à apporter une amitié et inspireront confiance, pourront vraiment réussir
    Le moment crucial sera un jour où un garçon aimera cette jeune et essaiera de se faire accepter. Il lui fauidra beaucoup de patience, de compréhension, de doigté, mais s’il y arrive, c’est cette acceptation du “petit ami” qui sera le signe et le révélateur d’un retour à la vie et à la joie.



Samedi 11 novembre 2017 à 17:57

Informatique, médias, internet

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          Un de mes lecteurs, étonné de mon dernier article sur les indiscrétions du net, m’a demandé ce qu’il en était pour les téléphones portables.
         Je ne suis pas sûr que vous ayez conscience de l’utilisation qui est faite de votre propre téléphone portable, ou de votre tablette, à des fins d’enquête.
         Certes nous ne sommes, ni vous, ni moi, aussi important que monsieur Macron ou madame Merkel, pour avoir droit à l’espionnage de la NSA. Mais cela n’empêche pas pour autant, que l’on espionne à des fins commerciales ce que vous faites.

         D’abord, il faut savoir que s’il est assez difficile pour un non-spécialiste, de rentrer dans un ordinateur qui a des protections diverses, par contre les téléphones portables, les tablettes et leurs systèmes d’exploitation IOS ou Androïd, en sont démunis et un technicien connaissant les techniques « réseau » peut facilement y accéder, surtout depuis que nos téléphones sont reliés à internet.
         Sur ordinateur on peut empêcher la machine de donner sa position géographique, et on peut la déconnecter du réseau en coupant la wi-fi.
         Sur votre téléphone portable, c’est impossible car par principe vous êtes rattaché à une borne locale, et votre opérateur peut avoir votre position par triangulation à partir des trois bornes les plus proches de votre appel.
         Il est donc très facile de suivre vos déplacements, et aux Etats Unis (et probablement en France ?) les opérateurs vendent des données, théoriquement anonymes, sur les utilisations internet des portables, et leur localisations successives, soit à des laboratoires de recherches, notamment sociologiques, soit à des sociétés industrielles ou de marketing.

          Ceux qui utilisent les réseaux sociaux ou un agenda, sur leur téléphone portable, y laissent forcément des informations sur leurs rendez vous ou sur divers événements.
         Un laboratoire de recherche a montré que dans une base de données de 1,5 millions d’abonnés, il suffit de 4 données (lieu et information correspondante), judicieusement choisies, pour connaître l’identité de la personne qui a émis ces informations. Donc l’anonymat est un leurre. De nombreuses personnes peuvent trouver tout de suite, avec un logiciel performant, qui et où est Charlie. (je suppose que vous êtes amusé(e)s à ce jeu sur les pages des livres de Charlie).
         Impossible de se cacher dans la foule, et les données qui sont sur notre téléphone portable (réseaux sociaux, consultation, échanges, avis divers, transactions, loisirs, déplacements…), permettent d’en savoir long sur nous.
         Et maintenan, même les jeunes enfants ont un téléphone portable, et ils sont encore moins méfiants que nous vis à vis de cette collecte de données. Espionner les enfants renseigne sur les parents !

         Une équipe du MIT ( l’Institut de technologie du Massachusetts, est un institut de recherche et une université américaine, située à Cambridge, spécialisée dans les domaines de la science et de la technologie), a demandé à des étudiants de remplir un test de personnalité, puis elle a regardé leurs données de téléphone mobile pour y trouver des corrélations afin d’identifier; dans les données qui s’y trouvent, notamment sur leurs recherches de renseignements et leurs déplacement, voire leurs achats, des indicateurs permettant de déduire les 5 types de personnalité de la théorie du Big five.
         Ils ont mis au point un modèle, relativement fiable, utilisant 36 indicateurs.
         Yves-Alexandre de Montjoye du MIT indique que son modèle est fiable et permet de définir avec une bonne probabilité la personnalité du possesseur du téléphone, si toutefois les données qu’on y trouve ne sont pas biaisées volontairement, et à condition que la personne se serve suffisamment de son matériel.
         Donc, à partir des données de l’usage de votre téléphone mobile, (une succession de chiffres dans une énorme base de données), on peut en déduire en partie votre personnalité et vendre éventuellement cette information..
         Une autre menace commence à apparaître car les téléviseurs récents peuvent accéder à internet et permettre, à partir d’un clavier, le même usage qu’une tablette. La collecte des données pourra être encore plus facile.

