Mercredi 18 juillet 2018 à 15:52

Energie, nucléaire, économies

          Nous vivons dans un environnement radioactif permanent, certes très faible, mais totalement méconnu de la plupart des gens et des médias, cela depuis l'origine des temps et nous ne nous en portons pas plus mal.
          L'homme a rajouté des causes d'irradiation : exploitation de l'énergie nucléaire et de sources radioactives, expériences nucléaires aériennes avant 1980, accidents de Tchernobyl et de Fukushima. Ces causes d'irradiations sont très faibles vis à vis de la source la plus importante : l'irradiation médicale des examens courants (la radiothérapie est une source encore plus importante mais exceptionnelle).
          Ce sont ces diverses notions que je veux aborder aujourd'hui, les chiffres et tableaux étant empruntés à un article de Claude Payen, délégué ministériel pour l'observatoire de la santé des vétérans.

          Je rappellerai d'abord à titre de comparaison ce que nous avons dit dans un précédent article, sur la radioactivité et ses dangers biologiques :

                    • le becquerel (Bq) est l'unité de quantité de radioélément : celle qui produit une désintégration par seconde. C'est une quantité minuscule, mais les appareils de mesure en radioactivité sont ultra-sensibles. A titre d'exemple dans un examen médical de la thyroïde, on injecte au patient environ un million de  bécquerels d'iode radioactif.

                   • Le sievert est l'unité de dose de rayonnement reçue par un matériau, et notamment le corps humain, qui traduit la quantité d'énergie reçue et l'ionisation au niveau des cellules du corps. C'est une quantité importante et on mesure les doses en général en millièmes de sieverts (mSv).

          A titre de comparaison un jet d'eau émet une certaine quantité de gouttes par seconde (analogue Bq) et un homme sous le jet d'eau reçoit une certaine quantité d'eau ( dose en mSV)

          Rappelons que, pour une irradiation totale du corps :
                    - au dessous de 200 mSv, pas d'atteinte biologique sensible du corps.
                    - atteinte biologique grave à partir de 1 000 mSv.
                    - mort certaine à 6 000 mSv.

                    - par ailleurs, au dessous de 2000 mSv de dose cumulée totale, le nombre de cancers ne dépasse pas la statistique de cancers naturels.

         La législation impose qu'on limite l'exposition de toute une population à 1 mSv par an, et celle des travailleurs sous rayonnements (hors jeunes et femmes enceintes) à 20 mSv par an, mais évidemment la règle est de recevoir le moins possible de rayonnement.

                  Parlons maintenant de l'irradiation naturelle en France :

Radioactivité en France, naturelle et créée par l'homme.         Vous avez sûrement entendu parler desrayons cosmiques. Ce sont des particules de hautes énergies, venant du soleil ou des étoiles. Certes elles arrivent en ordre dispersé sur terre du fait de l'atmosphère, mais les doses reçues au sol représentent quand même 15% de la radioactivité naturelle. Le dose reçue est d'autant plus forte que l'on s'élève en altitude, la protection atmosphérique et du champ magnétique terrestre diminuant.
         Le tableau ci-contre indique les doses annuelles moyennes reçues par an.


 Radioactivité en France, naturelle et créée par l'homme.       Le radium qui est présent dans des roches granitiques , notamment en Bretagne ou dans la Creuse, se désintègre lentement en produisant un autre élément radioactif, le radon, qui est gazeux et se trouve donc dans l'atmosphère. On a trouvé dans des maisons, des activités allant jusqu'à 1 000 Bq:m3 d'air et les doses délivrées varient de 1 à 4 mSv par an. Le risque principal est (cf. les travailleurs autrefois dans les mines d'uranium) le cancer du poumon. Mais une étude épidémiologique dans la Creuse montre que la fréquence des cancers est au contraire inférieure à la moyenne, ce qui montre que les doses totales reçues ne sont pas suffisantes pour provoquer des cancers. (au delà des cancers biologiques naturels).

        Il y a dans les roches de l'uranium, du thorium et du potassium 40 radioactifs, avec une quantité moyenne de 1300 Bq par kg, mais qui peut être 100 000 fois plus importante dans des zones uranifères.
         Les fleuves érodent les roches et entraînent ces produits dans les océans. Les rayonnements sont dissipés en profondeur sous forme de chaleur. L'eau de mer contient de l'ordre de 12 000 Bq par m3.

                  L'irradiation due aux activités humaines.

Radioactivité en France, naturelle et créée par l'homme.        La principale cause d'activité est la radiographie médicale à des fins de diagnostic. En moyenne chaque personne reçoit 1mSv par an devant des appareils de rayons X.
          Le tableau ci contre donne des indications quant aux doses reçues selon les organes concernés.
         L'irradiation à des fins thérapeutiques, concerne seulement les malades, principalement atteints d'un cancer. Les doses sont délivrées au niveau des cellules atteintes et on essaie de préserver au maximum les organes voisins.Au niveau de l'organe visé par le traitement les doses délivrées sont souvent supérieures à 10 000 mSV, donc supérieures à celles qui, si elles étaient reçues par l'ensemble du corps, entraîneraient la mort.

        Les autres sortes d'irradiation proviennent essentiellement des retombées dues aux essais nucléaires aériens avant 1980 et aux accidents de Tchernobyl et de Fukushima.
         Les doses reçues sont beaucoup plus faibles, de l'ordre du centième mSv par an.
         Dans ces retombées l'iode radioactif, de période courte, disparaît rapidement et c'est le césium qui est responsable des irradiations et contaminations à long terme.
         Le tableau ci-contre compare les doses reçues au bout de 60 ans concernant les retombées de Tchernobyl et l'irradiation naturelle. on constate que ce que nous recevons du fait de la radioactivité naturelle est cent fois supérieur.

Radioactivité en France, naturelle et créée par l'homme.

        Les doses reçues au voisinage d'une centrale nucléaire sont encore plus faibles, car, en l'absence d'accident, il n'y a pas de fuite de produits radioactifs à l'extérieur.
          Les seules incidents en fonctionnement dans les centrales nucléaires françaises, ont été de légères fuites d'eau contaminée en provenance des circuits de refroidissement, mais les incidents sont traités à l'intérieur de  l'enceinte de la centrale, par récupération et traitement de l'eau contaminée.
          Les médias en parlent toujours beaucoup, mais il n'y a jamais eu de victimes en 56 ans de fonctionnement, et ces incidents sont minimes à cotés de ceux dans l'industrie chimique, dont on parle pourtant souvent très peu.