         Des qu’un nouveau produit ou un nouveau service dans le domaine de la communication, trouve un large public, les grandes entreprises se battent pour l’acquérir et approvisionner leurs bases de données.
         C’est ainsi que Facebook a acheté WhatsApp, ce réseau qui permet de communiquer à moindre frais sur internet avec famille, amis, et autres interlocuteurs. Rapprocher ce que les personnes racontent sur Facebook et sur WhatsApp donne encore plus d’indications sur les personnalités et les besoins commerciaux des utilisateurs.
         Un appareil vendu par Amazon, Alexa, est un « robot de communication », muni d’intelligence artificielle et de nombreux micros disséminés dans la maison, et il répond à toutes les questions que vous lui posez oralement : il peut donner toutes sortes d'informations pratiques, comme les prévisions météo, l’état du trafic, les titres de l’actualité, ou des informations encyclopédiques. Il peut également communiquer avec des services extérieurs, notamment Amazon, pour commander en ligne produits et services. Enfin, Alexa peut s'utiliser comme une véritable télécommande vocale pour la maison connectée, car il permet d'interagir à la voix avec de très nombreux objets connectés.
         Mais Alexa étant en permanence relié par ses hauts-parleurs-micros au serveur d’Amazon il peut en fait enregidtrer totes les conversations dans la maison.
         Un procès de deux plaignantes américaines a révélé que leurs sextoys envoyaient des rensei-gnements sur leur utilisation via une électronique intégrée et le smartphone de l’utilisatrice !!!

          Finalement, il m’arrive souvent de parler de « données personnelles », mais aujourd’hui, toutes nos données sont devenues, hélas, personnelles. Elles servent surtout à des études psychologiques statistiques, mais jusqu’à quand durera notre anonymat ?
         
Qui pourra et voudra s’en servir (la société où vous avez envoyé une demande d’embauche par exemple ?).

          L’Europe commence à s’émouvoir du problème, et devrait publier fin mai 2018 un « règlement européen sur la protection des données » (RGPD), qui devrait renforcer la protection des usagers en leur donnant la possibilité (théorique ??) d’accès aux données collectées sur eux, et la possibilité de se plaindre en justice via des associations.

Mercredi 8 novembre 2017 à 17:52

Informatique, médias, internet

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           J'avais fait en 2014 quelques articles sur les problèmes que nous avons sur internet, mais je vais les réactualiser.
            Internet est un outil formidable pour faire de la documentation ou pour échanger des idées, que ce soit sur le messagerie ou sur un blog.

            Mais c’est aussi la pire des choses en tant qu’intrusion dans votre vie privée.

            Nous sommes tellement habitués à internet que nous ne nous étonnons plus de pouvoir accéder gratuitement à la plupart des sites et des bases de données.
            Certes certains sites scientifiques, artistiques ou littéraires se contentent de publier leurs travaux, pour les faire connaître et c’est en cela qu’internet est un outil extraordinaire : vous avez à disposition toutes les bibliothèques du monde. Malheureusement il n’y en a pas une liste et vous n’avez pas leur adresse et quand vous la connaissez, ce n’est pas toujours facile de trouver ce que vous cherchez si vous n’en avez pas la dénomination exacte.
            Et nous ne méfions pas quand nous cherchons des renseignements commerciaux. Et pourtant, quand c’est gratuit c’est que c’est vous qui êtes le produit !!!