        

Dimanche 15 juillet 2018 à 19:18

Energie, nucléaire, économies

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      Vous avez pu constater que je m’intéresse beaucoup aux problèmes scientifiques et pratiques du changement climatique et à tous les problèmes d’énergie, que ce soient les « anciennes énergies » encore utilisées de façon prépondérante, l’énergie nucléaire et la future énergie de fusion, et les « énergies vertes » très à la mode, mais dont certaines sont méconnues.
    J’ai fait de nombreux articles sur ces sujets et maintenant je me contente de choses nouvelles, ce qui est assez rare.
    Mais j’ai lu des articles sur de nouveaux types de panneaux photo-voltaïques et cela m’a paru intéressant.

    Je rappelle d’abord certaines caractéristiques du photovoltaïque :
    Une cellule photovoltaïque, (ou solaire), est un composant électronique qui, exposé à la lumière (c’est à dire à des photons), produit de l’électricité grâce à l’effet photovoltaïque. La puissance obtenue est proportionnelle à la puissance lumineuse incidente mais dépend du rendement de la cellule. Celle-ci délivre une tension continue et un courant électrique la traverse dès qu'elle est connectée à un circuit.
    Les cellules photovoltaïques les plus répandues sont constituées de semi-conducteurs, principalement à base de silicium (Si) et le plus souvent se présentent sous forme de petites plaques d’une dizaine de centimètres de coté. On les réunit sous forme de panneaux pour obtenir une source convenable d’électricité.

    Le problème des cellules solaires est quintuple :
        - il faut pour produire de l’électricité, qu’il y ait du soleil ou au moins une forte lumière. Il n’y a pas de courant la nuit et il y en a peu par temps couvert. Il faut donc stocker l’énergie correspondante si on veut un usage continu.
        - leur rendement est faible bien qu’il ait fait de grands progrès : mille watts par mètre carré de panneau. Il faut donc d’énormes surfaces pour obtenir une puissance convenable. (1 km2 pour produire un GW)
        - la tension produite est faible et il faut donc associer de nombreuses cellules pour avoir une tension suffisante.
        - le courant produit est continu et donc pour le transporter, et éviter une trop grande perte par effet joule, il faut le rendre alternatif grâce à de onduleurs, ce qui diminue encore le rendement.
        - Il en résulte que le courant produit est cher. Sans les subventions (qui sont payées par l’Etat et donc les contribuables) le photovoltaïque ne serait pas rentable.
    De plus les fiabilités des panneaux sont très variables, certains panneaux chinois étant d’une qualité catastrophique.

    L’utilisation du photovoltaïque est donc particulière :
    Le transport de l’électricité étant très onéreux, les surfaces nécessaires énormes, et l’obtention de voltages élevés problématique, la création de « centrales photovoltaïques est une aberration.
    Par contre le photovoltaïque est excellent pour alimenter de petits appareillages électroniques isolés et non raccordés au réseau : lampes, montres, appareils de mesure ou de communication, etc.. Mais pour avoir un un usage continu, il faut une batterie tampon.
    Un usage domestique dans des maisons ou dans des locaux industriels est intéressant s’il ne demande pas une forte puissance : chauffage de l’eau chaude sanitaire par exemple, mais pas le chauffage de la maison l’hiver.
    Il est évidemment intéressant dans des pays très ensoleillés et en des lieux isolés où il est difficile d’amener des lignes électriques : dans une île ou dans le désert  et en Afrique, pour tirer l’eau de puits et la purifier.

    Alors quoi de nouveau ?
    Deux industriels français viennent d’inaugurer la production unique au monde de panneaux solaires « souples », constitués de films organiques, sur lesquels on dépose la couche photovoltaïque des quelques nanomètres, composée de cuivre - indium - gallium - sélénium.
    ils ont quelques nanomètres (quelques milliardièmes de mètre c’est à dire quelques millionnièmes de millimètres) d’épaisseur, sont souples et flexibles, transparents et faciles à poser. Ils peuvent même être colorés pour faire des éléments décoratifs.
    C’est utilisable bien sûr sur de petits appareils, mais le plus intéressant c’est de le poser sur des surfaces transparentes, de vitres de fenêtres par exemple.
    Le rendement est moins bon (100 W par m2), mais les surfaces possibles considérablement plus importantes et on peut utiliser ce courant pour de petites actions : ouvrir un store ou un volet roulant, les vitres d’une voiture, l’écran d’un micro-ordinateur, une alarme …
    Le problème est maintenant de baisser les coûts.

Nota : le schéma en tête de l'article est tiré d'un article paru sur Sciences et Avenir.

Mercredi 11 juillet 2018 à 17:09

Absence et retour


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          Quand cet article paraîtra je serai sur la route de Bretagne. Arrêt à Renne pour déjeuner et arrivée mi après-midi à Saint Colomban près de Carnac.
         Déchargement de la voiture et visite rapide au supermarché de la ville pour acheter de quoi manger et quelques bricoles. Puis nettoyage de la maison qui n'a pas servi depuis l'été dernier, on remet l'eau et le chauffe eau en route.
          Dans les prochains jours, beaucoup de travail au jardin qui est devenu une vrai jungle. deux semaines au moins avant que tout soit remis en l'état.
          Puis quelques travaux dans la maison. Bref pas de quoi s'ennuyer.

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          J'espère que je pourrai continuer les articles. En effet je n'ai pas cette année de ligne téléphonique que j'ouvrais pour deux mois, avec un abonnement à internet.
          Quand j'ai contacté Orange comme d'habitude, pour cet abonnement et emmener une livebox, on m'a dit que ce n'était plus possible parce que pas assez rentable, et qu'il fallait que je prenne un abonnement à l'année de 12 mois.
          A mon tour de leur dire que ce n'était pas rentable, en protestant que l'on ait aucun préavis et qu'Orange vous dise cela huit jours avant les vacances.
          Orange m'a alors dit que, si j'abandonnais mon abonnement télé, internet, téléphone à Numéricable, pour aller chez eux, ils feraient un effort et me donneraient une clé 4g et la possibilité d'un abonnement de 2 mois à internet. 
          Je leur ai dit que je n'appréciais pas le chantage et que donc je ne me fournirai plus chez.
         J'ai aussitôt appelé Numéricable pour leur expliquer l'affaire et ils m'ont tout de suite fourni une clé 4G qui devrait permettre de brancher mon mac et un abonnement de deux mois moins cher que celui d'Orange !!
          Alors j'espère que cela va fonctionner et que je pourrai continuer mes articles.
      Evidemment la clé 4G est moins bien que la ligne téléphonique car l'abonnement est limité à un un chargement de 15 Go, mais comme je n'importe ni film, ni musique, je pense que cela passera.
         Je ferai désormais beaucoup de pub pour Orange !

Donc à bientôt!

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Dimanche 8 juillet 2018 à 14:35

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

     Quand on parle du système nerveux et du cerveau, on examine le fonctionnement des neurones, cellules à l’origine de l’influx nerveux , de toutes nos pensées et nos réactions.
    On ne cite presque jamais les « cellules gliales », aussi nombreuses dans le cerveau que les neurones, qui ont cependant une importance vitale, et occupent environ 50% du volume cérébral.
    Ces cellules assurent jouent un rôle de protection du tissu nerveux en apportant une structure de soutien aux neurones et à leurs prolongements, produisent la myéline qui entoure les axones; elles maintiennent la composition du flux sanguin, facilitent l’accès des nutriments et de l'oxygène, éliminent les déchets,  les cellules mortes et les cellules étrangères pathogènes.
    De plus, ce qui est moins connu, ils participent à la diffusion de messages nerveux, mais à faible vitesse.
    Contrairement à la grande majorité des neurones, les cellules gliales peuvent se diviser par mitose.

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    Les astrocytes constituent la majorité des cellules gliales; ce sont des cellules en forme d’étoiles, ayant un  cytoplasme et un noyau, mais surtout de très nombreux prolongements qui remplissent tout le cerveau et forment même un film protecteur au contact des méninges (la muqueuse qui entoure le cerveau).
    Un même astrocyte peut être en contact avec plusieurs milleiers de synapses d’une même zone.
    ils forment un tissu de soutien, support physique tridimensionnel, qui aide les neurones et leurs prolongements à s’organiser et stimulent la formation des synapses : un neurone au voisinage d’un astrocyte a davantage de synapses.
    Leurs « pieds » entourent certaines synapses pour les protéger, et peuvent détruire les excédents de neurotransmetteurs ou au contraire en fournir, mais ils « écoutent » également les synapses et transmettent des signaux à d’autres astrocytes, sous forme de bouffées de calcium, à travers les « jonctions gap ».
    C’est une transmission lente, mais multidirectionnelle et à longue distance.

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    Les astrocytes envoient des prolongements et de nombreux « pieds » sur les vaisseaux sanguins du cerveau. Ils provoquent l’extension et la contraction des vaisseaux sanguin en fonction du besoin.
    La barrière hémato-encéphalique est constituée de cellules endothéliales, qui tapissent la paroi des vaisseaux sanguins. Les pieds des astrocytes incitent ces cellules à former des jonctions étroites (« tight »), qu’ils recouvrent de leurs pieds et protègent ainsi le cerveau des microbes et des substances toxiques. (voir le schéma ci-contre).
    Par ailleurs ils débarrassent le cerveau des cellules mortes et des déchets divers et les évacuent vers le système sanguin. A l’inverse ils facilitent le transport de l’oxygène et des nutriments vers les neurones (notamment un sucre indispensable aux neurones, le lactate).

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   Les oligo-dendrocytes sont des cellules plus petites que les astrocytes et qui possèdent moins de prolongements. Ils fabriquent une gaine graisseuse isolante autour des axones, augmentant ainsi de façon considérable la vitesse de transmission de l’influx nerveux. Il existe des petites portions d'axone non recouvertes de myéline appelées nœuds de Ranvier. C’est à cet endroit que se concentrent les canaux sodiques et potassiques et que se forme l’influx nerveaux par dépolarisation, qui « saute » d’un nœud de Ranvier à l’autre.


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    Les cellules microgliales, à petit noyau dense et de forme étoilée, sont mobiles. Ce sont des macrophages qui phagocytent les corps étrangers, notamment microbes. Leur corps enfle et leurs bras se referment sur la proie.. Ce sont des agents immunitaires.

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    Les cellules de Schwann (ou neurolemmocytes) sont une variété de cellules gliales qui assurent principalement l'isolation myélinique des axones du système nerveux périphérique des vertébrés. Elles jouent le même rôle que les oligo-dendrocytes jouent dans le cerveau, où les cellules de Schwann ne sont pas présentes.

Mercredi 4 juillet 2018 à 17:09

Biologie, santé.

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     Vous savez sûrement ce que c’est qu’un placébo en biologie : c’est un pseudo médicament qui n’a aucun effet thérapeutique et que l’on administre à une personne en lui faisant croire que c’est un vrai médicament. Dans certains cas il y a effectivement un effet thérapeutique, mais evidemment cela ne tue pas les microbes.
    A l’origine l’effet est purement psychologique. Mais cela peut induire des réactions thérapeutiques de l’organisme : par exemple un faux médicament de lutte contre la douleur, bien qu’inactif, peut entraîner, par effet psychologique,  la sécrétion naturelle d’endorphines, substances qui vont lutter contre la douleur à la place du faux médicament.
    Le contraire peur être vrai : on peut créer une réaction psychologique
négative et on parle alors d’effet « nocebo ». On sait qu’on peut grâce à des récits ou des images, provoquer des dégouts ou des nausées.
    Les neurobiologistes ont montré que ces effets sont inconscients, et que les centres respon sable sont en particulier le cortex cingulaire de notre cerveau émotionnel et l’insula qui communique avec l’hypothalamus et remonte à la conscience des informations de nos viscères
    Le problème c’est qu’on ne se rend pas compte de l’effet qu’on peut produire, et cela non seulement au niveau d’une personnes, mais aussi à celui d’un groupe ou d’une population. Evidemment on n’agit alors que sur les personnes les plus influençables, prêtes à croire sans vérifier si les informations sont crédibles et dignes de foi.