            Déjà je suppose qu’il vous est arrivé, comme à moi, quelques petites mésaventures ou des interventions agaçantes.
            Bien entendu, je sais qu’on peut accéder indûment à mon ordinateur, par piratage, via le web, et je ne mets donc aucun login ou code confidentiel sur cette machine, par exemple permettant des accès à des comptes financiers.
          Mais, pour permettre d’accéder de mon Mac de Bretagne et de mon iPad aux adresses et aux dates de rendez vous, qui sont stockées sur mon Mac de la région parisienne ou à des photos personnelles, j’avais mis ces renseignements sur le iCloud qu’Apple met à ma disposition.
            Quelle n’a pas été ma surprise de voir que mon carnet d’adresse avait été piraté et servait pour contacter des personnes que je connaissais, ainsi que de retrouver certaines de mes photos sur internet.


            Par ailleurs, vous recevez sûrement comme moi, de nombreux mails de publicité, ainsi que des coups de téléphones d’offres de service ou d’enquêtes. J’ai programmé mon mac pour qu’il les mette dans un dossier indésirable, et il le fait bien. 
            J’ai eu une conversation sur Skipe avec un « mage » qui voulait absolument prédire mon avenir, et je lui ai dit qu’il n’était pas un bon mage car il aurait dû prévoir que j’allais refuser et ainsi s’épargner une démarche inutile. cela l’a vexé.
            J’ai même complètement désarçonné un courtier qui m’appelait sur mon téléphone portable pour me vendre un abonnement mirifique pour cet appareil et à qui j’ai dit que je n’avais pas de téléphone portable. Il a mis 15 secondes pour comprendre et m’a raccroché au nez
             Ces démarches commerciales, ce n’est pas très grave, mais c’est agaçant.

            Plus gênant est le suivi que font des entreprise comme Google des consultations que vous faites, et qui ensuite vous donne des tas de conseils pour vous « aider ».
            Déjà quand vous remplissez une question à partir de votre clavier, il se plaît à la compléter votre phrase dès le premier mot, et dans 99% des cas, c’est faux et il faut effacer et recommencer. J’ai mis quelques temps avant de pouvoir supprimer cela sur mon mac. Je n’ai pas encore réussi sur mon ipad.

            Mais plus énervant, il passe son temps, dès que vous consultez pendant quelque jours sur un sujet donné, de vous envoyer de la pub sur le même sujet, voire de passer les informations à des entreprises qui vous démarchent.
            Il vous donne aussi une statistique de vos consultations de site, ce dont je me fiche éperdument
            Alors maintenant je règle jalousement la confidentialité de Google en refusant tous ses services d’aide et je limite à quelques sites la possibilité de cookies, et avant chaque fermeture de mon navigateur, l’historique et les cookies sont automatiquement effacés. 
            Je reçois des remarques désagréables de Google et de certains sites, mais au moins j’ai bien moins d’incursions sur mon mac.
            Bien sûr j’ai aussi installé Adblock pour limiter les pubs en ligne.
            Cela m’agaçait aussi que, dès que je partais en vacances, on m’abreuvait de toutes les pubs du coin où j’allais; Alors j’ai bloqué la localisation sur mon ordinateur et surtout sur mon iPad qui me suit dans mes déplacements.

            Et je me suis aperçu récemment que les nouveaux systèmes d'Apple sur les macs, étaient très indiscrets. Un logiciel d'aide lorsque vous recherchez un renseignement en interne, Spotlight, fait que toutes les recherches conduites, sur le Mac et sur Safari, sont connues, car, pour pouvoir fonctionner correctement, Spotlight envoie des requêtes à Apple et même à des applications tierces, comme celles de Microsoft, pour optimiser le résultat, via le moteur de recherche sur internet, et ceci sans que vous le sachiez.
            J'ai bien sûr débranché le fonctionnement de Spotlight. Je serai moins aidé mais moins espionné par Apple !! 
            
Mais je ne me fais pas d’illusion, ces précautions ne suppriment pas tout espionnage.