    J’ai lu dans la revue « Pour la Science », une anecdote qui m’a montré une fois de plus, combien les média et les réseaux sociaux sont irresponsables, face aux conséquences des fausses informations qu’ils diffusent.En 2009 des habitants de Saint Cloud ont ressenti des maux de tête, des saignements de nez, des vertiges et ils étaient persuadés que cela était dû à l’installation récente de trois antennes-relais de téléphonie.
    Une association envisagea de déposer une plainte car les antennes étaient proches d’une école et d’une maison  de retraite et évidemment les média ont monté l’affaire en épingle, dénonçant le scandale physique et sanitaire et montrant partout le calvaire de ces personnes sensibles aux rayonnements électromagnétiques.
    Mais après tout le bruit autour de cette affaire, on s’est rendu compre que, si les antennes étaient en place, les appareillages électroniques n’étaient pas installés et le raccordement au réseau électrique n’était pas encore effectué : donc pas de rayonnement électromagnétique.
    Certes les personnes concernées souffraient réellement, mais d’une épidémie causée par les propos alarmistes et d’avoir cru fermement qu’ils étaient victimes des ondes électromagnétiques.
    Des chercheurs ont montré depuis, que le fait de recevoir de nombreuses informations sur les effets néfastes des champs électriques, non seulement angoissait des personnes qui habitaient à proximité d’antennes, mais provoquaient des symptômes analogues à ceux décrits, chez des personnes qui avaient une certaine sensibilité aux champs électromagnétiques, ben qu’elles n’y soient pas exposées, parce que trop loin des antennes.
    Finalement le principe de précaution et « prévenir pour éviter d’avoir à guérir », ne sont pas toujours souhaitables et diffuser des informations alarmistes en matière de santé publique peut donner à certains l’impression d’être malade, par effet nocebo.
    On constate d’ailleurs que les plaintes de santé sont lus fréquente là où il y a beaucoup d’information sur certaines nuisance et où agissent des associations de défense contre des actions diverses. C’est le cas notamment des éoliennes et de certaines usines.
    Les réactions sur les vaccins relèvent aussi du nocébo, pour la plupart.
    Par contre la plupart des effets nocifs des pesticides sont réels.et malheureusement ce sont ceux que les pouvoirs publics prennent le moins en compte (voir le cas du glyphosate).

Samedi 30 juin 2018 à 17:53

Enseignement, école, fac

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    Dans ce dernier article, je donnerai mes réflexions sur les deux derniers sujets de philo du bac, ceux de S :
                Le désir est-il la marque de notre imperfection?
                           Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste?

    Là encore une précision de vocabulaire est nécessaire, car des mots divers sont utilisés dans des circonstances voisines : le besoin qui est celui essentiel de base de l’organisme; l’envie de, qui a un caractère de jalousie, de comparaison au voisin; aspirer à et le désir; et en allant au delà, la passion, les pulsions, les addictions.

    Desiderare, en latin, c’est regretter l’absence de. C’est donc une tendance, un effort, une inclination vers quelque chose, que l’on n’a pas encore acquis, et qui n’est pas facilement accessible : le désir peut concerner un objet, une action, une personne, une chose abstraite. C’est en outre un moteur important vers l’action, mais ce n’est pas une volonté raisonnée.
    Le désir peut avoir un but noble, une aspiration généreuse. Il peut au contraire concerner des aspirations nuisibles, soit à nous mêmes (allant jusqu’à l’addiction), soit à autrui, sous l’effet de pulsions;
    Il peut engendrer un manque et donc frustration et souffrance.

    Mais l’expression « une marque d’imperfection » me fait sourire : comme si nous devions être parfaits.
    Je dirais bien ce que Bergson disait du rire : le désir est le propre de l’homme, ce qui nous différencie des animaux et du simple besoin. Il peut être une source de dégradation comme de perfectionnement. Renoncer au désir ne nous rendra pas forcement meilleurs et surtout parfait.
    Par ailleurs, si je me réfère à la pyramide de Maslow, dont j’ai parlé plusieurs fois dans ce blog, le besoin constitue les deux premiers étages; le désir se situe aux autres étages, et il participe aux derniers : le besoin de reconnaissance et la réalisation de soi.

    J’ai trouvé le second sujet intéressant mais curieux pour la série S, car il relève plutôt de la psycho que de la morale.

    En fait la question est curieuse car « éprouver l’injustice » est un sentiment, une impression, une émotion. et « savoir ce qui est juste » est au contraire une reconnaissance, une réflexion sur des règles, en vue de l’action (ce qu’il faut et ne faut pas faire).
    L’injustice n’est pas le contraire de ce qui est juste, c’est une situation dans laquelle un acteur a commis quelque chose qui n’est pas juste et cela est ressenti négativement par celui qui en pâtit ainsi que par des témoins.
    « Savoir » ce qui est juste est une connaissance rationnelle , morale, juridique, politique, avec une référence à la loi.
    Quand j’étais enfant, il m’est arrivé de ressentir l’injustice d’une punition pour une bêtise que je n’avais pas commise. Bien sûr je savais ce qu’était une bêtise, mais je ne connaissais pas ce qui était juste. Ressentir l’injustice est une émotion presque innée.
    Evidemment la connaissance de ce qui est juste peut renforcer l’impression d’injustice.

    Je ne pense donc pas qu’il faille savoir ce qui est juste pour ressentir l’injustice, mais la réciproque est elle vraie, comme le suggère la question du sujet?
    Je crois qu’à ce niveau, il faut séparer ce qui est individuel du collectif.
    Au niveau de l’individu qui réfléchit rationnellement sur une situation et se demande si elle et juste ou injuste, il se réfère effectivement à ce qu’il a éprouvé en matière d’injustice pour juger de la situation. Le sentiment d'injustice le conduit à ce qui est juste, d'après lui.
    Par contre au niveau du législateur qui va coder ce qui est juste, c’est à dire ce qu’il faut faire et ne pas faire, la notion d’injustice n’est pas la seule en cause : les problèmes d’ordre, de vie en société, de nuisance, de punition, de dissuasion sont aussi présents.

    Je pense donc qu’on peut ressentir qu’une action ou une situation est juste ou injuste; c’est lié au fait que l’on est responsable ou non de l’action, et qu’on estime qu’on la mérite ou non.
    Par contre savoir ce qui est juste est une réflexion sur ce qu’il faut faire, sur le comportement à avoir face à des événements, et cela implique une réflexion rationnelle sur les conséquences des actions au plan pratique et moral, et notamment de leurs effets nocifs sur autrui.
    Certes les deux sont en partie liés, mais ce sont deux comportements de natures différentes.

Mercredi 27 juin 2018 à 17:53

Enseignement, école, fac

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    Les deux sujets de la série technologique me plaisaient évidemment, car ils sont plus proches de ma formation scientifique :
              L’expérience peut-elle être trompeuse? 
                        Peut-on maîtriser le développement technique?