             Je sais bien que si je vais sur un site, celui-ci garde trace de mon adresse IP et de tout ce que j’ai consulté, chaque fois que j’y retourne. Et je reçois ensuite des offres basées sur ces données - ou sur ce que j’étais supposé chercher; j’aurais préféré qu’ils me le demandent !).
            Et je sais que tout ce que je peux poster sur Facebook est accessible à presque tous, et que les entreprises ne se privent pas pour consulter les élucubrations que nous postons sur les réseaux sociaux de toutes sortes, même si théoriquement, elles n’ont pas le droit de s’en servir.
            Je connais plusieurs personnes qui ont failli se faire mettre à la porte, ou dont on n’a pas renouvelé le contrat, en raison de ce qu’elles avaient publié sur les réseaux sociaux.
            Personnellement j’y vais le moins possible et je fais très attention à ce que j’y écris.
            De nombreuses personnes ont alors pris un pseudonyme, mais il ne faut pas se faire d’illusion, on peut remonter à vous par l’adresse IP de votre ordinateur,  dont vous n’êtes pas maître.

             Et si vous stockez sur votre machine des données personnelles sensibles, sachez qu’il y aura toujours un petit malin pour les y trouver, pendant que connecté à Internet, vous irez voir divers sites ou discuter sur les réseaux sociaux.
            Seul moyen de protéger vos données que vous ne souhaitez pas voir consultées, les mettre sur un disque dur externe de sauvegarde, avec un mot de passe, et ne jamais accéder à internet à partir de ce disque et ne pas le connecter quand vous êtes relié à internet.
            Attention même si vous ne consultez pas votre ordibnateur est en général lié à internet pour prendre vos messages et les alertes. Il faut vraiment couper la wi-fi quand vous accédez à votre disque de sauvegarde.(ou quand vous faites cette sauvegarde). 

            Mon mac me propose aussi un système de codage qui change le code ASCII des caractères typographique des documents que je veux protéger, après que je les aie écrits, et pour les lire je dois entrer un mot de passe qui rétablit le codage habituel. Je l’utilise pour quelques documents, car cela retarde un éventuel hacker, mais je ne me fais aucune illusion, les informaticiens d’Apple savent comment contourner l’obstacle.
             Alors, je suis presque à « zéro papiers », mais j’ai encore quelques dossiers « papier » et même certains écrits à la main, pour les données que je considère comme très confidentielles (par exemple mes mots de passe importants, ou des coordonnées bancaires ou d’assurance).

 

Samedi 4 novembre 2017 à 12:33

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

     Mon dernier article faisait état d’une étude sur la mémoire et les neurones qui stockaient nos souvenirs.
     Une autre étude m’a particulièrement intéressé.
   
     En effet la plupart des livres et articles sur le cerveau estimaient que nous avions acquis à la naissance tous les neurones, que ceux ci diminueraient en nombre et que la plasticité du cerveau était uniquement due à celle des connexions, c’est à dire des synapses et de la sensibilité à communiquer entre deux neurones.
    Depuis la fin du siècle dernier toutefois cela n’était plus tout à fait admis pour des rongeurs : rats et cochons d’Inde, utilisés dans les expérimentations animales.
    Il semble que cette affirmation ne soit plus tout à fait admise, pour deux régions du cerveau : les centres olfactifs et l’hippocampe qui est le « commutateur de la mémoire ».
    Certes le nombre de neurones qui se créent est très faible vis à vis des 300 milliards de neurones de notre système nerveux : quelques centaines de neurones par jour, à peine, dans l’hippocampe, mais leur rôle est important.
    Depuis quelques années les neurobiologistes essaient de comprendre à quoi servent ces neurones nouveaux nés.
    Ci dessous une photo sous IRM du "gyrus denté" de l'hippocampe, avec les neurones normaux en rouge et les nouveaux neurones en vert:

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     Souvent nous nous rappelons un souvenir avec de nombreux détail, à partir d’un simple stimuli : un mot, un visage, un objet que l’on voit, un son, une odeur…
    Les psychologues citent toujours à ce sujet Proust et son récit dans « A la recherche du temps perdu » où le goût d’une madeleine et d’une tasse de thé lui font ressurgir tous les détails de la maison de sa tante et de la ville environnante de Combray.
    C’est le rôle de l’hippocampe, au moment ou le souvenir se met en place, d’orienter ses éléments vers divers groupes de neurones et d’en « retenir l’adresse » pour parler comme en informatique; lorsque un stimuli rappelle le souvenir, le neurone concerné est alors en relation avec deux centres particulier de l’hippocampe, le « gyrus denté » qui identifie le souvenir, et un autre centre appelé « CA3 », qui rappelle alors toutes les informations des autres neurones concernés par le souvenir.
    Mais il peut être difficile de se rappeler des souvenirs dont les entrées sensorielles se ressemblent. Si par exemple vous êtes dans un supermarché et laissez votre caddie en un point précis pour aller chercher des achats dans les étals voisins, vous vous remémorez l’endroit où vous avez mis votre caddie. Mais si vous allez un peu plus loin dans le magasin, pour d’autres achats, le lieu où vous mettez votre caddie est dans un environnement peu différent du précédent. Les deux souvenirs successifs se ressemblent beaucoup, et il ne faut rappeler en mémoire que le dernier.
    Les nouveaux neurones semblent favoriser la différenciation entre des souvenirs successifs qui se ressemblent.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/2.jpg    Les chercheurs ont agi sur les cellules souches de l’hippocampe de souris, qui produisent ces nouveaux neurones  (ils peuvent représenter jusqu’à 10% des neurones du gyrus denté). Ils ont soit presque supprimé, soit au contraire accéléré la production de nouveaux neurones, pour en voir les conséquences.
    Les souris privées de nouveaux neurones sont incapables de distinguer deux souvenirs différents qui se ressemblent, alors que celles dont on augmente le nombre de nouveaux neurones dans le gyrus denté les distinguent plus facilement.
    Il semblerait que les nouveaux neurones aient un pouvoir inhibiteur pour empêcher un stimuli d’entrée dans le gyrus denté d’activer les neurones des anciens souvenirs analogues et donc les sorties vers les rappels de ces souvenirs de se mélanger (schéma cas 1) ce qui se passe en l’absence de ces nouveaux neurones, (schéma cas 2).

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    On ne peut pas sur l’homme faire des expériences sur le cerveau, mais on constate, sur des IRM, que des personnes, qui ont des difficultés à différencier des souvenirs voisins, présentent alors une suractivation du gyrus denté, ce qui semble confirmer l’anarchie de connexion entre les neurones de souvenirs voisins, due à un manque d’inhibition par les nouveaux neurones, tel qu’on l’a constaté chez la souris.

Mardi 31 octobre 2017 à 12:16

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud


      Je viens de lire un compte rendu de recherche d’un laboratoire de l’université de Californie à Los Angeles sur la formation de nos souvenirs dans notre mémoire, étude faite sur des souris.
      Les deux centres les plus importants, en ce qui concerne la mémoire, étant d'une part les centres amygdaliens qui interviennent dans les souvenirs émotionnels et surtout l'hippocampe, qui renforce à l'origine entre eux les connexions des neurones qui vont décrire un même souvenir et qui ensuite connait "l'adresse"de ces neurones pour les reconnecter tous ensemble lorsqu'on veut rappeler le souvenir;
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    Pour savoir ce qui se passe au niveau de neurones du cerveau humain, nous n’avons qu’un moyen l’IRM. Mais il nécessite d’une part de mettre la personne totalement immobilisée dans un tunnel entouré d’un énorme aimant, et d’autre part , les résultats ne donnent que l’activité d’un groupe très important de neurone et pas des neurones individuellement.
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/microscoperat.jpg    Sur des souris on peut implanter des électrodes dans le cerveau ou loger un certain appareillage dans le crâne.
    Le laboratoire de Los Angeles pouvait déceler, grâce à de fines électrodes les courants dans de petits groupes de neurones, mais il a surtout inventé un minuscule microscope qui permettait de voir les neurones activés dans un groupe de neurone.
    L’appareil était un micro-microscope, qui ne pesait que un peu plus de 2 grammes, implanté dans le crâne de la souris qui le portait comme un chapeau. La souris pouvait donc se déplacer par exemple dans un labyrinthe, avec quelques sujétions, car le microscope était relié à une fibre optique qui transmettait les images (cf photo ci contre).
    Pour voir les neurones qui s’activaient, on injectait à l’animal une molécule qui devenait fluorescente en présence de calcium. Comme le déclenchement de l’influx nerveux est provoqué par un afflux de calcium dans le neurone, on pouvait ainsi voir les neurones qui s’activaient dans le cerveau de la souris lors de la formation d’un souvenir.
    Les chercheurs ont ainsi étudié ce qui se passe dans l’hippocampe lors de la création de souvenirs épisodiques et ce qui se passe dans las centres amygdaliens lors de la formation de souvenirs émotionnels.