    Là encore des questions de vocabulaire se posent.
    Quelle signification donner à « l’expérience » ?
    On peut penser à trois notions différentes : les expérience de tous les jours de la vie courante, les expériences scientifiques et techniques et l’expérience acquise par quelqu’un tout au long de sa vie.
    Pour les deux premières, il s’agit d’essais conduisant à des constatations qui mènent ensuite à une connaissance ou à la maîtrise d’actions.

    L’expérience courante de tous les jours est basée sur nos perceptions ou sur nos sentiments. La plupart résultent de ce que nous voyons et entendons, mais une expérience amoureuse résulte surtout de sentiments et d’émotions.
    Evidemment nos sens sont souvent trompeurs (on connaît le peu de fiabilité d’un témoin), et notre inconscient guide sentiments et émotions; c’est le contraire du rationnel et donc, par réaction, on doute que ces expériences courantes soient fiables.
    Mais en fait la raison, quand nous réfléchissons, se base sur ces expériences, sur des données initiales pratiques, sans lesquelles, et sans l’imagination et la mémoire, tout raisonnement serait impossible, ne reposant sur rien.
    Même trompeuse l’expérience fournit la matière au rationnel

    Le problème des expériences scientifiques est différent. Préalablement le chercheur a fait une hypothèse; Il en en déduit des conséquences, a imaginé soigneusement des faits qui en résultent et des méthodes pour les mettre en lumière.
Il chiffre ses résultats, fait un calcul d’erreurs et de confiance à leur accorder.
    Bien entendu des artéfacts peuvent se glisser dans le processus, des erreurs de mesure peuvent intervenir, l’hypothèse de départ pouvait être fausse, ou les déduction erronées. Mais toutes ces conjonctures négatives sont beaucoup moins probables et surtout elles sont presque toujours décelées. De plus la même expérience est souvent faite par plusieurs équipes. L’expérience scientifique est rarement trompeuse, car, les quelque fois où elle n’est pas satisfaisante, on s’en aperçoit.
    Les expériences scientifiques ont d’ailleurs diminué de volume avec le développement des simulations sur ordinateur, qui permettent de prévoir le comportement des objets expérimentés, mais ces modèles mathématiques et physiques ne peuvent donner des résultats corrects que s’ils sont « recalés » sur des expériences, qui vérifient qu’ils sont conformes à la réalité. C’est l’expérimentation qui vérifie alors le rationnel.

    Quant à l’expérience d’une vie, elle repose sur de multiples expériences mais aussi sur leur analyse ultérieure et sur une sélection des causes et des résultats. Certes certaines des conclusions peuvent être erronées, mais par définition, l’expérience d’une vie est orientée vers justement un effort pour réduire les erreurs.


    Maîtriser le développement technologique, un but poursuivi sans cesse, mais jamais atteint réellement..

    Notre monde actuel est très dépendant du « progrès » technologique (et scientifique), nous nous en apercevons tous les jours et la société de consommation et les médias nous le rappellent sans cesse. C’est d’ailleurs le moteur de l’industrie et en partie des finances et de l’économie.
    Les inventions sérieuses et utiles voient le jour, mais les gadgets pullulent; on ne maîtrise pas cette situation car elle est d’ordre économique.
    La technique a été mise en place par l’homme, et à l’origine dans un but de progrès et de maîtrise de la nature. Il est certain qu’actuellement la motivation financière est prépondérante dans les entreprises et qu’elle ne correspond pas forcément à un progrès « utile », mais à une motivation d’optimiser les gains financiers ou à des fins d’image de marque. D’où certains développements qui certes font l’objet de beaucoup de publicité, mais dont on peut se demander s’il n’y aurait pas mieux à faire. C’est le cas par exemple de nombreux logiciels gadgets sur smartphone, ou de l’avion solaire, (jamais cette technique ne pouvant un jour permettre d’alimenter un avion commercial de plusieurs centaines de tonnes).
    Le développement technique demande des moyens financiers importants, et il dépend donc soit des moyens de certaines sociétés, mais qui ont des compétences dans des domaines particuliers et des motivations financières et commerciales, soit de fonds public, mais décidés en général par des personnes n’ayant pas les connaissances techniques et la vision à long terme suffisantes. D’où un contrôle insuffisant.
    Certains produits issus de ce développement peuvent s’avérer dangereux, mais les intérêts commerciaux font tarder leur suppression et engendrent des dommages importants pour l’homme ou la nature (médicaments amiante, pesticides….).
L’exemple le plus inquiétant est le changement climatique dû aux gaz à effet de serre.
    On peut aussi dire que tout développement scientifique et technique peut être utilisé à des fins maléfiques et, même avec un contrôle strict, cette éventualité ne peut être exclue et survient régulièrement.

    Le point le plus néfaste est que l’évolution de l’homme ne suit pas ce développement technologique.
    D’une part au plan du travail : le 19 et le 20ème siècles ont connu des conditions de travail à la production pénibles, voire dangereuses. Le 20ème et le 21ème siècles connaissent le chômage.
    Le développement des techniques numériques de communication et de l’informatique est un exemple flagrant. On veut actuellement imposer le recours à internet alors qu’un partie de la population ne sait pas s’en servir. Les jeunes, certes eux, savent l’utiliser, mais l’addiction aux réseaux sociaux et aux jeux les empêche d’étudier et bon nombre d’entre eux ne savent plus dormir ou manger sans leur smartphone dans la main : pire que leur doudou lorsqu’ils étaient bébés !
    En fait ce n’est pas le développement de la technique que l’on ne sait pas alors maîtriser, mais c’est l’usage qu’on en fait. Toute nouvelle technique, si on veut qu’elle soit bien utilisé, doit faire l’objet d’une formation et d’un long apprentissage, et là on veut brûler les étapes.

Samedi 23 juin 2018 à 17:30

Enseignement, école, fac

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    Je réfléchirai aujourd’hui aux deux sujets du bac 2018 suivants :
Peut-on être insensible à l’art?
                   La culture nous rend-elle plus humains?

    Remarquons tout d’abord qu’il n’est pas interdit, ni moralement, ni juridiquement d’être insensible à l’art. Mais le fait de poser la question dans un sujet de philo, implique la deuxième question : est ce courant, est ce normal, est ce regrettable ?.
    Disons aussi que la notion d’art est assez vague et qu’il en existe bien des facettes.
Je crois que si l’on posait à de nombreuses personnes la question « qu’est ce que l’art, à votre avis? » nous aurions des réponses très nombreuses et très différentes.