    Les résultats de cette étude sont très intéressants
    Tous les neurones ne participent pas de la même façon à la formation des souvenirs.
    Une protéine particulière, dénommée CREB, est indispensable à la formation des souvenirs à long terme : ce gène contrôle l’expression d’autres gènes nécessaires à la mémoire. Les chercheur ont mis au point une autre protéine qui diminuait de façon très importante la production de la protéine CREB. Ils ont montré qu’ainsi ils inhibaient chez les souris la formation de souvenirs.
    Au contraire en augmentant la production de protéine CREB par les neurones, ils ont montré que les neurones qui suractivaient la protéine CREB avaient quatre fois plus de chances de stocker des souvenirs que les neurones voisins.
    Pour expliquer cela, les chercheurs ont testé avec de fines électrodes implantées dans le cerveau des souris, les réponses des neurones et ils ont pu montrer que les synapses répondaient d’autant mieux à des potentiels faibles qu’elles produisaient plus de protéine CREB, ce qui favorise la liaison entre neurones d’un même souvenir.
    En rendant les neurones sensibles à une lumière bleue, qui les active, ils ont pu réactiver des souvenirs et montrer que c’étaient les neurones les plus riches en CREB qui les supportaient.
    Ils ont également montré que lorsque deux souvenirs sont supportés en partie par des neurones communs, l’activation d’un des souvenirs entraine le rappel de l’autre souvenir. Mais au bout d’un certain temps (quelques jours), les souvenirs ont moins de chances d’être supportés par des neurones communs.
    Tout se passe comme si le premier souvenir augmentait la production de CREB, existant les neurones et les rendant plus aptes à la mémorisation. Si un deuxième souvenir arrive dans un temps pas trop éloigné, les mêmes neurones sont plus aptes à le mémoriser puisqu’ils sont en surproduction de CREB. Par contre cette surproduction s’arrêtant au bout d’un certain temps, le deuxième souvenir, s’il est éloigné dans le temps, imprime alors un autre groupe de neurones.
    Les chercheurs ont inactivé au laser les neurones communs à deux souvenirs : le rappel de l’un par l’autre ne se faisait plus. Ils ont rétabli leur fonctionnement en dotant les neurones de récepteurs sensibles à certains neurotransmetteurs et en excitant ces neurones avec ces produits. Le rappel d’un souvenir par l’autre a été rétabli.
    Ils ont également fait les mêmes études chez des souris âgées dont la mémoire était moins bonne, et ils ont constaté que leurs neurones produisaient moins de protéines CREB.
    S’il en est de même pour l’homme, on peut espérer pouvoir mettre au point des médicaments qui, augmentant la production de CREB par les neurones de l’hippocampe, permettrait de lutter contre les pertes de mémoire des personnes âgées.

    Nota : les souvenirs utilisés chez les souris sont des souvenirs de cages successives, où un traitement particulier leur est administré (nourriture, son, choc électrique…) et dont elles se souviennent.

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lancien

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