    A premier abord la notion d’art est simple, c’est le dessin, la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, la danse, la poésie, le théâtre : les « beaux arts ». Mais on peut y rajouter aujourd’hui le cinéma, la télévision, l’art numérique, la photographie, la mode etc.. Faut il y rajouter la littérature et la bande dessinée, la décoration, le paysagisme, le grand chef cuisinier, le créateur de parfums… ?
    Qu’est ce qu’un artiste ? On peut se poser la question autrement : l’architecte qui conçoit une usine est il un artiste. Pourquoi le peintre qui fait des tableaux en est un et pas le peintre en bâtiments ?
    Qu’est ce qu’un objet d’art ? Je ne suis pas sûr que les diverses civilisations dans le temps et dans l’espace reconnaissent comme tels les mêmes objets.
    Le latin « ars - artis » désigne l’habileté, le métier, le talent.
    En général la notion d’art est associée à le création d’oeuvres d’arts, à une certaine créativité, et à la notion de « beau », mais qui est tout aussi difficile à définir. On considère aussi souvent qu’un oeuvre d’art faut « passer un message ».
    Si on se demande « qu’est ce qui n’est pas de l’art, on n’est guère plus avancé.
    Mais à une époque la science était considérée comme un art et on parlait de l’art du médecin !
    La seule chose sur laquelle il n’y a pas de doute, c’est que c’est « une activité humaine », et en général on la rattache à la « culture ». (terme vague lui aussi).

    Posons nous la question autrement : quelles sont les réactions face à l’art ?
    On trouve dans les livres de philosophie le texte suivant : L'art est l’activité humaine visant à exprimer les préoccupations, les croyances, les questions sous une forme telle qu'elle traduise les émotions et les sentiments que les hommes éprouvent en y pensant ou en éprouvant une sensation (vision, écoute, toucher, odeur, goût), face à l’œuvre d’art.
    Mais comment l'art parvient-il à nous toucher ? Quelle est la forme d'expression qui serait le propre de l'art ?
    L’art est certainement très technique et demande un grand savoir-faire, mais si nous en tenons parfois compte, ce n’est pas ce qui nous touche. ce n’est pas non plus forcément l’intention de l’artiste, pas forcément connue. Nous pouvons voir dans une œuvre des choses bien différentes et chacun n’y voit pas forcément la même chose.
    L’art est sensé faire appel à notre sensibilité, nous émouvoir, apporter quelque chose de créatif et de beau.
    Cela dit il est tout aussi difficile de définir la beauté, associée à une émotion spontanée et à un sentiment de plaisir, et d’admiration (parfois aussi de regret de ne pas savoir faire la même chose), mais que l’on a bien du mal à expliquer.
    Je crois d ‘ailleurs que chacun d’entre nous a une définition personnelle du beau, basée sur ses réactions.

    Peut on être insensible à l’art?

    Le problème est que chacun a face à l’art des émotions différentes et qui ne sont d’ailleurs pas les mêmes selon les œuvres d’art. Une partie de ces émotions qui sont immédiates et presque inconscientes, dépendent de notre sensibilité émotionnelle immédiate, une préférence cérébrale (voir mes articles à ce sujet).
    On peut être sensible à la peinture figurative et ne pas l’être à la peinture abstraite, avoir des sensibilité très différentes à la musique classique et à la musique moderne.
    Personnellement je suis en admiration devant les cathédrales gothiques, les petites églises bretonnes et du Périgord, et sensible à l’atmosphère qui y règne, mais assez insensible aux statues de nos villes.
    Il est certain par ailleurs que la sensibilité à l’art s’apprend : les enfants d’artistes y sont en général plus sensibles.
    Peut on être insensible à toute forme d’art.?
    Il est rare qu’une personne n’ait jamais chantonné ou siffloté une chanson; n’est ce pas déjà une forme de sensibilité à l’art ?
    Etre insensible à l’art ne serait ce pas, être dénué de toute sensibilité et donc proche du robot ?
    Un enfant très jeune qui n’a pas encore reçu d’éducation artistique et qu’on emmène dans un musée, est curieux et sensible à l’art. Alors qu’est ce qui pourrait tuer cette tendance innée.?
    Effectivement on constate cette insensibilité chez les fanatiques musulmans qui détruisent les cités antiques et interdisent l’écoute de toute musique. Ils mettent en avant leur fanatisme religieux, mais en fait, ils font preuve d’une immense inhumanité.

    La culture nous rend elle plus humains?

    Je crois qu’il faudrait d’abord définir ce qu’on entend par « culture » et par « humain » et le terme "rendre" évoque un passage de cause à effet.
    Remarquons d’abord que la culture est humaine puisqu’elle n’existe pas naturellement : c’est nous qui la créons.
    Ce qu’on appelle habituellement la culture, c’est un ensemble de connaissances principalement dans le domaine littéraire, philosophique, religieux ou des arts, mais en fait les sciences, l’histoire, la géographie, la technique en font aussi partie.
    De plus la culture ce sont aussi des savoir-faire : maitriser la langue, écrite et orale, savoir raisonner, convaincre et négocier, bref avoir une certaine expérience.
    Elle nous différencie de l’animal et nous apporte un plus par rapport à la nature.
A titre individuel, elle développe notre esprit, notre intelligence. Elle nous donne une individualité.
    C’est pour cela que nous la créons et donc elle nous rend à priori plus humains, plus complets; c’est en fait le propre de l’homme, comme le langage et  elle nous rends aussi plus humains vis à vis de l’environnement.

    Toutefois nous n’avons pas tous accès de la même façon à la culture et cela introduit des différences, des inégalités qui peuvent être source de différences notables de conditions de vie, de mépris, d’isolement et de harcèlement, de pouvoir, de conflits, bref de comportements inhumains
.
    Mais culture n’est pas seulement instruction et expérience. On peut l’interpréter au sens de civilisation, de société, de l’ensemble des règles, des habitudes, des archétypes.
    La culture, à ce titre n’est pas inhumaine, mais les différences de culture entre groupes, ethnies, sociétés peuvent être à la source d’incompréhension, de racisme, d’hégémonie, de conflits, voire de persécutions comme au moment du nazisme.
    On peut même évoquer la différence de culture entre anciens et jeunes, qui est souvent une difficulté majeure car source d’incompréhension.

    Ce ne sont donc pas les cultures qui nous rendent inhumains, mais les différences de cultures entre hommes, groupes, sociétés, générations.

Mercredi 20 juin 2018 à 17:03

Enseignement, école, fac

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          Tous les ans, quand arrive le Bac, j'ai l'habitude de lire les divers sujets et d'y réfléchir.
           Je n'ai en général pas de difficulté à résoudre les problèmes de maths et de physique-chimie, mais les sujets de philo me demandent plus de réflexion.
          Je vais essayer de vous faire part, en plusieurs articles, de ce que m'inspirent les sujets de 2016 
          Ce ne sont, en aucun cas des corrigés. J'ai oublié beaucoup de ce que j'ai appris au lycée sur les pansées des philosophes, et par contre j'ai acquis une certaine expérience de la vie. Mes propos n'ont donc aucune prétention scolaire.
           Cette année, les sujets de philosophie du bac étaient les suivants :

                      Sujet de la filière S :
           Le désir est-il la marque de notre imperfection?
           Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste?

                      Sujet de la filière ES :
           Toute vérité est-elle définitive?
           Peut-on être insensible à l’art?


                      Sujet de la filière L :
           La culture nous rend-elle plus humains?
           Peut-on renoncer à la vérité?


                      Sujet de la série technologique :
           L’expérience peut-elle être trompeuse?
           Peut-on maîtriser le développement technique?

           Je regrouperai mes réflexions par genre de sujet et non par filière des études secondaires (qui vont d’ailleurs disparaître).

           Je traiterai dans ce premier article :
Peut-on renoncer à la vérité?  Toute vérité est-elle définitive?

           Je pense qu’il faut se demander d’abord ce qu’on entend par « vérité ».
           A l’origine ce qui est vrai est ce qui n’est pas faux. Donc par principe elle devrait être définitive. Mais en fait, c’est ce que nous croyons avéré à un instant donné, et cela, dans maints domaines de natures différentes, et pour lesquels les degrés de certitude peuvent être très variables.

            Il y a d’abord les « faits », les choses que nous avons vues, dont nous avons été témoins. Pour celles que d’autres ont vues et relatent - notamment les médias -, il y a l’incertitude de la communication, plus ou moins déformée selon les buts poursuivis par le narrateur.
           Mais même ce que nous avons vu n’est pas sûr. Nous n’avons vu souvent qu’une partie des faits, nous les avons interprétés, certes avec la raison, mais aussi avec l’inconscient et avec nos à-priori. L’apparente vérité des faits est donc déformée.
           Plus discutables encore nos opinions et convictions, et encore plus nos croyances.
           Si nous sommes raisonnables, elles sont fondées sur des raisons logiques, mais bien souvent elles ne sont pas aussi rigoureuses que cela. Et la preuve est que d’autres personnes peuvent avoir les idées opposées, tout aussi valables.
           Ce ne sont pas des vérités, même si nous les tenons pour telles, mais des « construction de l’esprit », fondées sur des faits, mais aussi nos valeurs, nos préjugés et l’influence d’autrui et de l’environnement. La construction peut être valable, mais elle dépend des prémices dont nous ne sommes pas entièrement maîtres et surtout qui n’ont aucun caractère définitif et universel.

           Sans doute peut on être plus confiant dans la « vérité scientifique ».
           Elle repose sur des constatations, des faits et une logique en vérifiant les hypothèses faites à l’origine, par des expériences ou des démonstrations (voire des simulations aujourd’hui).
           Mais on ne peut faire toutes les expériences possibles et l’on n’est jamais certain qu’il n’existe pas des exceptions, ou qu’une découverte arrive, qui remette en cause la construction initiale, souvent en faisant avancer les connaissances, en montrant qu’une partie de la construction est différente, quand on peut la connaître avec plus de détails, au fur et à mesure que nos outils d’analyse et de mesure deviennent plus performants et plus précis. C’est ce qui est arrivé souvent depuis 50 ans pour la constitution de la matière et la mécanique quantique.

           Reste un secteur où pourrait régner des vérités : les mathématiques. Mais les règles et résultats mathématiques, s’ils sont vrais, ne le sont que dans certaines hypothèses, certes connues. Les règles valable dans un plan ne le sont plus sur une surface sphérique, celles valables dans notre monde géométrique euclidien, ne le sont plus dans un monde où les dimensions obéissent à des hypothèses différentes, notamment quand les dimensions sont supérieures à 3.
           Il y a même des domaines des mathématiques où l’on ne parle plus de faits bien définis, mais seulement de faits assortis d’une certaine probabilité d’existence.
           Finalement aucune vérité n’est définitive, car elle n’est jamais complète et nous pouvons toujours en découvrir des éléments nouveaux.
           C’est le cas notamment en sciences où toute nouvelle découverte répond à des questions que nous nous posions, et explique certains phénomènes, mais suscite plusieurs nouvelles questions dont nous ne connaissons pas la réponse.

                      Peut on renoncer à la vérité ?

           On peut prendre la question de deux façons assez différentes :
                       - en prolongement du sujet précédent et de ce qu’on vient de dire, faut il ne pas rechercher la vérité sous prétexte qu’elle ne peut être atteinte
                      - dans un domaine tout autre, des valeurs et de la moralité, au sens de la règle juridique imposée aux témoins : « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ».

           De façon générale on ne peut renoncer à rechercher la « vérité », c’est à dire la « réalité », notamment au plan scientifique. Ce serait renoncer à tout progrès, à accroître nos connaissances. Cela implique non seulement des réflexions de personnes compétentes, mais aussi des possibilités et des instruments de mesure de plus en plus précis (penser aux progrès possibles en médecine dus aux nouvelles déterminations d’ADN), et des efforts financiers et humains importants.

           Il est cependant des cas où l’on peut se poser la question : faut il connaître toute la vérité sur une affaire ?  Faut il dire la vérité à un malade qui a une grave maladie et est très impressionnable et pessimiste? Un enfant abandonné sous X doit il connaître ses vrais parents ? La divulgation de certains éléments confidentiels à des personnes non habilitées ou trop concernées, peut créer des affrontements regrettables, ou mettre en danger la vie d’autrui (ou permettre à un criminel d’échapper à la police et la justice.)

           Si maintenant on veut aborder l’aspect moral, cela peut être à titre collectif ou personnel et là on suppose qu’il y a une vérité  au moins des faits.
           Au plan collectif le problème se pose dans bien des domaines : à l’historien le devoir de mémoire, au policier et au juge la recherche de la justice et du respect des règles, au politique une certaine transparence entre ses intentions et ses réalisations….
           Au plan personnel, la morale demande en général de ne pas mentir. Mais si cela semble préférable dans beaucoup de cas, il y a des vérités qu’il vaut mieux ne pas dire pour préserver une bonne entente entre personnes. Mais le plus souvent de sont des opinions, des convictions que nous prenons pour vraies, qui ne le sont pas forcément pour tous, et qui seraient désagréables ou préjudiciables pour la personnes à laquelle nous en ferions part.

           En définitive, renoncer à dire la vérité, ce serait renoncer à dire ce qui s’est réellement passé - (si on le connaît vraiment !). il est certain que si on y renonce, il faut avoir alors une raison et pouvoir en expliquer le bien-fondé.

Vendredi 15 juin 2018 à 15:14

Divers

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/gaulois.jpg
    Je ne cache pas que j’aime les BD d’Astérix, que j’ai lues avec mes enfants et petits-enfants… ou tout seul, et je possède la collection complète.
    Alors je me suis amusé à chercher sur internet quel était le rôle exact des druides comme Panoramix et quels étaient les dieux gaulois autres que Toutatis.
    En fait on trouve peu de renseignements sur la période gauloise, avant l’invasion de la Gaule, car la plupart des textes de références sont en fait gallo-romains.
    Je me souviens d’ailleurs avoir traduit en seconde un texte de Cicéron sur les druides gaulois.

    Les druides étaient des personnages beaucoup plus importants que Panoramix, même sans potion magique.
    Les druides étaient d’abord détenteurs de l’autorité spirituelle, à coté des « chevaliers » (equides), qui étaient chargés de l’autorité temporelle.
    Ils formaient une caste assez fermée et « professionnelle », car ils subissaient une initiation d’une durée de 20 ans, et par ailleurs étaient dispensés de charges et du service militaire (car les gaulois étaient avant tout des guerriers).
    Le choix avait lieu par hérédité et au mérite.
    Il semble qu’ils aient eu trois spécialités : théologiens, devins, et bardes (poètes chanteurs). Les prêtres sont placés sous l’autorité d’un chef suprême, une sorte de pape, élu à vie.
    Tous les ans les druides se réunissaient et formaient une sorte de tribunal; ils jugeaient les différents entre tribus.
    Le druide était à la fois prêtre, juge et professeur. Prêtre il était le garant des valeurs et gérait les croyances, les sacrifices, le culte. Juge, il évaluait les dommages et les peines. Professeur il était le moteur de transmission oral de la métaphysique, l’astronomie et la cosmologie et enseignait aux jeunes.
    Il avait donc un pouvoir certain auprès des chevaliers.

    Par contre les coutumes gauloises et les rites sont peu connus, car la tradition orale n’est pas favorable à la transmission détaillée à long terme. La cueillette du gui, chère à Panoramx, a été rapportée par l’écrivain romain Pline l’Ancien (mort dans l’éruption du Vésuve).
    En celtique le gui est « celui qui guérit tout », et il était cueilli, lors de la sixième lune, avec une serpe d’or dans les arbres et jeté dans un drap blanc, symbole de pureté, et cette cérémonie était suivie de sacrifices d’animaux.
    Le seul druide dont on connaisse le nom est Diviciacos,  (« le divin »), contemporain de César, chef des Eduens, que Cicéron considère comme un aristocrate, diplomate, homme politique, et même guerrier, ayant en outre une grande capacité divinatoire. Après une défaite des Eduens face aux Germains, il avait dû fuir et avait été demander l’aide de Rome. Si vous avez traduit des pages de la « guerre des gaules » de César, il parle de ce druide.
    Son frère, Dumnorix, anti-romain a été exécuté par Jules Cesar.
    Après Alésia (52 avant JC), le druidisme a décliné et il a été interdit par l’empereur Claude dans les années 50 après JC.

    Les dieux gaulois sont multiples, mais peu connus, car on trouve rarement leur nom associé à un dessin ou une représentation. Les renseignements que l’on a proviennent d’une comparaison entre les écrits romains et les mythologies celtique et galloise. Les druides étaient opposés à l’écriture, ce qui rend difficile la transmission.
    Par ailleurs il semblait exister un tabou des noms et les dieux étaient plus dénommés par des adjectifs que par leur nom
    Le TOUTATIS d’Astérix n’est pas un dieu. C’est une appellation signifiant « celui de la tribu » et il peut donc représenter des dieux protecteurs très divers.
    LUGUS ou LUG était le dieu le plus honoré en Gaule. C’était un Mercure gaulois, inventeur de tous les arts et protecteur de tous les artisanats. Son messager est un corbeau.
    EPONA était une déesse à cheval. Elle monte en amazone, en tenat une corne d’abondance ou du blé. Il semble qu’elle soit une déesse de la fécondité et de l’agriculture (élevage compris).
    TARANIS est assimilable à Jupiter : c’était le dieu de la foudre et les gaulois aavient peur des orages.
    MAPONOS était un jeune dieu, retenu prisonnier dans une forteresse. Les romains le comparaient à Apollon.
    CERNUNOS possède des cornes de bélier et est représenté aussi par un serpent à tête de bélier. On ne sait pas quelle était sa fonction. Certains le comparent à Dyonisos.
    TEUTATES, TARANIS et ESUS, sont invoqués lors de sacrifices.
GRANNOS était un dieu solaire, type RÂ des égyptiens.
    GRANUS et BELENUS étaient semblables à Apollon.. BELENUS symbolisait le rayonnement solaire, la jeunesse, le renouveau, le printemps.
     ATEPO-MARUS semble proche de Mercure; c’est un roi ou un guerrier mythique, qui, avec son frère, MOMOROS, aurait fondé la ville de Lyon.
    De nombreuses MATRONES sont souvent invoquées car, comme les Parques, elles règlent la naissance, la vie et la mort.

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/TaranisJupiterwithwheelandthunderboltLeChateletGourzonHauteMarne.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Image4/lugus-copie-1.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Image4/eponacarnavalet2815-copie-1.jpg
à gauche "Lugus", au milieu "Epona" et à droite "Taranis"
au dessous "Cernunos" à gauche, au milieu "Teutates" et "Bélénos" à droite.

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/cernunos.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Image4/belenos.gifhttp://lancien.cowblog.fr/images/Image4/teutates.jpg



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